Cocu. Mari trompé par sa femme, comme Ménélas, comme Sganarelle et Dandin, comme vous et moi,—comme des millions d’autres.
Cocuage. État du cocu, de l’homme dont la femme baise avec un autre.
Cocuage est naturellement des apanages du mariage.
Dans tous les temps et dans tous les pays du monde, le cocuage rapporte quelque chose.
Cocu en herbe (Être). Avoir la mine d’un honnête homme prédestiné à être un jour cocufié, s’il ne l’est pas déjà d’avance.
Cœur. La nature de la femme,—un muscle creux comme l’autre.—Le mot est de Boufflers et du XVIIIme siècle, où la sentimentalité était inconnue, et où il était tout simple, alors, que les femmes eussent le cœur—où les poules ont l’œuf.
Dès que cet enfant n’est pas de vous, ma belle nymphe, et qu’avec un cœur neuf, vous m’apportez en mariage des beautés immaculées, pourquoi rougirais-je?
Cognée. Le membre viril, avec lequel on fait du bois pour les maris.—On l’a employée aussi pour la nature de la femme.
Cogner une femme. La baiser à grands coups de queue sur le ventre, comme les boucs se cognent entre eux.
Une courtisane de Venise avait envie d’être cognée tout son saoul par deux Français de bonne mine.
Coiffer un homme. Le tromper en faveur d’un autre, moins jeune et plus laid, mais autre,—d’où la coiffure de cornes que l’on connaît.
Cinq minutes plus tard, le duc de Popoli était coiffé de la façon de tout un régiment de hussards.
«Union charnelle des deux sexes. C’est la volupté qui mène à la génération. (En langage familier, on dit Baiser (voir ce mot.) Quand la femme s’est placée dans le lit conjugal, elle se met sur le dos et écarte les cuisses. Le mari la couvre alors de son corps et, aidé par la main de sa femme, introduit l’instrument de plaisir dans l’asile qui lui est destiné. Elle referme alors légèrement les cuisses, et enlace son mari de ses jambes. Il colle sa bouche sur la sienne, et commence avec les reins ce mouvement de va-et-vient qui produit le plaisir mutuel. La femme n’a plus alors qu’à se laisser aller à la volupté, et à répondre aux baisers qu’elle reçoit. Tantôt, nonchalante et paresseuse, elle laisse agir l’homme, sans faire d’autre mouvement que celui de deux bouches qui s’unissent; tantôt adoptant le rôle actif, elle fait onduler ses reins, en enfonçant dans le con, à chaque va-et-vient, la vigoureuse queue qu’elle tient entre ses cuisses. Ses lèvres roses pressent avidement celles de son époux. Sa langue s’enlace à la sienne; ses seins tout rouges de baisers aplatissent leur courbe gracieuse sur sa poitrine, tant ses bras le serrent avec force. Son petit pied le talonne comme pour l’aiguillonner. De temps en temps elle se pâme en poussant de petits cris de plaisir; ses reins souples interrompent leurs voluptueuses ondulations, et elle demeure quelques instants immobile, savourant les coups précipités du vit furieux, et les jets de la liqueur de feu dont il inonde le temple de l’Amour.
«C’est ainsi que se produit le coït, la volupté la plus naturelle à l’espèce humaine, et qui est pour elle non-seulement un besoin, mais un devoir imposé par la Providence divine...
«Ne vous livrez pas au coït, ni à toute autre volupté après avoir mangé: attendez que la digestion soit faite.»
Colle. Le sperme, liquide visqueux qui sert de ciment romain pour édifier des mariages—souvent peu édifiants.
Coller (Se). S’unir charnellement, au moyen de la «moiteuse colle» que vous savez.—Cette expression, qui s’applique spécialement aux chiens, lesquels, après le coït, se trouvent soudés mutuellement, cul à cul, à la grande joie des polissons et au grand scandale des bégueules, cette expression est passée dans le langage courant moderne pour désigner l’union illicite d’un homme et d’une femme. Que de gens croyaient ne s’être rencontrés que pour se quitter, qui sont restés collés toute leur vie!
Coller une douce (Se). Se masturber,—ce qui est une bien douce chose tout de même.
Colombe de Vénus (La). La motte de la femme, le duvet qui couronne son os pubis.
Colonne. Le membre viril, que nous sommes bien plus fiers de regarder ou de montrer à une femme que d’être Français.
Combat amoureux. L’acte copulatif, qui est une lutte courtoise où personne n’est blessé,—quoiqu’on échange de nombreux coups.
Nous continuâmes deux ou trois fois, en sorte que les yeux nous pétillaient d’ardeur et ne respiraient que le combat naturel.
Bien volontiers ma femme viendra au combat vénérien.
Combler les vœux d’un homme. Lui ouvrir ses cuisses quand on est femme, afin qu’il introduise son engin dans le vôtre.
Commencer un roman par la queue. Baiser d’abord la femme pour laquelle on bande et, après, lui faire la cour comme si on ne l’avait pas encore possédée.
Commerce amoureux. L’acte vénérien, qui, plus que jamais, est aujourd’hui un commerce—mais un peu équivoque, puisque la femme vend ce que la nature lui a donné pour être donné.
Communier sous les deux espèces. Se dit d’une femme qui se laisse à la fois foutre et enculer par les hommes.
Compagnon. Le membre viril, qui naît avec l’homme et meurt avec lui.
Complaisances pour un homme (Avoir des). Faire la libertine avec lui; le mettre en état de faire une excursion à Cythère.
Compliment. L’acte copulatif.
Con (Le). Le petit vase dans lequel l’homme verse en pluie fine et pénétrante une partie du produit de sa nourriture,—à sa grande satisfaction et à celle du petit vase.—Les anciens connaissaient ce mot: χοιρος disaient les Grecs; cunnus, disaient les Latins: cweus, disaient les Celtes, qui disaient aussi cona et quena, (d’où les Anglais ont appelé leur reine queen); kona, disaient les Goths; koulma, disent les Arabes; emacuéma, disent les Basques; pota, disent les Italiens, etc., etc.
Donne, que je te frotte le con. Il est étroit que c’est un charme.
La matrice d’une femme est du nombre des choses insatiables dont parle l’Écriture, et je ne sais s’il y a quelque chose au monde à quoi on puisse comparer son avidité:—car, ni l’enfer, ni le feu, ni la terre ne sont si dévorants que le sont les parties naturelles d’une femme lascive.
C’était une jolie grêlée faite au tour, ayant un con tellement insatiable, que je fus obligé de lui mettre la bride sur le cou et de la laisser foutre avec qui elle voudrait...
Con. Métaphoriquement, Imbécile. Les vers suivants commentent cette acception particulière et impertinente:
Con baveux. Qui a des flueurs ou quelque chose de pis.
Con bien boisé. Dont la motte est abondamment fournie de laine.
Conclusion. La fouterie même, qui est en effet la conclusion naturelle de toutes les caresses que se font mutuellement des amants bien épris,—ou simplement des gens qui ont envie de tirer un coup.
Apprends donc qu’il y a cent mille délices en amour qui précèdent la conclusion.
Concon. Mot nouveau sur celui de bonbon, dit Collé, son inventeur. On se flatte qu’il passera en faveur de sa douceur et de son indécence.
Concubine. Femme qui, sans être mariée, a commerce de chair avec un homme, qui quelquefois est marié, lui.
Monsieur H**, disait un jeune homme au savant professeur que nous venons de perdre, j’ai eu l’honneur de me présenter chez vous, et je n’y ai rencontré que votre bonne...—Ce n’est pas ma bonne, monsieur, interrompit le père H** d’un air terrible. Ce n’est pas ma bonne, c’est ma concubine!...
Concubiner. Vivre maritalement avec quelqu’un.
L’abbé de La Rivière, le favori de Gaston d’Orléans, entretenait ouvertement une demoiselle Legendre; il la gardait auprès de lui dans son château de Petit-Bourg et concubinait avec elle, sans seulement songer à sauver les apparences. «Elle est à cette heure comme sa ménagère», écrivait Tallemant vers 1660.
Concupiscence. Le fond d’inclination naturelle qui nous fait désirer, hommes, de baiser toutes les femmes, femmes, d’être foutues par tous les hommes.
Le mariage était un nom d’honneur et de dignité, et non de folâtre et lascive concupiscence.
Con faisandé. Qui a reçu tant d’assauts, ou qui a eu tant de maladies, qu’il porte en lui une odeur dont s’accommodent seuls les gens qui ne sont pas dégoûtés.—On le dit aussi comme synonyme de vieille fille.
Confesser. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
Confitures. Le sperme, dont sont très friandes les femmes.—Brantôme parle quelque part, dans ses Dames galantes, d’un «amour bien lascif, composé de confitures spermatiques.»
Confrère de la lune. Cocu,—par allusion aux cornes de la blonde Séléné.
Conflit. Bataille amoureuse, combat corps à corps et nu à nu.
Con glaireux. Gras, soit naturellement, soit par suite de maladies, soit par malpropreté.
Con gras. Mal nettoyé, encore enduit de beurre masculin, ou naturellement adipeux,—de sorte que le membre qui s’y introduit est tout étonné d’y faire flic-flac.
Conifère. Jeune fille ou jeune femme,—de cunnus, con, et fero, je porte.
Quand on se promène le soir dans la rue Saint-Denis, on voit trotter sur les pavés un tas de jolis petits conifères.
Conin. Jeune con, con impubère, con qui n’est pas encore dans la circulation, n’ayant pas encore été frappé par le balancier de l’homme.
Vous avez là le conin le plus joli du monde.
Coniste. Homme qui préfère le con au cul,—élevé qu’il a été à l’École normale de Paris au lieu de l’avoir été à l’École anormale de Rome.
Conjonction. L’union naturelle de deux êtres d’un sexe différent.
Qui est-ce qui a le plus de plaisir, de l’homme ou de la femme, dans la conjonction naturelle?
Il prononça la validité du mariage, et renvoya les époux se conjoindre dans la maison paternelle.
Conjungo. Le mariage, dans l’argot du populaire qui voit dans ce mot une équivoque réjouissante (jungo, je joins, con, le con), au lieu d’y voir la première phrase du prêtre qui lie deux époux pour la vie.
Connaissance. Maîtresse, concubine.
Ah! vous avez une connaissance, monsieur!
Connaître les postures. Avoir appris dans l’Arêtin, ou au bordel, les divers mouvements et positions du corps les plus propres à l’accomplissement de l’acte vénérien; être très versée dans l’art de faire jouir les hommes.
Connaître son affaire. Se dit d’une femme rompue au métier d’amour et connaissant, par conséquent, tous les moyens à employer pour faire jouir les hommes.
Elle est belle, ma Joséphine!... et elle connaît son affaire...
Connaître un vieux. Servir de maîtresse à un vieux libertin, essayer de tous les moyens connus pour le faire godiller.
J’ me mets à connaît’ un vieux, encore un autr’, un troisième, et pis, et pis...
Connaître une femme. La baiser, qu’on la connaisse ou non.
Le bonhomme se vantait tout haut de n’avoir jamais connu que sa femme.
Connasse. Jeune fille sans expérience de l’amour, malhabile aux jeux de l’alcôve.—S’emploie aussi pour désigner un con de mauvaise mine, ou un grand con, ou un con de vieille femme. Quelques auteurs désignent, par le mot connasse, une femme honnête. Les femmes inscrites comme filles publiques à la police désignent souvent aussi par le nom de connasse les filles qui font habituellement la vie et qui craignent de se faire inscrire.
Conneau. Diminutif de con.
Connichon. Petit con où l’homme a de la peine à enfoncer sa «vivifique cheville.»
Connil. Petit con; ou, par extension: Jeune pucelle.—V. Chasser aux connils.
Conquêtes. Coups tirés, femmes baisées, hommes cocufiés.
O ma chère Victoire, quelles conquêtes vous avez faites dans votre putain de vie.
Conserver sa fleur. Garder son pucelage.
Consommer le sacrifice. Faire l’acte copulatif depuis A jusqu’à Z, depuis le premier baiser qui joint les lèvres d’en haut, jusqu’au dernier spasme qui distend les lèvres d’en bas.
Consommer son Kabyle. Pédéraster un indigène,—dans l’argot des troupiers d’Afrique.
Contenter un homme. Le bien branler s’il aime cela, ou bien jouer des reins sous lui afin de le faire jouir.
Voici le recueil des principales choses que vous devez savoir pour contenter vos maris quand vous en aurez.
Conter à une femme (En). Faire l’amour avec elle,—l’amour, ce conte des Mille et une Nuits, improvisé par tout homme galant en l’honneur de toute femme galante.
Contre-temps. Fiasco amoureux.
Conversation criminelle. Celle qui a souvent lieu entre un homme et une femme mariée à un autre homme.—Cette aimable conversation se tient ordinairement ventre contre ventre, avec des baisers et des soupirs à la clef.
Copuler. Employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.
Pour me copuler amoureusement
Coquardeau. Galantin, nigaud, bavard.—Gavarni a cru inventer Monsieur Coquardeau: il se trouvait déjà dans Rabelais.
Coquille. La nature de la femme—dans laquelle l’homme aime à faire entrer son petit limaçon, qui y bave tout à son aise. Con, cha? demanderait un Auvergnat.
Et Laurette, à qui la coquille démangeait beaucoup, s’y accorda facilement.
Coquine. Femme ou fille qui aime l’homme—ou qui fait semblant de l’aimer pour avoir son argent.
Nous sommes liés, le baron et moi, par nos coquines.
Corbillon. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.
Corde sensible (La). C’est, chez l’homme, son membre, chez la femme, son clitoris: on n’y touche jamais en vain.
Il n’est de femmes froides que pour les hommes qui ne sont pas chauds et qui ne savent pas toucher leur corde sensible.
Cornard. Cocu, porteur de cornes.
Cornes. Attributs invisibles du cocu.
Cornichon. Le membre viril, avec lequel les femmes aiment à accommoder leur viande.
Corridor d’amour. La nature de la femme, que l’on enfile volontiers lorsqu’on veut aller au Paradis.
Alors elle mit un genou en terre pour considérer plus attentivement la blancheur et le contour du ventre de Zaïrette, la rondeur de ses cuisses et surtout l’ouverture et l’entrée du corridor d’amour.
Cotillon (Le). La femme en général—et surtout en particulier—qui vous fouette le sang et vous allume l’imagination avec ses façons provocantes de retrousser ses cottes et de remuer sa crinoline.
Coucher (Avoir un). Être retenue par un miché pour baiser avec lui toute la nuit,—dans l’argot des bordels.
Mélie? Elle a un coucher, mon petit, faudra repasser demain.
Coucher avec une femme. En jouir;—par extension: Tirer un coup—même sur toute autre chose qu’un lit.
Monsieur sait mieux que moi, me dit-il, que coucher avec une fille, ce n’est que faire ce qui lui plaît: de là à lui faire faire ce que nous voulons, il y a souvent bien loin.
Que veut-il donc? Coucher avec une jolie femme et en passer sa fantaisie.
Coucou. Oiseau jaune, de la race des cocus, aussi féconde que celle des mirmidons.
Couilles. Testicules de l’homme.
Mais si ma couille pissait telle urine, la voudriez-vous bien sucer?
On ne fait non plus cas des pauvres que de couilles; on les laisse à la porte, jamais n’entrent.