264: Vie de saint Richard.
265: Chronique de Sithiu.
266: Helgaud.
267: Helgaud.
268: Helgaud.
269: Quelques-uns ont cru que le mot de Capet était une injure, et venait de Capito, grosse tête. On sait que la grosseur de la tête est souvent un signe d'imbécillité. Une chronique appelle Capet Charles le Simple (Karolus Stultus vel Capet. Chron. saint Florent., ap. Scr. fr. IX, 55).—Mais il est évident que Capet est pris pour Chapet, ou Cappatus.—Plusieurs chroniques françaises, écrites longtemps après, ont traduit Hue Chapet ou Chappet. (Scr. fr. X, 293, 303, 313.)—Chronic., S. Medard. Suess., ibid. IX, 55. Hugo, cognominatus Chapet. Voy. aussi Richard de Poitiers, ibid. 24, et Chronic. Andegav., X, 272, etc. Albéric. Tr.-Font., IX, 286: Hugo Cappatus, et plus loin: Cappet.—Guill. Nang. IX, 82: Hugo Capucii.—Chron. Sith., VII, 269.—Chron. Strozz. X, 273: Hugo Caputius.—Cette dernière chronique ajoute que le fils d'Hugues, le pieux Robert, chantait les vêpres revêtu d'une chape.—L'ancien étendard des rois de France était la chape de saint Martin; c'est de là, dit le Moine de Saint-Gall, qu'ils avaient donné à leur oratoire le nom de Chapelle. «Capella, quo nomine Francorum reges propter cappam S. Martini quam secum ob sui tuitionem et hostium oppressionem jugiter ad bella portabant, Sancta sua appellare solebant.» L. I, c. IV.
270: Glaber.
271: Id.
272: Glaber.
273: Gerberti epist. 107, ap. Scr. fr. X, 426. «Ea quæ est Hierosolymis, universali Ecclesiæ sceptris regnorum imperanti: Cum bene vigeas, immaculata sponsa Domini, cujus membrum esse me fateor, spes mihi maxima per te caput attollendi jam pene attritum. An quicquam diffiderem de te, rerum domina, si me recognoscis tuam? Quisquamne tuorum famosam cladem illatam mihi putare debebit ad se minime pertinere, utque rerum infima abhorrere? Et quamvis nunc dejecta, tamen habuit me orbis terrarum optimam sui partem: penes me Prophetarum oracula, Patriarcharum insignia; hinc clara mundi lumina prodierunt Apostoli; hinc Christi fidem repetit orbis terrarum, apud me redemptorem suum invenit. Etenim quamvis ubique sit divinitate, tamen hic humanitate natus, passus, sepultus, hinc ad cœlos elatus.» Sed cum propheta dixerit: «Erit sepulchrum ejus gloriosum,» paganis loca cuncta subvertentibus, tentat Diabolus reddere inglorium. Enitere ergo, miles Christi, esto signifer et compugnator, et quod armis nequis, consilii et opum auxilio subveni. Quid est quod das, aut cui das? Nempe ex multo modicum, et ei qui omne quod habes gratis dedit, nec tamen gratis recipit; et hic eum multiplicat et in futuro remunerat; per me benedicit tibi, ut largiendo crescas; et peccata relaxat, ut secum regnando vivas.»—«Les Pisans partirent sur cette lettre, et massacrèrent, dit-on, un nombre prodigieux d'infidèles en Afrique.» Scr. fr. X, 426.
Guill. Malmsbur., l. II, ap. Scr. fr. X, 243. «Non absurdum, si litteris mandemus quæ per omnium ora volitant..... Divinationibus et incantationibus more gentis familiari studentes ad Saracenos Gerbertus perveniens, desiderio satisfecit..... Ibi quid cantus et volatus avium portendit, didicit; ibi excire tenues ex inferno figuras..... Per incantationes Diabolo accersito, perpetuum paciscitur hominium.»—Fr. Andreæ chronic, ibid. 289: «A quibusdam etiam nigromancia arguitur..... a Diabolo enim percussus dicitur obiisse.»—Chronic. reg. Francorum, ibid., 301..... «Gerbertum monachum philosophum, quin potius nigromanticum.»
274: Dante, Inferno, c. XXVIII:
Tu non pensavi ch'io loico fossi!
Les deux grands mythes du savant identifié avec le magicien, ce sont, dans les légendes du moyen âge, Gerbert et Albert le Grand. Ce qui est remarquable, c'est qu'ici la France ait sur l'Allemagne l'initiative de deux siècles. En récompense, le sorcier allemand laisse une plus forte trace, et ressuscite au XVe siècle dans Faust.
275: Lettre de Gerbert.
276: Dans le panégyrique allemand d'Hannon, archevêque de Cologne, César, exécutant les ordres du Sénat, envahit la Germanie, bat les Souabes, les Bavarois, les Saxons, anciens soldats d'Alexandre. Il rencontre enfin les Francs, descendus comme lui des Troyens, les gagne, les ramène en Italie, chasse de Rome Caton et Pompée, et fonde la monarchie barbare. Schilter, t. I.
277: Louis le tenait prisonnier, mais un de ses serviteurs le sauva en l'emportant dans une botte de fourrage. (Guillaume de Jumiéges.)
278: Albéric. ad ann. 904.
279: P. Damiani epist., l. II, ap. Scr. fr. X, 492: «Ex qua suscepit filium, anserinum per omnia collum et caput habentem. Quos etiam, virum scilicet et uxorem, omnes fere Galliarum episcopi communi simul excommunicavere sententia. Cujus sacerdotalis edicti tantus omnem undique populum terror invasit, ut ab ejus universi societate recederent, etc.»—Voy. la Dissertation de Bullet, sur la reine Pédauque (pied-d'oie).
280: Glaber.
281: Id. C'est l'histoire d'Harold reconnu par sa maîtresse Édith. Elle se reproduit à la mort de Charles le Téméraire.
282: V. p. 59 du présent volume.
283: Fragment historique, ap. Scr. fr. X, 211.—Will. Godellus, ibid. 262. «Cognomento, ob suæ pulchritudinis immensitatem, Candidam.» Rad. Glaber, l. III, c. II.—Guillaume Taille-Fer l'avait eue d'Arsinde, fille de Geoffroy Grise-Gonelle, comte d'Anjou, et sœur de Foulques.
Rad. Glaber, l. III, c. II. «Missi à Fulcone... Hugonem ante regem trucidaverunt. Ipse vero rex, licet aliquanto tempore tali facto tristis effectus, postea tamen, ut decebat, concors reginæ fuit.»
284: Raoul Glaber se plaint de ce que la nouvelle reine attire à la cour une foule d'Aquitains et d'Auvergnats, «pleins de frivolité, bizarres d'habits comme de mœurs, rasés comme des histrions, sans foi ni loi.»
285: Ce nom est expressif pour qui a vu la Loire.
286: Il allait entreprendre le siége du couvent de Saint-Germain-d'Auxerre, lorsqu'un brouillard épais s'éleva de la rivière; le roi crut que saint Germain venait le combattre en personne, et toute l'armée prit la fuite. (Glaber.)
287: C'est ainsi que le chancelier de l'Empire qualifia tous les rois dans une diète solennelle, sous Frédéric Barberousse: Reges provinciales.
288: Imperator est animata lex in terris.
289: Une jeune fille vint le consoler dans sa prison; ils eurent un fils qui s'appela Bentivoglio (je te veux du bien). C'est, selon la tradition, la tige de l'illustre famille de ce nom.
290: Par exemple dans les anciennes Coutumes de Normandie.
291: Moine de Saint-Gall. «Un jeune clerc venait d'être nommé par Charlemagne à un évêché. Comme il s'en allait tout joyeux, ses serviteurs, considérant la gravité épiscopale, lui amenèrent sa monture près d'un perron; mais lui, indigné, et croyant qu'on le prenait pour infirme, s'élança à cheval si lestement, qu'il faillit passer de l'autre côté. Le roi le vit par le treillage du palais, et le fit appeler aussitôt: «Ami, lui dit-il, tu es vif et léger, fort leste et fort agile. Or, tu sais combien de guerres troublent la sérénité de notre Empire; j'ai besoin d'un tel clerc dans mon cortége ordinaire, sois donc le compagnon de tous nos travaux.» Voy. un chant suisse inséré dans le Des Knaben Wunderhorn.—V. aussi Actes du concile de Vernon, en 845, article 8. (Baluze, II, 17.)—Dithmar, chron., I, II, 34: «Un évêque de Ratisbonne accompagna les princes de Bavière dans une guerre contre les Hongrois. Il y perdit une oreille et fut laissé parmi les morts. Un Hongrois voulut l'achever. «Tunc ipse confortatus in Domino post longum mutui agonis luctamen victor hostem prostravit; et inter multas itineris asperitates incolumis notos pervenit ad fines. Inde gaudium gregi suo exoritur, et omni Christum cognoscenti. Excipitur ab omnibus miles bonus in clero, et servatur optimus pastor in populo, et fuit ejusdem mutilatio non ad dedecus sed ad honorem magis.»—Gieseler, Kirchengeschichte, t. II, p. I, 197.
292: C'était Christian, archevêque de Mayence; il eut beau citer ces mots de l'Évangile: Mets ton épée au fourreau; on obtint du pape sa déposition.
293: Atto de Verceil.
294: Nicol. a Clemangis, de præsul. simon., p. 165. «Denique laïci usque adeo persuasum nullos cælibes esse, ut in plerisque parochiis non aliter velint presbyterum tolerare, nisi concubinam habeat, quo vel sic suis sit consultum uxoribus, quæ nec sic quidem usquequaque sunt extra periculum.»—Voy. aussi Muratori, VI, 335. On avait déclaré que les enfants nés d'un prêtre et d'une femme libre seraient serfs de l'Église; ils ne pouvaient être admis dans le clergé, ni hériter selon la loi civile, ni être entendus comme témoins. Schroeckh, Kirchengeschichte, p. 22, ap. Voigt. Hildebrand, als Papst Gregorius der siebente, und sein Zeit alter, 1815.
Rex immortalis! quam longo tempore talis
Mundi risus erunt, quos presbyterii ganuerunt?
Carmen pro nothis, ap. Scr. fr. XI, 444.
D. Lobineau, 110. D. Morice, Preuves, I, 463, 542. Il en était de même en Normandie, d'après les biographes des bienheureux Bernard de Tiron et Harduin, abbé du Bec: «Per totam Normanniam hoc erat ut presbyteri publice uxores ducerent, filios ac filias procrearent, quibus hereditatis jure ecclesias relinquerent et filias suas nuptui traductas, si alia deesset possessio, ecclesiam dabant in dotem.»
295: Il y avait en Bretagne quatre évêques mariés; ceux de Quimper, Vannes, Rennes et Nantes; leurs enfants devenaient prêtres et évêques; celui de Dôle pillait son église pour doter ses filles. (Lettres du clergé de Noyon, 1079, et de Cambrai, 1076, conservées par Mabillon.)—Les clercs se plaignaient comme d'une injustice de ce qu'on refusait l'ordination à leurs enfants. Ils donnaient même leurs bénéfices en dot à leurs filles (au IXe siècle). Leurs femmes prenaient publiquement la qualité de prêtresses.
296: Quand je parle du christianisme, j'entends toujours l'humanité pendant les âges chrétiens. Elle les a traversés et dépassés. (1860.)
297: Le clergé de Laon reprocha un jour à son évêque d'avoir dit au roi: «Clericos non esse reverendos, quia pene omnes ex regia forent servitute progeniti.» Guibertus Novigentinus, de vita sua, l. III, c. VIII.—Voy. plus haut comment l'Église se recrutait sous Charlemagne et Louis le Débonnaire. L'archevêque de Reims, Ebbon, était fils d'un serf.—Voy. un passage de Thegan, page 15 du présent volume.
298: Damiani: Lorsqu'à Lodi les bœufs gras de l'Église m'entourèrent, lorsque beaucoup de veaux rebelles grincèrent des dents, comme s'ils eussent voulu me cracher tout leur fiel au visage, ils se fondèrent sur le canon d'un concile tenu à Tribur, qui permettait le mariage aux prêtres; mais je leur répondis: Peu m'importe votre concile; je regarde comme nuls et non avenus tous les conciles qui ne s'accordent pas avec les décisions des évêques de Rome.» Ailleurs, s'adressant aux femmes des clercs, il leur dit: «C'est à vous que je m'adresse, séductrices des clercs, amorce de Satan, écume du paradis, poison des âmes, glaive des cœurs, huppes, bijoux, chouettes, louves, sangsues insatiables, etc.»
299: Il déclara qu'il était satisfait de la conduite de l'abbé, et peu de temps après le fit évêque.
300: Ce fut toutefois, je pense, Pierre Lombard, qui vivait un peu plus tard.
301: Gregor. VII, epist. ad episc. «Francorum vester qui non rex, sed tyrannus dicendus est, omnem ætatem suam flagitiis et facinoribus polluit... Quod si vos audire noluerit, per universam Franciam omne divinum officium publice celebrari interdicite.»—Bruno, de Bello Sax., p. 121, ibid.: «Quod si in his sacris canonibus noluisset rex obediens existere.... se eum velut putre membrum anathematis gladio ab unitate S. Matris Ecclesiæ minabatur abscindere.»
302: Gregori VII epist. ad reg. Angl., ibid., 6: «Sicut ad mundi pulchritudinem oculis carneis diversis temporibus repræsentandam, Solem et Lunam omnibus aliis et minentoria disposuit (Deus) luminaria, sic.....»—V. aussi Innocent III, l. I, epist. 401.—Bonifacii VIII, epist., ibid. 197: «Fecit Deus duo luminaria magna, scilicet Solem, id est, ecclesiasticam potestatem, et Lunam, hoc est, temporalem et imperialem. Et sicut Luna nullum lumen habet nisi quod recipit a Sole, sic...»—La glose des Décrétales fait le calcul suivant: «Cum terra sit septies major luna, sol autem octies major terra, restat ergo ut pontificatus dignitas quadragies septies sit major regali dignitate.»—Laurentius va plus loin: «.....Papam esse millies septingenties quater imperatore et regibus sublimiorem.» Gieseler, II, p. II, p. 98.
303: Il écrivait à l'abbé de Cluny: «Ma douleur et ma désolation sont au comble lorsque je vois l'Église d'Orient séparée, par la fourbe du Diable, de la foi catholique; et si je tourne mes regards vers l'Occident, vers le Midi ou vers le Nord, je n'y trouve presque plus d'évêques qui le soient légitimement, soit par leur conduite dans l'épiscopat, soit par la manière dont ils y sont parvenus. Ils gouvernent leurs troupeaux, non pour l'amour de Jésus, mais par une ambition toute profane, et parmi les princes séculiers je n'en trouve aucun qui préférât l'honneur de Dieu au sien propre, et la justice à son intérêt. Les Romains, les Lombards et les Normands, parmi lesquels je vis, seront bientôt (et je le leur dis souvent) plus exécrables que les juifs et les païens. Et lorsque mes regards se reportent sur moi-même, je vois que ma vaste entreprise est au-dessus de mes forces; de sorte que je dois perdre toute espérance d'assurer jamais le salut de l'Église, si la miséricorde de Jésus-Christ ne vient à mon secours; car si je n'espérais une meilleure vie, et si ce n'était pour le salut de la sainte Église, j'en prends Dieu à témoin, je ne resterais plus à Rome, où je vis déjà depuis vingt ans malgré moi. Je suis donc comme frappé de mille foudres, comme un homme qui souffre d'une douleur qui se renouvelle sans cesse, et dont toutes les espérances ne sont malheureusement que trop éloignées.»
304: Gregor. ep.—Il se jeta aux pieds du pape, les bras étendus en croix, et demandant pardon.—C'était la première fois, dit Otton de Freysingen, qu'un pape avait osé excommunier un empereur. J'ai beau lire et relire nos histoires, je n'en trouve pas un exemple.
305: Il écrivit au roi de France, en 1106: «Sitôt que je le vis, touché jusqu'au fond du cœur, de douleur autant que d'affection paternelle, je me jetai à ses pieds, le suppliant, le conjurant au nom de son Dieu, de sa foi, du salut de son âme, lors même que mes péchés auraient mérité que je fusse puni par la main de Dieu, de s'abstenir, lui du moins, de souiller, à mon occasion, son âme, son honneur et son nom; car jamais aucune sanction, aucune loi divine, n'établit les fils vengeurs des fautes de leurs pères.» Sigebert de Gembloux.
306: À l'entrevue de Canossa.
307: Voy. la tapisserie de Bayeux.
308: Guill. Gemetic. l. III, c. VIII. «Quem (Richard I) confestim pater Baiocas mittens... ut ibi lingua eruditus danica suis exterisque hominibus sciret aperte dare responsa.»—Voy. Depping, Hist. des Expéditions normandes, t. II; Estrup, Remarques faites dans un voyage en Normandie, Copenhague, 1821: et Antiquités des Anglo-Normands.—On trouve aux environs de Bayeux, Saon et Saonet. Plusieurs familles portent le nom de Saisne, Sesne. Un capitulaire de Charles le Chauve (Scr. fr. VII, 616) désigne le canton de Bayeux par le mot d'Otlingua Saxonia.—Le nom de Caen est saxon aussi: Cathim, maison du conseil. Mém. de l'Acad. des Inscript., t. XXXI, p. 242.—Beaucoup de Normands m'ont assuré que dans leur province on ne rencontrait guère le blond prononcé et le roux que dans le pays de Bayeux et de Vire.
Guill. Apulus, l. II, ap. Muratori, V, 259.
Corpora derident Normannica, quæ breviora
Esse videbantur.
Gibbon, XI, 151.
Guill. Malmsbur., ap. Scr. fr. XI, 183.
Gaufred. Malaterra, l. I, c. III. Est gens astutissima, injuriarum ultrix; spe alias plus lucrandi, patrios agros vilipendens, quæstus et dominationis avida, cujuslibet rei simulatrix: inter largitatem et avaritiam quoddam modium habens.»—Guill. Malmsb., ap. Scr. fr. XI, 185. «Cum fato ponderare perfidiam, cum nummo mutare sententiam.»—Guill. Apulus, l. II, ap. Muratori, 259.
Audit... quia gens semper Normannica prona
Est id avaritiam; plus, qui plus præbet, amatur.
—Ceux qui ne pouvaient faire fortune dans leur pays, ou qui verraient à encourir la disgrâce de leur duc, partaient aussitôt pour l'Italie.» Guill. Gemetic., l. VII, XIX, XXX. Guill. Apul., l. I, p. 259.
309: Aumerle, Archer, Avenans, Basset, Barbason, Blundel, Breton, Beauchamp, Bigot, Camos, Colet, Clarvaile, Champaine, Dispenser, Devaus, Durand, Estrange, Gascogne, Jay, Longspes, Lonschampe, Malebranche, Musard, Mautravers, Perot, Picard, Rose, Rous, Rond, Saint-Amand, Saint-Léger, Sainte-Barbe, Truflot, Trusbut, Taverner, Valence, Verdon, Vilan, etc., etc. On remarque dans cette liste plusieurs noms de provinces et de villes de France. Il reste encore plusieurs autres listes.
310: Un autre prend par la queue un lion qui tenait une chèvre, et les jette par-dessus une muraille.
311: «Ubi vires non successissent, non minus dolo et pecunia corrumpere.» (Guillaume de Malmesbury.)
312: Guillaume de Jumièges raconte que le bracelet d'une jeune fille resta suspendu pendant trois ans à un arbre au bord d'une rivière, sans que personne y touchât.
313: Wace, Roman de Rou.
314: Baronius.
315: Chronic. Malleac., ap. Scr. fr. XI, 644: «Wiscardus... cum generis esset ignoti et pauperculi.» Richard. Cluniac.: «Robertus Wiscardi, vir pauper, miles tamen.» Alberic. ap. Leibnitzii access. histor., p. 124. «Mediocri parentela.»
Gaufred. Malaterra, l. I, c. V. «Per diversa loca militariter lucrum quærentes.»
Κατὰ πᾶν, commandant général. C'est ce que Guillaume de Pouille exprime par ces vers:
Quod Catapan Græci, nos juxta dicimus omne.
L. I, p. 254.
Chacun des douze comtes y avait à part son quartier et sa maison:
Pro numero comitum bis sex statuere plateas,
Atque domus comitum totidem fabricantur in urbe.
Id. Ibid., p. 256.
316: Gauttier d'Arc. «Guiscard fit dire à son neveu Abailard qu'il venait de s'emparer de son jeune frère, mais que, si sa place de San-Severino était remise à ses troupes, il rendrait le captif à la liberté, aussitôt que lui, Guiscard, serait arrivé au mont Gargano.» Abailard n'hésita pas: les portes de San-Severino furent ouvertes par ses ordres; et il alla trouver en toute hâte son oncle pour le prier d'exécuter sa promesse, en se rendant à Gargano: «Mon neveu, lui dit Guiscard, je n'y compte pas arriver avant sept ans.»
317: Gaufridus Malaterra.
318: On sait d'ailleurs que Guillaume ne supportait guère les outrages que lui attirait la bassesse de son origine maternelle. Des assiégés, pour la lui reprocher, criaient en battant sur des cuirs: «La peau! la peau!» Il fit couper les pieds et les mains à trente-deux d'entre eux.» Guill. de Jumièges. «Ego Guillelmus, cognomento Bastardus...» Voy. une charte citée au douzième volume du Recueil des Historiens de France, page 568.—Ce nom de Bâtard n'était sans doute pas une injure en Normandie. On lit dans Raoul Glaber, l. IV, c. VI (ap. Scr. fr., X, 51): «Robertus ex concubina Willelmum genuerat... cui... universos sui ducaminis principes militaribus adstrinxit sacramentis... Fuit enim usui a primo adventu ipsius gentis in Gallias, ex hujusmodi concubinarum commixtione illorum principes extitisse.»
Will. Malmsb., l. III, ap. Scr. fr. XI, 190. «Justæ fuit staturæ, immensæ corpulentiæ: facie fera, fronte capillis nuda, roboris ingentis in lacertis, magnæ dignitatis sedens et stans, quanquam obesitas ventris nimium protensa.»
319: Il y avait longtemps que la Normandie faisait peur à l'Angleterre. En 1003, Ethelred avait envoyé une expédition contre les Normands. Quand ses hommes revinrent, il leur demanda s'ils amenaient le duc de Normandie: «Nous n'avons point vu le duc, répondirent-ils, mais nous avons combattu pour notre perte, avec la terrible population d'un seul comté. Nous n'y avons pas seulement trouvé de vaillants gens de guerre, mais des femmes belliqueuses, qui cassent la tête avec leurs cruches aux plus robustes ennemis.» À ce récit, le roi, reconnaissant sa folie, rougit plein de douleur.» Will. Gemetic, l. V, c. IV, ap. Scr. fr. X, 186. En 1034, le roi Canut, par crainte de Robert de Normandie, aurait offert de rendre aux fils d'Ethelred moitié de l'Angleterre. Id., l. V, c. XII; ibid. XI, 37.
320: «Les Anglo-Saxons, dit Guillaume de Malmesbury avaient, longtemps avant l'arrivée des Normands, abandonné les études des lettres et de la religion. Les clercs se contentaient d'une instruction tumultuaire; à peine balbutiaient-ils les paroles des sacrements, et ils s'émerveillaient tous si l'un d'eux savait la grammaire. Ils buvaient tous ensemble, et c'était là l'étude à laquelle ils consacraient les jours et les nuits. Ils mangeaient leurs revenus à table, dans de petites et misérables maisons. Bien différents des Français et des Normands, qui, dans leurs vastes et superbes édifices, ne font que très-peu de dépense. De là tous les vices qui accompagnent l'ivrognerie, et qui efféminent le cœur des hommes. Aussi, après avoir combattu Guillaume avec plus de témérité et d'aveugle fureur que de science militaire, vaincus sans peine en une seule bataille, ils tombèrent eux et leur patrie dans un dur esclavage.—Les habits des Anglais leur descendaient alors jusqu'au milieu du genou; ils portaient les cheveux courts et la barbe rasée; leurs bras étaient chargés de bracelets d'or, leur peau était relevée par des peintures et des stigmates colorés, leur gloutonnerie allait jusqu'à la crapule, leur passion pour la boisson jusqu'à l'abrutissement. Ils communiquèrent ces deux derniers vices à leurs vainqueurs; et, à d'autres égards, ce furent eux qui adoptèrent les mœurs des Normands. De leur côté, les Normands étaient et sont encore (au milieu du XIIe siècle, époque où écrivait Guillaume de Malmesbury) soigneux dans leurs habits, jusqu'à la recherche, délicats dans leur nourriture, mais sans excès, accoutumés à la vie militaire, et ne pouvant vivre sans guerre; ardents à l'attaque, ils savent, lorsque la force ne suffit pas, employer également la ruse et la corruption. Chez eux, comme je l'ai dit, ils font de grands édifices et une dépense modérée pour la table. Ils sont envieux de leurs égaux; ils voudraient dépasser leurs supérieurs, et, tout en dépouillant leurs inférieurs, ils les protégent contre les étrangers. Fidèles à leurs seigneurs, la moindre offense les rend pourtant infidèles. Ils savent peser la perfidie avec la fortune, et vendre leur serment. Au reste, de tous les peuples, ils sont les plus susceptibles de bienveillance; ils rendent aux étrangers autant d'honneur qu'à leurs compatriotes, et ils ne dédaignent point de contracter des mariages avec leurs sujets.» Willelm. Malmesburiensis, de Gestis regum Anglorum, l. III, ap. Scr. fr. XI, 185.—Matth. Paris (éd. 1644), p. 4. «Optimates (Saxonum)... more christiano ecclesiam mane non potebant, sed in cubiculis et inter uxoris amplexus, matutinarum solemnia ac missarum a presbytero festinantes auribus tantum prælibabant... Clerici... ut esset stupori qui grammaticam didicisset.»—Order. Vital., l. IV, ap. Scr. fr. XI, 242: «Anglos agrestes et pene illiteratos invenerunt Normanni.»
321: Guillaume de Poitiers.
322: Guill. Pictav., ap. Scr. fr. XI, 87. «Heraldus ei fidelitatem sancto ritu Christianorum juravit... Se in curia Edwardi, quamdiu superesset, ducis Guillelmi vicarium fore, enisurum... ut anglica monarchia post Edwardi decessum in ejus manu confirmaretur; traditurum interim... castrum Doveram.» (Voy. aussi Guill. Malmsb... ibid. 176, etc.)—Suivant les uns, dit Wace (Roman du Rou, ap. Scr. fr. XIII, 223), le roi Édouard détourna Harold de ce voyage, lui disant que Guillaume le haïssait et lui jouerait quelque tour. (Voy. aussi Eadmer, XI, 192.) Suivant les autres, il l'envoya pour confirmer au duc la promesse du trône d'Angleterre:
N'en sai mie voire ocoison,
Mais l'un et l'autre escrit trovons.
Guillaume de Jumiéges (ap. Scr. XI, 49), Ingulf de Croyland (ibid., 154), Orderic Vital (ibid., 234), la Chronique de Normandie (XIII, 222), etc., affirment qu'Édouard avait désigné Guillaume pour son successeur. Eadmer même ne le nie point (XI, 192).—Au lit de mort, Edward, obsédé par les amis d'Harold, rétracta sa promesse. (Roger de Hoved., ap. Scr. fr. XI, 312. Roman du Rou, et Chronique de Normandie, t. XIII, p. 224.)
323: C'est ce que la femme de Gunther rappelle à celle de Siegfried, pour l'humilier.
324: Chronique de Normandie: «Sire, je suis message de Guillaume, le duc de Northmandie, qui m'envoie devers vous, et vous fait savoir que vous ayez mémoire du serment que vous lui feistes en Northmandie publiquement, et sur tant de bons saintuaires.»
325: «Quant à Harold, il ne se souciait guère du jugement du pape.» Ingulf.
326: Voy. la tapisserie de Bayeux.
327: Guillaume de Poitiers.
328: Orderic Vital.
329: Chronique de Normandie.
330: Guillaume, au contraire, proposa le combat singulier.
331: Order. Vital, ap. Scr. fr. XI, 243. «Anglicam locutionem plerumque sategit ediscere... Ast a perceptione hujusmodi durior ætas illum compescebat.» Il avait commencé par réprimer par des règlements sévères la licence de ses mercenaires. Guill. Pictav., ibid., 101. «Tutæ erant a vi mulieres; etiam illa delicta quæ fierent consensu impudicarum... vetabantur. Potare militem in tabernis non multum concessit... seditiones interdixit, cædem et omnem rapinam, etc. Portus et quælibet itinera negotiatoribus patere, et nullam injuriam fieri jussit.» Ce passage du panégyriste de Guillaume a été copié par le consciencieux Orderic Vital, ibid., 238.—«L'homme faible et sans armes, dit encore Guillaume de Poitiers, s'en allait chantant sur son cheval, partout où il lui plaisait, sans trembler à la vue des escadrons des chevaliers.»—«Une jeune fille chargée d'or, dit Huntingdon, eût impunément traversé tout le royaume.»—(Scr. fr. XI, 211.) Plus tard, la résistance des Anglo-Saxons irrita Guillaume, et le poussa à ces violences dont retentissent toutes les Chroniques.
332: Voy. l'ouvrage de M. Augustin Thierry.
333: Hallam.
334: Les deer-friths étaient des forêts dans lesquelles les bêtes fauves étaient sous la protection ou frith du roi.
335: Chronic. Saxon.
336: L'évêque de Winchester payait une pièce de bon vin pour n'avoir pas fait ressouvenir le roi Jean de donner une ceinture à la comtesse d'Albemarle; et Robert de Vaux, cinq chevaux de la meilleure espèce pour que le même roi tînt sa paix avec la femme de Henri Pinel; un autre payait quatre marcs pour avoir la permission de manger (pro licentia comedendi). Hallam.
337: Voy. plus bas Lanfranc, saint Anselme, Th. Becket, Et. Langton, etc.
338: Mathieu Paris.
339: Hallam.
340: Les Orientaux n'ont que des armoiries personnelles, et non héréditaires.
341: «Chez les musulmans, les mots femme et objet défendu par la religion peuvent se dire l'un pour l'autre.» Bibl. des Croisades, t. IV, p. 169.
Fatema entrera dans le Paradis la première après Mahomet; les musulmans l'appellent la Dame du Paradis.—Quelques Schyytes (sectateurs d'Ali) soutiennent qu'en devenant mère Fatema n'en est pas moins restée vierge, et que Dieu s'est incarné dans ses enfants.—Description des Monuments musulmans du cabinet de M. de Blacas, par M. Reinaud, II, 130, 202.
Aujourd'hui encore, des provinces entières, en Perse et en Syrie, sont dans la même croyance. «Ceux mêmes des Schyytes qui n'ont pas osé dire qu'Ali était Dieu ont été persuadés que peu s'en fallait: et les Persans disent souvent: «Je ne pense pas qu'Ali soit Dieu; mais je ne crois pas qu'il en soit loin.»—Les Schyytes disent à ce sujet que tel était l'éclat qui reluisait sur la personne d'Ali, qu'il était impossible de soutenir ses regards. Dès qu'il paraissait, le peuple lui criait: Tu es Dieu!—À ces mots, Ali les faisait mourir: ensuite il les ressuscitait, et eux de crier encore plus fort: Tu es Dieu, tu es Dieu! De là ils l'ont surnommé le Dispensateur des lumières; et, quand ils peignent sa figure, ils lui couvrent le visage. Reinaud, II, 163.
Suivant quelques docteurs, au moment de la création, l'idée de Mahomet était sous l'œil de Dieu, et cette idée, substance à la fois spirituelle et lumineuse, jeta trois rayons: du premier, Dieu créa le ciel; du second, la terre; du troisième, Adam et toute sa race. Ainsi la Trinité rentre dans l'islamisme, comme l'incarnation.—Les Occidentaux crurent y voir aussi la hiérarchie chrétienne. «Ces nations, dit Guibert de Nogent, ont leur pape comme nous.» L. V, ap. Bonars, p. 312-13.
342: Hammer.
343: Hammer, Histoire des Assassins, p. 4.—La maison de la sagesse n'est peut-être qu'une même chose avec ce palais du Caire dont Guillaume de Tyr nous a laissé une si pompeuse description. La progression de richesses et de grandeur semblerait correspondre à des degrés d'initiation. Quoi qu'il en soit, nous donnons la traduction de ce précieux monument:
«Hugues de Césarée et Geoffroi, de la milice du Temple, entrèrent dans la ville du Caire, conduits par le soudan, pour s'acquitter de leur mission; ils montèrent au palais, appelé Casher, dans la langue du pays, avec une troupe nombreuse d'appariteurs qui marchaient en avant, l'épée à la main et à grand bruit; on les conduisit à travers des passages étroits et privés de jour, et à chaque porte, des cohortes d'Éthiopiens armés rendaient leurs hommages au Soudan par des saluts répétés. Après avoir franchi le premier et le second poste, introduits dans un local plus vaste, où pénétrait le soleil, et exposé au grand jour, ils trouvent des galeries en colonnes de marbre, lambrissées d'or, et enrichies de sculptures en relief, pavées en mosaïque, et dignes dans toute leur étendue de la magnificence royale; la richesse de la matière et des ouvrages retenait involontairement les yeux, et le regard avide, charmé par la nouveauté de ce spectacle, avait peine à s'en rassasier. Il y avait aussi des bassins remplis d'une eau limpide; on entendait les gazouillements variés d'une multitude d'oiseaux inconnus à notre monde, de forme et de couleur étranges, et pour chacun d'eux une nourriture diverse et selon le goût de son espèce. Admis plus loin encore, sous la conduite du chef des eunuques, ils trouvent des édifices aussi supérieurs aux premiers en élégance que ceux-ci l'emportaient sur la plus vulgaire maison. Là était une étonnante variété de quadrupèdes, telle qu'en imagine le caprice des peintres, telle qu'en peuvent décrire les mensonges poétiques, telle qu'on en voit en rêve, telle enfin qu'on en trouve dans les pays de l'Orient et du Midi, tandis que l'Occident n'a rien vu et presque jamais rien ouï de pareil.—Après beaucoup de détours et de corridors qui auraient pu arrêter les regards de l'homme le plus occupé, on arriva au palais même, où des corps plus nombreux d'hommes armés et de satellite proclamaient par leur nombre et leur costume la magnificence incomparable de leur maître; l'aspect des lieux annonçait aussi son opulence et ses richesses prodigieuses. Lorsqu'ils furent entrés dans l'intérieur du palais, le soudan, pour honorer son maître selon la coutume, se prosterna deux fois devant lui, et lui rendit en suppliant un culte qui ne semblait dû qu'à lui, une espèce d'adoration. Tout à coup s'écartèrent avec une merveilleuse rapidité les rideaux, tissus de perles et d'or, qui pendaient au milieu de la salle et voilaient ainsi le trône; la face du calife fut alors révélée: il apparut sur un trône d'or, vêtu plus magnifiquement que les rois, entouré d'un petit nombre de domestiques et d'eunuques familiers.» Willelm. Tyrens., l. XIX, c. XVII.
Ce mysticisme des Alides leur a souvent fait appliquer à la dévotion le langage de l'amour, comme il leur a donné une tendance à s'élever de l'amour du réel à celui de l'idéal.
Un poète persan dit en s'adressant à Dieu:
«C'est votre beauté, ô Seigneur! qui, toute cachée qu'elle est derrière un voile, a fait un nombre infini d'amants et d'amantes;
«C'est par l'attrait de vos parfums que Leyla ravit le cœur de Medjnoun; c'est par le désir de vous posséder que Vamek poussa tant de soupirs pour celle qu'il adorait.» Reinaud, I, 52.
Le principe de la doctrine ésotérique était: Rien n'est vrai et tout est permis. Hammer, p. 87. Un imam célèbre écrivit contre les Hassanites un livre intitulé: De la Folie des partisans de l'indifférence en matière de religion.
344: Pour assassiner un sultan, il en vint, un à un, jusqu'à cent vingt-quatre.
345: Henri, comte de Champagne, étant venu rendre visite au grand prieur des Assassins, celui-ci le fit monter avec lui sur une tour élevée, garnie à chaque créneau de deux fedavis (dévoués); il fit un signe, et deux de ces sentinelles se précipitèrent du haut de la tour. «Si vous le désirez, dit-il au comte, tous ces hommes vont en faire autant.»
346: L'Islandais dit encore aujourd'hui, désir des figues, pour un ardent désir.
347: Guillaume de Tyr.
348: Pierre d'Auvergne.
349: Gestâ Consulum Andegav.
350: Guibert de Nogent.
351: Des prophètes annonçaient que Charlemagne viendrait lui-même commander la croisade.
352: C'est ainsi que les Sabins descendirent de leurs montagnes sous la conduite d'un loup, d'un pic et d'un bœuf; qu'une vache mena Cadmus en Béotie, etc.
353: Guibert. Nov., l. II, c. VIII: «Le petit peuple, dénué de ressources, mais fort nombreux, s'attacha à un certain Pierre l'Hermite, et lui obéit comme à son maître, du moins tant que les choses se passèrent dans notre pays. J'ai découvert que cet homme, originaire, si je ne me trompe, de la ville d'Amiens, avait mené d'abord une vie solitaire sous l'habit de moine, dans je ne sais quelle partie de la Gaule supérieure. Il partit de là, j'ignore par quelle inspiration; mais nous le vîmes alors parcourant les villes et les bourgs, et prêchant partout: le peuple l'entourait en foule, l'accablait de présents, et célébrait sa sainteté par de si grands éloges, que je ne me souviens pas que l'on ait jamais rendu à personne de pareils honneurs. Il se montrait fort généreux dans la distribution de toutes les choses qui lui étaient données. Il ramenait à leurs maris les femmes prostituées, non sans y ajouter lui-même des dons, et rétablissait la paix et la bonne intelligence entre ceux qui étaient désunis, avec une merveilleuse autorité. En tout ce qu'il faisait ou disait, il semblait qu'il y eût en lui quelque chose de divin: en sorte qu'on allait jusqu'à arracher les poils de son mulet, pour les garder comme reliques: ce que je rapporte ici, non comme louable, mais pour le vulgaire qui aime toutes les choses extraordinaires. Il ne portait qu'une tunique de laine et, par-dessus, un manteau de bure qui lui descendait jusqu'aux talons; il avait les bras et les pieds nus, ne mangeait point ou presque point de pain, et se nourrissait de vin et de poissons.»
354: Il y en eut qui s'imprimèrent la croix avec un fer rouge. (Albéric des Trois-Fontaines).
355: Guibert de Nogent.
356: Les environs du Rhin prirent peu de part à la croisade.—Orientales Francos, Saxones, Thoringos, Bavarios, Alemannos propter schisma quod tempore inter regnum et sacerdotium fuit. hæc expedito minus permovit Alberic., ap. Leibniz. Acces., p. 119.—Voyez Guibert, l. II, c. I.
357: Willelm. Tyr., l. VIII, c. VI, 9, 10.—Guibert. Novig., l. VII, c. VIII: Au siége de Jérusalem «il fit crier dans toute l'armée par les hérauts, que quiconque apporterait trois pierres pour combler le fossé recevrait un denier de lui. Or, il fallut, pour achever cet ouvrage, trois jours et trois nuits.» Radulph. Cadom., c. XV, ap. Muratori, V, 291: «Il fut tout d'abord un des principaux chefs, et plus tard, lorsque l'argent des autres s'en fut allé, le sien arriva et lui donna le pas. C'est qu'en effet toute cette nation est économe et non point prodigue, ménageant plus son avoir que sa réputation; effrayée de l'exemple des autres, elle travaillait non comme les Francs à se ruiner, mais à s'engraisser de son mieux.»—Raymond reçut aussi force présents d'Alexis (... quibus de die in diem de domo regis augebatur. Albert. Aq., l. II, c. XXIV, ap. Bongars, p. 205.) Godefroi en reçut également, mais il distribua tout au peuple et aux autres chefs. Willelm. Tyr., l. II, c. XII.
Guibert. Nov., l. II, c. XVIII. «L'armée de Raymond ne le cédait à aucune autre, si ce n'est à cause de l'éternelle loquacité de ces Provençaux.»—Radulph. Cadom., c. LXI: «Autant la poule diffère du canard, autant les Provençaux différaient des Francs par les mœurs, le caractère, le costume, la nourriture; gens économes, inquiets et avides, âpres au travail; mais, pour ne rien taire, peu belliqueux... Leur prévoyance leur fut bien plus en aide pendant la famine, que tout le courage du monde à bien des peuples plus guerriers; pour eux, faute de pain, ils se contentaient de racines, ne faisaient pas fi des cosses de légumes; ils portaient à la main un long fer avec lequel ils cherchaient leur vie dans les entrailles de la terre: de là ce dicton que chantent encore les enfants: «Les Francs à la bataille, les Provençaux à la victuaille.» Il y avait une chose qu'ils commettaient souvent par avidité et à leur grande honte; ils vendaient aux autres nations du chien pour du lièvre, de l'âne pour de la chèvre; et, s'ils pouvaient s'approcher sans témoin de quelque cheval ou de quelque mulet bien gras, ils lui faisaient pénétrer dans les entrailles une blessure mortelle, et la bête mourait. Grande surprise de tous ceux qui, ignorant cet artifice, avaient vu naguère l'animai gras, vif, robuste et fringant: nulle trace de blessure, aucun signe de mort. Les spectateurs, effrayés de ce prodige, se disaient: Allons-nous-en, l'esprit du démon a soufflé sur cette bête. Là-dessus, les auteurs du meurtre approchaient sans faire semblant de rien savoir, et comme on les prévenait de n'y pas toucher: Nous aimons mieux, disaient-ils, mourir de cette viande que de faim. Ainsi celui qui supportait la perte s'apitoyait sur l'assassin, tandis que l'assassin se moquait de lui. Alors s'abattant tous comme des corbeaux sur ce cadavre, chacun arrachait son morceau, et l'envoyait dans son ventre ou au marché.»
358: Guibert, l. III, c. I. «Lorsque cette innombrable armée, composée des peuples venus de presque toutes les contrées de l'Occident, eut débarqué dans la Pouille, Bohémond, fils de Robert Guiscard, ne tarda pas à en être informé. Il assiégeait alors Amalfi. Il demanda le motif de ce pèlerinage, et apprit qu'ils allaient enlever Jérusalem, ou plutôt le sépulcre du Seigneur et les lieux saints, à la domination des Gentils. On ne lui cacha pas non plus combien d'hommes, et de noble race et de haut parage, abandonnant, pour ainsi dire, l'éclat de leurs honneurs, se portaient à cette entreprise avec une ardeur inouïe. Il demanda s'ils transportaient des armes, des provisions, quelles enseignes ils avaient adoptées pour ce nouveau pèlerinage; enfin quels étaient leurs cris de guerre. On lui répondit qu'ils portaient leurs armes à la manière française; qu'ils faisaient coudre à leurs vêtements sur l'épaule ou partout ailleurs, une croix de drap ou de toute autre étoffe, ainsi que cela leur avait été prescrit; qu'enfin, renonçant à l'orgueil des cris d'armes, ils s'écriaient tous humbles et fidèles: «Dieu le veut!»
359: Anne Comnène.
360: Né à Bézi, près Nivelle, dans un château qu'on montrait encore à la fin du dernier siècle.
361: La fatigue lui causa une fièvre violente, il fit vœu de se croiser et fut guéri. (Albéric.)
362: Guibert de Nogent.—Sa mère, sainte Ida, rêva un jour que le soleil descendait dans son sein. Cela signifiait, dit le biographe contemporain, que des rois sortiraient d'elle.
363: Robert le Moine.—Une autre fois il coupa un Turc par le milieu du corps... «Turcus duo factus est Turci: ut inferior alter in urbem equitaret, alter arcitenens in flumine nataret.» Raoul de Caen.
364: Il avait amené une colonie de moines qu'il établit à Jérusalem.
365: Ceci ne se rapporte, il est vrai, qu'à la troupe conduite par Pierre l'Ermite.
366: On le mena dans une galerie du palais, où une porte, ouverte comme par hasard, lui faisait voir une chambre remplie du haut en bas d'or et d'argent, de bijoux et de meubles précieux. Quelles conquêtes, s'écria-t-il, ne ferait-on pas avec un tel trésor! Il est à vous, lui dit-on aussitôt. Il se fit peu prier pour accepter. (Anne Comnène).
367: Ils parlaient des Grecs avec un souverain mépris... «Græculos istos omnium inertissimos, etc.» Guibert de Nogent.
368: Anne Comnène.
369: «Il envoya en même temps de grands présents aux chefs, sollicitant leur bienveillance par ses lettres et par la voix de ses députés; il leur rendit mille actions de grâces pour ce loyal service, et pour l'accroissement qu'ils venaient de donner à l'empire.» Willelm. Tyr., l. III, c. XII.—«Il envoya, dit Guibert, l. III, c. IX, des dons infinis aux princes, et aux plus pauvres d'abondantes aumônes; il jetait ainsi des germes de haine parmi ceux de condition moyenne, dont sa munificence semblait se détourner.» Voy. aussi Raymond d'Agiles, p. 142.
370: Albert d'Aix.
371: Raymond d'Agiles.
372: Trois cent soixante églises (Guibert de Nogent).—Albéric ne compte que trois cent quarante églises.
373: Foulcher de Chartres.
374: Raymond de Agil., p. 155. «Vidi ego hæc quæ loquor, et Dominicam lanceam ibi (in pugna) ferebam.»—Foulcher de Chartres s'écrie: Audite fraudem et non fraudem! et ensuite: Invenit lanceam, fallaciter occultatam forsitan, c. X.
375: Raymond d'Agiles: «Il se brûla, parce que lui-même il avait douté un instant; il le dit au peuple en sortant des flammes, et le peuple glorifia Dieu.» Selon Guibert de Nogent, il sortit du bûcher sain et sauf, mais le peuple se précipita sur lui pour déchirer ses habits et en garder les morceaux comme des reliques, et le pauvre homme, ballotté et meurtri, mourut de fatigue et d'épuisement.
376: «Tancrède, dit son historien Raoul de Caen, eut d'abord grande envie de tomber sur les Provençaux; mais il se souvint qu'il est défendu de verser le sang chrétien; il aima mieux recourir aux expédients de Guiscard. Il fit entrer ses hommes pendant la nuit, et, lorsqu'ils furent en nombre, ils tirèrent leurs épées et chassèrent les soldats de Raymond, avec force soufflets.—L'origine de cette haine, ajoute-t-il, c'était une querelle pour du fourrage, au siége d'Antioche. Des fourrageurs des deux nations s'étaient trouvés ensemble au même endroit, et s'étaient battus à qui aurait le blé.—Depuis lors, chaque fois qu'ils se rencontraient, ils déposaient leurs fardeaux et se chargeaient d'une grêle de coups de poings; le plus fort emportait la proie.» C. 98, 99, p. 316.—Ensuite Raymond et les siens soutinrent l'authenticité de la sainte lance, «parce que les autres nations, dans leur simplicité, y apportaient des offrandes; ce qui enflait la bourse de Raymond. Mais le rusé Bohémond (non imprudens, multividus. Rad. Cad., p. 317; Robert. Mon., ap. Bongars, p. 40) découvrit tout le mensonge. Cela envenima la querelle.» C. 101, 102.
377: Guillaume de Tyr.
378: Les chrétiens indigènes avaient éprouvé, pendant le siége, les plus cruels traitements de la part des infidèles (Guillaume de Tyr).
379: Guillaume de Tyr.
380: À Antioche, Tancrède avait juré qu'il n'abandonnerait pas la place tant qu'il lui resterait quarante chevaliers. (Guibert.)
381: Guibert, l. II, c. I: «L'année dernière je m'entretenais avec un archidiacre de Mayence au sujet de la rébellion des siens, et je l'entendais vilipender notre roi et le peuple, uniquement parce que le roi avait bien accueilli et bien traité partout le seigneur pape Pascal, ainsi que ses princes: il se moquait des Français à cette occasion, jusqu'à les appeler par dérision Francons. Je lui dis alors: «Si vous tenez les Français pour tellement faibles ou lâches que vous croyez pouvoir insulter par vos plaisanteries à un nom dont la célébrité s'est étendue jusqu'à la mer indienne, dites-moi donc à qui le pape Urbain s'adressa pour demander du secours contre les Turcs? N'est-ce pas aux Français?»—Id., l. IV, c. III: «Nos princes, ayant tenu conseil, résolurent alors de construire un fort sur le sommet d'une montagne qu'ils avaient appelée Malreguard, pour s'en faire un nouveau point de défense contre les agressions des Turcs.» La langue française dominait donc dans l'armée des croisés. Voyez aussi les suites de la quatrième croisade.
Ο βασιλεὺς τῶν βασιλέων, καὶ ἀρχηγὸς τοῦ Φραγγικοῦ στρατοῦ. Matthieu Pâris (ad ann. 1234), et Froissart (t. IV, p. 207) donnent au roi de France le titre de Rex regum, et de chef de tous les rois chrétiens.—Les Turcs eux-mêmes voulurent descendre des Francs: «Dicunt se esse de Francorum generatione, et quia nullus homo naturaliter debet esse miles nisi Turci et Franci.» Gesta Francorum, ap. Bongars, p. 7.
382: «Je songeai que je venais de prendre congé de l'ancien et agréable compagnon de ma vie.» Mém. de Gibbon.
383: Guibert. Nov., l. VII, 22: «Un prince d'une tribu voisine de Gentils lui envoya des présents infectés d'un poison mortel. Godefroi s'en servit sans défiance, tomba tout à coup malade, s'alita, et mourut bientôt après. Selon d'autres, il mourut de mort naturelle.»...
384: Raym. d'Agiles, ap. Bongars, p. 149: «Jocundum spectaculum tandem post multa tempora nobis factum... Accidit ibi quoddam satis nobis jocundum atque delectabile.»—Il raconte encore que le comte de Toulouse fit un jour arracher les yeux, couper les pieds, les mains et le nez à ses prisonniers, et il ajoute: «Quanta ibi fortitudine et consilio comes claruerit non facile referendum est.»
385: Guibert reconnaît que les Sarrasins peuvent atteindre un certain degré de vertu. «Hospitabatur (Rothbertus Senior) apud aliquem... vitæ, quantum ad eos, sanctioris.»
386: Guibert.—Albert d'Aix dit, en parlant des premiers croisés:
«Dieu les punit d'avoir exercé d'affreuses violences contre les juifs; car Dieu est juste, et ne veut pas qu'on emploie la force pour contraindre personne à venir à lui.»
387: Il lui donna pour la couvrir son propre manteau. (Guillaume de Tyr.)
388: On a vu plus haut que les barons avaient tous renoncé à leurs cris d'armes pour adopter le cri de la croisade: Dieu le veut!—Foulcher de Chartres: «Qui jamais a entendu dire qu'autant de nations, de langues différentes, aient été réunies en une seule armée, Francs, Flamands, Frisons, Gaulois, Bretons, Allobroges, Lorrains, Allemands, Bavarois, Normands, Écossais, Anglais, Aquitains, Italiens, Apuliens, Ibères, Daces, Grecs, Arméniens? Si quelque Breton ou Teuton venait à me parler, il m'était impossible de lui répondre. Mais, quoique divisés en tant de langues, nous semblions tous autant de frères et de proches parents unis dans un même esprit, par l'amour du Seigneur. Si l'un de nous perdait quelque chose de ce qui lui appartenait, celui qui l'avait trouvé le portait avec lui bien soigneusement, et pendant plusieurs jours, jusqu'à ce qu'à force de recherches il eût découvert celui qui l'avait perdu, et le lui rendait de son plein gré, comme il convient à des hommes qui ont entrepris un saint pèlerinage.»
389: Guib. Nov., l. IV, c. XV. «Unde fiebat, ut nec mentio scorti, nec nomen prostibuli toleraretur haberi: præsertim cum pro hoc ipso scelere, gladiis Deo judice vererentur addici. Quod si gravidam inveniri constitisset aliquam earum mulierum quæ probabantur carere maritis, atrocibus tradebatur cum suo lenone suppliciis.»—Les mœurs sensuelles des Turcs contrastaient avec cette chasteté chrétienne. Après la grande bataille d'Antioche, on trouva dans les champs et les bois des enfants nouveau-nés dont les femmes turques étaient accouchées pendant le cours de l'expédition.» Guibert, l. V.
390: Raym. d'Agiles. «Pauperes nostri...»
391: Will. Gemetic, l. V, ap. Scr. fr. X, 185: «Rustici unanimes per diversos totius normanicæ patriæ plurima agentes conventicula, juxta suos libitus vivere decernebant; quatenus tam in silvarum compendiis quam in aquarum commerciis, nullo obsistente ante statuti juris obice, legibus uterentur suis... Truncatis manibus ac pedibus, inutiles suis remisit... His rustici expertis, festinato concionibus omissis, ad sua aratra sunt reversi.»
392: Rob. Wace, Roman du Rou, vers 5979-6038.
Li païsan e li vilain
Cil del boscage et cil del plain,
Ne sai par kel entichement,
Ne ki les meu premierement;
Par vinz, par trentaines, par cenz
Unt tenuz plusurs parlemenz...
Priveement ont porparlè
Et plusurs l'ont entre els juré
Ke jamez, par lur volonté,
N'arunt seingnur ne avoé.
Seingnur ne lur font se mal nun;
Ne poent aveir od elss raisun,
Ne lur gaainz, ne lur laburs;
Chescun jur vunt a grant dolurs...
Tute jur sunt lur bestes prises
Pur aïes e pur servises...
«Pur kei nus laissum damagier!
«Metum nus fors de lor dangier;
«Nus sumes homes cum il sunt,
«Tex membres avum cum ils unt,
«Et altresi grans cor avum,
«Et altretant sofrir poum.
«Ne nus faut fors cuer sulement;
«Alium nus par serement,
«Nos aveir e nus defendum,
«E tuit ensemble nus tenum.
«Es nus voilent guerreier;
«Bien avum, contre un
«Trente u quarante païsanz
«Maniables e cumbatans.»
393: Voy. Thierry, Lettres sur l'Histoire de France.
394: Maximilien, en 1492.
395: Miranda, c'est-à-dire les merveilles.
396: Guibert de Nogent.
397: Guibert de Nogent.
398: Louis VI s'était opposé à ce que les villes de la couronne se constituassent en communes. Louis VII suivit la même politique; à son passage à Orléans, il réprima des efforts qu'il regardait comme séditieux: «Là, apaisa l'orgueil et la forfennerie d'aucuns musards de la cité, qui, pour raison de la commune, faisoient semblant de soi rebeller, et dresser contre la couronne, mais moult y en eut de ceux qui cher le comparèrent (payèrent); car il en fit plusieurs mourir et détruire de male mort, selon le fait qu'ils avoient desservi.» Gr. Chron. de Saint-Denis. Il abolit la commune de Vézelay.
399: C'est le fameux Oriflamme. Il devint l'étendard de rois de France, lorsque Philippe Ier eut acquis le Vexin, qui relevait de l'abbaye de Saint-Denis.
400: Il fut empoisonné dans sa jeunesse, et en resta pâle toute sa vie. (Orderic Vital.)
401: Philippe Ier disait à son fils, Louis le Gros: «Age, fili, serva excubans turrim, cujus devexatione pene consenui, cujus dolo et fraudulenta nequitia nunquam pacem bonam et quietem habere potui.» Suger.
402: Il voyageait quelquefois dans ce seul but.
403: Guibert de Nogent. «Examina contraxerat puellarum.»