349: Lettre du 14 avril 1835. (Documents inédits.)

350: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

351: Journal inédit de M. de Viel-Castel.

352: Le Journal des Débats disait le 5 avril 1835: «Nous n'avons pas cherché à dissimuler les vives préoccupations que cause au pays le grave procès que la Cour des pairs va bientôt juger.»

353: Le comité chargé de diriger cette prétendue défense avait adressé à chaque orateur choisi une lettre où l'on lisait: «Citoyen, les prévenus d'avril, convaincus que les plus graves questions d'avenir doivent s'agiter dans le procès qui va s'ouvrir devant la Cour des pairs, ont pensé qu'ils devaient faire appel au dévouement et aux lumières de tous les hommes de notre parti que leur moralité, leur capacité et leur influence désignent pour ce congrès républicain. Nous nous servons de ce mot pour bien caractériser la manière dont nous envisageons notre position vis-à-vis de nos accusateurs. Ce procès n'a rien de judiciaire. C'est une suite de la lutte que nous soutenons depuis cinq ans...»

354: Le duc de Broglie dira, un peu plus tard, à la tribune de la Chambre, en parlant des accusés d'avril: «Ils ont demandé que le sanctuaire de la justice devînt une arène où ils pussent soutenir leurs dogmes, établir, non point qu'ils n'avaient pas attaqué le gouvernement, mais qu'ils en avaient eu le droit; que ce droit, ils l'avaient encore aujourd'hui... Et ils se sont sérieusement étonnés que nous n'ayons pas permis ce tournoi entre le crime et la justice, que nous n'ayons pas permis à la révolte de combattre à armes égales contre le gouvernement.»

355: M. Molé fut de ceux qui se retirèrent.

356: Ces procès lui donnaient une connaissance particulière de toute une partie du personnel politique: «Je suis, disait-il en 1850, l'homme de France qui ai le plus connu les divers gouvernements qui se succèdent chez nous depuis 1848, je leur ai fait à tous leur procès.»

357: Ce fut le 12 mai 1835 que la Tribune cessa de paraître. Elle n'avait vécu que quatre ans; elle avait été saisie et poursuivie cent onze fois, condamnée vingt fois; le total des peines qu'elle avait encourues s'élevait à 157,630 francs d'amendes et quarante-neuf ans de prison.

358: Article du 11 mai 1835.

359: On sait ce que fut cette mystérieuse et dramatique affaire. La Roncière, lieutenant de cavalerie, était accusé de tentative de viol sur la fille du général commandant l'école de Saumur. Il fut condamné le 29 juin 1835.

360: Correspondance, lettres du 3 mai et du 25 juin 1835.—Quelques années après, M. Louis Blanc avouait que le parti républicain sortait de là dissous, dispersé et discrédité. (Histoire de dix ans, t. IV, p. 422-423.) Plus tard, M. Lanfrey a écrit: «Ce procès déplorable n'eut d'autre résultat que de dévoiler à tous les yeux les profondes dissidences qui divisaient le parti républicain. Après avoir commencé par le tragique, il eût fini par le ridicule, sans l'évasion qui lui apporta un dénoûment.» Puis il parle de l'impossibilité où avait été Carrel «de mettre un peu de sérieux, de dignité, de discipline et déraison dans ce chaos de résolutions contradictoires, d'emportements sans frein et de déclamations prescrites, dont le spectacle servit puissamment à discréditer la cause vaincue». (Notice sur Armand Carrel. Revue nationale, t. XII.) Lamartine écrivait à un de ses amis, pendant le procès d'avril: «On a vu que les républicains étaient des jacobins, c'est ce qui les perd.»

361: Au moment même de son arrestation, comme on lui demandait s'il avait été poussé par une passion politique: «Je n'ai pas d'opinion, répondit-il, je suis seulement un homme dérouté.»

362: L'affaire ne fut jugée qu'à la fin de janvier 1836.

363: Les Conspirateurs, extraits des Mémoires d'un montagnard, par A. Chenu, 2e partie, p. 53.

364: Cf. sur tous ces indices l'Attentat Fieschi, par M. Maxime du Camp, p. 235 à 238.]

365: Cet article, le dernier de Carrel, fut écrit le 15 juillet 1836, à l'occasion d'un nouvel attentat contre le Roi, celui d'Alibaud; Carrel y rappelait formellement Morey et Pépin. Cet article, poursuivi comme contenant l'apologie d'un fait qualifié crime, valut au National une condamnation à trois mois de prison et à 1,000 francs d'amende, condamnation prononcée après la mort de Carrel.

366: «Nous vous demandons, disait encore le duc de Broglie, de placer la personne du Roi sous la garantie d'un grand corps politique, voyant d'assez haut pour ne pas se méprendre sur la nature et la portée du crime; d'un tribunal permanent dont la jurisprudence invariable ne laisse pas au second crime plus de chances qu'au premier.»

367: Documents inédits.

368: Discours de M. Janvier.

369: Au moment de mourir, en 1845, M. Royer-Collard s'est réconcilié avec M. Guizot. Ce fut pour lui une vive et douce émotion.

370: Lettre à M. de Tocqueville, du 21 novembre 1837. Il écrivait un peu plus tard, toujours à M. de Tocqueville: «Désintéressez-vous des autres, mais ne vous désintéressez pas de vous-même; là sont vos meilleures et plus vives jouissances. Pensez, écrivez, comme si vous étiez seul, uniquement occupé de bien faire.» (Œuvres de Tocqueville, t. VII, p. 161, 169.)

371: Carrel disait, peu après, dans le National: «On a mis les journaux dans la nécessité de se censurer eux-mêmes. Ils s'y résignent; mais on n'écrit pas tout ce qu'on pense, et l'on ne publie pas même tout ce qu'on écrit. Pour avoir l'idée de la violence que se fait la presse à elle-même, en se présentant avec ces apparences de modération que le Journal des Débats célèbre comme le résultat des lois de septembre, il faudrait se faire apporter les épreuves et les manuscrits qui passent chaque soir sous les yeux des directeurs des feuilles opposantes... Imaginez les lois de septembre suspendues pendant deux fois vingt-quatre heures! Combien de choses qu'on croit oubliées recommenceraient à se dire!...» (1er juillet 1836.)

372: Dès le 30 novembre 1835, Carrel se plaint que «le jury n'ait pas su se préserver d'un entraînement trop général», et que, par suite, «cette partie de la presse, qui n'a point abdiqué toute mission révolutionnaire, n'ait pu, en s'appuyant sur le jury, soutenir le combat contre des adversaires armés de la terrible législation du 9 septembre». Il ajoutait: «Nous attendons une situation de l'esprit public qui nous présente des juges calmes, des juges rassurés.»

373: Un magistrat, M. de Marnay, écrivait, le 30 novembre 1835: «Quant aux procès politiques, tout leur intérêt est fini, et on les juge dans la solitude... La république laisse mourir le Réformateur après la Tribune, dans un abandon qui fait mal au cœur. Et si vous entendiez le ton obséquieux, patelin, des prévenus, des avocats: supplications qui ne les sauvent pas des condamnations impitoyables du jury maintenant rassuré. Jamais je n'aurais espéré, des lois d'intimidation du 9 septembre, un effet aussi radical. J'ignore s'il se relèvera, mais, pour le moment du moins, l'ennemi paraît bien abattu.»

374: Un écrivain républicain, M. Lanfrey, a écrit de l'état de son parti à cette époque: «Les défaites matérielles et plus encore les défaites morales du parti, le vague, l'incohérence ou la folie de ses doctrines, le désaccord de ses chefs, l'exaltation aveugle ou l'indisciplinable orgueil de ses adhérents le condamnaient à l'impuissance... Il fallait renoncer à toute action immédiate ou même prochaine.»

375: M. Lanfrey.

376: National du 30 novembre 1835 et du 11 janvier 1836.

377: Mémoires de M. d'Alton-Shée, t. I, p. 163.—Un autre jour, Carrel disait, en parlant de ses amis: «Vous ne les connaissez pas: des fous, des brouillons, des envieux, des impuissants!» Ou encore: «Leurs qualités ne servent que dans les cas tout à fait extraordinaires, leurs inconvénients sont de tous les jours.»

378: 8 janvier 1836.

379: Voir notamment un article du 23 juin 1836, où, à propos d'un écrit de M. de Chateaubriand, Carrel annonce et salue la prochaine «révolution sociale». M. Littré, qui a été l'éditeur des œuvres du rédacteur du National, a noté religieusement tous les indices qui révèlent le «progrès» de cet écrivain vers le socialisme. «Au début de sa carrière, dit-il, Carrel n'avait point d'engagement avec la république; au milieu, il se rangea sous le drapeau républicain; à la fin, il s'approchait du socialisme...» (Œuvres de Carrel, t. IV, p. 510.)

380: Nous avons déjà eu occasion de mentionner cet article du 15 juillet 1836, écrit à propos des attentats d'Alibaud; c'est, comme nous l'avons dit, le dernier qui soit sorti de la plume de Carrel.

381: Carrel appelait cette idée de la liberté américaine, de la liberté pour tous, la «théorie du droit commun». «Nous eûmes à ce sujet, lui et moi, raconte M. Nisard, une longue conversation, quelques mois avant sa mort, dans une promenade au bois de Boulogne. Je vis qu'il avait presque renoncé à cette théorie du droit commun, comme principe de politique applicable; tout au plus y tenait-il encore comme théorie... Ses doutes, sur ce point, furent une dernière défaite... Dans les derniers jours de sa vie, il n'en parlait plus que comme d'un progrès qu'il ne lui serait pas donné de voir de son vivant, et auquel ne doivent peut-être jamais arriver les sociétés humaines.»

382: Victor Hugo a écrit à M. d'Alton-Shée qui racontait avoir été détourné par Carrel de se faire républicain: «J'ai connu Carrel tel que vous le dépeignez. Il a fait aussi ce qu'il a pu pour m'éloigner de la république.»

383: On a raconté que Carrel disait lui-même, dans l'angoisse de ses derniers moments: «Ils m'ont enfermé dans une impasse.»

384: 22 juillet 1836.

385: M. de Chateaubriand, qui suivit le convoi civil de Carrel, a cherché à atténuer le scandale de cette mort sans religion. Il a raconté que M. Carrel père lui avait dit, à l'enterrement de son fils: «Armand aurait été chrétien comme son père, sa mère, ses frères et sœurs: l'aiguille n'avait plus que quelques heures à parcourir pour arriver au même point du cadran.» M. de Chateaubriand ajoutait: «Carrel n'était pas aussi antireligieux qu'on l'a supposé: il avait des doutes. Peu de jours avant sa mort, il disait: Je donnerais toute cette vie pour croire à l'autre.»

386: Lettre du 6 août 1836. (Correspondance d'Edgar Quinet.)

387: La Chambre n'affectait plus, comme au lendemain de 1830, d'ignorer l'existence même des fêtes du christianisme. En 1833, pour la première fois depuis la révolution de Juillet, elle suspendait ses séances le jour de l'Ascension. Le fait fut remarqué.

388: C'est M. Dupin lui-même qui le constate. (Mémoires, t. III, p. 22.)

