Catze. Mot à la fois flamand et italien (cazzo), signifiant le membre viril.
Causer. Faire l’amour. C’est par antiphrase, sans doute, puisqu’on ne parle guère lorsqu’on baise: on a trop à faire pour cela.
Asseyons-nous sur ce canapé, mon ami, et... causons.
Il dit à Baron que, quoiqu’il fatiguât beaucoup à la comédie, il aimerait mieux être obligé d’y danser tous les jours, que d’être seulement une heure à causer avec la maréchale.
Causeuse. Femme chaude du cul.
Il n’en fut pas de même du Basque, qui trouvait que la maréchale était une causeuse inexorable.
Céder à un homme. Se laisser baiser par lui,—c’est-à-dire par son membre, qui sait mieux accoler que la bouche.
Ceci, ou Cela. Le membre viril—avec quoi on fait cela aux dames,—ou bien la nature de la femme.
Si vous mettez la main au devant d’une fillette, elle la repoussera bien vite et dira: Laissez cela.
Centre. La nature de la femme, qui est en effet l’ombilic du monde; tout part de là, et tout y est ramené.—On dit aussi, mais c’est une superfétation: Centre de délices.
D’un seul coup, Rose rejeta la couverture; il ne s’attendait pas à nous voir totalement nues, et nos mains placées au centre de la volupté.
Celle des deux qui triomphait par ses gestes et sa débauche, voyait tout à coup sa rivale éperdue fondre sur elle, la culbuter, la couvrir de baisers, la manger de caresses, la dévorer jusqu’au centre le plus secret des plaisirs, se plaçant toujours de manière à recevoir les mêmes attaques.
Cérémonie. L’acte le plus important de la vie, celui qui se fait avec le plus de pompe—quand on a affaire à une bonne suceuse.
J’en connais qui sont adonnées à la cérémonie—Qu’entends-tu par la cérémonie? interrompit-elle—C’est, Madame, repris-je, de donner le fouet ou de le recevoir.
Cerner les yeux (Se). Se masturber,—ce qui culotte furieusement les yeux, en effet.
Voilà que j’bande... Ah! n’craignez rien, j’n’ai jamais eu c’défaut-là... Et puis... ça cerne les yeux.
Certain bobo. La vérole, qui est un mal certain. Piron l’appelait un petit mal gaillard.
Cervelas. Nom que donnent au vit la plupart des cuisinières; aussi bien que: boudin, saucisson, andouille, bout de viande, etc., selon la forme, la longueur ou la grosseur de l’objet, qui est un produit de la cochonnerie.
Cesser de l’être. Ne plus être pucelle.
Je le suis encore, m’a-t-elle dit en riant, je voudrais cesser de l’être par un joli homme comme toi.
Chahuteuse. Coureuse de bals publics, qui danse volontiers la chahut au lit.
Chair. Le membre viril, que les femmes ne craignent pas de consommer même en Carême,—parce que ce jeûne-là serait de tous le plus pénible et le plus impossible.—D’où l’expression biblique d’œuvre de chair.
Chaleur (Être en). Avoir envie d’homme lorsqu’on est femme, de femme lorsqu’on est homme,—et de chienne lorsqu’on est chien.
Chalumeau. Le roseau percé d’un trou avec lequel l’homme joue les airs variés de la polissonnerie dans le vagin de la femme.
Chambrer. Sécurité que l’on prend en renfermant dans sa chambre l’homme ou la femme qu’on destine à ses plaisirs amoureux, dans la crainte qu’ils ne portent à d’autres une partie du tribut que l’on se réserve.
Ailleurs, la comtesse, avec moins d’égards pour son estomac, chambre le joli Fessange.
Chameau. Fille de mauvaises mœurs, nommée ainsi par antiphrase sans doute, le chameau étant l’emblème de la sobriété et de la docilité, et la gourgandine, l’emblème de l’indiscipline et de la gourmandise.
Champ. La nature de la femme, que Dieu a condamné l’homme à labourer et à ensemencer, ce à quoi il ne manque pas.
De manière que mon champ ne demeurât point en friche.
Champ de bataille. Le lit, sur lequel se tirent tant de coups et, tout au contraire de l’autre, se fabriquent tant de créatures humaines.—On employait autrefois ce mot pour: la nature de la femme.—L’expression moderne est plus exacte.
Il fallut abandonner le champ de bataille et céder Haria.
