192: Lettre de Mgr Garibaldi, internonce du Saint-Siége. (Vie du cardinal Mathieu, par Mgr Besson, t. I, p. 247.)

193: «Le Journal des Débats disait, le 3 mars, dans un article qui fut remarqué: «La couronne n'aurait pas voulu choisir ces ministres, qu'elle aurait été forcée de les accepter, forcée par sa prudence, et pour ne pas empirer une situation dangereuse. M. Thiers a voulu être le maître, et il l'est, sauf, bien entendu, sa responsabilité devant le Roi et devant les Chambres.»

194: Journal inédit de M. de Viel-Castel.

195: Le Constitutionnel disait, à la date du 12 mai: «M. Thiers donne d'égales garanties aux deux partis qu'il s'agit de rallier. Mais c'est précisément ce dont on l'accuse. M. Thiers, dit-on, a deux passés. Nous disons que c'est son mérite, c'est la gloire de son bon sens.»

196: Le vicomte de Launay (madame Émile de Girardin) faisait, le 7 mars 1840, dans ses Lettres parisiennes du journal la Presse, ce tableau, chargé comme toute satire, de ce qu'il appelait la «traite des députés faite hautement par les pourvoyeurs de M. Thiers»: «Chaque soir, on fait le relevé des acquisitions de la journée. Aurons-nous un tel?—J'en réponds, si vous lui promettez ça pour son gendre.—Et un tel, si on lui offrait ceci?—Ce n'est pas la peine; nous l'aurons pour rien; j'ai vu sa belle-mère.—...Ah! si nous pouvions avoir ***!—Ce n'est pas si difficile qu'on le croit; il vient de perdre cinquante mille francs dans une affaire, il est bien gêné.—...Mais notre plus belle conquête, c'est le bon ***.—Quoi, il s'est engagé?—Sur l'honneur!—Mon cher, vous êtes un sorcier. Qu'avez-vous fait pour le séduire?—Je l'ai pris par les sentiments.—Je ne vous comprends pas.—Ah! tu n'as pas d'enfants! Le gros bonhomme a deux filles à marier... Je possède un peu bien ma statistique parlementaire. Je sais ceux qui ont des filles à établir, ceux qui ont des fils à placer, ceux qui ont des frères incapables sur les bras, ceux qui ont des intérêts de cœur dans les théâtres royaux, ceux qui ont des secrets à cacher, ceux qui ont des manufactures à soutenir, ceux qui ont des forges, ceux qui ont des sucres, ceux qui ont des rentes, et ceux, enfin, qui ont des dettes. Eh! je dis avec le proverbe: Qui paye leurs dettes s'enrichit.»

197: M. Duvergier de Hauranne rapporte qu'un des amis de M. Molé disait alors de lui: «Il prétend que si le ministère tombe aujourd'hui, ce sera à son profit, et dans un an, au profit de M. Guizot. C'est pour cela qu'il se presse.» (Notes inédites.)

198: 20 mars 1840.

199: «Je le dis à la gauche, s'écriait l'orateur radical, deux choses sont essentielles aux partis: la moralité et assurément aucune fraction de la Chambre n'a plus de moralité que celle à laquelle je m'adresse, et l'habileté... L'habileté, il ne faut pas seulement en avoir, il faut qu'on y croie. Au 22 février, vous avez compté sur des progrès, et vous avez été bienveillants; ces progrès ne sont pas venus; votre réputation d'habileté en a, ce me semble, subi quelque atteinte. Faites en sorte que l'avenir ne soit pas encore plus grave que le passé. Vous vous livrez sans condition; vous n'amenez pas les choses avec vous, vous les réservez pour l'avenir. Prenez-y garde, le pays se dira peut-être un jour: Ceux-là qui ne sont pas assez habiles pour se conduire, ne sont pas assez habiles pour nous conduire nous-mêmes.»

200: Aussi la Revue des Deux Mondes félicitait-elle ironiquement M. Thiers d'avoir obtenu un tel vote de la gauche. «La gauche, disait-elle, a voté publiquement les fonds secrets, les fonds de la police, les fonds dont on ne rend pas compte et qui sont particulièrement destinés au maintien de l'ordre. La gauche, en les votant, a abdiqué; elle a abdiqué ses préventions, ses préjugés, ses utopies; on ne revient pas d'un tel vote, car on en reviendrait brisé, déconsidéré, presque annihilé. Les fonds secrets! Mais c'est le mot sacré de la franc-maçonnerie gouvernementale; une fois prononcé, on est initié.»

201: Lettre du 28 mars 1840. (Documents inédits.)

202: Cette politique, exposée dans une lettre de M. Dumon à M. Guizot (Mémoires de M. Guizot, t. V, p. 349-50), se trouvait aussi formulée chaque matin dans le Journal des Débats. (Cf. notamment le numéro du 6 avril.)

203: Constitutionnel du 10 avril. Cf. aussi le Siècle de la même date.

204: Le Courrier français du 10 avril se plaignait des «ménagements de M. Thiers pour les 221», et il ajoutait: «En appuyant le ministère du 1er mars, la gauche a entendu que le pouvoir se déplacerait, hommes et choses.»

205: Cf. la lettre que le duc de Broglie écrivait alors à M. Guizot: il en était arrivé à douter que M. Thiers pût durer jusqu'à la session suivante, et il invitait M. Guizot à se tenir prêt à le remplacer. (Guizot, Mémoires, t. V, p. 348, 349.)

206: Le rapporteur faisait ici allusion à l'engagement pris de définir l'attentat.

207: Lettre du 12 avril 1839. (Documents inédits.)

208: Cf. plus haut p. 89.

209: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

210: Voici comment M. Thiers avait été amené à faire cette déclaration. Il examinait les raisons diverses qui avaient, au commencement du siècle, amené une lutte acharnée entre la France et l'Angleterre. «La France, alors, disait-il, n'avait pas renoncé à être une puissance maritime et coloniale de premier ordre; elle n'avait pas renoncé au rêve brillant des possessions lointaines; elle avait voulu prendre la Louisiane, Saint-Domingue et même essayer sur l'Égypte une tentative merveilleuse, moins solide qu'éclatante, mais dont le but avoué était de menacer les Anglais dans l'Inde. Notre puissance, alors, à quoi la faisions-nous servir? À coaliser toutes les marines de l'Europe sous notre drapeau. Eh bien, il y avait là des raisons d'une lutte acharnée. Mais, heureusement, plus rien de cela n'existe... La France s'est éclairée sur la véritable voie de sa grandeur. Qui songe aujourd'hui parmi nous à des possessions lointaines?... C'est que l'esprit de la France a changé, c'est que tout le monde sent que notre grandeur véritable est sur le continent.»

211: Cf. t. II, p. 305.

212: De la Hodde, Histoire des sociétés secrètes et du parti républicain, p. 334.

213: Godefroy Cavaignac devait mourir en 1845.

214: M. Capo de Feuillide, qui faisait une opposition très-vive dans le Journal de Paris, avait reçu une mission aux Antilles, et ce journal était devenu du coup ministériel. La Presse disait de son côté: «On m'a pris le meilleur de mes rédacteurs; je le cherche partout; si M. le président du conseil voulait me le rendre, il me ferait un vrai présent, car ce rédacteur a beaucoup de talent.» Il s'agissait de M. Granier de Cassagnac, qui avait reçu une mission analogue à celle de M. Capo de Feuillide.

215: Séance du 16 mai.

216: Expressions de M. Guizot.

217: M. Barrot s'exprima en ces termes, dans son bureau: «Je n'aurais pas pris l'initiative de la proposition... Toutefois, s'il y a, dans les centres, des députés plus hardis que nous ou plus impatients, nous ne leur fermerons pas la carrière. Ils nous y retrouveront avec les principes que nous avons constamment professés et que nous ne déserterons pas. C'est pourquoi je ne m'oppose pas à sa lecture.»

218: Mémoires de Guizot, t. V, p. 351-3.

219: M. de Rémusat n'est pas resté jusqu'à la fin de sa vie très-fier de ce morceau d'éloquence. «J'ai souvent interrogé M. de Rémusat sur les actes de son ministère, a écrit plus tard M. Duvergier de Hauranne. Il n'en regrettait aucun, à l'exception peut-être du discours qu'il prononça le 12 mai, pour annoncer à la Chambre le retour en France des cendres de Napoléon.»

220: Il se trouva que ce voisin était M. Duvergier de Hauranne, l'un des très-rares députés qui avaient résisté à l'entraînement général. «Oui, répondit-il, c'est une bonne blague.» «M. Thiers, ajoute M. Duvergier de Hauranne, en racontant cet incident, parut blessé de la réponse; mais l'événement prouva bientôt que je le flattais.» (Notes inédites.)

221: Le Courrier français du 13 mai disait: «Le ministère peut s'applaudir de ce grand acte de réparation... Il restitue à Napoléon cette légitimité populaire qui fit sa force et son droit. C'est consacrer en même temps la légitimité de notre révolution et de la monarchie que le peuple a choisie. C'est retremper ce gouvernement à sa véritable source et lui donner ce baptême de la popularité qui semblait peu à peu s'effacer.»

222: «Dès aujourd'hui, disait encore le Courrier français, les traités de Vienne sont moralement déchirés. Il faut reconnaître dans cette démarche du cabinet un engagement pour l'avenir.»

223: Journal des Débats du 13 mai.

224: Le National du 13 mai disait: «Ces souvenirs ne vont-ils pas se réveiller demain, dans toute la France, comme une sanglante accusation contre toutes les lâchetés qui souillent depuis dix ans nos plus brillantes traditions?»

225: Henri Heine écrivait de Paris, le 30 mai: «Toujours lui! Napoléon et encore Napoléon! Il est le sujet incessant des conversations de chaque jour, depuis qu'on a annoncé son retour posthume.» (Lutèce, p. 79.)

226: La statue fut inaugurée en 1833, et l'Arc de triomphe en 1836.

227: Mémoires et Correspondance du roi Jérôme et de la reine Catherine.

228: «N'oublions pas, disait M. de Lameth, que Napoléon a détruit la liberté de son pays et qu'il a été cause, par son ambition, de l'invasion de la France.» Puis, faisant allusion à certaines agitations bonapartistes: «Il existe déjà parmi nous trop de ferments de discorde, n'en augmentons pas le nombre.»

229: 7 octobre 1830.

230: Cette pièce, intitulée À la Colonne et datée du 9 octobre 1830, a été insérée dans les Chants du crépuscule.

231: 13 septembre 1831.—«Napoléon, dit La Fayette, a comprimé l'anarchie; il ne faut pas que ses cendres viennent l'accroître aujourd'hui.»

232: En octobre 1847, recevant Jérôme Bonaparte et son fils, Louis-Philippe les engageait à visiter Versailles, «où, disait-il, il avait mis en présence les deux grandes figures de la France, Louis XIV et l'Empereur».

233: Bulwer, Life of Palmerston, t. III, p. 40.

234: M. Élias Regnault (Histoire de Huit ans, t. I, p. 142) attribue à la négociation poursuivie avec le cabinet anglais, une origine très-singulière. Ce serait O'Connell qui, circonvenu par un des parents de l'Empereur, aurait le premier averti lord Palmerston de son intention de proposer à la Chambre des communes la restitution des restes de Napoléon. Lord Palmerston aurait alors informé M. Thiers qu'il serait obligé de répondre à O'Connell que jamais le gouvernement français n'avait demandé cette restitution. M. Thiers n'aurait fait sa démarche que sur cette provocation. Dans les documents français et anglais, notamment dans la correspondance de lord Palmerston, rien ne confirme et tout contredit cette version, évidemment inventée par les républicains pour diminuer aux yeux des patriotes l'initiative du gouvernement de Juillet.

235: Journal des Débats du 22 mai.

236: Articles du 23, du 24 et du 29 mai 1840.

237: Lettre du capitaine Callier au maréchal Soult, du 27 mai 1840. (Documents inédits.)

238: Articles du 27 et du 28 mai 1840.

239: Journal des Débats, 29 mai 1840.

240: Article du 31 mai 1840.

241: Le Courrier français disait, par exemple, le 4 juin 1840: «Il se passera bien du temps et il faudra bien des actes, avant que nous puissions reprendre confiance dans la fermeté du ministère, dans notre propre parti.»

242: M. Thiers d'ailleurs était, depuis la coalition, suspect à l'Europe. Dès le 14 mai 1839, M. de Barante écrivait à M. Bresson: «M. Thiers est devenu un véritable épouvantail; on se trouble au nom de celui que la renommée présente comme livré à une imagination turbulente.» (Documents inédits.)

243: Cf, sur la situation budgétaire, ce que j'ai dit au tome III, p. 247 à 250.

244: Henri Heine écrivait le 20 mai 1840: «M. Thiers a gagné de nouveaux lauriers par la clarté convaincante avec laquelle il a traité, dans la Chambre, les sujets les plus arides et les plus embrouillés... Cet homme connaît tout; nous devons regretter qu'il n'ait pas étudié la philosophie allemande: il saurait l'expliquer également.» (Lutèce, p. 60.)

245: Documents inédits.

246: Documents inédits.

247: Lettres de M. Doudan, t. I, p. 308.

248: Naguère, en pleine Académie française, M. Pasteur se plaignait éloquemment du tort que faisait ainsi la politique à la science. «Pourquoi, s'écriait l'illustre savant, faut-il que cette accapareuse prenne trop souvent les meilleurs, les plus forts d'entre nous?» Et il ajoutait: «Ce que la politique a coûté aux lettres, la littérature le calcule souvent avec effroi. Mais la science elle-même peut faire le triste dénombrement de ses pertes. De part et d'autre, combien de forces, déviées de leurs cours, vont s'abîmer inutilement dans des questions trop souvent aussi mouvantes et aussi stériles qu'un monceau de sable!»

249: Ce trait de la vie d'Arago, passé sous silence par ses biographes démocrates, est rapporté par M. Odilon Barrot, dans ses Mémoires, t. II, p. 32.

250: Cette discussion sur la réforme électorale avait lieu le 16 mai, et c'était le 12 que M. de Rémusat avait annoncé à la Chambre le «retour des cendres».

251: Cf. plus haut, p. 84 et p. 87.

252: Journal du Peuple du 31 mai 1840.

253: Lettre du 30 avril 1840 (Lutèce, p. 29).

254: Les ouvriers faisaient ici allusion à une expression malheureuse échappée, quelques jours auparavant, à M. Sauzet, président de la Chambre. Celui-ci, voulant rappeler à la question un orateur qui, à propos d'une loi sur les sucres, déclamait sur les ouvriers sans ouvrage, avait dit: «Nous sommes chargés de faire des lois, et non pas de donner de l'ouvrage aux ouvriers.» Cette phrase avait été aussitôt relevée et amèrement commentée par tous les journaux d'extrême gauche.

255: Cf. plus haut, p. 146 à 152.

256: 10 et 19 juin 1840.

257: Siècle du 6 juin, Courrier français du 6 et du 10 juin.—La gauche sentit très-vivement ce désappointement. Deux ans après, M. Léon Faucher, rédacteur du Courrier français, s'en souvenait encore et écrivait, le 8 novembre 1842, à M. Duvergier de Hauranne: «Nous ne pouvons à aucun prix recommencer l'épreuve du 1er mars. Rémusat en particulier, par son obstination à conserver les préfets, nous avait tout à fait sacrifiés. Pour ma part, j'ai failli y perdre ma position, ma santé... S'immoler à des personnes, c'est être dupe et faire des ingrats. Encore aujourd'hui, quatre ou cinq journaux me font l'honneur de m'attaquer personnellement comme si j'étais ministre, et pourtant je suis peut-être le seul homme de la presse, avec Chambolle, qui n'ai rien demandé ni rien accepté du 1er mars.» (Léon Faucher, Biographie et Correspondance, t. I, p. 396.)

258: Documents inédits.

259: Documents inédits.

260: Lettre du capitaine Callier au maréchal Soult. (Documents inédits.) Le capitaine Callier, aide de camp du maréchal, était resté à Paris pour tenir ce dernier, alors à la campagne, au courant des événements politiques.

261: Cf. plus haut, p. 136 et suiv.

262: Correspondance de M. Thiers avec M. Guizot, publiée par extraits dans les Mémoires de ce dernier, et dépêches inédites de M. Thiers à ses autres ambassadeurs.

263: Senior, Conversations with M. Thiers, M. Guizot, and other distinguished persons, t. I, p. 4.—Dans cet entretien, auquel nous avons déjà fait allusion, M. Thiers se donnait comme ayant été personnellement peu favorable au pacha; seulement, quand il prit le pouvoir, il trouva le Roi et l'opinion trop échauffés sur la question égyptienne pour pouvoir aller à l'encontre. «Je consultai Granville, ajouta-t-il, qui me donna le conseil de temporiser jusqu'à ce que les Français, avec leur habituelle versatilité, eussent porté leur attention sur un autre sujet... Je suivis ce conseil.»

264: M. Thiers écrivait le 8 juin à M. Guizot: «Il ne faut pas avoir l'air d'abjurer la note du 27 juillet, car un revirement de politique, l'abandon patent d'un engagement antérieur doit s'éviter avec soin.» (Mémoires de M. Guizot.)

265: Le ministère du 12 mai lui-même, très-peu de temps après la note du 27 juillet, en était à regretter l'arrangement direct. Le maréchal Soult écrivait, le 15 octobre 1839, au duc d'Orléans: «Quant à la Russie, elle pousse le Divan, par M. de Boutenieff, à s'arranger directement avec le vice-roi, qui paraît avoir à ce sujet des espérances. Si cela arrive, au lieu de l'empêcher, nous y donnerons notre consentement, et, pour en finir, ce serait l'issue la plus favorable.» (Documents inédits.)

266: Voy. les lettres écrites sur ce sujet par M. Thiers à M. Guizot, notamment celles du 21 mars et du 28 avril 1840. (Mémoires de M. Guizot.)

267: À Vienne, M. de Sainte-Aulaire ayant voulu entretenir M. de Metternich de la question d'Orient, celui-ci le pria de ne plus lui parler de cette affaire. «Je n'aurais rien de nouveau à vous apprendre, lui dit-il, et ma maxime est de ne jamais parler dans un lieu de ce qui se traite dans un autre.» Aussi M. de Sainte-Aulaire, découragé, avait-il demandé et obtenu un congé. (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)

268: M. Guizot dit lui-même modestement, en commençant, dans ses Mémoires, le beau récit de son ambassade: «J'avais beaucoup étudié l'histoire d'Angleterre et la société anglaise. J'avais souvent discuté dans nos Chambres les questions de politique extérieure. Mais je n'étais jamais allé en Angleterre et je n'avais jamais fait de diplomatie. On ne sait pas combien on ignore et tout ce qu'on a à apprendre, tant qu'on n'a pas vu de ses propres yeux le pays et fait soi-même le métier dont on parle.»

269: Pour le récit des négociations qui vont suivre, jusqu'à la signature du traité du 15 juillet, je m'attache principalement aux documents diplomatiques publiés dans les Mémoires de M. Guizot, en les complétant par les Papiers inédits dont j'ai eu communication, et par les publications anglaises, notamment: Life of Palmerston, par Bulwer; Greville Memoirs et Correspondence relative to the affairs of the Levant. Les documents qui seront cités au cours de ce récit, sans indication de source particulière, sont tirés des Mémoires de M. Guizot.

270: Lord Palmerston écrivait, le 16 avril, dans une lettre intime au comte Granville: «Il est manifeste que le gouvernement français nous a trompés dans les affaires de Buenos-Ayres, comme il l'a fait presque toutes les fois que nous avons été en rapport avec lui, par exemple en Espagne, en Portugal, en Grèce, à Tunis, en Turquie, en Égypte, en Perse, où sa conduite et son langage ont toujours été divergents. La vérité,—quelque répugnance qu'on ait à l'avouer,—est que Louis-Philippe est un homme dans lequel on ne peut avoir une solide confiance. Cependant, il est là, et nous l'appelons notre allié; seulement, nous devons être éclairés par l'expérience, et ne pas attacher à ses assertions ou professions, une valeur plus considérable que celle qui leur appartient réellement; plus particulièrement quand ses paroles sont, comme dans l'affaire d'Égypte, non-seulement différentes de ses actes, mais inconciliables même avec ceux-ci» (Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 272, 273.)

271: C'est le même sentiment qui fera dire, plus tard, en 1841, à la Revue d'Édimbourg, pour justifier rétrospectivement la politique de lord Palmerston: «La France humiliait l'Angleterre dans la Méditerranée.»

272: Lord Palmerston écrivait à lord Granville: «Le rapport qui m'a été envoyé par Hodges (consul anglais à Alexandrie), de son entrevue avec Méhémet-Ali, me fait penser que celui-ci finira par se rendre. Il était très-mécontent, extrêmement agité, très-violent et fort véhément dans ses affirmations qu'il ne céderait pas, les appuyant de serments solennels; tout ceci indique qu'il a conscience de sa faiblesse, et qu'au fond il a peur.» (Bulwer, t. II, p. 270.) Cette lettre est datée du 11 mars 1840: il y a là une erreur évidente; certains passages de la lettre, relatifs au général Sébastiani et à M. Guizot, lui assignent une date antérieure, probablement le 11 février.

273: Lettre précitée.

274: Lettre à M. Bulwer, du 14 mars 1846. (Bulwer, t. II, p. 284.)

275: On lit dans le Journal de M. Charles Greville, à la date du 5 septembre 1840: «Clarendon m'a montré, l'autre jour, une longue lettre qu'il écrivit à Palmerston en mars dernier, et où il discutait toute la question orientale, en indiquant les objections qu'elle paraissait soulever et en suggérant ce qu'il aurait voulu faire à sa place. C'était un document assez bien écrit et assez bien raisonné.» (The Greville Memoirs, second part, t. I, p. 301.)

276: Lettre à William Temple, du 27 juillet 1840 (Bulwer, t. III, p. 43.)

277: Cf. The Greville Memoirs, second part.

278: Lettres du 1er et du 6 mai 1840. (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 430, 432.)

279: Mémoire du 25 avril 1840. (Ibid., p. 454 à 464.)

280: Un peu plus tard, M. Greville nous montre, dans son Journal, M. de Neumann parlant à chacun dans le sens qu'il sait lui plaire, énergique avec Palmerston, conciliant avec lord Holland, et il ajoute: «Neumann est un chien servile (a time serving dog).» (The Greville Memoirs, second part, vol. I, p. 329.)

281: Correspondance de M. de Barante, notamment dépêches du 14 avril et du 31 mai 1840. (Documents inédits.)

282: Cf. plus haut, p. 159 et 160.

283: «Je ne suis que le roi de Naples, disait ce prince, c'est-à-dire d'un pays qui a six millions d'âmes; mais je tiendrai tête à l'Angleterre; il en arrivera ce qui pourra.»

284: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 432, 434.

285: Le 13 juillet 1840, lord Palmerston écrivait à son frère, ministre d'Angleterre à Naples: «Je suis très-content, sous tous les rapports, que la question des soufres soit réglée; c'est un grand embarras de moins, et nous avons besoin de tous nos vaisseaux dans le Levant, où nous avons de la besogne à leur faire faire.» Il ajoutait, le 27 juillet, dans une lettre au même: «Il est heureux que nous ayons fini notre querelle napolitaine, et une des raisons qui me rendaient si impatient de la terminer était que je prévoyais que nous aurions besoin de toutes nos forces disponibles pour conduire nos opérations dans le Levant. Thiers, sans doute, pense que nous l'avons joué dans cette affaire, en obtenant que sa médiation fût terminée avant qu'il ne voulût y mettre fin, et cela le fâche fort. Mais sa mauvaise humeur se dissipera.» (Bulwer, t. III, p. 41 à 44.)

286: Dépêche de M. Cochelet, 26 mai 1840.

287: Lettre citée par M. Guizot dans son discours du 26 novembre 1840.

288: Des dépêches officielles publiées, un peu plus tard, par le gouvernement anglais lui-même (Correspondence relative to the affairs of the Levant), il ressort, en effet, que lord Ponsonby, au su de lord Palmerston, avait fomenté cette insurrection. «Je puis répondre des habitants du Liban, écrivait-il à son ministre, le 23 avril 1840, pourvu que l'Angleterre veuille agir et les aider.» À la fin de juin, les émissaires secrets ne lui suffisaient plus: il envoyait à Beyrouth son propre drogman, M. Wood, qui, du navire anglais où il résidait, appelait à lui les chefs de la montagne et les poussait à la révolte en leur promettant des armes. Ce drogman informait l'ambassadeur du bon résultat de ses démarches. «Il n'y a jamais eu, peut-être, disait-il, un moment plus favorable pour séparer la Syrie de l'Égypte et pour accomplir les vues politiques de lord Palmerston. J'explique aux Syriens les désirs de la politique de la Grande-Bretagne et le succès qui doit nécessairement suivre, s'ils nous assistent. Ils comprennent tout cela parfaitement; mais ils demandent toujours un appui indirect de notre part; autrement ils seraient écrasés. Je n'épargne aucun effort pour remplir les vues de Votre Seigneurie, malgré les difficultés dont je suis environné et qui dérivent de ma situation même.» Le gouvernement anglais fut si satisfait du zèle déployé en cette circonstance par M. Wood, qu'il le nomma peu après vice-consul à Beyrouth.

289: Bulwer, t. III, p. 44.

290: Quelques jours plus tard, le 27 juillet, rendant compte à son frère de ce qui s'était passé, Palmerston reconnaissait la gravité de l'opposition à laquelle il avait eu affaire. «Thiers et Guizot, disait-il, s'étaient persuadés que le cabinet anglais ne se laisserait jamais conduire à se séparer de la France sur cette question... Il y avait quelque fondement à cette méprise, car, quand on vint à délibérer sur cette question, je trouvai une telle résistance de la part de Holland et de Clarendon, et une telle tiédeur chez les autres membres du cabinet, que j'envoyai ma démission...» (Bulwer, t. III, p. 43.)

291: Bulwer, t. II, p. 315 et suiv.

292: Ibid., p. 321.

293: Dépêche de M. Guizot à M. Thiers, du 11 juillet 1840, et ses lettres au duc de Broglie et au général Baudrand, du 12 juillet.

294: M. Thiers disait, quelques jours après, le 6 août, dans une dépêche à M. Guizot: «Ce que les procédés obligés avec une cour alliée exigeaient, c'est que l'Angleterre, avant de conclure, fît une dernière démarche auprès de l'ambassadeur de France, et lui soumît la convention proposée, en lui laissant le choix d'y adhérer ou non. Il est bien vrai que l'adhésion de la France à toute résolution entraînant l'emploi de la force contre le vice-roi n'était nullement supposable, car elle s'était souvent expliquée à cet égard; mais toutes les formes eussent été observées.»

295: Le texte même de ce document est publié dans les Pièces historiques des Mémoires de M. Guizot.

296: Bulwer, t. III, p. 42.

297: M. Thiers a affirmé ce fait plus tard à la tribune. (Discours du 25 novembre 1840.)

298: Ce ne sera que le 16 septembre, après les ratifications échangées, que communication sera faite du traité au gouvernement français. La presse anglaise, il est vrai, en avait auparavant révélé les principales dispositions.

299: Lettre du 27 juillet 1840. (Bulwer, t. III, p. 43.)

300: Il était alors de langage courant, en France; de qualifier Méhémet-Ali de «nouvel Alexandre».

301: Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 277, 278.

302: Ibid., p. 274, 275.

303: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

304: Mémoires de M. Guizot.

305: Le 3 pour 100, qui était, le 18 juillet, à 86 fr. 50, se cotait 78 fr. 75, le 6 août. Les actions de la Banque de France baissèrent de 3,770 à 3,000 francs.

306: Journal inédit du baron de Viel-Castel.

307: Lutèce, p. 99, 100, 108.

308: Lettre de M. de Lavergne, alors chef du cabinet du ministre de l'intérieur. (Mémoires de M. Guizot.)

309: Lettre à M. Guizot. (Documents inédits.)

310: Léon Faucher, Biographie et Correspondance, t. Ier, p. 93.

311: C'est l'expression employée par M. de Rémusat, dans une lettre écrite à M. Guizot, aussitôt après avoir connu le traité. (Mémoires de M. Guizot.)

312: Lettre du 18 décembre 1840.

313: Cette confiance paraissait appuyée sur les témoignages les plus autorisés. Le maréchal Marmont, qui vivait alors à Vienne, répétait souvent à M. de Sainte-Aulaire qu'il avait vu manœuvrer l'armée du pacha, et qu'à nombre égal elle n'aurait pas à craindre une armée russe. (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)

314: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.

315: Bulwer, t. II, p. 309.

316: Cf. les Mémoires de M. Guizot, les Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire, la correspondance également inédite de M. Thiers avec M. de Barante.

317: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

318: Lettre de M. Thiers à M. de Barante, 22 août 1840. (Documents inédits.)

319: C'est ce qui faisait écrire déjà, sous la Restauration, à la duchesse de Broglie: «La marotte de nos libéraux, c'est l'économie; ils ne voient dans la liberté qu'une soupe économique.» (Souvenirs du feu duc de Broglie, t. II, p. 95.)

320: Lettre à M. Guizot, 29 août 1840. (Mémoires de M. Guizot.)

321: Dès le 26 juillet, le duc d'Orléans n'a qu'une préoccupation, c'est que le gouvernement ne soit pas assez belliqueux. «Je crains,—écrit-il à son frère le prince de Joinville, alors en mer pour aller chercher la dépouille de l'Empereur,—je crains que nos adversaires n'aient l'immense supériorité que donne la volonté bien arrêtée de faire la guerre dans certains cas, sur l'hésitation, la mollesse et la pensée secrète de ne jamais faire la guerre dans aucun cas.» (Revue rétrospective.)

322: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 516.

323: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.

324: Un peu plus tard, le Roi expliquait ainsi à M. Pasquier son attitude presque belliqueuse: «Si, le lendemain du traité, je m'étais prononcé pour la paix, M. Thiers eût quitté le ministère, et je serais aujourd'hui le plus impopulaire des hommes. Au lieu de cela, j'ai crié plus haut que lui, et je l'ai mis aux prises avec les difficultés. Dès le lendemain du premier conseil, après s'être fait rendre compte de l'état de l'armée, M. Thiers est venu me trouver, fort découragé, et a été le premier à me demander de ne rien précipiter. Il fera la paix et j'aurai, aux yeux du pays, l'honneur d'avoir maintenu nos droits avec résolution.» (Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.)

325: Nouvion, Histoire du règne de Louis-Philippe, t. IV, p. 532, 533.

326: Documents inédits.

327: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

328: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

329: Lettre du capitaine Callier au maréchal Soult, 4 septembre 1840, et lettre du duc Decazes à M. de Barante, 29 août 1840. (Documents inédits.)

330: Lutèce, p. 108.

331: Mémoires de M. Guizot.

332: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

333: Dépêche de M. Thiers à M. de Barante, 23 juillet 1840. (Documents inédits.)

334: Mémoires de M. Guizot.

335: The Greville Memoirs, second part, t. I, p. 302.

336: Lettres diverses du 21 juillet au 23 août 1848. (Bulwer, t. II, p. 277 à 282.)

337: The Greville Memoirs, second part, t. I, p. 298, 299.

338: M. Guizot écrivait à M. Thiers, le 29 juillet: «Je suis informé ce matin que le Times hésite à continuer son attaque contre lord Palmerston, tant l'attaque française lui paraît vive et dirigée contre l'Angleterre elle-même autant que contre lord Palmerston.» (Mémoires de M. Guizot.)

339: Mémoires de M. Guizot.

340: M. Greville écrivait alors sur son journal: «Rien ne peut dépasser le mépris avec lequel les palmerstoniens traitent le petit groupe des dissidents, notamment lord Holland et lord Granville, qui, disent-ils, sont devenus tout à fait imbéciles.» (The Greville Memoirs, second part, p. 298.)

341: Bien qu'homme de salon et de sport, Palmerston travaillait énormément et faisait presque tout lui-même. «Ce que je fais me fatigue rarement, disait-il; ce qui me fatigue, c'est ce que je n'ai pas encore pu faire.» Au terme de sa carrière, il disait à ses amis: «Je crois être aujourd'hui l'homme politique de l'Europe qui a le plus travaillé.»

342: Mémoires de M. de Sainte-Aulaire; correspondance de M. de Barante et de M. Bresson. (Documents inédits.)

343: La princesse de Metternich, fort hostile à la France, notait sur son journal, à la date du 2 août: «Les explosions de fureur du petit Thiers inquiètent un peu les cours.» Le chancelier écrivait lui-même, le 4 août, au comte Apponyi, son ambassadeur à Paris: «Il manque au Napoléon civil une chose pour faire le conquérant militaire, et cette chose, ce sont des ennemis prêts à se présenter sur les champs de bataille. La guerre politique n'est pas dans l'air, et il ne dépend pas de M. Thiers de changer à son gré l'état atmosphérique. Il est en son pouvoir, sans doute, de faire éclater la tempête de la révolution; mais qui menacerait-elle en premier lieu, si ce n'est l'édifice de Juillet?... Déployez le plus grand calme vis-à-vis de M. Thiers. Ne vous laissez pas dérouter par des paroles, et s'il vous parle de guerre, faites-lui la remarque que, pour la faire, il faut tout au moins être à deux de jeu. Pas un soldat ne bougera à l'étranger.» Dans une circulaire adressée, le 27 août, à ses agents en Italie et en Allemagne, M. de Metternich constatait «l'inquiétude du public européen à la lecture des journaux français, et surtout lorsqu'il avait vu le gouvernement français prendre des mesures qui décelaient de l'humeur, de la méfiance et la prévision d'une guerre générale.» Cette circulaire concluait ainsi: «Ce qu'il faut craindre, c'est que les esprits infernaux ayant été imprudemment évoqués, ils ne soient difficiles à conjurer, et ne fassent dégénérer une question toute politique en une affaire de propagande révolutionnaire.» (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 404, 435, 436, 478 et 480.)

344: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

345: The Greville Memoirs, second part, p. 306.

346: M. de Bülow était le représentant de la Prusse à Londres, au moment de la signature du traité du 15 juillet.

347: Lettre de M. Bresson à M. de Sainte-Aulaire, 18 septembre 1840. (Documents inédits.)

348: Mémoires de M. Guizot.

349: Mémoires de M. Guizot.—Cf. aussi lettres de M. Thiers à M. de Barante, 22 août et 5 septembre 1840. (Documents inédits.)

350: The Greville Memoirs, second part, p. 304, 305.

351: Ibid., p. 303.

352: Mémoires de M. Guizot.—Cf. aussi, sur le même sujet, la correspondance inédite de M. Bresson et les dépêches citées par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 435.

353: Bulwer, t. II, p. 280 et 283.

354: The Greville Memoirs, second part, p. 306.

355: Mémoires de M. Guizot.

356: Correspondence relative to the affairs of the Levant.

357: Revue rétrospective.

358: Mémoires de M. Guizot.

359: Cf. plus haut, t. III, p. 283 à 287.

360: Journal inédit de M. de Viel-Castel, à la date du 7 août 1840.

361: Entre autres le National et la Revue du progrès de Louis Blanc.

362: Constitutionnel des 8 et 9 août 1840.

363: Documents inédits.

364: Lettres de M. Doudan, t. I, p. 355.

365: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 441, 442.

366: C'est la même idée qu'exprimait alors le National. «On a ramené, disait-il, tous les souvenirs qui se rattachent au nom qu'il porte, et l'on ne veut pas qu'il ait songé à revendiquer l'héritage, lorsqu'un ministre avait proclamé sa légitimité.»

367: Mémoires de M. Guizot, t. V, p. 263.

368: Dans cette même lettre, l'ex-roi de Hollande se plaignait que son fils eût été mis, à la Conciergerie, dans la chambre qu'avait occupée Fieschi. Le gouvernement répondit que cette chambre, depuis qu'elle avait servi à Fieschi, avait subi une transformation complète, ayant été affectée au logement particulier de l'inspectrice du quartier des femmes.

369: Madame Swetchine écrivait, le 22 septembre 1840: «Louis Bonaparte est éteint, annulé, non pas seulement par l'Orient, mais par le procès Lafarge.» Et M. d'Houdetot, pair de France, écrivait, le 30 septembre, à son beau-frère, M. de Barante: «Notre procès de Boulogne est bien terne au milieu de tout cela, et madame Lafarge a tout fait pâlir.» (Documents inédits.)

370: Discours du 22 juillet 1849.

371: Documents inédits.

372: Ceux mêmes qui étaient le plus d'avis d'armer se demandaient parfois s'il n'y avait pas excès. «Je suis de votre avis sur nos armements, écrivait M. Doudan à M. d'Haussonville; je les trouve un peu gigantesques. Nous faisons assez de poudre et de bombes pour faire sauter le monde entier... Si nous avons la paix malgré nos préparatifs, nous ne saurons que faire de nos provisions. Nous serons dans la situation de M. de Rambuteau, avec ses cent mille bouquets, un soir que le bal de l'Hôtel de ville avait été renvoyé.» (Lettres de M. Doudan, t. I, p. 348.)

373: Cf. plus haut, t. II, p. 209 à 214.

374: Dépêche du comte Crotti, en date du 10 septembre 1840, citée par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 443.

375: M. de Sainte-Aulaire rappelle à ce propos que M. Thiers lui avait dit un jour: «Il faut donner à la France le goût de la guerre et de la dépense.» (Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.)

376: Dès le 27 juillet, Henri Heine écrivait: «M. Thiers croit fermement que sa vocation naturelle, ce ne sont pas les escarmouches parlementaires, mais la guerre véritable, le sanglant jeu des armes... Cette croyance à ses capacités de grand capitaine aura tout au moins la conséquence que le général Thiers ne s'effrayera pas beaucoup des canons de la nouvelle coalition...; au contraire, il se réjouira en secret d'être contraint, par une extrême nécessité, à déployer, devant le monde surpris, ses talents militaires.» (Lutèce, p. 100, 101.)—On appelait M. Thiers «le petit Bonaparte», et, sous la plume de certains plaisants, le ministère du 1er mars devenait le ministère de Mars Ier.

377: Lettres du 20 et du 22 août 1840. (Documents inédits.)

378: Journal inédit du baron de Viel-Castel, 21 et 23 septembre 1840.

379: Léon Faucher, Biographie et correspondance, t. I, p. 96.

380: Cf. les dépêches des envoyés sardes ou autres diplomates étrangers, citées par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 440 à 442.

381: Ibid., p. 442.

382: Dépêches du comte Crotti du 27 août et du 5 septembre 1840. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, p. 444.)

383: Journal de M. de Viel-Castel, correspondance du feu duc de Broglie, et lettre du duc Decazes à M. de Barante. (Documents inédits.)

384: Dépêche du comte Crotti, du 24 août 1840, citée par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 443.

385: 19 août 1840.

386: Lettre à M. Guizot. (Documents inédits.)

387: Mémoires de M. Guizot.

388: Documents inédits.

389: Ibid.

390: 30 septembre 1840.

391: M. de Tocqueville écrivait alors que les plus sages réflexions «ne l'empêchaient pas, au fond de lui-même, de voir avec une certaine satisfaction toute cette crise.» Et il ajoutait: «Vous savez quel goût j'ai pour les grands événements et combien je suis las de notre petit pot-au-feu démocratique bourgeois.» (Nouvelle correspondance de M. de Tocqueville, p. 180.)

392: Ibid.

393: Ces mots faisaient illusion à une polémique d'une extrême violence qui occupa alors les journaux. Certains scandales de Bourse avaient fourni à des feuilles ennemies du cabinet, à la Presse entre autres, un prétexte d'accuser M. Thiers, et surtout son beau-père, M. Dosne, d'avoir, en jouant à la baisse grâce à la connaissance anticipée des nouvelles extérieures, gagné des sommes considérables. L'affaire fit tant de bruit que les journaux officieux durent publier un démenti formel, et que M. Dosne écrivit une lettre pour déclarer que, depuis sa nomination comme receveur général, il ne s'était livré à aucune opération de Bourse. Comme il arrive en pareil cas, les démentis ne désarmèrent pas les accusateurs. Cette polémique devait, plusieurs mois après, trouver un écho à la Chambre des députés (séance du 4 décembre 1840) et provoquer une réponse indignée de M. Thiers.—Henri Heine écrivait à propos de ces accusations, le 7 octobre 1840: «Que M. Thiers ait spéculé à la Bourse, c'est une calomnie aussi infâme que ridicule; un homme ne peut obéir qu'à une seule passion, et un ambitieux songe rarement à l'argent. Par sa familiarité avec des chevaliers d'industrie sans convictions, M. Thiers s'est lui-même attiré tous les bruits malicieux qui rongent sa bonne réputation. Ces gens, quand il leur tourne maintenant le dos, le dénigrent encore plus que ses ennemis politiques. Mais pourquoi entretenait-il un commerce avec une semblable canaille? Qui se couche avec des chiens, se lève avec des puces.» (Lutèce, p. 130.)