Toucher (Se). Se livrer à la masturbation, à ce plaisir solitaire que Martial appelle si justement gaudia fœda, et dont tant de jeunes gens sont morts,—sans compter le compositeur Bellini. Les murs de Paris ont été longtemps couverts de cette légende: Galimard se touche. Serait-ce vrai, Seigneur!

Toucher la grosse corde. Patiner le membre viril et le faire résonner sur le ventre.

Toupet (Avoir du). Avoir la motte bien garnie.

Ce n’est point là le conin que vous aviez au couvent; il n’y avait que du poil follet, du duvet, et je tiens là un toupet. Un vrai toupet.

La Popelinière.

Toupie. Femme de mauvaise vie, mais de bonne volonté, qu’on fait tourner comme on veut—en y mettant le prix.

Misère et corde! c’est déjà des histoires pour des toupies.

Gavarni.

Tour de bitume. Promenade des filles sur les boulevards, pour raccrocher des hommes et les ramener, soit au bordel, si elles sont en maison, soit dans leur appartement lorsqu’elles sont chez elles.

Allons! voilà mon tour de bitume arrivé... Au persil! au persil!...

Lemercier de Neuville.

Tour de fesse. L’acte vénérien.

Francine, trop chaude du cu,
Pour mieux couvrir ses tours de fesse,
Voulait épouser un cocu.
Théophile.

Tourner de l’œil, Tourner la prunelle. Montrer le blanc des yeux en jouissant.

Tu tournes la prunelle...
Tu vas jouir... ma belle...
Marc-Constantin.

Tracasser les couilles d’un homme. Lui faire patte d’araignée, afin de le faire bander lorsqu’il est réfractaire.

De l’autre main tracasse-moi les couilles... là... là... tout du long.

La Popelinière.

Traînée. Fille de mauvaise vie, qui traîne sa jeunesse quand elle est jeune, sa beauté quand elle en a, dans tous les endroits où vont les hommes et où elle ne devrait pas aller.

Elle sera heureuse avec lui... si elle ne fait pas la traînée avec lui, par exemple.

Eug. Vachette.

Traîner son boulet (ou sa chaîne). Terme populaire qui signifie: avoir toujours sa femme légitime au bras, sur le dos, ou sous la pine.—Le mariage étant une chaîne, on en a pour jusqu’à la fin des jours de l’un ou de l’autre.

Traits. Infidélités qu’un homme fait à une femme, ou une femme à un homme; coups tirés illégalement.

Son mari lui avait fait tant de traits qu’elle l’avait quitté.

Champfleury.
. . . Devant monsieur le maire
J’ai solennellement promis de ne pas faire
De traits à mon époux...
L. Protat.

Travail. Prostitution; fouterie intéressée.

Au nom de Dieu, dedans le tête-à-tête,
A ton flâneur donne de l’agrément;
Dans le travail, rappelle-toi, Jeannette,
Que t’es pas là pour ton amusement.
L. Festeau.

Que tu travailles bien aussi!... fort! fort!... ma mignonne, tu me ravis!...

La Popelinière.
Tu passes toutes tes soirées
Chez Dautun le marchand de vin:
Les autres femmes, plus rusées,
Travaillent du soir au matin.
Dumoulin.
Epous’s d’ultras,
Nièc’s de prélats,
Tout ça travaille et n’ se numérot’ pas.
Béranger.
O femelle divine,
Crois-moi!
Fais travailler ma pine
Sur toi!
Eug. Vachette.

Trémousser (Se). Jouer des fesses et des reins. S’agiter sous l’homme,—ou sur la femme, selon le plaisir que l’on ressent et que l’on veut faire partager, afin d’arriver à la jouissance mutuelle.

Amusez-vous, trémoussez-vous,
Amusez-vous, belles;
Amusez-vous, ne craignez rien,
Trémoussez-vous bien.
Désaugiers.
Quoiqu’usé, le vieux Mondor
Pour Lisette soupire;
L’âge a rouillé son ressort,
Mais il se trémousse encor...
Pour rire.
Piton.

Trente points (Les) qui constituent la beauté des femmes, sont,—je cite d’après Brantôme:

Trois choses blanches: la peau, les dents et les mains.
Trois noires: les yeux, les sourcils et les paupières.
Trois rouges: les lèvres, les joues et les ongles.
Trois longues: le corps, les cheveux et les mains.
Trois courtes: les dents, les oreilles et les pieds.
Trois larges: la poitrine, le front et l’entre-sourcils.
Trois étroites: la bouche, la ceinture et le con.
Trois grosses: le bras, la cuisse et le mollet.
Trois déliées: les doigts, les cheveux et les lèvres.
Trois petites: les seins, le nez et la tête.

Tribade. Mot grec (τριβος) signifiant une femme qui abuse de son sexe avec une autre femme.

Les tribades s’adonnent à d’autres femmes ainsi que les hommes mêmes.

Brantôme.
Tribades, mes amours,
Sacrifions toujours
Dans ce temple où Venus
Garde pour nous ses trésors inconnus.
J. Duflot.

Tribadie: amour d’une femme pour une autre, très répandu dans les pensionnats de jeunes filles et dans les couvents de femmes.

Comtesse de N***.
Dans cette Grèce aujourd’hui qu’on renomme
Que faisiez-vous, vierges du Parthénon?
Que faisiez-vous, ô vestales de Rome?
Vous tribadiez en l’honneur d’Apollon.
J. Duflot.

Tricher. Forcer, par un habile coup de cul, le membre de l’homme à se retirer au moment où il va décharger son sperme, pour ne pas s’exposer à faire d’enfants,—ce qui est peut-être prudent, mais, en tout cas, malhonnête, volant qui triche.

Pour nous, femmes sages,
Hors de nos ménages,
Il faut jouir peu,
Ou tricher au jeu.
Tricher! quelle gêne!
On conçoit sans peine,
Quand on est expert,
Tout ce qu’on y perd.
Béranger.

Tricoter des fesses. Les remuer vivement dans l’acte vénérien, pour mieux jouir ou pour mieux faire jouir l’homme.

Tripière. Femme ou fille à la gorge mal faite,—ou trop fournie.

Madame de Bassompierre, qui n’était ni jeune ni belle, et qui n’avait pour elle que son embonpoint et ses grands airs, ne manquait pas de galants... Le Plessy-Guénégaud s’amusait à payer cette grosse tripière comme un tendron, parce qu’elle était de qualité.

P. Dufour. (Hist. de la prostitution.)

Tripoter une femme. Polissonner des mains avec elle, lui prendre le cul et les tétons.

Je tripote,
Je bahote
Près de la cambuse aux crottes.
(Parnasse satyrique.)

Triquebilles. Vieux mot employé pour désigner les testicules.

Qu’on me coupe les triquebilles!
(Cabinet satyrique.)

Troisième sexe (Le). Celui auquel appartiennent les pédérastes et les gougnottes.

—Je ne mène pas là votre seigneurie, dit-il, car c’est le quartier des tantes,—Hao! fit lord Durham, et qu’est-ce?—C’est le troisième sexe, milord.

H. de Balzac.

Tromper d’endroit (Se). Enculer une femme, au lieu de la baiser,—ce qui peut arriver, la nuit surtout, au plus honnête homme.

Comm’ c’est chaud! comm’ c’est étroit!
Tiens! je m’suis trompé d’endroit!
J’ai fait un’ fameus’ bêtise,
Mamzell’ Lise...
A. de Calonne.
Me voyant traité d’la sorte,
Il dit qu’il s’est trompé d’ porte,
Et veut m’ fourrer son outil
Dans un trou qu’ j’ai sous l’ nombril.
(Parnasse satyrique.)

Trône du plaisir. La nature de la femme.

Si mes vœux près d’Eglé sont toujours superflus,
Du trône du plaisir si sa main me repousse.
Collardeau.

Trou. La nature de la femme, ou l’anus.

Les grands trous leur sont odieux, déplaisants et désagréables.

(Variétés hist. et litt.)
Nenni, non. Et pourquoi? Pour ce
Que six écus sauvés m’avez,
Qui sont aussi bien dans ma bourse
Que dans le trou que vous savez.
Collé.
Le bout était trop gros, ou le trou trop petit.
Piron.

Il fallut donc recourir aux verges... dont je vis bientôt les effets, par la croissance de l’allumelle de mon homme, qui, profitant du moment... commença à jouer au trou-madame.

(Mémoires de miss Fanny.)
Je m’y pris avec tant d’adresse
Qu’elle me dit, plein’ de tendresse;
Je t’accord’ le droit marital.
Puis elle ajouta, pour final:
Tu sais le côté qui me blesse,
Ah! ne va pas dans le trou d’ bal!
(Chanson anonyme.)
Au séminaire de Montrouge...
Chacun, en amateur de cul,
Loin de jouer au trou-madame,
Jouait toujours au trou du cul.
(Chanson anonyme moderne.)
... La langue française
Est encore aujourd’hui si pauvre et si niaise,
Qu’elle n’a vraiment pas deux termes pour nommer
Ce petit trou mignon qui sait si bien charmer.
L. Protat.

Il se couche comme cela sur le ventre de la fille, et lui fourre, dans le trou par où elle pisse, ce long engin, avec le plus grand plaisir du monde.

Mililot.
Bernis chanta de Pompadour
Les trous qu’avait formés l’amour
Sur sa peau blanche et lisse;
N’en déplaise à l’auteur galant,
Moi, j’aurais chanté seulement
Le joli trou
Dont je suis fou,
Le joli trou qui pisse.
J. Cabassol.

Trousser (Se faire). Se faire baiser.

Mais aux champs une fillette
Se fait volontiers trousser.
De la Fizelière.

Trousser une femme. La baiser, la femme étant aussi vite baisée que troussée, ou femme troussée étant considérée comme foutue.

Quoi! tu te laisses trousser tout de suite?

La Popelinière.
Lise, indignée en sentant qu’il la trousse,
Sans doute alors se livrait aux sanglots.
Béranger.

Turlupiner. Agacer, ennuyer, taquiner quelqu’un par paroles:—badiner, chatouiller, patiner ou peloter quelqu’un (gestes et attouchements réciproques)—afin de baiser ou d’être baisée.

Finissez donc, dame Jacq’line,
Disait gros Pierre; j’ vas m’ fâcher,
Où diable allez-vous me nicher?
J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’ turlupine.
Blondel.

L’auteur a parfaitement l’intention de faire dire au chanteur:

J’ n’aim’ pas ainsi qu’on m’ tir’ la pine.

Tu vas me le payer, Aglaé! Expression familière aux filles et à leurs hommes, pour signifier cinquante choses.—C’est l’équivalent de: As-tu fini! ou de: Des navets!

U

Ultramontain. Employé pour désigner un homme adonné au péché contre nature.

L’ultramontain, à son culte fidèle,
La refusait, et même avec dédain.
Piron.

User (En). Faire l’acte vénérien.

Comme si ce n’était rien que d’enlever en une soirée une jeune fille à son amant, et d’en user ainsi tant que l’on veut.

De Laclos.
Lorsque Jean veut se reposer,
S’il me plaît encor d’en user.
Béranger.

User des doigts. Masturber une femme ou un homme.

Pour vous en prendre à votre sexe,
Avez-vous mis l’autre aux abois?
C’est peu que votre main me vexe,
Vous usez pour vous de mes doigts.
Béranger.
V

Vache. Fille de la dernière catégorie,—par allusion à ses énormes tétons, sa seule beauté, et aussi à sa nonchalance de ruminante.

Comme on connaît les seins, on les honore.
(Vieux proverbe.)

Avoue, Zidore, que ta Fifine est une bonne vache, et une vache à lait encore.

Lireux.

Vagin. La nature de la femme, qui sert d’étui (vagina) à la grosse aiguille de l’homme.

Le Grec se sauve en Italie;
Le morpion grimpe au vagin
D’une fillette assez jolie.
B. de Maurice.

Vaisselle de poche. L’argent nécessaire en amour—la braise avec laquelle on chauffe les femmes.

Il a son charme, le métier de mac, surtout au point d’ vue d’ la vaisselle de poche.

Lemercier de Neuville.
A des pouilleux si tu t’accroches,
Rappelle-toi qu’il t’en cuira
Car l’amour sans vaissell’ de poches,
C’est du caca.
E. Debraux.

Valet de cœur. Le greluchon d’une femme entretenue,—qui serait mieux appelé valet de cul, puisqu’il doit être toujours à la disposition de sa maîtresse.

Valoir le coup. Être passable.—Expression employée par l’homme, à l’égard de toute femme qui, n’étant pas belle, a cependant quelque chose qui plaît:—Elle vaut le coup,—c’est-à-dire: elle mérite qu’on la baise au moins une fois.

Vautrer (Se). Faire l’acte vénérien.

Est-il honnête qu’un parent
Dessus sa parente se vautre?
Théophile.

Veau. Gourgandine, fille de la dernière catégorie,—sans doute par allusion à sa chair fadasse, plus adipeuse que musculée, plus lymphatique que sanguine, qui ne donne pas le moindre appétit.

Un soir, à la barrière,
Un veau
Tortillait son derrière
Bien beau.
Eug. Vachette.
O vous, jeunes étudiants,
De veaux si vous êtes amants,
Craignez, craignez fort la vérole.
A. Watripon.

Velléités (Avoir, ou Se sentir des). Avoir envie de baiser une femme quand on est homme, ou de se faire piner par un homme quand on est femme.

Ma chère amie, mes velléités sont passées: vous voudrez bien attendre qu’elles reviennent. Pour l’instant, laissez-moi dormir.

J. Le Vallois.

Vendangeuse d’amour. Fille ou femme qui a pour unique occupation de vendanger l’amour et de tirer de la meule de son pressoir assez d’argent pour ne pas être obligée de faire autre chose; sa grappe est sans cesse écrasée à coups de pine, et le jus qui en sort nous grise.

Ces femmes.......
Sont des vendangeuses d’amour.
Lorsque des vignes de Cythère
On revient, c’est au petit jour,
A pas pressé, avec mystère.
A. Delvau.
Mets à profit sa négligence,
Et sans alarmes jusqu’au jour,
Viens vendanger en son absence
Des fruits de plaisir et d’amour.
Parny.

Vendre sa fleur. Se laisser dépuceler par un monsieur qui en a les moyens.

Ces ouvrièr’s au gent minois
Qu’on voit parfois,
En tapinois,
Vendre leur fleur jusqu’à cent fois par mois.
Émile Debraux.

Venir au fait, aux prises, etc. Baiser,—qui est la conclusion naturelle de toutes les minauderies de la femme et de toutes les cajoleries de l’homme.

Mais cependant, quand ce vient au fait, elles éprouvent le contraire.

Mililot.

Une jeune beauté s’étant rendue amoureuse d’un jeune homme bien fait, lui donna tant de libertés qu’ils en vinrent à l’abordage.

D’Ouville.
Qu’avec l’abbesse un jour venant au choc.
La Fontaine.
Il parle trop, dit Emilie,
Et jamais il ne vient au fait.
Daillant de la Touche.
C’est assez parlementé,
Il faut en venir aux prises.
(La Comédie des chansons.)

Le valet de là-dedans s’amouracha d’elle et elle de lui, de sorte qu’ils en vinrent aux prises.

D’Ouville.

La belle, quand ce vint aux prises, fit ouf.

Tallemant des Réaux.

A peine lui donna-t-il le temps de se recoucher pour en venir aux prises.

(La France galante.)
Il la baisa pour en avoir raison,
Tant et si bien qu’ils en vinrent aux prises.
La Fontaine.

Oh! monsieur, je vous remercie, nous en venons tous les deux, le clerc et moi.

B. Desperriers.

Il lui demande si elle est en résolution d’en venir aux prises.

Ch. Sorel.

Vénus populaire (La). La fille de trottoir, qui ne demande que deux francs pour un voyage à Cythère.

Amour, empoisonne mes sens.
Et toi, Vénus la populaire,
A toi mon hymne et mon encens.
A. Barbier.
Ces rustiques Vénus qui font les innocentes.
Ant. Méray.
Faut t’voir valser, comm’ t’es vive et légère;
Tous les garçons disiont d’ toi dans le pays,
Qu’ t’es t’un’ vraie nymphe, un’ Vénus potagère.
J’ n’en bois ni mange et j’ n’en dors point les nuits.
Ad. Porte.

Nous avons eu depuis: la Vénus aux carottes.

Verge. Le membre viril,—avec lequel on fouette le ventre des vierges; virga, virgo.

Il souhaitait qu’il pût abattre sa faim en se frottant le ventre, tout ainsi qu’en se frottant la verge, il passait sa rage d’amour.

Brantôme.
L’académicien dit: mon vit. Le médecin:
Ma verge....
L. Protat.

Verger de Cypris. Le pénil, autrement dit la motte de la femme, où «le fruit d’amour rit aux yeux.»

Lors elle lui donna
Je ne sais quoi qu’elle tira
Du verger de Cypris, labyrinthe des fées.
La Fontaine.

Vérole. Maladie vénérienne, plus commune aujourd’hui que jamais, pour laquelle il y a à Paris un hôpital spécial, l’hôpital du Midi.

Cent escoliers ont pris la vérole avant que d’être arrivés à leur leçon d’Aristote la Tempérance.

Montaigne.
Si j’ suis paumé, j’enquille aux Capucins,
Ricord guérira ma vérole.
Dumoulin.
Vingt couches, autant de véroles
Ont couturé son ventre affreux,
Hideux amas de tripes molles
Où d’ennui bâille un trou glaireux.
Anonyme.

Veuve Poignet. La main qui sert à branler,—la première maîtresse des jeunes gens, comme le médium est le premier amant de toutes les femmes.

Pour l’apaiser, je n’avais qu’une main:
Je m’en servis pour écumer sa bile.
Veuve Poignet, sans vous, qu’aurais-je fait?
Mais avec vous, c’était chose facile.
Anonyme.

Vézon. Fille publique—dans l’argot des voleurs.

Mon père est maquereau, ma mère était vézon.
Moi j’ai reçu le jour sous les toits d’un boxon.
Louis Protat.

Viande. Femme publique.

Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à son étal, à cette boucherie-là.

Lemercier de Neuville.

Viande de l’homme (La). Son membre, dont les femmes sont si friandes et qu’elles mettent si volontiers cuire dans leur four avec son jus.

Mais sans un bon morceau de viande,
Fille a toujours le ventre creux.
Marcillac.
Ainsi que l’a dit un grand saint,
A l’homme s’il faut du bon vin,
A la femme il faut de la viande.
A. Watripon.
Pour moi, je ne suis point friande
De tout ce gibier que l’on vend,
Ne m’importe quelle viande
Pourvu qu’elle soit du devant.
Théophile.
Tu n’ me l’ mettras pas, Nicolas,
Je n’aim’ que la viand’ fraîche.
J.-E. Aubry.

Vice (Avoir du, montrer du). Avoir l’esprit tourné vers les choses de la fouterie; avoir pratiqué l’homme quand on est femme, la femme quand on est homme.

Tout jeune, il montra bien du vice,
Quand, perdu dans une forêt,
Au lieu du sein de sa nourrice,
Il se tétait le flageolet.
Al. Pothey.

Vicieux (Être un). Ne songer qu’aux choses de la fouterie.

Qu’est-ce donc qui vous prend?... Vous êtes donc aussi un vicieux?

Tisserand.

Vierge. Fille qui n’est pas encore devenue femme, c’est-à-dire dont le vagin n’a pas encore été habité par un membre viril,—mais dont l’imagination a été hantée par mille visions lubriques.

Non, je n’appelle pas vierge une jeune fille
Qui donne des cheveux à son petit cousin,
Ou qui, chaque matin, se rencontre et babille
Avec un écolier dans le fond du jardin.
Alph. Karr.

Je veux mourir, si je me souviens d’avoir jamais été vierge!

dit Quartilla à Encolpe,—et beaucoup de femmes pourraient en dire autant.

Vieux monsieur (Le). L’homme qui entretient une femme, pour le distinguer du jeune—ou des jeunes—qu’elle entretient elle même.

C’était par un temps pluvieux,
Nos bell’s n’avaient pas leurs vieux.
A. Watripon.
Celle-là, sur un lit nonchalamment couchée,
Par un vieux cupidon était gamahuchée.
L. Protat.
A son âge, on n’a plus d’amour...
—Oui, mais on a plus d’un caprice.
Quand mon fils est par trop méchant,
Tu sais comment je le corrige,
—Eh! mais c’est ainsi, justement
Que j’entretiens le sentiment
De ce vieux monsieur qui m’oblige.
(Chanson anonyme moderne.)
Toinette, fraîche dondon,
Chantait ainsi son martyre,
Pensant à son vieux satyre...
Tout en plumant un dindon.
J. Poincloud.

Vigne. Une femme; que l’on peut planter, cultiver, pour y grappiller tout à son aise, avec les mains—et la queue.

Et dans la vigne du seigneur
Travaillant ainsi qu’on peut croire.
La Fontaine.

Violon. Membre viril,—instrument qui fait danser les femmes et les filles.

Je jouais si vivement
En c’ moment,
Qu’ fatiguant mon bras,
J’ai pour ses appas,
Tant j’ mettais d’action,
Rompu mon vi (ter) olon.
Laurent.

Vit. «La partie qui fait les empereurs et les rois, la garce et le cocu,» dit le vertueux Pierre Richelet.

En voici la description, d’après l’auteur du Noviciat d’amour:

Ce tube est le chef-d’œuvre de l’architecture divine qui l’a formé d’un corps spongieux, élastique, traversé dans tous les sens par une ramification de muscles et de vaisseaux spermatiques. Il est, à son extrémité supérieure, surmonté d’une tête rubiconde, sans yeux, sans nez, n’ayant qu’une petite ouverture et deux petites lèvres, couvert d’un prépuce, retenu par un frein délicat qui ne gêne point le mouvement d’action et de rétroaction: au bas de cet instrument précieux sont deux boules ou blocs arrondis, qui sont les réservoirs de la liqueur reproductive, qu’aspire et pompe votre partie dans le mouvement et le frottement du coït, id est, de la conjonction; ces deux boules enveloppent deux testicules, d’où elles ont pris leur nom, et sont soutenues par le ralphé; on les nomme plus généralement couilles et couillons.....

Mercier de Compiègne.

On dit de quelqu’un qui rougit de chaleur, de honte, de colère, ou pour toute autre cause: Il est rouge comme un vit de noce. (Dicton populaire.)

L’académicien dit: Mon vit.
L. Protat.
Ah! je n’y tiens plus! le cul me démange...
Qu’on m’aille chercher l’Auvergnat du coin...
Car je veux sentir le vit de cet ange
Enfoncer mon con—comme avec un coin.
(Parnasse satyrique.)
Si je quitte le rang de duchesse de Chaulne
Et le siége pompeux qu’on accorde à ce nom,
C’est que Giac a le vit long d’une aune,
Et qu’à mon cul je préfère mon con.
Collé.
De Madeleine ici gisent les os,
Qui fut des vits si friande en sa vie,
Qu’après sa mort tout bon faiseur supplie
Pour l’asperger lui pisser sur le dos.
B. Desperriers.
Quand votre vit, à jamais désossé,
Comme un chiffon pendra triste et plissé.
(Chanson d’étudiants.)

Viticulture. Culture des vits. Expression mise en usage par les jardinières à-matrices.—Ces dames, se basant sur ce que horticulture signifierait: culture des orties, ont créé la viticulture. Elles s’y livrent, non-seulement sans crainte, mais encore avec le désir ardent d’être souvent piquées. Que la récolte soit bonne ou mauvaise, elles s’aident entre elles, et se prêtent volontiers la main—pour l’amour de l’art.

Voir. Faire l’acte vénérien.

Vous languissez quelquefois
A la cour plus de trois mois,
Sans que l’heure se présente,
Et moi, bienheureux, je vois,
Quand il me plaît ma servante.
(Cabinet satyrique.)

Vous avez été pour le moins six mois à la voir journellement.

Ch. Sorel.
Il dit que si je la vois
En un mois plus d’une fois,
Il m’en coûtera la vie.
Saint-Pavin.

Le dernier homme que voit Fulvia, c’est toujours celui qu’elle croit destiné par le ciel à perpétuer sa race.

Diderot.