583: Note inédite du prince Albert de Broglie.
584: Lettres à M. de Barante du 13 décembre, et à M. de Sainte-Aulaire du 10 décembre 1840. (Notice sur M. de Barante, par M. Guizot, et Mémoires du même.)
585: C'était le 16 novembre que M. Guizot, prenant acte des refus de lord Palmerston, renonçait à faire de nouvelles ouvertures, et, le lendemain 17, commençait la discussion de l'Adresse à la Chambre des pairs. La nouvelle de la prise de Saint-Jean d'Acre, qui détruisait nos dernières chances d'arrangement, arrivait à Paris le 23 novembre, et le 25 était le jour fixé pour l'ouverture du débat à la Chambre des députés.
586: Mémoires de M. Guizot, t. V, p. 394, et t. VIII, p. 14.
587: Pour expliquer, d'ailleurs, cette signature du traité à l'insu de la France, l'ancien ambassadeur la présentait comme une réponse à la tentative d'arrangement direct entre le sultan et le pacha. «On a cru, fort à tort, dit-il, et contre mes protestations les plus formelles et les plus persévérantes, on a cru que cette tentative était l'œuvre de la France, on a cru que la France, abandonnant la politique du 27 juillet, avait tenté de se faire là une politique isolée, un succès isolé. J'ai dit, j'ai répété officiellement, particulièrement, que cela était faux; on ne m'a pas cru.» L'orateur prononça ces derniers mots d'un tel ton qu'ils semblaient signifier: «On ne pouvait pas me croire.» M. Thiers, fort irrité de cette insinuation, répondit, quelques jours plus tard, à la tribune de la Chambre des députés: «Je suis convaincu que, lorsque M. Guizot disait au cabinet anglais que nous n'étions en rien les auteurs de la proposition faite à Constantinople, il le disait de manière à être cru. S'il ne l'avait pas dit de ce ton-là, il aurait trahi son cabinet; il en était incapable. Je crois aussi que lorsqu'il exprimait sa profonde conviction, il aurait tenu à insulte de n'être pas cru.»
588: M. Guizot, du reste, avait été amené, sur l'interpellation d'un pair, à expliquer lui-même ainsi ses paroles: «J'ai dit que, s'il y avait une offense réelle, il faudrait tout sacrifier; j'ai parlé de la guerre que ferait la France pour une cause juste et légitime, après s'être emparée de l'esprit et des sympathies des peuples. Certes, ces deux paroles excluaient l'idée de la paix à tout prix. J'ai parlé de la paix partout et toujours, mais comme d'un intérêt égal pour tous les gouvernements, pour tous les peuples, mais aux conditions de la justice et de l'honneur national.»
589: Un peu plus tard, le 30 décembre, M. de Barante écrivait de Saint-Pétersbourg à M. Guizot: «La discussion de l'Adresse a excité ici un vif intérêt. On lisait tous les discours; on ne parlait pas d'autre chose. C'était l'affaire de l'Europe entière.» (Documents inédits.)
590: Revue rétrospective.
591: Mémoires de M. Guizot, t. V, p. 405.
592: Documents inédits.
593: M. Jules Simon, Notice lue à l'Académie des sciences morales et politiques.
594: On a souvent cité le mot de mademoiselle Rachel, au sortir d'une séance de la Chambre où M. Guizot avait parlé: «J'aimerais à jouer la tragédie avec cet homme-là.» Jeune homme, quand il avait fait visite pour la première fois à madame de Staël, celle-ci, frappée de son accent, lui avait dit brusquement: »Je suis sûre que vous joueriez très-bien la tragédie; restez avec nous et prenez un rôle dans Andromaque.»
595: L'opposition avait en effet assez beau jeu à rappeler le temps où M. Guizot accusait le ministère du 15 avril «d'abaisser» la France, où il proclamait que «la paix pouvait être compromise par une politique faible, peu digne, qui blesserait l'honneur national», et où il s'écriait: «La France est très-fière, très-susceptible pour sa dignité nationale, pour son attitude dans le monde. Le gouvernement est coupable et insensé, quand il ne donne pas à cette fierté, à cette susceptibilité, sécurité et satisfaction.»
596: M. Rossi écrivait à ce propos: «Tout ce que notre diplomatie a fait, a dit, a pensé, a connu, a conjecturé, depuis deux ans, sur la question d'Orient, a été lu, étalé, commenté à la tribune. On a mis en scène les diplomates présents, les absents, les français, les étrangers, comme si l'affaire d'Orient était finie et reléguée dans le domaine de l'histoire. Nous ne croyons pas nous tromper en affirmant que le comité diplomatique de la Convention mettait plus de réserve dans ses communications au public sur les affaires pendantes. Nous autres, nous sommes las, pour employer le mot de M. Villemain, de toute cette politique rétrospective.» (Chronique politique de la Revue des Deux Mondes du 1er décembre 1840.)
597: M. Charles Greville écrivait sur son journal, à la date du 4 décembre 1840: «Les révélations de secrets officiels et de confidences ont été monstrueuses.» (T. 1er, p. 355.)
598: «Je m'honore de l'appui de la gauche, disait M. Thiers; cet appui tenait à ce qu'il y avait de commun entre elle et moi: l'amour pour notre pays et sa révolution. Je ne crains pas de m'appeler révolutionnaire; il n'y a que les parvenus de mauvaise éducation qui ont peur de leur origine; moi je n'ai pas peur de la mienne.»
599: Cf. plus haut, p. 378 et 379.
600: Mémoires de M. Odilon Barrot, t. Ier, p. 359.
601: «Je suis de l'école de l'Empire, s'écriait M. Jaubert; mon père a été tué par un boulet anglais à la bataille d'Aboukir; en 1815, j'ai vu les habits rouges des Anglais dans les Champs-Élysées; je ne l'oublierai jamais.» Puis, parlant des incidents récents, il ajoutait: «Il y a eu outrage; j'attends le jour de la vengeance.»
602: Le général Bugeaud fit justice des déclamations sur la guerre révolutionnaire et de la légende des volontaires de 1792. «Il y a beaucoup de gens en France, dit-il, qui sont persuadés qu'il suffit de chanter la Marseillaise pour renverser les armées de l'Europe. J'apprécie beaucoup le chant de la Marseillaise. (On rit.) Mais je crois qu'à lui seul il ne donne pas la victoire. Je trouve très-bien que les combattants chantent la Marseillaise, quelques instants avant le combat, non pendant l'action: ce qu'il faut alors, c'est le silence, c'est l'aplomb. Il faut se méfier des troupes silencieuses et non pas de celles qui crient et qui chantent.»
603: En apportant cette nouvelle rédaction, M. Dupin s'exprima ainsi: «Le rédacteur de l'Adresse et la majorité de la commission n'ont pas changé d'opinion; mais, avec les sentiments français qui étaient dans nos cœurs, nous avons été amenés à recueillir les impressions, non pas de nos adversaires, mais de nos amis, et à donner satisfaction à la Chambre, non en changeant les sentiments, mais en leur donnant plus de relief et de saillie.»
604: Le Journal des Débats criblait de ses sarcasmes ce fameux plan. «M. Thiers, disait-il, se donne un singulier mérite, et voici ce mérite: sa politique officielle était pacifique, mais sa politique secrète était belliqueuse! Au mois d'octobre, il ne considérait pas le traité de Londres comme une insulte; il l'eût considéré comme une insulte, au mois de mai prochain! Il n'entendait pas s'opposer à l'exécution du traité, il l'a dit et l'a prouvé; mais il voulait le faire modifier, quand il serait pleinement exécuté! Il a abandonné la Syrie aux chances de la guerre; mais, au mois de mai, il eût essayé de la reprendre.» Puis, cessant de railler, il apostrophait ainsi l'ancien ministre du 1er mars: «Non, M. Thiers, vous n'avez pas voulu la guerre. Vous ne l'avez pas plus voulu au mois d'octobre qu'au mois d'août, avec cette résolution sérieuse et calme d'un homme d'État qui a calculé les chances et qui se sent la main assez forte pour diriger les événements... Puis, quand les événements vous ont déçu, vous n'avez plus songé qu'à vous préparer sur les bancs de l'opposition une retraite avantageuse.»
605: Journal inédit du baron de Viel-Castel du 10 décembre 1840.
606: M. Thiers avait dit, dans son discours du 27 novembre: «Cette presse m'injurie de la manière la plus affreuse. On me fait un homme de presse qui attaque tout le monde avec cet instrument, comme si je n'étais pas la plus grande victime de la presse! (Exclamations et rires au centre.) Messieurs, n'y a-t-il pas des journaux qui me diffament tous les jours de la manière la plus odieuse? Eh bien, je leur accorde une chose: on peut toujours faire souffrir un honnête homme quand on le calomnie; je leur accorde cette triste puissance sur moi... Mais cet honnête homme méprise, il méprise beaucoup, et c'est sa seule vengeance.»
607: Bulwer, t. II, p. 324.
608: The Greville Memoirs, second part, t. Ier, p. 354 et 355.
609: Documents inédits.
610: Ibid.
611: Lettre du 13 décembre 1840. (Documents inédits.)
612: M. Berryer avait dit à la tribune, dans la discussion de l'Adresse: «Je l'entends, je l'entends, le canon de Saint-Jean d'Acre, j'entends le canon anglais qui brise Saint-Jean d'Acre, devant lequel Napoléon s'était arrêté. Et vous allez entendre, aux rives d'une autre mer, un autre canon qui va vous annoncer les restes du prisonnier de l'Anglais. À ses funérailles et dans sa tombe même, est-ce que vous ensevelirez, sans gémir, sans protester, l'influence, l'ascendant qu'il vous avait conquis et que vous gardiez encore?»
613: 13, 14 et 15 décembre 1840.
614: M. de Barante écrivait plus tard, le 30 décembre 1840, à M. Guizot: «On attendait ici (à Saint-Pétersbourg) impatiemment des nouvelles de la cérémonie funèbre de Napoléon. Beaucoup de personnes, et probablement l'Empereur tout le premier, s'imaginaient qu'elle serait l'occasion de quelque grand trouble.» (Documents inédits.)
615: M. Doudan, qui, il est vrai, n'était pas prompt à l'émotion et voyait facilement le côté ridicule des choses, écrivait à ce propos: «Pour faire quelque chose de grand en ce genre, il faut une grande impression, unanime, profonde; mais, avec l'infinie variété de nos petits esprits, toutes nos petites inventions sont risibles. Le directeur de l'Opéra, se mettant à la tête d'un sentiment public, lui ôtera toujours de sa gravité. Si une voiture de poste s'arrêtait à la porte des Invalides pour y déposer le cercueil de l'Empereur, repris après une bataille à Sainte-Hélène, cela serait grand; mais les statues de l'Éloquence, de la Justice et de l'Idéologie, exécutées en plâtre et en osier sur des dimensions gigantesques, seront l'image parfaite de nos impressions et de nos idées. Toutes ces émotions, tirées des vieux garde-meubles de l'Empire, ne pourront pas supporter le grand air. Vous pouvez bien vous vanter de faire partie d'une nation de baladins et de baladins de la plus mauvaise école, mêlant tous les genres et exagérant tout, faute d'éprouver quelque chose.» (Mélanges et lettres, t. 1er, p. 354.)
616: 16 et 17 décembre 1840.
617: Lettre à M. de Barante, du 16 décembre 1840. (Documents inédits.)
618: Mémoires de M. Guizot.
619: Dans sa lettre parisienne du 20 décembre 1840, madame Émile de Girardin raconte ou plutôt suppose des conversations échangées entre diverses personnes sur la cérémonie du 15 décembre. «Le prince de Joinville, dit un vieux général, est un brave jeune homme; l'Empereur l'aurait beaucoup aimé.—C'est possible, répond son interlocuteur; mais l'Empereur, à sa place, ne se serait pas ramené.»
620: L'armée, à la chute de M. Thiers, et par suite de l'appel des classes de 1834 à 1838, comprenait environ quatre cent quarante mille hommes. C'est à peu de chose près ce chiffre que maintenait le ministère du 29 octobre.
621: Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 39 et p. 55.
622: Cette démarche est rapportée dans une lettre de M. Guizot à M. de Barante, décembre 1840. (Document inédits.)
623: Mémoires inédits de M. de Sainte-Aulaire; Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 507, 508.—Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 459.
624: Hillebrand, Ibid.
625: À gauche, la presse se divisait ainsi: pour les fortifications, les journaux thiéristes et le National; contre, le Commerce et les autres feuilles d'extrême gauche. À droite, le Journal des Débats soutenait la loi, mais tristement et sans grand entrain; la Presse la combattait.
626: À entendre la réflexion, un peu chagrine, il est vrai, d'un contemporain, certains conservateurs étaient «bien aises de n'avoir pas d'armes pour se défendre, comme les petits enfants de n'avoir pas de plume pour faire leur devoir».
627: «Soyez franc, écrivait madame de Girardin le 24 janvier 1841, connaissez-vous au monde une ville de guerre où l'esprit travaille? il n'en est point..... Ne mettez pas à Paris une armure, sa lourde cuirasse le gênerait pour se promener en rêvant sur les destinées du monde. Ne lui mettez pas un casque, l'idée a peur du fer; elle n'ose point naître sous une pesante coiffure.» Elle invoquait à l'appui l'opposition de tous les grands lettrés contre les fortifications, de Chateaubriand, de Victor Hugo, de Lamartine, de Balzac, de Théophile Gautier, etc. «Le projet, concluait madame de Girardin, est un coup d'État contre l'esprit; il fait naturellement frémir tous ceux qui ont quelque chose à perdre.» (Le vicomte de Launay, Lettres parisiennes, t. III, p. 119 à 121.)
628: «Je n'ai point abandonné, disait le maréchal, l'opinion que j'ai été appelé à émettre, sur la même question de fortifier Paris, en 1831, 1832 et 1833; mais j'ai pensé que ce n'était pas le moment de la reproduire. Aussi je l'ai écartée avec soin, afin que la question se présentât tout entière devant la Chambre. Mais je lui dois et je me dois à moi-même de déclarer que je fais expressément la réserve de cette opinion antérieure que ni le temps ni les circonstances n'ont affaiblie.»
629: Les journaux thiéristes dénonçaient ouvertement cette intrigue. Cf. entre autres le Siècle du 8 janvier 1841. Le bruit en arrivait jusqu'à Londres, et M. Charles Greville écrivait à ce propos, le 13 janvier 1841: «Guizot est évidemment inquiet de certaines intrigues maintenant en œuvre pour le renverser. De ces intrigues, Molé est l'objet ou l'agent, peut-être les deux à la fois. Guizot a envoyé l'autre jour à Reeve un article habilement fait, où l'on discutait la position de M. Molé et la moralité aussi bien que la possibilité de son arrivée au pouvoir avec l'aide d'une coalition.» (The Greville Memoirs, second part, t. II, p. 365.)
630: Cette discussion dura du 23 mars au 1er avril 1841.
631: Mémoires de M. Guizot, t. VI, p. 30.
632: Lettre à M. de Barante (Documents inédits).
633: Ces idées étaient soutenues entre autres par le Journal des Débats.
634: Telle était la thèse développée par M. Rossi, qui écrivait alors, sans les signer, les chroniques politiques de la Revue des Deux Mondes.
635: 20 février 1841.
636: Comme s'en est vanté plus tard un écrivain radical, «le Roi était devenu personnellement, en dépit des jalouses précautions de la loi, le but de toutes les attaques». (Élias Regnault, Histoire de huit ans, t. II, p. 77).
637: S'il faut en croire le témoignage de certains ambassadeurs étrangers, M. Guizot leur aurait avoué l'authenticité de ces lettres. (Hillebrand, Geschichte Frankreichs, t. II, p. 478).
638: Chronique politique de la Revue des Deux Mondes du 1er mai 1841.
639: Lettre du 29 avril 1841. (Lutèce, p. 197 et 198).
640: Pour l'exposé qui va suivre jusqu'à la convention des détroits, je me suis surtout servi de la Note inédite du prince Albert de Broglie, complétée par occasion avec les Papiers inédits de M. de Barante, les Mémoires de M. Guizot et la Correspondence relative to the affairs of the Levant. C'est à ces sources que seront puisés tous les documents pour lesquels ne sera indiquée aucune origine particulière.
641: The Greville Memoirs, second part, t. I, p. 361.
643: «Continuez, écrivait-il à M. de Bourqueney, à ne vous point montrer pressé, à n'aller au-devant de rien, mais ne montrez non plus aucune hésitation ni aucune envie de rien retarder.»
644: The Greville Memoirs, second part, t. I, p. 385.
645: Documents inédits.
646: Ces déficits venaient surtout des dépenses militaires. Sur les 330 millions de crédits supplémentaires pour 1840 et 1841, 189 concernaient les services de la guerre et de la marine. En 1839, les dépenses totales de ces deux services s'étaient élevées à 322 millions. Ce chiffre fut dépassé, en 1840, de 145 millions; en 1841, de 189 millions; en 1842, de 117 millions; en 1843, de 86 millions; soit, pour ces quatre années, une augmentation de 539 millions sur 1839. Encore ne comprend-on pas dans ces chiffres les travaux de fortifications.
647: Ce n'était pas seulement sur le chiffre de la dépense que portait l'attaque: on critiquait aussi la façon dont elle avait été engagée, les marchés faits sans publicité et sans concurrence, les mesures précipitées, et surtout l'usage abusif des crédits ouverts par ordonnance. À ce dernier point de vue, les trois commissions des crédits de 1840, de ceux de 1841, du budget de 1842, et à leur suite de nombreux orateurs blâmèrent sévèrement les créations de nouveaux régiments qui avaient, sans intervention du pouvoir législatif, modifié l'organisation de l'armée et chargé le budget d'une lourde dépense permanente; ils soutenaient qu'on eût pu verser les hommes appelés dans les anciens cadres ou se borner à former des quatrièmes bataillons; en 1831, l'armée n'avait-elle pas été notablement augmentée sans création de régiments? Sans doute il était impossible de revenir sur la mesure, car douze cents officiers se seraient trouvés sans emploi; mais plus la dépense était maintenant forcée pour la Chambre, plus elle lui paraissait abusive.
648: Cf. plus haut, t. III, p. 247 à 250.
649: Documents inédits.
650: Correspondance de M. Desages et du comte de Jarnac. (Documents inédits.) Le 17 juin 1841, le même M. Desages conseillait encore à Méhémet-Ali de «s'arranger de manière à ne plus entretenir ou réattirer sur lui l'attention. Son intérêt est de faire le mort au moins pour une ou deux années».
651: Correspondance de M. Desages et du comte de Jarnac. (Documents inédits.)
652: Le 16 juin, lord Ponsonby écrivait à lord Palmerston: «Je pense, comme je l'ai toujours pensé, que le pacha n'exécutera point les mesures ordonnées par le sultan.»
653: M. Guizot avait fait instamment recommander au pacha de ne pas servir par sa résistance «les vues des gouvernements qui, moins bien disposés pour lui ou pour la France, travaillent en secret à retarder le moment où la rentrée du gouvernement du Roi dans les conseils de l'Europe proclamera hautement que le traité du 15 juillet n'existe plus». «Il importe à Méhémet-Ali plus qu'à personne, ajoutait notre ministre, que la situation exceptionnelle créée par ce traité ne se prolonge pas, et que chacun des États qui l'ont signé reprenne sa position particulière et sa liberté d'action.»
654: Dès le 18 mai, le ministère whig était une première fois mis en minorité de trente-six voix sur la question des sucres étrangers. Le 5 juin, une motion formelle de défiance, présentée par Robert Peel, fut votée à une voix de majorité. Le parlement, prorogé le 23 juin, fut dissous le 29.
655: Lord Palmerston opposait à cette inhumanité, qui arrachait à ses auditeurs indignés des cris de: «Honte! Honte!» le tableau touchant de la douceur montrée par les Anglais dans leur empire d'Asie. La conséquence, disait-il, c'est qu'un Anglais voyageant seul est aussi en sûreté dans le centre de l'Afghanistan que dans un comté anglais, tandis qu'en Algérie «un Français ne peut montrer son visage au delà d'un certain point sans tomber victime de la féroce et excusable vengeance des Arabes». Presque au moment où lord Palmerston parlait ainsi, l'Afghanistan se soulevait en masse, les Anglais étaient obliges d'évacuer Caboul, laissant des milliers de morts et de prisonniers, et peu après, les journaux étaient remplis du récit des cruautés attribuées aux généraux anglais dans cette campagne de l'Afghanistan.
656: Correspondance inédite de M. de Barante.
657: Ibid.
658: Correspondance de Proudhon, t. 1er.
659: Mémoires de M. de Metternich, t. VI, p. 545.