[5] Ce doit être Claude Du Puget de La Serre, dont la fille, Isabelle-Eugénie Du Puget de La Serre, épousa Jean-François Désiré, prince de Nassau-Siegen. (Voyez Morery.)
[6] Il fut fait des cent gentilshommes qu'on remit sur pied pour l'entrée de la reine Marie de Médicis. (T.)
[7] Le bel ancêtre pour les princes de Nassau!
[8] Étienne Du Puget, évêque de Marseille, mort en 1668 (Morery). Il avoit été marié avec une demoiselle Hallé, fille d'un maître des comptes. Il la perdit en 1614. Malherbe a fait un beau sonnet pour servir d'épitaphe à cette dame Du Puget. (Poésies de Malherbe; Paris, Barbou, 1764, p. 206.)
[9] Augustin Potier de Blancmesnil, évêque de Beauvais, aumônier de la reine Anne d'Autriche, mort en 1650, eut un moment de crédit. «M. l'évêque de Beauvais, plus idiot que tous les idiots de votre connoissance, prit la figure de premier ministre, et il demanda, dès le premier jour, aux Hollandois, qu'ils se convertissent à la religion romaine s'ils vouloient demeurer dans l'alliance de la France. La Reine eut honte de cette momerie du ministre......., et elle se mit entre les mains du cardinal Mazarin.» (Mémoires du cardinal de Retz, deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. 44, p. 146.)
[10] Abbaye de femmes. (T.)
[11] C'est un fief de Pommeuse. (T.)
[12] Quand le cardinal de Savoie salua la Reine, comme il mettoit le pied dans la chambre, il entendit:
Ah! qu'il est beau!
Il a fait sa barbe de nouveau.
Cela le surprit; la Reine se mit à rire, et lui dit: «C'est mon perroquet.» En effet, ce l'étoit. (T.)
[13] Duret de Chevry, président de la chambre des comptes de Paris. (Voyez son article, t. 1, p. 261.)
[14] Pierre Du Puget, seigneur de Montauron, des Carles et Caussidière, La Chevrette et La Marche, conseiller du Roi, premier président au bureau des finances de Montauban.
[15] C'étoit la cousine-germaine de Montauron, qui étoit le neveu de Puget de Pommeuse.
[16] Le père de Patru avoit une ferme près de Pommeuse. (T.)
[17] Dans Morery, on présente Louise Du Puget comme ayant été la première femme de Montauron.
[18] Corneille a dédié Cinna à Montauron, en 1639. Dans l'épître dédicatoire il le compare à Auguste, c'étoit le Mécène des gens de lettres. Fitelieu, qui s'intituloit en outre sieur de Rodolphe et du Montour, lui dédia la Contre-Mode (Paris, Louis de Heuqueville, in-12, 1642). Voici le commencement de l'épître dédicatoire: «Monsieur, ce premier essor de ma plume et de mon esprit dans Paris, quoique petit, rencontre de prime-abord un grand homme pour se faire connoître à sa faveur. Il recevra plus de vogue et d'autorité de votre nom que du peu de suffisance de celui qui vous l'offre, et pour combattre une erreur populaire qui vous fait l'auteur d'une Mode qu'il condamne, il publiera partout que vous aimez bien plus les contentemens de l'âme que les plaisirs du corps, etc.» Nous citons ce passage, parce qu'il prouve que Montauron étoit un homme à la mode; l'ouvrage, tout ridicule qu'il est, contient des détails singuliers sur les usages du temps.
[19] Le grand Condé.
[20] Gédéon Tallemant, maître des requêtes et intendant de justice en Languedoc.
[21] Elle s'appeloit Isabelle-Diane de Michel, et fut dame de La Marche. Il l'épousa en 1643, suivant Morery.
[22] C'est sans doutes d'après cette généalogie qu'a été fait l'article Puget dans le Dictionnaire de Morery. Il semble avoir été dicté à la complaisance des éditeurs par la famille des Pugets. A l'exception du père Anselme, il faut lire, avec précaution, presque tous les généalogistes.
[23] Jean Puget de La Serre, écrivain pitoyable, qui seroit oublié si Boileau ne l'avoit doté de l'immortalité du ridicule.
La Serre est un charmant auteur,
Ses vers sont d'un beau style et sa prose est coulante.
(Satire IIIe.)
Vous pourriez voir un temps vos écrits estimés
Courir de main en main par la ville semés;
Puis de là tout poudreux, ignorés sur la terre,
Suivre chez l'épicier Neuf-Germain et La Serre.
(Satire IXe.)
[24] La mère des trois Puget s'appeloit Isabeau Le Brun de La Serre. Cette parenté devoit venir de là.
[25] C'étoit une fille d'Étienne Du Puget. (Voyez plus haut l'article des Puget.)
[26] Expression empruntée de la langue italienne (da galant'uomo).
[27] C'étoit au mois de juin 1638. Voyez l'Histoire de l'Académie françoise, par Pellisson (Paris, 1730, t. 1, p. 86). L'hôtel de Mélusine devoit vraisemblablement son nom à un tableau de cette fée qui lui servoit d'enseigne.
[28] Voyez au t. 1 la note de la p. 400.
[29] On lit Souffran dans le manuscrit, mais c'est évidemment du père Suffren, confesseur de Marie de Médicis, que parle ici Tallemant. Ce religieux avoit obtenu de Louis XIII la permission de suivre la Reine-mère dans les Pays-Bas. (Voyez l'Histoire des confesseurs des rois, par Grégoire; Paris, 1824, p. 339.) La Reine, qui étoit Italienne, prononçoit vraisemblablement Souffran, et à la cour tout s'imite.
[30] Elle étoit fille de Turpin, procureur au Châtelet, et elle épousa Lévesque, procureur au Parlement. (Voyez l'Historiette de madame Lévesque, t. 3, p. 278.)
[31] Fête, repas que l'on donne aux dames.
[32] Sorte de pâtisserie très-délicate. (Dict. de Trévoux.)
[33] Gédéon Tallemant, maître des requêtes, intendant de Guyenne, de Languedoc et de Roussillon. Son portrait a été gravé in-4o, par Fresne.
[34] Chabot étoit un bien petit gentilhomme avant d'épouser mademoiselle de Rohan. (Voyez l'Historiette de mademoiselle de Rohan, t. 3, p. 59.)
[35] Jean Silhon, de l'Académie françoise, écrivain politique, auteur du Ministre d'État, etc., etc. Il mourut en 1667.
[36] Rampalle est un mauvais poète, dont Boileau a dit:
On ne lit guère plus Rampalle et Mesnardière.
(Art poétique, ch. IV.)
[37] Ce devoit être dans la rue des Tournelles, derrière la Place Royale. Le rempart étoit fort élevé, et empêchoit la vue; on ne commença à le planter et à le convertir en boulevards qu'en 1668; les plantations ne furent achevées jusqu'à la porte Saint-Honoré qu'en 1705.
[38] Josias de Soulas, sieur de Prine-Fosse, après avoir fait profession des armes dans le régiment des gardes-françoises de Louis XIII, se fit comédien sous le nom de Floridor. Il avoit une figure noble, une belle taille, un son de voix mâle sans cesser d'être pénétrant et affectueux. Il joignoit à ces avantages beaucoup d'esprit et une conduite exemplaire. (Voyez l'Histoire du Théâtre-François, par les frères Parfait, t. 8, p. 217.)
[39] Femme d'un conseiller au Parlement qui a beaucoup marqué dans les troubles de la Fronde. (Voyez t. 4, p. 14, l'Historiette de madame Coulon.)
[40] Gédéon Tallemant étoit fils de Gédéon Tallemant, trésorier de Navarre, oncle de l'auteur de ces Mémoires. (Voyez la Notice.)
[41] Vallon étoit lieutenant-général attaché à Gaston. Mademoiselle de Montpensier en a parlé fréquemment dans ses Mémoires.
[42] Livrée de couleur jaune-clair.
[43] Gilbert Filhet de La Curée, l'un des plus braves compagnons de Henri IV. Ce capitaine a été fort peu connu jusqu'à ces derniers temps. Ses beaux faits d'armes sont présentés avec le plus grand intérêt dans le Journal militaire de Henri IV, que M. le comte de Valory a publié d'après les manuscrits de la Bibliothèque royale, fonds de Béthune. (Paris, Firmin Didot, 1821, in-8o.)
[44] On a déjà indiqué le Recueil qui contient les poésies de Chandeville.
[45] Par le comte d'Harcourt, en 1640.
[46] C'étoit un garçon, fils d'un de ses commis, qui étoit assez né aux mathématiques. (T.)
[47] Merveilleux, admirable. (Expression empruntée de Rabelais.)
[48] En 1627.
[49] Ce fut Saugeon qui le mena voir la mère Angélique de Gadagne. (T.)—Saugeon étoit un gentilhomme saintongeois, dont Tallemant raconte les singulières aventures dans le chapitre des Amants de différentes espèces.
[50] Marie de Médicis.
[51] Mais j'ai appris qu'elle en payoit son galant, à qui elle donnoit deux mille livres; c'est le moine Bragelonne de Saint-Denis: elle l'eût fait coadjuteur de Tours si elle ne fût point morte. Elle gouvernoit madame de Brienne, et étoit bien avec la Reine. (T.)
[52] Singulière expression: un homme de numéros, un homme de chiffres, pour un homme fin et habile en affaires. On voit dans Trévoux qu'un homme qui entend le numéro est celui qui pénètre facilement dans le secret de toute affaire où il s'agit de compte ou de profit.
[53] Tallemant est, à ce que nous croyons, le premier qui ait parlé des ouvrages imprimés de son oncle La Leu et de Douet, le maître-d'hôtel. Ces petits renseignements bibliographiques seront recueillis, et feront connoître les auteurs de ces bizarreries oubliées.
[54] Corbie fut pris par les Espagnols en 1636. (Voyez les Mémoires de Montglat, deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. 49, p. 128.)
[55] Au prêche.
[56] Le maréchal de Thémines s'appeloit Lauzières. Son fils aîné portoit le litre de marquis de Thémines, et son second fils Charles avoit conservé ce nom de famille.
[57] Où est à cette heure l'hôtel de l'Hospital. (T.)
[58] François de Montmorency-Bouteville, si célèbre par sa manie pour les duels, mis à mort le 21 juin 1627.
[59] Cette dame Saintot, qui eut pour Voiture une passion si malheureuse. (Voyez l'Historiette de Voiture, tome 2, page 272 de ces Mémoires.)
[60] Belle-fille de l'écuyer de madame de Retz. Elle épousa Pierre de Lalane. (Voyez son article à la suite de celui-ci.)
[61] Il ne passoit pas autrement pour bon catholique; il crut que d'aller communier au cardinal à sa première messe, le mettroit en bonne réputation, ou bien il crut que cela se devoit. Il y fut, et pas un parent n'y alla; cela sembla ridicule. (T.)—Cette note de Tallemant mérite qu'on s'y arrête un instant. On y voit que la famille de l'abbé de Retz affecta de ne pas assister à sa première messe.
[62] Louis Nublé, avocat au parlement de Paris. Il étoit l'ami de Ménage, qui lui a dédié ses Amænitatas juris civilis. Ce fut lui qui défendit Ménage devant le Parlement quand il y fut traduit pour ces vers de sa neuvième élégie latine, adressée au cardinal Mazarin:
Et puto tam viles despicis ipse togas,
Qui modò te rerum dominum venerantur, adorant;
Hi sunt sæpè tuum qui petiere caput.
Nublé, né à Amboise, est mort à Paris en 1686.
[63] Ahan (vieux mot), douleur.
[64] Ce village appartenoit à un parent de M. de Bellièvre, alors second président au mortier du Parlement de Paris. Notre intendant crut être obligé de lui en faire compliment; mais il fut si bon, qu'après avoir dicté la lettre à son secrétaire, il mit au bas qu'il le prioit de l'excuser s'il ne lui avoit pas écrit de sa main; que ce jour-là il lui avoit fallu faire une lettre pour M. le cardinal, etc. Il en nommoit je ne sais combien. M. de Bellièvre dit: «Il est vrai que voilà bien des lettres.»
(T.)
[65] Des balles de paume.
[66] Ce benêt avoit une sotte coutume de dire mes amis, au lieu de messieurs. Un bourgeois qui l'étoit allé voir seul, voyant qu'il disoit mes amis, se retourne et ne voit que son barbet. «Hé! coquin, lui dit-il, remercie donc monsieur.» (T.)
[67] Titon Du Tillet dit que madame de Lalane s'appeloit Gastelle Des Roches. (Parnasse françois, p. 331.)
[68] Madame de Lalane écrivoit des lettres spirituelles, et faisoit de jolis vers, s'il en faut croire Campion. (Voyez le Recueil de lettres qui peuvent servir à l'histoire, Rouen, 1657, p. 73.)
[69] Les poésies de Pierre de Lalane ont été recueillies par Saint-Marc, et publiées en 1759, avec celles de Montplaisir.
[70] Lalane n'est guère connu que par les poésies touchantes que lui inspira le regret de la perte de sa femme. Chapelain lui-même adoucit, en faveur de celle-ci, la rudesse de ses vers, et il lui fit cette épitaphe:
Vénus repose en ce tombeau
Du nom d'Amarante couverte,
Le monde a perdu dans sa perte
Ce qu'il eut jamais de plus beau.
Toutes les Grâces, de tristesse,
Sont mortes avec la Déesse;
Son fils voit encore le jour.
L'Amour reste encor de la belle:
Mais ce ne peut être l'Amour!
Il est aussi mort avec elle.
[71] Bernard Lesfargues, auteur de David, poème héroïque, dont Boileau a dit dans la neuvième satire:
Le David imprimé n'a point vu la lumière.
On ne sait pourquoi on dit dans la Biographie de M. Michaud, que Lesfargues étoit imprimeur.
[72] L'ouvrage est indiqué dans la Biographie universelle sous ce titre: Histoire d'Alexandre le Grand, tirée de Quinte-Curce et autres auteurs, 1639, in-8o.
[73] Les Oraisons de Cicéron contre Verrès, traduites en françois, 1640, in 4o.
[74] Germain Habert, abbé de Cérisy, poète assez distingué, membre de l'Académie françoise. Sa pièce principale est la Métamorphose des yeux de Philis en astres. (Voyez le Recueil de diverses poésies; Paris, Chamhoudry, 1651, première partie, p. 29.)
[75] Marin Cureau de La Chambre, médecin ordinaire du Roi, membre de l'Académie françoise, auteur du Caractère des Passions, ouvrage fort remarquable.
[76] Jacques Esprit, de l'Académie françoise. (Voyez la note de la p. 38 du t. 3.)
[77] Adomestiqua, il se familiarisa, expression empruntée du mot italien dimesticar'si.
[78] On ne trouve nulle part des détails aussi circonstanciés sur Lesfargues.
[79] François Tallemant, né vers 1620, membre de l'Académie françoise, mourut en 1693. Il étoit frère de l'auteur de ces Mémoires.
[80] On l'appeloit son inquiétude, comme on dit son excellence, (M. Daunou, dans la Biographie universelle.)
[81] L'auteur parle ici de saint Vincent de Paul. Il lui donne la qualité de Père, comme fondateur des Lazaristes, ou Pères de la mission.
[82] Ce ministre disoit une fois: «Mes frères, les proverbes sont véritables: qui a fait Normand a fait gourmand; qui a fait Gascon a fait larron (notez que c'étoit à Bordeaux); qui a fait Saintongeois a fait bavard, etc. Mais qui a fait Écossois a fait prompt et propre à toutes vertus.» (T.)
[83] Un diseur de fadaises, un homme qui ne termine rien de ce qu'il commence; qui, en parlant, n'arrive jamais au but qu'il se proposoit d'atteindre.
[84] C'est-à-dire Caillette; à La Rochelle on dit un Cail; il vouloit dire coiffé de sa fille; douze douzaines, c'est une grosse; quand elle sera grosse; le gendre à la Manon, c'est que ma mère avoit bien du soin du gendre de la fille du premier lit, et mon père disoit: «Que sera-ce donc du gendre à la Manon?» Ma sœur de Ruvigny s'appelle Marie. (T.)
[85] Une femme de Bordeaux disoit cela: «Ma sœur de Battagley a bon cœur.» Il vouloit dire que ma sœur avoit du cœur. (T.)
[86] Le prix des charges de conseiller au Parlement de Paris s'étoit beaucoup augmenté. Les financiers, dans la vue de s'élever, plaçoient leurs enfants dans les cours souveraines pour acquérir la noblesse, et le Parlement avoit d'ailleurs acquis, durant les troubles de la Fronde, une grande importance politique. On voit, dans les Mémoires de Coulanges, qu'en 1656 une charge de conseiller se vendit cinquante-cinq mille écus. (Mémoires de Coulanges; Paris, Blaise, 1820, p. 1.)
[87] La Foraine. La traite foraine étoit un impôt qui se levoit sur les marchandises qui entroient ou sortoient du royaume. En Languedoc on disoit simplement la Foraine. (Dict. de Trévoux.)
[88] On voit encore dans la rue de Charenton une porte d'entrée et les restes des pavillons qui marquoient les quatre angles de ce beau jardin. Du temps de Sauval, on appeloit ce lieu le jardin de Reilly ou la folie Rambouillet. «Dans ce jardin, dit-il, se trouvent des allées de toutes figures, et en quantité. Les unes forment des pattes d'oie, les autres des étoiles; quelques-unes sont bordées de palissades, d'autres d'arbres. La principale, qui est d'une longueur extraordinaire, conduit à une terrasse élevée sur le bord de la Seine; celles de traverse se vont perdre dans de petits bois, dans un labyrinthe et autres compartiments: toutes ensemble forment un réduit si agréable qu'on y vient en foule pour se divertir. Dans des jardins séparés se cultivent en toutes saisons un nombre infini de fruits, dont la saveur, la grosseur, ne satisfont pas seulement le goût et la vue, mais même sont si beaux et si excellents, que les plus grands seigneurs sont obligés de faire la cour au jardinier quand ils font de magnifiques festins; et même le Roi lui en envoie demander. En un mot, ou parle des fruits de Reilly comme de ceux des Hespérides; hormis que pour en avoir on ne court pas tant de hasards.» (Antiquités de Paris, t. 2, p. 288.) Il ne reste plus rien de toutes ces belles choses, des marais bien cultivés en ont pris la place; seulement la rue qui longe ce terrain en se dirigeant vers la rivière, porte le nom de rue de Rambouillet. On a déjà dit quelques mots de ce jardin dans une note du t. 3, p. 205.
[89] Mon père étoit encore à Bordeaux. (T.)
[90] Ce jardin est de près de trente arpens, et il coûte horriblement à faire et à entretenir. Il y a assez de bâtiments. (T.)
[91] Collet empesé, monté sur du carton. (Dictionnaire de Trévoux.)
[92] Saint-Simon, qui n'est pas louangeur, rend justice à Ruvigny. Ce gentilhomme huguenot, plein d'honneur et de probité, a été pendant très-long-temps le député de sa religion à la cour. A la révocation de l'édit de Nantes, le Roi lui offrit de rester en France, mais il n'accepta point, et il passa en Angleterre. (Mémoires de Saint-Simon, t. 1, p. 452; édition de 1829.)
[93] Ruvigny étoit rousseau et la Grossetière, gendre du premier lit, aussi. «Oh! dit l'abbé, je pense que toutes les bêtes fauves se viendront prendre céans.» (T.)
[94] Une petite Rambouillet qui est demeurée fort courte. (T.)
[95] Un sot parasite. (T.)
[96] On croit que Desmarets a pris d'elle le personnage d'Hespérie dans les Visionnaires, qui croit que tout le monde est amoureux d'elle. (T.)
[97] Elle étoit huguenote. (T.)
[98] J'ai ouï dire depuis que M. Du Vigean l'introduisant à l'hôtel de Liancourt, lui dit: «Faites comme vous me verrez faire,» et que M. Du Vigean ayant trouve là bien du beau monde, avec qui il étoit fort familier, s'étoit mis à genoux en les saluant; lui en fit autant. On en sourit; il s'en aperçut, et, tout déferré, s'alla asseoir sur un téorbe.
(T.)
[99] Gauthier de Costes, de La Calprenède, né au château de Tolgou, auprès de Sarlat. Il est mort en 1663.
[100] Elle a été imprimée en 1637, in-4o.
[101] De la conduite.
[102] Affiner quelqu'un, l'attraper, lui donner à ses dépens une leçon de finesse. Ce mot se prend encore dans ce sens en Bretagne et dans quelques autres provinces. (Dictionnaire de Trévoux.)
[103] Les tomes 11 et 12 de Cléopâtre portent la date de 1661. Nous en avons fait la vérification sur l'exemplaire de la Bibliothèque royale. Les autres volumes sont à toutes dates, 1662, 1656, 1657, ce qui montre que le libraire Guillaume de Luynes réimprimoit au besoin les volumes séparément. Il résulte de ce rapprochement que Tallemant écrivoit en 1662 cette partie de ses Mémoires.
[104] Deux romans de mademoiselle de Scudéry.
[105] La vervelle étoit un anneau ou une plaque que l'on attachoit à la patte de l'oiseau de proie; elle portoit l'empreinte des armes du seigneur auquel il appartenoit, ou tout autre signe de reconnoissance. (Dict. de Trévoux.)
[106] Voyez l'article de madame de Chezelle et de madame Boiste, à la suite de celui-ci.
[107] Ce n'est pas à dire que ce M. de Brac demeurât dans la rue de Braque, ni qu'il lui ait donné son nom. Cette rue, qui est entre les rues Sainte-Avoie et du Chaume, est ainsi nommée d'Arnoul de Bracque, qui, en 1348, y fit construire un hôpital et une chapelle. (Voyez Jaillot, Recherches sur la ville de Paris, quartier Sainte-Avoie, tome 3, page 27.)
[108] Les Capucins du Marais, rue d'Orléans et du Perche. C'est aujourd'hui la paroisse Saint-François.
[109] On appeloit ainsi les rubans qui se nouoient sur les jarretières.
[110] Savignac, un gentilhomme de Limosin qui a six pieds de haut, et Villiers Courtin, ex-capitaine aux gardes. (T.)
[111] Cette pièce est intitulée: Décret d'un cœur infidèle, suivi de l'état et inventaire des meubles du cœur volage, et l'ordre de la distribution qui en fut faite. Elle se trouve dans le Recueil des pièces en prose les plus agréables de ce temps; Paris, Sercy, 1661, t. 4, p. 263-273. Cet ouvrage étant assez rare, nous citerons ici quelques vers de cette pièce singulière:
On adjugea ses devoirs à Sylvie,
A la jeune Cloris les devoirs de sa vie,
A Philis ses tourments,
A la divine Iris ses mécontentements;
Amarillis reçut ses premières tendresses,
La folâtre Cléon ses trompeuses promesses.
On livra ses sanglots à la belle Cypris,
A Calixte sa foi qu'on estimoit sans prix.
Amarante eut ses pleurs,
Léonice ses plaintes,
Climène ses douleurs,
Arpalice ses feintes;
A bon marché Camille eut ses tristes ennuis.
