404: Sigebert de Gemblours.
405: Suger.
406: Les moines de Saint-Denis élurent Suger pour abbé sans attendre la présentation royale. Louis s'en montra fort irrité, et mit en prison plusieurs moines. (Suger.)—Ainsi l'exception prouve ici la règle.
407: Il le lui avait acheté 60,000 liv. Foulques le Rechin avait aussi cédé le Gâtinais, pour obtenir sa neutralité.
408: Suger.
409: Il y a moins de lacunes dans la suite des historiens. Les plus distingués qui parurent furent d'abord des Allemands, comme Othon de Freysingen, pour célébrer les grands empereurs de la maison de Saxe, puis les Normands d'Italie et de France, Guillaume Malaterra, Guillaume de Jumiéges, et le chapelain du conquérant de l'Angleterre, Guillaume de Poitiers. La France proprement dite avait eu le spirituel Raoul Glaber, et un siècle après, entre une foule d'historiens de la croisade, l'éloquent Guibert de Nogent; Raymond d'Agiles appartient au Midi.
410: Depuis longtemps des écoles de théologie s'étaient formées aux grands foyers ecclésiastiques: D'abord à Poitiers, à Reims, puis au Bec, au Mans, à Auxerre, à Laon et à Liége. Orléans et Angers professaient spécialement le droit. Des écoles juives avaient osé s'ouvrir à Béziers, à Lunel, à Marseille. De savants rabbins enseignaient à Carcassonne; dans le Nord même, sous le comte de Champagne, à Troyes et Vitry, et dans la ville royale d'Orléans.
411: Proslogium, c. II.
412: Libellus pro insipiente.
413: Les partisans de l'empereur accusèrent Grégoire d'avoir ordonné un jeûne aux cardinaux, pour obtenir de Dieu qu'il montrât qui avait raison sur le corps du Christ, Bérenger ou l'Église romaine?
414: Chaucer dit d'une abbesse anglaise de haut parage: «Elle parlait français parfaitement et gracieusement, comme on l'enseigne à Stratford-Athbow, car pour le français de Paris, elle n'en savait rien.»
415: Epistola I, Heloissæ ad Abel. (Abel. et Hel. opera, edid. Duchesne): «Quod enim bonum animi vel corporis tuam non exornabat adolescentiam?»—Abelardi Liber Calamitatum mearum. p. 10: «Juventutis ei formæ gratiâ.»
Abel. liber Calam., p. 12. «Jam (à l'époque de son amour) si qua invenire licebat carmina, erant amatoria, non philosophiæ secreta. Quorum etiam carminum pleraque, adhuc in multis, sicut et ipse nosti, frequentantur et decantantur regionibus, ab his maxime quos vita simul oblectabat.»—Heloissæ epist. I: «Duo autem, fateor, tibi specialiter inerant quibus feminarum quarumlibet animos statim allicere poteras; dictandi videlicet, et cantandi gratia. Quæ cæteros minime philosophos assecutos esse novimus. Quibus quidem quasi ludo quodam laborem exerciti recreans philosophici, pleraque amatorio metro vel rhythmo composita reliquisti carmina, quæ præ nimia suavitate tam dictaminis quam cantus sæpius frequentata, tuum in ore omnium nomen incessanter tenebant: ut etiam illiteratos melodiæ dulcedo tui non sineret immemores esse. Atque hinc maxime in amorem tuum feminæ suspirabant. Et cum horum pars maxima carminum nostros decantaret amores, multis me regionibus brevi tempore nunciavit, et multarum in me feminarum accendit invidiam.»
Liber Calam., p. 4. «Et quoniam dialecticorum rationum armaturam omnibus philosophiæ documentis prætuli, his armis alia commutavi et trophæis bellorum conflictus prætuli disputationum. Præinde diversas disputando perambulans provincias.....»
Liber. Calam., p. 5. «Quoniam de potentibus terræ nonnullos ibidem habebat (Guillelmus Campellensis) æmulos, fretus eorum auxilio, voti mei compos extiti.»
416: Né en 1079, près de Nantes, il était fils aîné, et renonça à son droit d'aînesse.
417: On voit par une de ses lettres qu'il avait d'abord étudié les lois.
418: «De là l'enivrement des laïques et la stupéfaction des docteurs. Nouveau Pierre l'Ermite d'une croisade intellectuelle, il entraînait après lui une jeunesse tourmentée de l'inextinguible soif de savoir, aventureuse et militante, impatiente de s'élancer vers un autre Orient inconnu, et d'y conquérir, non pas le tombeau du Christ, mais le Verbe éternellement vivant et Dieu lui-même. De l'Europe entière accouraient par milliers ces jeunes et ardents pèlerins de la pensée, tout bardés de logique et tout hérissés de syllogismes. «Rien ne les arrêtait, dit un contemporain, ni la distance, ni la profondeur des vallées, ni la hauteur des montagnes, ni la peur des brigands, ni la mer et ses tempêtes. La France, la Bretagne, la Normandie, le Poitou, la Gascogne, l'Espagne, l'Angleterre, la Flandre, les Teutons et les Suédois célébraient ton génie, t'envoyaient leurs enfants; et Rome, cette maîtresse des sciences, montrait en te passant ses disciples, que ton savoir était encore supérieur au sien.» (Foulques, prieur de Deuil.) «Lui seul, ajoute un autre de ses admirateurs, savait tout ce qu'il est possible de savoir.» De son école, où cinq mille auditeurs ordinairement venaient acheter sa doctrine à prix d'or, sortirent successivement un pape (Célestin II), dix-neuf cardinaux, plus de cinquante évêques ou archevêques, une multitude infinie de docteurs, et avec eux une espèce de régénération intérieure de l'Église d'Occident.» Les Réformateurs au XIIe siècle, par M. N. Peyrat, p. 128, 1860.
419: C'est, comme on le sait, à Sainte-Geneviève, au pied de la tour (très-mal nommée) de Clovis, qu'ouvrit cette grande école. De cette montagne sont descendues toutes les écoles modernes. Je vois au pied de cette tour, une terrible assemblée, non-seulement les auditeurs d'Abailard, cinquante évêques, vingt cardinaux, deux papes, toute la scolastique; non-seulement la savante Héloïse, l'enseignement des langues et la Renaissance, mais Arnaldo de Brescia, la Révolution.
Quel était donc ce prodigieux enseignement, qui eut de tels effets? Certes, s'il n'eût été rien que ce qu'on a conservé, il y aurait lieu de s'étonner. Mais on entrevoit fort bien qu'il y eut tout autre chose. C'était plus qu'une science, c'était un esprit, esprit surtout de grande douceur, effort d'une logique humaine pour interpréter la sombre et dure théologie du moyen âge. C'est par là qu'il enleva le monde, bien plus que par sa logique et sa théorie des universaux.
420: Guil. de S. Theodor. epist. ad S. Bern. (ap. S. Bernardi opera, t. I, p. 302): «Libri ejus transeunt maria, transvolant Alpes.»—Saint Bernard écrit en 1140, aux cardinaux de Rome: «Legite, si placet, librum Petr. Abelardi, quem dicit Theologiæ; ad manum enim est, cum, sicut gloriatur, a pluribus lectitetur in Curia.»
Les évêques de France écrivaient au pape, en 1140: «Cum per totam fere Galliam, in civitatibus, vicis et castellis, a scholaribus, non solum inter scholas, sed etiam triviatim, nec a litteratis aut provectis tantum, sed a pucris et simplicibus, aut certe stultis, de S. Trinitate, quæ Deus est, disputaretur...» T. Bernardi opera, I, 309.—S. Bern. epist. 88 ad Cardinales: «Irridetur simplicium fides, eviscerantur arcana Dei, quæstiones de altissimis rebus temerarie ventilantur.»
421: Tel est le point de vue chrétien au moyen âge. Je l'ai exposé dans sa rigueur. Cela seul explique comment Abailard, dans sa lutte avec saint Bernard, fut condamné sans être examiné, sans être entendu.
422: Sa mère était de Montbar, du pays de Buffon. Montbar n'est pas loin de Dijon, la patrie de Bossuet.—Il était né en 1091.
423: Voy. sur cette affaire les lettres de saint Bernard aux villes d'Italie (à Gênes, à Pise, à Milan, etc.), à l'impératrice, au roi d'Angleterre et à l'empereur.
424: Gaufridus: «Subtilissima cutis in genis modice rubens.»
425: Guill. de S. Theod. «Jusqu'ici tout ce qu'il a lu dans les saintes Écritures, et ce qu'il y sent spirituellement, lui est venu en méditant et en priant dans les champs et dans les forêts, et il a coutume de dire en plaisantant à ses amis, qu'il n'a jamais eu en cela d'autres maîtres que les chênes et les hêtres.»—Saint Bernard écrivit à un certain Murdach qu'il engage à se faire moine: «Experto crede; aliquid amplius in silvis invenies quam in libris. Ligna et lapides docebunt te quod a magistris audire non possis... An non montes stillant dulcedinem, et colles fluunt lac et mel, et valles abundant frumento?»
426: Elle était fille, à ce qu'on croit, d'Hersendis, première abbesse de Sainte-Marie-aux-Bois, près de Sézanne, en Champagne; ou, selon d'autres suppositions, d'une autre mère inconnue et d'un vieux prêtre, qui la faisait passer pour sa nièce, de Fulbert, chanoine de Notre-Dame. (N. Peyrat, 1860.)
427: Sur les terres de Thibauld, comte de Champagne.
428: Il voulut aussi réformer les mœurs du couvent. Cela déplut à la cour, dit-il lui-même.
429: «Sciebam in hoc regii consilii esse, ut quo minus regularis abbatia illa esset, magis regi esset subjecta et utilis, quantum videlicet ad lucra temporalia.» Liber Calamit., p. 27.
430: S. Bern. epist. 189: «Abnui, tum quia puer sum, et ille vir bellator ab adolescentia: tum quia judicarem indignum rationem fidei humanis committi ratiunculis agitandam.»
S. Bern. epist. ad papam, p. 182: «Procedit Golias (Abælardus)... antecedente quoque ipsum ejus armigero, Arnaldo de Brixia. Squama squamæ conjungitur, et nec spiraculum incedit per eas. Si quidem sibilavit apis, quæ erat in Francia, api de Italia, et venerunt in unum adversus Dominum.»—Epist. ad episc. Constant., p. 187: «Utinam tam sanæ esset doctrinæ quam districtæ est vitæ! Et si vultis scire, homo est neque manducans, neque bibens, solo cum diabolo esuriens et sitiens sanguinem animarum.»—Epist. ad Guid., p. 188: «Cui caput columbæ, cauda scorpionis est; quem Brixia evomuit, Roma exhorruit, Francia repulit, Germania abominatur, Italia non vult recipere.»—Il avait eu aussi pour maître Pierre de Brueys. Bulæus, Hist. Universit. Paris., II, 155. Platina dit qu'on ne sait s'il fut prêtre, moine ou ermite.—Trithemius rapporte qu'il disait en chaire, en s'adressant aux cardinaux: «Scio quod me brevi clam occidetis?... Ego testem invoco cœlum et terram quod annuntiaverim vobis ea quæ mihi Dominus præcepit. Vos autem contemnitis me et creatorem vestrum. Nec mirum si hominem me peccatorem vobis veritatem annuntiantem morti tradituri estis, cum etiam si S. Petrus hodie resurgeret, et vitia vestra quæ nimis multiplica sunt, reprehenderet, et minime parceretis.» Ibid., 106.
