348: Dépos. du frère Pasquerel, confesseur de la Pucelle.

349: Dépos. de Daulon, écuyer de la Pucelle.

350: «Que mes cheveux ne me levassent en sus.» Dépos. du même.

351: Dépos. de Louis Contes, page de la Pucelle.

352: Dépos. de frère Pasquerel, son confesseur.

353: «Vos fuistis in vestro consilio, et ego in meo.» Déposition du confesseur de la Pucelle.

354: Dépos. de Colette, femme du trésorier Milet, chez lequel elle logeait.

355: «Sembloit... qu'ils cuidassent estre immortels.» L'histoire et discours au vray du siége.

356: «Timuit, flevit... Apposuerunt oleum olivarum cum lardo.» Notices des mss.

357: C'est ce qu'ils dirent le soir même, quand ils furent amenés à Orléans.

358: Selon la tradition orléanaise, conservée par Le Maire (Histoire d'Orléans), ce serait en mémoire de cette apparition que Louis XI aurait institué l'ordre de Saint-Michel, avec la devise: «Immensi tremor Oceani.» Néanmoins Louis XI n'en dit rien dans l'ordonnance de fondation. Cette devise se rapporte sans doute uniquement au célèbre pèlerinage: In periculo maris.»

359: «Clamando et dicendo: «Classidas, Classidas, ren ty, ren ty Regi cœlorum! Tu me vocasti putain. Ego habeo magnam pietatem de tua anima, et tuorum...»... Incepit flere fortiter pro anima ipsius et aliorum submersorum.» Notices des mss.

360: Le siége avait duré sept mois, du 12 octobre 1428 au 8 mai 1429. Dix jours suffirent à la Pucelle pour délivrer la ville; elle y était entrée le 29 avril au soir. Le jour de la délivrance resta une fête pour Orléans; cette fête commençait par l'éloge de Jeanne Darc, une procession parcourait la ville, et au milieu marchait un jeune garçon qui représentait la Pucelle.—Polluche, Essai hist. sur Orléans, remarque 77. Lebrun de Charmette, II, 128.

Il n'est pas sûr que ce pamphlet soit de Gerson. Gersonii Opera, IV, 859.

«Je Christine, qui ay plouré XI ans en l'abbaye close, etc.» Raimond Thomassy, Essai sur les écrits de Christine de Pisan, p. XLII.

Henrici de Gorckheim Propos. libr. duo, in Sibylla Francica, ed. Goldast, 1606. V. les autres auteurs cités par Lebrun, II, 325, et III, 7-9, 72.

361: V. la déposition du duc d'Alençon. Le duc voulant différer l'assaut, la Pucelle lui dit: «Ah! gentil duc, as-tu peur? ne sais-tu pas que j'ai promis à ta femme de te ramener sain et sauf?» Notices des mss.

362: Tout cela est fort long dans le panégyrique de Richemont, par Guillaume Gruel. Collection Petitot, t. VIII.

363: Falstoff s'enfuit, comme les autres, et fut dégradé de l'ordre de la Jarretière. Il était grand maître d'hôtel de Bedford. Sa dégradation, dont il fut au reste bientôt relevé, fut probablement un coup porté à Bedford.—V. Grafton, et le mémoire fameux que M. Berbrager prépare pour réhabiliter Falstoff.

364: «Tenendo eum in caput et consolando.» Déposition de son page, Louis de Contes.

365: Déposition de Simon Charles.

366: V. Varin, Archives de Reims, et mes Origines du droit, p. 155.

Un anonyme du XIIe siècle parle déjà de ce don transmis à nos rois par S. Marculphe. Acta SS. ord. S. Bened., ed. Mabillon, t. VI. M. de Reiffenberg donne la liste des auteurs qui en ont fait mention. (Notes de son édition de Barante, t. IV, p. 261.)

367: Chronique de la Pucelle. Notices des mss., déposition de Dunois.

368: «Ob defectum pergameni et eclipsim justitiæ.» Registre du Parlement, cité dans la préface du t. XIII des Ordonnances, p. LXVII.—«Pour escripre les plaidoieries et les arretz... plusieurs fois a convenu par nécessité... que les greffiers... à leurs despens aient acheté et paié le parchemin.» Archives, Registres du Parlement, samedi XXe jour de janvier 1431.

369: Dès le 15 juin, on presse des vaisseaux pour son passage; les conditions auxquelles il veut bien aider le roi, son neveu, ne sont réglées que le 18; le traité est du 1er juillet, et le 16, le régent et le conseil de France en sont encore à prier Winchester de venir et d'amener le roi au plus vite. V. tous ces actes dans Rymer.

370: On lui donna en outre vingt mille livres, pour payement de gens d'armes. Archives, Trésor des chartes, J. 249, quittance du 8 juillet 1429.

371: Turner.

372: Cette royauté des évêques se marque fortement dans un fait très-peu connu. Les francs-maçons avaient été signalés dans un statut de la troisième année d'Henri VI comme formant des associations contraires aux lois, leurs chapitres annuels défendus, etc. En 1429, lorsque l'influence du Protecteur Glocester fut annulée par celle de son oncle, le cardinal, nous voyons l'archevêque de Cantorbéry former une loge de francs-maçons et s'en déclarer le chef. The early History of free masonry in England, by James Orchard Halliwell (1840), London, p. 95.

373: Rymer.

374: Le défi de Bedford «À Charles de Valois» est écrit dans la langue dévote et dans les formes hypocrites qui caractérisent généralement les actes de la maison de Lancastre: «Ayez pitié et compassion du povre peuple chrestien... Prenez au pays de Brie aucune place aux champs... Et lors, si vous voulez aucune chose offrir, regardant au bien de la paix, nous laisserons et ferons tout ce que bon prince catholique peut et doit faire.» Monstrelet.

