Muses, ne pleurez plus l'absence du Mécène
Qui vous rendoit si doux les rivages de Seine.
Fouquet est revenu. . . . . . . . .
Notre changeante cour, seule arbitre des modes,
Traita les beaux esprits de pédants, d'incommodes,
Les beaux vers de chansons, les rimeurs d'artisans,
Et votre art méprisé n'ont plus de partisans.
Mais fûtes-vous jamais de Fouquet méprisées?
Entre ceux qui vous ont toujours favorisées,
Qui de fréquents bienfaits vous comble comme lui?
Il est de vos enfants l'espérance et l'appui;
Et quand ces malheureux, pressés de l'indigence,
Offrent leur marchandise à sa magnificence,
En la même monnoie il pourroit la payer,
Leur rendant vers pour vers et papier pour papier;
Car habile en votre art comme aux grandes affaires,
Il sait de votre mont les plus secrets mystères.
Mais qui de notre France exerce la bonté
Avec plus de largesse et moins de vanité?
Et ce n'est pas sans choix qu'il répand ce qu'il donne,
Il sait par le mérite estimer la personne;
Et peu dans le haut rang où sa vertu l'a mis,
Ont mieux que lui su faire et choisir des amis.
(Vers sur le retour de M. Fouquet, Œuvres, t. 7, p. 125.)
[315] Nous avons cherché inutilement ces Gazettes burlesques dans les Œuvres de Scarron. Madame de La Fayette s'est mariée en 1655.
[316] Nous ne savons pas quel ouvrage Scarron dédia à l'abbé de Retz dans les termes rapportés par Tallemant; mais l'épître dédicatoire du Roman-comique commence ainsi: A coadjuteur, c'est tout dire. Oui, monseigneur, votre nom seul porte avec soi tous les titres et tous les éloges que l'on peut donner aux personnes les plus illustres de notre siècle, etc.
[317] Tallemant confirme le récit de madame de Caylus: «Elle (madame de Scarron) passoit ses carêmes à manger un hareng au bout de la table, et se retiroit aussitôt dans sa chambre, parce qu'elle avoit compris qu'une conduite moins exacte et moins austère, à l'âge où elle étoit, feroit que la licence de cette jeunesse n'auroit plus de frein, et deviendroit préjudiciable à sa réputation.» (Souvenirs de madame de Caylus, dans la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, t. 66, p. 365.)
[318] Tous les biographes placent la mort de Scarron au 14 octobre 1660; cette époque est douteuse. Segrais dit: «Scarron mourut au mois de juin 1660, pendant que j'étois au voyage du Roi pour son mariage, et je n'en avois rien su. La première chose que je fis à mon retour, ce fut de l'aller voir; mais quand j'arrivai devant sa porte, je vis qu'on emportoit de chez lui la chaise sur laquelle il étoit toujours assis, que l'on venoit de vendre à son inventaire.» (Mémoires anecdotes de Segrais, p. 150, édition de 1723.)
[319] On ne connoissoit pas cette circonstance. Cette dame Franquetot devoit être l'aïeule, ou la grand'tante de François de Franquetot, créé duc de Coigny en 1747.
[320] C'est-à-dire au couvent des Hospitalières, dans le cul-de-sac de ce nom, près de la Place-Royale.
[321] Tallemant commet ici une erreur. Il attribue à la maréchale d'Aumont des services qui furent rendus à madame Scarron par la maréchale d'Albret.
[322] Cette pension n'étoit que de deux mille livres.
[323] Georges de Scudéry, né au Havre vers 1601, mort à Paris le 14 mai 1667.
[324] Madelaine de Scudéry, née au Havre en 1607, morte à Paris en 1671.
[325] André de Brancas, seigneur de Villars, gouverneur du Havre, fut fait amiral par Henri IV, contre lequel il avoit défendu Rouen, en 1592.
[326] Ainsi Tallemant écrivoit ceci en 1658.
[327] Ligdamon et Lidias, ou la Ressemblance, tragi-comédie tirée de l'Astrée; Paris, 1631, in-8o.
[328] Le Trompeur puni, ou l'Histoire septentrionale, tragi-comédie, tirée de l'Astrée et de Polexandre; Paris, 1638, in-8o.