431: Jean de Salisbury explique parfaitement qu'après la dispersion de l'école d'Abailard et la victoire du mysticisme, plusieurs s'enterrèrent dans les cloîtres. D'autres, Jean lui-même, qui devint le client de l'ami du pape Adrien IV, se tournèrent vers le néant des cours (nugis curialibus). D'autres plus sérieux partirent pour Salerne ou Montpellier, où les croyants de la nature et de la science trouvaient un abri. Voir Renaissance, Introduction.
432: À Paris, au cimetière de l'Est.
433: C'est Abailard qui rapporte ces paroles.
434: «Domino suo, imo patri; conjugi suo, imo fratri; ancilla sua, imo filia; ipsius uxor, imo soror; Abelardo, Heloissa.»
435: «In omni (Deus scit!) vitæ meæ statu, te magis adhuc offendere quam Deum tereor; tibi placere amplius quam ipsi appeto. Tua me ad religionis habitum jussio, non divina traxit dilectio.»
436:
. . . . . O maxime conjux!
O thalamis indigne meis! hoc juris habebat
In tantum fortuna caput! Cur impia nupsi,
Si miserum factura fui? Nunc accipe pœnas,
Sed quas sponte luam.
437: Comment. in epist. ad Romanos.
438: L'ordre de Fontevrault eut trente abbayes en Bretagne.—Fondé vers 1100, il comptait déjà, selon Suger, en 1145, près de cinq mille religieuses.—Les femmes étaient cloîtrées, chantaient et priaient; les hommes travaillaient.—Malade, il appelle ses moines, et leur dit: «Deliberate vobiscum, dum adhuc vivo, utrum permanere velitis in vestro proposito; ut scilicet, pro animarum vestrarum salute, obediatis ancillarum Christi præcepto. Scitis enim quia quæcumque, Deo cooperante, alicubi ædificavi, earum potentatui atque dominatui subdidi... Quo audito, pene omnes unanimi voce dixerunt: Absit hoc, etc.» Avant de mourir il voulut donner un chef aux siens. «Scitis, dilectissimi mei, quod quidquid in mundo ædificavi, ad opus sanctimonialium nostrarum feci: eisque potestatem omnem facultatum marsum præbui: et quod his majus est, et me et meos discipulos, pro animarum nostrarum salute, earum servitio submisi. Quamobrem disposui abbatissam ordinare.» Considérant qu'une vierge élevée dans le cloître, ne connaissant que les choses spirituelles et la contemplation, ne saurait gouverner les affaires extérieures, et se reconnaître au milieu du tumulte du monde, il nomme une femme veuve et lui recommande que jamais on ne prenne pour abbesse une des femmes élevées dans le cloître.—Il recommande aussi de parler peu, de ne point manger de chair, de se vêtir grossièrement.
Lettre de Marbodus, évêque de Rennes, à Robert d'Arbrissel: «Mulierum cohabitationem, in quo genere condam peccasti, diceris plus amare... Has ergo non solum communi mensa per diem, sed et communi occubitu per noctem digeris, ut referunt, accubante simul et discipulorum grege, ut inter utrosque medius jaceas, utrique sexui vigiliarum et somni leges præfigas.» D. Morice, I, 499. «Feminarum quasdam, ut dicitur, nimis familiariter tecum habitare permittis et cum ipsis etiam et inter ipsas noctu frequenter cubare non erubescis. Hoc si modo agis, vel aliquando egisti, novum et inauditum, sed infructuosum martyrii genus invenisti... Mulierum quibusdam, sicut fama sparsit, et nos ante diximus, sæpe privatim loqueris earum accubitu novo martyrii genere cruciaris.» Lettre de Geoffroi, abbé de Vendôme, à Robert d'Arbrissel, publiée par le P. Sirmond (Daru, Histoire de Bretagne, I, 320): «Taceo de juvenculis quas sine examine religionem professas, mutata veste, per diversas cellulas protinus inclusisti. Hujus igitur facti temeritatem miserabilis exitus probat; aliæ enim, urgente partu, fractis ergastulis, elapsæ sunt; aliæ in ipsis ergastulis pepererunt.» Clypeus nascentis ordinis Fontebraldensis, t. I, p. 69.
439: Manuscrit de l'abbaye de Vaulx-Cernay (cité par Bayle).
440: Vit. Lud. Gross., ap. Scr. fr.
441: Chart. ann. 1115. «Si quelque plainte est portée devant lui ou devant son épouse...—La septième année de notre règne, et le premier de celui de la reine Adèle.»—Adèle prit la croix avec son mari.—Philippe-Auguste, à son départ pour la croisade, lui laissa la régence.
442: En 1134, Ermengarde de Narbonne succédant à son frère, demande et obtient de Louis le Jeune l'autorisation de juger, chose interdite aux femmes par Constantin et Justinien. Voy. dans Duchesne, t. IV: la réponse du roi... «apud vos deciduntur negotia legibus imperatorum: benignior longe est consuetudo regni nostri, ubi si melior sexus defuerit, mulieribus succedere et hæreditatem administrare conceditur.»
443: Cela est très-frappant dans leurs sceaux. Le roi d'Angleterre est représenté, sur une face, assis; sur l'autre, à cheval, et brandissant son épée. Le roi de France est toujours assis. Si Louis VII est quelquefois représenté à cheval (1137, 1138, Archives du Royaume, K. 40), c'est comme Dux Aquitanorum. L'exception confirme la règle.
444: On sait l'énorme grosseur de Guillaume le Conquérant (Voy. plus haut). «Quand donc accouchera ce gros homme?» disait le roi de France. Lorsqu'il fallut l'enterrer, la fosse se trouva trop étroite et le corps creva. Il dépensait pour sa table des sommes énormes (Gazas ecclesiasticas conviviis profusioribus insumebat, Guill. Malmsb. l. III, ap. Scr. fr. XI, 188). Les auteurs de l'Art de vérifier les Dates (XIII, 15) rapportent de lui, d'après une chronique manuscrite, un trait de violence singulière. Lorsque Baudouin de Flandre lui refusa sa fille Mathilde, «il passa jusques en la chambre de la comtesse; il trouva la fille au comte, si la prist par les trèces, si la traisna parmi la chambre et défoula à ses piés.»—Son fils aîné Robert était surnommé Courte-Heuse, ou Bas-Court (Order. Vit., ap. Scr. fr. XII, 596..... facie obesa, corpore pingui brevique statura Gambaon cognominatus est, et Brevis-ocrea); il se laissait ruiner par les histrions et les prostituées (ibid., p. 602: Histrionibus et parasitis ac meretricibus; item, p. 681.).—Le second fils du Conquérant, Guillaume le Roux, était de petite taille et fort replet; il avait les cheveux blonds et plats, et le visage couperosé. (Lingard, t. II de la trad., p. 167.) «Quand il mourut, dit Orderic Vital, ce fut la ruine des routiers, des débauchés et des filles publiques, et bien des cloches ne sonnèrent pas pour lui, qui avaient retenti longtemps pour des indigents ou de pauvres femmes» (Scr. rer. fr. XII, 679).—Ibid. «Legitimam conjugem nunquam habuit; sed obscœnis fornicationibus et frequentibus mœchiis inexplebiliter inhæsit.» p. 635: «Protervus et lascivus.» p. 624: «Erga Deum et ecclesiæ frequentationem cultumque frigidus extitit.»—Suger, ibid., p. 12: Lasciviæ et animi desideriis deditus..... Ecclesiarum crudelis exactor, etc.»—Huntingd., p. 216: «Luxuriæ scelus tacendum exercebat, non occulte, sed ex impudentia coram sole, etc.»—Henri Beauclerc, son jeune frère, eut de ses nombreuses maîtresses plus de quinze bâtards. Suivant plusieurs écrivains, sa mort fut causée par sa voracité en mangeant un plat de lamproies (Lingard, II, 241). Ses fils, Guillaume et Richard, se souillaient des plus infâmes débauches. (Huntingd., p. 218: «Sodomitica labe dicebantur, et erant irretiti.» Gervas., p. 1339: «Luxuriæ et libidinis omni tabe maculati.)» Glaber (ap. Scr. fr. X, 51) remarque que dès leur arrivée dans les Gaules, les Normands eurent presque toujours pour princes des bâtards.—Les Plantagenets semblèrent continuer cette race souillée. Henri II était roux, défiguré par la grosseur énorme de son ventre, mais toujours à cheval et à la chasse. (Petr. Bles., p. 98.) Il était, dit son secrétaire, plus violent qu'un lion (Leo et leono truculentior, dum vehementius excandescit, p. 75); ses yeux bleus se remplissaient alors de sang, son teint s'animait, sa voix tremblait d'émotion (Girald. Cambr., ap. Camden, p. 783.). Dans un accès de rage, il mordit un page à l'épaule. Humet, son favori, l'ayant un jour contredit, il le poursuivit jusque sur l'escalier, et ne pouvant l'atteindre, il rongeait de colère la paille qui couvrait le plancher. «Jamais, disait un cardinal, après une longue conversation avec Henri, je n'ai vu d'homme mentir si hardiment.» (Ép. S. Thom... p. 566.) Sur ses successeurs, Richard et Jean, voyez plus bas.—L'idéal, c'est Richard III, de Shakespeare, comme celui de l'histoire.
445: «The rusty curb of old father antic the law.» Shakespeare.
446: «De Diabolo venientes, et ad Diabolum transeuntes.»
447: Il enleva à Louis VII sa femme Éléonore, le Poitou, la Guienne, etc.
448: Encore Louis VII est-il saint lui-même, suivant quelques auteurs. On lit dans une chronique française, insérée au douzième volume du Recueil des Historiens de France, p. 226: «Il fu mors....; sains est, bien le savons;» et dans une chronique latine (ibid.): «..... Et sanctus reputatur, prout alias in libro vitæ suæ legimus.»
449: Voy. une charte de Louis VII, ap. Scr. fr. XII, 90..... «Ecclesiam parisiensem, in cujus claustro, quasi in quodam maternali gremio, incipientis vitæ et pueritiæ nostræ exegimus tempora.»
450: Suger était né probablement aux environs de Saint-Omer, en 1081, d'un homme du peuple nommé Hélinand.—Lorsque Philippe Ier confia aux moines de Saint-Denis l'éducation de son fils Louis le Gros, ce fut Suger que l'abbé en chargea.—Sa conduite, comme celle de ses moines, excita d'abord les plaintes de saint Bernard (Ép. 78); mais plus tard il mena, de l'aveu de saint Bernard lui-même (Ép. 309), une vie exemplaire.—Il écrivit lui-même un livre sur les constructions qu'il fit faire à Saint-Denis, etc. «L'abbé de Cluny ayant admiré pendant quelque temps les ouvrages et les bâtiments que Suger avait fait construire, et s'étant retourné vers la très-petite cellule que cet homme, éminemment ami de la sagesse, avait arrangée pour sa demeure, il gémit profondément, dit-on, et s'écria: «Cet homme nous condamne tous, il bâtit, non comme nous, pour lui-même, mais uniquement pour Dieu.» Tout le temps, en effet, que dura son administration, il ne fit pour son propre usage que cette simple cellule, d'à peine dix pieds en largeur et quinze en longueur, et la fit dix ans avant sa mort, afin d'y recueillir sa vie, qu'il avouait avoir dissipée trop longtemps dans les affaires du monde. C'était là que, dans les heures qu'il avait de libres, il s'adonnait à la lecture, aux larmes et à la contemplation; là, il évitait le tumulte et fuyait la compagnie des hommes du siècle; là, comme le dit un sage, il n'était jamais moins seul que quand il était seul; là, en effet, il appliquait son esprit à la lecture des plus grands écrivains, à quelque siècle qu'ils appartinssent, s'entretenait avec eux, étudiait avec eux; là, il n'avait pour se coucher, au lieu de plume, que la paille sur laquelle était étendue, non pas une fine toile, mais une couverture assez grossière de simple laine, que recouvraient, pendant le jour, des tapis décents.» Vie de Suger, par Guillaume, moine de Saint-Denis.
451: En 1128, il détourne un abbé du pèlerinage de Jérusalem. (Operum t. I, p. 85; voy. aussi p. 323.)—En 1129, il écrit à l'évêque de Lincoln, au sujet d'un Anglais nommé Philippe, qui, parti pour la terre sainte, s'était arrêté à Clairvaux et y avait pris l'habit: «Philippus vester volens proficisci Jerosolymam, compendium viæ invenit, et cito pervenit quo volebat... Stantes sunt jam pedes ejus in atriis Jerusalem; et quem audierat in Euphrata, inventum in campis silvæ libenter adorat in loco ubi steterunt pedes ejus. Ingressus est sanctam civitatem... Factus est ergo non curiosus tantum spectator, sed et devotus habitator, et civis conscriptus Jerusalem, non autem terrenæ hujus, cui Arabiæ mons Sina conjunctus est, quæ servit cum filiis suis, sed liberæ illius, quæ est sursum mater nostra. Et si vultis scire, Claræ-Vallis est (p. 64).—Voici un passage d'un auteur arabe, qui offre, avec les idées exprimées par saint Bernard, une remarquable analogie: «Ceux qui volent à la recherche de la Caaba, quand ils ont enfin atteint le but de leurs fatigues, voient une maison de pierre, haute, révérée, au milieu d'une vallée sans culture; ils y entrent, afin d'y voir Dieu; ils le cherchent longtemps et ne le voient point. Quand avec tristesse ils ont parcouru la maison, ils entendent une voix au-dessus de leurs têtes: Ô adorateurs d'une maison! pourquoi adorer de la pierre et de la boue? Adorez l'autre maison, celle que cherchent les élus!» (Ce beau fragment, dû à un jeune orientaliste, M. Ernest Fouinet, a été inséré par M. Victor Hugo dans les notes de ses Orientales, p. 416 de la première édition.)
452: Ποὐτξγ, Αλαμὰνε.
453: Odon de Deuil: «... Et à son retour, il demandait toujours vêpres et complies, faisant toujours de Dieu l'Alpha et l'Oméga de toutes ses œuvres.»
454: «L'empereur, dit-il, invitait par des lettres pressantes le sultan des Turcs à marcher contre les Allemands.»
455: «Se monacho, non regi nupsisse.»
456: Hallam. Il est vrai que ses possessions étaient dispersées: 248 manoirs dans le Cornwall, 54 en Sussex, 196 en Yorkshire, 99 dans le comté de Northampton, etc.
457: Nove forest. C'était un espace de trente milles que le conquérant avait fait mettre en bois, en détruisant trente-six paroisses et en chassant les habitants.
458: Ainsi Guillaume le Roux et son successeur Henri Beauclerc appelèrent tous deux un instant les Anglais contre les partisans de leur frère aîné, Robert Courte-Heuse.
459: «Mirabilis militum mercator et solidator.» Suger.
460: Orderic Vital.
461: «Je me propose, leur dit-il, de vous maintenir dans vos anciennes libertés; j'en ferai, si vous le demandez, un écrit signé de ma main, et je le confirmerai par serment.»—On dressa la charte, on en fit autant de copies qu'il y avait de comtés. Mais quand le roi se rétracta, il les reprit toutes; il n'en échappa que trois. (Math. Paris.)
462: Math. Paris. Lingard en doute, parce qu'aucun contemporain n'en fait mention. Mais celui qui laissa crever les yeux à ses petites-filles, et qui fit passer sa fille en hiver, demi-nue, dans un fossé glacé, mérite-t-il ce doute?
463: C'était Robert, révolté contre son père, et qui le combattit sans le connaître. On les réconcilia, ils se brouillèrent encore, et Guillaume maudit son fils.
464: Il eut la Marche pour quinze mille marcs d'argent. Le comte partait pour Jérusalem et ne savait que faire de sa terre. (Gaufred Vosiens.)
465: Tout le clergé de cette ville était composé de légistes au XIIIe et au XIVe siècles. Sous l'épiscopat de Guillaume Le Maire (1290-1314), presque tous les chanoines de son église étaient professeurs en droit (Bodin). Sur dix-neuf évêques qui formèrent l'assemblée du clergé en 1339, quatre avaient professé le droit à l'Université d'Angers.
466: Robert de Monte.—Orderic Vital: «La renommée de sa science se répandit dans toute l'Europe, et une foule de disciples accoururent pour l'entendre, de France, de Gascogne, de Bretagne et de Flandre.»
467: Radevicus, II, c. IV, ap. Giesler, Kirchengeschichte, II, P. 2, p. 72. «Scias itaque omne jus populi in condendis legibus tibi concessum, tua voluntas jus est, sicuti dicitur: «Quod Principi placuit, legis habet vigorem, cum populus et in eum omne suum imperium et potestatem concesserit.»—Le conseiller de Henri II, le célèbre Ranulfe de Glanville, répète cette maxime (de leg. et consuet. reg. anglic., in proem.).
468: Radevicus.
469: Lingard.
470: Elle ne savait que deux mots intelligibles pour les habitants de l'Occident, c'était Londres, et Gilbert, le nom de son amant. À l'aide du premier, elle s'embarqua pour l'Angleterre; arrivée à Londres, elle courut les rues en répétant: Gilbert! Gilbert! et elle retrouva celui qu'elle appelait.
471: Radulph. Niger.
472: Newbridg., II, 10. Chron. Norm. Lingard, II, 325.—Lingard, p. 321: «Le lecteur verra sans doute avec plaisir dans quel appareil le chancelier voyageait en France. Quand il entrait dans une ville, le cortége s'ouvrait par deux cent cinquante jeunes gens chantant des airs nationaux; ensuite venaient ses chiens, accouplés. Ils étaient suivis de huit chariots, traînés chacun par cinq chevaux, et menés par cinq cochers en habit neuf. Chaque chariot était couvert de peaux, et protégé par deux gardes et par un gros chien, tantôt enchaîné, tantôt en liberté. Deux de ces chariots étaient chargés de tonneaux d'ale pour distribuer à la populace; un autre portait tous les objets nécessaires à la chapelle du chancelier, un autre encore le mobilier de sa chambre à coucher, un troisième celui de sa cuisine, un quatrième portait sa vaisselle d'argent et sa garde-robe; les deux autres étaient destinés à l'usage de ses suivants. Après eux venaient douze chevaux de somme sur chacun desquels était un singe, avec un valet (groom) derrière, sur ses genoux; paraissaient ensuite les écuyers portant les boucliers et conduisant les chevaux de bataille de leurs chevaliers; puis encore d'autres écuyers, des enfants de gentilshommes, des fauconniers, les officiers de la maison, les chevaliers et les ecclésiastiques, deux à deux et à cheval, et le dernier de tous enfin, arrivait le chancelier lui-même conversant avec quelques amis. Comme il passait, on entendait les habitants du pays s'écrier: «Quel homme doit donc être le roi d'Angleterre, quand son chancelier voyage en tel équipage?» Steph., 20. 2.
Le prédécesseur de Becket, au siége de Kenterbury, lui écrivait: «In aure et in vulgis sonat vobis esse cor unum et animam unam» (Bles. epist. 78).—Petrus Gellensis: Secundum post regem in quatuor regnis quis te ignorat?» (Marten. Thes. anecd. III.)—Le clergé anglais écrit à Thomas: «In familiarem gratiam tam lata vos mente suscepit, ut dominationis suæ loca quæ boreali Oceano ad Pyrenæum usque porrecta sunt, prostestati vestræ cuncta subjecerit, ut in his solum hos beatos reputati opinio, qui in vestris poterant oculis complacere.» Epist. S. Thom., p. 190.
473: C'est le seul Anglais qui ait été fait pape.
474: «Citissime a me auferes animum; et gratia, quæ nunc inter nos tanta est, in atrocissimum odium convertetur.»
475: S. Dunstan, archev. de Kenterbury, fit des remontrances à Edgar, et lui fit faire pénitence. Il ajouta deux clauses à leur traité de réconciliation, 1o qu'il publierait un code de lois qui apportât plus d'impartialité dans l'administration de la justice; 2o qu'il ferait passer à ses propres frais dans les différentes provinces des copies des saintes Écritures pour l'instruction du peuple.—Et même, selon Lingard, le véritable texte d'Osbern doit être: «... Justas legum rationes sanciret, sancitas conscriberet, scriptas per omnes fines imperii sui populis custodiendas mandaret, au lieu de sanctas conscriberet scripturas.—Lingard, Antiquités de l'Église anglo-saxonne, I, p. 489.
476: Vie de saint Lanfranc.
477: Spence.
478: Les conseillers du roi attribuèrent à Becket le projet de se rendre indépendant. On rapporta qu'il avait dit à ses confidents que la jeunesse de Henri demandait un maître, et qu'il savait combien il était lui-même nécessaire à un roi incapable de tenir sans son assistance les rênes du gouvernement.
479: Henri II lui avait adressé par deux de ses justiciers des instructions plus dures encore que les coutumes de Clarendon. Voyez la lettre de l'Évêque, ap. Scr. fr. XVI, 216.—Voyez aussi (ibid. 572, 575, etc.) les lettres que Jean de Salisbury lui écrit pour le tenir au courant de l'état des affaires de Thomas Becket.—En 1166, l'évêque de Poitiers céda, et fit sa paix avec Henri II, Joann. Saresber. epist., ibid. 525.
480: Élu évêque en 1176 par les moines de Saint-David, dans le comté de Pembroke (pays de Galles), et chassé par Henri II, qui mit à sa place un Normand; réélu en 1198 par les mêmes moines, et chassé de nouveau par Jean sans Terre. Trop faiblement soutenu, il échoua dans sa lutte courageuse pour l'indépendance de l'Église galloise; mais sa patrie lui en garde une profonde reconnaissance. «Tant que durera notre pays, dit un poëte gallois, ceux qui écrivent et ceux qui chantent se souviendront de ta noble audace.»
481: Salisbury fait partie du pays de Kent, mais non du comté de ce nom. Du temps de l'archevêque Thibaut, ce fut Jean de Salisbury qu'on accusa de toutes les tentatives de l'Église de Kenterbury pour reconquérir ses priviléges. Il écrit, en 1159: «Regis tota in me incanduit indignatio... Quod quis nomen romanum apud nos invocat, mihi imponunt; quod in electionibus celebrandis, in causis ecclesiasticis examinandis, vel umbram libertatis audet sibi Anglorum ecclesia vindicare, mihi imputatur, ac si dominum Cantuariensem et alios episcopos quid facere oporteat solus intruam.....» J. Sareber, epist., ap. Scr. fr. XVI, 496.—Dans son Policraticus (Leyde, 1639, p. 206), il avance qu'il est bon et juste de flatter le tyran pour le tromper, et de le tuer. (Aures tyranni mulcere... tyrannum occidere... æquum et justum.)—Dans l'affaire de Thomas Becket, sa correspondance trahit un caractère intéressé (il s'inquiète toujours de la confiscation de ses propriétés, Scr. fr. XVI, 508, 512, etc.), irrésolu et craintif, p. 509: il fait souvent intercéder pour lui auprès de Henri II, p. 514, etc., et donne à Becket de timides conseils, p. 510, 527, etc. Il ne semble guère se piquer de conséquence. Ce défenseur de la liberté n'accorde au libre arbitre de pouvoir que pour le mal (Policrat., p. 97). Il ne faut pas se hâter de rien conclure de ce qu'il reçut les leçons d'Abailard; il vante saint Bernard et son disciple Eugène III. (Ibid., p. 311.)
482: Lorsque dans la suite il débarqua en France, il aperçut des jeunes gens dont l'un tenait un faucon, et ne put s'empêcher d'aller voir l'oiseau; cela faillit le trahir.
483: Dixit: «Sinite pauperes Christi.... omnes intrare nobiscum, ut epulemur in Domino ad invicem.» Et impleta sunt domus et atria circumquaque discumbentium.
484: «Il portait le cilice et se flagellait. Il obtint d'un frère, qu'outre le repas délicat qu'on lui servait, il lui apportât secrètement la pitance ordinaire des moines, et il s'en contenta à l'avenir. Mais ce régime, si contraire à ses habitudes, le rendit bientôt assez grièvement malade.» Vita quadrip.
485: Jean de Salisbury.
486: Id.
487: Louis envoya au-devant de l'archevêque une escorte de trois cents hommes.
488: À Montmirail, Henri se remit, lui, ses enfants, ses terres, ses hommes, ses trésors, à la discrétion de Louis.
489: Mais Louis se repentit d'avoir abandonné Becket; peu de jours après, il le fit appeler. Becket vint avec quelques-uns des siens, pensant qu'on allait lui intimer l'ordre de quitter la France.—«Invenerunt regem tristi vultu sedentem, nec, ut solebat, archiepiscopo assurgentem. Considerantibus autem illis, et diutius facto silentio, rex tandem, quasi invitus abeundi daret licentiam, subito mirantibus cunctis prosiliens, obortis lacrymis projecit se ad pedes archiepiscopi, cum singultu dicens: «Domine mi pater, tu solus vidisti.» Et congeminans cum suspirio: «Vere, ait, tu solus vidisti. Nos ommes cæci sumus... Pœniteo, pater, ignosce, rogo, et ab hac culpa me miserum absolve: regnum meum et meipsum ex hac hora tibi offero.» Gervas. Cantuar., ap. Scr. fr. XIII, 33. Vit. quadrip., p. 96.
490: Ce fut Lanfranc qui bâtit, sur l'ordre de Guillaume le Conquérant, l'église de Saint-Étienne de Caen, dernier et magnifique produit de l'architecture romane.
491: On avait choisi cette messe, parce qu'on ne s'y donnait pas de baiser de paix à l'évangile, comme aux autres offices.
492: Voyez cependant dans Hoveden la vie austère et mortifiée que menait le saint. Sa table était splendide, et cependant il ne prenait que du pain et de l'eau. Il priait la nuit, et le matin réveillait tous les siens. Il se faisait donner la nuit trois ou cinq coups de discipline, autant le jour, etc.
493: Vit. quadrip.; Jean de Salisbury.
494: Roger de Hoveden.
495: Thierry.
496: «Modo sit rex, modo sit rex.» «Et in hoc similes illis qui Domino in cruce pendenti insultabant.» Vit. quadrip.
497: Ibid.
498: Præterea ego et major filius meus rex, juramus quod a domino Alexandro papa et catholicis ejus successoribus recipiemus et tenebimus regnum Angliæ.» Baron. annal., XII, 637.—À la fin de la même année il écrivait encore au pape: «Vestræ jurisdictionis est regnum Angliæ, et quantum ad feudatarii juris obligationem, vobis duntaxat teneor et astringor.» Petr. Bles. epist., ap. Scr. fr. XVI, 650.
499: Robert du Mont.
500: J. Bromton.
501: Id. «Richardus.... asserens non esse mirandum, si de tali genere procedentes mutuo sese infestent, tanquam de Diabolo revertentes et ad Diabolum transeuntes.»
502: J. Bromton.
503: La prophétie était: «Aquila rupti fœderis tertia nidificatione gaudebit.»
504: Aquila bispertita. Il désigne ainsi Éléonore.
505: Richard de Poitiers.
506: Jean de Salisbury: «Impregnavit, ut proditor, ut adulter, ut incestus.»
507: Bromton: «Quam post mortem Rosamundæ defloravit.»
508: Id: «Huic puellæ fecerat rex apud Wodestoke mirabilis architecturæ cameram, operi Dedalino similem, ne forsan a regina facile deprehenderetur.
509: Peu de temps après la mort de son fils, il fit prisonnier Bertrand de Born. «Avant de prononcer l'arrêt du vainqueur contre le vaincu, Henri voulut goûter quelque temps le plaisir de la vengeance, en traitant avec dérision l'homme qui s'était fait craindre de lui, et s'était vanté de ne pas le craindre. «Bertrand, lui dit-il, vous qui prétendiez n'avoir en aucun temps besoin de la moitié de votre sens, sachez que voici une occasion où le tout ne vous ferait pas faute.—Seigneur, répondit l'homme du Midi, avec l'assurance habituelle que lui donnait le sentiment de sa supériorité d'esprit, il est vrai que j'ai dit cela, et j'ai dit la vérité.—Et moi, je crois, dit le roi, que votre sens vous a failli.—Oui, seigneur, répliqua Bertrand d'un ton grave, il m'a failli le jour où le vaillant jeune roi, votre fils, est mort; ce jour-là j'ai perdu le sens, l'esprit et la connaissance.»—Au nom de son fils, qu'il ne s'attendait nullement à entendre prononcer, le roi d'Angleterre fondit en larmes et s'évanouit. Quand il revint à lui, il était tout changé; ses projets de vengeance avaient disparu, et il ne voyait plus dans l'homme qui était en son pouvoir, que l'ancien ami du fils qu'il regrettait. Au lieu de reproches amers, et de l'arrêt de mort ou de dépossession auquel Bertrand eût pu s'attendre: «Sire Bertrand, sire Bertrand, lui dit-il, c'est à raison et de bon droit que vous avez perdu le sens pour mon fils; car il vous voulait du bien plus qu'à homme qui fût au monde: et moi, pour l'amour de lui, je vous donne la vie, votre avoir, et votre château. Je vous rends mon amitié et mes bonnes grâces, et vous octroie cinq cents marcs d'argent pour les dommages que vous avez reçus.» Thierry.
510: Thierry.
511: Coronatio Phil. I, ap. Scr. fr. XI, 32: «Ipse legit, dum adhuc septennis esset: «Ego... defensionem exhibebo, sicut rex in suo regno unicuique episcopo et ecclesiæ sibi commissæ... debet.»
512: Comme il revenait d'un voyage (1154), la nuit le surprend à Créteil. Il s'y arrête, et se fait défrayer par les habitants, serfs de l'église de Paris. La nouvelle en étant venue aux chanoines, ils cessent aussitôt le service divin, résolus de ne le reprendre qu'après que le monarque aura restitué à leurs serfs de corps, dit Étienne de Paris, la dépense qu'il leur a occasionnée. Louis fit réparation, et l'acte en fut gravé sur une verge que l'église de Paris a longtemps conservée en mémoire de ses libertés.
513: Les rois d'Angleterre ne s'attribuèrent ce pouvoir qu'après avoir pris le titre et les armes des rois de France.
514: Chronica reg. franc., ibid. 214: «.... Remansit in silva sine societate Philippus; unde stupefactus concepit timorem, et tandem per carbonarium fuit reductus Compendium; et ex hoc timore sibi contigit infirmitas, quæ distulit coronationem.»
Ibid.... «Fecit spoliari omnes una die... Recesserunt omnes qui baptizari noluerunt.» «Ils donnèrent pour se racheter 15,000 marcs.» Rad. de Diceto, ap. Scr. fr. XIII, 204.—Rigordus, Vita Phil. Aug., ap. Scr. fr. XVII. Philippe remit aux débiteurs des Juifs toutes leurs dettes, à l'exception d'un cinquième qu'il se réserva. Voy. aussi la chronique de Mailros, ap. Scr. fr. XIX, 250.
Guilelmi Britonis Philippidos, l. I. «Dans tout son royaume il ne permit pas de vivre à une seule personne qui contredit les lois de l'Église, qui s'écartât d'un seul des points de la foi catholique, ou qui niât les sacrements.»
515: Les membres de cette association n'étaient liés par aucun vœu; ils se promettaient seulement de travailler en commun au maintien de la paix. Tous portaient un capuchon de toile, et une petite image de la Vierge qui leur pendait sur la poitrine. En 1183, ils enveloppèrent sept mille routiers ou cotereaux, parmi lesquels se trouvaient quinze cents femmes de mauvaise vie. «Les coteriau ardoient les mostiers et les églises, et traînoient après eux les prêtres et les gens de religion, et les appeloient cantadors par dérision; quand ils les battoient et tormentoient, lors disoient-ils: cantadors, cantets.» Chroniq. de Saint-Denis.—Leurs concubines se faisaient des coiffes avec les nappes de la communion, et brisaient les calices à coups de pierres. (Guillaume de Nangis.)