375: Ici la violence du Bourgeois est amusante: «Estoient pleins de si grant maleur et de si malle créance, que, pour le dit d'une créature qui estoit en forme de femme avec eulx, qu'on nommoit la Pucelle (que c'estoit? Dieu le scet), le jour de la Nativité Notre-Dame firent conjuration... de celui jour pour assaillir Paris...» Journal.

376: Lorsqu'on eut sonné la retraite, Daulon aperçut la Pucelle à l'écart avec les siens: «Et lui demanda ce qu'elle faisoit là ainsi seule, pour quoy elle ne se retyroit comme les autres; laquelle après ce qu'elle eust osté sa salade de dessus sa tête, lui respondit qu'elle n'estoit point seule, et que encore avoit-elle en sa compaignie cinquante mille de ses gens, et que d'illec ne se partiroit, jusque ad ce qu'elle eût prinse ladite ville. Il dict il qui parle que à celle heure, quelque chose qu'elle dict, n'avoit pas avec elle plus de quatre ou cinq hommes.» Déposition de Daulon.

377: «Bonus ad dandum de bonnes buffes et de bons torchonsProcess. mss., 27 februarii 1431.

378: V. la déposition du duc d'Alençon, et Jean Chartier.

379: «Elle fut consentante de le faire mourir... pour ce qu'il confessast estre meurtrier, larron et traistre.» Interrogatoire du 14 mars 1431.

380: Dans Berriat-Saint-Prix, p. 337, et dans Buchon, p. 539, édition de 1838.

381: Déposition de Marguerite la Touroulde.

382: Déposition de frère Jean Pasquerel.

383: Déposition de Spinal.

384: «Laquelle icelui duc alla voir au logis où elle estoit, et parla à elle aucunes paroles, dont je ne suis mie bien recors, jà soit ce que j'y estois présent.» Monstrelet.—V. ce que j'ai dit plus haut sur l'influence des femmes au moyen âge, sur Héloïse, sur Blanche de Castille, sur Laure, etc., et particulièrement le discours lu à l'Institut: Sur l'Éducation des femmes et sur les écoles religieuses dans les âges chrétiens (mai 1838).

«Font à sçavoir les treize chevaliers compaignons, portans en leur devise l'escu verd à la Dame blanche, premièrement, pourceque tout chevalier est tenu de droict de vouloir garder et défendre l'honneur, l'estat, les biens, la renommée et la louange de toutes dames et damoiselles, etc.» Livre des Faicts du maréchal de Boucicaut.

385: Les fêtes de la Vierge vont toujours se multipliant: Annonciation, Présentation, Assomption, etc. Dans l'origine, sa fête principale est la Purification; au XVe siècle, elle a si peu besoin d'être purifiée, que la Conception immaculée triomphe de toute opposition et devient presque un dogme. M. Didron a remarqué que la Vierge, d'abord vieille dans les peintures des catacombes, rajeunit peu à peu dans le moyen âge. V. son Iconographie chrétienne. Dès le XVIIe siècle, la Vierge perd beaucoup; on se moqua de l'ambassadeur du roi d'Espagne, qui, de la part du roi son maître, demandait à Louis XIV d'admettre la Conception immaculée.

386: V. le tome V et Renaissance, Introduction.

387: Selon quelques-uns, cette dame était déjà sa maîtresse; quoi qu'il en soit, le fait de la bigamie est incontestable.

388: J'ai caractérisé déjà cette grasse et molle Flandre. J'ai dit comment, avec sa coutume féminine, elle a sans cesse passé d'un maître à l'autre, convolé de mari en mari. Les Flamands ont souvent fait comme la Flandre. Les divorces sont communs en ce pays (Quételet). Sous ce point de vue, l'histoire de Jacqueline est fort curieuse; la vaillante comtesse aux quatre maris, qui défendit ses domaines contre le duc de Bourgogne, ne se garda pas si bien elle-même. Elle finit par troquer la Hollande contre un dernier époux. Retirée avec lui dans un vieux donjon, elle s'amusait, dit-on, tout en tirant au perroquet, à jeter dans les fossés des cruches, bien vidées, par-dessus sa tête. On assure qu'une de ces cruches retirées des fossés portait une inscription de quatre vers, dont voici le sens: «Sachez que dame Jacqueline, ayant bu une seule fois dans cette cruche, la jeta par-dessus sa tête dans le fossé, où elle disparut.» Reiffenberg, notes sur Barante, IV, 396. Voir les Archives du nord de la France, t. IV, 1re livraison (d'après un ms. de la Bibl. de l'Université de Louvain), et le travail que prépare M. Van Ertborn.—Le 1er décembre 1434, Jacqueline fit exposer les causes de nullité de son mariage avec le duc de Brabant: «Doudit mariage et alliance sentoit sa conscience bléchie, se estoit confessiée et l'en avoit estet baillie absolution, moyennant XII CT. couronnes à donner en amonsnes et en penance de corps que elle avoit accomplit.» Particularités curieuses sur Jacqueline de Bavière, p. 76, in-8o, Mons, 1838.

Art de vérifier les dates, Hollande, ann. 1276, III, 184.

Ibidem, Clèves, III, 184. La partie relative aux Pays-Bas est, comme on le sait maintenant, du chanoine Ernst, le savant auteur de l'Histoire du Limbourg, récemment éditée par M. Lavalleye (Liége, 1837).

Reiffenberg, Histoire de la Toison d'or, p. XXV de l'introduction.

V. particulièrement Archives de Lille, chambre des comptes, inventaire, t. VIII.

Reiffenberg, Histoire de la Toison d'or, introd. p. XXV.

389: Il reste je ne sais combien de lettres et d'actes de cet excellent prince, relativement aux nourritures de bâtards, pensions de mères et nourrices, etc.

390: Le père était le brave bâtard Jean Ier qui venait de fonder en Portugal une nouvelle dynastie, comme le bâtard Transtamare en Castille. C'était le beau temps des bâtards. L'habile et hardi Dunois avait déclaré à douze ans qu'il n'était pas fils du riche et ridicule Canny, qu'il ne voulait pas de sa succession, qu'il s'appelait «le bâtard d'Orléans.»

391: Les Anglais semblent y avoir été forcés: «Fut par les Parisiens requis au duc de Bourgogne qu'il lui plût à entreprendre le gouvernement de Paris.» Monstrelet.

392: Monstrelet.

393: V. t. IV.

394: L'allégorisme absurde du XVe siècle crut voir dans l'ordre de la Toison le triomphe des drapiers de Flandre. Il n'y avait pourtant pas moyen de s'y tromper. Le galant fondateur joignait à la toison un collier de pierres à feu, avec ce mot: «Ante ferit quam flamma micat.» On y chercha vingt sens; il n'y en a qu'un. La Jarretière d'Angleterre avec sa devise prude, la Rose de Savoie, ne sont pas plus obscures.

395: «Plus tard encore, le prince vieillissant, on fit de Jason Josué.» Reiffenberg.

396: Il fut valet de chambre, puis conseiller de Philippe le Bon. Il faisait partie de l'ambassade qui alla chercher l'infante Isabelle en Portugal. V. la relation dans Gachard.

397: La fête des mangeurs et buveurs a été célébrée encore cette année (1841) à Dilbeck et Zelick. On y donne en prix une dent d'argent au meilleur mangeur, un robinet d'argent au meilleur buveur.

398: Mort le 4 août, selon l'Art de vérifier les dates, le 8 selon Meyer. Il négociait avec René d'Anjou, héritier de Lorraine, pour épouser sa fille.

399: Marguerite de Bourgogne, comtesse de Hainaut, fille de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre, par laquelle l'héritage féminin de Brabant était venu dans la maison de Bourgogne.

400: La mère de Charles et Jean de Bourgogne (fils du comte de Nevers, tué à Azincourt) s'était remariée à Philippe le Bon en 1454, et il partageait avec elle la garde noble de ses deux beaux-fils. Sur la spoliation de la maison de Nevers, V. surtout Bibl. royale, mss., fonds Saint-Victor, no 1080, fol. 53-96.

401: Milton.

402: Il était le troisième fils de Jean, seigneur de Beaurevoir, qui, lui-même, était fils puîné de Guy, comte de Ligny.

403: La mort de la tante était imminente; elle eut lieu en 1431.

404: «Elle disoit... que dame Jehane... estoit bonne.» Journal du Bourgeois.

405: «Contra terrificatos incantationibus Puellæ.» Rymer, 2 mai, 12 décembre 1430.

406: Projetée par Henri V. Voyez le tome précédent.

407: Quoique le cardinal se fît donner beaucoup d'argent, il y mettait aussi beaucoup du sien. Un chroniqueur assure que le couronnement se fit à ses frais; il fit aussi sans doute les avances nécessaires au procès. «... Magnificis suis sumtibus in regem Franciæ... coronari.» Hist. Croyland, contin., apud Gale, Angl., Script., I, 516.

408: Le petit Henri VI dit dans son ordonnance: Nous avons choisi le comte de Warwick... «Ad nos erudiendum... in et de bonis moribus, literatura, idiomate vario, nutritura et facetia...» Rymer, t. IV, pars IV, 1 julii 1428.—Ce molle atque facetum qu'Horace attribue à Virgile, comme le don suprême de la grâce, semble un peu étrange, appliqué, comme il l'est ici, au rude geôlier de la Pucelle. Il semble au reste n'avoir guère été plus doux pour son élève; la première chose qu'il stipule en acceptant la charge de gouverneur, c'est le droit de châtier. V. les articles qu'il présenta au conseil, Turner, II, 508.

V. commission pour faire revue du comte de Warwick, capitaine des château, ville et pont de Rouen, et d'une lance à cheval, quatorze à pied et quarante-cinq archers, pour la sûreté du château, etc. Archives du royaume, K. 63, 22 mars 1430.

409: Le bourguignon Chastellain l'appelle: «Très-noble et solemnel clerc.»—Nous avons parlé au tome précédent de son extrême dureté pour les gens d'église du parti contraire. V. sur Cauchon, Du Boulay. Historia Univers. Parisiensis, V. 912.

V. le Religieux de Saint-Denis, ms. Baluze, Bibl. royale, tome dernier, folio 176.

410: V. aussi la lettre que Clémengis lui adresse, avec ce titre: «Contractus amicitiæ mutuæ. Nicol. de Clemang. Epistolæ, II, 323.

Gallia Christiana, XI, 87-88.

«Litteraæ directæ Domino Summo Pontifici pro translatione D. Petri Cauchon, episcopi Balvacensis, ad ecclesiam metropolitanam Rothomagensem.» Rymer, t. IV, pars. IV, p. 152, 15 décembre 1429.

V. la Remontrance de Rouen contre l'Université. Chéruel, 167.

411: Cauchon recevait des Anglais cent sols par jour. D'après sa quittance (communiquée par M. Jules Quicherat, d'après le ms. de la Bibl. royale, Coll. Gaignière, vol. IV).

412: Rymer, t. IV, pars IV, p. 165, 19 julii 1430. Pour saisir l'ensemble de l'espèce de guerre commerciale qui commençait entre la jeune industrie anglaise et celle des Pays-Bas. V. les défenses d'importer en Flandre les draps et laines filées d'Angleterre (1428, 1464, 1494), et enfin l'importation permise (1499), sous promesse de réduire les droits sur la laine non travaillée que les Anglais vendront aux Flamands à Calais. Rapport du jury sur l'industrie belge, rédigé par M. Gachard, 1836.

413: Dans les lettres par lesquelles Charles VII accorde divers priviléges aux Orléanais immédiatement après le siége, pas un mot de la Pucelle; la délivrance de la ville est due «A la divine grâce, au secours des habitants et à l'aide des gens de guerre.» Ordonnances, XIII.—V. toutefois plus bas l'expédition de Xaintrailles.—M. de L'Averdy ne justifie le roi que par des conjectures. M. Berriat-Saint-Prix le trouve inexcusable, p. 239.

414: Il mourut quelques mois après, le 25 janvier 1431.

415: La rançon fut payée avant le 20 octobre. Comme le prouve l'une des pièces copiées par M. Mercier aux archives de Saint-Martin-des-Champs. Note de l'abbé Dubois. Dissertation, éd. Buchon, 1827, p. 217.

Le mausolée de la Toison d'or, Amst., 1689. p. 14. Histoire de l'Ordre, IV, 27.

416: V. tome VII, la mort du neveu de Jean de Ligny, le fameux connétable de Saint-Pol, qui crut un moment se faire un État entre les possessions des maisons de France et de Bourgogne, et fut décapité à Paris en 1475.

417: «Comme Dieu layra mourir ces bonnes gens de Compieigne, qui ont esté et sont si loyaux à leur seigneur?» Interrogatoire du 14 mars 1431.

418: Interrogatoire du 12 mars 1431.

419: La route de Picardie étant trop dangereuse, on le fit passer par Rouen. Dans sa lettre datée de Rouen, 6 novembre 1430, il donne pouvoir au chancelier de France de différer la rentrée du Parlement: «Considérant que les chemins sont très-dangereux et périlleux...»—Autre lettre datée de Paris, 13 novembre, par laquelle il donne un nouveau délai. Ordonnances, XIII, 159.

420: Le chapitre ne s'y décida qu'après une délibération solennelle. «Vocentur ad deliberandum super petitis per D. episcopum Belvacensem et compareant sub pœna pro quolibet deficiente amittendi omnes distributiones per octo dies... Assertiones pro quadam muliere in carceribus detenta... eidem in gallico exponantur et caritative moneatur...» Archives de Rouen, reg. capitulaires, 14-15 avril 1451, fol. 98 (communiqué par M. Chéruel).

421: Notices des mss.

422: Le 13 janvier, Cauchon assemble quelques abbés, docteurs et licenciés, et leur dit qu'on peut extraire des informations déjà prises quelques articles sur lesquels on interrogera l'accusée. Dix jours sont employés à faire ce petit extrait; il est approuvé le 23, et Cauchon charge le normand Jean de la Fontaine, licencié en droit canonique, de faire cet interrogatoire préliminaire, sorte d'instruction préparatoire, d'enquête sur vie et mœurs par laquelle commençaient les procès ecclésiastiques. Notices des mss.

423: V. la quittance dans les pièces copiées par M. Mercier aux archives de Saint-Martin-des-Champs. Note de l'abbé Dubois, Dissertation, éd. Buchon, 1827, p. 219.

424: Interrogatoire du 24 février 1431.

425: Interrogatoire du 24 février.

426: «Fuerunt multum stupefacti, et illa hora dimiserunt.» Procès de Révision. Notices des mss. III, 477.

Procès Éd. Buchon, 1827, p. 75. V. aussi d'autres questions bizarres de casuistes, p. 131 et passim.

427: Interrogatoire du 27 février.

428: Interrogatoire des 3 et 17 mars.

429: Ibidem, 3 mars.

430: «Au premier interrogatoire, trente-neuf assesseurs; au second interrogatoire du 22 février, quarante-sept; le 24, quarante; le 27, cinquante-trois; le 3 mars, trente-huit; etc.» Notices des mss.

431: Procès, 12 mars.

432: Ibidem, 14 mars. Elle répond le lendemain à une question analogue qu'elle fuirait encore, si Dieu le permettait: «Faceret ipsa une entreprinse, allegans proverbium gallicum: Ayde-toi, Dieu te ayderaProcès mss., 15 mars.

433: Interrogatoire du 17 mars.

434: Interrogatoire du 14 mars.

435: Ibidem, 17 mars.

436: Ibidem, 3 et 14 mars.

437: Interrogatoire du 14 mars.

438: Ibidem, 17 mars.

439: «Non crederet nec prælato suo, nec papæ, nec cuicumque, quia hoc habebat a Deo.» Notices des mss.

440: L'inquisiteur déclara que si l'on inquiétait les deux moines, il ne prendrait plus aucune part au procès. (Notices des mss.)

441: Voir la déposition infiniment curieuse et naïve de l'honnête greffier Guillaume Manchon. (Notices des mss.)

442: Elles furent communiquées d'abord à quelques-uns des assesseurs, à ceux que Cauchon croyait les plus sûrs. Ceux-ci, toutefois, crurent devoir ajouter un correctif aux articles: «Elle se soumet à l'Église militante, en tant que cette Église ne lui impose rien de contraire à ses révélations faites et à faire.» Cauchon crut, non sans quelque raison, qu'une telle soumission conditionnelle n'était pas une soumission, et il prit sur lui de supprimer ce correctif.

443: Notices des mss.

444: Il écrivit à l'évêque, ne voulant pas apparemment reconnaître l'inquisiteur comme juge.

445: Déposition de Jean Beaupère. (Notices des mss.)

446: Je ne sais pourquoi, dit un grand maître des choses spirituelles, Dieu choisit les jours des fêtes les plus solennelles pour éprouver davantage et purifier ceux qui sont à lui... Ce n'est que là-haut, dans la fête du ciel, que nous serons délivrés de toutes nos peines.» Saint-Cyran.

447: Dimanche des Rameaux, à Prime: Deus in adjutorium meum intende...

448: Tout le monde sait que l'office de cette fête est un de ceux qui ont conservé les formes dramatiques du moyen âge. La procession trouve la porte de l'église fermée, le célébrant frappe: Attollite portas... Et la porte s'ouvre au Seigneur.

449: Procès, 3 avril, et non 29 mars, comme porte le ms. d'Orléans, où il y a beaucoup de confusion dans les dates. V. éd. Buchon, 1827, p. 164, 12 mai.

450: «Sicut filiæ burgensium, unam houppelandam longam.» Procès latin, ms., dimanche, 15 mars.

451: «Cinq Anglois, dont en demeuroit de nuyt trois en la chambre.» Notices des mss.

452: «De nuyt, elle estoit couchée ferrée par les jambes de deux paires de fers à chaîne, et attachée moult estroitement d'une chaîne traversante par les pieds de son lict, tenante à une grosse pièce de boys de longueur de cinq ou six pieds et fermante à clef, par quoi ne pouvoit mouvoir de la place.» Ibidem.—Un autre témoin dit: «Fuit facta una trabes ferrea, ad detinendam eam erectamProcès ms., déposition de Pierre Cusquel.

453: Le comte de Ligny vint la voir avec un lord anglais, et lui dit: «Jeanne, je viens vous mettre à rançon, pourvu que vous promettiez que vous ne porterez plus les armes contre nous.» Elle répondit: «Ah! mon Dieu, vous vous moquez de moi; je sais bien que vous n'en avez ni le vouloir ni le pouvoir.» Et comme il répétait les mêmes paroles, elle ajouta: «Je sais bien que ces Anglais me feront mourir, croyant après ma mort gagner le royaume de France. Mais quand ils seraient cent mille Godden (centum mille Godons gallice) de plus qu'ils ne sont aujourd'hui, ils ne gagneraient pas le royaume.» Le lord anglais fut si indigné qu'il tira sa dague pour la frapper, et il l'aurait fait sans le comte de Warwich. (Notices des mss.)

454: Non pas précisément Cauchon, mais son homme, Estivet, promoteur du procès.

455: Notices des mss., p. 475, et passim.—Procès, éd. Buchon, 1827, p. 164, 12 mai.

456: «Usquequo oblivisceris me in finem?» Offices du Jeudi Saint, à Laudes.

457: Rapprochez de ceci ce que nous avons dit plus haut de l'impression profonde que le son des cloches produisait sur elle.

458: Unanimité déjà, il est vrai, plus apparente que réelle, comme je l'ai dit et le dirai mieux encore.

459: C'était l'avis de Lohier. (Notices des mss.)

460: «Sui fratres de Paradiso.» Déposition de Jean de Metz.

461: «Eam interrogavit quid habebat, quæ respondit quod habebat quod fuerat missa quædam carpa sibi per episcopum Bellovacensem, de qua comederat, et dubitabat quod esset causa suæ infirmitatis; et ipse de Estiveto ibidem præsens, redarguit eam dicendo quod male dicebat, et vocavit eam paillardam, dicens: Tu, paillarda, comedisti aloza et alia tibi contraria. Cui ipsa respondit quod non fecerat, et habuerunt ad invicem ipsa Joanna et de Estiveto multa verba injuriosa. Postmodumque ipse loquens... audivit ab aliquibus ibidem præsentibus, quod ipsa passa fuerat multum vomitum.» Notices des mss., III, 471.

«Rex eam habebat caram et eam emerat.» Ibidem.

462: «Non audebant, ea vivente, ponere obsidionem ante villam Locoveris.» Notices des mss., III, 473.

463: Comme il l'avait fait au concile de Constance.—V. Endell Tyler, Memoirs of Henry the fifth, II, 61 (London, 1838).

464: «La cædule que tenoit ledit Monseigneur l'arcevesque.» Lebrun, IV, 79, d'après le ms. d'Urfé.

465: Les docteurs envoyés à l'Université parlèrent «au nom du Roi» dans la grande assemblée tenue aux Bernardins. Bulæus, Hist. Univ. Parisiensis, t. V, passim. Ce couvent célèbre où se tinrent tant d'assemblées importantes de l'Université, où elle jugea les papes, etc., subsiste encore aujourd'hui. C'est l'entrepôt des huiles.

466: L'archevêque de Reims, la Trémouille, etc. On lui offrit aussi de consulter l'Église de Poitiers.

467: «L'ange Gabriel est venu me visiter le 3 mai pour me fortifier.» Troisième monition (11 mai). Lebrun, IV, 90, d'après les grosses latines du procès.

468: Voyez cette pièce curieuse dans Bulæus, Hist. Univ. Paris. V. 395-401.

469: V. les dépositions du notaire Manchon, de l'huissier Massieu, etc. Notices des mss., III, 502, 505 et passim.

470: «Mentiebatur, quia potius, cum judex esset in causa fidei, deberet quærere ejus salutem quam mortem.» Notices. Cauchon, pour tout dire, devait ajouter que, dans l'intérêt des Anglais, la rétractation était bien plus importante que la mort.

471: «Inquisivit a cardinali Angliæ quid agere deberet.» Ibidem, 484.

«A manica sua.» Ibidem, 486.

472: V., au Processus contra Templarios, avec quelle insistance les défenseurs du Temple demandent «ut ponantur in manu Ecclesiæ.» Les prisons d'église avaient toutefois cet inconvénient que presque toujours on y languissait longtemps. Nous voyons en 1384 un meurtrier que se disputaient les deux juridictions de l'évêque et du prévôt de Paris, réclamer celle du prévôt et demander à être pendu par les gens du roi plutôt que par ceux de l'évêché, qui lui auraient fait subir préalablement une longue et dure pénitence: «Flere dies suos, et pœnitentiam, cum penuriis multimodis, agere, temporis longo tractu.» Archives du royaume. Registres du Parlement, ann. 1384.

473: «Non curetis, bene rehabebimus eam.» Notices des mss.

474: «Quod Rex male stabat.» Ibidem.

475: «A true pattern of the knigtly spirit, taste, accomplishments and adventures, etc.» Il fut un des ambassadeurs envoyés au concile de Constance par Henri V; il y fut défié par un duc, et le tua en duel. Turner donne, d'après un manuscrit, la description de son fastueux tournoi de Calais. Turner, II, 506.

476: Nous leur devons ces mots. Celui de mortification était, il est vrai, employé partout dans la langue ascétique; il s'appliquait à la pénitence volontaire que fait le pécheur pour dompter la chair et apaiser Dieu; ce qui est, je crois, anglais, c'est de l'avoir appliqué aux souffrances très-involontaires de la vanité, de l'avoir fait passer de la religion de Dieu à celle du moi humain.

477: Je ne me rappelle pas avoir vu le nom de Dieu dans Shakespeare: s'il y est, c'est bien rarement, par hasard et sans l'ombre d'un sentiment religieux. Le véritable héros de Milton, c'est Satan. Quant à Byron, il n'a pas trop repoussé le nom de chef de l'école satanique que lui donnaient ses ennemis; ce pauvre grand homme, si cruellement éprouvé par l'orgueil, n'eût pas été fâché, ce semble, de passer pour le Diable en personne. V. mon Introduction à l'histoire universelle, sur ce caractère de la littérature anglaise.

478: Faut-il dire que le duc de Bedford, si généralement estimé, comme un homme honnête et sage «erat in quodam loco secreto ubi videbat Johannam visitari:» Notices des mss.

479: Elle était sœur du duc de Bourgogne, mais elle avait adopté les habitudes anglaises. Le Bourgeois de Paris la montre toujours galopant derrière son mari: «Luy et sa femme qui partout où il alloit, le suivoit.» ann. 1428. «Et à cette heure s'en alloit le régent et sa femme par la Porte-Saint-Martin, et encontrèrent la procession, dont ils tinrent moult peu de compte; car ils chevauchoient moult fort, et ceux de la procession ne purent reculler; si furent moult touillez de la boue que leurs chevaux jettoient par devant et derrière.» Ibidem, ann. 1427.

480: Il semblerait que les grandes dames se faisaient habiller par des tailleurs. «Cuidam Joanny Symon, sutori tunicarum... Cum induere vellet, eam accepit dulciter per manum... tradidit unam alapam.» Notice des mss.

481: Concil. Gangrense, circa annum 324, tit. XIII, apud Concil. Labbe, II, 420.

482: «Licet ornarent se cultu solemniori ut gratius placerent his cum quibus agere conceperunt.» Gerson.

483: «La simple Pucelle lui révéla que... on l'avoit tourmentée violentement en la prison, molestée, battue et déchoullée, et qu'un millourt d'Angleterre l'avoit forcée.» Ms. Soubise.—Néanmoins, le même témoin dit dans sa seconde déposition, rédigée en latin: «Eam templavit vi opprimere.» Lebrun.—Ce qui fait croire que l'attentat ne fut pas consommé, c'est que, dans ses dernières lamentations, la Pucelle s'écriait: «Qu'il faille que mon corps, net en entier, qui ne fut jamais corrompu, soit consumé et rendu en cendres.» Notices des mss.

484: Déposition de l'huissier Massieu, qui la suivit jusqu'au bûcher. Ibidem.

485: N'est-il pas étonnant que MM. Lingard et Turner suppriment des détails si essentiels, qu'ils dissimulent la cause qui obligea la Pucelle à reprendre l'habit d'homme? Le catholique et le protestant ne sont ici qu'Anglais.

486: Était-il envoyé par Charles VII pour délivrer la Pucelle, rien ne l'indique. Il croyait avoir trouvé moyen de se passer d'elle; Xaintrailles se faisait mener par un petit berger gascon. L'expédition manqua et le berger fut pris.—Alain Chartier, Chroniques du roi Charles VII, et Jean Chartier, mai 1431, éd. Godefroy, p. 47. Journal du Bourgeois, p. 427, éd. 1827.

487: Déposition du notaire Manchon. Notices.

488: «In loco tuto.»—Le procès-verbal y substitue: «Carcer graciosus.» Lebrun.

489: «Faronnelle, faictes bonne chière, il en est faict.» Déposition d'Isambard. (Notices des mss.)

490: Déposition de Jean Toutmouillé. Ibidem.

491: Déposition de frère Jean de Levozoles. (Lebrun.)

492: Déposition de Jean Toutmouillé. (Notices des mss.)

493: Ceci, au reste, n'est qu'un on-dit (Audivit dici...), une circonstance dramatique dont la tradition populaire a peut-être orné gratuitement le récit. (Ibidem.)

494: Procès français, éd. Buchon, 1827, p. 79, III.—«An suum consilium dixerit sibi quod erit liberata a præsenti carcere? Respondet: Loquamini mecum infra tres menses... Oportebit semel quod ego sim liberata...—Dominus noster non permittet eam venire ita basse, quin habeat succursum a Deo bene cito et per miraculumProcès latin ms., 27 février, 17 mars 1431.

495: «De quoi il estoit fort marry et avoit grant compassion...» Ce détail et la plupart de ceux qui vont suivre sont tirés des dépositions des témoins oculaires, Martin Ladvenu, Isambart, Toutmouillé, Manchon, Beaupère, Massieu, etc. V. Notices des mss., III, 489-508.

496: Journal du Bourgeois.

497: «Episcopus Belvacensis fievit...»—«Le cardinal d'Angleterre et plusieurs autres Anglois furent contraincts plourer.» Notices des mss.

498: L'information qu'ils firent faire sur ses prétendues rétractations n'est signée ni des témoins, devant qui elles auraient eu lieu ni des greffiers du procès.—Trois de ces témoins, qui furent interrogés plus tard, n'en disent et paraissent n'en avoir eu aucune connaissance. (L'Averdy.)

499: Job.

500: «Quod voces quas habuerat, erant a Deo... nec credebat per easdem voces fuisse deceptam.» Notices des mss., III, 489.

M. Henri Martin a donné une explication rationnelle des voix et des visions de Jeanne Darc: «Le philosophe pourrait soutenir que l'illusion de l'inspiré consiste à prendre pour une révélation apportée par des êtres extérieurs, anges, saints ou génies, par les révélations intérieures de cette personnalité infinie qui est en nous, et qui parfois, chez les meilleurs et les plus grands, manifeste par éclairs des forces latentes dépassant presque sans mesure les facultés de notre condition actuelle. Dans la langue des anciennes philosophies et des religions les plus élevées, ce sont les révélations du férouer mazdéen, du bon démon (celui de Socrate), de l'ange gardien, de cet autre Moi qui n'est que le moi éternel, en pleine possession de lui-même,» l'awen des Celtes (Triades des Bardes Gallois). Hist. de France, t. VII.

501: Sur l'authenticité des pièces, la valeur des divers manuscrits, etc., voir le travail de M. de l'Averdy, et surtout celui du savant M. Jules Quicherat, auquel nous devrons la première publication complète du Procès de la Pucelle.

Je n'appelle pas poésie le poëme d'Antonio Astezano (secrétaire du duc d'Orléans, ms. de Grenoble, 1435), ni celui de Chapelain. Néanmoins ce dernier, comme le remarque très-bien M. Saint-Marc Girardin (Revue des Deux-Mondes, septembre 1838), a été traité très-sévèrement par la critique. Sa préface, qu'on a trouvée si ridicule, prouve une profonde intelligence théologique du sujet.—Shakespeare n'y a rien compris; il a suivi le préjugé national dans toute sa brutalité.—Voltaire, dans le déplorable badinage que l'on sait, n'a pas eu l'intention réelle de déshonorer Jeanne Darc; il lui rend dans ses livres sérieux le plus éclatant hommage: «Cette héroïne... fit à ses juges une réponse digne d'une mémoire éternelle... Ils firent mourir par le feu celle qui, pour avoir sauvé son roi, aurait eu des autels, dans les temps héroïques où les hommes en élevaient à leurs libérateurs.» Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, chap. LXXX.—Les Allemands ont adopté notre sainte et l'ont célébrée autant et plus que nous. Sans parler de la Jeanne Darc de Schiller, comment ne pas être touché du pèlerinage qu'accomplit M. Guide Goerres à travers toutes les bibliothèques de l'Europe et par toutes les villes de France pour recueillir les manuscrits, les traditions, les moindres traces d'une si belle histoire? Cette dévotion chevaleresque d'un Allemand à la mémoire d'une sainte française fait honneur à l'Allemagne, à l'humanité. L'Allemagne et la France sont deux sœurs. Puissent-elles l'être toujours! (octobre 1840.)

La réalité populaire me paraît avoir été bien heureusement conciliée avec l'idéalité poétique dans l'œuvre d'une jeune fille à jamais regrettable!... Elle avait eu pour révélation ce moment de Juillet. Toutes les deux, l'artiste et la statue, ont été les filles de 1830.

502: Le cadre serait tout tracé; c'est la formule même de la vie héroïque: 1, la forêt, la révélation; 2, Orléans, l'action; 3, Reims, l'honneur;—4, Paris et Compiègne, la tribulation, la trahison; 5, Rouen, la passion.—Mais rien ne fausse plus l'histoire que d'y chercher des types complets et absolus. Quelle qu'ait été l'émotion de l'historien en écrivant cet Évangile, il s'est attaché au réel, sans jamais céder à la tentation d'idéaliser.

503: Lorsqu'elle entra à Troyes, le clergé lui jeta de l'eau bénite, pour s'assurer si c'était une personne réelle ou une vision diabolique. Elle sourit et dit: «Approchez hardiment, je ne m'envoulleray pas.» Voir l'interrogatoire du 3 mars 1430.

504: L'évêque de Beauvais... «et sa compagnie ne se montrèrent pas moins affectés à faire mourir la Pucelle, que Cayphe et Anne, et les scribes et pharisées se montrèrent affectés à faire mourir Notre-Seigneur.» Chronique de la Pucelle.

505: Il restait toujours bon enfant; petit mot, grande chose. Personne aujourd'hui ne veut être ni enfant, ni bon; ce dernier mot est une épithète de dérision.

506: C'est le mot du Philoctète de Fénelon.—Télém., livre XII. L'original grec le dit aussi, mais bien faiblement, et d'ailleurs dans un autre sens. Sophocl. Philoct., v. 476.

507: Saint François de Sales.

508: Elle se hâta de se remarier avec un ennemi des Anglais, le Gallois Owen Tudor. C'est justement de ce mariage d'un Gallois et d'une Française que vinrent les rois les plus absolus que l'Angleterre ait eus, les Tudors, Henri VIII, Marie, Élisabeth.

509: V. plus haut.

510: Un laird écossais qui avait osé passer avant le roi, fut si content de lui-même qu'il entra, avec trompes, clairons et quatre bardes ou ménestrels, qui marchaient devant lui en chantant leurs chants sauvages, comme s'il fût entré par la brèche. (Journal du Bourgeois.)

511: «Et estoient vestus par personnages des cottes d'armes des dessus dits seigneurs.» Monstrelet.

512: D'après tout ce que nous savons de ce grand prêteur sur gages, il est infiniment probable qu'il fit seulement les avances; son panégyriste n'ose pas dire qu'il donna.

513: Jean Chartier. Monstrelet.

514: «Plus en suivant les coutumes d'Angleterre que de France.» Ibidem.

515: Journal du Bourgeois.

516: Shakespeare en parle d'une manière très-comique.

Either they must be dicted, like mules,
And have their provender tied to their mouths,
Or, piteous they will look, like drowned mice.

(Shak. Henry VI, I, P., act. I. sc. 2).

517: Journal du Bourgeois, ann. 1424, 1428.

518: «Il fallait demander discrètement à goûter de l'une des trois vertus et alors on recevait un verre de vin.» Turner.

519: «In the whiche pastyme... an hereticke was brent...» Ibidem.

520: Ces couleurs par lesquelles se désignaient les vassaux d'un même lord étaient une occasion fréquente de disputes, un moyen de guerre civile. (V. Shakespeare sur la livery jaune de Winchester, etc.) Mais ce ne fut qu'après l'horrible guerre de la Rose rouge et de la Rose blanche, qu'Henri VII parvint à supprimer les liveries.

521: «By the stirring up and procuring of my saide lorde of Winchester.» Hollingshed, éd. 1577, fol. 1228, col. 2.

522: V. plus haut.

523: Elle l'était certainement dix ans après.

524: Ces pièces, si importantes, étaient encore aux Archives de Lille au commencement de ce siècle; elles en ont été soustraites, et le savant archiviste, M. Leglay, qui en a recouvré d'autres, n'a pu trouver encore la trace de celles-ci; peut-être sont-elles aujourd'hui dans quelque manoir anglais, au fond d'un musée seigneurial. Heureusement l'inventaire en donne un extrait fort détaillé. Glocester écrit à Bedford pour lui apprendre les liaisons du duc de Bourgogne avec Arthur de Bretagne qui veut le rapprocher du dauphin; il propose de le faire arrêter. Bedford répond qu'il vaudrait mieux le tuer dans les joutes qui auront lieu à Paris. Puis il écrit que l'occasion a manqué, mais qu'il trouvera moyen de l'attirer et de le faire enlever au passage. Archives de Lille; chambre des comptes, inventaire, t. VIII, ann. 1424.

525: En 1423, Bedford avait tranché durement cette grande question de juridiction en faisant casser une sentence des Quatre membres de Flandre par le Parlement de Paris. Archives du royaume, Trésor des Chartes, 30 avril, J. 573.

«Et si vous ou les vostres désirez aucune chose devers nous, tousjours nous trouverez disposez de entendre raisonnablement comme souverain...» Proceedings and ordinances of the privy council of England, vol. IV, 5 (1835).

526: Journal du Bourgeois de Paris.

527: Monstrelet.

528: À ce moment même, Philippe obligeait René à leur laisser la ville de Guise, dont il était en possession. (Villeneuve-Bargemont.)

529: D. Plancher, Histoire de Bourgogne, t. IV, p. 203, d'après le journal anglais des conférences, ms. de la Bibl. Harleienne, no 4763.

530: «To the valeu, in demayne and revenue..., of XX mil. l. verly.» Rymer, 21 mai 1439.

531: V. plus haut, et pour la défense de 1446, Archives générales de Belgique, Brabant, no 2, fol. 123.

532: J'ai cité quelques exemples de cet attachement à la lettre dans mes Origines du droit, et je pourrais en ajouter une foule d'autres.

533: Bibliothèque royale, mss. Colbert, LII, fol. 313.

534: Ce fut Jean Tudert, et non Bourbon et Richemont, comme le dit à tort Monstrelet. D. Plancher, IV, 218-219. En effet, pourquoi Philippe le Bon aurait-il préféré ses deux beaux-frères pour leur laisser faire ce personnage humiliant? Cette observation judicieuse appartient aux auteurs de l'Ancien Bourbonnais (MM. Allier, Michel et Batissier), t. II, p. 50.

535: Daru.

536: «Le jeune roi Henry prit en ce si grand'déplaisance que les larmes lui saillirent hors des yeux.» Monstrelet.

537: Ce chancelier dit depuis «qu'il avoit bien payé son escot.» Jean Chartier.

538: V. Ordonnances, t. XIII, p. XLV-XLVI. Ce point essentiel de la Pragmatique est celui sur lequel elle glisse le plus légèrement: «Patronorum jura enervantur...»—Au contraire, elle insiste sur le texte populaire, la nécessité d'empêcher l'argent de sortir du royaume: «Thesauri asportantur.» Ordonnances, XIII, 269. Le vieux canoniste explique très-bien l'origine de ces droits, dans son vers technique:

Patronum faciunt dos, ædificatio, fundus.

(Ducange, verb. Patronus).

Ibidem, et verb. Abbacomites.

539: Bulæus.

540: Le concile dura longtemps encore, mais en concurrence avec celui de Ferrare.

541: Quand la Pucelle en appela au Pape, l'évêque de Beauvais répondit: «Le pape est trop loin.» Dans la réalité, il se trouva que les évêques eux-mêmes, pour s'être ainsi débarrassés du pape, eurent un pape (et plus dur) dans le Parlement. Voir les observations fort spécieuses de Pie II sur les inconvénients de la Pragmatique, dans le recueil des Libertés de l'Église gallicane, t. I (sub fin.), Hist. de la Pragm., p. 36, d'après Gobellini Comment. V. aussi la réponse du spirituel pontife aux Allemands, Æneæ Sylvii Piccolominei Opera, p. 837.