389: «À ce compte, disait le Journal des Débats, la prêtrise serait une mise hors la loi. Sous la première race, quand on voulait dégrader un prince, on le tonsurait et on le faisait prêtre. Dès ce moment, il ne comptait plus: ce serait la même chose aujourd'hui. La tonsure ecclésiastique serait aussi une dégradation civile et politique. Ce n'est pas ainsi que nous entendons la liberté. Point de priviléges pour le clergé, c'est tout naturel, mais point d'exclusion non plus. Que le prêtre puisse être élu si ses concitoyens le trouvent digne de leurs suffrages.» Et ce même journal ajoutait, à l'adresse de M. Dupin: «Nous ne sommes plus en 1827. Les Jésuites de Saint-Acheul ne font plus de procession; le monogramme de la Société de Jésus et l'emblème du Sacré-Cœur ne sont plus étalés au front des reposoirs de la Chambre des députés; l'Église ne paraît pas prête à envahir l'État. Nous pouvons donc, ce nous semble, à l'heure qu'il est, être, les uns moins gallicans, les autres moins voltairiens que nous n'avons été, et appliquer, sans crainte et sans danger, les principes de la tolérance religieuse.» Le Journal du Commerce, quoique inféodé aux partis de gauche, n'était pas moins vif contre la thèse de M. Dupin et lui ripostait plaisamment: «Quand un avocat vient signaler, à la tribune, les habitudes envahissantes du parti prêtre, un prêtre pourrait, avec raison, lui opposer l'ubiquité des avocats dans les fonctions administratives.»

390: Cf. mon étude sur le Parti libéral sous la Restauration, p. 386 et suiv.

391: Juin à décembre 1833.

392: Vie du cardinal Mathieu, par Mgr Besson, t. I, p. 140 à 143.

393: Journal des Débats du 23 octobre 1833.

394: Janvier 1835.

395: Lettre écrite en mai 1835. (Correspondance inédite, t. II, p. 48.)

396: Voir les attaques du Constitutionnel du 9 août 1833 et du 12 octobre 1835.

397: Le Constitutionnel se distinguait parmi ceux qui s'opposaient à la réouverture de l'église. Il semblait n'avoir même pas l'intelligence de l'atteinte portée ainsi à la liberté religieuse. «L'église est debout, disait-il en septembre 1833, et rien n'y manque, sinon une croix ornée de trois fleurs de lys; rien n'y est changé, sinon que les portes n'en sont plus ouvertes. À quoi bon tant de clameurs, si ce n'est qu'on est charmé de crier?»

398: Moniteur de janvier et de mai 1833.

399: 18 octobre 1832.

400: Vie du cardinal Mathieu, par Mgr Besson, t. I, p. 146.

401: Circulaire du 18 juillet 1833.

402: Circulaire du 11 octobre 1834.

403: Circulaire du 13 août 1835.

404: Expression de M. Thiers dans les débats de la commission de 1849.

405: Les Débats de la Commission de 1849, par H. de Lacombe, p. 35, et 81 à 94.

406: Mémoires de M. Guizot, t. III, p. 70, 71 et 85.

407: Journal des Débats du 23 octobre 1883.—Ce journal exprimait d'ailleurs le sentiment de M. Guizot, quand il jugeait ainsi la conduite du conseil municipal de Beauvais: «C'est là ce que quelques gens, en petit nombre, il est vrai, appellent encore du libéralisme. Le vrai libéralisme, c'est de mettre à la portée du peuple tous les moyens d'instruction possibles,... c'est d'ouvrir des écoles pour toutes les croyances, j'allais presque dire pour tous les préjugés... Le reste n'est que de l'intolérance, de la tyrannie.»

408: Ami de la Religion du 25 novembre 1834.

409: 22 mai et 12 décembre 1833.

410: Novembre 1835.

411: Journal des Débats du 10 octobre 1835.

412: Discours du 18 mars 1834.

413: Notice sur M. Doudan.

414: De la réaction religieuse. (Variétés, t. II.)

415: Propos rapportés par M. A. de Margerie. (Correspondant du 25 juillet 1876.)

416: Le Christianisme présenté aux hommes du monde, Discours préliminaire, par M. l'abbé Dupanloup.

417: Lettre de mai 1835. (Correspondance inédite, t. II, p. 48.)

418: Journal des Débats du 28 avril 1834.

419: M. l'abbé Meignan, depuis évêque, a écrit, en rappelant les souvenirs de cette époque: «Le clergé triompha, par ce mélange de fermeté et de conciliation, de force et de douceur, par ce désintéressement, cette humilité, cette abnégation que la religion seule inspire. Il n'arracha point les armes à ses ennemis, mais ceux-ci les déposèrent eux-mêmes. On ne saurait dire combien le prêtre grandit promptement dans l'estime des populations calmées, par la déclaration qu'il fit de rester étranger à toute préoccupation politique, par le devoir qu'il s'imposa de pratiquer une franche neutralité, par l'activité, l'intelligence, la discrétion dont il fit preuve, en organisant, partout où il pouvait, des œuvres de charité, en ouvrant des asiles, des ateliers, des écoles, par le zèle qu'il déploya à instruire, à consoler, en un mot par le simple exercice de son pieux ministère.» (D'un mouvement antireligieux en France. Correspondant du 25 février 1860.)

420: Lacordaire, Notice sur Ozanam.

421: Voir plus haut, p. 247 et suiv.

422: Janvier 1834.

423: Louis Blanc, Histoire de dix ans, t. V, p. 397.

424: M. de Polignac paraît avoir caressé le projet de cet empire africain qu'il voulait étendre jusqu'à Alger; il avait pu l'idée de faire châtier le dey par Méhémet-Ali.

425: «Que m'importe l'empire? disait un jour Mahmoud à un conseiller qui cherchait à l'effrayer sur les desseins des Russes; que m'importe Constantinople? Je donnerais Constantinople et l'empire à celui qui m'apporterait la tête de Méhémet-Ali.»

426: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 490 à 500.

