(born 1864)
De Régnier is counted a successor to the Parnassiens, and has indeed written much of gods and of marble fountains, as much perhaps of the marble decor, as have other contemporaries of late renaissance and of more modern house furniture. His "J'ai feint que les dieux m'aient parlé" opens charmingly. He has in the "Odelettes" made two darts into vers libre which are perhaps worth many more orderly pages, and show lyric sweetness.
ODELETTE
Si j'ai parlé
De mon amour, c'est à l'eau lente
Qui m'écoute quand je me penche
Sur elle; si j'ai parlé
De mon amour, c'est au vent
Qui rit et cuchote entre les branches;
Si j'ai parlé de mon amour, c'est à l'oiseau
Qui passe et chante
Avec le vent;
Si j'ai parlè
C'est a l'écho.
Si j'ai aimé de grand amour,
Triste ou joyeux,
Ce sont tes yeux;
Si j'ai aimé de grand amour,
Ce fut ta bouche grave et douce,
Ce fut ta bouche;
Si j'ai aimé de grand amour,
Ce furent ta chair tiède et tes mains fraîches,
Et c'est ton ombre que je cherche.
He has joined himself to the painters of contemporary things in:
L'ACCUEIL
Tous deux étaient beaux de corps et de visages,
L'air francs et sages
Avec un clair sourire dans les yeux,
Et, devant eux,
Debout en leur jeunesse svelte et prompte,
Je me sentais courbé et j'avais presque honte
D'être si vieux.
Les ans
Sont lourds aux épaules et pèsent
Aux plus fortes
De tout le poids des heures mortes,
Les ans
Sont durs, et brève
La vie et l'on a vite des cheveux blancs;
Et j'ai déjà vécu beaucoup de jours.
Les ans sont lourds....
Et tous deux me regardaient, surpris de voir
Celui qu'ils croyaient autre en leur pensée
Se lever pour les recevoir
Vêtu de bure et le front nu
Et non pas, comme en leur pensée,
Drapé de pourpre et lauré d'or.
Et je leur dis: "Soyez tous deux les bienvenus."
Ce fut alors
Que je leur dis:
"Mes fils, quoi, vous avez monté la côte
Sous ce soleil cuisant d'août
Jusqu'à ma maison haute,
O vous
Qu'attend là-bas peut-être, au terme du chemin
Le salut amoureux de quelque blanche main!
Si vous avez pour moi allongé votre route
Peut-être, au moins mes chants vous auront-ils aidés,
De leurs rythmes présents en vos mémoires,
A marcher d'un jeune pas scandé
Je n'ai jamais désiré d'autre gloire
Sinon que les vers du poète
Plussent à la voix qui les répète.
Si les miens vous ont plu: merci,
Car c'est pour cela que, chantant
Mon rêve, après l'avoir conçu en mon esprit,
Depuis vingt ans,
J'habite ici."
Et, d'un geste, je leur montrai la chambre vide
Avec son mur de pierre et sa lampe d'argile
Et le lit où je dors et le sol où, du pied,
Je frappe pour apprendre au vers estropié
A marcher droit, et le calame de roseau
Dont la pointe subtile aide à fixer le mot
Sur la tablette lisse et couverte de cire
Dont la divine odeur la retient et l'attire
Et le fait, dans la strophe en fleurs qu'il ensoleille,
Mystérieusement vibrer comme une abeille.
Et je repris:
"Mes fils,
Les ans
Sont lourds aux épaules et pèsent
Aux plus fortes
De tout le poids des heures mortes.
Les ans
Sont durs, la vie est brève
Et l'on a vite des cheveux blancs,
Si quelque jour,
En revenant d'où vous allez,
Vous rencontriez sur cette même route,
Entre les orges et les blés,
Des gens en troupe
Montant ici avec des palmes à la main,
Dites-vous bien
Que si vous les suiviez vous ne me verriez pas
Comme aujourd'hui debout en ma robe de laine
Qui se troue a l'épaule et se déchire au bras,
Mais drapé de pourpre hautaine
Peut-être—et mort
Et lauré d'or!"
Je leur ai dit cela, pour qu'ils le sachent,
Car ils sont beaux tous deux de corps et de visages,
L'air francs et sages
Avec un clair sourire aux yeux,
Parce qu'en eux
Peut-être vit quelque désir de gloire,
Je leur ai parlé ainsi pour qu'ils sachent
Ce qu'est la gloire,
Ce qu'elle donne,
Ce qu'il faut croire
De son vain jeu,
Et que son dur laurier ne pose sa couronne
Que sur le front inerte et qui n'est plus qu'un peu
Déjà d'argile humaine où vient de vivre un Dieu.
Here we have the modern tone in De Régnier. My own feeling at the moment is that his hellenics, his verse on classical and ancient subjects, is likely to be overshadowed by that of Samain and Heredia. I have doubts whether his books will hold against the Cléopatra sonnets, or if he has equaled, in this vein, the poem beginning "Mon âme est une infante en robe de parade." But in the lyric odelette, and in this last given poem in particular, we find him leading perhaps onward toward Vildrac, and toward a style which might be the basis for a certain manner F.M. Hueffer has used in English vers libre, rather than remembering the Parnassiens.
Verhaeren has been so well introduced to America by his obituary notices that I can scarcely hope to compete with them in this limited space. One can hardly represent him better than by the well known:
LES PAUVRES
Il est ainsi de pauvres cœurs
avec en eux, des lacs de pleurs,
qui sont pâles, comme les pierres
d'un cimetière.
Il est ainsi de pauvres dos
plus lourds de peine et de fardeaux
que les toits des cassines brunes,
parmi les dunes.
Il est ainsi de pauvres mains,
comme feuilles sur les chemins,
comme feuilles jaunes et mortes,
devant la porte.
Il est ainsi de pauvres yeux
humbles et bons et soucieux
et plus tristes que ceux des bêtes,
sous la tempête.
Il est ainsi de pauvres gens,
aux gestes las et indulgents
sur qui s'acharne la misère,
au long des plaines de la terre.
Two men, half-Americans, Vielé-Griffin and Stuart Merril, won for themselves places among the recent French poets. Vielé-Griffin's poem for the death of Mallarmé is among his better known works:
IN MEMORIAM STEPHANE MALLARMÉ
Si l'on te disait: Maître!
Le jour se lève;
Voici une aube encore, la même, pâle;
Maître, j'ai ouvert la fenêtre,
L'aurore s'en vient encor du seuil oriental,
Un jour va naître!
—Je croirais t'entendre dire: Je rêve.
Si l'on te disait: Maître, nous sommes là,
Vivants et forts,
Comme ce soir d'hier, devant ta porte;
Nous sommes venus en riant, nous sommes là,
Guettant le sourire et l'étreinte forte,
—On nous répondrait: Le Maître est mort.
Des fleurs de ma terrasse,
Des fleurs comme au feuillet d'un livre,
Des fleurs, pourquoi?
Voici un peu de nous, la chanson basse
Qui tourne et tombe,
—Comme ces feuilles-ci tombent et tournoient—
Voici la honte et la colère de vivre
Et de parler des mots—contre ta tombe.
His curious and, perhaps not in the bad sense, old-fashioned melodic quality shows again in the poem beginning:
Lâche comme le froid et la pluie,
Brutal et sourd comme le vent,
Louche et faux comme le ciel bas,
L'Automne rôde par ici,
Son bâton heurte aux contrevents;
Ouvre la porte, car il est là.
Ouvre la porte et fais-lui honte,
Son manteau s'emloche et traine,
Ses pieds sont alourdis de boue;
Jette-lui des pierres, quoi qu'il te conte,
Ne crains pas ses paroles de haine:
C'est toujours un rôle qu'il joue.
* * * * * * *
It is embroidery à la Charles D'Orléans; one must take it or leave it.
I know that I have seen somewhere a beautiful and effective ballad of Merril's. His "Chambre D'Amour" would be more interesting if Samain had not written "L'Infante," but Merril's painting is perhaps interesting as comparison. It begins:
Dans la chambre qui fleure un peu la bergamote,
Ce soir, lasse, la voix de l'ancien clavecin
Chevrote des refrains enfantins de gavotte.
There is a great mass of this poetry full of highly cultured house furnishing; I think Catulle Mendès also wrote it. Merril's "Nocturne" illustrates a mode of symbolistic writing which has been since played out and parodied:
La blême lune allume en la mare qui luit,
Miroir des gloires d'or, un émoi d'incendie.
Tout dort. Seul, à mi-mort, un rossignol de nuit
Module en mal d'amour sa molle mélodie.
Plus ne vibrent les vents en le mystère vert
Des ramures. La lune a tu leurs voix nocturnes:
Mais à travers le deuil du feuillage entr'ouvert
Pleuvent les bleus baisers des astres taciturnes.
* * * * * * * *
There is no need to take this sort of tongue-twisting too seriously, though it undoubtedly was so taken in Paris during the late eighties and early nineties. He is better illustrated in "La Wallonie," vide infra.
1854-1919
Tailhade's satires seem rough if one come upon them straight from reading Laforgue; and Laforgue will seem, and is presumably, the greatly finer artist; but one should not fail to note certain definite differences. Laforgue is criticizing, and conveying a mood. He is more or less literary, playing with words. Tailhade is painting contemporary Paris, with verve. His eye is on the thing itself. He has, au fond, not very much in common with Laforgue. He was born six years before Laforgue and in the same year as Rimbaud. Their temperaments are by no means identical. I do not know whether Tailhade wrote "Hydrotherapie" before Rimbaud had done "Les Chercheuses." Rimbaud in that poem identifies himself more or less with the child and its feeling. Tailhade is detached. I do not say this as praise of either one or the other. I am only trying to keep things distinct.
HYDROTHERAPIE
Le vieux monsieur, pour prendre une douche ascendante,
A couronné son chef d'un casque d'hidalgo
Qui, malgré sa bedaine ample et son lumbago,
Lui donne un certain air de famine avec Dante.
Ainsi ses membres gourds et sa vertebre à point
Traversent l'appareil des tuyaux et des lances,
Tandis que des masseurs, tout gonflés d'insolences,
Frottent au gant de crin son dos où l'acné point.
Oh! l'eau froide! la bonne et rare panacée
Qui, seule, raffermit la charpente lassée
Et le protoplasma des sénateurs pesants!
Voici que, dans la rue, au sortir de sa douche,
Le vieux monsieur qu'on sait un magistrat farouche
Tient des propos grivois aux filles de douze ans.
QUARTIER LATIN
Dans le bar où jamais le parfum des brévas
Ne dissipa l'odeur de vomi qui la navre
Triomphent les appas de la mère Cadavre
Dont le nom est fameux jusque chez les Howas.
Brune, elle fut jadis vantée entre les brunes,
Tant que son souvenir au Vaux-Hall est resté.
Et c'est toujours avec beaucoup de dignité
Qu'elle rince le zinc et détaille les prunes.
A ces causes, son cabaret s'emplit le soir,
De futurs avoués, trop heureux de surseoir
Quelque temps à l'étude inepte des Digestes,
Des Valaques, des riverains du fleuve Amoor
S'acoquinent avec des potards indigestes
Qui s'y viennent former aux choses de l'amour.
RUS
Ce qui fait que l'ancien bandagiste renie
Le comptoir dont le faste alléchait les passants,
C'est son jardin d'Auteuil où, veufs de tout encens,
Les zinnias ont l'air d'être en tôle vernie.
C'est là qu'il vient, le soir, goûter l'air aromal
Et, dans sa rocking-chair, en veston de flanelle,
Aspirer les senteurs qu'épanchent sur Grenelle
Les fabriques de suif et de noir animal.
Bien que libre-penseur et franc-maçon, il juge
Le dieu propice qui lui donna ce refuge
Où se meurt un cyprin emmy la pièce d'eau,
Où, dans la tour mauresque aux lanternes chinoises,
—Tout en lui préparant du sirop de framboises—
Sa "demoiselle" chante un couplet de Nadaud.
From this beneficent treatment of the amiable burgess; from this perfectly poetic inclusion of modernity, this unrhetorical inclusion of the factories in the vicinity of Grenelle (inclusion quite different from the allegorical presentation of workmen's trousers in sculpture, and the grandiloquent theorizing about the socialistic up-lift or down-pull of smoke and machinery), Tailhade can move to personal satire, a personal satire impersonalized by its glaze and its finish.
RONDEL
Dans les cafés d'adolescents
Moréas cause avec Frémine:
L'un, d'un parfait cuistre a la mine,
L'autre beugle des contre-sens.
Rien ne sort moins de chez Classens
Que le linge de ces bramines.
Dans les cafés d'adolescents,
Moréas cause avec Frémine.
Désagrégeant son albumine,
La Tailhède offre quelque encens:
Maurras leur invente Commine
Et ça fait roter les passants,
Dans les cafés d'adolescents.
But perhaps the most characteristic phase of Tailhade is in his pictures of the bourgeoisie. Here is one depicted with all Tailhadian serenity. Note also the opulence of his vocables.
DINER CHAMPETRE
Entre les sièges ou des garçons volontaires
Entassent leurs chalants parmi les boulingrins,
La famille Feyssard, avec des airs sereins,
Discute longuement les tables solitaires.
La demoiselle a mis un chapeau rouge vif
Dont s'honore le bon faiseur de sa commune,
Et madame Feyssard, un peu hommasse et brune,
Porte une robe loutre avec des reflets d'if.
Enfin ils sont assis! Or le père commande
Des écrevisses, du potage au lait d'amande,
Toutes choses dont il rêvait depuis longtemps.
Et, dans le ciel couleur de turquoises fanées,
Il voit les songes bleus qu'en ses esprits flottant
A fait naître l'ampleur des truites saumonées.
All through this introduction I am giving the sort of French poem least likely to have been worn smooth for us; I mean the kind of poem least represented in English. Landor and Swinburne have, I think, forestalled Tailhade's hellenic poems in our affections. There are also his ballades to be considered.
(born 1868)
The bulk of Jammes' unsparable poetry is perhaps larger than that of any man still living in France. The three first books of poems, and "Le Triomphe de la Vie" containing "Existences," the more than "Spoon River" of France, must contain about six hundred pages worth reading. "Existences" can not be rendered in snippets. It is not a series of poems, but the canvass of a whole small town or half city, unique, inimitable and "to the life," full of verve. Only those who have read it and "L'Angelus de l'Aube," can appreciate the full tragedy of Jammes' débâcle. Paul Fort had what his friends boasted as "tone," and he has diluted himself with topicalities; in Jammes' case it is more charitable to suppose some organic malady, some definite softening of the brain, for he seems perfectly simple and naive in his débâcle. It may be, in both cases, that the organisms have broken beneath the strain of modern existence. But the artist has no business to break.
Let us begin with Jammes' earlier work:
J'aime l'âne si doux
marchant le long des houx.
Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles;
et il porte les pauvres
et des sacs remplis d'orge.
Il va, près des fosses
d'un petit pas cassé.
Mon amie le croit bête
parce qu'il est poète.
Il réfléchit toujours,
Ses yeux sont en velours.
Jeune fille au doux cœur
tu n'as pas sa douceur.
* * * * * *
The fault is the fault, or danger, which Dante has labeled "muliebria"; of its excess Jammes has since perished. But the poem to the donkey can, in certain moods, please one. In other moods the playful simplicity, at least in excess, is almost infuriating. He runs so close to sentimentalizing—when he does not fall into that puddle—that there are numerous excuses for those who refuse him altogether. "J'allai à Lourdes" has pathos. Compare it with Corbière's "St. Anne" and the decadence is apparent; it is indeed a sort of half-way house between the barbaric Breton religion and the ultimate deliquescence of French Catholicism in Claudel, who (as I think it is James Stephens has said) "is merely lying on his back kicking his heels in it."
J' ALLAI A LOURDES
J'allai à Lourdes par le chemin de fer,
le long du gave qui est bleu comme l'air.
Au soleil les montagnes semblaient d'étain.
Et l'on chantait: sauvez! sauvez! dans le train,
Il y avait un monde fou, exalté,
plein de poussière et du soleil d'été.
Des malheureux avec le ventre en avant
étendaient leurs bras, priaient en les tordant.
Et dans une chaire où était du drap bleu,
un prêtre disait: "un chapelet à Dieu!"
Et un groupe de femmes, parfois, passait,
qui chantait: sauvez! sauvez! sauvez! sauvez!
Et la procession chantait. Les drapeaux
se penchaient avec leurs devises en or.
Le soleil était blanc sur les escaliers
dans l'air bleu, sur les cloches déchiquetées.
Mais sur un brancard, portée par ses parents,
son pauvre père tête nue et priant,
et ses frères qui disaient: "ainsi soit-il,"
une jeune fille sur le point de mourir.
Oh! qu'elle était belle! elle avait dix-huit ans
et elle souriait; elle était en blanc.
Et la procession chantait. Des drapeaux
se penchaient avec leurs devises en or.
Moi je serrais les dents pour ne pas pleurer,
et cette fille, je me sentais l'aimer.
Oh! elle m'a regardé un grand moment,
une rose blanche en main, souriant.
Mais maintenant où es-tu? dis, où es-tu,
Es-tu morte? je t'aime, toi qui m'as vu.
Si tu existes, Dieu, ne la tue pas,
elle avait des mains blanches, de minces bras.
Dieu ne la tue pas!—et ne serait-ce que
pour son père nu-tête qui priait Dieu.
Jammes goes to pieces on such adjectives as "pauvre" and "petite," just as De Régnier slips on "cher," "aimée" and "tiède"; and in their train flock the herd whose ad jectival centre appears to waver from "nue" to "frémis sante." And there is, in many French poets, a fatal proclivity to fuss just a little too much over their subjects. Jammes has also the furniture tendency, and to it we owe several of his quite charming poems. However the strongest impression I get to-day, reading his work in inverse order (i.e. "Jean de Noarrieu" before these earlier poems), is of the very great stylistic advance made in that poem over his earlier work.
But he is very successful in saying all there was to be said in:—
LA JEUNE FILLE
La jeune fille est blanche,
elle a des veines vertes
au poignets, dans ses manches
ouvertes.
On ne sait pas pourquoi
elle rit. Par moments
elle crie et cela
est percant.
Est-ce qu'elle se doute
qu'elle vous prend le cœur
en cueillant sur la route
des fleurs.
On dirait quelquefois
qu'elle comprend des choses.
Pas toujours. Elle cause
tout bas
"Oh! ma chère! oh! là, là ...
... Figure-toi ... mardi
je l'ai vu ... j'ai ri"—Elle dit
comme ça.
Quand un jeune homme souffre,
d'abord elle se tait:
elle ne rit plus, tout
étonnée.
Dans les petits chemins
elle remplit ses mains
de piquants de bruyères
de fougères.
Elle est grande, elle est blanche,
elle a des bras très doux,
Elle est très droite et penche
le cou.
The poem beginning:
Tu seras nue dans le salon aux vieilles choses,
fine comme un fuseau de roseau de lumière
et, les jambes croisées, auprès du feu rose
tu écouteras l'hiver
loses, perhaps, or gains little by comparison with that of Heinrich von Morungen, beginning:
Oh weh, soll mir nun nimmermehr
hell leuchten durch die Nacht
noch weisser denn ein Schnee
ihr Leib so wohl gemacht?
Der trog die Augen mein,
ich wähnt, es sollte sein
des lichten Monden Schein,
da tagte es.
Morungen had had no occasion to say "Je pense à Jean-Jacques," and it is foolish, to expect exactly the same charm of a twentieth-century poet that we find in a thirteenth-century poet. Still it is not necessary to be Jammes-crazy to feel
IL VA NEIGER....
Il va neiger dans quelques jours. Je me souviens
de l'an dernier. Je me souviens de mes tristesses
au coin du feu. Si l'on m'avait demandé: qu'est-ce?
j'aurais dit: laissez-moi tranquille. Ce n'est rien.
J'ai bien réfléchi, l'année avant, dans ma chambre,
pendant que la neige lourde tombait dehors.
J'ai réfléchi pour rien. A présent comme alors
je fume une pipe en bois avec un bout d'ambre.
Ma vieille commode en chêne sent toujours bon.
Mais moi j'étais bête parce que ces choses
ne pouvaient pas changer et que c'est une pose
de vouloir chasser les choses que nous savons.
Pourquoi donc pensons-nous et parlons-nous? C'est drôle;
nos larmes et nos baisers, eux, ne parlent pas,
et cependant nous les comprenons, et les pas
d'un ami sont plus doux que de douces paroles.
* * * * * * * *
If I at all rightly understand the words "vouloir chasser les choses que nous savons" they are an excellent warning against the pose of simplicity over-done that has been the end of Maeterlinck, and of how many other poets whose poetic machinery consists in so great part of pretending to know less than they do.
Jammes' poems are well represented in Miss Lowell's dilutation on Six French Poets, especially by the well-known "Amsterdam" and "Madame de Warens," which are also in Van Bever and Léautaud. He reaches, as I have said, his greatest verve in "Existences" in the volume "Le Triomphe de la Vie."
I do not wish to speak in superlatives, but "Existences," if not Jammes' best work, and if not the most important single volume by any living French poet, either of which it well may be, is at any rate indispensable. It is one of the first half dozen books that a man wanting to know contemporary French work must in-dulge in. One can not represent it in snippets. Still I quote "Le Poète" (his remarks at a provincial soirée):
Cest drôle.... Cette petite sera bête
comme ces gens-là, comme son père et sa mère.
Et cependant elle a une grâce infinie.
Il y a en elle l'lntelligence de la beauté.
C'est délicieux, son corsage qui n'existe pas,
son derrière et ses pieds. Mais elle sera bête
comme une oie dans deux ans d'ici. Elle va jouer.
(Benette joue la valse des elfes)
In an earlier scene we have a good example of his rapidity in narrative.
La Servante
Il y a quelqu'un qui veut parler à monsieur.
Le Poète
Qui est-ce?
La Servante
Je ne sais pas.
Le Poète
Un homme ou une femme?
La Servante
Un homme.
Poète
Un commis-voyageur, Vous me le foutez belle!
La Servante
Je ne sais pas, monsieur.
Poète
Faites entrer au salon.
Laissez-moi achever d'achever ces cerises.
(Next Scene)
Le Poète (dans son salon)
A qui ai-je l'honneur de parler, monsieur?
Le Monsieur
Monsieur, je suis le cousin de votre ancienne maîtresse.
Le Poète
De quelle maîtresse? Je ne vous connais pas.
Et puis qu'est-ce que vous voulez?
Le Monsieur
Monsieur, ecoutez-moi.
On m'a dit que vous êtes bon.
Poète
Ce n'est pas vrai.
La Pipe du Poète
Il me bourre avec une telle agitation
que je ne vais jamais pourvoir tirer de l'air.
Poète
D'abord, de quelle maîtresse me parlez-vous?
De qui, pretendez-vous? Non. Vous pretendez de
qui j'ai été l'amant?
Le Monsieur
De Néomie.
Poète
De Néomie,
Le Monsieur
Oui, monsieur.
Poète
Où habitez-vous?
Le Monsieur
J'habite les environs de Mont-de-Marsan.
Poète
Enfin que voulez-vous?
Le Monsieur
Savoir si monsieur serait
assez complaisant pour me donner quelque chose.
Poète
Et si je ne vous donne le pas, qu'est-ce que vous ferez?
Le Monsieur
Oh! Rien monsieur. Je ne vous ferai rien. Non....
Le Poète
Tenez, voila dix francs, et foutez-moi la paix.
(Le monsieur s'en va, puis le poète sort.)
The troubles of the Larribeau family, Larribeau and the bonne, the visit of the "Comtese de Pentacosa," who is also staved off with ten francs, are all worth quoting. The whole small town is "Spoon-Rivered" with equal verve. "Existences" was written in 1900.
It must not be thought that these very "modern" poets owe their modernity merely to some magic chemical present in the Parisian milieu. Moréas was born in 1856, the year after Verhaeren, but his Madeline-aux-serpents might be William Morris on Rapunzel:
Et votre chevelure comme des grappes d'ombres,
Et ses bandelettes à vos tempes,
Et la kabbale de vos yeux latents,—
Madeline-aux-serpents, Madeline.
Madeline, Madeline,
Pourquoi vos lèvres à mon cou, ah, pourquoi
Vos lèvres entre les coups du hache du roi!
Madeline, et les cordaces et les flûtes,
Les flûtes, les pas d'amour, les flûtes, vous les voulûtes,
Hélas! Madeline, la fête, Madeline,
Ne berce plus les flots au bord de l'île,
Et mes bouffons ne crèvent plus des cerceaux
Au bord de l'île, pauvres bouffons.
Pauvres bouffons que couronne la sauge!
Et mes litières s'effeuillent aux ornières, toutes mes
litières à grand pans
De nonchaloir, Madeline-aux-serpents....
A difference with Morris might have arisen, of course, over the now long-discussed question of vers libre, but who are we to dig up that Babylon? The schoolboys' papers of Toulouse had learnt all about it before the old gentlemen of The Century and Harper's had discovered that such things exist.
One will not have understood the French poetry of the last half-century unless one makes allowance for what they call the Gothic as well as the Roman or classic influence. We should probably call it (their "Gothic") "medievalism," its tone is that of their XIII century poets, Crestien de Troies, Marie de France, or perhaps even D'Orléans (as we noticed in the quotation from Vielé-Griffin). Tailhade in his "Hymne Antique" displays what we would call Swinburnism (Greekish). Tristan Klingsor (a nom de plume showing definite tendencies) exhibits these things a generation nearer to us:
Dans son rêve le vieux Prince de Touraine
voit passer en robe verte à longue traîne
Yeldis aux yeux charmeurs de douce reine.
* * * * * * * *
or
Au verger où sifflent les sylphes d'automne
mignonne Isabelle est venue de Venise
et veut cueillir des cerises et des pommes.
* * * * * * * *
He was writing rhymed vers libre in 1903, possibly stimulated by translations in a volume called "Poésie Arabe." This book has an extremely interesting preface. I have forgotten the name of the translator, but in excusing the simplicity of Arab songs he says: "The young girl in Germany educated in philosophy in Kant and Hegel, when love comes to her, at once exclaims 'Infinite!', and allies her vocabulary with the transcendental. The little girl in the tents 'ne savait comparer fors que sa gourmandise.'" In Klingsor for 1903, I find:
Croise tes jambes fines et nues
Dans ton lit,
Frotte de tes mignonnes mains menues
Le bout de ton nez;
Frotte de tes doigts potelés et jolis,
Les deux violettes de tes yeux cernés,
Et rêve.
Du haut du minaret arabe s'échappe
La mélopée triste et brève
De l'indiscret muezzin
Qui nasillonne et qui éternue,
Et toi tu bâilles comme une petite chatte,
Tu bâilles d'amour brisée,
Et tu songes au passant d'Ormuz ou d'Endor
Qui t'a quittée ce matin
En te laissant sa légère bourse d'or
Et les marques bleues de ses baisers.
Later he turns to Max Elskamp, addressing him as if he, Klingsor, at last had "found Jesus":
Je viens vers vous, mon cher Elskamp
Comme un pauvre varlet de cœur et de joie
Vient vers le beau seigneur qui campe
Sous sa tente d'azur et de soie.
* * * * * * * *
However I believe Moréas was a real poet, and, being stubborn, I have still an idea which gor embedded in my head some years ago: I mean that Klingsor is a poet. As for the Elskamp phase and cult, I do not make much of it. Jean de Bosschère has written a book upon Elskamp, and he assures me that Elskamp is a great and important poet, and some day, perhaps, I may understand it. De Bosschère seems to me to see or to feel perhaps more keenly than any one else certain phases of modern mechanical civilization: the ant-like madness of men bailing out little boats they never will sail in, shoeing horses they never will ride, making chairs they never will sit on, and all with a frenzied intentness. I may get my conviction as much from his drawings as from his poems. I am not yet clear in my mind about it. His opinion of Max Elskamp can not be too lightly passed over. Vide infra "De Bosschère on Elskamp."
Early in 1912 L'Effort, since called L'Effort Libre, published an excellent selection of poems mostly by men born since 1880: Arcos, Chennevière, Duhamel, Spire, Vildrac, and Jules Romains, with some of Léon Bazalgette's translations from Whitman.
(born 1868)
André Spire, writing in the style of the generation which has succeeded him, is well represented in this collection by his "Dames Anciennes." The contents of his volumes are of very uneven value: Zionist propaganda, addresses, and a certain number of well-written poems.
DAMES ANCIENNES
En hiver, dans la chambre claire,
Tout en haut de la maison,
Le poêle de faïence blanche,
Cerclé de cuivre, provincial, doux,
Chauffait mes doigts et mes livres.
Et le peuplier mandarine,
Dans le soir d'argent dédoré,
Dressait, en silence, ses branches,
Devant ma fenêtre close.
—Mère, le printemps aux doigts tièdes
A soulevé l'espagnolette
De mes fenêtres sans rideaux.
Faites taire toutes ces voix qui montent
Jusqu'à ma table de travail.
—Ce sont les amies de ma mère
Et de la mère de ton père,
Qui causent de leurs maris morts,
Et de leurs fils partis.
—Avec, au coin de leurs lèvres,
Ces moustaches de café au lait?
Et dans leurs mains ces tartines?
Dans leurs bouches ces Kouguelofs?
—Ce sont des cavales anciennes
Qui mâchonnent le peu d'herbe douce
Que Dieu veut bien leur laisser.
—Mère, les maîtres sensibles
Lâchent les juments inutiles
Dans les prés, non dans mon jardin!
—Sois tranquille, mon fils, sois tranquille,
Elles ne brouteront pas tes fleurs.
—Mère, que n'y occupent-elles leurs lèvres,
Et leurs trop courtes dents trop blanches
De porcelaine trop fragile!
—Mon fils, fermez votre fenêtre.
Mon fils, vous n'êtes pas chrétien!
Vildrac's "Gloire" is in a way commentary on Romains' Ode to the Crowd; a critique of part, at least, of unanimism.
Il avait su gagner à lui
Beaucoup d'hommes ensemble,
* * * * *
Et son bonheur était de croire,
Quand il avait quitté la foule,
Que chacun des hommes l'aimait
Et que sa présence durait
Innombrable et puissante en eux,
* * * * *
Or un jour il en suivit un
Qui retournait chez soi, tout seul,
Et il vit son regard s'éteindre
Dès qu'il fut un peu loin des autres.
* * * * *
(The full text of this appeared in Poetry Aug., 1913.) Vildrac's two best-known poems are "Une Auberge" and "Visite"; the first a forlorn scene, not too unlike a Van Gogh, though not done with Van Gogh's vigor.
C'est seulement parce qu'on a soif qu'on entre y boire;
C'est parce qu'on se sent tomber qu'on va s'y asseoir.
On n'y est jamais à la fois qu'un ou deux
Et l'on n'est pas forcé d'y raconter son histoire.
* * * * * * *
Celui qui entre....
* * * * * * *
mange lentement son pain
Parce que ses dents sont usées;
Et il boit avec beaucoup de mal
Parce qu'il a de peine plein sa gorge.
Quand il a fini,
Il hésite, puis timide
Va s'asseoir un peu
A côté du feu.
Ses mains crevassées épousent
Les bosselures dures de ses genoux.
Then of the other man in the story:
"qui n'était pas des nôtres....
"Mais comme il avait l'air cependant d'être des nôtres!"
The story or incident in "Visite" is that of a man stirring himself out of his evening comfort to visit some pathetic dull friends.
* * * * * *
Ces gens hélas, ne croyaient pas
Qu'il fut venu a l'improviste
Si tard, de si loin, par la neige ...
Et ils attendaient l'un et l'autre
Que brusquement et d'un haleine il exposat
La grave raison de sa venue.
Only when he gets up to go, "ils osèrent comprendre"
* * * * * *
Il leur promit de revenir.
* * * * * *
Mais avant de gagner la porte
Il fixa bien dans sa mémoire
Le lieu ou s'abritait leur vie.
Il regarda bien chaque objet
Et puis aussi l'homme et la femme,
Tant il craignait au fond de lui
De ne plus jamais revenir.
The relation of Vildrac's verse narratives to the short story form is
most interesting.
The reader who has gone through Spire, Romains, and Vildrac, will have a fair idea of the poetry written by this group of men. Romains has always seemed to me, and is, I think, generally recognized as, the nerve-centre, the dynamic centre of the group,
Les marchands sont assis aux portes des boutiques;
Ils regardent. Les toits joignent la rue au ciel
Et les pavés semblent féconds sous le soleil
Comme un champ de maïs.
Les marchands ont laissé dormir près du comptoir
Le désir de gagner qui travaille dès l'aube.
On dirait que, malgré leur âme habituelle,
Une autre âme s'avance et vient au seuil d'eux-mêmes
Comme ils viennent au seuil de leurs boutiques noires.
We are regaining for cities a little of what savage man has for the forest. We live by instinct; receive news by instinct; have conquered machinery as primitive man conquered the jungle. Romains feels this, though his phrases may not be ours. Wyndham Lewis on giants is nearer Romains than anything else in English, but vorticism is, in the realm of biology, the hypothesis of the dominant cell. Lewis on giants comes perhaps nearer Romains than did the original talks about the Vortex. There is in inferior minds a passion for unity, that is, for a confusion and melting together of things which a good mind will want kept distinct. Uninformed English criticism has treated Unanimism as if it were a vague general propaganda, and this criticism has cited some of our worst and stupidest versifiers as a corresponding manifestation in England. One can only account for such error by the very plausible hypothesis that the erring critics have not read "Puissances de Paris."
Romains is not to be understood by extracts and fragments. He has felt this general replunge of mind into instinct, or this development of instinct to cope with a metropolis, and with metropolitan conditions; in so far as he has expressed the emotions of this consciousness he is poet; he has, aside from that, tried to formulate this new consciousness, and in so far as such formulation is dogmatic, debatable, intellectual, hypothetical, he is open to argument and dispute; that is to say he is philosopher, and his philosophy is definite and defined. Vildrac's statement "Il a changé la pathétique" is perfectly true. Many people will prefer the traditional and familiar and recognizable poetry of writers like Klingsor. I am not dictating people's likes and dislikes. Romains has made a new kind of poetry. Since the scrapping of the Aquinian, Dantescan system, he is perhaps the first person who had dared put up so definite a philosophical frame-work for his emotions.
I do not mean, by this, that I agree with Jules Romains; I am prepared to go no further than my opening sentence of this section, concerning our growing, or returning, or perhaps only newly-noticed, sensitization to crowd feeling; to the metropolis and its peculiar sensations. Turn to Romains:
Je croyais les murs de ma chambre imperméables.
Or ils laissent passer une tiède bruine
Qui s'épaissit et qui m'empêche de me voir,
Le papier à fleurs bleues lui cède. Il fait le bruit
Du sable et du cresson qu'une source traverse.
L'air qui touche mes nerfs est extrêmement lourd.
Ce n'est pas comme avant le pur milieu de vie
Ou montait de la solitude sublimée.
Voilà que par osmose
Toute l'immensité d'alentour le sature.
* * * * * * *
Il charge mes poumons, il empoisse les choses,
Il sépare mon corps des meubles familiers,
* * * * * * *
Les forces du dehors s'enroulent à mes mains.
In "Puissances de Paris" he states that there are beings more "real than the individual." Here, I can but touch upon salients.
Rien ne cesse d'être intérieur.
La rue est plus intime à cause de la brume.
Lines like Romains', so well packed with thought, so careful that you will get the idea, can not be poured out by the bushel like those of contemporary rhetoricians, like those of Claudel and Fort. The best poetry has always a content, it may not be an intellectual content; in Romains the intellectual statement is necessary to keep the new emotional content coherent.
The opposite of Lewis's giant appears in:
Je suis l'esclave heureux des hommes dont l'haleine
Flotte ici. Leur vouloirs s'écoule dans mes nerfs;
Ce qui est moi commence à fondre.
This statement has the perfectly simple order of words. It is the simple statement of a man saying things for the first time, whose chief concern is that he shall speak clearly. His work is perhaps the fullest statement of the poetic consciousness of our time, or the scope of that consciousness. I am not saying he is the most poignant poet; simply that in him we have the fullest poetic exposition.
You can get the feel of Laforgue or even of Corbière from a few poems; Romains is a subject for study. I do not say this as praise, I am simply trying to define him. His "Un Etre en Marche" is the narrative of a girls' school, of the "crocodile" or procession going out for its orderly walk, its collective sensations and adventures.
Troupes and herds appear in his earlier work:
Le troupeau marche, avec ses chiens et son berger,
Il a peur. Çà et là des réverbères brûlent,
Il tremble d'être poursuivi par les étoiles.
* * * * * * *
La foule traine une écume d'ombrelles blanches
* * * * * * *
La grande ville s'évapore,
Et pleut à verse sur la plaine
Qu'elle sature.
His style is not a "model," it has the freshness of grass, not of new furniture polish. In his work many nouns meet their verbs for the first time, as, perhaps, in the last lines above quoted. He needs, as a rule, about a hundred pages to turn round in. One can not give these poems in quotation; one wants about five volumes of Romains. In so far as I am writing "criticism," I must say that his prose is just as interesting as his verse. But then his verse is just as interesting as his prose. Part of his method is to show his subject in a series of successive phases, thus in L'Individu:
V
Je suis un habitant de ma ville, un de ceux
Qui s'assoient au théâtre et qui vont par les rues
* * * * * * * *
VI
Je cesse lentement d'être moi. Ma personne
Semble s'anéantir chaque jour un peu plus
C'est à peine si je le sens et m'en étonne.
His poetry is not of single and startling emotions, but—for better or worse—of progressive states of consciousness. It is as useless for the disciple to try and imitate Romains, without having as much thought of his own, as it is for the tyro in words to try imitations of Jules Laforgue. The limitation of Romains' work, as of a deal of Browning's, is that, having once understood it, one may not need or care to re-read it. This restriction applies also in a wholly different way to "Endymion"; having once filled the mind with Keats' color, or the beauty of things described, one gets no new thrill from the re-reading of them in not very well-written verse. This limitation applies to all poetry that is not implicit in its own medium, that is, which is not indissolubly bound in with the actual words, word music, the fineness and firmness of the actual writing, as in Villon, or in "Collis O Heliconii."
But one can not leave Romains unread. His interest is more than a prose interest, he has verse technique, rhyme, terminal syzygy, but that is not what I mean. He is poetry in:
On ne m'a pas donné de lettres, ces jours-ci;
Personne n'a songé, dans la ville, à m'écrire,
Oh! je n'espérais rien; je sais vivre et penser
Tout seul, et mon esprit, pour faire une flambée,
N'attend pas qu'on lui jette une feuille noircie.
Mais je sens qu'il me manque un plaisir familier,
J'ai du bonheur aux mains quand j'ouvre une enveloppe;
* * * * * * * *
But such statements as:
TENTATION
Je me plais beaucoup trop à rester dans les gares;
Accoude sur le bois anguleux des barrières,
Je regarde les trains s'emplir de voyageurs.
* * * * * * * *
and:
Mon esprit solitaire est une goutte d'huile
Sur la pensée et sur le songe de la ville
Qui me laissent flotter et ne m'absorbent pas.
* * * * * * * *
would not be important unless they were followed by exposition. The point is that they are followed by exposition, to which they form a necessary introduction, defining Romains' angle of attack; and as a result the force of Romains is cumulative. His early books gather meaning as one reads through the later ones.
And I think if one opens him almost anywhere one can discern the authentic accent of a man saying something, not the desultory impagination of rehash.
Charles Vildrac is an interesting companion figure to his brilliant friend Romains. He conserves himself, he is never carried away by Romains' theories. He admires, differs, and occasionally formulates a corrective or corollary as in "Gloire."
Compare this poem with Romains' "Ode to the Crowd Here Present" and you get the two angles of vision.
Henry Spiess, a Genevan lawyer, has written an interesting series of sketches of the court-room. He is a more or less isolated figure. I have seen amusing and indecorous poems by George Fourest, but it is quite probable that they amuse because one is unfamiliar with their genre; still "La Blonde Négresse" (the heroine of his title), his satire of the symbolo-rhapsodicoes in the series of poems about her: "La négresse blonde, la blonde négresse," gathering into its sound all the swish and woggle of the sound-over-sensists; the poem on the beautiful blue-behinded baboon; that on the gentleman "qui ne craignait ni la vérole ni dieu"; "Les pianos du Casino au bord de la mer" (Laforgue plus the four-hour touch), are an egregious and diverting guffaw. (I do not think the book is available to the public. J.G. Fletcher once lent me a copy, but the edition was limited and the work seems rather unknown.)
Romains is my chief concern. I can not give a full exposition of Unanimism on a page or two. Among all the younger writers and groups in Paris, the group centering in Romains is the only one which seems to me to have an energy comparable to that of the Blast group in London,[3] the only group in which the writers for Blast can be expected to take very much interest.
Romains in the flesh does not seem so energetic as Lewis in the flesh, but then I have seen Romains only once and I am well acquainted with Lewis. Romains is, in his writing, more placid, the thought seems more passive, less impetuous. As for those who will not have Lewis "at any price," there remains to them no other course than the acceptance of Romains, for these two men hold the two tenable, positions: the Mountain and the Multitude.
It might be fairer to Romains to say simply he has chosen, or specialized in, the collected multitude as a subject matter, and that he is quite well on a mountain of his own.
My general conclusions, redoing and reviewing this period of French poetry, are (after my paw-over of some sixty new volumes as mentioned, and after re-reading most of what I had read before):
1. As stated in my opening, that mediocre poetry is about the same in all countries; that France has as much drivel, gas, mush, etc., poured into verse, as has any other nation.
2. That it is impossible "to make a silk purse out of a sow's ear," or poetry out of nothing; that all attempts to "expand" a subject into poetry are futile, fundamentally; that the subject matter must be coterminous with the expression. Tasso, Spenser, Ariosto, prose poems, diffuse forms of all sorts are all a preciosity; a parlor-game, and dilutations go to the scrap heap.
3. That Corbière, Rimbaud, Laforgue are permanent; that probably some of De Gourmont's and Tailhade's poems are permanent, or at least reasonably durable; that Romains is indispensable, for the present at any rate; that people who say they "don't like French poetry" are possibly matoids, and certainly ignorant of the scope and variety of French work. In the same way people are ignorant of the qualities of French people; ignorant that if they do not feel at home in Amiens (as I do not), there are other places in France; in the Charente if you walk across country you meet people exactly like the nicest people you can meet in the American country and they are not "foreign."
All France is not to be found in Paris. The adjective "French" is current in America with a dozen erroneous or stupid connotations. If it means, as it did in the mouth of my contemporary, "talcum powder" and surface neatness, the selection of poems I have given here would almost show the need of, or at least a reason for, French Parnassienism; for it shows the French poets violent, whether with the violent words of Corbière, or the quiet violence of the irony of Laforgue, the sudden annihilations of his "turn-back" on the subject. People forget that the incision of Voltaire is no more all of French Literature than is the robustezza of Brantôme. (Burton of the "Anatomy" is our only writer who can match him.) They forget the two distinct finenesses of the Latin French and of the French "Gothic," that is of the eighteenth century, of Bernard (if one take a writer of no great importance to illustrate a definite quality), or of D'Orléans and of Froissart in verse. From this delicacy, if they can not be doing with it, they may turn easily to Villon or Basselin. Only a general distaste for literature can be operative against all of these writers.