Non-conformiste. Pédéraste, ce qui est le schisme en amour.

Nouer l’aiguillette. Empêcher un mari ou un amant de consommer l’agréable sacrifice, non pas en lui jetant un sort, comme on le croyait autrefois, mais en épuisant complètement son stock de foutre, de sorte qu’on peut le laisser courir un peu dans la ville sans crainte d’infidélité.

Il avait peut-être l’aiguillette nouée.

(Moyen de parvenir.)

Lequel ayant eu l’aiguillette nouée la première nuit de ses noces.

Brantôme.
Ami lecteur, vous avez quelquefois
Ouï conter qu’on nouait l’aiguillette.
Voltaire.

Novateurs des plaisirs. Noms tirés de l’oubli, ou supposés par l’auteur de l’Art priapique.

Ah! qu’ils faisaient l’amour platement autrefois,
Ces chevaliers errants, ces paladins courtois!
Filant à leurs beautés une tendresse pure,
Ils pensaient que les foutre était leur faire injure,
Pinus sut le premier, dans ces siècles grossiers,
Cocufier plusieurs de ces preux chevaliers.
Tribadinus après fit fleurir l’encuissade;
Loyola fut, dit-on, père de l’enculade;
Vaginus renchérit par-dessus ces ribauds
Et créa pour jouir des moyens tout nouveaux;
Gamahu, qui suivit, eut une autre méthode:
Il devint, par sa langue, un ribaud à la mode
Et longtemps, près du sexe, eut un heureux destin.
Mais les imitateurs de ce sale mâtin,
Accablés de mépris par un goût si grotesque,
Abjurèrent bientôt leur méthode tudesque.
Ce paillard ordurier, trébuché de si haut,
Rendit plus retenus Chancrin et Poulinot.
Enfin Priapus vint et, le premier en France,
Corrigeant l’art de foutre, en bannit la licence;
D’un vit mis en sa place enseigna le pouvoir,
Et réduisit la couille aux règles du devoir.
(L’Art priapique.)

Novice. Le garçon ou la fille qui, destinés par la nature à la vie amoureuse, n’ont pas encore prononcé leurs vœux aux pieds d’une femme l’un, dans les bras d’un homme l’autre, et, par conséquent, sont un peu neufs (novus, novi) pour les choses de la fouterie.

La donzelle encore novice,
Ne sut comment prendre l’objet
Que, par un surcroît d’artifice,
Le drôle au ventre lui mettait.
Béranger.

Numérotée (Être). Être inscrite, avoir son nom et son numéro sur les registres de la préfecture.—Être fille publique.

Du beau quartier, plus d’un’ bell’ dame
Qui pour un cach’mire ouvr’ ses draps,
Épous’ d’ultras, nièc’ de prélats,
Tout ça travaille et n’ se numérot’ pas.
E. Debraux.

Nymphe. Déesse qui consent à sortir de son nuage pour entrer dans le lit d’un homme qui la paie pour cela.

Il avait pris je ne sais quelle habitude vituperosa avec une nymphe de la rue des Gravilliers.

Tallemant des Réaux.
Une nymphe, jeune et gentille,
Par un matin déménageait.
Grécourt.

Nous entrâmes dans la salle où se trouvaient renfermées beaucoup de nymphes.

Louvet.
Chez nos nymphes gentilles,
Aller négocier;
Avoir toutes les filles,
Quand on est financier...
Collé.

Nymphes (Les). Les petites lèvres de la matrice.—Nymphomanes, tribades. Femmes qui s’aiment et se le prouvent, entre cuisses—et nymphes.

Que faire de mes deux recluses, que j’ai laissées la bouche béante et attendant les promesses de l’amour? Les voilà nymphomanes et tribades: elles vont se dessécher et périr avant le temps comme une fleur qui soupire après la rosée.

Mercier de Compiègne.
O

Obélisque. Le membre viril.

Où q’tu vas?—J’ monte chez Mélanie, pour mettre mon obélisque en pension.

On dit aussi: L’Obélisque de l’Uxor, c’est-à-dire de l’épouse, quand son mari le dresse devant elle.

Objet. La maîtresse, la femme que l’on baise—ou bien l’amant.

Oui, Lindor, je suis à toi
Cher objet de ma flamme,
Je veux vivre sous ta loi.
Le Barbier.
Ce n’est qu’au Lion d’or
Que le plaisir charme la vie:
Sans bruit, sans effort,
On y brave les coups du sort;
Sitôt que l’archet
Vient exhaler son harmonie,
A trois sous l’ cachet
On peut fair’ danser son objet.
Cogniard frères.

Nous irons au bal ce soir et tu me montreras ton objet.

A. Vitu.

Obscène. Impudique, indécent, ordurier.

L’autre emmène un jeune homme imberbe, aux traits rougis,
Puis injurie, avec une obscène posture,
Le stupide garçon qui sert en ce logis.
A. Glatigny.

Obstacle. Employé dans un sens obscène pour désigner la virginité.

Du vin que l’on buvait alors,
La vertu tenait du miracle,
Puisque Loth, sans beaucoup d’efforts,
Sut triompher d’un double obstacle.
Parny.

Obtenir tout d’une femme. Coucher avec elle,—les parties, en ce cas, étant le tout.

Il y a une dame de considération dans le monde qui veut faire châtier un jeune homme, pour l’avoir méprisée après avoir tout obtenu d’elle.

La Popelinière.

Œillade américaine. Coup d’œil égrillard, que lance une femme à l’homme qu’elle veut allumer, et qui promet ordinairement plus de beurre que de pain.

L’œillade américaine est grosse de promesses: elle promet l’or du Pérou, elle promet un cœur non moins vierge que les forêts vierges de l’Amérique, elle promet une ardeur amoureuse de soixante degrés Réaumur.

Edouard Lemoine.

Œuvre. L’acte vénérien.

Qu’autant de fois que la fillette
Commettrait l’œuvre de la chair.
(Cabinet satyrique.)
Or, les œuvres de mariage
Étant un bien, comme savez.
La Fontaine.
Ces mécréants, au grand œuvre attachés,
N’écoutaient rien, sur leurs nonnains juchés.
Voltaire.

Onanisme. La masturbation—qui était, comme on sait, le vice d’Onan.

Judas, dit l’Écriture Sainte,
De sa postérité jaloux,
A Thamar, qu’il veut voir enceinte,
Donne ses trois fils pour époux.
Her s’épuise, Sela s’échine;
Homme impuissant et sans pitié,
Onan, auprès de sa moitié,
Chaque nuit se branle la pine.
Il est certains ribauds dont les pines glacées
Par un coup de poignet veulent être excitées,
On voit devant un con leur verge se baisser,
Et sous leur propre main aussitôt se dresser.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Pour vous justifier, n’offrez pas à mes yeux
De l’impudique Onan l’exemple vicieux...
(L’Art priapique.)

Oraison jaculatoire (Faire l’). Darder son aiguillon et lancer son sperme dans le con d’une femme, pendant qu’elle fait sa prière—sur le dos.

Maman, vois-les donc tous deux.
Avec quelle ardeur ils prient!
Regarde comme ils s’écrient:
Mon amour!.. je vois... les cieux!
—Ils font, la chose est notoire,
Comme un acte méritoire,
L’oraison jaculatoire
Qu’en mon temps j’ai faite aussi.
Léger.

Ordinaire bourgeois (L’). Le nombre de coups, ordinairement très restreint, qu’un bourgeois tire avec sa femme,—la régularité de la vie empêche les extravagances du vit.

Il ne cessa de dire:
L’ordinaire bourgeois
Est de trois:
Jugez quel pauvre sire!
Collé.

Ordinaires. Les menstrues des femmes, qui devraient venir ordinairement tous les mois.

Le con, en entendant cela,
Se mit tant en colère
Que cela vous lui supprima
D’abord ses ordinaires.
(Parnasse satyrique.)

Ordures. Obscénités dites ou faites comme se plaisent à en dire ou en faire les honnêtes gens—qui sont ordinairement plus impudiques que les libertins.

Les femm’ n’aim’ pas les ordures,
Ni les couplets de chansons
Polissons.
Collé.
Il fait nuit. Mots confus, romances ordurières,
Se croisent sous le toit du logis ténébreux.
A. Glatigny.

Ôter le petit chapeau. Décalotter un homme en le branlant.—L’expression est moderne et imagée. Je ne saurais résister à la démangeaison que j’ai de citer l’anecdote qui y a trait. Un vieux monsieur croit apprendre à une ingénue la manœuvre de la masturbation.—«Ote le petit chapeau, lui dit-il; remets le petit chapeau; ôte le petit chapeau; remets, etc.» Après le Capitole et la roche Tarpéienne, l’ingénue s’écrie: «Il fallait donc me dire tout de suite de vous branler!»

Ourcine (L’). Hôpital spécial pour les écloppées et les blessées de Cythère. C’est le Midi des femmes.

Ourser. Faire l’acte vénérien. Ce n’est pas du dernier galant, mais c’est fréquemment employé—par les goujats.

A la Courtille, où le beau sexe abonde,
J’étais allé dans l’intention d’ourser.
Dumoulin.
Monter chez une fille en lui disant: Oursons!
Est une expression commune, saugrenue,
Propre aux palefreniers...
L. Protat.

Ourson. La toison qui protége la nature de la femme, et qui est souvent hérissée comme un petit ours blanc ou noir.

Thomas est un monsieur sans gêne:
Malgré mon r’fus, il va son train;
Dans mon ourson couleur d’ébène,
Sans façon il glisse la main.
Laujon.

Outil. Le membre viril—avec lequel on travaille les femmes.

Le jeune homme puceau l’appelle son affaire,
L’ouvrier son outil...
L. Protat.
Les dieux après nous avoir fait
Les outils de la fouterie,
Seraient dignes de moquerie,
S’ils nous en défendaient l’effet.
Motin.
C’est fait, hélas! du pauvre outil.
Mon Dieu, il était si gentil,
Et si gentiment encresté!
(Ancien Théâtre français.)
Lise couchée au retour de l’église,
Disait à Jean: Mon dieu, le bel outil!
Grécourt.
Un jour Robin vint Margot empoigner,
En lui montrant l’outil de son ouvrage.
Cl. Marot.

Ouverture divine (L’). La nature de la femme, dont la complète occlusion amènerait la fin du monde.

Ah! divine ouverture!
Ravissante nature!
Qu’il est petit!...
Marc-Constantin.

Ouvrage. La besogne de la fille,—le temps qu’elle consacre, moyennant finance, aux plaisirs de l’homme.

J’te laisse ta nuit, j’ vas m’ coucher, travaille...—Du froid qui fait? Merci! j’ voudrais t’y voir, tu rirais... Pus souvent que j’ vas en avoir, à l’heure qu’il est, d’ l’ouvrage!

H. Monnier.

Ouvrier de nature (L’). Le membre viril, qui ne boude jamais devant une besogne amoureuse, dimanches et fêtes, à minuit comme à midi.

Je suis pour te faire court
Bon ouvrier scieur de planche
Qui travaille, nuict et jour,
D’un outil qui point ne tranche.
(Chansons folastres.)

Ombragée au-dessous du nombril d’un poil large et épais, du milieu duquel on voit sortir un bel ouvrier de nature, fort bandé, qui à bon droit mérite d’être appelé membre.

Mililot.

Quand La Ferté eut cuvé son vin, elle voulut le lendemain matin le faire retourner à l’ouvrage.

(La France galante.)

Ouvrir ses draps. Ouvrir ses cuisses, se faire baiser.

Qui faites tant les resserrées,
Quand on veut ouvrir vos genoux.
Tabarin.
Du beau quartier plus d’un’ bell’ dame
Qui pour un cach’mire ouvr’ ses draps.
E. Debraux.

Ovale. Le con, qui en effet a cette forme,—si l’on y met un peu de bonne volonté.

Entre deux colonnes d’un albâtre lisse et arrondies, est situé cet ovale charmant, protégé par une petite éminence et une jolie motte.

(Veillées du couvent.)
Dès qu’il passa par un certain ovale,
A l’instant même à sa mère on cria:
Soyez tranquille, allez, c’est bien un mâle:
Dieu! quelle tête il a!
E. Debraux.

La grande Jeanne de l’échiquier d’Alençon l’appelait son ovale.

Noel du Fail.
P

Paillard. Libertin, homme qui aime la femme, et qui s’amuse avec elle, non comme un bourgeois qui obéit aux commandements de Dieu et à l’habitude, mais comme un gourmet qui se plaît à manger l’amour à toutes les sauces.

Vente, gresle, gelle, j’ai mon pain cuit;
Je suis paillard, la paillarde me duit.
F. Villon.

Le paillard! il y prenait donc bien du plaisir!

Mililot.
Le paillard, friand de donzelles,
S’était fait un vaste sérail.
J. Cabassol.

Paillarde. Femme qui ne voit dans les hommes, quels qu’ils soient, ni des amants, ni des maris, mais des pines, et qui s’en sert avec une gloutonnerie à s’en donner des indigestions.

Tant que le bon ton durera,
Les honnêtes femmes paillardes
S’en tiendront aux soldats aux gardes.
Collé.

Paillarder. Baiser une femme, ou seulement la peloter.

Il fut surpris paillardant derrière le grand autel.

H. Estienne.

Elle ne faisoit tout le jour que paillarder avec lui.

Brantôme.

Paillardise. Libertinage, lubricité.

En fait de paillardise, nous l’entendons au suprême, et les dames du monde ne sont que des bêtes auprès de nous.

La Popelinière.

Paillasse. Fille de la dernière catégorie,—la digne femelle du paillasson.

En avant, la femm’ du sergent,
Balancez, la femm’ du fourrier,
Demi-tour, la femm’ du tambour,
Restez là, paillasse à soldat...
(La Leçon de danse,—chant guerrier.)
Eh! titi! oh! eh! là-bas,
Tiens! est-c’ que tu déménages?
—Pourquoi qu’ tu tiens ce langage?
—C’est qu’ t’as ta paillass’ sous l’ bras.
—Eh! non, mon vieux, c’est ma femme...
(Chanson populaire.)

Paillasson. Homme trop porté sur son membre; libertin à qui la qualité importe peu, pourvu qu’il ait la quantité.

J’ pine à l’œil et j’ m’en fais gloire,
C’est mon goût d’êtr’ paillasson.
(Chanson anonyme moderne.)

Paillassonner. Courir les gueuses.

Pain quotidien (Le). L’acte vénérien, qu’un mari et une femme, ou plutôt un amant et une maîtresse accomplissent volontiers chaque jour, matin et soir, sans y manquer,—de peur de laisser mourir leur amour d’inanition.

Le mari et la femme, cela est bon, vois-tu, mais il n’est pas encore si bon que les autres, à cause qu’il est plus ordinaire et que c’est leur pain quotidien.

Mililot.
La plus aimable des comtesses,
Ne refuse pas votre bien;
Tous les jours quatre politesses
Seront votre pain quotidien.
Collé.

Pâmer (Se). S’évanouir agréablement en jouissant, soit lorsqu’on se branle, soit lorsqu’on est femme et qu’on sent besogner vigoureusement le mâle.

La nature entière se pâme
Sous le vit du plus beau des dieux.
Anonyme.

Papillon de l’amour. Vulgo, morpion. Petit insecte qui, voyageant de vit en con et de couille en cul, se cramponne à l’un ou à l’autre, dans un but de colonisation.

Ma maîtresse, l’autre jour,
Se grattait, fallait voir comme...
Ainsi que se gratte un homme,
Je me grattais à mon tour.
Or, Suzon me déculotte,
Je la trousse sans détour:
Nous étions pleins, vit et motte,
De papillons de l’amour.
Hip. Chatelin.

Paquet. Ornement naturel de la culotte de l’homme, qui monte si fort la tête aux femmes; ornement postiche, parce qu’exagéré, de la culotte des danseurs espagnols, nécessaire pour donner de la verve à leurs danseuses.

T’as un beau paquet, mon chéri!

Lemercier de Neuville.
Sur cet insolent paquet,
Je lâche un vigoureux pet.
(Parnasse satyrique.)

Paradis de Mahomet (Le). Le seul auquel les vrais croyants doivent croire, parce qu’il est «pavé de pucelages,» au lieu d’être pavé de bonnes intentions, comme l’autre.

Paralysie de la queue. Impuissance; insensibilité du membre viril—qui a été trop sensible.

Parler. Faire l’acte vénérien.

Il parla à la belle cordonnière dessous sa robe à part.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)
Parlez toujours, voyez combien
Je me plais à votre entretien.
Collé.

Parler gras. Tenir des propos gaillards; appeler les choses par leur véritable nom, et non par les ridicules périphrases dont les habille la pudeur de mauvais aloi des bourgeois et des bégueules.

Partie. Le membre viril.

Elle l’atteint par l’énorme partie
Dont cet Anglais profana le couvent.
Voltaire.
Et je suis mort en la partie
Qui fait la garce et le cocu.
Maynard.

De sorte que l’on pouvait voir sans difficulté ses parties.

Ch. Sorel.

On ne doit pas dire les parties honteuses, car on ferait tort à la nature, qui n’a rien fait de honteux.

(Moyen de parvenir.)

Le marquis, de plus en plus étonné, et se reboutonnant pour ne pas laisser voir ses parties, vraiment honteuses en ce moment...

Jean Du Boys.

Pascal. Le vit. Pascal, comme Jacques, Thomas, Jacquot... ou etc., etc., etc.

.... Il ne m’importe guère
Que Pascal soit devant, ou Pascal soit derrière.
Scarron. (Don Japhet d’Arménie.)
Moi, je suis impartial
Entre Florence et Cythère,
Pourvu qu’on loge Pascal,
Le reste n’importe guère.
Collé.

Passade (Faire une). Tirer un coup en passant.

Si tu veux passer la nuit, mon chéri, ce sera vingt francs; si ce n’est qu’une passade, c’est dix francs: décide-toi.

A. François.
Pour s’amuser qu’Apollon l’entreprenne:
D’une passade elle vaut bien la peine.
Parny.
Je n’ai, camarades,
Jamais que des passades;
Mais je les aime mieux
Que des amours trop vieux.
Collé.

Passe. Passade intéressée, côté des dames. Faire une passe. Amener un homme galant dans une maison qui reçoit aussi les filles—galantes.

Passer d’hommes (Se). Jouir sans la collaboration de l’homme, avec le doigt ou le godemichet.—Se passer de femmes, se masturber.

Comment peuvent-elles donc faire pour se passer d’hommes, quand l’envie leur en prend et les surmonte si fort que, le con étant tout en chaleur, il n’y a aucune allégeance, de quelque façon que vous le frottiez.

Mililot.

Passer la nuit. Coucher au bordel.

Combien qui faut t’ rend’, mon bibi?—Garde tout, j’ passe la nuit.

H. Monnier.

Passer par les mains d’un homme ou d’une femme. Coucher ensemble.

Est-ce qu’ils ne font pas tous des listes vraies ou fausses des femmes qui leur ont passé par les mains?

La Popelinière.
L’Opéra n’eut jamais de danseuse ou d’actrice
Qui ne lui passât par les mains.
Sénecé.

Toute la jeunesse de la cour lui passa par les mains.

(La France galante.)

Passer sa fantaisie ou son envie. Faire l’acte vénérien.

Et après en avoir très bien passé ma fantaisie.

Brantôme.

Car le roi n’eut pas plus tôt passé sa fantaisie avec la princesse de Monaco, qu’il pardonna à monsieur de Lauzun.

(La France galante.)

Et pour votre présidente, ce ne sera pas apparemment en restant à dix lieues d’elle que vous vous en passerez la fantaisie.

De Laclos.
Car sans cesser, ou sur banc, ou sur lit,
Elle voulut en passer son envie.
Cl. Marot.
Voilà; quand je suis amoureux,
J’en passe incontinent l’envie.
J. Grevin.

Si vous aimez ce garçon, eh bien! ne pourriez-vous en passer votre envie?

Tallemant des Réaux.

Patiner. Badiner—d’une façon indécente.

S’approchant des comédiennes, il leur prit les mains sans leur consentement et voulant un peu patiner.

Scarron.

Car les provinciaux se démènent fort et sont grands patineurs.

Scarron.

Ah! doucement, je n’aime point les patineurs.

Molière.
Mais quand Bacchus vient m’attabler
Près de fille au gentil corsage,
Je me plais à gesticuler:
J’aime beaucoup le patinage.
L. Festeau.
Parfois il lui suffit de voir, de patiner,
De poser sur la motte une brûlante lèvre:
Il satisfait ainsi son amoureuse fièvre.
L. Protat.
Les petites paysannes
Qu’on patine au coin d’un mur,
Ont, plus que les courtisanes,
Fesse ferme et téton dur.
De la Fizelière.

Tandis qu’elle lui fait cela, elle le baise, coulant sa main sur son engin, qu’elle prend dans la braguette, et, quand elle l’a patiné quelque temps, elle le fait devenir dur comme un bâton.

Mililot.

Quand ils ont tout mis dans la nôtre, ils se délectent encore, en faisant, à nous sentir la main qui leur patine par derrière les ballottes.

Mililot.
Parmi les catins du bon ton,
Plus d’une, de haute lignée,
A force d’être patinée
Est flasque comme du coton.
E. Debraux.

Patte d’araignée (Faire la). Passer doucement et habilement les quatre doigts et le pouce sur le membre d’un homme, et ses tenants et aboutissants, afin de provoquer une érection qui ne viendrait pas sans cette précaution.

J’avais beau patiner sa couille renfrognée,
Lui faire avec cinq doigts la patte d’araignée,
Sa pine, peu sensible à mes soins superflus,
Demeurait flasque et molle et ne rebandait plus.
Louis Protat.

Patte de chat (La). Bordel fameux, situé sur le boulevard Courcelles, où presque toute la présente génération aura passé.

Ils entretienn’nt des gonzesses
Qui log’t à la Patt’ de chat.
Guichardet.

Pauvreté d’un homme (La). Son membre, qui est une richesse pour lui—quand il est maquereau.

Il montra toute sa pauvreté.

(Moyen de parvenir.)

N’avez-vous pas honte de montrer ainsi votre pauvreté?

Cervantes.

Pays-Bas (Les). La nature de la femme et les parties circonvoisines.

Ce ne sont point ses draperies,
Son tabac ni ses broderies
Dont on fait cas;
Mais chemise fine et de Frise
Donne goût pour la marchandise
Des Pays-Bas.
Collé.

Payse. Qualité que se donnent devant leurs maîtres les bonnes et les cuisinières, pour avoir le loisir de causer de—et de piner avec—son pays, qui est ordinairement un troupier français.

Mais, ne t’ai-je pas dit, Chauvin,
Que je n’ puis plus boire de vin?
Combien de fois faut-il que je te l’ dise:
Je m’ai pas assez méfié d’ la payse...
Pas assez méfié d’ la payse.
Allard.

Pécher. Faire l’acte copulatif,—qui est bien le plus agréable des sept péchés capitaux.

Si le cœur vous en dit, et si votre âme goûte
Les appas d’un si doux péché,
Achetez un galant.
De Benserade.
Combien de fois s’est commis le péché?
Trois fois sans plus, répond le camarade.
Grécourt.
... Ma fille et ce jeune homme
Sont dans cet âge où, n’en déplaise à Rome,
Il faut pécher, si l’on veut être heureux.
Comte de Chevigné.

Pécheresse. Gourgandine, femme qui veut être juste et qui, en conséquence, pèche sept fois par jour, en collaboration avec les hommes.

Il ne veut pas affirmer, ni que ce fût une pécheresse, ni qu’elle fût femme de bien.

Sarrazin.

Peloter les couilles d’un homme. Lui passer une main vive et légère—un souffle!—sur les testicules, afin de provoquer l’érection de son membre et par conséquent la jouissance.

La femme, d’une main lui pelote la couille;
L’autre, dans mille endroits en tous sens le chatouille.
Louis Protat.

Pénil (du latin penicillus, dérive de penis). Selon Lignac, c’est le membre viril.—Selon d’autres savants, c’est la partie antérieure de l’os qui environne les parties naturelles, et où pousse le poil, qui est l’indice de la puberté.—Le pénil s’appelle aussi Mont de Vénus.

Pénillière. Poil qui couvre la nature de la femme.

Moi, grands dieux! oublier ton joli cripsimen,
Sa brune pénillière et ton dur abdomen,
Ton ostium et ces fessons d’albâtre!
(T. du Bordel.)
Et puis se redressant un peu,
Rouge comme un tison de feu,
L’enfonça dans sa pénillière.
(Cabinet satyrique.)
Et sans cacher sa pénillière
Fut des fillettes chambrière.
(Recueil de poésies françaises.)