351: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
352: Le complot d'Huber, découvert en décembre 1837, n'avait reçu aucun commencement d'exécution.
353: Voici quelques extraits de ces publications: dans le numéro de décembre 1837: «Chacun de vous est sur un théâtre immense où il ne tient qu'à lui de jouer un grand rôle, ce théâtre où tant de Brutus et d'Alibaud ont déjà légué leur mémoire à tous les siècles du monde, en immolant ou cherchant à immoler la tyrannie.» Dans le numéro d'avril 1838: «Nous ne concevons rien de possible si l'on ne commence par tuer Louis-Philippe et les siens.» Dans le numéro de mai 1838: «Il n'y a qu'une seule ressource à employer, le régicide, le tyrannicide, l'assassinat, comme on voudra appeler cette action héroïque... Nous invitons, en conséquence, tous les républicains à ne prendre conseil que de leur courage et surtout de la prudence, et à courir sus, sans perdre un seul moment, contre Louis-Philippe et ceux de sa race.» En août 1838: «Guerre à mort entre vous qui jouissez d'une insolente oisiveté et nous qui souffrons depuis longtemps... Le temps approche où le peuple exigera, les armes à la main, que ses biens lui soient restitués.» C'est également peu de temps après l'amnistie qu'on répandit dans Paris une Ode au Roi, dont voici quelques vers:
Demain le régicide ira prendre sa place
Au Panthéon avec les dieux.
Oui, quel que soit l'élu pour le saint homicide,
..............
De vols, d'assassinats eût-il flétri sa vie,
Il redevient sans tache et vierge d'infamie,
Dès qu'il se lave au sang des rois.
..........
Louis-Philippe, tu mourras!
354: Il ne paraît pas que les Saisons aient jamais eu plus de six à huit cents adhérents.
355: Ces armements représentent la portion de beaucoup la plus considérable des accroissements de dépenses. Avant la révolution de Juillet, les dépenses de l'armée étaient calculées pour un effectif de 231,000 hommes et 46,000 chevaux. On dut le porter subitement à 434,000 hommes et 90,000 chevaux. Dans le budget présenté pour 1831, l'augmentation de dépenses de ce chef était évaluée à 115 millions, plus 65 millions pour approvisionnements: le budget de la guerre se trouvait ainsi porté de 187 millions à 373. Dans le budget de 1832, la dépense était calculée pour 412,000 hommes; inférieure d'environ 70 millions au chiffre de 1831, elle dépassait de plus de 100 millions le chiffre d'avant la révolution. Encore fallut-il y ajouter, en fin d'exercice, les frais de l'expédition d'Anvers, et y eut-il, pour le seul ministère de la guerre, plus de 34 millions de crédits supplémentaires. À partir de cette époque, les armements extraordinaires disparurent peu à peu, et les dépenses revinrent à un chiffre normal.
356: On distribua ainsi à la garde nationale, en 1830 et 1831, 860,000 fusils, 210,000 sabres, 600 canons avec affûts et caissons, 95,000 coups de canon, 1,700,000 cartouches, 225,000 kilogrammes de poudre.
357: Cette évaluation est celle d'un financier très-compétent et très-exact, M. d'Audiffret, ancien haut fonctionnaire du ministère des finances et pair de France. Voici comment il décompose cette somme: centimes additionnels en 1831, 46 millions; vente de bois, 114 millions; emprunts en capital, 545 millions; le reste provenait des réserves antérieures ou de la dette flottante. Il arrive à un total de 900,567,378 francs. (Cf. d'Audiffret, Système financier de la France.)
358: Il est vrai que les avantages de délais et d'intérêts accordés à l'adjudicataire, M. de Rothschild, réduisaient le taux nominal de 98 fr. à 93 fr.
359: Déjà nous avons eu occasion de citer quelques-uns de ces chiffres. Rappelons-les en les complétant. Voici le chiffre des dépenses de chaque année tel qu'il résulte des lois des comptes:
| 1829, | 1014 | millions | 1832, | 1174 | millions | 1835, | 1047 | millions | ||
| 1830, | 1095 | — | 1833, | 1134 | — | 1836, | 1065 | — | ||
| 1831, | 1219 | — | 1834, | 1063 | — | 1837, | 1078 | — |
En 1838 et 1839, on s'élève à 1136 et 1179 millions, mais c'est à cause des travaux publics que les excédants mêmes des budgets permettent d'entreprendre.
360: Spécialité des crédits législatifs appliquée à chaque chapitre du budget; suppression de la faculté de virement; restrictions apportées aux crédits supplémentaires, ce qui, du reste, ne les empêcha pas de se développer; obligation d'indiquer, dans toute demande de crédit extrabudgétaire, les ressources spéciales avec lesquelles il y sera fait face; publicité du rapport annuel de la Cour des comptes, etc. Enfin le régime des douzièmes provisoires, auquel on n'avait pu échapper dans les premiers exercices, prenait fin en 1833.
361: M. d'Audiffret proclamait ce résultat, le 20 juin 1838, à la Chambre des pairs.
362: C'était surtout à cause de l'Algérie. Le contingent annuel des jeunes soldats appelés sous les drapeaux devait être augmenté de 20,000 hommes à partir de 1839.
363: Depuis 1830, ce budget s'était élevé de 4 à 13 millions.
364: Sans doute, à voir le règlement de chaque budget, de 1830 à 1837, tous, sauf deux,—ceux de 1830 et de 1832, où ressortent des déficits de 63 et de 25 millions,—se soldent en excédants. Voici les chiffres de ces excédants: 1831, 86 millions; 1833, 28 millions; 1834, 3 millions; 1835, 24 millions; 1836, 30 millions; 1837, 12 millions. Seulement, on n'était arrivé à ce résultat qu'au moyen des 900 millions de ressources extraordinaires. À partir de 1838, le budget s'équilibre sans aucun emprunt à des ressources de ce genre.
