Avoir toujours l’anneau ou la bague au doigt. Passer sa vie à branler les femmes, le con étant pris pour un anneau—depuis celui de la femme d’Hans Carvel.
Avoir un arlequin dans la soupente. C’est-à-dire, dans le ventre. Être enceinte d’on ne sait qui,—de plusieurs amants,—de toutes les couleurs.
Avoir un bon doigté. Savoir peloter habilement les couilles d’un homme; faire à merveille la patte d’araignée.
Avoir un cheveu. Avoir un caprice pour une femme, ou pour un homme.
Elle a un cheveu pour lui.
Avoir une crane giberne. Se dit d’une femme qui a de belles fesses, une Parisienne callipyge,—naturellement ou artificiellement.
Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice: tout est-il à elle, dis?
Avoir un fruit. Se dit d’une jeune fille qui s’est laissé séduire et qui a lieu de s’en repentir—neuf mois après.
Avoir vu le loup. Se dit d’une fille qui n’est plus vierge, qui connaît depuis plus ou moins de temps les mystères du pantalon de l’homme—d’où elle a vu sortir, la tête en feu, le poil hérissé, son braquemard enragé.
Toujours est-il que le loup, qui rôdait par là depuis quelque temps, sous la blouse bleue et le pantalon de velours épinglé d’un grand gars de notre village, sortit sournoisement du bois des châtaigniers, se montra tout à coup à l’ombre de la haie d’aubépines, et—qu’elle vit le loup.
Aze (L’) te foute. Vieux dicton qui signifie: Va te faire foutre—par un âne.
Babines (Les). Les grandes lèvres de la nature de la femme.
Les deux babines un peu retroussées et colorées d’un rouge attrayant qui passe un peu au dehors entre les cuisses.
Badigeonner une femme. La baiser,—en employant le blaireau et la peinture à la colle que l’on sait.
Je veux qu’on me paye, moi! je veux qu’on me badigeonne, moi! et que l’on me donne des gants.
Badinage (que l’on peut prononcer à l’allemande: patinage.) Ce n’est pas autre chose que la préface de la fouterie elle-même:
Cessez ce badinage, Henri, ou je sonne pour appeler mes gens, et vous faire jeter à la porte.
Rions, plaisantons, badinons, mais n’allons pas plus loin.
On fut obligé de la marier plus tôt qu’on ne pensait, parce qu’en badinant avec son accordé, elle devint grosse.
Bagasse. Vieux mot pour désigner une putain:
...La plus grande bagasse de la ville.
O Dieu! que l’homme est malheureux qui épouse de telles chiennes et bagasses.
Bagatelle (La). Le plaisir vénérien, la plus sérieuse des occupations de l’espèce humaine.—L’expression appartient à l’argot des filles qui, elles, n’attachent aucune importance à l’amour.
Bague. On se sert quelquefois de ce mot pour désigner les parties naturelles de la femme.
... Du chevalier s’est accusée, qui, comme l’autre, l’avait bien baguée.
Baguette. Le membre viril, avec lequel on mène les femmes qui ne sont pas sages en frappant sur leur ventre comme sur un tambour.
Bahut. La nature de la femme, dans laquelle l’homme serre—pour un instant—sa pine, comme chose précieuse.
Bahuter la pine (Se). Masturber, ou bander fortement.
Baiser. Verbe excessivement actif, que l’humanité passe son temps à conjuguer depuis le premier jour du monde, et qu’Adam et Ève savaient dans tous ses modes avant les conseils libertins du serpent. C’est le to leacher des Anglais, le far l’atto venereo des Italiens et le basiare des latins.—Quant à son étymologie, elle est d’une clarté éblouissante même pour un aveugle. Agnès la devinerait. Baiser, verbe, vient de Baiser, substantif, car la conjonction d’en haut précède toujours la conjonction d’en bas, et il est impossible à une femme dont les petites lèvres ont été touchées par une bouche, de ne pas laisser toucher ses grandes lèvres par une pine. De ceci vient cela, dirait Hugo.
Baiser à blanc. Se branler,—ce qui est une façon de baiser sans femme, quand on est homme, sans homme quand on est femme.
Baiser à la florentine. Se dit de deux amants qui, en se donnant l’un à l’autre des baisers sur la bouche, se lancent tour à tour de petits coups de langue, pour s’émoustiller mutuellement et jouir en avancement d’hoirie.
Baiser à la papa. Bourgeoisement, patriarcalement, comme M. Joseph Prudhomme baise madame Prudhomme, elle sur le dos, et lui sur elle.
Baiser à l’œil. Ne rien payer pour jouir d’une femme galante, comme font les greluchons.
Baiser à vit sec. Ne pas décharger dans la matrice de la femme, qui, à cause des enfants ou seulement par goût particulier, préfère manger le poisson sans la sauce.
Baiser en épicier. Faire l’amour purement et simplement, comme un devoir, comme une presque corvée,—et non pas en levrette, non pas à la paresseuse, non pas de cette façon ou de cette autre, inventée par les savants et surtout par les savantes, mais à la mode patriarcale: la femme dessous et l’homme dessus.
Baiser en pigeon. Faire une langue, comme fut baisée—d’abord—la Vierge Marie.
Elle me baisa en pigeonne, la langue en bouche.
Baiser ou Foutre à couillons rabattus, ou comme un dieu. Avec énergie, sans songer au mari que l’on cocufie ni aux enfants que l’on procrée,—comme tous les hommes voudraient bien pouvoir foutre, et comme toutes les femmes voudraient bien être foutues.
Et maintenant, gonzesse, que je t’ai foutue à couillons rabattus, comme tu n’es pas foutue d’être foutue jamais de ta garce de vie.....
Madame Durut, sentant les approches du suprême bonheur, se livre au transport, et s’agitant à l’avenant, s’écrie: Foutre! c’est trop de plaisir! il fout comme un Dieu!
Baiser ou Foutre à la dragonne ou en maçon. Jouir d’une femme immédiatement, monter sur elle brutalement, sans préliminaires d’aucune sorte, ni caresses, ni langues, ni pelotage.
Baiser ou Foutre à la paresseuse. Se placer derrière une femme que l’on veut baiser, couché sur le côté comme elle, entrecroiser mutuellement les cuisses, insinuer doucement l’outil dans le trou qui l’attend, et besogner sans effort.
Baiser ou Foutre en aisselle. Tirer un coup dans le pli formé par le dessous du bras et de l’épaule.
Baiser ou Foutre en cygne. Baiser une femme à la façon de Jupiter Léda, à genoux et ses jambes sur les épaules.
Baiser ou Foutre en levrette. Baiser une femme in more—du prince de Canino.
Baiser ou Foutre en tétons. Décharger dans cette petite vallée formée par les deux tétons et qu’on peut rendre aussi étroite qu’on veut en les rapprochant avec les mains.
Baiser sur le pouce. Tirer un coup précipitamment, là où l’on se trouve, sur une chaise, sur un meuble, sur une botte de paille, etc.
Je t’ai baisée sur le pouce, ça ne compte pas: nous recommencerons sur le lit, quand ton mari sera à son bureau.
Baiseur, baiseuse. Synonyme presque décent de Fouteur, fouteuse.
Baladeuse. Fille de mauvaise vie,—par allusion à la boutique roulante des marchandes des quatre saisons.
Elle t’a trahi sans te trahir. C’est une baladeuse, et voilà tout.
Balance de boucher. Fille publique,—parce qu’elle pèse toutes sortes de viandes, des quéquettes de jouvenceaux, des courtes de maçons, des pines d’Auvergnats et des vits de maquereaux.
Balancer le chinois (Se). Jouer avec son membre pour jouir, le faire dodeliner de la tête, comme un poussah, jusqu’à ce que, l’érection arrivant, il se tienne roide comme la justice et pleure silencieusement toutes les larmes de son œil unique.
Balancer sa largue. Se débarrasser de sa maîtresse,—dans l’argot des filles et des maquereaux.
Balancer une femme. La renvoyer comme Abraham Agar, soit parce qu’elle devient gênante, soit parce qu’elle est trop libertine.
Elle m’a traité de mufle.—Alors, il faut la balancer.
Balancer un homme. Le quitter, soit parce qu’il ne vous donne pas assez d’argent, soit parce qu’il vous ennuie.
Balançoires. Simagrées que fait une fille qui ne veut pas être baisée, mais qui veut bien être payée; promesses de jouissances qu’elle fait au miché racolé par elle.
Balayer ses enfants. Enlever avec un balai ou avec un torchon les gouttes de sperme qu’on a laissées tomber sur le parquet en se branlant ou en baisant une femme sur une chaise.
Balcon (Faire le). Moyen ingénieux employé par les filles pour faire savoir à leurs abonnés qu’elles sont visibles:—il leur suffit de mettre au balcon une chaise sur laquelle sera déposée une chemise ou une jupe commencée... puis de retirer le tout quand le client est entré.
Je vous dis que vous faites la fenêtre; on vous a vue au balcon.
—Ah! M. le commissaire, comme on vous a trompé: je ne vais jamais à ce bal là.
Balles. Les testicules, à cause de leur forme: c’est avec eux qu’on fusille les femmes—à bout portant.
Ballon (Avoir du). Se dit d’une femme qui a des fesses énormes, naturelles ou artificielles, comme en ont aujourd’hui, grâce à la crinoline, les Parisiennes, élégantes Vénus hottentotes.
Balloches. Les testicules.—Ce mot vient, soit du verbe
ballocher—qui, en argot, veut dire tripoter—soit du fruit du Bélocier, qui portait autrefois le même nom, ou à peu près le même nom, et qui présente en effet une certaine analogie avec la forme des couilles.
Un médisant dit que l’abbé auquel elle vouloit boire,—qui, à la vérité, avait en ses jeunes ans perdu ses deux témoins instrumentaires... en descendant d’un bellocier, c’est un prunier sauvage,—s’appelait monsieur de Non Sunt.
Ballottes (Les). Les testicules, petites balles avec lesquelles les femmes aiment à jouer et à jouir; quelquefois les tétons des femmes ou le maniement de cul, tétons, etc.
Elle lui met la main sur les ballottes qu’il a au-dessous de cet engin et les soulève mignardement en les passant et repassant doucement entre les doigts.
Les deux tétons, jolies ballottes du plaisir.
Ils virent en leur présence ballotter leurs femmes sans y pouvoir apporter aucun remède.
Bander. Être en érection, avoir envie de baiser une femme lorsqu’on est homme, ou un homme lorsqu’on est pédéraste. C’est l’arrigere (relever, hausser, dresser) des Latins.
Y bande encore... est-y gentil!
—On a étendu la signification de ce mot, purement vénérienne, et on s’en sert maintenant au propre et au figuré: au propre, comme il vient d’être dit; au figuré, pour indiquer la violente envie qu’on a d’une chose.
Ainsi Mirabeau, voulant peindre la pusillanimité du duc d’Orléans, qui voulait et n’osait pas être criminel, dit: «Ce d’Orléans est un Jean-Foutre qui toujours bande le crime et n’ose le décharger. Ignavum equidem fateor qui continuo erigit scelus et nunquam ejaculari ausus est.»
Bander (Faire). Provoquer l’érection de l’homme par des discours libertins ou par des attouchements autour des parties sexuelles.
Bande-à-l’aise. Homme qui n’est que médiocrement porté par son tempérament vers les choses de la fouterie, et qui bande plus volontiers avec son cerveau qu’avec son membre—comme la plupart des écrivains.
Bander comme un carme. Bander très fort, comme savaient bander jadis les carmes, chaux ou déchaux,—chauds surtout,—grâce à la continence qu’ils étaient forcés d’observer.
Bander de la gorge. Se dit d’une femme dont les seins se durcissent et se dressent sous l’impression du désir ou du plaisir.
Bander son arc. Bander,—le membre viril étant pris pour flèche et la nature de la femme pour cible.
Bandocher. Avoir des velléités d’érection; n’être pas en train; bander faiblement, difficilement.
... Elle recréait son impotente lubricité en lui chatouillant le scrotum et les testicules, ce qui le faisait bandocher.
Baquet. La nature de la femme dans laquelle l’homme décharge ses ordures liquides:
... Dans le baquet desquelles il eût volontiers lavé son vit.
Baratter. Baiser une femme, parce que, dans l’action amoureuse, la pine de l’homme, en allant et en venant dans le con de la femme, où il a déjà déchargé, a l’air de battre du lait dans une baratte et de faire du beurre. Ce n’est pas du beurre qu’il fait, en barattant ainsi, c’est du fromage.
Barbe de la femme (La). Les poils de sa motte,—qu’elle se garde bien de couper et encore moins d’épiler, à l’exemple des femmes d’Orient:
Barbeau. Souteneur de filles; membre de la grande famille des maquereaux—qui n’a rien de commun, que le nom, avec la grande famille des scombéroïdes.
Barbillon. Souteneur de filles; homme qui vend sa protection aux putains.—Du moment qu’il a été convenu qu’on appellerait ces drôles-là maquereaux, comme le maquereau est un poisson, on les a appelés aussi d’autres noms de poissons: on les a même appelés poissons purement et simplement.
Bardache. Pédéraste actif ou passif, au choix—des autres.
C’est là un cul de châtré ou de bardache, si jamais il y en a eu.
Bas (Le). La nature de la femme, à cause de sa situation.
Gargamelle commença à se porter mal du bas.
Elle s’accointa de l’un des clercs, lequel par aventure lui mettait l’intelligence de ces mots en la tête par le bas.
Bassin. La nature de la femme, dans laquelle le membre viril nage trop souvent.
J’eusse voulu toujours fouiller dans votre bassin.
Bataille. Sous-entendu amoureuse. L’acte vénérien, d’où nous sortons lassés, mais non rassasiés; vaincus faute de munitions, mais non dégoûtés.—On dit aussi: Jouer à la bataille.
La lance au poing il lui présente la bataille.
Bataille de jésuites, cinq contre un (Faire la). Se masturber, les jésuites ayant inventé le plaisir solitaire—après Onan.
Bâter l’âne. Faire l’acte vénérien.—L’expression date probablement du conte de La Fontaine, le Bât,—imité de Béroalde de Verville.
Bâti. Membré convenablement: se dit en parlant d’un homme qui a tout ce qu’il faut pour faire jouir une femme.
Bâton. Le membre viril, à cause de ses fréquentes érections qui lui donnent la dureté du bois—dont on fait les cocus. Les femmes s’appuient si fort dessus qu’elles finissent par le casser.
Bâton (Faire). Bander.
Le temps... où la première guenon venue qui me mettait la main dessus me f’sait faire bâton pendant quinze jours.
Bâton à un bout. Le membre viril,—le seul bâton qui n’ait qu’un bout, en effet.
C’est le bâton à un bout qui me pend entre les jambes.
Bâton de sucre de pomme (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme, de sa longueur et du goût sucré qu’il a en fondant de plaisir dans la bouche de la femme qui le suce.
Bâton Pastoral. Le membre viril,—avec lequel nous conduisons des troupeaux de femmes au bonheur.
Le simple maniement volontaire d’une main blanche et délicate qui se promène autour de leur bâton pastoral, est suffisant pour leur expliquer tous les mouvements du cœur de leur dame.
Il lui montre son bâton pastoral tout rougeâtre et enflé.
Battre le beurre. Introduire son engin dans un vagin un peu gras et l’y agiter avec énergie comme dans une baratte.
Battre sa flème. Courir le guilledou, aller dans les quartiers où la femme donne le plus.
Eh bien! puisque je suis en train de battre ma flème, je vais connaître cette maison.
Battre son quart. Se dit des filles de bordel, qui descendent à tour de rôle, pendant un quart d’heure ou une demi-heure, sur le trottoir, où elles raccrochent les passants.
Dorante, en se promenant devant la maison au grand numéro, croise Sylvia, qui bat son quart.
Battre un ban au miché. Le préparer à la jouissance suprême par des attouchements habiles et souvent répétés.
Baude (La). La vérole,—dans l’argot des voleurs, qui se rapproche plus qu’on ne croit du vieux langage, puisqu’on trouve dans Eutrapel: «Je cuidai avoir le baut, c’est-à-dire avoir gagné le mal padouan.»—Baude ne serait-il pas une syncope de ribaude?
Baudruche. Pellicule de boyau de mouton, que l’on neutralise pour en faire des choses très utiles:—des capotes anglaises.
Baume de vie (ou de vit). La semence de l’homme,—que donne le vit et qui donne la vie.
C’était pour me procurer mille morts délicieuses, qu’il ménageait avec art ce baume précieux qui donne la vie.
Bazar. Bordel,—qui est en effet un endroit où l’on expose la femme comme marchandise.
Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites dames.
Beau corps (Elle a un). Se dit de toute femme laide de visage, quand on veut s’excuser d’avoir couché avec elle une fois ou d’y coucher tous les jours.
Beauté vénale. Femme qui fait métier et marchandise de ce qu’elle devrait donner pour rien,—l’homme, après tout, ne faisant pas payer les services de sa pine, qui valent bien ceux du con.
Beautés occidentales. Les fesses d’une femme, dont les tétons sont les beautés orientales.
Beautés postérieures. Les fesses.
Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette... et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul le dénichaient comme sans dessein.
Bébé. Nom d’amitié que les filles donnent depuis quelques années aux hommes avec qui elles baisent,—maquereaux ou michés.
Théodore, c’est mon bébé; M. Martin, c’est mon monsieur.