[329] Arminius, ou les Frères ennemis, tragi-comédie, Paris, 1643, in-4o.
[330] Philippe de Cospéan, évêque de Lizieux. (Voyez son article, t. 2, p. 338.)
[331] Jean Marot, père de Clément.
[332] Ce passage est difficile à concilier avec ce que dit Conrart. «Georges de Scudéry, gouverneur de Notre-Dame-de-la-Garde, et capitaine d'un vaisseau françois entretenu, s'est rendu célèbre par toute la France, etc.» Mémoires de Conrart, tom. 48, p. 254, de la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.
[333] Christine de Suède.
[334] Elle s'appeloit Marie-Françoise de Martin-Vast. On a d'elle une correspondance avec Bussy-Rabutin, qui sembleroit devoir la faire juger avec plus d'indulgence que Tallemant ne le fait ici. Beauchamps, dans ses Recherches sur les Théâtres de France (Paris, 1735, t. 2, p. 105), parle favorablement de madame de Scudéry; il cite l'autorité de Segrais, mais il est douteux que ce dernier en ait parlé. Ce qu'il dit, p. 49 de ses Mémoires anecdotes, paroît devoir s'appliquer à mademoiselle de Scudéry, sœur de notre matamore de comédie.
[335] Nicolas de Bauquemare, seigneur de Bourdeny, étoit président aux requêtes du Palais à Paris. Il avoit épousé Élisabeth Servien, sœur aînée d'Antoinette Servien, duchesse de Saint-Aignan. (Voyez Morery, article Servien.)
[336] Comme Tallemant auroit appelé un âne, un mâche-chardons.
[337] L'Annibal, ou le Grand Annibal de Scudéry, ne paroît pas avoir été imprimé. Beauchamps a compris dans l'indication des pièces de théâtre de cet auteur: Annibal, tragédie, 1631. Le duc de La Vallière dit qu'on attribue à Scudéry une pièce sous ce titre. Ici se présente une difficulté assez grave. Scudéry est mort en 1667, l'année même de la représentation de l'Attila de P. Corneille; si l'anecdote est véritable, il faut qu'Annibal ait été joué en 1667, presque en même temps qu'Attila. Il ne faut pas s'arrêter du tout à la date donnée par Beauchamps.
[338] Au moment où Tallemant écrivoit, les ouvrages de madame de La Fayette n'existoient point; Zaïde et la Princesse de Clèves ne parurent, sous le nom de Segrais, que quelques années plus tard.
[339] Marie Du Puget de Montauron, femme de Gedéon Tallemant, maître des requêtes. (Voyez l'article de Montauron, père de madame Tallemant, t. 5, p. 18 de ces Mémoires.)
[340] Mademoiselle de Scudéry étoit fort laide et très-noire.
[341] Né dans la pourpre. (T.)
[342] François Tallemant, abbé du Val-Chrestien, frère de l'auteur. (Voyez plus haut son article, p. 65.)
[343] Il existe encore un échantillon de ces ridicules Chroniques. On trouve dans les manuscrits de Conrart, conservés à la bibliothèque de l'Arsenal, no 151, in-4o, la Journée des madrigaux, Fragment tiré des Chroniques du Samedi. La Monnoie déploroit la perte de cette pièce dans une note du Ménagiana (t. 2, p. 331 de l'édition de 1715). Il l'auroit moins regrettée s'il avoit pu lire cette fade Chronique.
[344] Le Recueil de ces portraits a été imprimé en petit nombre en 1659, et réimprimé par Sercy en 1662. On en a réuni les plus saillants dans le septième volume de l'édition des Mémoires de mademoiselle de Montpensier. (Londres, 1746, petit in-12.)
[345] En volant, en courant après; expression tirée de la chasse au vol.
[346] Marie-Éléonore de Rohan, abbesse de la Trinité de Caen, puis de Malnoue, sœur de la célèbre duchesse de Chevreuse.
[347] Le mariage du prince de Conti avec Anne-Marie Martinozzi, nièce du cardinal Mazarin. Ce mariage eut lieu au mois de février 1654.
[348] La préface des Œuvres de Sarrazin; Courbé, 1656.
[349] Sarrazin étoit aussi appelé Polyandre, dans la société de mademoiselle de Scudéry.
[350] Suzanne de Bruc, femme de Jacques de Rougé, seigneur Du Plessis-Bellière. Elle a été enveloppée dans la disgrâce du surintendant Fouquet. L'un des éditeurs a publié une lettre de cette dame dans une note des Mémoires de Conrart. (Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, 2e série, t. 48, p. 259.)
[351] On l'appelle aussi la rue des Cocus. (T.)—Tallemant auroit dû nous dire le motif de cette burlesque dénomination.
[352] Pellisson, c'est Herminius. (T.)—On le désignoit aussi sous le nom d'Acante. (Voyez sur ces noms de roman la note de la p. 425 du tome 2.)
[353] Cette demoiselle Robineau étoit l'objet des attentions de Chapelain. Dans une lettre adressée à mademoiselle de Scudéry, le 14 juillet 1641, dont l'original appartient à M. Monmerqué, Chapelain parle avec un sentiment de jalousie de l'amitié de mademoiselle Robineau pour madame Arragonnais.
«Je ne vais jamais pour lui rendre mes devoirs, écrivoit-il, que je ne la trouve, ou aux champs en sa compagnie, ou sortie avec elle pour la promenade, ou pour quelque dévotion. Cela vous fera connoître, en passant, mademoiselle, qu'il n'y a pas grande intelligence entre nous, et que si, par hasard, il y avoit de l'affection, ce seroit tout d'un côté et rien de l'autre.» Dans une lettre du 25 avril 1653, dont la copie, de la main de Conrart, existe dans le manuscrit de l'Arsenal, no 1517, page 43, mademoiselle de Scudéry fait à Chapelain des reproches de ce qu'il a remercié mademoiselle Robineau d'oiseaux de paradis, dont il avoit l'obligation à madame Arragonnais. Cette dernière se nommoit Marie Le Gendre, et son mari Antoine. Leur fille Marie Arragonnais épousa Michel d'Aligre, conseiller au Parlement, fils d'Etienne d'Aligre, chancelier de France. La mère s'appeloit, dans cette société, la princesse Philoxène, et la fille Télamire.
[354] Jacqueline d'Arpajon, religieuse carmélite au couvent de la rue Saint-Jacques, à Paris.
[355] Tallemant désigne, par cette expression, la satire de Furetière, intitulée: Nouvelle allégorique, ou Histoire des derniers troubles arrivés au royaume d'Éloquence; Paris, 1658, in-8o. Le fond de cette allégorie est la guerre déclarée par Galimatias, assisté de Phébus, son fils aîné, à la reine Éloquence.
[356] Voici le passage qui contraria tant mademoiselle de Scudéry: «Mais surtout il y vint Sapho, illustre pucelle du Marais, aussi fameuse que celle d'Orléans pour le moins. Elle étoit des plus confidentes de la Reine, et celle qui recevoit le plus de ses faveurs. Son seul défaut étoit de se servir d'une demoiselle suivante fort poltronne, appelée Modestie, qui ne lui inspiroit que des conseils timides, ce qui l'empêchoit souvent de se produire. Elle lui étoit même infidèle, car elle lui déroboit tout ce qu'elle pouvoit de sa réputation. Mais enfin tant d'honnêtes gens épièrent cette suivante, qu'ils la convainquirent de tous ses larcins, dont pourtant elle se justifia en quelque façon, parce qu'elle lui fit voir que tout ce qu'elle lui avoit dérobé de sa gloire pendant plusieurs années, elle l'avoit fait profiter à gros intérêts, sur une banque fameuse de la ville d'Estime, dans le royaume de Tendre, dont elle offroit de lui faire la restitution.» (Nouvelle allégorique, p. 43.)
[357] Voyez sur cette cabale l'Historiette de Conrart, t. 2, p. 420.
[358] Ennemonde Servien épousa François Charron, marquis de Saint-Ange, premier maître-d'hôtel d'Anne d'Autriche.
[359] Ennemond Servien, frère du surintendant Servien, a été ambassadeur en Savoie depuis 1648 jusqu'en 1676.
[360] Justine de Bressac, fille d'un bailli de Valence.
[361] Ces Mémoires sont perdus, s'ils ont existé; ils nous auroient appris qui étoit cette dame de Villars; étoit-ce la mère du maréchal, ou étoit-elle de la maison de Braucas? C'est ce que les autres Mémoires du temps ne nous disent pas.
[362] C'étoit la mère de ce petit Beauchâteau, qui faisoit si facilement de mauvais vers; on a réuni ses petites Œuvres. insignifiantes, sous le titre de la Muse naissante, 1657, in-4o. Les portraits qui y sont joints font encore rechercher ce volume.
[363] Mademoiselle Hilaire, célèbre chanteuse du temps. (Voyez son Historiette, t. 4, p. 436.)
[364] Voyez plus haut, t. 4, p. 283.
[365] Antoine Boyer, seigneur de Sainte-Geneviève-des-Bois.
[366] Jacques Le Coigneux, président à mortier au Parlement, fut nommé à l'abbaye de Saint-Euverte d'Orléans, en 1630. Son frère Bachaumont lui succéda dans ce bénéfice, en 1645. C'est par erreur que, dans les Mémoires de Conrart, t. 48, p. 193 de la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, on a écrit ce nom Saint-Envestre. (Voyez au t. 3, pages 103 et suivantes, l'Historiette du président Le Coigneux.)
[367] François-Jacques d'Amboise, comte d'Aubijoux, chambellan de Gaston, duc d'Orléans, mourut le dernier de son nom, sans avoir été marié, en 1656.
[368] Coulon, conseiller au Parlement, ardent frondeur. On a vu plus haut, t. 4, p. 14, l'Historiette de sa femme.
[369] Friponneries. Ce mot est très-distinctement écrit dans le manuscrit autographe. Il faut l'entendre dans le sens de pâtisseries et de friandises. On appeloit friponnes de petites boîtes de sapin remplies de pâte de coing, de cotignac d'Orléans. (Dictionnaire de Trévoux.)
[370] Ce Ligny étoit fils de Jean de Ligny, maître des requêtes, et de Charlotte Séguier, sœur du chancelier.
[371] Louise Boyer, duchesse de Noailles, dame d'atour de la reine Anne d'Autriche. Elle étoit sœur de la présidente Tambonneau, et de madame de Ligny.
[372] Le marquis de Flamarens, tué au combat de Saint-Antoine, au mois de juillet 1652.
[373] Le président Le Coigneux, le père, chancelier de Monsieur. Il entra dans toutes les intrigues de la reine Marie de Médicis et de Gaston d'Orléans, et perdit sa charge; mais il a fini par être rétabli dans ses biens et honneurs.
[374] Barbier, contrôleur-général des bois de l'Ile-de-France, et l'un des adjudicataires du palais et du domaine de la Reine Marguerite, sur le bord de la Seine, avoit obtenu la permission de construire un pont de bois qui a porté divers noms, mais qu'on appeloit plus communément le Pont-Rouge. Il étoit situé en face de la rue de Beaune. Emporté par les grandes eaux en 1689, il a été remplacé par le Pont-Royal.
[375] Voyez l'Historiette du président Le Coigneux, t. 3, p. 103 de ces Mémoires.
[376] Je me souviens que le mari disoit partout qu'il n'y avoit pas une femme au monde qui jouât si bien ni si heureusement; c'est qu'elle trompoit. (T.)
[377] Voyez plus haut, t. 3, p. 74, les détails du procès auquel donna lieu la naissance de Tancrède.
[378] François-Henri de Montmorenci-Bouteville, depuis duc et maréchal de Luxembourg.
[379] Gaspard de Coligny, duc de Châtillon, blessé mortellement à l'attache de Charenton, le 9 février 1649.
[380] On appeloit ainsi les jeunes seigneurs du parti des princes, parce qu'ils cherchoient à se rendre maîtres de l'État. Le passage de Tallement confirme ce que dit Voltaire sur l'origine de cette expression dans le chapitre du Siècle de Louis XIV, intitulé: Guerre civile. On a dit aussi que c'étoient les jeunes amis du duc Mazarin, grand-maître de l'artillerie de France, qui les premiers avoient été qualifiés de petits-maîtres. Mais ici l'expression est employée bien avant la mort du cardinal Mazarin, qui précéda l'élévation du duc de La Meilleraye à cette charge.
[381] Gaston, duc de Roquelaure, mourut en 1683. Ses bouffonneries l'ont rendu célèbre.
[382] Élisabeth-Angélique de Montmorenci, duchesse de Châtillon; elle se remaria au duc de Mecklembourg, et mourut en 1695.
[383] Expression empruntée de la langue italienne, qui semble fort extraordinaire dans la bouche d'un mari.
[384] Des prêts immenses avoient été faits au Roi, pour lesquels on avoit engagé plusieurs branches des revenus de l'État. La révocation des prêts ruina beaucoup de financiers. (Voyez les Mémoires du cardinal de Retz.)
[385] Il s'appeloit Michaud. Louis XIV et madame de Montespan ont plaisanté sur ce nom dans un couplet, déjà indiqué dans la note du t. 4, p. 248. Le voici:
Or, nous dites la Tambonne,
La Tambonne Tambonneau,
Pour l'appui de la couronne,
Qui fit le marquis Michaud?
Notre histoire peu sincère
A toujours pris soin de taire,
Qui fit le marquis Michaud,
A Tambonne Tambonneau.
Le marquis de Mortemart, père de madame de Montespan, passoit pour avoir eu des relations intimes avec la présidente, ce qui donna lieu à cet autre couplet satirique:
Mortemart, le faune,
Aime la Tambonneau;
Elle est un peu jaune,
Mais il n'est pas trop beau;
Dessus son c.l il pince,
En lui disant: «M'amour,
«A la cour,
«L'esprit est mince
Lorsqu'on n'agit pas comme le grand Saucourt.»
[386] Bavolette, jeune paysanne, dont le simple bavolet fait la coiffure.
[387] Le surintendant des finances.
[388] Elle l'avoit pointu. (T.)
[389] On lit Châtillon au manuscrit, mais ce doit être Chantilly.
[390] Elle crut que cela ne se sauroit point, car ce voyage pouvoit nuire à son mari. (T.)
[391] Jeannin de Castille, trésorier de l'Épargne.
[392] Cette petite fille avoit été trois mois chez Ninon, sans dire un mot; un jour quelqu'un parloit d'historiens, elle va dire: «Pour moi, j'aime fort Rodote.» (T.)
[393] L'orthographe habituelle est Talhouet.
[394] Ces trois mots, en caractères italiques, sont biffés au manuscrit autographe de Tallemant.
[395] Une huée, ou une chasse, ainsi appelée à cause des cris que poussent les rabatteurs pour obliger les loups ou les sangliers à se jeter du côté des chasseurs. (Dict. de Trévoux.)
[396] Auprès d'Auray, à quelques lieues de Vannes.
[397] La rue du Mûrier donne d'un côté dans la rue Saint-Victor, et de l'autre dans la rue Traversine.
[398] Voir l'Historiette de ce curé, brûlé vif comme sorcier, tome 4, page 354.
[399] Colletet (Guillaume), né en 1598, mort en 1659.
[400] A l'Académie, il dit naïvement: «Je ne connoissois point ce mot-là, mais je le trouve bon, puisque ces messieurs-là le connoissent.» (T.)
[401] Petit village, sur la route de Choisy à Versailles, à trois lieues de Paris.
[402] Sa première femme mourut en 1641; elle s'appeloit Marie Prunelle. Voici cette épitaphe faite à l'avance par son mari:
Quoiqu'un marbre taillé soit riche et précieux,
Un plus riche tombeau Brunelle a dû prétendre;
Sitôt que son esprit s'en alla dans les cieux,
Mon cœur fut le cercueil et l'urne de sa cendre.
(Epigrammes du sieur Colletet; Paris, 1653, in-12, p. 247, no 447.)
[403] Anne-Marie Schurmann, fille très-savante. Elle était de Cologne. On a d'elle Opuscula hebræa, græca, latina, gallica, prosaica et metrica; Leyde, 1648, in-8o. En voilà plus qu'il n'en faut pour mettre en fuite les Amours; aussi mademoiselle Schurmann mourut-elle sans avoir été mariée, à l'âge d'environ soixante et dix ans.
[404] Le fils de Colletet, poète encore plus médiocre que son père, s'appeloit François. C'est du fils que Despréaux a dit dans sa première satire:
Tandis que Colletet, crotté jusqu'à l'échine,
S'en va chercher son pain de cuisine en cuisine, etc.
[405] C'est le facile princeps des Latins. (T.)
[406] Parlant de ce fils, Colletet dit dans le Traité de la Poésie morale: «Depuis plus de trois longues et tristes années, l'Espagne triomphe d'une jeune liberté qui m'est si chère.» (T.) (Traité de la poésie morale et sententieuse, par le sieur Colletet; Paris, 1658. In-12, p. 196.) Colletet adressa à M. de Ville, qui retenoit son fils prisonnier au château de Percheresse, un madrigal dans lequel il ne fait pas preuve de modestie. En voici la fin:
Capitaine pour capitaine,
Et général pour général,
Par un flux et reflux fatal,
Se prennent librement et se rendent sans peine,
Mais les poètes ravissants
Nous sont de si rares présents,
Qu'à peine on en voit deux dans le siècle où nous sommes;
Et puis, si l'on doit croire aux oracles des cieux,
Mars ne veut pour captifs que les enfants des hommes,
Et les poètes sont de la race des dieux.
(Épigrammes de Colletet, p. 135.)
[407] Les Epigrammes de Colletet portent la date de 1653; ainsi cette partie des Mémoires de Tallemant, de même que le commencement, ont été écrits en 1657.
[408] Farceur célèbre du temps. (Voyez son Historiette, t. 3 p. 42.)
[409] L'abbé François Tallemant, frère de l'auteur des Mémoires.
[410] Voici ce passage bizarre: «Pour monter sur ce petit Parnasse de mes Muses, te dirai-je en riant que je n'ai eu besoin que des secours de mon faible bidet, et non point du puissant cheval Pégase, dont je ne me sers jamais que pour des courses plus longues et plus importantes?» (Avis au lecteur en tête des Epigrammes.)
[411] Cette épigramme, imitée de Clément Marot, est intitulée: Rencontre d'Amour et de la belle Claudine (page 178). On lit à la page 190 une autre pièce avec ce titre: Le Triomphe de ma belle et chère Claudine Le Nain. Tallemant paroît avoir confondu ces deux pièces.
[412] L'Histoire ou la Vie des poètes françois, par Colletet, existe en manuscrit dans la bibliothèque particulière du roi. C'est on ouvrage dont la publication donneroit des lumières sur une foule de points obscurs de notre histoire littéraire.
[413] Epigramme, page 9.
[415] Ibid. page 15. L'Hymne Sur la Conception se trouve dans les Poésies diverses de Colletet; Paris, Jean-Baptiste Loyson, 1656; in-12, page 455. Elle avoit déjà été imprimée dans les Divertissements du sieur Colletet, deuxième édition; Paris, 1633, in-8o.
[414] Colletet désigne par ce nom la rue des Bourdonnais. La maison de la Couronne d'Or, qu'on y voit encore aujourd'hui, s'appeloit alors les Grands Carneaux. (Voyez les Mémoires du P. Berthod, tome 48, p. 321 de la 2e série de la collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.) Les six corps des marchands y tenoient leurs assemblées. On l'aura appelée rue des Carneaux à cause des créneaux de la maison gothique qui tomboient alors en ruine. Cette rue aboutit dans celle de la Féronnerie, fameuse par le crime de Ravaillac.
[416] Épigrammes, page 29. Cette pièce est suivie d'une imprécation contre la même rue des Carneaux, dont les premiers vers confirment ce qui est dit dans la note précédente. Les voici:
Vieux et lâches voisins d'une Ferronnerie,
Où l'enfer acheva sa dernière furie;
Bâtiments ruineux, détestables Carneaux,
Foudres des beaux lauriers et des nobles cerveaux.
[417] Épigrammes, p. 73.
[418] Ibid., p. 63.
[419] Ibid., p. 224.
[420] Ibid., p. 453.
[421] Ibid., p. 455.
[422] Épigrammes, p. 196. Les derniers mots de ce titre à M. Payen, etc., ne sont pas dans l'imprimé. Ils ont été ajoutés par Tallemant.
[423] Ibid., p. 7. La ville d'Aire fut reprise presque aussitôt par les Espagnols, en 1641.
[424] Dans l'épigramme intitulée: Sur mon Histoire des poètes, p. 13.
[425] Nous avons inutilement cherché cette pièce dans les Poésies de Colletet.
[426] Épigrammes, p. 471.
[427] Elle a quatre pieds en carré. (T.)
[428] Un grand mûrier dont il vendoit les mûres. (T.)
[429] Les allées sont de quatre pieds chacune. (T.)
[430] Tallemant cite ici de mémoire; il indique le vingt-cinquième sonnet des Amours de Claudine (Poésies diverses, p. 337), où on lit ces vers ridicules:
Son sein est mon Parnasse, où, sur sa double cime,
Je rève et je produis tant d'ouvrages divers,
Que de leur nouveauté j'entretiens l'univers
Et confirme par eux ma gloire légitime....
Comment la tête n'eût-elle pas tourné au pauvre Colletet, quand Heinsius lui écrivoit: Hæ tu profectò sapis, qui inter sororiantes Claudinæ papillas somniare mavis domi vigilans, et Masarum sacris operari per tam amœnos secessus, quam in molestis biverticis Parnassi senticetis dormire magna cum difficultate! Istis licet valvis inscribas, hac itur ad astra. Parnassum certe quin domi habeas negare jam non potes. (Epistola Nicolai Heinsii ad V. C. Gulielm. Colletelum, dans les Poésies diverses de Colletet, p. 308.)
[431] La pièce citée par Tallemant n'est pas dans les Épigrammes, mais à la p. 367 des Poésies diverses. Le premier vers y est différent:
Colletet, mon mari, seul objet de ma flamme, etc.
[432] Voyez aussi les Poésies diverses, p. 367. On y lit ainsi le second vers:
Nomment mes yeux doux et charmants.
[433] Gilles Boileau, frère aîné de Despréaux.
[434] Ces vers désabusèrent le public sur le talent de Claudine. Le mari eut la rare prévoyance de les faire au lit de mort, au nom de sa femme; Colletet mort, Claudine se tut: aussi, après l'avoir encensée, La Fontaine se vengea-t-il par des stances épigrammatiques:
Les oracles ont cessé;
Colletet est trépassé;
Dès qu'il eut la bouche close,
Sa femme ne dit plus rien;
Elle enterra vers et prose
Avec le pauvre chrétien.
[435] François Tallemant, frère de l'auteur.
[436] Catherine de Gonzague-Clèves, duchesse de Longueville, morte en 1629.
[437] Moïse Amyrault, né en 1596, mort en 1664. La Vie de François de La Noue, Leyde, 1661, in-4o, est le seul ouvrage de lui qu'on puisse consulter avec quelque fruit.
[438] C'est comme le Jarni-Cotton du père Cotton.
[439] Henri de Gondi, évêque de Paris, dit le cardinal de Retz, arrière-grand-oncle du coadjuteur.
[440] Le financier Rambouillet.
[441] Le bourreau de Paris. (T.)
[442] Comme s'il disoit que c'étoit une grande haridelle.
[443] Guy de Rieux, seigneur de Sourdéac, premier écuyer de Marie de Médicis, mourut en 1640. Il avoit épousé, en 1617, Louise de Vieux-Pont, baronne de Neufbourg, fille aînée et héritière de sa maison. Elle est morte en 1646. (Voyez Le père Anselme, tome 5, page 774.)
[444] Gaston, duc d'Orléans.
[445] Tallemant se trompe. C'étoit le père qui avoit épousé l'héritière de la maison de Neufbourg. Alexandre de Rieux, marquis de Sourdéac, baron de Neufbourg, épousa Hélène de Clère, fille du baron de Beaumets.
[446] Les Amours de Médée, ou la Toison d'or, de Pierre Corneille, sont une tragédie à machines, en scènes entremêlées de chant; ce n'est pas encore l'opéra, mais un genre intermédiaire. Tallemant dit que le marquis de Sourdéac et Corneille ne purent pas convenir du prix, et à l'entendre, la pièce ne fut pas représentée. Tallemant écrivoit ceci en 1658 ou 1659. La Toison d'or fut jouée avec un grand succès en 1660. «Dans ce temps-là (1660), le marquis de Sourdéac, de l'illustre maison de Rieux, à qui l'on est redevable de la perfection des machines propres aux opéras, fit connoître son génie par celles de la Toison d'or. Il fit représenter cette pièce dans son château de Neufbourg, en Normandie, et il prit le temps du mariage du Roi pour faire une réjouissance publique, dont il fit seul la dépense, et en régala la noblesse de la province. Outre ceux qui étoient nécessaires à l'exécution de ce dessein, qui furent entretenus plus de deux mois à Neufbourg à ses dépens, il logea et traita plus de cinq cents gentilshommes de la province, pendant plusieurs représentations que la troupe royale du Marais donna de cette pièce. Depuis il voulut bien en gratifier cette troupe qui la donna au public sur son théâtre, où le Roi, suivi de toute sa cour, le voulut voir, et Sa Majesté en fut très-satisfaite.» (Histoire de l'Opéra; Paris, 1753, in-8o, p. 23.) Le marquis de Sourdéac s'associa quelques années après avec l'abbé Perrin, et il fut un des fondateurs de l'opéra en France. «Il s'y ruina entièrement (dit Voltaire dans la préface de la Toison d'or), et mourut pauvre et malheureux pour avoir trop aimé les arts.»
[447] Cette croix, détruite par les huguenots, en 1562, fut rétablie par les soins de l'abbé Michel de Saint-Martin, au mois de mai 1651. (Origines de Caen, par Huet; Rouen, 1706, p. 114.)
[448] Marie-Éléonore de Rohan, abbesse de la Trinité de Caen, depuis abbesse de Malnoue.
[449] «Il avoit fait embellir, au mois d'avril 1653, le carrefour des Cordeliers, et au mois d'août de la même année celui du Bourg-l'Abbé, qui est devant la porte de Bayeux, des images de saint Michel et de saint Martin, ses patrons.» (Origines de Caen, p. 436.)
[450] Huet (Origines de Caen, p. 435), a donné une notice biographique sur Michel de Saint-Martin. C'est, dit-il, une figure à deux visages.
[451] Les réglements interdisoient aux ecclésiastiques l'usage des perruques quand ils s'en servoient par des motifs d'infirmités, il falloit que la tonsure demeurât visible. Cependant beaucoup d'entre eux la couvroient avec un morceau d'étoffe. On trouve dans l'Histoire des perruques de Thiers, des relations de procès relatifs à ce point de discipline qui, aujourd'hui, nous paroîtroient bien ridicules.
[452] «Il est ici défendu de courir, pour faciliter la digestion, quand on a mangé des macaronis.»
[453] Petites cases disposées autour d'un colombier, pour nicher les pigeons. (Dict. de Trévoux.)
[454] Diane de Poitiers, duchesse de Valentinois, maîtresse de Henri II.
[455] Louis Gouffier, duc de Roanès, né en 1575, mort en 1642.
[456] Antoine Du Verdier, seigneur de Vauprivas, mort en 1600. On ne le connoît guère aujourd'hui que par sa Bibliothèque françoise, dont Rigoley de Ruvigny a donné en 1772, une nouvelle édition où se trouve aussi la Bibliothèque de La Croix du Maine; on a aussi de lui ses Diverses Leçons. Il paroît qu'il avoit dans sa jeunesse composé des poésies qui sont perdues. Si elles ressembloient à l'ouvrage indiqué par Tallemant, on ne doit pas les regretter.
[457] Cette facétie a depuis été imitée par Bussy-Rabutin, dans le fameux livre d'Heures, auquel Boileau fait allusion dans ces vers de la huitième satire: