Catze. Mot à la fois flamand et italien (cazzo), signifiant le membre viril.

A ton catze prends la carrière,
Pour t’enfoncer en la barrière
De mon chose.
Théophile.

Causer. Faire l’amour. C’est par antiphrase, sans doute, puisqu’on ne parle guère lorsqu’on baise: on a trop à faire pour cela.

Asseyons-nous sur ce canapé, mon ami, et... causons.

Lemercier de Neuville.

Il dit à Baron que, quoiqu’il fatiguât beaucoup à la comédie, il aimerait mieux être obligé d’y danser tous les jours, que d’être seulement une heure à causer avec la maréchale.

(La France galante.)

Causeuse. Femme chaude du cul.

Il n’en fut pas de même du Basque, qui trouvait que la maréchale était une causeuse inexorable.

(La France galante.)

Céder à un homme. Se laisser baiser par lui,—c’est-à-dire par son membre, qui sait mieux accoler que la bouche.

Victime d’une ruse indigne,
La trop confiante Léda
Croyait ne caresser qu’un cygne,
Quand à Jupin elle céda.
Jules Ruel.

Ceci, ou Cela. Le membre viril—avec quoi on fait cela aux dames,—ou bien la nature de la femme.

Parbleu, dit-il, prenez ceci,
Il est d’assez bonne mesure.
Grécourt.

Si vous mettez la main au devant d’une fillette, elle la repoussera bien vite et dira: Laissez cela.

(Moyen de parvenir.)
... Il est nommé Pine par la lorette;
Un Chose, ou bien Cela, par une femme honnête.
Louis Protat.

Centre. La nature de la femme, qui est en effet l’ombilic du monde; tout part de là, et tout y est ramené.—On dit aussi, mais c’est une superfétation: Centre de délices.

D’un seul coup, Rose rejeta la couverture; il ne s’attendait pas à nous voir totalement nues, et nos mains placées au centre de la volupté.

(Rideau levé.)

Celle des deux qui triomphait par ses gestes et sa débauche, voyait tout à coup sa rivale éperdue fondre sur elle, la culbuter, la couvrir de baisers, la manger de caresses, la dévorer jusqu’au centre le plus secret des plaisirs, se plaçant toujours de manière à recevoir les mêmes attaques.

(Gamiani.)

Cérémonie. L’acte le plus important de la vie, celui qui se fait avec le plus de pompe—quand on a affaire à une bonne suceuse.

J’en connais qui sont adonnées à la cérémonie—Qu’entends-tu par la cérémonie? interrompit-elle—C’est, Madame, repris-je, de donner le fouet ou de le recevoir.

(Mœurs du temps, I, 159.)
Que bonne part de la cérémonie
Ne fût déjà par le prêtre accomplie.
La Fontaine.

Cerner les yeux (Se). Se masturber,—ce qui culotte furieusement les yeux, en effet.

Voilà que j’bande... Ah! n’craignez rien, j’n’ai jamais eu c’défaut-là... Et puis... ça cerne les yeux.

Tisserand.

Certain bobo. La vérole, qui est un mal certain. Piron l’appelait un petit mal gaillard.

Un jeune élève d’Esculape
Me guérit de certain bobo...
Un beau jour, il me dit: Ma chère,
En moi, vos yeux ont excité
Certain feu. Je le laissai faire,
Pour m’assurer de ma santé.
(Gaudriole de 1834.)

Cervelas. Nom que donnent au vit la plupart des cuisinières; aussi bien que: boudin, saucisson, andouille, bout de viande, etc., selon la forme, la longueur ou la grosseur de l’objet, qui est un produit de la cochonnerie.

Oui, mon cher, à vot’ cervelas
On a fait un’ rud’ brèche...
Vous n’ me l’mettrez pas, Nicolas:
Je n’aim’ que la viand’ fraîche.
J. E. Aubry.

Cesser de l’être. Ne plus être pucelle.

Je le suis encore, m’a-t-elle dit en riant, je voudrais cesser de l’être par un joli homme comme toi.

Rétif de la Bretonne.

Chahuteuse. Coureuse de bals publics, qui danse volontiers la chahut au lit.

Chair. Le membre viril, que les femmes ne craignent pas de consommer même en Carême,—parce que ce jeûne-là serait de tous le plus pénible et le plus impossible.—D’où l’expression biblique d’œuvre de chair.

Bon, bon! sur ce ton-là, la petite friande,
Il lui faut la chair vive après toute autre viande.
J. de Schélandre.

