[1] On a vu plus haut l'histoire de madame Lévêque (t. III, p. 278).
[2] Si quelqu'un en a eu quelque chose, ç'a été le fou de président de La Barre. (T.)
[3] Cette description d'une farce jouée en société, du temps de Louis XIII, est une des choses les plus curieuses que Tallemant nous ait transmises. Les autres Mémoires du temps n'offrent rien d'analogue.
[4] Nicolas Perrot d'Ablancourt, né à Châlons-sur-Marne le 5 avril 1606, mort à Paris le 17 novembre 1664.
[5] Ce même valet, qui avoit été nourri avec lui, se mit en tête de le marier; mais d'Ablancourt manquoit toujours aux entrevues. Une fois il lui dit: «Mais ne me faites donc plus comme cela; je n'ai que des reproches de vous.» (T.)
[6] Ce passage montre que d'Ablancourt a composé la préface de l'Honnête femme, par le Père Du Bosc, religieux cordelier, conseiller et prédicateur ordinaire du Roi. Paris, 1658, petit in-12. Nous citons la quatrième édition, qui est sous nos yeux; elle est dédiée à la duchesse d'Aiguillon. La préface, qui sert de défense à l'ouvrage, indique qu'elle n'est pas de l'auteur, mais d'Ablancourt y garde l'anonyme.
[7] L'abbaye d'Hermières, près de Tournan en Brie.
[8] Le grand Condé.
[9] Il étoit beau-frère de madame Cornuel, si célèbre par ses bons mots. (Voyez l'article de cette dernière, p. 72 de ce volume.)
[10] Coulon est conseiller au Parlement, et fils d'un homme d'affaires. (T.)
[11] Un autre disoit: «Tout le monde couche avec ma femme hors moi.» (T.)
[12] Marion de Lorme. (Voyez son article, t. III, p. 141.)
[13] Ce nom est incertain dans le manuscrit.
[14] Le conseiller Coulon s'étoit jeté à corps perdu dans le parti de la Fronde.
[15] Cascais (T.)
[16] Charost, en parlant du cardinal de Richelieu, l'appelle toujours mon maître. Cela est bien valet. (T.)
[17] De la Bretonnerie. (T.)
[18] Les femmes disoient bien soigneusement on me four.....; elles n'avoient garde d'oublier l'R. (T.)
[19] Surnommé à la cour Son Impertinence. (T.) (Voyez plus bas page 25.)
[20] Il y a dans le manuscrit deux autres couplets que Tallemant a biffés. Les voici (le second est de Desbarreaux):
[21] Boinville, qui fut trouvé caché sous le lit de la Reine-mère, qui alla à Saint-Gervais avec un habit et un chapeau blanc, et qui, ensuite, fut enfermé par ses parents, étoit Hennequin. (T.)
[22] Leonor-Charles, comte de Maillé, épousa, le 21 octobre 1653, Marie de Peschart, fille de François de Peschart, seigneur de Limoges, et d'Olive du Coudray.
[23] Ce nom se prononce Carman, mais il s'écrit Kerman.
[24] Une veuve dévote qui a un petit couvent. (T.)
[25] Madame de Rambouillet alla voir dans Ramusio, et trouva que les esclaves en Éthiopie étoient marqués au-dessus du sourcil. On dit qu'on lui trouva cette marque. Il y a une relation imprimée de son voyage et de sa fuite, ou plutôt un roman; car ce n'étoit en effet qu'une fable. (T.)
Zaga-Christ se donnoit pour être fils du roi d'Abyssinie. C'étoit vraisemblablement un imposteur. Il se fit entretenir à Rome et à Paris, où il arriva en 1634. Il mourut en 1638, au château de Ruel, où il a été enterré. On lui fit cette épitaphe:
[26] Michel le Masle, sieur Des Roches, portefeuille du cardinal. Il a de bons bénéfices. (T.)
[27] Isaac de Laffemas, d'abord avocat au Parlement de Paris, ensuite maître des requêtes, né en 1589, lieutenant civil en 1638, mourut vers 1650.
[28] A Navarre, étant écolier, il fit une pastorale, qui y fut jouée, où il y avoit un berger Lefamas, ou Lemafas, ou Falemas, et un Semblant beau. (T.)
[29] Ce Montauban, en lisant les auteurs, mettoit ce qu'il y trouvoit de beau sur de petits morceaux de papier, et jetoit tout cela dans un tiroir; puis quand il faisoit un plaidoyer, il tiroit une poignée de ces billets au hasard, et il falloit que tout ce qu'il avoit tiré entrât dans ce plaidoyer. (T.)—Si ce fait n'est pas exact, c'est au moins une critique spirituelle de l'abus qu'on faisoit alors dans les plaidoyers des citations sacrées et profanes.
[30] Bois-Robert disoit que quand Laffemas voyoit une belle journée, il s'écrioit: «Ah! qu'il feroit beau pendre aujourd'hui!» (T.)
Laffemas est passé à la postérité sous le poids de l'exécration. Juge inique, dévoué au cardinal de Richelieu, son nom est devenu le synonyme d'homme sans conscience, et presque de bourreau. Il trouva son second en Angleterre, George Jefferys, chancelier sous Jacques II.
[31] Il étoit mal avec le chancelier et avec Bullion, à qui il dit en plein conseil, qu'il seroit ravi d'avoir la commission de lui faire son procès, et qu'il ne le feroit guère languir. Bullion alla au cardinal faire ses plaintes, et lui dit qu'il falloit que lui ou Laffemas se retirât. On obligea Laffemas d'aller aux champs pour six semaines. (T.)
[32] Tardieu, lieutenant-criminel, l'alla accuser en plein conseil. «Il ne se contente pas, messieurs, dit-il, d'avoir sa charge pour rien, il empiète sur la mienne qui me coûte si cher.» Le chancelier, Bullion et tous les pendards étoient pour Tardieu. Laffemas répondit: «Je n'ai que deux mots à dire pour confondre M. le lieutenant-criminel. Un marchand de la rue Aubry-Boucher avoit quinze mille livres en argent dans un petit coffre-fort: des voleurs rompent sa boutique, entrent et emportent le coffre. Ils n'étoient pas encore à cinquante pas que des gens qui partoient à la petite pointe du jour viennent à passer par cette rue: les voleurs ont peur, et laissent le coffre sur une boutique. Un marchand se lève de bon matin, et trouve ce coffre; il vient me présenter requête, dit qu'il est prêt de le rendre à qui il appartient, et demande quelque chose pour son droit d'avis; le maître se trouve, et se présente avec la clef et le bordereau des espèces; je fais ordonner cinquante écus pour le droit d'avis. N'est-ce pas une affaire civile? Pour les voleurs, que M. le lieutenant-criminel les pende, je les lui abandonne; mais qu'a fait ce pauvre coffre-fort pour tomber entre ses mains?» Tout le monde se mit à rire, et Tardieu fut baffoué. (T.)
[33] Voyez plus haut, page 19 de ce volume, la chanson dite des Feuillantines, sur la présidente Lescalopier.
[34] Vagheggiare, lorgner.
[35] Gentilhomme ordinaire.
[36] Fontainier italien. (T.)
[38] Claude de L'Estoile, membre de l'Académie françoise, mort vers 1652.
[39] Pierre de l'Estoile, audiencier de France, devenu célèbre par le livre Journal sur lequel il inscrivoit l'événement de chaque jour. Les Mémoires qu'il nous a ainsi laissés sont un des ouvrages les plus curieux qui nous restent sur les règnes de Henri III et de Henri IV.
[40] La mère de Pierre de L'Estoile étoit fille de François de Montholon, garde des sceaux sous François Ier. Il n'y a pas eu de chancelier de L'Estoile.
[41] Elle chantoit aussi et dansoit fort joliment; elle avoit de l'éclat et étoit fort agréable. (T.)
