365: Lettre du 27 juillet 1843. (Documents inédits.)
366: Lettres du 8 juillet et du 28 septembre 1845. (Documents inédits.)
367: Cette conversation a été rapportée par M. Lapasset, qui y assistait. (Le Maréchal Bugeaud, par M. d'Ideville, t. III, p. 46 et 47.)
368: Lettre du 14 mars 1844. (Documents inédits.)
369: Ce fait m'a été rapporté par M. de Corcelle, qui était l'un des convives.
370: Lettres d'un soldat, p. 316.
371: Discours du 24 janvier 1845.—Déjà, en novembre 1841, le gouverneur avait écrit à M. Guizot: «On devrait savoir que nous ne pouvons pas avoir en Afrique des batailles d'Austerlitz, et que le plus grand mérite, dans cette guerre, ne consiste pas à gagner des victoires, mais à supporter, avec patience et fermeté, les fatigues, les intempéries et les privations. Sous ce rapport, nous avons dépassé, je crois, tout ce qui a eu lieu jusqu'ici.»
372: Le lieutenant-colonel de Saint-Arnaud fut employé avec ses zouaves, en juillet 1841, à une expédition de ravitaillement dirigée de Mostaganem sur Mascara. La colonne se composait principalement de jeunes troupes de ligne arrivées récemment de France. La chaleur était effroyable; les Arabes suivaient la petite armée et massacraient les traînards. Saint-Arnaud dépeint ainsi à son frère le spectacle dont il a été témoin: «J'ai vu là, frère, tout ce que la faiblesse et la démoralisation ont de plus hideux. J'ai vu des masses d'hommes jeter leurs armes, leurs sacs, se coucher et attendre la mort, une mort certaine, infâme. À force d'exhortations, ils se levaient, marchaient cent pas, et, accablés de chaleur, de fatigue, affaiblis par la dyssenterie et la fièvre, ils retombaient encore et, pour échapper à mes investigations, allaient se coucher, en dehors de ma route, sous les buissons et dans les ravins. J'y allais, je les débarrassais de leurs fusils, de leurs sacs, je les faisais traîner par mes zouaves; j'en ai fait monter sur mon cheval, jusqu'à ce que j'eusse sous la main les sous-officiers de cavalerie, seuls moyens de transport que nous ayons eus à l'arrière-garde... J'en ai vu beaucoup me demander en pleurant de les tuer, pour ne pas mourir de la main des Arabes; j'en ai vu presser, avec une volupté frénétique, le canon de leur fusil, en cherchant à le placer dans leur bouche. Eh bien, frère, pas un n'est resté en arrière, pas un ne s'est tué; beaucoup sont morts asphyxiés, mais ce n'est pas ma faute.» Et Saint-Arnaud ajoutait: «Non, pour les épaulettes de général, je ne voudrais pas recommencer la vie que j'ai faite, dix heures de suite, le 2 juillet.»
373: Lettres d'un soldat, p. 277.
374: Lettre du 30 mais 1843. (Document inédits.)
375: Séances des 10-12 juin 1843.
376: À ce propos, le chancelier Pasquier écrivait à M. de Barante, le 14 septembre 1844: «Nos marins, à présent, ont toujours en vue ces malheureux journaux dont ils prennent les excitations pour la voix de la France entière, et, grâce à cette grossière erreur, ils croiraient volontiers que le premier coup de canon tiré par eux serait la résurrection de toutes les gloires qui se sont ensevelies dans celles de l'Empire. Le défunt amiral Lalande a donné un bien funeste exemple, par la correspondance que, pendant sa station dans les mers de Grèce, il a entretenue avec un ou deux journalistes; il en a été payé par des salves d'éloges auxquelles tous ses semblables, en grade et en position, aspirent maintenant, comme moyen de monter plus haut encore.» (Documents inédits.)
377: Documents inédits.
378: Le duc de Broglie écrivait, le 24 février 1844: «Les journaux de l'opposition ont hésité quelque temps pour voir de quel côté pencherait le ministère. Ne pouvant rester aussi longtemps incertains que lui, ils ont pris leur parti pour la gloire, et vont lui faire une obligation de poursuivre sa marche triomphante dans l'océan Pacifique.» (Documents inédits.)
379: Lettre du 29 février 1844. (Documents inédits.)
380: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
381: Quelques mois plus tard, lord Palmerston jetait, au delà de la Manche, un cri d'alarme tout semblable, et il écrivait, le 10 novembre 1844, à son frère: «Si la rupture avait éclaté, les Français auraient pu frapper quelque coup dangereux, avant que nous eussions été en mesure de nous défendre contre eux.» (Bulwer, Life of Palmerston, t. III, p. 142.)
382: Dans son article, le Journal des Débats dénonçait la manœuvre par laquelle on prétendait exploiter «contre le gouvernement du Roi» un «entraînement naturel à l'âge du prince et particulier, dit-on, à son caractère»; il parlait de «popularité trompeuse», de «triomphe suspect»; puis, montrant ce qu'avait d'incorrect cet appel à la publicité fait par un officier général et par un prince: «On ne peut pas, disait-il, être à la fois sur les marches d'un trône et sur la brèche de la polémique quotidienne.»
383: Discours du 13 avril 1844.
384: Discours du 19 avril 1844.
385: Discours du 28 mai 1844.
386: Dépêches de M. de Bunsen, citées par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, 1830-1848, t. II, p. 583, 584.
387: Mémoires de Bunsen, cités par M. Saint-René Taillandier dans son étude sur le Conseiller de la reine Victoria.
388: Léon Faucher, Biographie et Correspondance, t. I, p. 150.
389: Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 208.
390: C'est principalement aux Mémoires du baron de Stockmar que nous empruntons ces détails et ceux qui vont suivre sur les conversations du Czar.
391: Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 212.
392: Cité dans The Life of the Prince Consort, par sir Théodore Martin.
393: S'il faut en croire une assertion formelle de lord Malmesbury dans ses Mémoires (vol. I, p. 402), il y aurait eu plus encore. Cet homme d'État a consigné en effet sur son journal, à la date du 3 juin 1853, qu'en 1844, un memorandum secret avait été signé, à Londres, par le Czar d'une part, par Robert Peel, Wellington et Aberdeen d'autre part; il avait pour objet d'assurer à la Russie, sans consulter la France, son protectorat sur les Lieux saints et sur la religion grecque en Turquie. L'existence de cette pièce, connue seulement de la Reine, était révélée à chaque nouveau ministre des affaires étrangères lors de son entrée en fonction. C'était ainsi que lord Malmesbury l'avait connue, lorsqu'il avait été chargé du foreign office, peu avant de raconter ces faits dans son journal. L'assertion est précise et paraît fort autorisée. Je sais cependant qu'en Angleterre des personnes bien placées pour connaître les faits, et particulièrement pour avoir été informées de tous les actes de lord Aberdeen, ne croient pas à l'existence d'un memorandum signé par les ministres anglais. À leur avis, lord Malmesbury avait dû faire une confusion avec le memorandum de M. de Nesselrode. Les éléments nous manquent, en France, pour éclaircir cet incident. C'est aux historiens anglais qu'il appartient de le faire.
394: The Life of H. R. H. the Prince Consort, par sir Théodore Martin.
395: La Reine écrivait le 4 juin 1844: «L'Empereur fait à Albert et à moi l'impression d'un homme qui n'est pas heureux et sur lequel son immense puissance et sa position pèsent lourdement et péniblement.» Elle ajoutait un peu plus tard: «Il n'est pas heureux, et ce fond de tristesse qui se lit sur ses traits nous faisait parfois de la peine. Je ne sais pas pourquoi, mais je ne peux pas m'empêcher de le plaindre.»
396: Cette pièce et presque toutes celles que nous citerons ou auxquelles nous ferons allusion dans la suite de ce paragraphe, ont été publiées alors par le gouvernement, pour être distribuées aux Chambres. Nous les compléterons avec d'autres documents cités par M. Guizot dans ses Mémoires.
Quelques mois plus tard, à la tribune de la Chambre, M. Guizot, parlant du choix du prince de Joinville, disait: «Il n'y a aucun de vous, messieurs, qui ne se rappelle le bruit, je dirai l'abus qu'on a fait de la note de M. le prince de Joinville sur les forces navales de la France. On a voulu y voir, y faire voir un acte, une velléité du moins, de malveillance pour le cabinet, d'hostilité pour l'Angleterre. On avait fait ainsi au noble prince une situation délicate. Nous avons pensé qu'il était de notre devoir de lui fournir la première occasion de montrer à la fois son dévouement au pays, à l'honneur et à la dignité du pays, et en même temps son intelligence de la politique qui convient au pays.» (Discours du 21 janvier 1845.)
397: Le 30 septembre 1843, à propos de difficultés qui s'étaient produites avec quelques tribus tunisiennes de la frontière, le roi Louis-Philippe écrivait au maréchal Soult: «En vérité, nous avons déjà assez de territoires et de tribus à soumettre, sans chercher à en augmenter l'étendue et le nombre.» (Documents inédits.)
398: Débats du 5 juillet 1844 à la Chambre des députés, et du 10 juillet à la Chambre des pairs.
399: M. Désages écrivait à M. de Jarnac, le 8 juillet 1844: «L'opinion repousse de bien loin toute idée de médiation réelle ou apparente. Nous désirons sincèrement que l'influence anglaise au Maroc s'emploie à faire entendre raison aux Marocains: nous serons heureux qu'elle atteigne ce but; mais nous devons et voulons laisser au cabinet de Londres la libre et entière appréciation des moyens propres à y conduire. Aucun concert, aucune discussion ne doit s'établir entre Paris et Londres à cet égard.»
400: Le Roi était fort préoccupé des idées qui traversaient à ce sujet l'esprit du maréchal Bugeaud. (Lettres du roi Louis-Philippe au maréchal Soult, en juillet 1844. Documents inédits.)
401: Dépêche de M. de Jarnac, en date du 29 juillet 1844. (Notice sur lord Aberdeen, par M. de Jarnac.)
402: Pour l'histoire des négociations qui vont suivre, j'ai consulté les documents qui ont été distribués aux Chambres à la fin de 1844, ceux qui ont été cités par M. Guizot dans ses Mémoires, par M. de Jarnac dans sa notice sur lord Aberdeen, et aussi quelques documents inédits, entre autres la correspondance de M. Désages avec M. de Jarnac.
403: Ces armements étaient réclamés notamment par le duc de Wellington, qui disait «que la disposition des Français était d'insulter l'Angleterre partout où ils pourraient le faire impunément, et que le seul moyen de rester en paix avec eux était d'être plus forts qu'eux sur tous les points du globe». (The Greville Memoirs, second part, t. II, p. 254.)
404: Cela résulte d'une conversation du duc de Wellington avec M. Greville (ibid.), et est confirmé par le journal intime de lord Malmesbury, à la date du 2 septembre 1844. (Mémoires de lord Malmesbury.)
405: Voir notamment le discours de lord Palmerston dans la séance du 7 août 1844.
406: Voir le récit du général Trochu dans son livre sur l'Armée française en 1867, celui de M. Léon Roches, inséré dans l'ouvrage de M. d'Ideville sur le Maréchal Bugeaud, celui du capitaine Blanc, dans les Souvenirs d'un vieux zouave, et aussi quelques lignes des Souvenirs d'un officier d'état-major, par le général de Martimprey.
407: «Voilà le canon de Tanger parti, écrivait M. Désages à M. de Jarnac, le 15 août 1844. À en juger par la consternation du pauvre lord Cowley (ambassadeur d'Angleterre à Paris), cela aura grand retentissement à Londres.» (Documents inédits.)
408: Un fait de presse qui fit alors beaucoup de bruit montre bien ce qu'il y avait d'animosité contre la France dans certaines parties de l'opinion anglaise. Le principal journal de Londres, le Times, publia quelques lettres qu'il prétendait avoir été écrites par des officiers de la flotte britannique, témoins du bombardement de Tanger, lettres où nos marins et leur chef, «Joinville et sa bande», comme on disait, étaient accusés d'avoir déshonoré le pavillon français par leur incapacité et par leur couardise. L'indignation fut extrême en France. Les plus sages, tels que le Journal des Débats, déclarèrent que de tels procédés risquaient de rendre vains les efforts faits pour maintenir la paix. Il est vrai qu'en Angleterre même, on eut honte de ce genre d'attaques; des protestations s'élevèrent contre la publication du Times. Les autorités navales s'émurent; une enquête ayant révélé que l'auteur des lettres était le chapelain du vaisseau le Warspite, ce chapelain fut révoqué, et le commandant de la flotte britannique dans la Méditerranée flétrit sa conduite par un ordre du jour.
409: Bulwer, Life of Palmerston, t. III, p. 129.
410: Cité par lord Palmerston, à la date du 21 août 1844. (Ibid., p. 132.)
411: Mémoires de lord Malmesbury, à la date du 2 septembre 1844.
412: The Greville Memoirs, second part, vol. II, p. 253.
413: Lettres de la fin d'août et du commencement de septembre 1844, citées dans la Vie du Prince consort.
414: Journal inédit du baron de Viel-Castel, à la date du 27 août 1844.
415: Lettres au comte Apponyi, du 29 et du 30 août 1844. (Mémoires de M. de Metternich, t. VII, p. 29 à 31.)
416: Documents inédits.
417: Expressions employées par le Roi dans une lettre au maréchal Soult, en date du 14 août 1844 (Documents inédits), et dans une lettre au roi des Belges, non datée, mais qui doit être du 1er ou du 2 septembre. (Revue rétrospective.)
418: The Greville Memoirs, second part, vol. II, p. 253, 254.
419: Lettre de M. de Jarnac à M. Guizot, en date du 29 août 1844.
420: «J'ai la conviction, écrivait le maréchal Bugeaud au prince de Joinville, que l'empereur s'exposerait plutôt à continuer une mauvaise guerre que de donner un seul million. Je sais qu'il est sordidement intéressé. Quant à Abd el-Kader, il ne pourrait pas le livrer, sans se faire honnir par tout son peuple.»
421: Ce traité différait cependant de l'ultimatum en un point, c'est qu'il stipulait la mise hors la loi d'Abd el-Kader, au lieu de son expulsion. En conséquence de cette mise hors la loi, sorte d'excommunication religieuse autant que politique, les Marocains s'engageaient à poursuivre à main armée l'émir sur leur territoire, jusqu'à ce qu'il fût expulsé ou tombé entre leurs mains; dans ce dernier cas, il serait transporté dans une ville du littoral de l'Ouest, et les deux gouvernements se concerteraient sur les mesures à prendre. Rien de mieux, si l'on eût pu compter sur l'exécution sérieuse de ces engagements.
422: Documents inédits.
423: Cité dans la Vie du Prince consort.
424: Le duc de Broglie écrivait le 5 septembre 1844: «De ce côté-ci de la Manche, tout le monde meurt de peur, au milieu des bravades et des cris de victoire, et le parti conservateur tout entier supplie M. Guizot de se montrer complaisant, tandis que le parti Thiers le pousse dans le même sens, en lui disant que c'est sa faute.» (Documents inédits.)
425: Lettre du 25 septembre 1844, adressée à M. d'Houdetot. Voir aussi une lettre du 5 septembre. (Documents inédits.)
426: En fait, l'indemnité n'a jamais été payée à M. Pritchard.
427: Revue rétrospective.
428: Sir Robert Peel, par M. Guizot.
429: Mémoires de M. de Metternich, t. VII, p. 31.
430: Sur les détails de cette visite, voir The life of the Prince Consort, par sir Théodore Martin, notamment les fragments du Journal de la Reine qui y sont cités.
431: Nous lisons, à propos d'un de ces entretiens, dans le Journal de la Reine: «Le Roi est un homme extraordinaire. Il a beaucoup parlé de nos récentes difficultés et de l'émotion excessive de la nation anglaise. Il a dit que la nation française ne désirait pas la guerre, mais que les Français aiment à faire claquer leur fouet comme les postillons, sans songer aux conséquences. Puis il a dit que les Français ne savaient pas être de bons négociants comme les Anglais, et qu'ils ne comprenaient pas la nécessité de la bonne foi qui donne tant de stabilité à ce pays-ci. «La France, a-t-il ajouté, ne peut pas faire la guerre à l'Angleterre, «qui est le Triton des mers; l'Angleterre a le plus grand empire du monde.» Puis, parlant de l'affaire de Taïti: «Je la voudrais au fond de la mer, dit-il, et «désirerais beaucoup en être entièrement débarrassé.»—Bien que Louis-Philippe fût alors très soucieux de plaire à la Reine, je doute que celle-ci ait bien entendu et exactement rapporté ce qui lui avait été dit. Elle a dû exagérer et mal comprendre certaines phrases de politesse. Le Roi n'a pu, en causant avec une souveraine étrangère, tenir, sur son propre pays, certains des propos qui lui sont ici attribués.
432: Revue rétrospective.
433: Lettre du 21 octobre 1844. (Lettres de M. Guizot à sa famille et à ses amis, p. 226 à 228.)
434: «À chaque instant, raconte l'un des chefs du centre gauche, nous rencontrions à la salle des conférences, à la buvette, des députés flottants qui, après s'être assurés d'un regard circulaire qu'on ne les voyait pas, venaient à nous et nous serraient la main avec une parole ou un geste fort significatif.» (Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.)
435: «La majorité conservatrice est ralliée, disait à ce propos le Journal des Débats; la situation est rétablie.» (2 janvier 1845.)
436: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
437: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
438: Le maréchal avait eu, sur ce sujet, un langage au moins assez variable et assez incertain. Avant le traité, le 3 septembre 1844, il reprochait au prince de Joinville d'exiger trop du Maroc. «Dans notre situation vis-à-vis de la jalouse Angleterre, écrivait-il, nous devons nous montrer faciles.» (D'Ideville, le Maréchal Bugeaud, t. II, p. 543.) Le traité fait, il se plaint qu'on n'ait pas assez obtenu. «Applaudissez, vous tout seul, écrit-il au général de La Moricière, car moi, je n'applaudis pas le moins du monde.» (Keller, le Général de La Moricière, t. I, p. 365.) Il écrit dans le même sens à M. Guizot. (Mémoires de M. Guizot, t. VII, p. 176.) Mais, le 29 décembre 1844, il mande du Périgord à M. de Corcelle: «Je me contente de vous dire que les résultats généraux sont bons, et que s'il eût été possible d'obtenir davantage, ce n'eût été qu'aux dépens d'un retard dans la conclusion. Ce retard aurait pu compliquer en Europe certaines questions.» (Documents inédits.)
439: The Greville Memoirs, second part, vol. II, p. 270.
440: Lettre du 30 octobre 1844, publiée par la Revue rétrospective.
441: Le Comte Duchâtel, par M. Vitet.
442: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
443: Ceux qui conseillaient de rester étaient appelés, dans certains milieux ministériels, les amis sérieux, par opposition aux amis romanesques qui poussaient à la démission. (Journal inédit du baron de Viel-Castel.)
444: Revue rétrospective.
445: Journal inédit du baron de Viel-Castel.
446: Veut-on un spécimen des déclamations de la presse de gauche sur ce sujet? Le Siècle disait du ministère, le 26 février 1845: «C'est un gladiateur épuisé qui perd du sang à chaque pas, et dont la main défaillante, cherchant à maintenir l'appareil qui couvre la plaie sans la guérir, ajuste les plis de son manteau, souillé dans l'arène. Il demande en vain la vie ou la mort; son imperceptible et inconcevable majorité, qu'il salue tristement, le condamne à une lente agonie.»
447: Documents inédits.
448: Journal inédit du baron de Viel-Castel.
449: Ibid.
450: Lettre au comte Apponyi, du 15 mars 1845. (Mémoires de M. de Metternich, t. VII, p. 91, 92.)
451: Cet épisode est raconté par M. Greville, qui en tenait le récit de la princesse de Lieven elle-même. (The Greville Memoirs, second part, vol. II, p. 278 et p. 287, 288.)
452: Journal inédit du baron de Viel-Castel.
453: Je remets à plus tard l'exposé de ces affaires d'Espagne et de Grèce, afin de ne pas le morceler.
454: Voir plus haut, ch. I, § V à VIII, et ch. II, § I, IV, VI et IX.
455: Pour le récit des négociations qui vont suivre, je me suis principalement servi des documents cités par M. Guizot au tome VI de ses Mémoires, p. 198 et suiv.
456: Documents inédits.
457: M. de Sainte-Aulaire écrivait de Londres à M. de Barante, le 14 février 1845: «Nous attendons Broglie. L'accueil qui a été fait ici à son nom est une des plus flatteuses récompenses que puisse recevoir un homme public.» (Documents inédits.)
458: J'ai eu sous les yeux tous les papiers relatifs à cette mission du duc de Broglie, dépêches officielles et correspondance confidentielle. C'est sur ces documents, dont du reste M. Guizot avait déjà cité plusieurs extraits dans ses Mémoires, que j'ai rédigé le récit qui va suivre.
459: Lettre du 22 juillet 1845. (Lettres de M. Guizot à sa famille et à ses amis, p. 230.)
460: Lettre du 1er août 1845. (Documents inédits.)
461: Le Roi s'en était souvent expliqué avec le roi et la reine des Belges, qui étaient ses intermédiaires habituels avec la cour d'Angleterre. Il écrivait notamment à la reine des Belges, le 12 mai 1845: «Ce que je désire, c'est que tout s'arrange de manière que nous puissions nous donner des cals réciproques, on both sides of the channel.» (Revue rétrospective.)—Lord Palmerston écrivait à son frère, le 16 mars de la même année: «Louis-Philippe désire que la Reine vienne le voir à Paris, l'été prochain, et offre de lui rendre sa visite l'année d'après. Il dit que, dans l'état présent des relations entre les deux pays, les souverains devraient se rencontrer tous les ans.» (Bulwer, The Life of Palmerston, t. III, p. 151.)
462: Revue rétrospective.
463: Voici ce toast, qui ne manquait pas d'une certaine éloquence: «Messieurs, remplissez vos verres! Il y a un mot d'une inexprimable douceur pour les cœurs britanniques et allemands. Il y a trente ans, on l'entendit proférer sur les hauteurs de Waterloo par des voix anglaises et allemandes, après des jours de combat terribles, pour marquer le glorieux triomphe de nos frères d'armes. Aujourd'hui, il résonne sur les rives de notre Rhin bien-aimé, au milieu des bénédictions de la paix qui est le fruit sacré du grand combat: ce mot, c'est «Victoria!» Messieurs, buvez à la santé de S. M. la reine Victoria et à celle de son auguste consort.»
464: Journal de la Reine, cité par sir Théodore Martin. (The Life of the Prince Consort.)
465: Ce fut au cours de cette visite que furent échangées, au sujet du mariage du duc de Montpensier avec l'infante, sœur de la reine d'Espagne, des explications importantes sur lesquelles j'aurai à revenir quand je raconterai les négociations relatives aux mariages espagnols.
466: «Le voyage de la reine d'Angleterre en Allemagne, écrivait M. de Metternich au comte Apponyi, n'a point eu de succès. Des circonstances peu dignes d'égards dans d'autres temps que les nôtres ont contribué à ce fait. Ce qui a fini par effacer les bonnes impressions,—car, parmi de regrettables, il y en a eu aussi de bonnes,—c'est la visite à Eu. Cette visite, qui de tout temps avait été méditée par le roi Louis-Philippe, a été habilement amenée par l'intermédiaire de la reine des Belges... Sous l'influence de la famille de Cobourg, les raisons contraires au projet du roi des Français ont été étouffées..... La visite à Eu n'a été qu'une scène de la pièce qui se joue et dans laquelle tout le monde, auteur, acteurs et spectateurs, est mystifié ou mystificateur.» (Mémoires de M. de Metternich, t. VII, p. 102.)—M. de Metternich s'était rencontré avec la reine Victoria au château de Stolzenfels, sur le Rhin. «J'ai trouvé le prince, écrit la Reine dans son Journal, notablement plus âgé que je ne m'y attendais, dogmatisant beaucoup, parlant lentement, mais du reste très aimable.»
467: Cf. t. I, liv. I, ch. VII; t. II, ch. VI, § III; ch. XIII; t. III, ch. IX.
468: Cf. t. III, ch. IX, § VI.
469: Tout au plus la presse religieuse eut-elle à relever la décision par laquelle M. Cousin avait mis les Provinciales de Pascal sur le programme du baccalauréat.
470: Vie du cardinal Mathieu, par Mgr Besson, t. I, p. 244 à 247.
471: Cf. t. III, ch. IX, § VI.
472: Sur les débuts de cette œuvre, voy. t. III, ch. IX, § II.
473: Nous avons déjà noté, en 1836 et 1837, le blâme porté par le Souverain Pontife sur l'attitude de Mgr de Quélen. (Cf. t. III, ch. IX, § VII.)
474: Je tiens le récit de cette anecdote de M. le marquis de Raigecourt.
475: En 1880, certains incidents de la politique contemporaine m'avaient amené à détacher par avance, des notes réunies pour l'histoire de la monarchie de Juillet, une étude particulière sur les luttes de la liberté d'enseignement de 1841 à 1848. (Cf. L'Église et l'État sous la monarchie de Juillet, 1 vol. in-12, Librairie Plon.) Je ne puis aujourd'hui, sous le prétexte que je l'ai déjà traitée ailleurs, omettre une question aussi importante. On ne s'étonnera donc pas de retrouver ici une partie de ce qu'on a pu déjà lire dans cette première étude: on le retrouvera, d'ailleurs, concentré, complété et surtout mis au point d'une histoire générale.
476: Cf. t. III, ch. IX, § IV.
477: Cf. t. III, ch. IX, § IV.
478: A. de Gasparin, les Intérêts généraux du protestantisme en France.
479: Chroniques parisiennes, p. 100 et 122.
480: On peut voir, dans un mémoire rédigé, peu avant la révolution de Juillet, par les aumôniers des collèges de Paris, des détails navrants sur ce sujet et, pour ainsi dire, la statistique des naufrages dans lesquels périssaient les âmes des jeunes collégiens. M. Foisset a donné des extraits de ce mémoire, dans la Vie du P. Lacordaire (t. I, p. 86 à 91).
481: Sur M. Cousin avant 1830, voir ce que j'en ai dit dans le Parti libéral sous la Restauration, p. 233.
482: Dès 1828, à l'époque où l'avènement du ministère Martignac eût pu lui donner l'occasion d'un rôle politique, il avait écrit à M. Hegel: «J'ai pris mon parti. Non, je ne veux pas entrer dans les affaires: ma carrière est la philosophie, l'enseignement, l'instruction publique. Je l'ai déclaré une fois pour toutes à mes amis, et je soutiendrai ma résolution. J'ai commencé, dans mon pays, un mouvement philosophique qui n'est pas sans importance; j'y veux, avec le temps, attacher mon nom; voilà toute mon ambition; j'ai celle-là, je n'en ai pas d'autre. Je désire, avec le temps, affermir, élargir, améliorer ma situation dans l'instruction publique, mais seulement dans l'instruction publique.»
483: Voir l'étude curieuse où M. Janet fait honneur à M. Cousin d'avoir été, en cette circonstance, le précurseur des laïcisateurs de nos jours, et où il compare son œuvre à celle qui a fait établir dans les écoles primaires un enseignement moral indépendant de toute doctrine religieuse.
484: M. Cousin avait conscience de la mobilité de son esprit. Plus tard, quand on donna son nom à une rue: «J'accepte, dit-il spirituellement, parce que c'est une rue et non une place.»
485: Pour se faire une idée de ce régime, il n'est même pas besoin d'écouter les plaintes des victimes; il suffit de prêter l'oreille aux confidences de ceux qui passaient pour être les protégés. Voir, à ce sujet, le très piquant volume de M. Jules Simon sur Victor Cousin.
486: Vie du P. de Ravignan, par le P. de Pontlevoy, t. II, p. 272 à 274.
487: Observations sur la controverse élevée au sujet de la liberté d'enseignement, par Mgr Affre (1843).
488: Voir, sur l'influence de Lamennais à ce point de vue, ce que j'en ai dit dans mon étude sur l'Extrême droite sous la Restauration (Royalistes et Républicains).
489: Foisset, Vie du P. Lacordaire, t. II, p. 95 et suiv.
490: Journal inédit de M. de Viel-Castel.
491: Univers, 25 mai 1843.
492: Telle a été, pendant plusieurs années, la préoccupation des prélats les plus éclairés. Le désordre qui pouvait en résulter a été signalé, quelques années plus tard, en 1853, dans un écrit fameux de Mgr Guibert, depuis archevêque de Paris. (Œuvres pastorales, t. I, p. 356 et suiv.)
493: Rome et Lorette. Voir notamment l'Introduction.
494: Chroniques parisiennes, p. 53.
495: Lettre du 8 juillet 1843, adressée à la Gazette d'Augsbourg. (Lutèce, p. 386.)
496: Lettre du 9 mai 1842. (Correspondance de Proudhon.)
497: Un observateur qui n'était pas favorable aux réclamations du clergé, M. de Viel-Castel, notait alors sur son journal intime: «Le Journal des Débats se distingue par l'ardeur, la passion voltairienne avec laquelle il attaque le clergé. C'est tout au plus s'il a la précaution de mêler à ses arguments et à ses épigrammes quelques protestations banales et vagues en faveur de la religion. Il ramasse avec soin tout ce qui lui paraît propre à discréditer, à ridiculiser le catholicisme.» (Documents inédits.) Aussi M. de Tocqueville, après avoir constaté que tous les journaux étaient «dans un paroxysme de vraie fureur contre le clergé et contre la religion elle-même», ajoutait que, sur ce point, «les journaux du gouvernement étaient peut-être pires que ceux de l'opposition». (Lettre du 6 décembre 1843.)
498: Revue des Deux Mondes du 1er février 1845.
499: Sur les débuts de M. de Montalembert, cf. liv. I, ch. IX, et liv. III, ch. IX, § III et VII.
500: Voir les discours prononcés par M. de Montalembert à la Chambre des pairs, le 1er mars et le 6 juin 1842.
501: Voir notamment la brochure sur le Devoir des catholiques dans la question de la liberté d'enseignement. 1843.
502: Testament du P. Lacordaire.
503: Voir le texte complet de cette note, dans la Vie de Mgr Devie, par l'abbé Cognat, t. II, p. 405 et suiv.
504: Actes épiscopaux, t. I, p. 9 et suiv.
505: Correspondance du P. Lacordaire avec Mme Swetchine, p. 392.
506: Ce prélat avait publié, en 1840, sous ce titre: Exposé des vrais principes sur l'instruction publique, un livre qui avait exercé une influence considérable en Belgique.
507: C'est la thèse que Mgr Parisis devait développer ex professo, dans un livre paru en 1847 et intitulé: Cas de conscience à propos des libertés exercées ou réclamées par les catholiques, ou accord de la doctrine catholique avec la forme des gouvernements modernes. Ce livre a été depuis retiré du commerce.
508: Lettres du 25 mai et du 15 août 1844.
509: Voir, à la fin du tome II des Actes épiscopaux relatifs au projet de loi sur l'instruction secondaire, la liste des écrits d'évêques publiés de la fin de 1841 au commencement de 1844. Or, tandis qu'en 1842 il y en avait 8, dont 5 de l'évêque de Chartres, on en compte 24 en 1843, et 5 dans le seul mois de janvier 1844. Ce sera bien autre chose quand le projet de 1844 aura été déposé.
510: Recueil des actes épiscopaux relatifs au projet sur l'instruction secondaire, t. I, p. 29 (1845).
511: Lettre du 7 juillet 1844.
512: Du devoir des catholiques dans les élections (1846).—M. Thiers, causant un jour avec Mgr Dupanloup, lui disait: «M. de Montalembert est un grand guerrier; M. de Falloux est un grand homme d'État.»
513: Lettres diverses, citées par M. de Montalembert et par M. Foisset, dans leurs ouvrages sur le P. Lacordaire.
514: Chroniques parisiennes, p. 117, 118.
515: Lettres de mai et juin 1844.
516: Chroniques parisiennes, p. 148, 149.
517: Voir, à ce propos, la note que le P. Guidée, provincial à Paris, avait fait parvenir au Roi, en 1838, t. III, ch. IX, § VI.
518: Ibid.
519: Cette recherche lui attire parfois quelque mésaventure. Un jour, les jeunes gens, en l'attendant, s'étaient mis à chanter une chanson obscène qui avait pour refrain un mot ignoble, hurlé en chœur. Sur ce mot, qui a depuis fait son entrée dans la langue parlementaire, la porte s'ouvre, le silence se fait, et M. Michelet paraît. N'ayant entendu de loin que le vacarme, il s'imagine qu'on chantait la Marseillaise. Empressé, suivant son usage, de s'unir aux sentiments des assistants, il commence: «Messieurs, dit-il, au milieu de ces chants patriotiques...» Un immense éclat de rire couvre sa voix, et le professeur est obligé de chercher un autre exorde, en face d'un auditoire rendu, par cet incident, plus tumultueux et plus inconvenant encore que de coutume.
520: De courts extraits donneront l'idée de ce petit livre. Il débutait ainsi: «La prudence a ses lois, elle a ses bornes. Dans la vie des hommes, il est des circonstances où les explications les plus précises deviennent une haute obligation qu'il faut remplir. Je l'avouerai: depuis surtout que le pouvoir du faux semble reprendre parmi nous un empire qui paraissait aboli, depuis que des haines vieillies et des fictions surannées viennent de nouveau corrompre la sincérité du langage et dénaturer les droits de la justice, j'éprouve le besoin de le déclarer: je suis Jésuite, c'est-à-dire religieux de la Compagnie de Jésus... Il y a d'ailleurs, en ce moment, trop d'ignominies et trop d'outrages à recueillir sous ce nom, pour que je ne réclame point publiquement ma part d'un pareil héritage. Ce nom est mon nom; je le dis avec simplicité: les souvenirs de l'Évangile pourront faire comprendre à plusieurs que je le dise avec joie.» La fin n'était ni moins noble ni moins touchante: «Que si je devais succomber dans la lutte, avant de secouer, sur le sol qui m'a vu naître, la poussière de mes pas, j'irais m'asseoir une dernière fois au pied de la chaire de Notre-Dame. Et là, portant en moi-même l'impérissable témoignage de l'équité méconnue, je plaindrais ma patrie, et je dirais avec tristesse: Il y eut un jour où la vérité lui fut dite; une voix la proclama, et justice ne fut pas faite; le cœur manqua pour la faire. Nous laissons derrière nous la Charte violée, la liberté de conscience opprimée, la justice outragée, une grande iniquité de plus. Ils ne s'en trouveront pas mieux; mais il y aura un jour meilleur, et, j'en lis dans mon âme l'infaillible assurance, ce jour ne se fera pas longtemps attendre. L'histoire ne taira pas la démarche que je viens de faire; elle laissera tomber sur un siècle injuste tout le poids de ses inexorables arrêts. Seigneur, vous ne permettrez pas toujours que l'iniquité triomphe sans retour ici-bas, et vous ordonnerez à la justice du temps de précéder la justice de l'éternité.»
521: M. Libri écrivait alors: «M. l'abbé de Ravignan s'intitule publiquement membre de la Compagnie de Jésus, ce qu'on n'avait jamais osé faire sous la Restauration.» Et M. Cuvillier-Fleury disait dans le Journal des Débats: «Ils ont osé, quatorze ans après la révolution de Juillet, ce qu'ils n'avaient jamais tenté, même sous la Restauration; ils se sont nommés.»
522: Lettres inédites du R. P. de Ravignan.
523: Discours du 16 février 1832.
524: Vie du P. de Ravignan, par le P. de Pontlevoy, t. I, p. 265 à 269.
525: Vie de Mgr Devie, par M. l'abbé Cognat, t. II, p. 416.—M. Villemain écrivait à Mgr Mathieu, le 14 janvier 1844: «Je connais la douceur du nom de Jésus-Christ et je le fais aimer à mes petits-enfants. Les âpretés de la vie publique, loin de détourner de Celui qui console, y ramènent le cœur.» (Vie du cardinal Mathieu, par Mgr Besson, t. I, p. 317.)
526: Courrier français du 12 février 1844.
527: Voir t. III, ch. I, § III.
528: Ces détails et ceux que nous ajoutons plus loin sont rapportés dans la Vie de Mgr Affre, par M. Cruice, mort depuis évêque de Marseille.
529: Première Lettre à M. le duc de Broglie (1844).
530: Discours du 19 mars 1844. M. Dupin avait du reste déjà commencé, le 25 janvier précédent.
531: Sur M. Dupin, voir t. II, ch. V, § I.
532: Correspondance de Jules Janin.
533: Ces derniers mots furent gravés sur la médaille d'honneur offerte par les catholiques de Lyon à M. de Montalembert.
534: Vie du P. de Ravignan, par le P. de Pontlevoy, t. I, p. 268.
535: Ces protestations ont été réunies dans les deux premiers volumes des Actes épiscopaux.
536: Dans son beau livre des Vues sur le gouvernement de la France, le duc de Broglie a exprimé sur ces questions son opinion dernière: il s'y prononce pour la liberté la plus large.
537: Documents inédits.
538: L'expression est de M. Sainte-Beuve, qui disait aussi: «M. Cousin a l'air véritablement, depuis toute cette discussion, d'être condamné à la ciguë, et il varie l'Apologie de Socrate sur tous les tons.» (Chroniques parisiennes, p. 203 et 214.)
539: Le duc de Broglie écrivait, le 11 mai 1844, à son fils, au sujet de ce débat: «J'avais prévenu plus d'une fois Cousin qu'il se tînt très tranquille, sous peine de voir passer un amendement dirigé spécialement contre lui; il n'a tenu compte de mon avertissement; il a bien fallu alors lui administrer une correction sévère; je l'ai fait, en substituant à un amendement saugrenu qui n'avait de sens que d'être dirigé contre Cousin, un amendement général qui affranchit le ministre et le conseil royal de l'instruction publique de la petite tyrannie de chaque membre de ce conseil, lequel se regarde comme souverain dans sa sphère et ne prend la peine de communiquer ce qu'il fait à ses collègues que pour la forme. En faisant du programme du baccalauréat ès lettres une affaire de gouvernement, ce qui est l'exacte vérité, nous avons mis ordre à tout envahissement de l'esprit de coterie dans l'instruction publique. Il avait fallu assister à la discussion, pour voir apparaître au grand jour le fond des choses et pour bien reconnaître qu'il y a, en ce moment, en France, un petit pape de la philosophie, avec un petit clergé philosophique, qui prétend disposer de l'enseignement philosophique sans que personne y regarde, et qu'on ne puisse devenir avocat, médecin, pharmacien, fonctionnaire public, professeur ou autre chose sans avoir souscrit le formulaire de la raison impersonnelle. J'ai fait passer l'amendement aux neuf dixièmes des voix.» (Documents inédits.)
540: Lettre du 1er juin 1844. (Documents inédits.)
541: Ibid.
542: Lettre du 1er juin 1844. (Documents inédits.)
543: Chroniques parisiennes de M. Sainte-Beuve, p. 228.
544: Depuis quelque temps, M. Villemain était, sur ce sujet, en proie à de véritables hallucinations. Il s'imaginait toujours voir auprès de lui des Jésuites, le guettant et le menaçant. Un jour, il sortait, avec un de ses amis, de la Chambre des pairs où il avait prononcé un brillant discours, et causait très librement, quand, arrivé sur la place de la Concorde, il s'arrête effrayé.—«Qu'avez-vous?» lui demande son ami, médecin fort distingué.—«Comment! vous ne voyez pas?»—«Non.»—Montrant alors un tas de pavés: «Tenez, il y a là des Jésuites; allons-nous-en.» M. Sainte-Beuve a raconté, à ce propos, l'anecdote suivante: «Un jour que Villemain avait été repris de ses lubies et de ses papillons noirs, il avait à dicter à son secrétaire, le vieux Lurat, un de ces rapports annuels qu'il fait si bien. Il se promenait à grands pas, dictait à Lurat une phrase; puis, s'arrêtant tout à coup, il regardait au plafond et s'écriait: À l'homme noir! Au Jésuite! Puis, reprenant le fil de son discours, il dictait une autre phrase qu'il interrompait de même par une apostrophe folâtre, et le rapport se trouva ainsi fait, aussi bien qu'à l'ordinaire. Des deux écheveaux de la pensée, l'un était sain, l'autre était en lambeaux. Quelle leçon d'humilité! Ô vanité du talent littéraire!» (Cahiers de Sainte-Beuve, p. 30.)
545: Documents inédits.—Le 30 septembre 1844, causant avec Mgr Mathieu que lui avait amené l'amiral de Mackau, Louis-Philippe laissait voir clairement sa volonté de «laisser tomber dans l'eau» le projet de loi. (Vie du cardinal Mathieu, par Mgr Besson, t. I, p. 329.)
546: On publia contre Timon: Feu Timon, Saint Cormenin, le R. P. Timon, Feu contre feu, Eau sur feu, etc.
547: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.
548: On pourrait noter, du reste, entre les deux époques, des analogies curieuses. En 1828, le négociateur français fut, comme en 1845, un personnage d'origine italienne, M. Lasagni, jurisconsulte éminent qui a laissé les meilleurs souvenirs dans la magistrature française. Les résultats de la négociation, la conduite de la cour romaine et du gouvernement français, l'imbroglio qui en résulta, furent à peu près les mêmes dans les deux cas.
549: Lettre au R. P. Daniel (Études religieuses, septembre 1867).
550: Guizot, Mémoires, t. VII, p. 413.
551: Des associations religieuses (1845).
552: Un mot sur les interpellations de M. Thiers (juin 1845).
553: À la même époque, dans un mémorandum adressé à la cour romaine, M. Rossi reprochait aux Jésuites «la confiance inexplicable avec laquelle ils avaient déchiré le voile qui les couvrait et avaient voulu que leur nom vînt se mêler à la discussion des affaires du pays».
554: Sur les faits assez obscurs de cette négociation, on peut consulter d'une part les Mémoires de M. Guizot, t. VII, qui renferment des extraits précieux de la correspondance diplomatique, et d'autre part: La liberté d'enseignement, les Jésuites et la cour de Rome en 1845, lettre à M. Guizot sur un chapitre de ses Mémoires, par le P. Ch. Daniel, qui contient comme annexe une Note importante du P. Rubillon; la Vie du P. de Ravignan, par le P. de Pontlevoy; la Vie du P. Guidée, par le P. Grandidier; l'Histoire de la Compagnie de Jésus, par M. Crétineau-Joly, t. VI; la Vie du cardinal de Bonnechose, par Mgr Besson. C'est en rapprochant ces renseignements, venus en quelque sorte des deux partis en présence, qu'on se fait une idée un peu exacte de ce qui s'est passé. Les documents qui vont être cités ou analysés se trouvent dans ces diverses publications. J'y ai ajouté quelques pièces inédites dont communication m'a été donnée.