394: C'est à ce propos que Louis-Philippe disait un jour: «Les Français aiment à claquer comme les postillons; ils n'en savent pas les conséquences.»

395: Cf. plus haut, p. 181 et suiv.

396: Léon Faucher, Biographie et Correspondance, t. I, p. 97, 98.

397: Article du National du 11 septembre 1840.

398: Revue rétrospective.

399: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 419.

400: Le prince de Joinville, qui avait servi sur cette escadre avant d'être envoyé à Sainte-Hélène, a écrit plus tard: «Notre escadre, égale en nombre à l'escadre britannique, valait mieux qu'elle. Ce que je dis ici, l'amiral Napier l'a proclamé en plein parlement. Nous tirions le canon aussi bien qu'eux, et nous leur étions très-supérieurs dans la manœuvre. Deux ou trois fois par semaine, nous appareillions, et la présence des Anglais donnait à nos équipages une promptitude et un élan incroyables. La flotte anglaise restait immobile sur ses ancres; elle sentait qu'elle ne pouvait rivaliser avec nous, et se souciait peu d'accepter la lutte. C'était un spectacle bien nouveau et assez déplaisant pour des officiers anglais que celui d'une escadre française nombreuse, pleine d'ardeur, bien ameutée et hardiment menée, dont les vaisseaux jouaient aux barres au milieu des rochers et des courants, sans aucun accident, dont les canons, bien pointés, ne manquaient guère leur but. Pour nous, au contraire, ce spectacle était celui du réveil naval de la France; nous y trouvions une jouissance d'amour-propre et une satisfaction patriotique que je ne saurais exprimer.» (L'Escadre de la Méditerranée.)

401: Quoique en apparence unies pour tendre au même but, les deux escadres restèrent plusieurs mois presque étrangères l'une à l'autre et sans aucun échange de procédés amicaux.» (Ibid.)

402: «Il nous importait peu de voir, après vingt-cinq ans, la paix du monde remise au hasard du jeu des batailles; nous avions de longs revers à effacer, et nous appelions, de tous nos vœux, l'occasion de donner au monde la mesure de nos forces... Il y eut un moment où notre flotte crut toucher à l'accomplissement de tous ses vœux; elle crut que la guerre allait éclater avec l'Angleterre. Sa confiance était extrême; elle attendait avec impatience le jour d'une réhabilitation glorieuse pour la marine française. Ce jour ne vint point... On pleura amèrement, sur les vaisseaux, cette belle occasion perdue.» (L'Escadre de la Méditerranée.)

403: Mémoires de M. Guizot.

404: Documents inédits.

405: Lettre à M. de Barante. (Ibid.)

406: Lutèce, p. 120.

407: Lettres de M. Guizot à sa famille et à ses amis, p. 211.

408: Sir Charles Napier était au fond peu fier de la besogne que lui faisaient faire, en cette circonstance, lord Palmerston et lord Ponsonby; il dira plus tard, le 17 août 1860, à la Chambre des communes: «J'étais honteux, pour mon pays et pour moi, du rôle que je jouais en Syrie. Le gouvernement m'y avait envoyé pour remplir une mission; je m'en suis acquitté, mais à contre-cœur. Si lord Ponsonby n'avait envoyé des agents soulever les populations, il nous eût été impossible, avec les faibles troupes dont nous disposions, de chasser une armée de trente à quarante mille hommes.»

409: C'est ce qui paraît résulter notamment des lettres écrites à sa famille par le duc de Broglie, alors à Paris pour le procès du prince Louis-Napoléon. (Documents inédits.)

410: Mémoires de M. Guizot.

411: Bulwer, t. II, p. 285 à 288.

412: Bulwer, t. II, p. 288 à 292.

413: Lord Palmerston faisait allusion, non sans amertume, à cette opposition, quand il écrivait, le 22 septembre, au cours de la lettre dont nous avons cité ci-dessus des passages: «Je n'ai jamais été, dans ma vie, plus dégoûté de quelque chose, que je ne l'ai été de la conduite de certaines personnes,—inutile de les nommer maintenant,—dans toute cette affaire.»

414: La récente publication de la seconde partie du journal de M. Charles Greville, clerc du conseil privé, a apporté, sur cette crise intérieure du cabinet anglais, des renseignements nouveaux et piquants. C'est ce témoignage que je suivrai principalement dans le récit des faits qui vont suivre. (Cf. The Greville Memoirs, second part, t. Ier, p. 307 à 334.)

415: M. Guizot écrivait, le 22 septembre 1840, à M. Thiers, au sujet de l'effet produit par cette imputation: «Deux de nos amis, des plus chauds et des plus utiles, sont venus, ce matin, me dire les ravages, je me sers à dessein de l'expression, que les adversaires de la transaction pourraient faire, dans le cabinet et dans le public, avec de telles allégations.» (Mémoires de M. Guizot.)

416: Moniteur du 25 septembre 1840.

417: M. Guizot, rendant compte à M. Thiers, le 26 septembre, d'un entretien où lord Palmerston avait été contraint de reconnaître la fausseté des allégations dont il s'était servi, disait qu'il l'avait trouvé «assez embarrassé». Notre ambassadeur ajoutait: «Il n'a point cherché de mauvaise excuse, et vous pouvez être sûr qu'à cet égard, en ce moment, il a le sentiment d'un tort et presque envie de le réparer. Ce qui importe encore plus, c'est qu'il a perdu par là un grand moyen d'action sur ses collègues.» (Mémoires de M. Guizot.)

418: The Greville Memoirs, second part, t. 1er, p. 334, 335.

419: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire; lettre inédite du même à M. Bresson, en date du 5 octobre 1840; Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 417; The Greville Memoirs, second part, t. 1er, p. 329.

420: Lettre du 9 octobre 1840. (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 490.)

421: Mémoires de M. Guizot.

422: Bulwer, t. II, p. 294.

423: Les autres signataires du traité du 15 juillet n'étaient pas les moins surpris. «Les Anglais, je dois en convenir, disait M. de Metternich à M. de Sainte-Aulaire, ont mieux évalué que moi les forces de Méhémet-Ali... Tout ce qui se passe aujourd'hui en Syrie était bien réellement en dehors de mes prévisions.»

424: The Greville Memoirs, second part, t. Ier, p. 330.

425: Le commissaire de police, qui monta sur la scène pour faire ses observations au public, bégaya, avec force révérences, ces mots: «Messieurs, l'orchestre ne peut jouer la Marseillaise, parce que ce morceau de musique n'est pas marqué sur l'affiche.» Une voix dans le parterre répondit: «Monsieur, ce n'est pas une raison; car vous n'êtes pas non plus marqué sur l'affiche.»

426: Lutèce, p. 126 à 131.

427: Journal inédit de M. de Viel-Castel.

428: Mémoires de M. Guizot.

429: M. de Tocqueville, revenant, peu de mois après, sur ces événements, montrait, en face du parti «rêvant de conquêtes et aimant la guerre soit pour elle-même, soit pour les révolutions qu'elle peut faire naître», un autre parti «ayant pour la paix un amour» que cet homme politique «ne craignait pas d'appeler déshonnête; car cet amour a pour unique principe, non l'intérêt public, mais le goût du bien-être et la mollesse du cœur.» (Nouvelle Correspondance, p. 187.)

430: M. Doudan écrivait, le 11 octobre 1840: «J'ai quelque idée que les Chambres ne seront pas très-guerrières. Il est assez agréable de se faire chanter des airs belliqueux, après dîner, dans un salon bien éclairé, quand on est sûr de n'être pas réveillé par le bruit du canon. Mais le vrai canon exalte peu l'imagination. Les propriétaires sensés se trouvent surpris d'une profonde mélancolie, en pensant à ce que coûte la gloire. Ce n'est pas timidité devant le danger matériel, c'est l'horreur des chances, la crainte que le pot-au-feu, qui bout doucement, ne soit renversé, qu'il ne faille se désheurer. Quand on a ces dispositions, il faut tâcher de n'avoir pas, en même temps, la fureur de la déclamation et ne jamais menacer de loin les murailles de Troie. C'est cela qui est ridicule. Le reste est très-pardonnable.» (Lettres, t. Ier, p. 358.)

431: Mémoires de M. Guizot.

432: Dépêche du 5 octobre 1840. (Correspondence relative to the affairs of the Levant.)

433: Bulwer, t. II, p. 298.

434: Lettres à M. Bresson et à M. de Barante. (Documents inédits.)

435: Revue rétrospective.

436: L'amiral Jurien de la Gravière, qui servait, jeune officier, sur cette flotte, a écrit depuis dans ses Souvenirs: «Combien de temps nos succès auraient-ils duré? C'est ce qu'il est difficile de savoir; mais il est hors de doute qu'un premier succès était presque infaillible.» Sir Charles Napier, qui avait un commandement sur la flotte anglaise du Levant, a reconnu depuis, en plein parlement, qu'elle eût difficilement résisté à une attaque de la flotte française. (Séance du 4 mars 1842.)

437: Note sur l'état des forces navales de la France. (Mai 1844.)

438: Bulwer, t. II, p. 291, 292.

439: Quelques mois plus tard, l'ambassadeur anglais à Saint-Pétersbourg disait à M. de Barante: «Croyez-vous que je ne voie pas comment, parmi tous ceux qui environnent l'Empereur, l'opinion est favorable à la France? Paris est pour eux le centre de la civilisation; ils ne se soucient pas, ils ne savent rien de ce qui se fait ou se dit ailleurs; ils parlent votre langue; les souvenirs de leurs généraux se portent avec plaisir vers l'époque de l'alliance avec Napoléon. La conduite du cabinet russe ne s'explique que par la passion de l'Empereur.» (Dépêche de M. de Barante à M. Guizot, du 13 janvier 1841. Documents inédits.)

440: «Le comte de Nesselrode, écrivait M. de Barante, n'est pas aussi français que la plupart de ses compatriotes. Son opinion politique a pris son pli et ses habitudes à l'époque du congrès de Reims, d'Aix-la-Chapelle et de Vérone: être bien avec tous, intime avec Vienne et Berlin, tel est son programme, programme que son caractère rend complétement pacifique et conciliant.» (Lettre à M. Guizot du 13 janvier 1841. Documents inédits.)

441: Cf. la correspondance de M. de Barante, en août, septembre et octobre 1840. (Documents inédits.)

442: Dépêche citée par Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 438.

443: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 490 à 507.

444: Ibid., p. 506.

445: Frédéric-Guillaume III, qui gouverna la Prusse de 1797 à 1840, recommanda, par son testament, à son successeur, de ne jamais rompre avec le czar et l'empereur d'Autriche.

446: Après une conversation qu'il eut à Londres, en 1842, avec ce prince, le baron Stockmar écrivait: «Dans sa culture générale, le Roi est essentiellement germanique.» (Les Souvenirs du conseiller de la reine Victoria, par M. Saint-René Taillandier.)

447: Telle était son aversion pour les Welches que, malgré son goût très-vif pour la peinture, il ne voulut jamais acquérir un tableau de l'école française.

448: À quel point l'horreur de la révolution dominait, chez ce prince, jusqu'au sentiment de l'unité allemande et de l'ambition personnelle, on put s'en rendre compte, en 1848, quand il repoussa la couronne impériale que lui offrait le parlement de Francfort. Il expliquait ainsi son refus à son confident, M. de Bunsen: «D'abord, cette couronne n'est pas une couronne. La couronne que pourrait prendre un Hohenzollern, ce n'est pas, même avec l'assentiment des princes, la couronne fabriquée par une assemblée issue d'un germe révolutionnaire, une couronne dans le genre de la couronne des pavés de Louis-Philippe (ces mots étaient en français dans le texte). C'est la couronne qui porte l'empreinte de Dieu, la couronne qui fait souverain, par la grâce de Dieu, celui qui la reçoit avec le saint-chrême... La couronne dont vous vous occupez, elle est déshonorée surabondamment par l'odeur de charogne que lui donne la révolution de 1848... Quoi! cet oripeau, ce bric-à-brac de couronne pétri de terre glaise et de fange, on voudrait la faire accepter à un roi légitime, bien plus, à un roi de Prusse qui a eu cette bénédiction de porter, non pas la plus ancienne, mais la plus noble des couronnes royales, celle qui n'a été volée à personne!» La dernière phrase fera peut-être sourire; mais le reste de la lettre montre au vif et au vrai les sentiments du Roi. (Frédéric-Guillaume IV et le baron de Bunsen, par M. Saint-René Taillandier.)

449: Frédéric-Guillaume IV et le baron de Bunsen, par M. Saint-René Taillandier.

450: Souvenirs du conseiller de la reine Victoria.

451: Lettre à M. Guizot, du 24 septembre 1843. (Documents inédits.)

452: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire, et Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 437.

453: Lettre de M. de Metternich à Frédéric-Guillaume IV, en date du 9 octobre 1840. (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 490 à 495.)

454: Ibid., p. 505 à 507.

455: Lettre du marquis d'Eyragues, ministre de France à Stuttgard, au maréchal Soult, 3 novembre 1840. (Documents inédits.)

456: Renan, Réforme intellectuelle et morale de la France.

457: Voy. une étude intéressante de M. Joseph Reinach, De l'influence de l'Allemagne sur la France, insérée dans la Revue politique et littéraire.

458: Voy. son livre De l'Allemagne (1814).

459: L'Allemagne, par Henri Heine (1835).

460: Sur cette singulière influence du livre de madame de Staël, voyez un brillant article de M. Caro, les Deux Allemagnes, publié par la Revue des Deux Mondes du 1er novembre 1872.

461: M. Quinet, dont la brochure «1815-1840» fut l'une des causes principales du soulèvement des esprits, au delà du Rhin, avait été un «teutomane» passionné.

462: Saint-René Taillandier, Dix ans de l'histoire d'Allemagne, Préface.

463: Voici la pièce entière: «Ils ne l'auront pas, le libre Rhin allemand, quoiqu'ils le demandent dans leurs cris comme des corbeaux avides;—Aussi longtemps qu'il roulera paisible, portant sa robe verte, aussi longtemps qu'une rame frappera ses flots.—Ils ne l'auront pas, le libre Rhin allemand, aussi longtemps que les cœurs s'abreuveront de son vin de feu;—Aussi longtemps que les rocs s'élèveront au milieu de son courant, aussi longtemps que les hautes cathédrales se reflèteront dans son miroir.—Ils ne l'auront pas, le libre Rhin allemand, aussi longtemps que de hardis jeunes gens feront la cour aux jeunes filles élancées.—Ils ne l'auront pas, le libre Rhin allemand, jusqu'à ce que les ossements du dernier homme soient ensevelis dans ses vagues.»

464: Lutèce, p. 204.

465: M. Quinet écrivait en septembre 1841: «Les journaux allemands ont indignement, abominablement traité la Marseillaise de la paix.» (Correspondance de Quinet.)

466: Sur les phases diverses de l'agitation unitaire en Allemagne, voyez les articles intéressants publiés par M. Julian Klaczko, dans la Revue des Deux Mondes du 1er décembre 1862 et du 15 janvier 1863.

467: «Nous vivions et pensions dans les journaux étrangers, a dit l'un de ces libéraux allemands; nous étions là chez nous, bien plus que dans notre patrie.»

468: En 1842, par exemple, à l'occasion de cet anniversaire, le roi de Prusse prononçait, devant les princes allemands réunis pour assister aux manœuvres de son armée, un discours tout rempli d'invocations à l'unité germanique et tout enflammé des passions de 1813; à la même date, le roi de Bavière inaugurait le Walhalla, sorte de temple élevé à la patrie allemande, et où, pour bien montrer le genre de gloire qu'on rêvait pour elle, on faisait figurer Alaric, Genséric, Odoacre et Totila; enfin, sur un autre point, ce jour était également choisi pour poser la première pierre de la forteresse d'Ulm, qui devait compléter le système de fortifications élevées, en exécution des traités de 1815, contre la France et à ses dépens.

469: Hillebrand, Geschichte Frankreichs.—Cet historien ajoute: «C'en était fini, pour l'élite de la nation, des idées françaises. Le courant, jusqu'alors souvent arrêté, de l'amour de la liberté nationale et historique prit à jamais le dessus, dans ces heures d'agitation, sur le courant rationnel français de l'esprit de révolution.»

470: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 447 et 503.

471: Lutèce, Épître dédicatoire, p. 6.

472: Lettre du 8 novembre 1840. (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 447).

473: C'était presque à chaque page de sa correspondance, que M. de Barante jetait, comme un menaçant avertissement, cette date de 1813. Avant même le traité du 15 juillet, il écrivait, le 18 mars 1840, à M. Guizot: «La guerre viendra, non pas la guerre de 1792, mais celle de 1813: une coalition bien unie, de grandes armées animées des traditions encore vives de leurs derniers succès, composées d'une façon presque aussi nationale que la nôtre, et d'un tout autre esprit que les troupes mercenaires du siècle dernier.» Le 14 avril, il répétait à M. Bresson: «L'Europe veut la paix...; mais si la guerre éclatait, elle se combinerait comme en 1813.» Enfin il écrivait à un de ses fils, le 22 décembre: «Le napoléonisme de journaux et de tribune nous a reportés en 1813. C'est payer cher des paroles.» (Documents inédits.)

474: Dépêche de lord Palmerston à lord Granville, 20 octobre 1840. (Correspondence relative to the affairs of the Levant.)

475: Lettre au duc de Broglie. (Mémoires de M. Guizot.)

476: Ces expressions sont tirées d'une autre lettre de M. Guizot, en date du 17 octobre 1840.

477: Documents inédits.

478: Béranger écrivait, le 12 octobre 1840: «Quelques-uns veulent la guerre par patriotisme plus ou moins éclairé; beaucoup d'autres, parce qu'on suppose qu'elle tournerait au détriment du pouvoir actuel.»

479: Lutèce, p. 126.

480: Lettre du 13 octobre 1840.—Quelques semaines plus tard, commentant cette idée à la tribune de la Chambre, M. Guizot disait: «Je respecte, j'honore l'entraînement national, même quand il s'égare... Mais au sortir des grandes secousses politiques, il reste, dans la société, quelque chose qui n'est pas du tout l'entraînement national, qui n'a rien de commun avec lui, quelque chose que je n'honore pas, que je n'aime pas, que je crains profondément, l'esprit révolutionnaire. Ce qui a fait, non-seulement aujourd'hui, mais à tant d'époques diverses, ce qui a fait la difficulté de notre situation, c'est ce contact perpétuel de l'esprit révolutionnaire et de l'entraînement national; c'est l'esprit révolutionnaire essayant de s'emparer, de dominer, de tourner à son profit l'entraînement national, sincère et généreux.» (Discours du 25 novembre 1840.)

481: 6 octobre 1840.

482: Journal inédit du baron de Viel-Castel.

483: Journal écrit par l'une des princesses royales pour le prince de Joinville. (Revue rétrospective.)

484: «Pour savoir ce que le cabinet voulait faire, a écrit M. Duvergier de Hauranne, j'ai interrogé tout le monde, M. Thiers, M. de Rémusat, M. de Broglie, et j'avoue que je ne le sais pas exactement... Il reste prouvé pour moi, d'une part, qu'il y avait, au sein du cabinet et parmi ceux qui le conseillaient, des avis fort différents, et que l'on s'en fiait un peu aux événements pour choisir entre ces avis; de l'autre, que, pour ne point déranger une harmonie nécessaire, on évitait de s'expliquer à fond.» (Notes inédites.)

485: Documents inédits.

486: Cf. entre autres deux lettres du 20 août 1840, adressées au comte Apponyi. (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 440 et 441.)

487: M. Charles Greville écrivait sur son journal, à la date du 24 août: «Mon frère m'écrit de Paris que le Roi est très-soucieux de conserver la paix et qu'en ce moment il tâte le pouls de la nation, en vue de régler sa propre conduite dans la crise prochaine. Bien qu'agissant maintenant en union apparente avec Thiers, il n'aurait aucun scrupule à résister à sa politique, s'il savait pouvoir compter, pour ses desseins pacifiques, sur quelque appui de la nation.» (The Greville Memoirs, second part, t. Ier, p. 300.)

488: On racontait à Paris que notre chargé d'affaires à Londres, ayant voulu prendre une attitude comminatoire, s'était vu aussitôt répondre par lord Palmerston: «Je connais le Roi mieux que vous; il ne fera jamais la guerre.» (Documents inédits.)—Voy. aussi plus haut, p. 291, l'incident analogue qui s'était produit entre M. Thiers et M. Bulwer.

489: Documents inédits.

490: «L'émoi est grand, écrivait le duc de Broglie à M. Guizot, le 3 octobre 1840, et Dieu veuille qu'on ne se lance pas dans des résolutions précipitées: j'y ferai de mon mieux.»

491: Documents inédits.

492: Ibid.

493: Nous lisons dans une lettre de M. Quinet, en date du 24 octobre 1840: «M. Thiers prétend avec ses amis que Louis-Philippe fait, en se levant, sa prière comme il suit: «Mon Dieu, accordez-moi la platitude quotidienne.» (Correspondance de Quinet.)

494: On lisait, à cette époque, sur le journal que l'une des princesses royales écrivait pour le prince de Joinville: «M. Thiers n'a pas insisté sur sa démission, mais ses journaux, pendant ce temps, jouent un singulier jeu: ils insinuent qu'il est en dissentiment avec la couronne, qu'il défend inutilement les intérêts nationaux contre le système de la paix à tout prix, et mettent désormais leur assistance à la condition d'une déclaration de guerre. Tout ceci ne présage rien de bon. J'y vois, Dieu veuille que je me trompe! la contre-partie de l'affaire d'Espagne en 1836. Thiers, qui sait l'immense responsabilité dont la guerre le chargerait, n'ose ouvertement la poser comme question de cabinet, et cependant il ne serait pas fâché de sauver sa popularité en rejetant sur le Roi les sages résolutions que l'opinion violente de la presse exaltée traite de lâcheté.» (Revue rétrospective.)

495: Nous lisons, par exemple, dans le Courrier français du 8 octobre: «L'Angleterre a, dans la pratique du gouvernement, un grand avantage sur nous. Ce qu'un ministre veut, il le peut. Ici, il n'y a pas un acte de résolution, si mince qu'il soit, qu'il ne faille arracher de vive force. La note la plus pacifique coûte huit jours de délibérations. Le gouvernement, tiraillé par deux influences contraires, épuise, dans cette lutte intestine, tout ce qu'il a de séve et de vigueur. Les conseils se multiplient durant cinq à six heures par jour, et sont presque toujours une bataille sans victoire. Il semble qu'un mauvais génie s'étudie à ne permettre que des enfantements qui sont des avortements.»

496: Lutèce, p. 130.

497: Journal écrit par une des princesses royales pour le prince de Joinville. (Revue rétrospective.)

498: Notes inédites de M. Duvergier de Hauranne.

499: Lettre de Henri Heine, en date du 7 octobre 1840. (Lutèce, p. 128.)

500: Le texte entier de cette note est inséré dans les Pièces historiques des Mémoires de M. Guizot.

501: Correspondence relative to the affairs of the Levant.

502: Lettre de M. Thiers à M. de Barante, en date du 10 octobre 1840. (Documents inédits.)

503: Dans la seconde moitié de septembre, le Journal des Débats et la Presse avaient souvent réclamé la réunion du parlement, et c'étaient alors les journaux ministériels qui la repoussaient. On racontait que M. Thiers avait répondu au Roi, la première fois que celui-ci avait parlé de convoquer les Chambres: «Mais les Chambres, c'est la paix!»

504: Expressions de M. Guizot.

505: M. Charles Greville, dans son journal, à la date du 10 octobre, constate cette surprise des ministres anglais à la réception d'une note si «modérée» et si «terne». «J'allai trouver immédiatement Guizot, ajoute-t-il, et je lui dis que la réception de la note avait changé très-heureusement les choses, qu'elle avait causé une très-grande satisfaction, mais que les ministres n'étaient certainement pas préparés à une communication si modérée. Il rit, haussa les épaules et dit qu'il ne pensait pas qu'ils fussent plus étonnés que lui, qu'on avait été plus loin qu'il n'était besoin, que lui-même, si désireux qu'il fût de la paix, n'aurait jamais pu se décider à aller jusque-là. Il ne me cacha pas et même me dit en propres termes qu'il trouvait cela peu honorable, en désaccord criant avec le langage tenu antérieurement et avec tant de fastueux préparatifs. Je lui répondis que je ne comprenais pas, en effet, comment une telle note pouvait émaner des mêmes gens que toutes les menaces que nous avons naguère entendues, et j'ajoutai que M. Thiers, malgré tout son savoir-faire, aurait quelque difficulté à défendre à la fois, devant les Chambres, sa note et ses armements. Guizot ne paraissait pas du tout chagrin à l'idée que Thiers s'était mis dans une mauvaise passe, mais il était très-mécontent de la figure faite par la France.» (The Greville Memoirs, second part, t. Ier, p. 336, 337.)—Le 17 octobre, la princesse de Metternich notait sur son journal que l'on venait de recevoir de M. Thiers une dépêche «si conciliante que M. de Sainte-Aulaire lui-même en avait paru surpris». (Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 419.)

506: Expressions de M. Charles Greville.

507: M. Greville disait alors du roi Léopold qu'il était «fou de frayeur».

508: The Greville Memoirs, t. II, p. 336 à 340.

509: Mémoires de M. Guizot.

510: Cette publication excita la plus vive indignation chez les gens d'ordre. M. de Viel-Castel écrivait sur son journal, à la date du 13 octobre: «C'est une des productions les plus atroces qui aient paru depuis Babeuf.» (Documents inédits.)—Nous lisons dans le journal écrit par l'une des princesses royales: «M. de Lamennais a lâché une brochure, véritable hurlement d'une bête enragée impatiente de se jeter sur tout l'ordre social.» (Revue rétrospective.)

511: Articles du 12 et du 15 octobre 1840.

512: M. Edgar Quinet écrivait, dans une de ses lettres, le 14 octobre 1840: «Le ministère ruse, faiblit, atermoie... Quelle affreuse et infâme comédie!»

513: Dès le 9 octobre, M. Thiers avait écrit à M. de Sainte-Aulaire: «Je ne serai point un obstacle à la paix et je me retirerai de grand cœur pour la rendre moins difficile.» (Documents inédits.)

514: Lettre du 19 octobre 1840. (Documents inédits.)

515: Mémoires de M. Guizot.

516: Cité par M. Duvergier de Hauranne dans un écrit publié, en 1841, sur la Politique extérieure de la France.

517: Dépêche de lord Granville du 15 octobre. (Correspondence relative to the affairs of the Levant.)

518: Tel était même le désir des ministres de «faire quelque chose», que les idées les plus étranges traversèrent alors le cerveau de certains d'entre eux. Ainsi fut-il question d'une entreprise éventuelle de la flotte sur les îles Baléares, dont la France se serait brusquement saisie pour assurer ses communications avec l'Algérie et faire échec à l'influence anglaise, alors dominante en Espagne. Contre un État avec lequel nous ne nous trouvions pas en guerre et qui était même absolument étranger au conflit oriental, un tel coup de main eût été d'un forban plutôt que d'un gouvernement civilisé. Mais le souvenir de l'expédition d'Ancône avait quelque peu altéré la notion du droit des gens, et depuis que les orateurs de la coalition s'étaient complu à opposer cet exemple de l'énergie de Périer aux défaillances des ministres du 15 avril, le désir de refaire n'importe où une «anconade» était devenu pour certains esprits une véritable obsession. Si peu que le projet ou le rêve de mettre la main sur les Baléares ait occupé le cabinet français, il transpira cependant au dehors; le gouvernement anglais en fut informé et s'empressa d'avertir le gouvernement espagnol. (Bulwer, t. II, p. 301 à 308.) On aurait quelque peine à attribuer une idée si bizarre aux membres ou même seulement à l'un des membres du ministère du 1er mars, si l'on n'avait sur ce point un aveu formel. Quelques semaines plus tard, le 3 décembre, en pleine Chambre des députés, le comte Jaubert s'exprimait ainsi: «La flotte de Toulon! Qui vous a dit que nous n'en voulions rien faire? Nous voulions en faire quelque chose. (On rit.) Nous n'avons pas eu le temps, vous le savez bien. La flotte, à Toulon, était plus menaçante pour l'Angleterre que partout ailleurs; car à Toulon elle dominait les îles Baléares: ce gage... (Exclamations aux centres. Agitation prolongée), ce gage du retour de notre armée d'Afrique, s'il devenait nécessaire. Vous avez tort de vous récrier. J'ai commencé par dire que d'autres n'étaient pas responsables et de mes paroles et de mes pensées personnelles.» Devant l'effet fâcheux produit par cette révélation, un autre ministre du 1er mars, M. Vivien, chercha, dans la même séance, à en réduire la portée. «Oui, messieurs, dit-il, on prévoyait que, dans le cas d'une collision, une autre puissance voudrait s'emparer des Baléares, et la flotte était destinée à les protéger.» Les journaux de Londres firent naturellement grand tapage de l'indiscrétion du comte Jaubert. Le Constitutionnel leur répondit qu'il avait été question «non d'occuper les Baléares, mais de les protéger contre quelqu'une de ces entreprises de corsaire dont la marine anglaise était coutumière».

519: Traduit devant la Cour des pairs, Darmès fut condamné à mort, le 29 mai 1841, et exécuté le 31.

520: Journal écrit par l'une des princesses royales pour le prince de Joinville. (Revue rétrospective.)

521: M. Duchâtel, arrivé à Paris le 17 octobre, constatait aussitôt ce double résultat dans une lettre à M. Guizot, en date du 19 octobre. (Mémoires de M. Guizot.)—Voy. aussi une lettre écrite au même M. Guizot, le 18 octobre, par M. de Lavergne, alors attaché à M. de Rémusat; M. de Lavergne déclarait que «l'attentat de Darmès avait hâté la maturité d'une situation déjà fort avancée.» (Revue rétrospective.)—M. de Rémusat, de son côté, écrivait, non sans amertume, à un de ses amis, le 17 octobre: «Beaucoup de gens, fort susceptibles naguère sur la question d'honneur national, sont charmés de trouver dans la crainte de l'anarchie un prétexte pour se refroidir.» (Documents inédits.)

522: Journal écrit pour le prince de Joinville. (Revue rétrospective.)

523: M. de Metternich, bien que fort animé contre M. Thiers et déclarant que «l'Europe jetait contre lui un cri d'indignation», croyait cependant «nécessaire de le conserver dans son poste actuel», et il ajoutait: «C'est devant les Chambres que M. Thiers doit tomber; toute autre chute serait un danger évident, et pour la France, et pour l'Europe.» (Dépêche au comte Apponyi, du 23 octobre 1840. Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 487, 488)

524: Mémoires de M. Dupin, t. IV, p. 100, et Notice sur M. Duchâtel, par M. Vitet.—Ce ministre était probablement M. Cousin. Depuis quelque temps, il laissait clairement voir son désir de s'en aller; un jour où l'on discutait sur les périlleuses complications de la crise extérieure, il s'était penché vers M. de Rémusat et lui avait dit à mi-voix: «Ne trouvez-vous pas que j'aurais mieux fait d'achever mon mémoire sur Olympiodore?»

525: Mémoires de M. Guizot.

526: Morning Herald du 17 octobre 1840.

527: Siècle du 21 octobre 1840.

528: Documents inédits.

529: The Greville Memoirs, second part, t. Ier, p. 339.

530: Mémoires de M. Dupin, t. IV, p. 99.

531: Journal inédit de M. de Viel-Castel.

532: Revue rétrospective.

533: Cf. plus haut, p. 152 et p. 346.

534: «Je vois de loin le mouvement, l'entraînement, écrivait M. Guizot à M. de Broglie, le 13 octobre; je ne puis rien pour y résister. Je suis décidé à ne pas m'y associer.» Et, en même temps, il disait à d'autres amis: «Tout, absolument tout, est engagé pour moi dans cette question, mes plus chers intérêts personnels, les plus grands intérêts politiques de mon pays, et de moi dans mon pays. Et tout cela se décide sans moi, loin de moi... Mon âme est pleine de trouble; je n'ai jamais été aussi agité.» Il voyait venir, d'ailleurs, le moment où il se regarderait comme obligé de répéter tout haut ce qu'il disait tout bas avec tant d'insistance. Dès qu'il avait appris la convocation des Chambres, il avait demandé un congé pour prendre part à leurs travaux. À ceux qui lui conseillaient de ne revenir qu'après les premiers débats, il répondait, le 17 octobre, qu'il «ne voulait pas attendre, pour paraître dans la Chambre, qu'il fût insignifiant d'y être», et il ajoutait: «Je ne suis ici, je ne serai là dans aucune intrigue; mais je suis député avant d'être ambassadeur.» (Mémoires de M. Guizot.)

535: Mémoires de M. Guizot.

536: Documents inédits.

537: Le maréchal Soult et M. Guizot avaient fait partie de plusieurs ministères depuis 1830. M. Duchâtel avait siégé dans le cabinet du 6 septembre 1836 et dans celui du 12 mai 1839; l'amiral Duperré, dans ceux du 22 février 1836 et du 12 mai 1839; M. Martin du Nord, dans celui du 15 avril 1837; MM. Villemain, Cunin-Gridaine et Teste, dans celui du 12 mai 1839. Sur les neuf ministres, six avaient fait partie de ce dernier cabinet.

538: M. Guizot et M. Duchâtel n'étaient pas seuls alors à rappeler sans cesse le souvenir de 1831. M. de Lamartine écrivait, dans une de ses lettres: «C'est 1831 après le cabinet Laffitte.»

539: En mai 1815, M. Guizot s'était rendu à Gand, auprès de Louis XVIII, pour lui porter les vœux et les conseils des royalistes constitutionnels, entre autres de M. Royer-Collard, et pour demander l'éloignement de M. de Blacas. Cf. sur cet épisode ce qu'en dit M. Guizot au tome Ier de ses Mémoires, p. 77 et suiv.—Quant à M. Villemain, il avait été admis, le 21 avril 1814, peu après la première entrée des «alliés» dans Paris, à lire, en séance solennelle de l'Académie française, un discours couronné. L'empereur de Russie et le roi de Prusse étaient présents et avaient été reçus aux cris de: Vivent les alliés! Le président de l'Académie, M. Lacretelle jeune, leur avait adressé un compliment. M. Villemain crut devoir faire de même avant de lire son discours; il salua donc le «vaillant héritier de Frédéric» et «le magnanime Alexandre, ce héros à l'âme antique et passionnée pour la gloire».

540: M. Molé écrivait à M. de Barante, le 7 novembre 1840: «Ce qui vient de se passer a achevé de fixer mes idées sur l'emploi des années qu'il plaira au ciel de me réserver encore. Je n'ai été ni consulté ni prévenu, soit par le Roi, soit par les meneurs, de ce qu'on préparait. Le Roi, dit-on, m'a trouvé trop compromis et s'était entendu avec les amis de M. Guizot. M. de Montalivet a rendu à ce ministère les bons offices que M. de Broglie avait rendus à celui de M. Thiers. C'est lui qui a rapproché de son mieux mes anciens collègues ou amis politiques de M. Guizot. Quant à ce dernier, il triomphe et s'écrie: C'est de la réconciliation! Ce qu'il y a de vrai, c'est qu'il remplace M. Thiers et la gauche, en un mot: l'abîme. Voilà pourquoi moi et tous ceux qui comprennent le mieux toute l'immoralité de la situation de M. Guizot, nous voterons pour lui, ne fût-ce que pour ne pas lui ressembler. Dieu veuille qu'il répare en quelque chose le mal qu'il a fait! Le réparer complétement est impossible. Le pays expiera longtemps les torts des ambitieux.» (Documents inédits.)

541: Journal inédit de M. le baron de Viel-Castel, Papiers inédits de M. le duc de Broglie, Correspondance inédite de M. de Barante, Notice de M. Vitet sur M. Duchâtel.

542: Correspondance de Quinet.

543: Nouvelle Correspondance de Tocqueville.

544: «J'ai la dignité de notre patrie à cœur, autant que sa sûreté et son repos, disait le Roi. En persévérant dans cette politique modérée et conciliatrice, dont nous recueillons depuis dix ans les fruits, j'ai mis la France en état de faire face aux chances que le cours des événements en Orient pourrait amener. Les crédits extraordinaires, qui ont été ouverts dans ce dessein, vous seront incessamment soumis; vous en apprécierez les motifs. Je continue d'espérer que la paix générale ne sera point troublée. Elle est nécessaire à l'intérêt commun de l'Europe, au bonheur de tous les peuples et au progrès de la civilisation. Je compte sur vous pour m'aider à la maintenir, comme j'y compterais si l'honneur de la France et le rang qu'elle occupe parmi les nations nous commandaient de nouveaux sacrifices.»

545: Journal inédit de M. le baron de Viel-Castel.

546: Outre les sources inédites ou non que j'ai eu souvent occasion d'indiquer, je me suis beaucoup servi, pour raconter l'action diplomatique du ministère du 29 octobre en 1840 et 1841, d'un important document dont je dois la communication à M. le duc de Broglie. Celui-ci, étant prince Albert de Broglie et jeune attaché au ministère des affaires étrangères, avait été chargé par M. Guizot, en 1842, de lui faire un exposé des négociations poursuivies depuis le 29 octobre 1840 jusqu'à la convention des détroits en juillet 1841. Cet exposé, très-complet, fait sur le vu des dépêches du ministre ou de ses agents, révélait déjà, par l'art de la composition, le futur historien.

547: Note du prince Albert de Broglie et Papiers inédits de M. de Barante.

548: Dépêche de lord Palmerston à lord Granville, 27 octobre 1840. (Correspondence relative to the affairs of the Levant.)

549: The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 342.

550: Cette lettre importante, qui expose si clairement le dessein du nouveau ministère, n'est publiée qu'en partie dans les Mémoires de M. Guizot. M. Charles Greville, qui la tenait de M. de Bourqueney, l'a donnée plus au complet dans son journal. (The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 348.)

551: Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 458.

552: Revue rétrospective.

553: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 445 et 446.

554: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire.

555: Mémoires de M. Guizot.

556: Note inédite du prince Albert de Broglie.

557: M. Charles Greville écrivait sur son journal, à la date du 27 octobre 1840: «L'empereur de Russie est pleinement satisfait de l'état actuel des choses, et il ne consentirait pas, sans un extrême déplaisir, à un nouvel arrangement auquel participerait la France.» (The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 347.)—Un peu plus tard, lord Clanricarde disait à M. de Barante: «J'ai eu souvent à répéter à l'Empereur que l'Angleterre tenait à vivre en bonne intelligence avec la France, que la paix de l'Europe dépendait de cette bonne harmonie; jamais il n'a entendu ces paroles sans que son visage éprouvât une contraction. (Documents inédits.)

558: Dépêche du 30 décembre 1840, et lettre particulière de la même date. (Documents inédits.)

559: Comme l'écrivait récemment un Anglais qui avait vu de près tous ces événements, «il est hors de doute que Palmerston a été poussé, dans toute cette affaire, non pas tant par l'idée de soutenir le sultan et de ruiner le pacha que par le désir passionné d'humilier la France et de se venger sur Louis-Philippe et ses ministres de leur conduite antérieure en Espagne». (Note de M. Henri Reeve, éditeur du journal de M. Greville.—The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 347, 348.)

560: Dépêche de lord Palmerston à lord Granville, du 27 octobre 1840. (Correspondence relative to the affairs of the Levant.)

561: Bulwer, Life of Palmerston, t. II, p. 306 à 308.

562: Sur les conditions dans lesquelles avait été fait ce memorandum, cf. plus haut, p. 260.

563: Le texte de cette «réponse» se trouve dans les Pièces historiques des Mémoires de M. Guizot.

564: Note inédite du prince Albert de Broglie et Mémoires de M. Guizot.—Il fallait que Louis-Philippe eût un bien grand désir de conciliation pour avoir, au premier moment, trouvé satisfaisant le memorandum de lord Palmerston. (Cf. sa lettre au roi des Belges du 6 novembre 1840. Revue rétrospective.)

565: Pour le récit de ce qui va suivre, je me suis principalement servi des Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 342 à 354.

566: Jonathan Wild est un brigand, héros de l'un des romans de Fielding.

567: The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 351.

568: Note inédite du prince Albert de Broglie et Mémoires de M. Guizot.

569: The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 351 à 353.

570: Correspondence relative to the affairs of the Levant.

571: Lettre du 16 novembre 1840. (Revue rétrospective.)

572: Dépêche de lord Granville, en date du 16 novembre 1840. (Correspondence relative to the affairs of the Levant.)

573: M. de Rumigny, notre ministre à Bruxelles, informé par le roi Léopold de ce qui se passait à Londres, écrivait, le 7 novembre, au maréchal Soult: «Lord Palmerston est emporté par la joie que lui causent les nouvelles de Syrie... Il rêve déjà la chute complète de Méhémet-Ali. (Documents inédits.)

574: Note inédite du prince Albert de Broglie.

575: Dépêche de M. de Bourqueney du 18 novembre 1840. (Ibid.)

576: The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 352.—Cette question de la possession de Saint-Jean d'Acre avait paru toujours fort importante, et, dès le 6 novembre, Louis-Philippe avait proposé d'en faire dépendre l'exécution de la convention à conclure. «Que l'arrangement, si on veut, écrivait-il au roi des Belges, soit subordonné à une seule condition, c'est-à-dire à savoir dans quelles mains se trouvera Saint-Jean d'Acre au moment où l'ordre de suspendre les hostilités arrivera en Syrie. S'il tient pour Méhémet-Ali, l'arrangement deviendra définitif; mais s'il est au pouvoir du sultan et de ses alliés, l'arrangement sera nul.» (Revue rétrospective.)

577: The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 354.

578: The Greville Memoirs, second part, vol. Ier, p. 354 à 356.

579: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 445 et 446.

580: Bulwer, t. II, p. 322 à 324.

581: Note inédite du prince Albert de Broglie.

582: Mémoires de M. Guizot.