365: En 1833, M. Thiers avait déjà fait voter un ensemble de travaux publics s'élevant à 93 millions; mais il n'y avait fait face qu'au moyen de ressources extraordinaires.
366: Disons, pour être absolument exact, que ce résultat ne fut complétement atteint que l'année suivante, en 1839.
367: Le 3 pour 100 allait atteindre en 1840 86 fr. 65: ce fut le taux le plus élevé du règne.
368: De 1831 à 1836, les importations générales étaient montées de 512,825,551 fr. à 905,575,359 fr.; les exportations générales, de 618,169,911 fr. à 961,284,756 fr.
369: De 1831 à 1836, la navigation à l'entrée s'était élevée de 794,410 tonneaux à 1,374,321; la navigation à la sortie, de 689,234 tonneaux à 997,090.
370: La Presse disait, le 14 mai 1838: «Partout, dans les familles, dans les manufactures, dans les ateliers, on cherche à se rendre compte des anomalies que présentent l'ordre public et les embarras parlementaires, le repos du pays et l'agitation de quelques personnes, la prospérité générale et ces alarmes factices.»
371: Documents inédits.
372: Documents inédits.—Dans cette lettre, M. Royer-Collard commençait par féliciter le président du conseil. «Comptez, lui disait-il, ces deux années, sinon comme les plus heureuses, du moins comme les meilleures de votre vie; vous y avez atteint le but, le seul but d'une légitime ambition: une considération unanime, avec l'estime des connaisseurs.»
373: Documents inédits.
374: Lettre de M. de Barante à M. Bresson, du 16 mars 1838. (Documents inédits.)
375: En 1840, notamment, M. Duvergier de Hauranne refusera à M. Thiers d'entrer dans le cabinet du 1er mars, et proposera à sa place M. le comte Jaubert, son beau-frère.
376: Lettre à M. Piscatory, du 3 juillet 1860. (Lettres de M. Guizot à sa famille et à ses amis, p. 368.)
377: «Louis-Philippe n'avait pas compris le sens véritable de la révolution de Juillet. Il blâmait Charles X, non d'avoir voulu gouverner, mais d'avoir méconnu et heurté de front les opinions, les sentiments, les préjugés même de la France, et surtout d'avoir eu recours à la violence là où l'habileté suffisait.» (Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.)
378: Ainsi en a-t-il été même sous la reine Victoria. Cette révélation ressort avec éclat, comme nous avons déjà eu l'occasion de le noter (cf. plus haut, t. II, p. 398), de l'ouvrage considérable que la Reine a fait écrire sur le prince Albert, par M. Théodore Martin. D'ailleurs, toutes les formules officielles de l'Angleterre ne semblent-elles pas la contradiction de la maxime: «Le roi règne et ne gouverne pas»? Ne dit-on pas: «la Reine qui nous gouverne (the Queen our governor), vaisseaux de la Reine, troupes de la Reine, service de la Reine, etc.»?
379: Carrel disait, à ce propos, dans le National, quelques années après 1830: «Ceux qui proclament cet axiome: Le roi règne et ne gouverne pas, ne croyaient pas, comme ils l'ont raconté depuis, qu'un roi pût régner sans gouverner, et nous ne le croyons pas non plus aujourd'hui; mais tout était bon pour renverser les Bourbons, imposés par l'étranger, du moment que la France révolutionnaire se sentait plus forte qu'eux et pouvait secouer leur joug.» (27 mars 1833.)
380: Sous le ministère du 11 octobre, les adversaires de M. Thiers prétendaient qu'il avait gagné la faveur de Louis-Philippe, en déclarant, à la tribune, «que toute la pensée gouvernementale résidait dans la tête du Roi, et que rien ne s'était fait que par cette pensée, depuis l'établissement de la monarchie».
381: Discours du 24 mars 1840.—Cette «fausse monnaie» avait cours partout, notamment parmi les jurés. Au commencement de 1837, le Courrier français et le Siècle avaient été déférés au jury, pour avoir fait remonter au Roi la responsabilité des actes de son gouvernement. Les avocats des deux journaux, Me Philippe Dupin et Me Odilon Barrot, soutinrent, pour justifier leurs clients, que le Roi avait eu le tort de gouverner. Le jury leur donna raison, en prononçant deux verdicts d'acquittement. (7 janvier et 10 février 1837.)
382: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
383: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
384: En février 1837, le Journal des Débats qualifiait de «politique révolutionnaire» la conduite que M. Fonfrède conseillait à la royauté.
385: Cf. plus haut, p. 122 et suiv.
386: Lettres de M. de Metternich au comte Apponyi, du 17 février 1837 et du 21 février 1838. Lettre du même à M. de Sainte-Aulaire, en date du 21 février 1838. (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 196, 271, 272.)—Le chancelier s'en prenait même aux légitimistes français de ce que Louis-Philippe hésitait encore. Le 25 juillet 1837, après avoir rappelé qu'il avait trouvé le roi de Prusse très-chaud pour don Carlos, il ajoutait: «Dites aussi à Alcudia que j'ai des nouvelles de Paris, qui me prouvent que tout irait à souhait sans les légitimistes français qui prennent à tâche de tout gâter, dans le but de créer des embarras à Louis-Philippe et de marier la Restauration en France avec le succès définitif de don Carlos. S'il y a moyen de gâter les affaires de celui-ci, c'est aux légitimistes français que le malheur sera dû. Ces braves gens sont tellement légers, et ils manquent si complétement de toute saine pratique, que l'abîme dans lequel ils sont tombés ne doit surprendre personne. L'événement prouve de nouveau que les amis sont ordinairement plus dangereux que les adversaires.» (Ibid., p. 211.)
387: M. de Barante notait et expliquait ainsi cette méprise des cabinets du continent: «J'ai pu observer constamment cette impossibilité d'entrer dans une opinion moyenne et de se mettre dans le vrai sur notre situation. Tantôt, c'est une conviction que nous sommes en voie de révolution, que nous nous laissons, par principe, par aveuglement ou par faiblesse, entraîner aux désordres de la république et de l'anarchie; tantôt, lorsque quelques actes de raison et de force ont manifesté la sagesse du Roi, le bon esprit du pays, l'énergie des ministres, les politiques du pouvoir absolu s'imaginent qu'enfin nous sommes des leurs, que nous revenons dans la bonne route et que nous allons, en commun et par les mêmes procédés, marcher au même but. De là, mécompte, étonnement, blâme de notre politique qu'on taxe d'inconséquence, de mobilité, ou qu'on déclare ne pouvoir comprendre.» (Dépêche de M. de Barante, en date du 15 octobre 1836. Documents inédits.)
388: Lettre du 8 décembre 1836. (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 161.)
389: «Il faut au gouvernement français des conseils, je ne les lui épargne pas; mais ce qui manque, c'est l'organe pour les suivre.» (Lettre de Metternich à Apponyi, du 14 octobre 1837. Mémoires de Metternich, t. VI, p. 199.)—«Aussi souvent que je signe une expédition comme celle de ce jour, je suis à me demander si je n'abuse pas des moments du Roi. Comme ma conscience m'absout, ne fût-ce que grâce à l'intention qui me guide, je me refuse à écouter mes scrupules.» (Lettre du 26 janvier 1837. Ibid., p. 191.)
390: «Ce que Sa Majesté vous a confié au sujet de la gêne qu'Elle éprouve dans l'adoption de mesures légales pour arrêter, en France, le mal le plus flagrant, me cause un chagrin profond, mais ne me surprend pas.» (Lettre du 28 janvier 1837. Ibid., p. 193.)
391: «Ce sentiment ne m'empêche pas de me livrer à de lourds travaux, et mon expédition de ce jour en renferme une preuve nouvelle.» (Lettre du 7 février 1837. Ibid., p. 194.)
392: «Le Roi vous ayant fait l'honneur de vous parler de l'attitude de Mgr le duc l'Orléans, je crois pouvoir supplier Sa Majesté de vouer tous ses efforts au soin de faire entrer Son Altesse Royale au conseil. Ce n'est pas là que les héritiers présomptifs du trône courent le risque de se compromettre: c'est dans les Chambres, ou quand ils se trouvent en pleine liberté d'appréciation. Circonscrire cette liberté, c'est rendre aux princes et à l'État qui vit du présent et de l'avenir, un service certain. Si les premiers restent exclus de la connaissance des affaires, ils deviennent, pour le moins, des critiques fort dangereux et la pâture des intrigants.» (Lettre du 28 janvier 1837. Ibid., p. 193, 194.)
393: M. de Metternich écrit, le 3 janvier 1838, au comte Apponyi, au sujet de M. de Sainte-Aulaire: «Il est, jusqu'à un certain point, dans le secret de mes rapports avec le roi Louis-Philippe, et il les regarde, aujourd'hui, comme un bienfait pour la France.»
394: Lettre du 26 janvier 1837. (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 189, 190.)
395: Documents inédits.
396: Mémoires de Metternich, t. VI, p. 195; cf. aussi p. 276 à 279.
397: Lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 11 septembre 1837. (Documents inédits.)
398: Mémoires de Metternich, t. VI, p. 195, 276.
399: Lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 9 septembre 1838.—Seulement notre spirituel ambassadeur, quelques semaines plus tard, après avoir transmis à M. Molé de nouveaux compliments de M. de Metternich, ajoutait: «Je vous garantis les paroles; mais quant aux sentiments, je vous prie de croire encore un peu plus à la sincérité de ceux que je vous porte.» Lettre du 22 décembre 1838. (Documents inédits.)
400: Mémoires de Metternich, t. VI, p. 161, 162, 185.
401: Ibid., p. 347.
402: Documents inédits.
403: Ibid.
404: Lettre de M. de Barante à M. Bresson. (Ibid.)
405: Lettre du même à M. Molé, 30 décembre 1837. (Ibid.)
406: Dépêche de M. Molé à M. de Barante, du 17 novembre 1837, et lettre de M. Bresson à M. Molé, du 31 décembre 1837. (Documents inédits.)
407: Le Roi disait: «Toujours intimement uni avec le roi de la Grande-Bretagne, je continue à faire exécuter le traité de la Quadruple-Alliance...»
408: Le roi de la Grande-Bretagne se contentait de dire qu'il «continuait à recevoir de toutes les puissances étrangères les assurances les plus positives de leurs dispositions amicales...» L'année précédente, après une déclaration à peu près identique, il avait ajouté: «L'union intime qui existe entre ce pays et la France est une garantie pour l'Europe du maintien de la paix générale.»
409: Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 214, 215.
410: Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 213.
411: Dépêche de M. Molé à M. de Barante, du 17 novembre 1837. (Documents inédits.)
412: Le roi Léopold de Belgique écrivait à M. Molé, le 8 décembre 1837, au sujet de ces préventions de l'Angleterre: «Vous vous souviendrez que l'opinion a été assez généralement répandue, et surtout par les soins des diplomates du Nord, que le Roi ne serait pas fâché de voir réussir don Carlos. Vous comprendrez combien il est difficile de défendre la politique toute neutre qu'on désire conserver vis-à-vis de l'Espagne, quand on rencontre alors l'idée que, dans cette extrême modération, il pourrait bien y avoir un peu de faveur pour don Carlos.» (Ibid.)
413: «Le général Pozzo, écrivait M. Molé au Roi, le 15 août 1837, m'a confirmé, ce que je savais déjà, le mauvais vouloir de lord Palmerston pour moi personnellement. Tout le ministère anglais appelle M. Thiers de ses vœux.» (Revue rétrospective.)
414: Lord Palmerston écrivait, le 3 novembre 1837, à son ambassadeur à Paris, lord Granville: «Sébastiani (alors ambassadeur de France à Londres) m'a demandé comment allaient les choses entre vous et Molé. Bien et mal, lui ai-je dit. J'ajoutai qu'on ne peut rien imaginer de plus cordial que la façon dont il vous reçoit, dont il vous parle, toujours avec la plus grande ouverture et la plus grande confiance, du temps, des élections françaises, de ce qui se passe dans les Chambres et ainsi de suite; mais que, toutes les fois que vous portez la conversation sur les questions européennes où l'Angleterre et la France ont un intérêt commun, et où il y a à faire une chose ou l'autre, Molé se renferme aussitôt dans sa froide réserve, n'a pas d'opinion, n'est pas suffisamment informé des faits, veut réfléchir sur la matière, et en somme s'échappe sans donner aucune réponse.» (Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 215.)
415: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 362.
416: Lettre à Apponyi, du 2 janvier 1837. (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 186, 187.)
417: Dépêche du comte Sambuy, datée de Vienne, le 5 novembre 1838. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 288.)
418: 14 mars 1837.
419: Lettre à M. de Barante, en date du 14 mars 1837. (Documents inédits.)
420: Documents inédits.
421: Lettre de la duchesse de Broglie à M. de Barante, 17 juillet 1838. (Documents inédits.)
422: Lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 27 novembre 1836. (Documents inédits.)
423: Lettre du 2 mai 1837. (Ibid.)
424: Louis-Philippe disait à M. de Werther, ambassadeur de Prusse: «Tant que j'aurai Molé, vous pouvez dormir tranquille.» (Dépêche d'Arnim, Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 288.)
425: «M. Thiers m'écrivait une fois: Ce n'est pas un cardinal de Richelieu qu'il nous faut, mais un cardinal Fleury.—Cela est encore plus vrai aujourd'hui qu'il y a trois ans. Cette ligne de conduite est non pas seulement nécessaire, mais habile. Si nous avons quelque chose à gagner, si nous voulons faire naître des occasions favorables et en profiter, c'est en évitant la jactance ambitieuse et les grands airs de Louis XIV et de Napoléon.» (Lettre de M. de Barante à sa famille. Documents inédits.)
426: 11 juillet 1838.
427: Cf. lettres du 7 et du 9 novembre 1836. (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 158, 159.)
428: Ibid., p. 282.—À ce conseil raisonnable, mais non désintéressé, M. de Metternich joignait de curieuses observations sur l'espèce de complicité inconsciente du gouvernement de 1830 dans la propagande bonapartiste. «Prenez-y garde, disait-il à M. de Sainte-Aulaire en parlant du prince Louis, ce jeune fou acquiert de l'importance par le tort qu'on a chez vous de caresser et d'exalter outre mesure tout ce qui se rattache à l'empereur Napoléon. On finira par faire croire à l'avenir d'une dynastie napoléonienne.» (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)—Le chancelier revenait souvent sur cette idée. (Cf. Mémoires de Metternich, t. VI, p. 280, 281, 283.)
429: Les bonapartistes avaient cependant tenté d'exploiter à leur profit la haine passionnée du Czar contre la monarchie de Juillet. Le jeune Jérôme Napoléon, fils de l'ex-roi de Westphalie, allié par sa mère à l'empereur de Russie, était allé trouver celui-ci à Friederichshafen et avait sollicité, pour son cousin, la faveur d'une audience. Le Czar la refusa sans compliments, et il ajouta que, «loin de porter aucun intérêt à cet insensé, il appuierait de tous ses moyens les rigueurs demandées contre lui».
430: L'ex-roi Louis vivait encore et était retiré à Florence. Il désirait vivement ne pas avoir la garde de son fils, et celui-ci ne songeait pas du reste à se rapprocher de son père. On peut juger de leurs rapports, par cette lettre que l'ancien roi de Hollande écrivait alors à son fils, par l'entremise de M. de Metternich: «Mon fils, lorsque je croyais avoir raccommodé vos affaires ou, pour mieux dire, réparé autant que possible vos graves torts, je vois que vous parlez de vous retirer en Angleterre. Cela me désole..... Vous ne pouvez ignorer que vous y serez le but et le jouet de tous les intrigants et de toutes les intrigues. Comment ne voyez-vous pas que vous êtes pris pour dupe et qu'on ne se sert de vous que comme d'un mannequin? Si vous voulez vivre tranquille, vous n'avez que l'Autriche..... Vous me dites que vous ne pourriez pas me rejoindre; loin de le désirer,... je m'y opposerais de toutes mes forces..... Je ne suis pas en état de vous rien donner de mon vivant; à ma mort, vous ferez valoir vos droits. Du reste, je n'ai plus rien à vous dire, c'est fini pour toujours.» Puis, après avoir de nouveau insisté pour que son fils se retirât en Autriche, il terminait ainsi: «Adieu. Puissiez-vous éviter les piéges qui vous entourent et profiter du seul refuge qui vous reste, asile dont a profité votre frère, durant plusieurs années, et dont les Bourbons de la branche aînée profitent depuis longtemps! Et vous êtes assez juste, je pense, pour reconnaître que ceux-ci avaient bien autant de droits et d'avantages à revendiquer que vous croyez en avoir.» (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 289 à 291.)
431: Ibid., p. 286, 287.
432: Cette conversation eut lieu à Venise. M. de Sainte-Aulaire s'y trouvait avec la cour impériale qu'il venait d'accompagner à Milan, pour le couronnement de l'empereur Ferdinand, en qualité de roi d'Italie. (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)
433: Cf. plus haut, t. I, p. 404 et suiv.
434: Louis-Philippe écrivait peu après, sur ce sujet, à M. Molé: «Même en supposant la guerre, Ancône ne pourrait acquérir d'importance qu'après la conquête du nord de l'Italie et des nombreuses places dont elle est hérissée. Jusqu'à l'accomplissement de ce grand œuvre, aujourd'hui d'une difficulté immense, Ancône ne serait qu'un fardeau. Fût-il en état de défense, un simple blocus amènerait promptement la reddition de la place, et, dans son état actuel, elle ne pourrait même pas être défendue.» (Lettre du 12 janvier 1839. Documents inédits.)
435: Mémoires de Metternich, t. VI, p. 228 et suiv.
436: Mémoires inédits du comte de Sainte-Aulaire.
437: Ibid.
438: Lettre particulière de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 11 octobre 1838. (Documents inédits.)
439: Mémoires de Metternich, t. VI, p. 231, 285, 286.
440: Dépêche du 14 mars 1836.
441: Documents inédits.
442: Dès le 26 février 1832, c'est-à-dire au lendemain de l'occupation d'Ancône et à la veille de la convention qui devait la ratifier, le général Sébastiani écrivait à l'ambassadeur français à Rome: «Nous ne saurions trop le répéter, nous ne voulons en aucune façon intervenir par la force dans le régime intérieur des États de l'Église... Nous ne cherchons, dans l'occupation d'Ancône, qu'une garantie politique exigée par la dignité de la France.» Un an plus tard, M. de Broglie, voulant expliquer une phrase quelque peu comminatoire, prononcée au sujet du retard apporté aux réformes du l'administration romaine, écrivait à notre ambassadeur: «Cette phrase s'applique uniquement aux éventualités de l'avenir et ne saurait être interprétée comme un retour sur notre promesse d'évacuer Ancône, lorsque les troupes autrichiennes quitteront les Légations. Cet engagement subsiste toujours, et notre intention est de l'exécuter fidèlement, dès que la condition à laquelle il est subordonné se trouvera simultanément accomplie.» À la même époque, M. de Broglie disait encore à la tribune: «On vous a dit: Mais que sont devenues les promesses faites aux Légations romaines? Cette question est indépendante de la prise de possession d'Ancône.»
443: Ce propos est rapporté par M. de Metternich, qui disait le tenir «de source certaine». (Mémoires, t. VI, p. 291.)
444: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.
445: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 284.
446: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.
447: Lettres de M. de Latour-Maubourg, ambassadeur à Rome, à M. Molé, en date du 28 octobre au 23 novembre 1838. (Documents inédits.)
448: Le démantèlement de la place d'Huningue, imposé par les traités de 1815, avait vivement froissé le sentiment national.
449: Cet acte était du 15 octobre 1831, et l'adhésion de la Belgique, du 15 novembre suivant.
450: Mémoires inédits du comte de Saint-Aulaire.—Cf. aussi la correspondance de M. de Sainte-Aulaire et de M. Bresson. (Documents inédits.)
451: Lettre de M. Molé à M. Bresson, du 27 mai 1838. (Documents inédits.)
452: Lettre de M. de Langsdorff, alors chargé d'affaires à Vienne, en l'absence de son beau-père, le comte de Sainte-Aulaire. (Documents inédits.)
453: Louis-Philippe écrivait à M. Molé le 12 janvier 1839, en lui communiquant certaines nouvelles de Bruxelles: «Vous n'y verrez que trop d'indices de cette disposition de dégoût du roi Léopold qu'il est bien plus important d'arrêter qu'on ne le pense en général, parce qu'on n'y croit point, et c'est une erreur d'autant plus fâcheuse que s'il plantait là son affaire, les embarras seraient incalculables, et la paix serait bien gravement compromise. Son parti révolutionnaire lui donne avec raison beaucoup d'inquiétude, et il n'y a que lui qui puisse le mater. C'est très-sérieux, et je vous dirai sur cela des choses que je ne puis dire qu'à vous. Il faut donc nous attacher à le relever et à lui redonner la confiance qu'il perd.» (Documents inédits.)
454: Cette publication a été faite par la Revue rétrospective.
455: M. de Sainte-Aulaire, après avoir parlé de la tentative faite pour obtenir une diminution de dette pour la Belgique, ajoutait: «Les gens qui ne se contenteront pas à ces conditions n'auront guère d'idée des choses possibles en Europe.» (Lettre du 28 octobre 1838. Documents inédits.)
456: Correspondance de M. Bresson avec M. Molé. (Documents inédits.)
457: Lettre de M. de Barante à M. Molé, du 22 décembre 1838. (Documents inédits.)
458: Lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 9 septembre 1838. (Documents inédits.)
459: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.
460: Lettre de M. Desages à M. Molé. (Documents inédits.)
461: Revue rétrospective.
462: Février 1838.
463: 28 novembre et 5 décembre 1838.
464: La conclusion définitive de ce traité fut retardée quelque temps par les chicanes des Mexicains: les signatures furent échangées à la Vera-Cruz, le 9 mars 1839.
465: 7 janvier 1839.
466: Lettre de M. Molé à M. Bresson, du 19 mars 1839. (Documents inédits.) Lettre de M. de Metternich au comte Apponyi, du 25 janvier 1839. (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 351 à 353.)
467: Cf. plus haut, p. 58.
468: M. de Sainte-Aulaire, qui avait dû lire cette dépêche à M. de Metternich, la qualifiait de «très-verte».
469: Sur toute cette affaire de Cracovie, dépêche de M. Molé à M. de Barante, du 27 novembre 1838; lettre du même au même, du 3 décembre 1838; lettre de M. de Sainte-Aulaire à M. Molé, du 17 décembre 1838; lettres du même à M. de Barante, de décembre 1838, janvier et février 1839. (Documents inédits.)
470: Expression de M. Guizot dans ses Mémoires.
471: Correspondance de MM. de Sainte-Aulaire, de Barante et Bresson. (Documents inédits.)
472: Mémoires de M. O. Barrot, t. I, p. 321.
473: M. de Viel-Castel écrivait, le 6 décembre 1838: «On est résolu à renverser le cabinet; mais, loin qu'on soit tombé d'accord du ministère qu'on substituerait à celui qui existe, on n'entrevoit même pas comment on pourrait y faire entrer les éléments divers de la coalition.» (Journal inédit.)—M. Duvergier de Hauranne dit, de son côté, dans ses Notes inédites: «Quant aux arrangements ministériels, en cas de succès, il n'en fut question qu'en passant.»
474: Documents inédits.
475: 26-29 décembre 1838.
476: J'ai suivi principalement, pour ce récit, les Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne, peu favorable sans doute à M. Dupin, mais témoin de tous les faits. Dans ses Mémoires (t. III, p. 354 à 370), M. Dupin essaye de justifier sa conduite, en rapportant qu'il aurait plusieurs fois, à la fin de 1838, engagé le Roi et M. Molé à fortifier le cabinet. Ce fait, fût-il exact, ne suffirait pas à expliquer comment M. Dupin, après s'être laissé, le 18 décembre, quand il croyait au succès du ministère, soutenir par lui pour l'élection à la présidence, l'avait subitement abandonné et attaqué, le 3 janvier, quand il supposait sa défaite certaine.
477: Journal des Débats des 5, 6 et 10 janvier 1839.
478: C'est le chiffre même avoué par M. Duvergier de Hauranne. Un an auparavant, il évaluait à cent vingt le nombre des conservateurs qu'eût pu détacher M. Guizot; mais, à mesure qu'était apparu le véritable caractère de la campagne, ce chiffre avait diminué.
479: M. Guizot avait été le collègue de MM. Molé, Barthe, Martin du Nord, le général Bernard, l'amiral Rosamel, ou devait être celui de MM. de Salvandy et Lacave-Laplagne. M. Thiers avait été le collègue de MM. de Montalivet et Barthe.
480: Il paraît que, pour cette riposte, M. Molé a eu des collaborateurs. Après le discours de M. Guizot, la séance se trouva suspendue de fait, pendant une quinzaine de minutes; on vit alors M. Royer-Collard s'approcher vivement du président du conseil: c'était pour lui signaler la véritable portée du passage de Tacite; il alla même chercher à la bibliothèque les œuvres de l'historien romain. On ajoutait, dans ce temps-là, que l'attention de M. Royer-Collard avait été tout d'abord attirée sur ce point par M. Saint-Marc Girardin, partisan très-décidé du ministère.
481: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
482: 8, 9 et 10 janvier.
483: Les hommes de la gauche constataient en effet tout ce que M. Guizot avait fait pour se rapprocher d'eux. M. Léon Faucher, alors rédacteur du Courrier français, écrivait à M. H. Reeve, le 12 janvier 1839: «Entre M. Guizot et M. Barrot, la distance s'efface chaque jour. D'un autre côté, le parti de la Cour va si loin dans ses haines pour ceux qui l'ont abandonné, que les députés ministériels disent quotidiennement à Barrot: «Nous vous aimons mieux pour ministre que M. Guizot.» (Léon Faucher, Biographie et Correspondance, t. I, p. 77.)
484: «Nous ne saurions dire, écrivait un rédacteur du Journal des Débats au sortir de cette séance, combien d'art, d'éloquence M. Guizot a employés aujourd'hui, pour échapper au sens de l'Adresse et à l'approbation de la gauche. La protection de M. Barrot pesait durement sur cette noble et courageuse tête, et la courbait malgré elle. Nous, cependant, nous éprouvions une sorte de joie mêlée de tristesse, en reconnaissant du moins, dans cette lutte désespérée, tout l'ancien talent de M. Guizot, je ne sais quels cris de la conscience révoltée qui protestaient contre les nécessités d'une position fausse et, quelquefois encore, le langage du ministre du 11 octobre jusque dans le langage du coalisé. Nous étions émus au son du cette voix que nous avions si souvent entendue s'élever pour défendre l'ordre, au spectacle de ce vieil athlète de la majorité, obligé maintenant de blesser tous les sentiments de cette majorité et fatigué sous ses cris et ses murmures.» (10 janvier 1839.)
485: Journal inédit de M. le baron de Viel-Castel.
486: Lettre du 12 janvier 1839. (Documents inédits.)
487: Louis-Philippe écrivait à M. Molé, le 11 janvier au soir: «Il me semble qu'aujourd'hui, j'étais encore plus en cause que jamais, et que les insinuations sur l'affaire belge étaient aussi directes qu'étonnantes pour quiconque sait la vérité.» Le 12 janvier au matin: «Je suis trop heureux, quand je peux vous témoigner combien j'apprécie le courage, le talent et le dévouement que vous déployez dans cette inconcevable lutte. J'espère plus que jamais qu'elle se terminera heureusement.» Quelques heures après: «Quelle journée celle-ci va être pour vous, puisque c'est Ancône qu'ils vont exploiter! Je crois bien que c'est là ce qu'ils attaqueront le plus vivement, quoique, dans mon opinion et même dans ma conviction, ce soit la plus claire et la plus forte de toutes les questions que vous avez à défendre.» Le 12 janvier au soir: «Je vois avec une bien vive satisfaction que vos succès vont toujours crescendo...» (Documents inédits.)
488: M. Guizot écrit en effet dans ses Mémoires: «Quelques-uns de nos reproches à la politique extérieure de M. Molé étaient, au fond, très-contestables et avaient été efficacement contestés dans le débat.» (T. IV, p. 292.)
489: 16 janvier.
490: «Quelque révolution qui se fasse, dit-il, quelque gouvernement qui s'établisse, de quelque antipathie qu'on soit animé, on abdique sa nationalité, si l'on ne conserve pas le même sentiment sur nos affaires avec l'étranger, la même jalousie des intérêts de la France, de sa dignité.» Et, par un mouvement singulièrement hardi, mais qui produit un immense effet, il s'écrie: «En tout temps et sous tous les régimes, je crois que je n'aurais pas eu un autre sentiment, et, pour me montrer à vous tel que Dieu m'a fait, si je disais ici toute ma pensée, je rappellerais une époque d'horreur, de crimes, une assemblée vouée, pour ses actes intérieurs, à l'exécration des gens de bien, dont le souvenir soulève encore tout cœur d'homme: eh bien! je la remercie d'avoir sauvé l'intégrité du territoire.»
491: 17 janvier.
492: Nous avons cité plus haut, p. 319, le texte de ce paragraphe.
493: Mémoires de M. Guizot, t. IV, p. 296.
494: 19 janvier.
495: C'est ce qui faisait écrire, quelques jours après, au vicomte de Launay (madame de Girardin): «Écoutez ces belles harangues de la Chambre, qui disent toutes à la Couronne, avec plus ou moins d'éloquence: Cachez-vous donc, on vous voit.»
496: Lettre du 12 janvier 1839 à M. H. Reeve. (Léon Faucher, Biographie et Correspondance, t. I, p. 77.)
497: L'incident est rapporté par M. Dupin. (Mémoires, t. III, p. 376, 377.) M. Dupin ne nomme pas l'interrupteur: mais il dit que c'était l'homme dont, en d'autres circonstances, on eût le moins attendu un tel écart.
498: Documents inédits.
499: Lettre du 19 janvier 1839. (Documents inédits.)
500: Cf. notamment les Mémoires de M. Guizot (t. IV, p. 288), et la Notice du M. Vitet sur M. Duchâtel.
501: Les majorités du ministère avaient été successivement de 7 voix, de 4, de 29, de 13, de 7, de 9, et, au vote sur l'ensemble, de 13 voix. Pans le seul vote où elle l'avait emporté, la coalition avait eu une majorité de 9 voix.
502: Lettre de M. Molé à M. de Barante, du 22 février 1839. (Documents inédits.)
503: Documents inédits.
504: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
505: M. Molé, expliquant, quelques semaines plus tard, le 24 février, à M. de Barante, sa conduite, lui écrivait: «Si M. Thiers était rendu nécessaire par la composition de la nouvelle Chambre, du moins il ne pourrait plus dissoudre, et se trouverait obligé de marcher en présence d'une minorité si forte qu'elle lui rendrait impossible de se livrer aux caprices et aux témérités de son esprit.» Il écrivait de même à M. Bresson, le 26 février: «La dissolution épuisait ce moyen pour trois ans au moins. Le nouveau ministère serait obligé de vivre avec une Chambre qui le contiendrait et au sein de laquelle, s'il voulait dévier de la politique suivie depuis 1830, la Couronne trouverait un point d'appui pour lui résister.» M. de Barante avait d'ailleurs écrit à M. Molé, le 18 février: «La dissolution était devenue infaillible, et la faire de préférence à Thiers était un devoir.» (Documents inédits.)
506: M. Molé disait, dans la lettre à M. de Barante, déjà citée plus haut: «Il fallait faire le vide et que le Roi appelât, sur ma démission remise, le seul homme qui pût essayer de former un cabinet, sans livrer la Couronne et le pays à ceux que nous avions vaincus.» (Documents inédits.)
507: Dans une lettre du 7 février 1839, le Roi raconte à M. Molé qu'il vient de voir le maréchal Soult, et il précise ainsi l'impression qu'il a gardée de l'entretien: «Cette impression est que si les élections sont favorables,—et il m'a paru croire qu'elles le seraient,—il sera prêt à entrer dans votre ministère... Au surplus, je n'ai rien offert...» (Documents inédits.)
508: M. Molé écrivait à M. de Barante, le 24 février 1839: «Si je n'étais très-décidé à ne pas me croire assez de valeur ou d'importance pour supposer que la Providence m'a donné une mission, je verrais le doigt de Dieu dans la force et la santé qu'il m'envoie... Je vous dirai la vie que j'ai menée, et les inventions de mes adversaires pour avoir raison de mon âme ou de mon corps.» (Documents inédits.)
509: Lettre du 24 février 1839. (Documents inédits.)
510: Lettre de M. L. Faucher à M. H. Reeve, du 12 février 1839. (L. Faucher, Biographie et Correspondance, t. 1, p. 79.)
511: Journal des Débats du 7 février 1839.
512: M. O. Barrot dit, dans ses Mémoires, que cette manœuvre dut surtout son succès à la présence des doctrinaires dans l'opposition: c'étaient eux dont les menaces pouvaient le plus faire réfléchir les fonctionnaires; or, ajoute M. Barrot, «ces menaces ne contribuèrent pas peu à notre victoire». (T. I, p. 333.)
513: Journal des Débats du 18 février 1839.
514: «La cour, dit le Courrier français, ce ne sont pas les courtisans. La cour, c'est un gouvernement organisé, un État dans l'État... La cour règne, la cour gouverne, la cour administre..... Nous n'avons pas détruit la monarchie absolue pour en voir renaître les abus sous un autre régime et avec un autre nom. La royauté paraissait d'abord si débile et si exposée que l'on craignait, en résistant à des tentatives peu constitutionnelles, de détruire la constitution. Maintenant, il se trouve que la prérogative est trop forte et que nous sommes trop faibles. Rétablissons l'équilibre par des élections sincères.» Lisez aussi cet article du Siècle: «Si nous ne savions à quel degré de folie la cour a été conduite par l'orgueil de ses prétentions, nous resterions confondus devant un article publié, ce matin, dans le Journal des Débats; mais nous connaissons depuis longtemps les secrètes faiblesses de la politique personnelle, le besoin qu'elle a de se proclamer, la satisfaction qu'elle éprouve à se mettre au-dessus des règles, à divulguer sa ténacité, son omnipotence, et, par là même, malheureusement, à détruire, autant qu'il est en elle, les fictions salutaires sur lesquelles repose l'inviolabilité de la Couronne.»
515: Voyez, par exemple, cet article du Courrier français: «On prétend que la résistance de l'opposition ne s'arrête pas au ministère: c'est une calomnie intéressée; si la Couronne se trouve compromise dans cette lutte, c'est le ministère, et le ministère seul, qui la compromet. Quand nous disons que le ministère découvre la royauté, qu'il tolère l'intervention personnelle du Roi et des princes dans les affaires, qu'il dénature, au profit de la prérogative, le caractère des institutions, nous n'accusons pas la Couronne, nous accusons le ministère qui est responsable même des écarts du pouvoir royal........ Si on laissait faire les ministres du 15 avril, la direction des affaires étrangères serait le privilége du Roi, le duc d'Orléans disposerait souverainement du ministère de la guerre, le duc de Nemours mettrait sans doute la main sur le gouvernement de l'intérieur, et le prince de Joinville deviendrait l'arbitre des choses de la mer.»
516: Les coalisés eux-mêmes en avaient le sentiment: «On nous avait forcés, écrit M. Duvergier de Hauranne, à montrer les dangers du pouvoir personnel du Roi. De là résulta un mouvement d'opinion toujours croissant et qui, si le jour de l'élection ne fût venu l'arrêter, nous eût peut-être entraînés plus loin que nous ne voulions aller.» (Notes inédites.)
517: Outre l'indignation que lui causait la coalition en elle-même, M. Royer-Collard avait, à cette époque, une animosité un peu jalouse contre M. Guizot.
518: Journal inédit du baron de Viel-Castel.
519: Lettre du 10 février 1839. (Documents inédits.)
520: Le témoignage de la feuille ministérielle était confirmé par celui des journaux opposants. Le Constitutionnel disait: «Les entreprises du génie industriel sont suspendues; le commerce est en souffrance et s'alarme.» Et le Courrier français: «Le commerce et l'industrie souffrent. L'argent est rare. Le crédit se resserre. De nombreuses faillites ont éclaté.» Aucun doute donc sur la constatation du mal; seulement, on s'en renvoyait, d'un parti à l'autre, la responsabilité.
521: Dès le 25 janvier, M. de Metternich avait écrit à son ambassadeur à Paris: «Dans quelle position, grand Dieu! est la France! Vous autres, qui vous trouvez au milieu de ce gâchis moral et matériel, vous ne sauriez recevoir de débats tels que ceux qui viennent d'avoir lieu, au sujet de l'Adresse, une impression aussi forte,—je dirai même aussi nauséabonde—que celle qu'en ressentent ceux qui vivent dans une atmosphère plus pure.» Le chancelier estimait qu'après tout M. Berryer, M. Garnier-Pagès et même M. Thiers «jouaient leur jeu»; il s'en prenait à ceux «qui voulaient la conservation de l'ordre de choses existant et qui n'en voulaient pas les moyens». «Je ne trouve, disait-il, pour qualifier ces hommes que les substantifs niais, sots et méchants. Qu'ils choisissent! Je suis même prêt à leur accorder les trois défauts réunis.» Le spectacle de la lutte électorale n'était pas fait pour donner à M. de Metternich une impression meilleure: «La France, écrivait-il le 9 février, se trouve aujourd'hui à 1830, en partie avant et en partie après Juillet....L'avenir le plus rapproché nous offre la certitude de deux mois où toutes les passions seront mises en un mouvement extrême, et cela non-seulement en France, mais dans l'Europe entière. Par contre, que nous offre l'avenir le plus éloigné? Et tout cela, parce que MM. Thiers et Guizot veulent être ministres à tout prix, et—notez bien ceci,—l'un en dépit et aux dépens de l'autre! Vive donc le régime représentatif moderne!» Et le 15 février: «Je vous avouerai que je suis très-inquiet sur le prochain avenir de la France. Quand un pays est une fois placé comme celui-là, il est à la veille de grandes perturbations.» (Mémoires de Metternich, t. VI, p. 309, 310, 353 à 359.)
522: Lettre du 13 février 1839. (Documents inédits.)
523: M. Bresson écrivait encore, le 3 février, à M. de Barante: «On est parfait à Berlin, de toutes parts, pour le Roi et M. Molé.» (Documents inédits.)
524: Mémoires de Metternich, t. VI, p. 353, 358, 359.
525: Constitutionnel du 15 février 1839.
526: Documents inédits.
527: Documents inédits.—Dans une lettre du 21 janvier, M. de Barante écrivait: «Il paraît que les hommes de gouvernement sont capables de rendre le gouvernement impossible même pour eux.»
528: Mémoires inédits du comte de Sainte-Aulaire.