Chaleur (Être en). Avoir envie d’homme lorsqu’on est femme, de femme lorsqu’on est homme,—et de chienne lorsqu’on est chien.

De sa fécondité la cause
S’explique en y réfléchissant!...
Il est clair pour l’observateur
Qu’il doit toujours être en chaleur.
Louis Protat.

Chalumeau. Le roseau percé d’un trou avec lequel l’homme joue les airs variés de la polissonnerie dans le vagin de la femme.

Mais son doux chalumeau
M’ayant d’amour éprise,
Ce n’est rien de nouveau
Si je fis la sottise.
(La Comédie des chansons.)

Chambrer. Sécurité que l’on prend en renfermant dans sa chambre l’homme ou la femme qu’on destine à ses plaisirs amoureux, dans la crainte qu’ils ne portent à d’autres une partie du tribut que l’on se réserve.

Ailleurs, la comtesse, avec moins d’égards pour son estomac, chambre le joli Fessange.

(Les Aphrodites.)
Sachez, dit-il, que je chambre
Certaine femme de chambre.
Grécourt.

Chameau. Fille de mauvaises mœurs, nommée ainsi par antiphrase sans doute, le chameau étant l’emblème de la sobriété et de la docilité, et la gourgandine, l’emblème de l’indiscipline et de la gourmandise.

L’autre dit que sa gorge a l’air d’un mou de veau,
Et toutes sont d’accord que ce n’est qu’un chameau.
Louis Protat.
Suivre la folie
Au sein des plaisirs et des ris,
Oui, voilà la vie
Des chameaux chéris
A Paris.
Justin Cabassol.

Champ. La nature de la femme, que Dieu a condamné l’homme à labourer et à ensemencer, ce à quoi il ne manque pas.

Si pour cueillir tu veux donques semer,
Trouve autre champ, et du mien te retire.
Marot.

De manière que mon champ ne demeurât point en friche.

Ch. Sorel.

Champ de bataille. Le lit, sur lequel se tirent tant de coups et, tout au contraire de l’autre, se fabriquent tant de créatures humaines.—On employait autrefois ce mot pour: la nature de la femme.—L’expression moderne est plus exacte.

Il fallut abandonner le champ de bataille et céder Haria.

Diderot.

Quoiqu’il me parût fort dur de quitter le champ de bataille avant d’avoir remporté la victoire, il fallut m’y décider pourtant.

Louvet.

Champignon (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme, qui rappelle celle des cryptogames dont les femmes sont si friandes, surtout quand ce sont des champignons de couche.

Si son champignon
Ressemble à son piton.
Quel champignon,
Gnon, gnon,
Qu’il a, Gandon,
Don, don!
Alexandre Pothey.

Champignon. Végétation charnue et maligne qui vient sur le membre viril par suite d’un contact suspect.

Elle n’eut jamais chaude-pisse,
Ni vérole, ni champignon.
H. Raisson.

Chancre. Petit ulcère cancéreux qui se déclare ordinairement sur le membre viril à la suite d’un contact malsain et qui, s’il n’est pas soigné, finit par infecter l’économie.

Jamais du moins on ne m’a vu
Foutre des chaudes-pisses;
Pleins de chancres et de morpions.
(Parnasse satyrique.)

Chandelier. La nature de la femme, dans laquelle brûle la chandelle de l’homme.

Chandelle. Le membre viril, qui fond—et coule trop souvent—au feu du vagin de la femme.

Voici maître curé qui vient pour allumer sa chandelle, ou pour mieux dire l’éteindre.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)
De femmes qui montrent leurs seins,
Leurs tétins, leurs poitrines froides,
On doit présumer que tels saincts
Ne demandent que chandelles roides.
G. Coquillart.

Chanter l’introït. Introduire son membre dans le vagin d’une femme,—ce qui est le commencement (introitus) de la jouissance.

Une catin s’offrant à l’accolade,
A quarante ans, il dit son introït.
Piron.

Chapeau. La nature de la femme, dont se coiffe si volontiers la tête du membre viril.

Que ta main s’est piqué les doigts
Au chapeau de la mariée.
Béranger.

Chapeau de goudron (Avoir un). Enculer un homme ou une femme,—ce qui couvre le membre viril d’un brai de vilaine couleur et de plus vilaine odeur.

Dans l’ trou d’ ton cul faut que j’ m’affalle;
Tach’ de ravaler ton étron,
Pour que je n’ sorte pas d’ la cale
Avec un chapeau de goudron.
Alphonse Karr.

Chapelle. Le con—que l’homme ne voit pas sans ployer les genoux.

Il tâcha de faire entrer son idole dans ma chapelle; à quoi je l’aidai en écartant les cuisses et en avançant le croupion autant qu’il me fut possible.

(Mémoires de miss Fanny.)
Tous les passants dedans cette chapelle
Voulaient dévots apporter leur chandelle.
(La Chapelle d’amour.)
Le compagnon lui plut si fort,
Qu’elle voulut en orner sa chapelle.
Piron.

Chapon (Au figuré): Homme châtré ou impuissant.

En termes de cuisine, l’on appelle chapon le croûton de pain frotté d’ail qui aromatise la salade.

Un de nos confrères, célèbre par sa continence... forcée, dînait dimanche à la campagne.

—Aimez-vous le chapon? lui demande la maîtresse de la maison.

—Oh! non, je ne peux pas le sentir.

—Parbleu! fit un convive, ça lui rappelle Boileau.

Emile Blondet.
Pour ma part, moi j’en réponds,
Bienheureux sont les chapons.
Béranger.

Chaponner un homme. Le châtrer, lui couper les testicules,—comme le bon chanoine Fulbert fit au libertin Abeilard.

Je te chaponnerai, puis je t’arracherai les couilles rasibus.

Louis Protat.

Charades. Jeu de société qui, comme tous les jeux innocents, ne contribue pas peu à l’instruction des jeunes filles.

On jouait aux charades chez la princesse M...—Une jeune dame proposa celle-ci:

«Mon premier est un instrument de plaisir.
Mon second sert dans les jeux de hasard,
Et mon tout est le nom d’un grand homme.»

—Je le tiens! s’écria madame A... Et elle articula, presque timidement, ces deux syllabes: Con-dé.

—C’est assez compris, dit l’auteur; mais il y a quelque chose de trop grand et quelque chose de trop petit.

Une dernière dame hasarda: Lamotte-Piquet.

—Il y a du bon, mais ce n’est pas encore cela. Voyons... personne ne dit plus mot?... Eh bien! le nom de mon homme, c’est... Vagin-jeton.

La princesse en rit encore!

Voici une anecdote qui concerne cette aimable femme:

On lui avait recommandé un jeune auteur d’avenir. Celui-ci se présente au jour qu’elle avait fixé pour le recevoir.

—Ah! c’est vous, dit-elle, Monsieur... Monsieur Lévy, je crois?...

—Madame, je me nomme Lépine.

—Oh! mon Dieu, reprend la princesse, c’est la même chose. Il me semblait bien aussi qu’il y avait un vit ou une pine au bout de votre .—Asseyez-vous donc, je vous prie, et quand je connaîtrai votre affaire, je verrai ce que je puis pour vous.

(Historique.)

Charmes. Les tétons, les fesses, etc., de la femme—qui charment en effet nos yeux et notre imagination.

Avec beaucoup de charmes, c’est-à-dire de beauté, on peut manquer de charme: on peut de même avoir beaucoup de charme avec très peu de beauté. Réunir le et les, c’est la perfection à son comble.

A. de Nerciat.
Et laisse voir ses charmes, dont la vue
Est pour l’amant la dernière faveur.
Parny.
... Y vendre au poids de l’or toutes les voluptés,
Et des charmes, souvent, qu’on n’a pas achetés.
Louis Protat.

Charnière. Le périnée,—c’est-à-dire, l’endroit qui sépare le con du trou du cul.

Elle s’en est tant foutu,
Qu’ell’ s’est rompu la charnière...
Si bien que du con au cul,
Ça n’fait plus qu’une gouttière:
Bon, bon, de la Bretonnière.
(Vieille chanson.)

Chat. Nom que les femmes donnent à la divine cicatrice qu’elles ont au bas du ventre,—à cause de son épaisse fourrure, et aussi parfois à cause des griffes avec lesquelles elle déchire la pine des honnêtes gens qui s’y frottent.

Elle aime tous les rats,
Et voudrait, la Lesbienne,
Qu’à sa langue de chienne
Elles livrent leurs chats.
Joachim Duflot.

Châtrer. Rendre un homme inhabile à la génération, en lui coupant les testicules.

Beau con, dont la beauté tient mon âme ravie,
Qui les plus vieux châtrés pourrait faire dresser.
Théophile.

Chaud comme braise (Être). Se dit d’un homme qui bande toujours, pour qui toutes les femmes sont égales devant sa pine.

Dans les gardes-françaises
J’avais un amoureux,
Fringant, chaud comme braise,
Jeune, beau, vigoureux.
J.-J. Vadé.
Je suis étroit, chaud comme braise,
Mon pucelage vaut le tien.
(Parnasse satyrique.)

Chaud de la pince. Homme ardent aux plaisirs vénériens; bon fouteur.

C’était un chaud de la pince
Qui peuplait dans chaqu’ province
L’hospice d’s enfants trouvés.
Louis Festeau.

Chaude-lance. Le faux-nez de la chaude-pisse.

Le soldat de Lobau,
Dit-on, n’eut pas de chance,
Car une chaude-lance
Lui corda le boyau.
Joachim Duflot.

Chaude-pisse. Écoulement vénérien du canal de l’urètre,—une des épines de cette rose qu’on appelle la femme.

... Sais-tu d’abord quel nom
Donner à l’instrument par où le mâle pisse
Et par lequel aussi lui vient la chaude-pisse?
Louis Protat.

Chaudron. La nature de la femme,—vase que la pine de l’homme se charge de fourbir et de laver.

Son mari n’était d’aventure assez roide fourbisseur d’un chaudron tel que le sien.

(Le Synode nocturne des tribades.)

Chauffer une femme, Chauffeur. Homme qui bande pour une femme et qui la serre de près, comme l’épervier la colombe, pour épier le moment favorable où il pourra fondre dessus, la pine en avant.

Loquemans, c’est l’officier, le chauffeur de la petite.

H. Monnier.

Chausser une femme. Être le mâle qui lui convient, avoir le membre qui s’adapte le mieux à son con.

Je veux dire que tu es un crâne fouteur, que tu me chausses comme jamais, en effet, je n’ai été chaussée.

Lemercier de Neuville.

Chausson. Fille de la dernière catégorie, qui chausse tout le monde et se fait chausser par tout le monde.

Joséphine! elle a chaussé le cothurne à la salle de la Tour-d’Auvergne, chez Ricourt...—C’est pour cela que je l’appelle chausson... qu’elle est.

Lemercier de Neuville.

Chemin du paradis. La nature de la femme,—où l’on ne peut aller qu’un à un, le bâton de chair à la main.

Cheminée. La nature de la femme, que l’homme se charge de ramoner souvent avec sa pine,—de peur d’incendie, car elle flambe toujours.

Ramonnez-moy ma cheminée,
Ramonnez-la-moy hault et bas;
Une dame, la matinée,
Ramonnez-moy ma cheminée,
Disoit, de chaleur forcenée:
Mon amy, prenons nos esbas,
Ramonnez-moy ma cheminée,
Ramonnez-la-moy hault et bas.
(Fleur de poésie.)

Cheminer autrement que des pieds. Faire l’acte vénérien, dans lequel, en effet, on fait beaucoup marcher la pine,—cette troisième jambe qui se fatigue si vite.

Lycaste pourrait bien l’avoir fait cheminer
Autrement que des pieds; ce sexe est si fragile
Que, prenant bien son temps, vertement on l’enfile.
Trotterel.

Chevalier de la rosette. Pédéraste actif ou passif.

Chevaucher. Monter sur une femme comme sur une cavale pleine d’ardeur, et la conduire au bonheur à grands coups de cet éperon que nous avons tous au bas du ventre.

Il m’a dit que, lorsqu’il me pouvait tirer à l’écart, il était si animé à me chevaucher sur-le-champ, qu’il ne pouvait plus commander à son vit roide.

Mililot.

Vous me promîtes que quand vous seriez mariée, je vous chevaucherois.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)
Carmes chevauchent nos voisines,
Mais cela ne m’est que du meins.
F. Villon.
Un médecin, toi sachant,
Va ta femme chevauchant.
Tabourot, s. des Accords.
Les dévotes beautés qui vont baissant les yeux,
Sont celles plus souvent qui chevauchent le mieux.
Piron.

Chevaucher à l’antique. Enculer une femme ou un homme,—ce qui est, en somme, la plus logique manière de monter à cheval.

Jaquet, ignorant la pratique
D’Hippocrate et de Gallien,
Chevauchait un jour à l’antique
Margot, que chacun connaît bien.
Théophile.

Chevaucheur. Baiseur, homme monté sur une femme—qui galope vers la jouissance.

Et rien alors n’est plus gai pour le chevaucheur
Que de voir, dans un cadre ondoyant de blancheur,
Le joyeux va-et-vient de l’énorme derrière.
Emmanuel des Essarts.

Cheville ouvrière ou Cheville d’Adam. Le membre viril avec lequel on bouche le trou de toutes les Èves que l’on rencontre.

Que je voudrais bien être
Femme d’un menuisier,
Ils ne font rien que cheviller.
Gautier-Garguille.

Chibre. Un des mille noms du dieu de Lampsaque.—Le mot nous vient des marins, qui appellent le nez guibre, surtout lorsqu’il est un peu fort. D’où le proverbe: gros nez, gros—chibre.

J’y vois le brutal vent du Nord
Qui son énorme chibre agite
Pour enfiler dame Amphitrite.
P. J.
Tu me disais alors que pour pouvoir te plaire,
Une femme devait vous dire et savoir faire
Toutes les saletés et toutes les horreurs;
Que cela ranimait le chibre des fouteurs.
Louis Protat.

Chien (Avoir du). Se dit en parlant d’une femme qui s’attife d’une façon provocante, qui porte incontinent—à l’incontinence.

Chienner. Se livrer, avec une femme, à toutes sortes de polissonneries cyniques, caninæ nuptiæ.

Chiffe. Se dit d’un membre viril trop mou,—qui n’est plus ou qui n’est pas encore assez viril.

Ah! vous n’êtes pas un homme, vous êtes une chiffe!

Lemercier de Neuville.

Chiffre. Le prix d’un coucher avec une courtisane, ou avec une putain.

A Mabille:

La Dame.—Finissez donc, monsieur! vous chiffonnez mon mouchoir!.....

Le Monsieur.—Madame, c’est pour voir votre chiffre.

La Dame.—Mon chiffre, c’est cent francs.

(Nain jaune.)

Chinois. Le vit, toujours chauve—par la tête—et pour qui le con est le céleste empire.

On dit: se polir, ou se balancer le Chinois, pour se branler.

Chose (Le). Pseudonyme pudibond de la pine ou du con.

Après, il me fait empoigner son chose, qu’il a roide, et quelquefois me prend à force de corps et me fait rouler sur lui.

Mililot.

Mais votre chose est tout petit, comme l’on dit, que si vous l’apportez en quelque lieu, à peine si l’on se perçoit qu’il y est.

(Les Cent Nouvelles nouvelles.)
Quand je l’eus lavé une pose,
Soudain je vis dresser son chose.
(Farces et Moralités.)
Serait-il vrai, bouche de rose,
Ce que m’a dit un imprudent:
Que vous vous passez moins de chose
Qu’un Espagnol de cure-dent?
Théophile.
O! ouy, ma foi, elle a un chose
Qui ne bouge de la maison,
Ainsi que fait celuy Lison,
Ainsi fatelu et douillet.
(Ancien Théâtre français.)
Ton chose, me dis-tu,
A si petite ouverture,
Qu’un vit moindre qu’un fétu
Y serait à la torture.
(Cabinet satyrique.)

Chouart. Ancien mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.

Voici maître Jean Chouart qui demande logis.

Rabelais.

Il tira son chouart vif et glorieux.

(Moyen de parvenir.)
Le sculpteur à la main savante,
Par un chef-d’œuvre de son art,
A surtout formé Jean Chouart.
Piron.

Cierge. Le membre viril—qui brûle et se fond sur l’autel de la femme. Fondre est mis là, souvent, pour couler.

Mais cela seulement fut suffisant pour l’en dégoûter, disant qu’elle avait vu la mèche qui était si déliée, qu’il n’y avait guère d’apparence que le cierge fût bien gros.

D’Ouville.

La femme, quelque putain qu’elle soit est la sainte à qui l’on doit le plus de cierges.

Lemercier.

Cigarette. Le membre viril—que les femmes savent si bien rouler dans leurs mains et porter à leur bouche par le gros bout.

Vous, luronnes, qui des dragons
Porteriez l’épaulette,
De cigares bien gros, bien longs,
Avez-vous fait emplette?
S’ils sont trop mous ou mal tournés,
Prenez ma cigarette,
Prenez,
Prenez ma cigarette.
J. Lagarde.

Clapier. Grand con où peuvent se loger lapin et la pine.

Je les ai furetés tous deux, ces clapiers-là, j’en connais peu d’aussi logeables.

A. de Nerciat.
Mais au clapier de qui les bords
Sont couverts de nouvelle mousse.
(Cabinet satyrique.)

Clé. Le membre viril—qui, sous le prétexte fripon d’ouvrir la serrure féminine, la bouche en jetant des saletés dedans.

Cliqueter une femme. La baiser, faire aller dans son vagin le membre viril comme un cliquet de moulin,—avec moins de bruit cependant.

Jamais fille de laboureur ne fut mieux cliquetée.

Sorel.

Clitoris. Le gland de la femme, qui, dans le prurit vénérien, bande comme le membre de l’homme; d’où, chez les Grecs, l’expression de κλὶτοριάζειν, pour clitoridem attractare, genre de masturbation spéciale aux femmes.

... Mon clitoris, par tous étant fêté,
Aurait pu faire au tien beaucoup de concurrence.
Louis Protat.

Clitoriser (Se). Se branler entre femmes; se chatouiller le clitoris, seule ou à deux, réciproquement.

La nature le veut: c’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitoriser ou se manuéliser.

Mercier de Compiègne.

Quelle vision! grand Dieu!... Ma mère sur le dos, les cuisses repliées vers sa poitrine et les jambes en l’air, d’une main tenant un livre et de l’autre... se chatouillant le clitoris avec la plus belle vivacité.

(Mon noviciat.)

Clou. Le membre viril, avec lequel on fixe la femme sur le dos.

Cocarde. Blanche ou rouge... affaire d’opinion. C’est le foutre qu’on lance, ou le sang que l’on fait répandre, au con d’une pucelle.

Heureux qui mettra la cocarde
Au bonnet de Mimi-Pinson.
Alfred de Musset.

Cochon (Être). Savoir bien besogner de l’outil que la nature a eu l’obligeance de placer au bas du ventre de l’homme; baiser fort et longtemps.

Ce n’est pas cela, mon cher, qui m’amuse
Sois moins poète et beaucoup plus cochon.
(Parnasse satyrique.)

Cochon (Être). Se dit aussi des choses obscènes, des discours qui provoquent l’érection,—des cochonneries en un mot.

Antoine, c’est un joli nom,
Un peu cochon.
Alexandre Pothey.

Cochonne (Être). Connaître une foule de petits secrets pour arriver à faire bander les pines les plus réfractaires et jouir les hommes les plus indifférents.

Cochonneries. Exercices amoureux: gamahuchage, branlage, suçage, postillon, feuille de rose, patte d’araignée,—en un mot, tout ce qu’ignorent les femmes honnêtes et que savent si bien les femmes galantes.—Le libertinage a emprunté beaucoup de termes à la charcuterie (V. langue fourrée, boudin, andouille, saucisse, vessie, etc.), et cela se comprend de reste, χοιρος signifiant à la fois cochon et con.

Cochonneries (Dire des). Avoir un langage de «haulte gresse,» appeler les choses par leur nom, dire pine au lieu de machin, foutre au lieu d’aimer, enfin raconter des prouesses concubitales.

Cocodès. Imbécile élégant, ou singeant l’élégance, qui fréquente plus volontiers avec les filles entretenues qu’avec les femmes honnêtes.

Ce n’est pas un homme, c’est un cocodès.

Aurélien Scholl.

Cocodète ou Dandye. Femme du monde qui imite la cocotte—dans sa mise—et quelquefois la surpasse par l’excentricité.

Cocotte. Fille de mœurs excessivement légères, qui se fait grimper par l’homme aussi souvent que la poule par le coq.

Cocotte, terme enfantin pour désigner une poule;—petit carré de papier plié de manière à présenter une ressemblance éloignée avec une poule.—Terme d’amitié donné à une petite fille: ma cocotte;—et quelquefois à une grande dame dans un sens un peu libre.

Littré.

Cocotier. Homme qui a la chaude-pisse, que les maquereaux et les ouvriers appellent la cocotte.

L’ai-je eue assez de fois, la cocotte! l’ai-je eue!... à ce point qu’on m’appelait le roi des cocotiers.

Lemercier de Neuville.

Cocotterie. Monde galant,—côté des cocottes. Ce mot fait pendant au mot: Bicherie.

«V. Sardou engageait amicalement une dame à surveiller les toilettes de la jeune fille de la Famille Benoiton, plus excentriques qu’il ne convient à une honnête bourgeoise.

—Bast! elle est si jeune et si innocente, ce n’est pas même de la coquetterie.

—Non, répliqua Sardou, mais c’est presque de la cocotterie.»

(Figaro, no 1123)