427: «Je crois,—écrivait confidentiellement le duc de Broglie à Talleyrand, le 21 janvier 1833,—que les intérêts du gouvernement anglais, sur ce point, sont identiques aux nôtres et que le temps presse. J'ai tout lieu de croire que, si nos deux gouvernements s'entendent bien, l'Autriche finira par se réunir à nous contre l'agrandissement éventuel de la Russie. C'est là l'œuvre que vous avez tentée au congrès de Vienne et que les Cent-Jours sont venus déranger. C'est à vous qu'il appartient de l'achever.» Un peu plus tard, le duc de Broglie se plaignait de «l'extrême froideur avec laquelle le gouvernement anglais avait accueilli, depuis trois mois, ses diverses ouvertures relativement à l'Orient». Et il ajoutait: «En vérité, ce n'est pas ma faute. Depuis mon entrée au ministère, je n'ai cessé de solliciter l'Angleterre d'envoyer un ambassadeur à Constantinople. J'ai communiqué, presque jour par jour, à lord Granville, toutes les dépêches que je recevais et que j'écrivais à ce sujet. Je l'ai averti, prié, pressé... Tout serait fin; à Alexandrie et à Constantinople, si le cabinet anglais avait voulu.» (Correspondance confidentielle du duc de Broglie et de M. de Talleyrand, Documents inédits.)

428: Lettre confidentielle du duc de Broglie à Talleyrand, du 22 mars 1833. (Documents inédits.)

429: Méhémet-Ali, dans ses conversations avec les consuls étrangers, se disait «étonné que le gouvernement français, qui, depuis deux ans, n'avait cessé de faire des démarches auprès de lui pour l'engager à déclarer la guerre à la Porte, osât maintenant lui proposer la paix à des conditions si peu avantageuses». (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 531.) Le pacha dénaturait évidemment les faits, pour exciter les autres puissances; néanmoins il est certain que le langage de notre consul à Alexandrie n'avait pu le préparer à la communication de l'amiral Roussin.

430: Mémoires de Gréville, t. II, p. 367.

431: Correspondance confidentielle du duc de Broglie et de M. de Talleyrand. (Documents inédits.)

432: M. de Metternich se plaignait, avec une extrême amertume, de l'«intolérable jalousie de l'amiral Roussin». (Mémoires, t. V, p. 502 à 508.)

433: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

434: Ibid.

435: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

436: Au premier abord, M. de Talleyrand eût été assez disposé à se laisser emporter à la suite du gouvernement anglais. (Correspondance confidentielle du duc de Broglie et de M. de Talleyrand. Documents inédits.)

437: M. de Metternich ne pouvait même se cacher qu'en cette circonstance il avait été complétement joué par le cabinet de Saint-Pétersbourg. En effet, pendant que le traité d'Unkiar-Skelessi se concluait, le chancelier autrichien assurait à M. de Sainte-Aulaire, alors ambassadeur de France à Vienne, «qu'un changement complet, inopiné, s'était opéré depuis peu dans la politique du cabinet russe». Il ajoutait, avec un air de mystère: «Je veux vous confier que dernièrement l'empereur Nicolas a fait venir dans son cabinet M. de Fiquelmont. Il est convenu que ses antécédents pouvaient nous inspirer de fâcheuses préventions, mais il a formellement abjuré son ancienne politique. Il a voulu que notre ambassadeur écrivît, sous sa dictée, l'engagement d'honneur de ne plus rien faire qu'avec nous et par nous dans les affaires d'Orient. Jugez si, après une déclaration si catégorique, envoyée par écrit directement à l'empereur François, nous sommes fondés à nous porter garants et des actes et des projets de l'empereur Nicolas.» Et M. de Metternich se plaisait à répéter «qu'il avait dompté le lion moscovite, et que désormais il ne craignait ni surprise ni résistance». Quelques jours après cette conversation, M. de Sainte-Aulaire ayant appris le traité d'Unkiar-Skelessi, se hâtait d'aller l'annoncer au chancelier, fort curieux de savoir si celui-ci avait été, en cette affaire, complice ou dupe. M. de Metternich resta aussi impassible que de coutume, se bornant à émettre des doutes sur l'existence même du traité. «Sur mon honneur et ma conscience, dit-il, si le traité existe, il a été conçu et accompli sans ma participation, sans qu'aucune circonstance ait pu éveiller ma prévision.» Toutefois, il ne voulut pas se laisser amener à témoigner une désapprobation de la conduite de la Russie. (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)

438: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 596.

439: Cf. les dépêches citées par Hillebrand. (Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 542.)

440: Lettre à M. le duc de Broglie. (Documents inédits.)

441: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 543 à 545 et p. 558.—Le 8 juillet 1833, le Journal des Débats publiait, sur la situation de l'Allemagne, un article où il combattait la prétention de l'Autriche et de la Prusse d'annuler les petits États de la Confédération, et où il rappelait que le traité de Vienne avait consacré l'indépendance de ces États. Le gouvernement français observait aussi, avec une vigilance particulière, ce qui se passait en Luxembourg, et déclarait très-haut qu'il ne laisserait pas la diète allemande y mettre le pied, en cas de soulèvement populaire. Cette politique était plus prévoyante que celle qui devait plus tard laisser faire et même seconder l'unité allemande.

442: Le duc de Broglie était très-convaincu de cette hostilité de l'Autriche; il était même disposé à l'exagérer. On le voit par les instructions qu'il donna à M. de Sainte-Aulaire, en avril 1833, quand il l'envoya comme ambassadeur à Vienne. Il y présente l'Autriche comme ayant été dès la Restauration en antagonisme avec la France, et cela à raison de la «différence absolue des principes de leurs gouvernements»; seulement, avant 1830, cette hostilité était impuissante: la cour de Vienne était brouillée avec la Russie et n'avait pour elle que l'Angleterre. Notre ministre continuait en ces termes: «Par l'effet de la révolution de Juillet et surtout des événements qui l'ont suivie d'une extrémité à l'autre de l'Europe, cet état de choses a beaucoup changé. Autant la position de la Russie et de la Prusse s'est affaiblie, autant au contraire s'est améliorée celle de l'Autriche..... Le ressentiment que les événements de Turquie avaient laissé au gouvernement russe contre le cabinet de Vienne s'est effacé devant l'irritation bien plus grande encore que la révolution française et celle de Pologne ont inspirée à l'empereur Nicolas. La Prusse, toujours tremblante en présence des mouvements révolutionnaires, toujours disposée à sacrifier au besoin de s'en garantir les autres combinaisons de sa politique, s'est aussi rapprochée de sa puissante voisine; comme on 1819, elle s'est replacée sous sa direction, elle lui a laissé reprendre sur le corps germanique cette suprématie, objet constant de leur rivalité..... Enfin, les petits princes d'Italie, déjà atteints par l'incendie révolutionnaire, ont suivi cet exemple avec plus d'abandon encore, et deux interventions successives ont rétabli pour longtemps dans la Péninsule cette prépotence que l'Autriche n'a su, à aucune époque, y baser que sur la force matérielle..... L'hostilité morale existante entre la France et l'Autriche ne se rattachant pas à des motifs accidentels, mais au fond même de la situation, ce serait se faire une dangereuse illusion que de compter, pour la faire cesser, sur des motifs puisés dans les vicissitudes ordinaires de la politique. Cette hostilité durera tant que les deux pays continueront à marcher à la tête des deux ordres d'opinions et d'idées qui partagent aujourd'hui l'Europe en deux camps ennemis, ou du moins tant que ces opinions n'auront pas acquis assez de maturité et de calme pour pouvoir coexister sans aspirer continuellement à se détruire l'une l'autre. Un esprit aussi éclaire que le vôtre, monsieur le comte, déduira facilement de cet exposé la nature et l'objet de la mission que vous aurez à remplir. Il ne saurait être question pour longtemps, à moins de circonstances bien extraordinaires, de travailler à opérer un rapprochement intime entre deux pays séparés par des divisions aussi profondes. Toutes les démarches qu'on ferait dans ce but ne tendraient qu'à ménager au cabinet de Vienne un moyen de nous desservir auprès de nos alliés. Le rôle de l'ambassadeur du Roi auprès de la cour impériale est d'observer attentivement les manœuvres ténébreuses d'un cabinet où viendront toujours aboutir tous les fils des combinaisons dirigées contre la France.» (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)

443: Dépêche confidentielle de M. de Metternich à M. de Bombelles, ministre d'Autriche à Turin, en date du 27 décembre 1832. (Mémoires, t. V, p. 420 à 423.)

444: Un peu plus tard, vers la fin de 1834, le ministre dirigeant de Prusse, M. Ancillon, dénonçait, dans une dépêche, le dessein, conçu par le duc de Broglie et le roi Louis-Philippe de séparer la Prusse de l'Autriche et de la Russie. «Mais, disait-il, nous ne sommes pas dupes des cajoleries et des douceurs que la France nous prodigue dans toutes les occasions. Son seul but est de séparer ce qui est fortement uni.» (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 555.)

445: Lettre de M. Bresson au duc de Broglie, en date du 17 janvier 1834. (Documents inédits.)

446: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 545.

447: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 537-538.

448: M. de Pralormo, ministre de Sardaigne à Vienne, observait que la tiédeur de la Prusse «permettait au chancelier Metternich un peu d'énergie, sans qu'il craignît d'être pris au mot». Dépêche confidentielle du 15 janvier 1833. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, p. 544.)

449: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. V, p. 548.

450: La princesse de Metternich écrivait dans son Journal, à la date du 10 octobre: «On ne sait pas encore si Ancillon a signé les conventions arrêtées à Münchengraetz. Dans l'intervalle, il a perdu un temps irréparable, un temps qui prouve aux Français et aux Anglais que les trois puissances ne sont pas entièrement d'accord.» (Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 453.)

451: Voir le texte du traité, dans les Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 542 à 544.

452: Lettre du 22 octobre 1833. (Mémoires de M. Metternich, t. V, p. 541, 542.)

453: M. de Metternich avait tout fait cependant pour se cacher du gouvernement français. Avant l'entrevue, quelques indices de ce qui se préparait étaient arrivés à la connaissance de M. de Sainte-Aulaire. Il avait su notamment qu'un tailleur de Saint-Pétersbourg était appelé à Vienne pour faire un uniforme russe à l'empereur François. Il interrogea M. de Metternich qui nia tout, et comme notre ambassadeur citait le fait du tailleur, le chancelier imagina une histoire de valet de chambre qui, en rangeant la garde-robe de son maître, aurait trouvé l'uniforme mangé aux vers; tout cela arrangé en scène de comédie, avec contrefaçon de la voix des interlocuteurs et invention d'une foule de détails. M. de Metternich professait cette maxime «qu'on ne doit pas la vérité à ceux qui n'ont pas le droit de nous la demander», et, en pareil cas, il mentait sans aucun embarras de conscience ou de physionomie. Ce fut seulement le 31 août qu'à Vienne on annonça à M. de Sainte-Aulaire la rencontre en Bohême des deux empereurs, mais avec assurance qu'aucun sujet de haute politique ne serait traité entre eux. À la même date, M. Pozzo fit à Paris une communication analogue. (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)

454: Lettre confidentielle du 1er décembre 1833. (Documents inédits.)

455: L'irritation méprisante du duc de Broglie à l'endroit de la manifestation de Münchengraetz se manifestait dans sa correspondance confidentielle de cette époque. (Documents inédits.)

456: Cf. le texte de cette dépêche, Histoire de la politique extérieure du gouvernement français, 1830-1848, par M. d'Haussonville, t. I, p. 47 à 51.

457: Dans une lettre confidentielle du 17 décembre 1833, M. Bresson rapportait que M. Ancillon, tout en n'osant se séparer de Vienne et de Saint-Pétersbourg, était au fond très-mécontent de la mauvaise affaire où l'avait engagé M. de Metternich. Notre ambassadeur ajoutait: «Les entours du Roi, que votre énergie a intimidés, prodiguent des explications et des excuses qui équivalent à un désaveu... Tout cet entourage se compose d'excellentes gens, très-pacifiques, qui ne demandent qu'à finir leurs jours dans le calme.» (Documents inédits.)

458: Voir la correspondance de M. de Barante, alors ambassadeur à Turin. M. d'Haussonville, Histoire de la politique extérieure, t. I, p. 247 à 251.

459: Le duc de Broglie écrivait notamment à M. Bresson, en parlant du récit qu'il avait fait, dans sa dépêche circulaire, de l'entretien avec le chargé d'affaires autrichien: «Je serais prêt à prêter serment de l'exactitude de ce récit, et je porte défi à qui que ce soit de le contredire en ma présence.» Il disait encore dans une lettre à M. de Sainte-Aulaire: «Le son de ma voix articulant cette parole (sur le Piémont) retentit encore dans mon oreille.» (Documents inédits.)

460: Le Journal des Débats disait, le 9 septembre 1833: «Nous louons la France d'avoir porté d'abord sa sollicitude à ses frontières et d'avoir dit: «Il ne s'y fera rien sans moi.» La Belgique, la Suisse et le Piémont, question d'indépendance. La Pologne, l'Italie, l'Allemagne, question d'influence. Dans le premier cas, les armes; dans le second, les négociations.»

461: M. Hillebrand, dans l'ouvrage allemand que nous avons plusieurs fois eu l'occasion de citer, et où il se montre fort hostile à la France, sans doute pour la remercier de l'hospitalité et des faveurs qu'il en a longtemps reçues, tâche de reprendre l'accusation portée autrefois contre le duc de Broglie et lui reproche formellement d'avoir forgé, après coup, un faux récit de son entretien avec le chargé d'affaires autrichien. Ce que nous avons dit suffit à réfuter l'historien prussien. D'ailleurs, cette querelle, qui avait déjà peu d'intérêt sur le moment même, en a moins encore dans l'histoire: elle était vraiment indigne d'y être transportée.

462: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 562.

463: Le duc de Broglie écrivait, à la fin de 1833, à M. de Sainte-Aulaire: «En attendant, il n'y a sorte de coquetterie que le gouvernement russe ne cherche à nous faire.» (Documents inédits.)

464: À cette époque, Ferdinand venait de succéder, à Vienne, à l'empereur François. Du reste, M. de Metternich continuait à gouverner la diplomatie autrichienne.

465: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 51, 52 et 92.

466: Documents inédits.

467: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 590, 622, 643 à 646.

468: «Les ministres anglais, écrivait M. de Metternich, le 6 avril 1833, sont mille fois pires que le juste milieu pris en masse et en détail.» (Mémoires, t. V, p. 462.) Cf. aussi ibid., p. 481.

469: Le préambule de ce projet de traité disait: «Voulant, dans un esprit de conciliation et de paix, resserrer les liens étroits qui unissent déjà les deux peuples, et offrir à l'Europe, par cette alliance fondée sur la loi des traités, la justice et les principes conservateurs de l'indépendance des États et du repos des nations, un nouveau gage de sécurité et de confiance.....» L'article premier stipulait une «alliance défensive». L'article 2 disait que les deux parties «s'engageaient à se concerter, dans toutes les occasions où le repos de l'Europe et l'indépendance des États qui la composent leur paraîtraient compromis». (Dépêche confidentielle du 16 décembre 1833. Documents inédits.)

470: Documents inédits.—M. Guizot, dans ses Mémoires (t. III, p. 284 à 287), présente le duc de Broglie, comme étant opposé à ce projet d'alliance; M. Hillebrand (Geschichte Frankreichs, t. I, p. 561) prétend, de son côté, que M. de Talleyrand avait proposé cette alliance à l'Angleterre, sans avoir consulté le duc de Broglie. Ces deux assertions ne paraissent pas conciliables avec les faits que nous révèle la correspondance confidentielle du duc de Broglie et de M. de Talleyrand.

471: Lettre de M. de Talleyrand au duc de Broglie, en date du 3 janvier 1834. (Documents inédits.)

472: Le duc de Broglie écrivait à lord Brougham, le 25 octobre 1833: «Quant à nous, nous eussions fort préféré que don Carlos eût succédé naturellement à son frère, selon la loi de 1713. Cela était infiniment plus dans l'intérêt de la France. La succession féminine, qui menace de nous donner un jour pour voisin je ne sais qui, nous est au fond défavorable.» (Documents inédits.) Louis-Philippe développait la même idée dans une conversation qu'il avait avec le prince Esterhazy, le 23 mai 1834. (Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 600.) Cf. aussi, sur les sentiments de Louis-Philippe, relativement à don Carlos, Bulwer, Life of Palmerston, t. III, p. 24; et Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 597.

473: Que les légitimistes français affectassent de mettre sur le même rang le duc de Bordeaux, dont le titre héréditaire était incontestable, et don Carlos, dont le droit était au moins douteux, on peut en être surpris. Mais on comprend encore plus mal comment ils solidarisaient la cause de leurs princes avec celle de don Miguel, le moins «légitime» des prétendants. Jean VI, mort en 1826, avait laissé la couronne à son fils aîné don Pedro. Celui-ci, déjà empereur du Brésil, abdiqua la couronne du Portugal en faveur de sa fille encore mineure, dona Maria. Il confia la régence à son frère cadet don Miguel, et lui promit la main de la Reine. Mais, à peine cet arrangement pris, don Miguel usurpa la couronne de celle qui était à la fois sa nièce, sa pupille et sa fiancée (1827). En 1831, don Pedro, ayant cédé l'empire du Brésil à son fils, vint, en personne et les armes à la main, revendiquer les droits de sa fille. Après une guerre acharnée, il s'empara de Lisbonne, se trouva maître de presque tout le Portugal et put installer sa fille (1833). Don Miguel continuait cependant à tenir la campagne à la fin de 1833 et au commencement de 1834.

474: Un peu plus tard, le duc de Broglie disait dans une lettre confidentielle à M. Bresson: «Je ne saurais oublier que mon excellent ami Villiers (qui devait être lord Clarendon), passant par Paris pour se rendre en Espagne, et emportant, écrit de ma main, le plan d'une intervention simultanée entre la France, l'Angleterre et l'Espagne, pour la délivrance du Portugal, plan qui n'entrait pas dans ses instructions, mais qui lui a paru bon à mettre en œuvre, n'a rien eu de plus pressé, tout en l'adoptant, que de travailler à en exclure le gouvernement français qui l'avait suggéré.» (Lettre du 12 octobre 1835. Documents inédits.)

475: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 466, 467, 551 à 554, 611, 639 à 642.

476: «La reine Isabelle, écrivait M. de Metternich, le 17 septembre 1834, est la Révolution incarnée dans la forme la plus dangereuse; don Carlos représente le principe monarchique aux prises avec la Révolution pure. La question ainsi posée est claire, et les vues comme les vœux des puissances conservatrices ne sauraient former l'objet d'un doute.» (Mémoires, t. V, p. 640.)—M. Ancillon, ministre dirigeant de la Prusse, avait dit, de son côté, le 27 octobre 1833: «On ne saurait se déguiser que sous la question de la succession se cache une question bien autrement importante et vitale pour la politique européenne, savoir: l'Espagne restera-t-elle attachée au système conservateur et purement monarchique, et, dans le cas d'une guerre générale, sera-t-elle pour les défenseurs de ce système, au besoin, une alliée utile? ou bien l'Espagne entrera-t-elle dans le système révolutionnaire et constitutionnel, et s'attachera-t-elle au char de la France?... La première alternative aurait lieu si don Carlos montait sur le trône; la seconde se réaliserait infailliblement, tôt ou tard, par le triomphe de la cause de la Reine.» (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. Ier, p. 573-574.)—Le czar Nicolas était peut-être plus chaud encore pour don Carlos.

477: Les dépêches des ambassades ou des chancelleries étrangères montrent bien en effet qu'au moins, au premier moment, il n'y aurait eu aucun acte de guerre. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. Ier, p. 582-583.)

478: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 606.—Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. Ier, p. 578-588.

479: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. I, p. 588.

480: Hillebrand, ibid., p. 588.

481: Documents inédits.

482: Correspondance du duc de Broglie. (Documents inédits.)

483: Dépêche du 8 juin 1835.

484: Dans une lettre écrite de Berlin, le 2 novembre 1835, M. Bresson disait de sir R. Adair, ministre anglais en Prusse, chez lequel il avait constaté peu de bienveillance envers la France, «Pendant cinquante ans, il a vu la lutte de l'Angleterre et de la France: il y a joué un rôle. Ses habitudes sont prises, ses inclinations formées. Il n'accepte qu'avec restriction l'alliance actuelle des deux pays.» Il indiquait comme «n'ayant pas d'autre manière de faire», lord Ponsomby, ambassadeur à Constantinople; sir Frédéric Lamb, ambassadeur à Vienne; M. Villiers, ambassadeur à Madrid. (Documents inédits.)

485: C'est en faisant allusion à cette diplomatie querelleuse que Robert Peel, à la veille même de sa mort, disait à lord Palmerston, en pleine Chambre des communes: «Si votre diplomatie n'est employée qu'à aviver chaque blessure, à envenimer les ressentiments au lieu de les amortir; si vous placez dans chaque cour de l'Europe un ministre, non point dans le dessein de prévenir des querelles ou d'y mettre un terme, mais afin d'entretenir d'irritantes correspondances, ou afin, dans tel intérêt supposé de l'Angleterre, de fomenter des dissensions avec les représentants des puissances étrangères, alors, non-seulement cette institution est maintenue à grands frais, par les peuples, en pure perte, mais une organisation adoptée par les sociétés civilisées pour assurer les bienfaits de la paix, est pervertie en une cause nouvelle de troubles et d'hostilités.»

486: Dépêche de M. de Sainte-Aulaire du 7 décembre 1835.

487: Lettre du 12 octobre 1835 à M. Bresson. (Documents inédits.)

488: À la fin de 1834, M. de Talleyrand, en alléguant son âge et sa santé, donna sa démission d'ambassadeur à Londres.

489: Lord Palmerston, comme le dit son biographe anglais, Bulwer, «n'avait pas la bosse de la vénération»; et puis il avait été fort mortifié des caricatures nombreuses qui, en Angleterre, le représentaient comme étant l'instrument et le jouet de M. de Talleyrand. (Lettre de M. de Talleyrand à M. de Broglie, du 17 décembre 1832. Documents inédits.)

490: Ce langage est rapporté dans une dépêche de M. de Werther, ambassadeur de Prusse à Paris, en date du 1er juin 1835. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 587-588.)

491: Cette citation et celles qui vont suivre sont tirées de la correspondance confidentielle du duc de Broglie avec ses ambassadeurs. (Documents inédits.)

492: La reine Victoria, quelle que fût sa correction parlementaire, a exercé cette action, et elle en a révélé elle-même l'étendue dans le livre qu'elle vient de faire écrire sur le prince Albert. L'auteur de ce livre, M. Théodore Martin, a résumé ainsi, sur ce sujet, la doctrine conservée par l'usage anglais: «Nos relations extérieures comprenant les questions vitales de paix et de guerre ont toujours été considérées comme exigeant, d'une manière spéciale, l'attention du souverain. Si quelqu'un doit tenir plus sérieusement que personne à rehausser la dignité, la puissance et le prestige de ce pays, on peut le présumer à bon droit, c'est le souverain qui préside à ses destinées et en qui sa majesté se personnifie. Si quelqu'un doit, plus que personne, aimer la paix et tous les biens qu'elle dispense, c'est le souverain. Aucun ministre, quel que soit son patriotisme, quelle que soit sa conscience, n'est homme à surveiller ce qui se passe sur le continent, à s'inquiéter de la constante prospérité du pays, avec plus de vigilance et plus de pénétration que le souverain, puisque, de toutes les personnes du royaume, il est le plus étroitement identifié avec ses intérêts et son honneur... C'est pour ce motif que la couronne a toujours eu l'éminente fonction de veiller exactement, continuellement sur l'état de nos relations extérieures, par conséquent de se tenir pleinement informée de la politique du gouvernement et de tout détail essentiel de cette politique pouvant influer sur les relations du dehors.» (Théodore Martin, The Life of the Prince-Consort, t. II, p. 300-301.)

493: C'est ce qui faisait dire à M. de Metternich: «Louis-Philippe est causeur; il faudrait lui envoyer un sourd-muet pour empêcher qu'on lui répondit.» (Mémoires, t. VI, p. 31.)

494: Le Roi déclarait à M. de Werther, au commencement de 1834, «n'avoir à essuyer, de la part de l'Angleterre, que méfiance et exigence». (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. I, p. 564.)

495: Dépêches diverses des ambassadeurs ou des ministres étrangers, à la fin de 1833 ou au commencement de 1834. (Hillebrand, ibid., p. 562 à 564.) L'ambassadeur de Prusse prétend même qu'en janvier 1834, le Roi avait écrit, dans ce sens, au Czar, une lettre autographe que le duc de Broglie prit sur lui de supprimer. Le Roi n'aurait connu cette suppression qu'en avril, après la démission du duc, et aurait alors envoyé une copie de sa lettre au maréchal Maison, son ambassadeur à Saint-Pétersbourg.

496: Après avoir écouté, en cette occasion, les plaintes des ambassadeurs sur la «roideur» du duc de Broglie, Louis-Philippe ajoutait: «Mais vous savez: le Roi règne et ne gouverne pas. Cependant, au besoin, je saurai bien empêcher qu'on aille trop loin.» (Hillebrand, ibid., p. 556, 563.)

497: Hillebrand, ibid., p. 578; Mémoires de Metternich, t. V, p. 606, 607.

498: Cf. diverses dépêches des ambassadeurs étrangers, citées par Hillebrand (Geschichte Frankreichs, t. I, p. 612), notamment dépêches de Werther, des 25 mars, 1er et 21 avril 1835. Ces affaires de Suisse prendront beaucoup plus d'importance sous les ministères suivants: nous y reviendrons à ce moment.

499: Cf. les nombreuses dépêches des ambassadeurs étrangers, citées par Hillebrand dans les passages visés ci-dessus.

500: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 667.

501: Plus on allait, plus les puissances continentales ressentaient d'animosité contre le duc de Broglie. Leur irritation fut vive, quand, en mars 1835, elles le virent rentrer au ministère. «Nous aurons du fil à retordre avec cet homme», écrivait M. de Metternich. (Mémoires, t. VI, p. 32.)

502: Dépêches de janvier 1835. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. I, p. 583.)

503: Ibid., p. 564.

504: Dépêche de Werther, du 14 novembre 1833. (Geschichte Frankreichs, t. I, p. 563.)

505: «Le fait de la non-intervention, écrivait M. de Metternich le 18 juin 1835, est d'une importance bien grande et bien générale. J'ai anticipé nos félicitations au roi Louis-Philippe, et, en effet, on ne peut que lui adresser des félicitations.» (Mémoires, t. VI, p. 36.)

506: Dépêche du 20 juin 1835. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. I, p. 585.)

507: Plusieurs de ces lettres se trouvent publiées dans les Mémoires de M. de Metternich, au début du tome VI.

508: M. de Metternich disait, dans une de ses lettres: «Les explications confidentielles dans lesquelles le roi Louis-Philippe me permet d'entrer avec lui, la facilité que ce prince met à nous rendre compte de sa propre pensée, offrent, dans une situation qui généralement est difficile, de bien grands avantages à ce que je qualifie, sans hésitation, de cause générale et commune.» (Mémoires, t. VI, p. 33.) Plus tard, M. de Metternich faisait allusion au «désir qu'avait le Roi de connaître le sentiment» du chancelier d'Autriche. (Ibid., p. 137.)

509: Après avoir signalé les attaques de la presse ministérielle anglaise contre le gouvernement français et fait une sortie contre lord Palmerston, M. de Metternich s'écriait: «Quelle alliance, grand Dieu! que cette alliance pour le roi des Français! Lui qui, avant tout, aurait besoin de repos et d'appui, et qui ne recueille, de cette prétendue amitié, que de l'agitation et des menaces.» (Mémoires, t. VI, p. 134.)

510: Les autres chancelleries n'ignoraient pas les relations qui s'étaient ainsi établies entre M. de Metternich et Louis-Philippe. Le comte de Pralormo, représentant de la Sardaigne à Vienne, écrivait à sa cour le 3 juin 1834: «Le chancelier de cour et d'État a pris envers Louis-Philippe le rôle de pédagogue et de mentor politique. Il lui prodigue les conseils, les exhortations et les admonitions, le tout mêlé de quelques flagorneries sur la haute capacité et l'intelligence du Roi. De son côté, le Roi n'épargne au prince ni les compliments ni les flatteries.» (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 563.) Ces communications, comme nous le verrons plus tard, devaient continuer après la chute du ministère du 11 octobre.

511: Dépêche de Werther, novembre 1835. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 567.)

512: Dépêche de Brassier du 18 octobre 1835. (Hillebrand, ibid., p. 657.)

513: Mémoires de M. de Metternich, t. V, p. 620, 655 à 665; t. VI, p. 35.

514: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 40.

515: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1870, t. I, p. 594.

516: À propos d'un incident de ce genre, M. de Broglie écrivait à M. de Sainte-Aulaire, le 11 juillet 1833: «Si M. de Metternich trouve cela dans une lettre qu'on lui confie et qu'il a la bassesse de décacheter, je ne vois pas que j'aie moralement à me reprocher de l'y avoir mis. Mais est-il à propos qu'on sache ce que nous avons dans l'âme? Je le crois. M. de Metternich ne nous en haïra pas davantage, cela ne peut se faire; mais je crois qu'il sera au fond assez troublé de se voir ainsi connu et jugé.» (Documents inédits.)