Quoiqu’il me parût fort dur de quitter le champ de bataille avant d’avoir remporté la victoire, il fallut m’y décider pourtant.
Champignon (Le). Le membre viril,—à cause de sa forme, qui rappelle celle des cryptogames dont les femmes sont si friandes, surtout quand ce sont des champignons de couche.
Champignon. Végétation charnue et maligne qui vient sur le membre viril par suite d’un contact suspect.
Chancre. Petit ulcère cancéreux qui se déclare ordinairement sur le membre viril à la suite d’un contact malsain et qui, s’il n’est pas soigné, finit par infecter l’économie.
Chandelier. La nature de la femme, dans laquelle brûle la chandelle de l’homme.
Chandelle. Le membre viril, qui fond—et coule trop souvent—au feu du vagin de la femme.
Voici maître curé qui vient pour allumer sa chandelle, ou pour mieux dire l’éteindre.
Chanter l’introït. Introduire son membre dans le vagin d’une femme,—ce qui est le commencement (introitus) de la jouissance.
Chapeau. La nature de la femme, dont se coiffe si volontiers la tête du membre viril.
Chapeau de goudron (Avoir un). Enculer un homme ou une femme,—ce qui couvre le membre viril d’un brai de vilaine couleur et de plus vilaine odeur.
Chapelle. Le con—que l’homme ne voit pas sans ployer les genoux.
Il tâcha de faire entrer son idole dans ma chapelle; à quoi je l’aidai en écartant les cuisses et en avançant le croupion autant qu’il me fut possible.
Chapon (Au figuré): Homme châtré ou impuissant.
En termes de cuisine, l’on appelle chapon le croûton de pain frotté d’ail qui aromatise la salade.
Un de nos confrères, célèbre par sa continence... forcée, dînait dimanche à la campagne.
—Aimez-vous le chapon? lui demande la maîtresse de la maison.
—Oh! non, je ne peux pas le sentir.
—Parbleu! fit un convive, ça lui rappelle Boileau.
Chaponner un homme. Le châtrer, lui couper les testicules,—comme le bon chanoine Fulbert fit au libertin Abeilard.
Je te chaponnerai, puis je t’arracherai les couilles rasibus.
Charades. Jeu de société qui, comme tous les jeux innocents, ne contribue pas peu à l’instruction des jeunes filles.
On jouait aux charades chez la princesse M...—Une jeune dame proposa celle-ci:
«Mon premier est un instrument de plaisir.
Mon second sert dans les jeux de hasard,
Et mon tout est le nom d’un grand homme.»
—Je le tiens! s’écria madame A... Et elle articula, presque timidement, ces deux syllabes: Con-dé.
—C’est assez compris, dit l’auteur; mais il y a quelque chose de trop grand et quelque chose de trop petit.
Une dernière dame hasarda: Lamotte-Piquet.
—Il y a du bon, mais ce n’est pas encore cela. Voyons... personne ne dit plus mot?... Eh bien! le nom de mon homme, c’est... Vagin-jeton.
La princesse en rit encore!
Voici une anecdote qui concerne cette aimable femme:
On lui avait recommandé un jeune auteur d’avenir. Celui-ci se présente au jour qu’elle avait fixé pour le recevoir.
—Ah! c’est vous, dit-elle, Monsieur... Monsieur Lévy, je crois?...
—Madame, je me nomme Lépine.
—Oh! mon Dieu, reprend la princesse, c’est la même chose. Il me semblait bien aussi qu’il y avait un vit ou une pine au bout de votre Lé.—Asseyez-vous donc, je vous prie, et quand je connaîtrai votre affaire, je verrai ce que je puis pour vous.
Charmes. Les tétons, les fesses, etc., de la femme—qui charment en effet nos yeux et notre imagination.
Avec beaucoup de charmes, c’est-à-dire de beauté, on peut manquer de charme: on peut de même avoir beaucoup de charme avec très peu de beauté. Réunir le et les, c’est la perfection à son comble.
Charnière. Le périnée,—c’est-à-dire, l’endroit qui sépare le con du trou du cul.
Chat. Nom que les femmes donnent à la divine cicatrice qu’elles ont au bas du ventre,—à cause de son épaisse fourrure, et aussi parfois à cause des griffes avec lesquelles elle déchire la pine des honnêtes gens qui s’y frottent.
Châtrer. Rendre un homme inhabile à la génération, en lui coupant les testicules.
Chaud comme braise (Être). Se dit d’un homme qui bande toujours, pour qui toutes les femmes sont égales devant sa pine.
Chaud de la pince. Homme ardent aux plaisirs vénériens; bon fouteur.
Chaude-lance. Le faux-nez de la chaude-pisse.
Chaude-pisse. Écoulement vénérien du canal de l’urètre,—une des épines de cette rose qu’on appelle la femme.
Chaudron. La nature de la femme,—vase que la pine de l’homme se charge de fourbir et de laver.
Son mari n’était d’aventure assez roide fourbisseur d’un chaudron tel que le sien.
Chauffer une femme, Chauffeur. Homme qui bande pour une femme et qui la serre de près, comme l’épervier la colombe, pour épier le moment favorable où il pourra fondre dessus, la pine en avant.
Loquemans, c’est l’officier, le chauffeur de la petite.
Chausser une femme. Être le mâle qui lui convient, avoir le membre qui s’adapte le mieux à son con.
Je veux dire que tu es un crâne fouteur, que tu me chausses comme jamais, en effet, je n’ai été chaussée.
Chausson. Fille de la dernière catégorie, qui chausse tout le monde et se fait chausser par tout le monde.
Joséphine! elle a chaussé le cothurne à la salle de la Tour-d’Auvergne, chez Ricourt...—C’est pour cela que je l’appelle chausson... qu’elle est.
Chemin du paradis. La nature de la femme,—où l’on ne peut aller qu’un à un, le bâton de chair à la main.
Cheminée. La nature de la femme, que l’homme se charge de ramoner souvent avec sa pine,—de peur d’incendie, car elle flambe toujours.
Cheminer autrement que des pieds. Faire l’acte vénérien, dans lequel, en effet, on fait beaucoup marcher la pine,—cette troisième jambe qui se fatigue si vite.
Chevalier de la rosette. Pédéraste actif ou passif.
Chevaucher. Monter sur une femme comme sur une cavale pleine d’ardeur, et la conduire au bonheur à grands coups de cet éperon que nous avons tous au bas du ventre.
Il m’a dit que, lorsqu’il me pouvait tirer à l’écart, il était si animé à me chevaucher sur-le-champ, qu’il ne pouvait plus commander à son vit roide.
Vous me promîtes que quand vous seriez mariée, je vous chevaucherois.
Chevaucher à l’antique. Enculer une femme ou un homme,—ce qui est, en somme, la plus logique manière de monter à cheval.
Chevaucheur. Baiseur, homme monté sur une femme—qui galope vers la jouissance.
Cheville ouvrière ou Cheville d’Adam. Le membre viril avec lequel on bouche le trou de toutes les Èves que l’on rencontre.
Chibre. Un des mille noms du dieu de Lampsaque.—Le mot nous vient des marins, qui appellent le nez guibre, surtout lorsqu’il est un peu fort. D’où le proverbe: gros nez, gros—chibre.
Chien (Avoir du). Se dit en parlant d’une femme qui s’attife d’une façon provocante, qui porte incontinent—à l’incontinence.
Chienner. Se livrer, avec une femme, à toutes sortes de polissonneries cyniques, caninæ nuptiæ.
Chiffe. Se dit d’un membre viril trop mou,—qui n’est plus ou qui n’est pas encore assez viril.
Ah! vous n’êtes pas un homme, vous êtes une chiffe!
Chiffre. Le prix d’un coucher avec une courtisane, ou avec une putain.
A Mabille:
La Dame.—Finissez donc, monsieur! vous chiffonnez mon mouchoir!.....
Le Monsieur.—Madame, c’est pour voir votre chiffre.
La Dame.—Mon chiffre, c’est cent francs.
Chinois. Le vit, toujours chauve—par la tête—et pour qui le con est le céleste empire.
On dit: se polir, ou se balancer le Chinois, pour se branler.
Chose (Le). Pseudonyme pudibond de la pine ou du con.
Après, il me fait empoigner son chose, qu’il a roide, et quelquefois me prend à force de corps et me fait rouler sur lui.
Mais votre chose est tout petit, comme l’on dit, que si vous l’apportez en quelque lieu, à peine si l’on se perçoit qu’il y est.
Chouart. Ancien mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.
Voici maître Jean Chouart qui demande logis.
Il tira son chouart vif et glorieux.
Cierge. Le membre viril—qui brûle et se fond sur l’autel de la femme. Fondre est mis là, souvent, pour couler.
Mais cela seulement fut suffisant pour l’en dégoûter, disant qu’elle avait vu la mèche qui était si déliée, qu’il n’y avait guère d’apparence que le cierge fût bien gros.
La femme, quelque putain qu’elle soit est la sainte à qui l’on doit le plus de cierges.
Cigarette. Le membre viril—que les femmes savent si bien rouler dans leurs mains et porter à leur bouche par le gros bout.
Clapier. Grand con où peuvent se loger lapin et la pine.
Je les ai furetés tous deux, ces clapiers-là, j’en connais peu d’aussi logeables.
Clé. Le membre viril—qui, sous le prétexte fripon d’ouvrir la serrure féminine, la bouche en jetant des saletés dedans.
Cliqueter une femme. La baiser, faire aller dans son vagin le membre viril comme un cliquet de moulin,—avec moins de bruit cependant.
Jamais fille de laboureur ne fut mieux cliquetée.
Clitoris. Le gland de la femme, qui, dans le prurit vénérien, bande comme le membre de l’homme; d’où, chez les Grecs, l’expression de κλὶτοριάζειν, pour clitoridem attractare, genre de masturbation spéciale aux femmes.
Clitoriser (Se). Se branler entre femmes; se chatouiller le clitoris, seule ou à deux, réciproquement.
La nature le veut: c’est le seul moyen d’être sage au couvent, puisqu’on ne peut l’être sans se clitoriser ou se manuéliser.
Clou. Le membre viril, avec lequel on fixe la femme sur le dos.
Cocarde. Blanche ou rouge... affaire d’opinion. C’est le foutre qu’on lance, ou le sang que l’on fait répandre, au con d’une pucelle.
Cochon (Être). Savoir bien besogner de l’outil que la nature a eu l’obligeance de placer au bas du ventre de l’homme; baiser fort et longtemps.
Cochon (Être). Se dit aussi des choses obscènes, des discours qui provoquent l’érection,—des cochonneries en un mot.
Cochonne (Être). Connaître une foule de petits secrets pour arriver à faire bander les pines les plus réfractaires et jouir les hommes les plus indifférents.
Cochonneries. Exercices amoureux: gamahuchage, branlage, suçage, postillon, feuille de rose, patte d’araignée,—en un mot, tout ce qu’ignorent les femmes honnêtes et que savent si bien les femmes galantes.—Le libertinage a emprunté beaucoup de termes à la charcuterie (V. langue fourrée, boudin, andouille, saucisse, vessie, etc.), et cela se comprend de reste, χοιρος signifiant à la fois cochon et con.
Cochonneries (Dire des). Avoir un langage de «haulte gresse,» appeler les choses par leur nom, dire pine au lieu de machin, foutre au lieu d’aimer, enfin raconter des prouesses concubitales.
Cocodès. Imbécile élégant, ou singeant l’élégance, qui fréquente plus volontiers avec les filles entretenues qu’avec les femmes honnêtes.
Ce n’est pas un homme, c’est un cocodès.
Cocodète ou Dandye. Femme du monde qui imite la cocotte—dans sa mise—et quelquefois la surpasse par l’excentricité.
Cocotte. Fille de mœurs excessivement légères, qui se fait grimper par l’homme aussi souvent que la poule par le coq.
Cocotte, terme enfantin pour désigner une poule;—petit carré de papier plié de manière à présenter une ressemblance éloignée avec une poule.—Terme d’amitié donné à une petite fille: ma cocotte;—et quelquefois à une grande dame dans un sens un peu libre.
Cocotier. Homme qui a la chaude-pisse, que les maquereaux et les ouvriers appellent la cocotte.
L’ai-je eue assez de fois, la cocotte! l’ai-je eue!... à ce point qu’on m’appelait le roi des cocotiers.
Cocotterie. Monde galant,—côté des cocottes. Ce mot fait pendant au mot: Bicherie.
«V. Sardou engageait amicalement une dame à surveiller les toilettes de la jeune fille de la Famille Benoiton, plus excentriques qu’il ne convient à une honnête bourgeoise.
—Bast! elle est si jeune et si innocente, ce n’est pas même de la coquetterie.
—Non, répliqua Sardou, mais c’est presque de la cocotterie.»