[42] Je ne sais s'il se repentoit d'avoir eu affaire avec des procureurs, mais ayant été poussé assez incivilement au Palais par un procureur, il demanda son nom. «Il s'appelle Fléau, lui dit-on.—Vraiment, ce nom ne lui convient pas mal; je serois d'avis, dit-il, qu'on appelât ainsi tous les procureurs.» (T.)
[43] Le Clerc. (T.)—Michel Le Clerc, de l'Académie françoise. On ne connoît de lui que deux tragédies, la Virginie romaine, et l'Iphigénie, qu'il eut la maladresse de faire représenter peu après celle de Racine.
[44] Ramire. (T.)
[45] Les poésies de L'Estoile sont éparses dans les Recueils du temps. On a de lui la Belle Esclave, tragédie, 1643, et l'Intrigue des filoux, comédie, 1648.
[46] Charles-François d'Abra de Raconis, né vers 1580, au village de Perdreau, près de Montfort-l'Amaury, évêque de Lavaur, en 1639, mort en 1646.
[47] Il paroît que le nom de ventriloque n'étoit pas connu alors.
[48] Cette anecdote semble être la plus ancienne de toutes celles qui se rattachent à la bizarre faculté des ventriloques.
[49] Morery fait naître Abra de Raconis au château de Raconis, que cet évêque a bâti dans sa vieillesse. Il en fait même un grand prélat, et c'est comme cela qu'on écrit l'histoire!
[50] Raconis, auteur d'une philosophie imprimée en 1617, se montra fort opposé aux Jansénistes. Despréaux l'a cité dans le quatrième chant du Lutrin.
[51] Courance étoit un très-beau château du Gâtinois. Il a été gravé.
[52] Le château de Liancourt, auprès de Clermont-Oise, et le château de Blérancourt, bâti par Bernard Potier, près de Noyon.
[53] C'étoient sans doute les sœurs d'Ogier le Danois, et du prieur Ogier, le prédicateur, dont il a été parlé plus haut dans l'article de M. d'Avaux, (tome 3, page 385).
[54] Il y avoit encore un couplet sur l'air: La, sol, fa, mi, ré, Jacquet.
[55] La pièce est intitulée: Galanterie à une dame à qui on avoit donné, en raillant, le nom de Souris. (Œuvres de Sarrasin; Paris, 1685, t. 2, p. 146.)
[57] C'étoit un maître des requêtes. Il faisoit des présents à la Reine, qui les renvoyoit à sa femme. Une fois il se fit mener dans une charrette de paille, de peur qu'on ne le découvrît, à une maison où étoit la Reine. Elle ne voulut pas qu'on lui fît rien quand on le trouva sous son lit.
(T.)
[58] A cette maison de la Chapelle, il arriva une fois une assez plaisante chose. Un curé de Montevrin, vers Lagny, y étoit soir et matin; c'étoit un homme qui faisoit des malices à tout le monde, et tout le monde lui en faisoit aussi. En badinant on lui mit un casque qui fermoit avec je ne sais quel ressort; et après on envoya à Paris un valet qui le savoit ouvrir; de sorte que le pauvre curé fut vingt-quatre heures, mangeant, buvant, disant son bréviaire, l'armet en tête. (T.)
[59] Mathieu de Montreuil, auteur de quelques madrigaux pleins de délicatesse.
[60] Du quartier de l'île Saint-Louis.
[61] Vers de Malherbe. (T.)
[62] Ils en sont accusés; et le plus fâcheux, c'est qu'une de leurs sœurs mourut, il y a quelques années, toute dévisagée de ladrerie. (T.)
[63] Pont situé au midi de l'église de Notre-Dame; il est adossé aux bâtiments de l'Hôtel-Dieu qui traversent la rivière.
[64] Les bons mots de madame Cornuel sont épars dans tous les ouvrages du temps. Madame de Sévigné en rapporte les plus saillants.
[65] L'abbé de La Victoire l'appelle, à cette heure, la reine Marguerite. (T.)—Il existe un portrait de mademoiselle Cornuel, sous le nom de la reine Marguerite, composé par M. de Vineuil, et adressé au duc de La Rochefoucauld. On le trouve à la suite des Mémoires de mademoiselle de Montpensier, tome 7, page 22; édition de Londres, 1746.
[66] Il est fait allusion à l'esprit fin et caustique de madame Cornuel, et des deux autres dames qui demeuroient avec elle, dans les vers suivants, tirés d'une épître anonyme adressée à mademoiselle de Vandy. Elle est dans la manière de Benserade:
(Nouveau Recueil des plus belles poésies; Paris, Loyson, 1654; in-12, p. 352.)
[67] Voyez le portrait que madame Cornuel a tracé du marquis de Sourdis, dans la Lettre adressée à la comtesse de Maure, que nous plaçons à la suite de cet article.
[68] Nous croyons faire plaisir aux lecteurs en plaçant à la suite de cet article une lettre de madame Cornuel, qui est vraisemblablement la seule que l'on ait conservée. C'est encore une obligation que nous avons à Conrart; il a copié lui-même cette lettre qui se trouve à la bibliothèque de l'Arsenal dans le manuscrit n{té} 902, in-folio. (Belles-Lettres françoises, t. 11, p. 1293.)
[69] Des hauts bois: des bois de futaie.
[70] La sœur de l'avocat Galland, qui épousa, en secondes noces, le président Le Coigneux. Tallemant a parlé fort au long, ainsi que Conrart, des orages qui ne tardèrent pas à troubler cette union.
[71] Gaston de France, duc d'Orléans.
[72] Voyez l'article de Gombauld, t. 2, p. 389.
[73] Voyez son article, t. 1.
[74] François Du Val, marquis de Fontenay-Mareuil. (Voyez précédemment la note 2 de la p. 69 du t. I.)
[75] Pecque: Expression de mépris, pour dire une femme ridicule, et qui fait l'entendue. (Dict. de Trévoux.)
[76] Le beau château de Petit-Bourg, auprès de Corbeil, construit par Galland, secrétaire du conseil, appartenoit alors à l'abbé de La Rivière, favori de Gaston. Il étoit avant la révolution à la duchesse de Bourbon; il est aujourd'hui propriété de M. Aguado.
[77] Mère de madame de Boudarnau et de madame de Beaujeu. (T.)
[78] Pierre Costar, né à Paris en 1603, mourut le 13 mai 1660.
[79] On dit que son véritable nom est Coustar: il a cru se déguiser en ôtant un u. (T.)—Il signoit Costar.
[80] Le père Du Bosc, qui le voyoit un jour faire de grands compliments à bien des gens, disoit: «Bon Dieu, le grand paraphraseur de votre serviteur très-humble, que voilà.» (T.)
[81] Cette pluie produite par l'ambition.
[82] Tallemant a déjà rapporté cette anecdote, avec quelques différences, dans l'article sur Voiture, t. 2, p. 284.
[83] Voici le portrait de Costar fait par un auteur anonyme qui étoit son commensal. Nous le tirons d'une Vie manuscrite de Costar adressée à Ménage:
«Il étoit, comme vous savez, monsieur, d'une taille assez haute, fort agréable et fort dégagée. Il avoit le visage rond, et de vives et belles couleurs y paroissoient toujours dans sa santé; mais il avoit la vue fort courte, et ce défaut ayant commencé à sa naissance, il ne fit que s'augmenter et devenir presque extrême par l'âge. Ses dents étoient mal arrangées, et plus jaunes que blanches. Ses cheveux étoient d'un châtain fort brun, et se frisoient naturellement; tout son air avoit quelque chose de propre et d'élégant qui auroit extrêmement plu, et qui l'auroit rendu très-aimable, s'il n'y eût point eu aussi en tout cela de l'affectation et de la contrainte. L'une et l'autre se trouvoient même en son entretien, où, quoiqu'il parlât très-éloquemment, et que ce qu'il disoit ne fût pas vide de pensées subtiles, raisonnables et surprenantes, par tout ce qu'elles avoient de nouveauté et de justesse, d'ingénieux et de savant, il y avoit néanmoins toujours je ne sais quoi de trop peiné, qui en ôtoit la grâce, en faisant voir qu'il avoit trop d'application à mettre en ordre ce qu'il disoit, et trop de soin de l'embellir et de l'orner. Ce fut cela même qui obligea un jour M. Scarron, dont l'esprit étoit vif et tout rempli de naïves grâces, qui ne connoissoient aucune étude, et qui agissoient partout librement, de dire de lui à l'oreille de quelqu'un de ses amis: «Bon Dieu! que j'aimerois bien mieux qu'il dît sans y prendre garde mangy pour mangea, et qu'il donnât des soufflets à Ronsard, que de parler toujours si bien et si juste!» (Vie de Costar, suivie de la Vie de Louis Pauquet, manuscrit du temps, communiqué par M. Aimé Martin. Nous nous proposons de donner ces deux ouvrages à la suite de ces Mémoires.)
[84] Ce laquais s'appeloit Dugue; il devint valet-de-chambre de Costar. Ce dernier avoit en outre un lecteur nommé Depoix, «plein d'esprit, qui lui lisoit infatigablement tout ce qu'il vouloit lui faire lire, d'une voix nette et claire, sans prendre jamais un mot pour l'autre.» L'abbé Pauquet étoit le secrétaire en titre, «qui lui rendoit les plus grands et les plus importants secours dans toutes ses écritures, dont il avoit besoin de conserver jusqu'aux moindres lignes et aux moindres syllabes. Elles méritoient qu'on eût ce soin, continue l'auteur anonyme, car elles lui avoient été si utiles, qu'elles lui avoient produit dix mille livres de rente; elles lui avoient donné pour près de douze mille francs de vaisselle d'argent, et pour une somme considérable d'autres meubles, qui lui pouvoient servir, et pour le nécessaire et pour le plaisant.» (Vie Manuscrite déjà citée.)
[85] Fondateur des Lazaristes, le vénérable saint Vincent de Paul.
[86] Le cardinal de Retz.
[87] M. du Mans conserva néanmoins une bien mauvaise réputation; car après sa mort, des prêtres ordonnés par lui, et notamment le célèbre Mascaron, furent ordonnés de nouveau sous condition. (Vie de Saint-Évremont, par Des Maiseaux, à la tête de ses Œuvres, 1753, in-12, t. 1, p. 31.)
[88] Encastelé se dit d'un cheval qui a la corne du pied trop serrée. Pris au figuré, il signifie ici un esprit trop étroit.
[89] Voyez la Lettre 9 de Voiture, où il raconte à mademoiselle de Bourbon, depuis duchesse de Longueville, qu'il a été berné comme Sancho Pança dans le roman de Cervantes.
[90] Voyez la lettre 95 de Voiture, écrite à madame de Rambouillet. Le Valentin est un château situé près de Turin.
[91] Allusion à un passage de la Requête des Dictionnaires de Ménage, où il est dit que Colletet prenoit souvent Renard pour Marte. (P. 13 de l'édition in-4o de 1652.)
[92] Gilbert Gaulmin, maître des requêtes, puis conseiller d'État, mourut en 1665, à l'âge de quatre-vingts ans. On a de lui de savants ouvrages; mais il est encore plus célèbre par ses liaisons avec les érudits et les gens de lettres de son temps.
[93] Louis Pauquet, chanoine et archidiacre du Mans, étoit secrétaire, créature et factotum de Costar. Cet homme, né à Bresles, en Bauvoisis, avoit été laquais; il avoit trouvé le moyen d'apprendre le latin, mais il étoit livré à l'ivrognerie de la manière la plus dégoûtante. Costar le tenoit très-sévèrement sur ce chapitre. Après sa mort, Pauquet continua de se livrer à la débauche, il mangea son bien, et mourut âgé de soixante-trois ans, le 14 novembre 1673. (Vie de Pauquet, à la suite du manuscrit déjà cité.)
[94] Nicolas Foucquet, procureur-général et surintendant des finances.
[95] Secrétaire de Mazarin; il devint ensuite secrétaire particulier ayant la main du Roi, c'est-à-dire écrivant les lettres qui passoient pour être de la main du Roi. Il a été président de la chambre des comptes, et membre de l'Académie françoise. Il étoit célèbre pour son avarice.
[96] Il mourut le 13 mai 1660. (Manuscrit déjà cité.)
[97] Par son testament notarié du 9 juin 1659, Costar fit l'abbé Pauquet son légataire universel, et la veille de sa mort, il lui résigna tous ses bénéfices. Il légua deux mille livres à l'abbé Coustard Du Coudray, curé de Gesvres, son neveu, et fit des dons assez considérables à diverses églises, mais plus particulièrement à celle de Niort, dont il étoit curé. (Vie manuscrite de Costar.)
[98] C'étoit apparemment un privilége pour des chaises à porteur. L'usage en fut introduit en France par le marquis de Montbrun, fils naturel, mais légitime, du duc de Bellegarde. (Voyez les Antiquités de Paris, par Sauval, t. 1, p. 192.)
[99] Né en 1613, mort à Paris le 24 août 1679.
[100] Son père n'étoit pas brave: M. de Guise l'en méprisoit, et cela fut cause en partie de l'acharnement qu'il eut contre lui dans la prétention que le général des galères devoit être dépendant de l'amiral du Levant; M. de Guise l'étoit. Il avoit cela tellement en tête, qu'il ne parloit d'autre chose. (T.)
[101] Près de la Loire, et non loin de Nantes.
[102] Ce mot est douteux dans le manuscrit autographe. Il semble que l'auteur a écrit quelque chose de fer, on pourroit aussi lire quelque chose de fier; mais la première leçon nous semble la plus vraisemblable, surtout si on la rapproche de ce qui suit du caractère connu du cardinal, et des portraits gravés qui nous sont restés de lui.
[103] La mère du cardinal de Retz s'appeloit Françoise-Marguerite de Silly, dame de Commercy.
[104] Le cardinal le dit positivement. (Mémoires du cardinal de Retz, dans la collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, 2e série, t. 44, p. 87.)
[105] Le cardinal a parlé de ce duel dans ses Mémoires. Le second de Praslin étoit le chevalier du Plessis, et non pas le comte d'Harcourt. (Mémoires du cardinal de Retz, audit lieu, p. 93.)
[106] Le cardinal de Retz parle dans ses Mémoires des menées qu'il fit à Paris pour le comte de Soissons, mais il ne nomme pas M. de Thou. (Ibid., p. 109 et suivantes.)
[107] Disputant un jour contre l'abbé de Souillac en Sorbonne, il cita un passage de saint Augustin, que l'autre dit être faux. Il envoya quérir un Saint-Augustin, et le convainquit. Souillac, qui, quoiqu'il ne soit pas ignorant, parle pourtant fort mal latin, dit pour excuse: Non legeram ista toma. Le docteur qui présidoit lui dit plaisamment: Ergo quia vidisti, Thoma, credidisti. (T.)
[108] Voyez les Mémoires du cardinal de Retz, ibid., p. 100.
[109] C'est peu de chose, et ce qu'il fait est assez médiocre. Il a pourtant bien de l'esprit; mais il ne pense point assez aux choses, et ne se met pas même en peine de les apprendre. Il avoit beaucoup pris du Mascardi. (T.)—Augustin Mascardi, auteur de l'Histoire de la Conjuration de Fiesque, 1629, in-4o. Cet ouvrage a été traduit en françois par Fontenay-Sainte-Geneviève; Paris, 1639, in-8o.
[110] Villani et Machiavel ne parlent point des Gondis; M. de Thou les dit fils d'un banquier. (T.)
[111] J'ai ouï dire que la gloire en est due à Fernel. Ce garçon, qui avoit été des capettes du collége de Montaigu, fut quelque temps à délibérer s'il suivroit le barreau ou s'il se feroit d'église; mais ne se trouvant pas assez de voix, ni pour prêcher, ni pour plaider, il se résolut d'étudier en médecine. Ce qui le mit en réputation, ce fut la cure qu'il fit d'un gentilhomme qui étoit au Roi: ce gentilhomme en parla à Sa Majesté qui n'avoit point encore d'enfants. Le Roi le fit venir, et, quoique Fernel fût assez jeune encore, le Roi, sur le témoignage du cavalier, ajouta foi à ce qu'il lui dit. Le Roi obligea la Reine à dire à Fernel toutes les particularités qu'il falloit savoir. Il dit au Roi qu'il croyoit que la Reine pourroit concevoir s'il la voyoit dans le fort de ses purgations; ce qu'il fit. Mais en récompense la plupart de ses enfants n'étoient pas de trop bonne constitution. Fernel ensuite fut premier médecin du Roi. On a su cette particularité de ceux de sa famille qui la reçurent par tradition. (T.)
[112] C'est on fort beau trait; mais Louis XIV fut plus grand quand il jeta sa canne par la fenêtre dans la crainte de succomber à la tentation d'en frapper Lauzun.
[113] Il seroit impossible de vérifier ce point, quoique la plupart des manuscrits originaux de Brantôme existent à la Bibliothèque royale, ainsi que les copies que MM. Du Puy en ont fait faire. Les passages indiqués devroient se trouver dans le volume des Dames galantes, et le manuscrit original de ce volume paroît avoir été détruit. (Voyez la Notice sur Brantôme, t. 1, p. 95; Paris, 1822, in-8o.)
[114] L'ambassadrice étoit si sotte qu'elle disoit: «Ma charge,» en parlant de l'ambassade. (T.)—Cet ambassadeur est appelé de Maillé dans les Mémoires du cardinal. (Mémoires du cardinal de Retz déjà cités, p. 102.)
[115] C'étoit à la naissance du Roi. (T.)—En 1638.
[116] Voyez l'article de Bezons, et celui de la présidente de Pommereuil qui suit.
[117] Claude Bazin, seigneur de Bezons, conseiller d'État, membre de l'Académie françoise, mourut en 1684.
[118] Charles Faucon de Riez, seigneur de Charleval, poète d'un tour fin et délicat. Scarron disoit de lui que les Muses ne le nourrissoient que de blanc-manger et d'eau de poulet. Il mourut en 1693.
[119] On a déjà vu une partie de ces faits à l'article de Conrart. Les titres de Bezons à l'Académie françoise étoient bien légers; on lui attribuoit la traduction anonyme d'un traité de paix.
[120] En 1648 qu'on commençoit à fronder. (T.)
[121] François-Henri Salomon-Virelade, conseiller d'État, membre de l'Académie françoise, mourut en 1670. Ses titres littéraires étoient tout aussi légers que ceux de Bezons, et néanmoins il l'emporta sur P. Corneille, parce qu'il avoit le mérite de demeurer à Paris, tandis que Corneille habitoit Rouen.
[122] On n'en a pas moins fait à M. Salomon-Virelade une belle généalogie, tout aussi fausse que ses titres littéraires. (Voyez les Mélanges d'histoire et de littérature de Vigneul de Marville, tome 3, page 393.)
[123] Ils étoient tous les deux renommés pour les inepties qui leur échappoient, comme à d'autres des bons mots. (Voyez plus haut l'article de M. de Montbazon.)
[124] Discours d'État à M. Grotius, sur l'histoire du cardinal Bentivoglio; Paris, 1640, in-8o.
[125] Sibille-Angélique-Émilie d'Amabli épousa, en 1643, le comte de Cominges.
[126] Gilles Ménage, né à Angers en 1613, mort à Paris en 1692.
[127] Nœuds de rubans qu'on portoit à la jarretière.
[128] Quintilien dit cela d'un homme de son temps. (T.)
[129] Cette même fille étoit cajolée par un garçon qui, jaloux, quand ce fut à son tour à chanter une chanson, en dit une où il y avoit qu'il romproit ses fers. Elle, car elle chanta après lui, se met à en dire une avec feu, dont la reprise étoit: