198—page 290, note 1—Détresse de Rouen...

Archæologia, t. XXI, XXII.—M. Chéruel a trouvé un renseignement plus sérieux sur le prix des denrées; par délibération du 7 octobre 1418, le chapitre fait fondre une châsse d'argent, et paye, entre autres dettes, soixante livres tournois (mille francs d'aujourd'hui?) pour deux boisseaux de blé. (M. Chéruel, Rouen sous les Anglais, p. 53, d'après les registres capitulaires, conservés aux Archives départementales de la Seine-Inférieure.) Cet excellent ouvrage donne une foule de renseignements non moins précieux pour l'histoire de la Normandie et de la France en général.

199—page 292Capitulation de Rouen, etc.

«Item, estoit octroyé par ledit seigneur Roi, que tous et chacun pourroient s'en retourner..., excepté Luc, Italien, Guillaume de Houdetot, chevalier bailly, Alain Blanchart, Jehan Segneult, maire, maître Robin Delivet, et excepté la personne qui, de mauvaises paroles et déshonnêtes, auroit parlé antiennement, s'il peut être découvert, sans fraude ou mal engyn...» (Vidimus de la capitulation de Rouen, aux Archives de Rouen, communiqué par M. Chéruel). Rymer donne le même acte en latin (t. IV, p. II, p. 82, 13 januar. 1419).

200—page 292Rouen dut payer trois cent mille écus d'or...

«Januarii instantis, februarii instantis.» Les articles suivants prouvent qu'il s'agit bien de 1418, et non 1419. (Rymer, t. IV, p. II, p. 82.)

201—page 294Henri V voulait marier en Allemagne son frère Bedford...

«Super sponsalibus inter Bedfordium et filiam unicam Fr. burgravii Nuremburiensis, filiam unicam ducis Lotaringiæ, aliquam consanguineam imperatoris.» (Rymer, t. IV, p. II, p. 100, 18 mart. 1419.)

202—page 294Il voulait faire adopter son jeune frère, Glocester, à la reine de Naples, etc.

«Cum Johanna, regina Apuleæ, de adoptione Johannis ducis Bedfordiæ. Dux mittat quinquaginta millia ducatorum, quousque fortalitia civitatis Brandusii erint ei consignata... Dux teneatur, intra octo menses, venire personaliter cum mille hominibus armatis, 2,000 sagittariis. Non intromittet se de regimine regni, excepto ducatu Calabriæ quem gubernabit ad beneplacitum suum.» (Ibid., p. 98, 12 mart. 1419.)

203—page 295Il mettait d'accord contre lui les Aragonais et les Castillans...

Les gens de Bayonne écrivent au roi d'Angleterre que «un balener armé a pris un clerc du roy de Castille», et qu'on a su par lui que quarante vaisseaux castillans allaient chercher des Écossais en Écosse, les troupes du dauphin à Belle-Isle, et amener toute cette armée devant Bayonne. (Rymer, t. IV, p. II, p. 128, 22 jul. 1419.) Les gens de Bayonne écrivent plus tard que les Aragonais vont se joindre aux Castillans pour assiéger leur ville. (Ibid., p. 132, 5 septembre.)

204—page 295, note 2—Le Normand Robert de Braquemont...

Je reviendrai sur cette famille illustre et sur les Béthencourt, alliés et parents des Braquemont, à qui ceux-ci cédèrent leurs droits sur les Canaries. V. Histoire de la conqueste des Canaries, faite par Jean de Béthencourt, escrite du temps même par P. Bontier et J. Leverrier, prestres, 1630. Paris, in-12.

205—page 296Les Anglais n'étaient pas sans inquiétude.

«Nous ne savons plus, écrivait un agent anglais à Henri V, si nous avons la guerre ou la paix; mais dans six jours... It is not knowen whethir we shall have werre or pees... But withynne six dayes...» (Rymer, ibid., p. 126, 14 jul. 1419.)

206—page 300, note—La mort du duc de Bourgogne fit un mal immense au dauphin...

«Pour occasion duquel fait plusieurs grans inconvéniens et domages irréparables sont disposez davenir et plus grans que paravant, à la honte des faiseurs, au dommage de mond. Seig. Dauphin principalment, qui attendoit le royaume par hoirrie et succession après le Roy notre souverain S. À quoy il aura moins daide et de faveur et plus dennemis et adversaires que par avant.» (Archives, Registres du Parlement, Conseil, XIV, folio 193, septembre 1419.)

207—page 305Derrière Henri V on portait sa bannière personnelle, la lance à queue de renard...

«Et portoit en sa devise une queue de renart de broderie.» (Journal du Bourgeois de Paris, t. XV, p. 275.) À l'entrée de Rouen, c'était une véritable queue de renard: «Une lance à laquelle d'emprès le fer avoit attaché une queue de renart en manière de penoncel, en quoi aucuns sages notoient moult de choses.» (Monstrelet, t. IV, p. 140.)

208—page 305Le roi d'Angleterre fut bien reçu à Paris.

Le greffier même du Parlement partage l'entraînement général, à en juger par ses mentions continuelles de processions et supplications pour le salut des deux rois: «Furent moult joyeusement et honorablement receuz en la ville de Paris...» (Archives, Registres du Parlement, Conseil, XIV, folio 224.)

209—page 306Charles fut condamné au bannissement...

La sentence rendue par le roi de France, «de l'avis du Parlement», est placée par Rymer au 23 décembre 1420: «Considérant que Charles soi-disant dauphin avoit conclu alliance avec le duc de Bourgogne... déclare les coupables de cette mort inhabiles à toute dignité.»—V. aussi le violent manifeste de Charles VI contre son fils: «Ô Dieu véritable, etc.», 17 janvier 1419. (Ord., t. XII, p. 273.)—Un acte plus odieux encore, c'est celui qui ordonne que les Parisiens seront payés de ce qui leur est dû sur les biens des proscrits, de manière à associer Paris au bénéfice de la confiscation. (Ord., t. XII, p. 281.) Cela fait penser aux statuts anglais qui donnaient part aux communes dans les biens des lollards.

210—page 308, note 2—Chronique de Georges Chastellain...

En citant pour la première fois Chastellain, je ne puis m'empêcher de remercier M. Buchon d'avoir recherché avec tant de sagacité les membres épars de cet éloquent historien. Espérons qu'on publiera bientôt le fragment qui manquait encore et que M. Lacroix vient de retrouver à Florence.

211—page 308Les princes du Rhin tendaient la main à l'argent anglais...

Procuration du roi d'Angleterre au Palatin du Rhin pour recevoir l'hommage de l'électeur de Cologne. (Rymer, t. IV, p. I, p. 158-159, 4 mai 1416.)—Autre au Palatin du Rhin (pensionnaire de l'Angleterre), pour qu'il reçoive l'hommage des électeurs de Mayence et de Trèves. (Ibid., p. II, p. 102, 1 april. 1419.)

212—page 310Les politiques doutaient fort de l'utilité du Concile de Constance...

Petrus de Alliaco, De Difficultate reformationis in concilio, ap. Von der Hardt, Concil. Constant., t. I, p. VI, p. 256.—Schmidt, Essai sur Gerson, p. 57; Strasb., 1839.

213—page 313Jérôme de Prague était venu braver l'Université de Paris...

Royko, I theil, 112. Jean Huss avait, dit-on, défié l'Université de Paris: «Veniant omnes magistri de Parisiis! Ego volo cum ipsis disputare qui libros nostros cremaverunt in quibus honor totius mundi jacuit!» (Concil. Labbe, t. XII, p. 140.)

214—page 314Gerson avait écrit à l'archevêque de Prague pour qu'il livrât Jean Huss au bras séculier...

«... Securis brachii secularis... In ignem mittens... misericordi crudelitate. Nimis altercando... deperdetur veritas... Vos brachium invocare viis omnibus convenit.» (Gerson. Epist. ad archiepisc. Prag., 27 mai 1414.—Bulæus, V, 270.)

215—page 315, note 1—Jean Huss et Jérôme de Prague...

V. les détails du supplice de Jean Huss et de Jérôme. (Monumenta Hussi, t. II, p. 515-521, 532-535.)

216—page 316Les gallicans n'eurent pas la réforme...

Clémengis leur avait écrit pendant le concile qu'ils n'arriveraient à aucun résultat: «Excidit spes unicuique unquam videndæ unionis... Quis in re desperata suum libenter velit laborem impendere? Ibit schisma Latinæ Ecelesiæ, cum schismate Græcorum, in incuriam atque oblivionem.». (Nic. Clemeng. Epist., t. II, p. 312.)

217—page 319Jean Gerson...

Sur le tombeau de Gerson, et sur le culte dont il était l'objet jusqu'à ce que les Jésuites eussent fait prévaloir une autre influence, voyez l'Histoire de l'église de Lyon, par Saint-Aubin, et une lettre de M. Aimé Guillon, dans la brochure de M. Gence: Sur l'Imitation polyglotte de M. Montfalcon. Il n'existe qu'un portrait de Gerson, celui que M. Jarry de Nancy a donné dans sa Galerie des Hommes utiles, d'après un manuscrit.

218—page 321À la prise de Meaux, trois religieux de Saint-Denis, etc.

«In horribili carcere cum vitæ austeritate detineri fecit.»—Le Religieux de Saint-Denis, sans être arrêté par les préjugés de sa robe, décide avec son bon sens ordinaire que, quoique moines, ils ont dû résister à l'ennemi: «Minus bene considerans quæ canunt jura, videlicet vim vi repellere omnibus cujuscumque status... licitum esse, pugnareque pro patria.» (Religieux, ms., fol. 176-177.)

219—page 322Henri V charge l'archevêque de Cantorbéry et le cardinal de Winchester de percevoir...

«Exitus et proficus de wardis et maritagiis, ac etiam forisfacturas... Volentes quod H. Cantuariensis archiepiscopo, H. Wintoniensi cancellario nostro, et T. Dunolmensi episcopis, ac... militi nostro J. Rothenhale persolvantur.» (Rymer, t. IV, p. I, p. 150, 28 nov. 1415.)

Il fallait mettre Harfleur en état de défense...

Presse de maçons, tuiliers, etc, pour aller fortifier Harfleur. (Ibid., p. 152, 16 décembre 1415.)

220—page 323, note 2—Henri V reprochait au cardinal de Winchester d'usurper les droits de la royauté...

Voy. les lettres de pardon qu'il accorde. (Rymer, t. IV, p. II, p. 7, 23 juin 1417.)—Mais, tout vainqueur, tout populaire qu'était alors Henri V, il craignait ce dangereux prêtre. Il lui accorde une faveur le 11 septembre suivant, l'appelle son oncle, etc.

221—page 326Les paysans souffrant des courses et des pillages du parti de Charles VII, etc.

C'est ce que disent du moins les historiens du parti bourguignon, Monstrelet et Pierre de Fenin: «Et en y eut plusieurs qui commencèrent à eux armer avec les Anglois, non pas gens de grand'autorité...» (Monstrelet, t. IV, p. 143.)—Pierre de Fenin assure même que «le povre peuple l'amoit sur tous les autres; car il estoit tout conclu de préserver le menu peuple contre les gentis-hommes». (Fenin, p. 187, dans l'excellente édition de mademoiselle Dupont, 1837.)

222—page 329Les Anglais firent une charge meurtrière sur le petit peuple de Paris...

Montrelet, t. IV, p. 277, 309. Les Parisiens finirent par comprendre ainsi que l'Anglais c'était l'ennemi. Ils en étaient déjà avertis par le langage. Les ambassadeurs anglais «requirent ledit président de exposer icelle créance, pour ce que chascun n'eut sceu bien aisément entendre leur françois langage...» (Archives, Registres du Parlement, Conseil, XIV, fol. 215-216, mai 1420.)

223—page 330Budget d'Henri V...

«Pro Calesio et marchiis ejusdem, XII M marcas; pro custodia Angliæ, VIII M marcas; pro custodia Hiberniæ, II M D marcas.» (Rymer, ibid., p. 27, 6 mai 1421.)

224—page 333«C'est moi qui aurais conquis la terre sainte.»

Henri V avait envoyé pour examiner le pays le chevalier Guillebert de Launey, dont nous avons le rapport: «Sur plusieurs visitations de villes, pors et rivières, tant as par d'Égypte, comme de Surie, l'an de grâce 1422, le commandement, etc.» (Turner, vol. II, 477.)

225—page 337On dit qu'il n'y avait pas moins de vingt-quatre mille maisons abandonnées...

Nombre exagéré évidemment. Toutefois il ne faut pas oublier qu'il y avait alors plus de maisons à proportion qu'aujourd'hui, parce qu'elles étaient fort petites et qu'il n'y avait guère de famille qui n'eût la sienne.—Il résulte des détails qu'on trouve dans la vie de Flamel que la dépopulation avait commencé dès 1406. (Vilain, Hist. de Flamel, p. 355.)

226—page 338Une paix criée et chantée...

C'était au reste un usage fort ancien.—«Et fut criée parmi Paris à quatre trompes et à six ménestriers (19 sept. 1418)... Et tous les jours à Paris, especialement de nuit, faisoit-on très-grant feste pour ladite paix, à ménestriers et autrement (11 juillet 1419).» (Journal du Bourgeois, p. 249-260.)—Il paraît qu'on se disputait les joueurs de violon: «Ayant commencé une feste ou noce, ils seront obligés d'y rester jusques à ce qu'elle soit finie.» (Archives, Ordinatio super officio de Jongleurs, etc., 24 april. 1407, Registre J, 161, no 270.)

227—page 340Les grandes épidémies, etc.

Sur la peste noire, sur les Flagellants et leurs cantiques, voir le tome III de cette Histoire. Le savant et éloquent Littré a donné, dans la Revue des Deux Mondes (février 1836, t. V de la IVe série, p. 220), un article d'une haute importance: Sur les grandes épidémies.—M. Larrey, qui a fait une intéressante notice sur la chorée ou danse de Saint-Gui, aurait dû peut-être rappeler que cette maladie avait été commune au quatorzième siècle. (Mémoires de l'Académie des sciences, t. XVI, p. 424-437.)

228—page 341, note 1—La danse des morts ou danse macabre...

Selon M. Van Praet (Catalogue des livres imprimés sur vélin), ce mot viendrait de l'arabe magabir, magabaragh (cimetière). D'autres le tirent des mots anglais make, break (faire, briser), unis ensemble pour imiter le bruit du froissement et du craquement des os. On croyait, dès la fin du quinzième siècle, que Macabre était un nom d'homme; c'est l'opinion la moins probable de toutes.

229—page 341, note 4—L'art vivant, l'art en action, a partout précédé l'art figuré...

C'est ce que Vico, entre autres, a très bien compris. Sur la danse, voir particulièrement le curieux ouvrage de Bonne, Histoire de la danse, in-12. Paris, 1723.

230—page 341Mimes sacrés, etc.

J'ai parlé de ces drames à la fin du tome II de cette Histoire. Ailleurs j'ai rappelé un charmant mime de Résurrection qui se représente dans les processions de Messine. Introduction à l'Histoire universelle, d'après Blunt, Vestiges of ancient manners discoverable in modern Italy and Sicily, p. 158.

231—page 342Le spectacle de la danse des morts se joua à Paris...

«Item, l'an 1424 fut faite la Danse Maratre aux Innocents et fut commencée environ le moys d'aoust et achevée au karesme suivant.» (Journal du Bourgeois de Paris, p. 352.) «En l'an 1429, le cordelier Richart, preschant aux Innocents, estoit monté sur ung hault eschaffaut qui estoit près de toise et demie de haut, le dos tourné vers les charniers en-contre la charronnerie, à l'endroit de la danse macabre.» (Ibid., p. 384.)—Je crois, avec Félibien et MM. Dulaure, de Barante et Lacroix, que c'était d'abord un spectacle, et non simplement une peinture, comme le veut M. Peignot: c'est le progrès naturel, comme je l'ai déjà fait remarquer. Le spectacle d'abord, puis la peinture, puis les livres de gravures avec explication.—La première édition connue de la Danse macabre (1485) est en français, la première édition latine (1490) a été donnée par un Français; mais elle porte: Versibus alemanicis descripta. Voy. le curieux travail de M. Peignot, si intéressant sous le rapport bibliographique: Recherches sur les danses des morts et sur l'origine des cartes à jouer. Dijon, 1826.

232—page 343Le charnier des Innocents...

Mémoire de Cadet-de-Vaux, rapport de Thouret, et procès-verbal des exhumations du cimetière des Innocents, cités par M. Héricart de Thury, dans sa Description des catacombes, p. 176-178.


En terminant l'impression de ce volume, je dois remercier les personnes fort nombreuses qui m'ont fourni des indications utiles, particulièrement mes amis ou élèves de l'École normale, de l'École des Chartes et des Archives, dont la plupart, jeunes encore, occupent déjà un rang distingué dans l'enseignement et dans la science: MM. Lacabane, Castelnau, Chéruel, Dessalles, Rosenvald, de Stadler, Teulet, Thomassy, Yanoski, etc. (Note de 1840.)

FIN DU TOME QUATRIÈME

TABLE DES MATIÈRES

LIVRE VII.

LIVRE VIII.

LIVRE IX.

FIN DE LA TABLE DU TOME QUATRIÈME.

IMPRIMERIE E. FLAMMARION, 26, RUE RACINE, PARIS.

Notes