Olympe, malgré soi, ses plus mauvaises nuits.
Lysimène arrêta ses sensibles atteintes;
Mélite racheta ses transports et ses craintes;
Clorinte eut ses désirs;
Bellice obtint enfin ses amoureux plaisirs;
Madonte par trois fois réclama sa constance:
Comme on n'en trouva point, elle eut l'indifférence;
Ismène s'empara de son discours poli;
Artémis eut le choix du tiède ou de l'oubli, etc.
[112] Cette expression paroît signifier que le mari n'étoit plus à la conversation, et que ses réponses ne cadroient plus avec ce qu'on disoit.
[113] On lit benestier très-distinctement au manuscrit.
[114] C'étoit sur l'air d'une chanson: Hélas, mon cœur, mes amours, etc.
(T.)
[115] Il y a eu dans cette famille un marquis et une marquise de La Douze-Lastours qui sont morts sur l'échafaud. Corbinelli écrivoit de Toulouse à Bussy-Rabutin, le 25 septembre 1669: «Nous avons dans les prisons de cette ville un furieux exemple d'une belle passion. Le marquis de La Douze fut accusé, il y a quelque temps, d'avoir empoisonné sa femme pour épouser la fille du président Pichon de Bordeaux. Celle-ci, dit-on, conspira avec le marquis la mort de la femme à qui elle a succédé. Vous saurez que cette dame, voyant son mari arrêté, se déguisa en homme pour venir lui donner des conseils, et pour concerter avec lui les moyens de se défendre. Le malheur voulut pour elle qu'elle fût découverte et arrêtée, et ce même malheur a fait trouver des conjectures très-fortes qu'elle a trempé au meurtre de la première femme. On les doit juger demain tous deux. C'est un des plus fameux procès qu'on ait encore vus.» On lit dans les Lettres de Bussy, t. 3. p. 174, édition de 1706, une Relation de la mort du marquis de La Douze. Il sembleroit en résulter qu'il a été condamné pour avoir assassiné son beau-frère, tandis qu'il auroit soutenu l'avoir tué en duel. La dame La Douze fut aussi exécutée; on a imprimé dans les Mémoires historiques sur la Bastille, 1789, t. 1, p. 71, le testament de mort de cette dame. L'original en est sous nos yeux. C'est une pièce si touchante que nous croyons faire plaisir à nos lecteurs en la joignant ici:
«Mon enfant, on vient de prononcer mon arrêt de mort, et je n'y trouve rien de fâcheux que la crainte que j'ai qu'en mourant tu ne meures aussi par contre-coup. La mort m'est agréable d'un côté, parce que j'y trouve l'occasion d'en faire un sacrifice à Dieu, et me laisse de la douleur de l'autre, d'autant que je suis obligée d'abandonner la moitié de moi-même. Je n'ai plus de parole qu'à te dire adieu de ma bouche, et suis bien malheureuse de ne pouvoir joindre la tienne. Baise ces derniers caractères, et ainsi tu baiseras la main qui t'écrit et le cœur qui te parle. Adieu pour jamais. De ma prison, le vendredi 27 septembre 1669.
«La Douze Lastours.»
Cette dernière effusion d'une mère mourante est si noble et si pure, que l'on aime à croire que celle qui a tracé ces lignes étoit innocente. L'insertion de cette note, dans les Mémoires de Tallemant, a principalement pour objet d'appeler les recherches des curieux sur ce procès du marquis et de la marquise de La Douze.
[116] Président des comptes. (T.)
[117] C'est comme le maire. (T.)
[118] Pour se moquer du conseil de ville, il appelle Reims, du nom d'un petit village qui est tout contre. (T.)
[119] Tous ces lieux ont des ponts sur la rivière de Vesle. (T.)
[120] Gouverneur de Rocroy. (T.)
[121] Receveur des contributions pour M. le prince. (T.)
[122] Patrons de Reims. (T.)
[123] Madeleine-Claire de Lenoncourt, demoiselle de Marolles, mariée en 1649, à Louis-François de Brancas, depuis duc de Villars, mourut en 1661.
[124] Elle logea un temps chez madame d'Aumont, la veuve; elle est d'Angennes. Cette fille étoit si fière qu'elle appeloit une femme de soixante-dix ans ma cousine. Enfin la bonne femme aima mieux l'appeler mademoiselle, afin qu'elle l'appelât madame. (T.)
[125] On lit La Boulaye dans le manuscrit. C'est une erreur de Tallemant. Il entend sans doute parler d'Amaury Goyon, marquis de La Houssaye, qui, en 1629, avoit épousé une fille du duc de Bouillon. Il n'a été fait aucune mention de la troisième femme du duc de Bouillon La Marck dans l'Histoire généalogique de France, du père Anselme.
[126] Madame de La Mazelure, sœur ou belle-sœur de M. de Beuvron.
(T.)
[127] Julienne-Hippolyte d'Estrées, sœur de Gabrielle d'Estrées. Les lettres qui conféraient le titre de duc à Georges de Brancas, son mari, sont de 1627, enregistrées au Parlement de Provence en 1628, et confirmées en 1651, à une époque où ces sortes de faveurs s'accordoient avec plus de facilité.
[128] Un jour elle entra quasi toute nue dans la chambre d'une dame qui l'étoit venue voir, et lui dit: «Je viens de faire le plus agréable songe du monde; j'ai songé que M. de Marolles étoit mort, et que j'étois accouchée d'un garçon. Ce sont les deux choses du monde que je souhaite le plus.» (T.)
[129] Nous avons déjà dit que tout le faubourg étoit sous la juridiction du bailli de l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés.
[130] Cette Guedreville est femme d'un maître des requêtes nommé Tierseau: elle est laide, mais elle fait ce qu'elle peut pour plaire. Ç'a été une des premières qui s'est avisée d'aller à la chasse à cheval, mais d'une sotte manière, point galamment du tout. Elle se mêle de faire du burlesque, et sa grande ambition est d'avoir des galants. On conte que, faisant semblant d'aller à la campagne trouver son mari, elle renvoya, dès Palaiseau, le carrosse d'une de ses amies, disant: «Celui de M. de Guedreville me viendra prendre.» Après elle s'habilla en homme avec sa demoiselle, et prit la poste pour aller voir un galant qui étoit malade je ne sais où. Au bout de quelques jours elle revient à Palaiseau, et mande à son mari qu'il lui envoie un carrosse, et le va trouver. Mais cet exercice violent et peu accoutumé lui causa une bonne maladie. Je ne voudrois pas assurer que cela fût bien vrai; mais voici pourquoi cette histoire-là s'est contée. On a vu cette femme malade dans ce temps là, et on savoit qu'elle avoit dit que, pour être plus tôt à Paris, à la mort de sa mère, qui mourut un peu après, elle avoit pris la poste pour arriver plus promptement; d'ailleurs elle est assez étourdie pour tout croire d'elle. (T.)
[131] Petit-Marais, fils de de Bar, ci-devant l'abbé de Bar. (T.)
[132] Tallemant ne dit pas quelle fut la cause de la condamnation de Saint-Ange. Seroit-ce pour magie? Il auroit eu les honneurs du bûcher. Il y a apparence qu'il fut condamné comme voleur de grands chemins.
[133] Duret de Chevry, président à la chambre des comptes. (Voyez son article, t. 1, p. 261.)
[134] Ce que nous appelons aujourd'hui la Bourse.
[135] Ce costume d'agent de change du XVIIe siècle mérite bien d'être remarqué. Il est vrai que Basin étoit atteint de folie.
[136] Tapisserie-verdure: on l'appeloit ainsi parce que le vert y dominoit.
[137] En 1645. (T.)
[138] C'étoit de faux soldats, à l'aide desquels des capitaines fripons complétaient leurs compagnies les jours de revue. Une ordonnance de 1668 condamnoit les passe-volants à être marqués à la joue d'une fleur de lys.
[139] La fourchette, en terme de guerre, étoit un bâton terminé par un fer fourchu, sur lequel on appuyoit le mousquet pour mieux ajuster.
[140] Le père de l'auteur des Mémoires. Il en a laissé lui-même dont le manuscrit inédit fait partie des archives du ministère des affaires étrangères.
[141] Il y a ici une lacune dans le manuscrit. Il y manque une feuille formant quatre pages.
[142] Charles Drélincourt, célèbre ministre de la religion réformée, né à Sedan en 1595, mourut en 1669.
[143] Le commencement de cet article manque dans le manuscrit.
[144] Il en avoit eu seize de son mariage avec une demoiselle Bolduc.
[145] Isaïe.
[146] On appelle ainsi chez les protestants les candidats qui se disposent à être reçus ministres.
[147] Aujourd'hui premier valet-de-chambre du Roi, et galant de madame de Beauvais. On dit qu'il est gentilhomme; on en fait cas. (T.)—Chamarande est mêlé dans toutes les intrigues de la jeunesse de Louis XIV.
[148] Charles, marquis Du Bellay, qualifié prince d'Yvetot dans Morery.
[149] On a prétendu que la terre d'Ivetot (ou Yvetot) avoit été érigée en royaume par Clotaire Ier, ou plutôt que ce prince avoit affranchi le seigneur de cette terre de tout devoir et hommage de vassal envers la couronne de France. Cette origine est fabuleuse; mais il est certain que plusieurs de nos rois, jusqu'à Henri IV, ont reconnu que les seigneurs et les habitants du bourg d'Yvetot étoient libres de tous devoirs et redevances envers eux. (Voyez le Traité de la Noblesse de La Roque, Rouen, 1710, page 111, et une Dissertation de l'abbé de Vertot, insérée en 1714 dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions et Belles-Lettres.)
[150] La droite. (T.)
[151] Il y a quelques années de cela, les maréchaux de camp n'étoient pas si peu de chose qu'ils sont présentement. (T.)
[152] Hélène de Rieux, mariée en 1622.
[153] La maison de Rieux est une des plus anciennes de Bretagne, et l'on assure qu'elle n'a point de bâtardise. La duchesse de Bourgogne, bisaïeule de Charles X, descendoit en ligne directe de César de Vendôme, bâtard de Henri IV. C'est ce qui faisoit dire à Louis XV que, par les Babou, aïeux maternels de Gabrielle d'Estrées, il descendoit d'un notaire de Bourges. Il est certain qu'il y a des chapitres d'Allemagne dans lesquels, à cause de cette tache, les Bourbons n'auroient peut-être pas été admis.
[154] Des Bohémiennes.
[155] Cette dame étoit vraisemblablement parente de madame de La Troche, amie de madame de Sévigné, qui, en plaisantant, l'appeloit Trochanire.
[156] Il donna une fois à un astrologue un mémoire de ce qu'il vouloit qu'il mît dans son horoscope. Il y avoit, entre autres choses, qu'il étoit enclin aux beaux procédés. (T.)
[157] Catherine de Clèves, comtesse d'Eu, veuve de Henri de Lorraine, duc de Guise, dit le Balafré, tué à Blois, en décembre 1588. Elle mourut en 1633, âgée de quatre-vingt-cinq ans.
[158] Charles-Quint disoit: «Les François paroissent fous et ne le sont pas; les Espagnols paroissent sages et sont fous; les Portugais paroissent fous et le sont.» (T.)
[159] Il a toujours eu cette fantaisie. Je crois qu'il a voyagé. (T.)
[160] Ç'a toujours été une extravagante, une abandonnée, et une peu belle créature, car elle est louche. Sa méchante conduite a ruiné la maison de son mari: elle avoit soixante ans quand ceci arriva. (T.)
[161] Ornement de tête. C'était une chaîne de diamans, ou un fil de perles, dont on serroit les cheveux. (Dict. de Trévoux.)
[162] Autre extravagante; mais qui cédoit de beaucoup à l'autre en extravagance, aussi bien qu'en qualité. La maîtresse de la maison étoit pour le moins aussi ridicule que le reste et aussi fardée. (T.)
[163] Marie de Médicis mourut à Cologne le 3 juillet 1642.
[164] A cause du nom de Got, il affecte ces noms de rois Gots. (T.)
[165] La comtesse de Châteauroux.
[166] C'est un chaud lancier. Son plus grand exploit, c'est d'avoir été du Carrousel. (T.)—L'auteur parle ici des fêtes qui eurent lieu en 1612, à la Place-Royale, à l'occasion du mariage de Louis XIII avec Anne d'Autriche.
[167] Cela me fait souvenir du grand-père de M. de Noailles d'aujourd'hui. N'ayant pas été fait chevalier de l'ordre, je ne sais pour quelle raison, quoiqu'il le pût prétendre, de dépit il se retira en sa maison, et là, après s'être fait faire tous les ornements nécessaires pour cela, il se fit donner l'ordre du Saint-Esprit par son curé; il le portoit tandis qu'il étoit à la campagne, et il le quittoit quand il venoit à la cour. (T.)
[168] Gott, en allemand, signifie Dieu.
[169] Danseuse célèbre.
[170] L'auteur indique vraisemblablement ici MM. de Guitaud, de Bourgogne.
[171] Sa commission de président des enquêtes. Il n'y avoit que les présidences à mortier qui fussent des charges.
[172] Henri de Clermont d'Amboise, baron de Bussy, fut tué en duel à la Place-Royale de Paris, le 12 mai 1627, par François de Rosmadec, comte Des Chapelles.
[173] Voyez ci-dessus, p. 143 de ce volume.
[174] En 1652. (T.)
[175] Mademoiselle Gergeau épousa La Milletière. Voyez plus haut, p. 148 de ce volume.
[176] Claude de Malleville, de l'Académie françoise. Il a été secrétaire de Bassompierre. On ne se souvient guère que de son sonnet de la Belle Matineuse, qui ne mérite pas sa renommée.
[177] Ce qu'on appelle aujourd'hui l'ami de la maison, le meilleur ami du mari.
[178] Marie de Médicis.
[179] Frérie, ou plutôt frairie, partie de bonne chère et de débauche. La Fontaine dit dans sa fable du Loup et de la Cigogne: