....... Eutrapelus, cuicumque nocere volebat
Vestimenta dabat pretiosa. Beatus enim jam
Cum pulchris tunicis sumet nova consilia et spes;
Dormiet in lucem; scorto postponet honestum
Officium; nummos alienos pascet; ad imum
Thrax erit, aut olitoris aget mercede caballum.
(Horat. Epist., lib. 1, 18.)
«Quand Eutrapelus vouloit rendre un mauvais service à quelqu'un, il lui donnoit de beaux habits.—Quand cet homme, disoit-il, se verra brillant, dans l'abondance, il changera d'idées, prendra un autre train; il dormira la grasse matinée, oubliera ses devoirs, se livrera au plaisir; il empruntera à usure, et finira par être gladiateur, ou valet de jardinier.» (Traduction de Le Batteux.)
[304] M. de Cospean mourut le 8 mai 1646.
[305] Nourrissez les poètes, ne les engraissez pas.
[306] Costar avoit trente-huit ans quand il fit cette jeunesse. (Mémoires de Tallemant, t. 4, p. 87.)
[307] Cet ami n'est pas nommé dans les lettres de Costar. Les lettres de Voiture, de Balzac, de Maynard seroient aujourd'hui des Mémoires littéraires importants si on n'en avoit pas effacé presque tous les noms propres. On doit moins le regretter pour les lettres de Costar, qui méritent peu de confiance, ayant pour la plupart été écrites après coup.
[308] Les Observations de Costar sur les deux odes n'ont pas été imprimées. Il paroît qu'elles étoient ridicules et malveillantes. (Voyez les Mémoires de Tallemant, t. 4, p. 85.)
[309] C'est en effet ce qui fit la fortune de Chapelain. (Voyez les Mémoires de Tallemant, t. 2, p. 402.) Arnauld d'Andilly avoit trop de goût pour avoir jamais admiré la Pucelle. Dans une lettre du 31 août 1654, en renvoyant à Chapelain les cinq derniers livres de ce poème, il lui donne de sages conseils, qu'il termine par cette observation: «Si vous jugez les choses que je vous mande raisonnables, je vous conjure de les suivre, et surtout de vous défaire de cette mauvaise honte qui, de peur de déplaire à M. de Longueville, vous feroit négliger votre propre réputation, et vous précipiteroit à publier un ouvrage qui assurément ne réussiroit pas, et, courageux comme vous êtes, vous feroit mourir de regret de n'avoir pas cru des amis aussi désintéressés, aussi fidèles et aussi passionnés pour votre réputation que nous le sommes, dont il ne faut pas de meilleure preuve que cette incroyable liberté avec laquelle je vous parle, et qui ne pourroit être telle si elle ne procédoit d'un cœur qui est tout à vous.» Le 2 septembre 1654, Chapelain répondit à M. d'Andilly; il le remercioit du soin avec lequel il avoit examiné son ouvrage avec M. Lemaistre. «Ce bienfait, dit-il, ne sauroit produire que de bons effets, et le principal est qu'il a déjà mortifié et rabattu la vanité que les injustes louanges de mes amis avoient jetée en mon âme, comme si j'eusse été en matière de poésie quelque personne considérable, et qu'en me découvrant ce grand nombre de fautes il m'a découvert ma petitesse ou plutôt mon néant. Sur quoi je ne vous nierai pas que l'effroi dont votre lettre m'a rempli, en me menaçant de la perte de ma réputation, si je ne suivois de point en point ce qu'elle m'ordonne, a ébranlé mon âme de telle sorte qu'au lieu de m'exciter il m'a découragé et a mis mon esprit en état que si j'étois maître de l'ouvrage, il ne verroit jamais le jour..... Mais comme il est d'une nécessité absolue que l'ouvrage paroisse bientôt, et qu'il n'en paroisse pas moins que douze livres, ce que je ferai sera d'avoir une application aussi forte que je l'ai eue jusqu'ici pour suivre le plus près qu'il me sera possible vos bons et charitables avis....... ne laissant de ce qui est condamné que ce qu'on ne pourra ôter sans renverser l'édifice, ou que ce dont je serai fortement persuadé par les principes de l'art, qui est bon et soutenable près des intelligences. Il me semble que je me puis conserver ce droit en une chose qui est mienne, que je n'ai pas conçue, disposée et exécutée au hasard, et dont aussi bien je ne mériterois aucun gré du public, ni n'aurois aucune satisfaction en moi-même, si aux points essentiels elle avoit réussi par l'industrie d'autrui, et que je n'y eusse contribué que mon nom et ma plume..... Quant à vous envoyer les douze livres lorsque que les aurai corrigés, je doute si je le devrai, ou si je le pourrai faire; ce seroit abuser trop de votre bonté et de votre temps que de vous souffrir rengager à une si longue et si ennuyeuse tâche, et remanier tant d'ulcères, si je ne les avois pas guéris. D'un autre côté, ayant joui de mon reste à cette correction, et n'y pouvant rien faire davantage, il seroit inutile de se tourmenter à la vouloir rendre plus exacte, et........ étant pressé comme je le suis....... bien qu'il s'y pût faire encore quelque chose après ce que j'y ferai entre ci et la publication de l'ouvrage, il seroit impossible d'en prendre le loisir, et il faudroit le remettre à une seconde impression..... Si vous l'ordonnez néanmoins absolument, il s'y faudra résoudre, et cependant demander à Dieu, ou la force pour le mettre en état que vous n'y trouviez guère à redire, ou la patience et l'humilité nécessaire pour endurer sans murmure ce qu'il permettra qui en arrive, dans la vue que je suis homme comme les autres, et que l'infirmité humaine paroît tant en tout ce que font même les plus excellents, qu'il ne sera pas étrange que l'on rencontre des défauts aux choses qui seront parties de moi, qui suis des plus imparfaits et du plus bas étage, etc.» (Lettres autographes d'Arnauld d'Andilly et de Chapelain, cabinet de M. Monmerqué.)
[310] François Payot de Linières (ou Lignières), poète satirique, mort en 1704.
[311] Quelques passages de cette lettre ne seront pas déplacés ici. «Vous me mandez que je n'ai pas perdu les bonnes grâces de M. d'Andilly; vous pouvez juger, après tout ce que je vous ai toujours dit de lui, que ce n'a été sans émotion que j'ai reçu cette bonne nouvelle.... C'est un homme extraordinaire, et qui est adoré partout où il est connu.... Ayez la bonté, Monsieur, de l'assurer de mon obéissance.... et de lui témoigner le regret extrême que j'ai que ces misérables papiers qui n'avoient été faits que pour un seul, aient passé par tant de mains, et qu'après avoir bien couru ils soient venus tomber dans les siennes. Vous savez les précautions dont je me servis pour empêcher cette disgrâce que je n'ai pu éviter; vous savez les serments que je tirai de M. (de Lessau) de ne les montrer à personne, et la résistance que j'apportai aux supplications qu'il me faisoit d'y consentir..... Il n'y a personne qui souffre avec moins de répugnance les réputations injustes. Quand il est question de blâmer et de reprendre, c'est un personnage que je laisse faire aux autres..... J'ai horreur de m'enrichir des dépouilles et de m'élever sur des ruines.... Et cependant.... je cours fortune de voir mes intentions mal interprétées, et d'être convaincu de malignité et d'envie...... Pour le moins, Monsieur, tâchez d'obtenir de M. d'Andilly qu'il désabuse M. l'abbé de Saint-Nicolas (Henri Arnauld, depuis évêque d'Angers), et qu'il le prie de ne commencer point à juger de mon esprit ni de mon humeur, par le discours qu'on lui a montré. C'est une marque de réprobation de n'être pas au goût d'une personne qui l'a excellent comme lui, et d'être haï d'un homme qui aime tant les bonnes choses, etc.» (Lettres de M. Costar; Paris, 1658, in-4o, p. 583.)
[312] Matthieu de Morgues, sieur de Saint-Germain, aumônier de la reine Marie de Médicis, avoit d'abord été écrivain aux gages du cardinal de Richelieu; il demeura fidèle à sa maîtresse, et publia beaucoup de pièces réunies dans le Recueil de diverses pièces pour la défense de la Reine-mère et de Louis XIII; Anvers, 1637 et 1643, 2 vol. in-fol.
[313] C'est dans la lettre deux cent dix-huitième. «Je vous envoie, écrit-il à M. Du Châtelet, ce petit travail que j'ai entrepris par votre ordre. Je l'ai fait avec grand soin, mais je n'ai point donné de temps à le polir, et vous n'y trouverez aucune sorte d'ornement, etc.» (Lettres de Costar, première partie, p. 581.)
[314] Cette prose satirique, dirigée contre MM. de Marillac, a été jointe au Journal du cardinal de Richelieu. On l'attribuoit à Du Châtelet, et c'est sur ce motif que le maréchal se fonda pour récuser ce maître des requêtes. «Quant à Chastelet, disoit-il, j'ai horreur de le voir assis parmi une si honorable compagnie, sur ces fleurs de lys, et qu'il ait pouvoir et main-levée sur ma vie et sur mon honneur, quand bien je n'aurois autre chose à lui reprocher que cette infâme prose, dont il est l'auteur, où s'étant moqué de Dieu et de l'Eglise, ayant injurié les cendres d'un personnage d'éminente qualité et sainteté de vie (le cardinal de Bérulle), de qui la mémoire est en l'éternité, offensé les vivants..... il ne faut pas s'étonner s'il a calomnié impudemment M. de Marillac, mon frère, et m'a rangé au nombre des pendarts:
Frater plus fur quàm Barrabas,
Cujus manu rapiebas,
Suspendetur antè turbas.
dignes paroles de sa rage et de sa passion, etc.» On n'eut pas égard à cette récusation, et Du Châtelet seroit resté juge du maréchal si, sur une requête présentée par la famille, Du Châtelet n'avoit pas été mandé pour être ouï, et conduit prisonnier au château de Tours. Ainsi Tallemant s'est trompé quand il a dit (t. 2, p. 3) que Châtelet avoit opiné dans le procès, et qu'il étoit disposé à revenir sur son avis. (Relation du procès du maréchal de Marillac, dans le Journal du cardinal de Richelieu.)
[315] Philibert Emmanuel de Beaumanoir, abbé de Lavardin, depuis évêque du Mans et commandeur des ordres du Roi. Il mourut en 1671.
[316] L'abbé Goujet n'a pas connu cette traduction. (Voyez la Bibliothèque françoise; Paris, 1742, t. 6, p. 183.)
[317] Expression singulière. Elle paroît signifier que cette lettre fut ainsi refaite pour paroître plus convenablement sur le théâtre de la publicité.
[318] Costar est bien peint ici. Refaire une lettre vingt ans après l'avoir écrite, convertir un simple billet en une épître hérissée de citations, c'est bien là le caractère de ce lourd pédantisme dont Costar ne cessoit pas de s'envelopper. On lit cette lettre ridicule à la page 185 de la première partie des Lettres de Costar.
[319] Costar étoit trop étranger au naturel pour pardonner à cette saillie ce qu'elle avoit de familier; il en a fait disparaître toute la vivacité en la traduisant. (Voyez ses Lettres, p. 193.)
[320] Costar s'offrit à M. de Lavardin par la même lettre dans laquelle il lui annonçoit que M. Vaillant ne pouvoit consentir à s'éloigner de la Samaritaine. Cette partie de sa lettre est trop singulière pour n'être pas rapportée ici. «Je suis tellement épris de la beauté de votre ame, lui dit-il, que je sens bien que c'est pour toujours, et quoique la solitude où vous allez vous confiner me paroisse très-fâcheuse, votre absence me seroit encore plus insupportable.
«Si tibi mens eadem, si nostri mutua cura est,
«In quocumque loco Roma duobus erit.
«Roma, Monsieur, c'est-à-dire le Cours, Les Tuileries et les belles ruelles du quartier Saint-Paul et du faubourg Saint-Germain.» (Lettres de Costar, p. 195 de la première partie.)
[321] Costar ne parvint pas à faire de l'abbé de Lavardin un sujet bien distingué. Pour une pauvre fois qu'il voulut prêcher, il demeura court, ce qui fit dire à madame de Sablé, à la vue de son portrait: «Mon Dieu, qu'il lui ressemble! on dirait qu'il prêche.» (Menagiana. Voyez aussi les Mémoires de Tallemant, t. 4, p. 86.)
[322] Expression employée par Maynard dans ces vers sur le portrait de Balzac:
C'est ce divin parleur dont le fameux mérite
A treuvé chez les roys plus d'honneur que d'appuy,
Bien que depuis vingt ans tout le monde l'imite,
Il n'est point de mortel qui parle comme luy.
(Œuvres de Maynard; Paris, 1646, in-4o, p. 206.)
[323] On lit le récit du voyage de Costar à Balzac, dans les Entretiens de M. de Voiture et de M. Costar. (Paris, 1654, in-4o, p. 245 et suiv.) Il est contenu dans une lettre marquée au coin de l'affectation, comme presque tout ce qu'a écrit Costar. «Ce fut là, dit-il, que je dis un soir à M. Balzac que, comme les financiers avoient bâti tout à l'entour de Chilly, du temps de M. le mareschal d'Effiat, il falloit que les beaux-esprits bâtissent à l'entour de Balzac, et particulièrement vous, M. Chapelain et moi, etc.» (Pag. 247.)
Voiture lui répondit: «Ce que vous dites de bâtir autour de Balzac, comme autour de Chilly, m'a semblé fort bon, et seroit en vérité bien à propos; mais nous autres beaux-esprits, nous ne sommes pas grands édificateurs.... Au moins M. de Gombauld, M. de L'Estoile et moi, avons résolu de ne point bâtir que quand le temps reviendra que les pierres se mettent d'elles-mêmes les unes sur les autres au son de la lyre. Je ne sais si c'est qu'Apollon se soit dégoûté de ce métier-là, depuis qu'il fut mal payé des murailles de Troie, mais il me semble que ses favoris ne s'y adonnent point, etc.» (Ibid., p. 288.)
[324] M. Vincent avoit fort mauvaise opinion de Costar; il l'accusoit de faire profession d'impiété et d'athéisme. (Mémoires de Tallemant, t. 4, p. 92.)
[325] L'évêque du Mans laissa la plus mauvaise réputation. M. Desmaizeaux, dans la Vie de Saint-Evremont, dit que M. de Gondrin, archevêque de Sens, et quelques autres personnes qui avoient eu des liaisons particulières avec M. de Lavardin, le dénoncèrent après sa mort, et que, sur leur témoignage, on réordonna sous condition quelques prêtres qui avoient reçu de lui les ordres, et entre autres le célèbre Mascaron. M. Desmaizeaux dit qu'il tenoit ces particularités de Le Vassor, dont le témoignage sur ces matières est fort suspect. Il vaut mieux suivre l'opinion de M. de La Croze, cité par l'annotateur de Saint-Evremont. «Philibert-Emmanuel de Lavardin, dit-il, se reconnut à la mort, et détesta sa vie et ses impiétés passées. Ce fut même sur la déposition qu'il fit alors qu'il n'avoit jamais eu l'intention, en administrant les sacrements de son Eglise, que plusieurs prêtres qui avoient reçu les ordres de lui se firent réordonner.» (Œuvres de Saint-Evremont; 1753, t. 1er, p. 31 et 32.)
[326] René du Plessis de la Roche-Pichemer, comte de Jarzé ou Jarzay. C'est celui qui fit semblant d'être amoureux de la reine Anne d'Autriche, et qui passa de longues années dans l'exil.
[327] Henri de Beaumanoir, marquis de Lavardin, maréchal-de-camp, fut tué d'un coup de mousquet au siége de Gravelines, au mois de juin 1644. Il laissa de Marguerite-Renée de Rostaing, qu'il avoit épousée le 10 mars 1642, un fils qui a été ambassadeur à Rome en 1687.
[328] Cet usage de rassembler des lieux communs, qui nous semble aujourd'hui avec raison, si ridicule, étoit pratiqué par les savants du dix-septième siècle, qui l'avoient emprunté du siècle de l'érudition. On lit dans Balzac: «Je ne commence qu'à entrer en belle humeur, et entamer mes lieux communs; mais le mal est que je ne suis pas maître de mes heures, etc.» (Œuvres de Balzac, neuvième dissertation, ch. 3, t. 2, p. 626.)
[329] Cet ouvrage parut en 1653.
[330] Ménage s'accorde entièrement avec le biographe de Costar. Voici ce qu'on lit dans le Menagiana: «Après avoir obligé M. de Girac à écrire en latin contre les lettres de Voiture, M. de Balzac engagea aussi M. Costar à prendre la défense de Voiture et à écrire contre M. de Girac; c'étoit pour s'attirer des louanges de l'un et de l'autre côté. Je passois par Le Mans pour revenir à Paris, dans le temps que la Défense fut achevée. M. Costar m'en donna deux exemplaires, l'un pour être envoyé à M. de Pinchesne, neveu de M. de Voiture, et l'autre à M. Conrart. Il me dit qu'il se soumettroit volontiers à tous les changements qu'on y voudroit faire, soit qu'on voulût y ajouter ou retrancher. Une des copies fut communiquée à M. de Balzac, qui envoya des corrections. Cependant l'ouvrage s'imprima, et parce que ses corrections arrivèrent dans le temps que l'impression fut achevée, on lui manda qu'elles étoient venues trop tard, et le livre parut tel qu'il étoit, dont il eut quelque chagrin.» (Menagiana, éd. de 1715, t. 1er, p. 309.)
[331] Balzac prit fort mal cette publication. Il écrivit à Conrart: «Je ne comprends point ce qu'a fait le neveu de M. de Voiture, sans en parler à personne, sans vous en donner avis, sans savoir si Le Mans et Angoulesme le trouveroient bon...... Quel droit a-t-il de publier un ouvrage composé par Costar et adressé à Balzac? Et qui lui a dit que Balzac n'usera point du pouvoir que Costar lui donne de changer, de rayer ce qu'il lui plaira de cet ouvrage, et de supprimer mesme l'ouvrage, si bon lui semble?.... Vous pouvez penser que je ne suis envieux ni de la gloire de M. de Voiture, ni de celle de M. Costar, ni de celle de votre très-humble serviteur, qui trouve, comme vous dites, son panégyrique dans la Défense de son ami.... L'impression d'un excellent livre ne doit pas être un larcin, ne doit pas être une action de surprise, une action de ténèbres et de nuit. Il faut donc avant toutes choses avoir des nouvelles de M. Costar....., etc.» (Lettre du 16 juin 1653; Œuvres de Balzac, t. 1er, p. 976.)
[332] Toussaint Rose, secrétaire de Mazarin, ensuite secrétaire particulier de Louis XIV, dont il avoit la main, président à la Chambre des comptes de Paris, et membre de l'Académie françoise, parce que cette compagnie lui dut l'honneur de haranguer le Roi, mourut en 1701.
[333] On lit dans le Menagiana: «La Défense de M. de Voiture lui acquit (à Costar) une grande réputation, parce qu'on la trouvoit mieux écrite que les lettres de M. de Balzac et que celles de Voiture, de qui il prenoit le parti. Cela fut cause que M. le cardinal Mazarin lui fit écrire par M. Colbert qu'il lui donnoit une pension de cinq cents écus, et le chargeoit de lui dresser un rôle des personnes de lettres. J'y travaillai pendant trois mois, parce qu'il s'en rapporta à moi, qui avois plus d'habitude que lui à Paris, et plus de connoissance de ceux qui étoient dans les provinces. Cela ne produisit rien pour lors; mais M. Colbert, quelques années après, fit des libéralités non-seulement aux personnes de lettres de France, mais encore aux étrangers.» (Menagiana, éd. de 1715, t. 1er, p. 290.) Il est singulier que l'auteur de la Vie de Costar ne parle pas de cette circonstance. On a imprimé dans la Continuation des Mémoires de littérature et d'histoire (par le père Desmoletz, Paris, 1726; t. 2, 2e partie, p. 317) un Mémoire des gens de lettres célèbres de France, par M. Costar. Cet ouvrage paroît avoir été fait avec Ménage. Si ce dernier y a eu part, il n'y a pas fait preuve de modestie, car voici comment il y est placé: «Les plus savants en beaucoup de choses et les plus universels sont: Bignon, avocat général.... etc. Ménage. On lui feroit injustice si on ne le mettoit pas immédiatement après cet excellent homme, car il est un second prodige de science.» (Page 332.) Costar n'est pas même nommé dans cette nomenclature. On a de Chapelain un Mémoire de quelques gens de lettres vivants en 1662, imprimé en 1726 dans les Mémoires du P. Desmoletz, t. 2, première partie, p. 21, et dans les Mélanges de littérature tirés des lettres de Chapelain, p. 181. La Société des Bibliophiles françois a publié en 1826 les Gratifications faites par Louis XIV aux savants et hommes de lettres depuis 1664 jusqu'en 1679. Ces dons ont été faits par les mains de Colbert, d'après les renseignements qui se trouvoient dans les deux Mémoires que l'on vient de citer.
[334] Voyez la lettre 68e de Costar, p. 172 de la 1re partie de ses Lettres.
[335] L'aveu est naïf. Les fades éloges dont regorgent les lettres de Costar étoient en raison des services qu'il pouvoit attendre de ceux auxquels il les adressoit.
[336] Il étoit chanoine de l'église d'Angers et chancelier de l'Université de cette ville. (Lettres de Costar, p. 637.)
[337] Lettre à Conrart, du 3 mars 1653. (Œuvres de Balzac, t. 1er, p. 967.)
[338] Ainsi voilà Costar déclaré faussaire par son apologiste!
[339] En envoyant l'Apologie au surintendant Fouquet, Costar ne manqua pas de dire qu'on avoit fait imprimer ce petit travail sans attendre son consentement. Il n'y a pas de ruses de charlatan que Costar n'ait mises en usage. (Voyez ses Lettres, p. 71.)
[340] Imprimé à Paris, chez Augustin Courbé, 1657, in-4o. Il ne porte pas d'indication de premier volume, ni de première partie. Les deux volumes des Lettres de Costar sont devenus fort rares. Nous ne les avons trouvés qu'à la Bibliothèque du Roi.
[341] Ceci fait souvenir de Philippe Desportes, dont un seul sonnet fut payé par Henri III d'une riche abbaye. Ce passage de la Vie de Costar a déjà été cité, t. 4, p. 91.
[342] M. Lair. (Note écrite anciennement sur le manuscrit.) Ménage appelle cet ecclésiastique M. Du Loir.
[343] Ménage raconte ainsi cette anecdote:
«M. Du Loir, official du Mans, n'étoit pas grand latin, mais il étoit facétieux. Un jour que j'étois au Mans, chez M. Costar, qui tenoit table ouverte, et qui l'avoit fort bonne et délicate, M. Du Loir s'y trouva pour dîner. Nous nous entretînmes fort long-temps de grec et de latin, M. Costar et moi, jusqu'à ce qu'on eût servi. M. Du Loir, qui n'avoit point eu de part à notre conversation, dit: Messieurs, afin qu'on ne dise pas que j'aie été si long-temps sans parler latin, permettez-moi de dire le Benedicite. Sa demande étoit si juste qu'il eut toute permission de faire ce qu'il vouloit. Il dit Benedicite; nous répondîmes Dominus; il continua nos et ea......; mais la mémoire lui ayant manqué, il en demeura là et n'en dit pas davantage. Nous en rîmes et nous nous mîmes à table.» (Menagiana, Paris, 1715, t. 1er, p. 283.)
[344] Ce volume fut publié en 1659, in-4o. Il porte l'indication de seconde partie.
[345] Marot, Epître au Roy pour avoir été desrobé.
[346] M. Lair. (Voyez plus haut page 307 note [342]).
[347] C'est le faciamus experimentum in animâ vili, dont Molière a fait justice.
[348] Ce bon Pauquet n'en avoit pas moins été chercher le notaire.
[349] Les hommes sont assez sots pour que Costar ait souvent trouvé l'occasion d'appliquer son système, mais le donneur d'encens n'en demeure pas moins l'être le plus méprisé.
[350] C'étoit une étoffe de coton ou de bourre de soie qui imitoit le brocard. (Dict. de Trévoux.)
[351] Il est singulier que le notaire ait manqué à son devoir en ne recevant pas lui-même la signature de Costar. Une procuration ad resignandum étoit, relativement aux bénéfices, une véritable donation entre-vifs, et par conséquent un acte très-important.
[352] Entretiens, p. 87.
[353] Entretiens, p. 38. Dans la lettre citée, Voiture s'est continuellement moqué de Costar. On voit qu'il en est ennuyé, fatigué. Mais Costar étoit trop prévenu de son mérite pour s'en apercevoir, et il lui arrive même de citer comme des éloges de mordantes critiques, dont la pointe rebroussoit sur l'amour-propre dont il étoit cuirassé. On en pourra juger par le passage suivant d'une lettre adressée à Voiture: «On montroit l'autre jour à un gentilhomme de cette province une de mes lettres qui étoit assez longue.—Vraiment, dit-il, cet homme-là sait bien faire de longues lettres, mais en sauroit-il bien faire de succinctes? (Entretiens, p. 59.)
[354] Essais de Montaigne, liv. 1er, chap. 25.
[355] Finies pour achevées.
[356] Il n'étoit pas difficile de paroître naturel auprès de Costar, toujours guindé et monté sur des échasses.
[357] Mémoires de Tallemant, t. 5, p. 265.
[358] Mémoires de Conrart, t. 48, p. 253 de la deuxième série de la collection des Mémoires.
[359] Biographie universelle, t. 41, p. 382; 1825.
[360] Lettre du 12 octobre 1672, citée dans la Biographie universelle.
[361] Lettre autographe et inédite du 23 mai 1673. (Cabinet de l'éditeur.)
[362] Lettre du 5 septembre 1675, citée dans la Biographie universelle.
[363] Lettre autographe du 26 décembre 1685. (Cabinet de l'éditeur.) Une partie de cette lettre a été publiée dans la Biogr. univ.
[364] Conversations inédites de madame de Maintenon. Paris, Blaise, 1828, in-18. Quelques exemplaires ont été tirés in-8o.
[365] Lettre autographe de madame de Brinon à mademoiselle de Scudéry, du cabinet de l'éditeur, publiée en partie dans une note du t. 8, p. 139 de notre édition des Lettres de madame de Sévigné; Paris, Blaise, 1818 ou 1820, in-8o.
[366] Lettre autographe de madame Dacier. (Cabinet de l'éditeur.)
[367] Billet de madame de Sévigné à mademoiselle de Scudéry, du 11 septembre 1684, t. 7, p. 156 de notre édition.
[368] Lettre autographe et inédite de Charpentier à mademoiselle de Scudéry. (Cabinet de l'éditeur.) Cette lettre n'a pas d'autre date que mercredi à onze heures du matin. Elle doit être de 1659, époque à laquelle fut publiée la traduction de la Cyropédie de Xénophon, par Charpentier.
[369] Lettre troisième, du mois d'octobre 1650.
[370] Lettre septième, du 2 mars 1651.
[371] La duchesse de Longueville, après l'arrestation des princes, qui eut lieu le 18 janvier 1650, s'enfuit en Normandie. La cour se rendit à Rouen le 1er février; la duchesse, qui s'étoit réfugiée à Dieppe, s'échappa du château. «Elle sortit la nuit à cheval, jambe de çà et jambe de là, avec ses femmes, en courant jour et nuit; elle s'embarqua sur la côte et fut en Hollande.... Elle gagna Stenay, où étoit le maréchal de Turenne.» (Mémoires de Montglat. Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, t. 50, p. 219.) Le récit de madame de Motteville est plus circonstancié; elle dit que la duchesse sortit par une petite porte qui n'étoit pas gardée; qu'elle fit deux lieues à pied pour gagner un petit port, où elle ne trouva que deux barques de pêcheurs; elle voulut s'embarquer contre l'avis des mariniers, afin de gagner un vaisseau qu'elle faisoit tenir à la rade. Le vent étoit si grand et la marée si forte, que le marinier, qui l'avoit prise entre ses bras pour la porter dans la chaloupe, la laissa tomber dans la mer; elle se décida à prendre des chevaux et à se mettre en croupe, ainsi que les femmes de sa suite, se réfugia chez un gentilhomme, demeura cachée dans le pays pendant environ quinze jours, et fit enfin gagner le capitaine d'un vaisseau anglois, qui la reçut sous le nom d'un gentilhomme qui s'étoit battu en duel. (Mémoires de Motteville. Ibid., t. 39, p. 19.)
[372] Cette reconnoissance n'eut point lieu; tout ceci étoit un jeu joué par le duc de Guise, prisonnier à Madrid, dans l'espoir d'obtenir sa liberté. (Voyez au surplus l'historiette du duc de Guise dans les Mémoires de Tallemant, t. 4, p. 200.)
[373] Armand-Jean Du Plessis, duc de Richelieu, père du maréchal, avoit épousé, le 26 décembre 1649, Anne Poussard de Fors du Vigean, veuve, en premières noces, de François-Alexandre d'Albret, sire de Pons. Ce mariage, fait sans le consentement de la duchesse d'Aiguillon, surprit tout le monde. «Madame de Richelieu, dit madame de Caylus, sans biens, sans beauté, sans jeunesse, et même sans beaucoup d'esprit, avoit épousé, par son savoir-faire, au grand étonnement de toute la cour et de la Reine-mère, qui s'y opposa, l'héritier du cardinal de Richelieu, un homme revêtu des plus grandes dignités de l'État, parfaitement bien fait, et qui, par son âge, aurait pu être son fils.» (Souvenirs de madame de Caylus, deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. 66, p. 413.)
[374] «La Reine partit de Rouen le 22 février, après avoir vu madame de Richelieu et lui avoir donné le tabouret.» (Mémoires de madame de Motteville. Ibid., t. 39, p. 21.) Cette circonstance donne la date positive de cette lettre.
[375] Tallemant lui a consacré un article dans ses Mémoires.
[376] Voyez les Poésies chrétiennes et morales de Godeau. Paris, 1663, t. 2, p. 81. La Grande Chartreuse avoit paru isolément, comme la plupart des autres poésies de Godeau.
[377] Les princes avoient été transférés du donjon de Vincennes au château de Marcoussis, près de Montlhéri, le 29 août précédent; c'est ce que nous apprenons de Loret:
Ce jour (lundi) on prit occasion
De faire la translation,
Mais très-cachée et très-soudaine,
Des trois prisonniers de Vincenne.
Que la dure captivité
Par eux constamment endurée
Ne soit pas de longue durée!
(Muse historique, lettre du 2 septembre 1650.)
[378] On voit dans les Mémoires d'Omer Talon que l'on avoit eu connoissance, par des lettres interceptées, que de Madrid, sur la demande du marquis de Sillery, qui négocioit pour les rebelles, des ordres avoient été donnés pour que le maréchal de Turenne entrât dans le royaume et donnât de l'effroi à Paris. «Ce qui étoit déjà fait, dit Talon, car lors l'armée des ennemis étoit proche de La Ferté-Milon.» (Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, t. 62, p. 97.) Cette alarme donna lieu au transfèrement des princes. Loret peint très-plaisamment l'effet que l'approche de l'ennemi produisit dans Paris:
Lundi, vindrent dedans Paris,
Avec plaintes, clameurs et cris,
Gens conduisant, toutes complettes,
Sept mille sept cent trente charrettes
Pleines de coffres et paquets,
Dont l'on fit lors de grands caquets;
Mais ces caquets sont choses vaines.
(Muse historique, lettre du 2 septembre 1650.)
[379] Charles de L'Aubespine, seigneur de Verderonne, maître des requêtes, chancelier de Gaston, duc d'Orléans.
[380] Le chancelier Séguier n'avoit pas alors les sceaux, ils lui avoient été redemandés le 1er mars précédent, et confiés à Charles de l'Aubespine, marquis de Châteauneuf-sur-Cher, qui les garda jusqu'au mois d'avril 1651, et les remit alors à Mathieu Molé.
[381] Le parlement de Paris députa, le 5 septembre, deux de ses membres à la Reine-régente, pour la supplier de continuer sa bonne volonté envers la ville de Bordeaux. Ces députés furent Meusnier, de la Grand'chambre, et Bitaut, des Enquêtes, lequel choix, dit Talon, «fut fait multis et melioribus reclamantibus, parce que ces deux messieurs étoient infiniment chauds, prompts et se peut dire étourdis.» (Mémoires de Talon, audit lieu, p. 102.)
[382] Loret nous apprendra le nom de cette femme de chambre et le motif de son renvoi; mais, par une précaution qu'explique suffisamment la gêne imposée à la presse, le chroniqueur burlesque a eu soin de mettre en apostille: Nouvelle apocryphe. Nous citerons son naïf récit:
Noiron, du Roi la confidente,
N'ayant pas été bien prudente,
Ni bien gardé fidélité
Au secret de Sa Majesté,
Fut assez promptement chassée,
Et la chose ainsi s'est passée:
«Voyez-vous, lui disoit le Roi,
«Il semble qu'on se rit de moi;
«Je crois tout de bon qu'on me trompe.
«On m'avoit dit qu'en grande pompe
«Et dans des triomphes nouveaux
«Je serois reçu dans Bordeaux;
«Mais hélas! je ne puis me taire,
«Que j'aperçois bien le contraire!
«Ou Maman, ou le cardinal
«Seroient-ils la cause du mal?
«Certes, j'en suis très-fort en peine;
«Mais ne dites pas à la Reine
«Que d'un cœur dolent et transi
«Je vous ai dit tout ceci;
«Ne me mettez pas mal près d'elle
«Et me soyez toujours fidèle.»
Ce que Noiron mal observa;
Car au même temps elle va
A la Régente, sa maîtresse,
Faire narration expresse
De tout ce qu'avoit dit le Roi,
Sans lui garder secret ni foi.
Il ne faut pas que l'on demande
Si l'on fit grande réprimande
A notre jeune potentat,
Qui, remarquant le peu d'état
Qu'on avoit fait de sa défense,
Faillit à perdre patience;
Et voilà d'où vient, ce dit-on,
L'exil de la belle Noiron,
Qu'aucuns tiennent pour véritable,
Mais je crois que c'est une fable.
(Muse historique, lettre du 10 septembre 1650.)
La Reine ne tarda pas à marier la belle Noiron; ainsi, sa disgrâce fut peut-être la cause de son établissement. C'est encore notre chroniqueur qui nous en instruit:
La Noiron, dont la populace
Avoit publié la disgrâce
Par un rapport faux et malin,
Se marie au sieur Ivelin,
Jeune médecin chez la Reine;
Et comme elle est toujours mal saine,
Il sera, lui tâtant le pouls,
Son médecin et son époux.
(Ibid., lettre du 1er octobre 1650.)
[383] Cette Angélique est mademoiselle Paulet, dont il a été question dans la première lettre de mademoiselle de Scudéry. Elle demeuroit avec madame de Clermont d'Antragues, et elle mourut chez cette dame, en Gascogne, vers le milieu de l'année 1650. Tallemant a dit par erreur qu'elle étoit morte en 1651.
[384] Voyez l'épître de Godeau à la marquise de Clermont d'Antragues, dans ses Poésies. Paris, P. Le Petit, 1663, t. 3, p. 75.
[385] Cette entrevue fut due à une sorte de hasard. La paix de Bordeaux ayant été signée le 1er octobre 1650, la princesse de Condé sortit de cette ville le 3, accompagnée des ducs de Bouillon et de La Rochefoucauld, et d'un grand nombre de gentilshommes. Comme elle alloit à Lormon, pour de là se retirer en Anjou, elle rencontra le maréchal de La Meilleraie, qui venoit à Bordeaux pour lui rendre ses devoirs. Le maréchal lui donna le conseil d'aller à Bourg saluer Leurs Majestés, et il parvint à l'y résoudre. La princesse se jeta aux pieds du jeune Roi et d'Anne d'Autriche, qui l'accueillit froidement, mais cependant avec bonté. Lenet et madame de Motteville parlent de cette entrevue dans leurs Mémoires, mais c'est mademoiselle de Montpensier qui donne le plus de détails. Elle insiste en jeune femme sur la forme d'une écharpe et sur la mauvaise grâce qu'on trouvoit à une princesse qu'on n'aimoit pas. On ne lui pardonnoit pas la mésalliance de son illustre époux. (Mémoires de Montpensier, deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. 41, p. 101.) «Le mépris, dit madame de Motteville, que madame la Princesse, sa belle-mère, avoit pour sa race et pour elle, joint à toutes ces choses, n'avoit pas peu contribué à son anéantissement. Elle avoit néanmoins des qualités assez louables; elle parloit spirituellement quand il lui plaisoit de parler, et dans cette guerre elle avoit paru fort zélée à s'acquitter de ses devoirs.» (Mémoires de Motteville. Ibid., t. 39, p. 80.)
[386] Mémoires de Motteville, audit lieu, p. 81.
[387] Loret peint assez plaisamment les craintes que cette entrevue inspiroit aux Frondeurs: