1: C'est le point principal sur lequel je diffère de mon savant ami, M. Henri Martin. Du reste, ce dissentiment ne diminue en rien mon estime sympathique pour sa grande et très-belle histoire, si instructive, si riche de recherches et d'idées. Il a été infiniment utile, pour raviver la tradition nationale, trop effacée, que deux histoires qui s'aident, se suppléent l'une l'autre, aient paru simultanément.
2: Ceci ne touche en rien la candeur des individus. Il y avait des hommes admirables, les Bazart, les Barrault, les Carnot, les Charton, les D'Eichthall, les Lemonnier, etc.
3: Comme ils odorent très-bien la mort, les moments où l'âme blessée peut mollir, au moment où j'avais fait une perte sensible de famille, un d'eux, séduisant et fin, vint me voir et me tâta. Je fus surpris, confondu de l'idée qu'il eût pu croire avoir quelque prise sur moi, qu'il dît qu'on pouvait s'entendre, ayant entre soi des nuances, etc. Je lui dis ces propres paroles: «Monseigneur, avez-vous été parfois sur la mer de glace?—Oui.—Vous avez vu telle fente, sur laquelle d'un bord à l'autre on peut parler, converser?—Oui.—Mais vous n'avez pas vu que cette fente est un abîme... Et telle, Monseigneur, si profonde, qu'à travers la glace et la terre, elle descend sans que jamais on en ait trouvé le fond. Elle va jusqu'au centre du globe, s'en va traversant le globe, et se perd dans l'infini.»
4: Je ne veux pas anticiper ici. D'un mot ou deux seulement, je puis dire: C'est ce livre, «ce livre d'un poète et d'un homme d'imagination,» qui, par des pièces décisives, a dit à tous ce qui leur importait:
Aux protestants, le fait très-capital de la Saint-Barthélemi, sue quinze jours d'avance à Bruxelles (papiers Granvelle, 10 août). Puis, tant de faits sur la Révocation, qu'ils avaient bien peu éclaircie.
Aux royalistes, tout un monde de curieux faits anecdotiques; exemple, la légende du Masque de fer et la sagesse de leur reine. Les lettres de Franklin (en 1863) ont donné là-dessus le secret d'après Richelieu, prouvé que seul j'avais raison.
Aux financiers, le système de Law (inexpliqué par M. Thiers en 1826) se trouve enfin à jour et par les manuscrits et par l'histoire des Bourses de Paris et de Londres.
Pour la Révolution, que dire? La mienne est sortie tout entière des trois grands corps d'archives de ces temps qu'on a à Paris. Louis Blanc (malgré son mérite, son talent que j'honore) put-il la deviner? Put-il la faire à Londres avec quelques brochures? J'ai bien de la peine à le croire.—Lisez au reste et comparez.
5: Longtemps même après la mort d'Alexandre, Cassandre, devenu roi de Macédoine, se promenait un jour à Delphes, et examinait les statues. Ayant aperçu tout à coup celle d'Alexandre, il en fut tellement saisi qu'il frissonna de tout son corps et fut frappé d'un étourdissement. (Plutarque.)
6: Ὅσον ἄχρηστον ποιῆσαι τό λοιπὸν, Strab., l. IV, ap. Scr. R. Fr. I, 30.—Remarquons combien les anciens ont été frappés de l'instinct rhéteur et du caractère bruyant des Gaulois. Nota in vanos tumultus gens (Tit. Liv. à la prise de Rome).—Les crieurs publics, les trompettes, les avocats, étaient souvent Gaulois. Insuber, id est, mercator et præco. Cicer. Fragm. or. contra Pisonem.—Voyez aussi tout le discours Pro Fonteio.—Pleraque Gallia duas res industriossime persequitur, virtutem bellicam et argute loqui. (Cato.) ᾽Απειληταὶ, καὶ ἀνατατικοὶ, καὶ τετραγῳοδημένοι. Diodor. Sic., lib. IV.
7: Il ne faut pas confondre les Ibères avec leurs voisins les Cantabres. W. de Humboldt a établi cette distinction dans son admirable petit livre sur la langue des Basques. Voy. les Éclaircissements à la fin de ce chapitre.
8: Diodor. Sicul., l. V, ap. Scr. Fr., I, 310.—Strab., l. IV.—Athen., l. XIII, c. VIII.—Nous trouvons plus tard, chez les Celtes de l'Irlande et de l'Angleterre, quelque trace des mœurs dissolues de la Gaule antique. Le docteur Leland, t. I, p. 14, dit que les Irlandais regardaient l'adultère comme une «galanterie pardonnable.» O'Halloran, I, 394.—Lanfranc, saint Anselme et le pape Adrien, dans son fameux bref à Henri II, leur reprochent l'inceste.—Voy. Usser., Syl. epist., 70, 94, 95.—Saint Bernard, in vit. S. Malach., 1932, sqq. Girald, Cambr., 742, 743.
9: Ibériens des montagnes. W. de Humboldt. V. les Éclaircissements à la fin de ce chapitre.
10: Alb, montagne, dans la langue gaélique.—Gor, élevé, en basque.
11: Appien (Illyr., p. 1196, et de B. civ., I, p. 625) et Diodore (lib. V, p. 309) disent que les Celtes étaient Cimmériens.—Plutarque (in Mario) fait entendre la même chose.—«Les Cimmériens, dit Éphore (apud Strab., V, p. 375), habitent des souterrains qu'ils appellent argillas.» Le mot argel veut dire souterrain, dans les poésies des Kymrys de Galles (W. Archaiol., I, p. 80, 152).—Les Cimbres juraient par un taureau. Les armes de Galles sont deux vaches.—Plusieurs critiques allemands distinguent toutefois les Cimmériens des Cimbres, et ceux-ci des Kymrys. Ils rattachent les Cimbres à la race germanique.
12: Voy. les Éclaircissements à la fin de ce chapitre.
13: Is-Ombria, Basse-Ombrie.
14: Quelques savants ont même douté que leurs oppida, au temps de César, fussent autre chose que des lieux de refuge.
15: La fougue, la promptitude et la mobilité des résolutions caractérisent également les Bolg d'Irlande, de Belgique et de Picardie (Bellovaci, Bolci, Bolgæ, Belgæ, Volci, etc.), et ceux du midi de la France, malgré les mélanges divers des races...
Les Belges, dans les anciennes traditions irlandaises, sont désignés par le nom de Fir-Bholg. Ausone (de Clar. Urb. Narbo.) témoigne que le nom primitif des Tectosages était Bolg: «Tectosagos primævo nomine Bolgas.» Cicéron leur donne celui de Belgæ: «Belgarum Allobrogumque testimoniis credere non timetis?» (Pro Man. Fonteio.) Les manuscrits de César portent indifféremment Volgæ ou Volcæ.—Enfin, saint Jérôme nous apprend que l'idiome des Tectosages était le même que celui de Trèves, ville capitale de la Belgique. Am. Thierry, I, 131.
16: Ses derniers avis furent suivis pour ce qui regardait les blessés, car le nouveau brenn fit égorger dix mille hommes qui ne pouvaient soutenir la marche; mais il conserva la plus grande partie des bagages.—Diod. Sic. XXII, 870.—S'il y avait des enfants qui parussent plus gras que les autres, ou nourris d'un meilleur lait, les Gaulois, dans l'invasion de la Grèce, buvaient leur sang et se rassasiaient de leur chair. Pausanias, l. X, p. 650.—Après le combat, les Grecs donnèrent la sépulture à leurs morts; mais les Kymro-Galls n'envoyèrent aucun héraut redemander les leurs, s'inquiétant peu qu'ils fussent enterrés ou qu'ils servissent de pâture aux bêtes fauves et aux vautours. Pausan., l. X, p. 619.—À Égée, ils jetèrent au vent les cendres des rois de Macédoine. Plut., Pyrrh., Diod. ex. Val.—Lorsque le brenn eut connu, par les rapports des transfuges, le dénombrement des troupes grecques, plein de mépris pour elles, il se porta en avant d'Héraclée et attaqua les défilés dès le lendemain, au lever du soleil, «sans avoir consulté sur le succès futur de la bataille, remarque un écrivain ancien, ancien prêtre de sa nation, ni, à défaut de ceux-ci, aucun devin grec.» Pausan., liv. X, p. 648. Am. Thierry, passim.—Le brenn dit, à Delphes: «Locupletes deos largiri hominibus oportere... eos nullis opibus egere, ut qui eas largiri hominibus soleant.» Justin, XXIV, 6.
17: Elle en livra quatre mille aux Romains.
18: Florus, II, 3, trad. de M. Ragon.—La vigueur des Liguriens faisait dire proverbialement: Le plus fort Gaulois est abattu par le plus maigre Ligurien. Diod., V. 39. Voyez aussi liv. XXXIX, 2. Strabon, IV. Les Romains leur empruntèrent l'usage des boucliers oblongs, scutum ligusticum. Liv. XLIV, 35. Leurs femmes, qui travaillaient aux carrières, s'écartaient un instant quand les douleurs de l'enfantement les prenaient, et, après l'accouchement, elles revenaient au travail. Strabon, III, Diod. IV. Les Liguriens conservaient fidèlement leurs anciennes coutumes; par exemple, celle de porter de longs cheveux. On les appelait Capillati.—Caton dit, dans Servius: «Ipsi unde oriundi sint, exacta memoria, illiterati, mendaces, quæ sunt et vera minus meminere.» Nigidius Figulus, contemporain de Varron, parle dans le même sens.
19: Voy. mon Histoire romaine.
20: Valer. Max., l. III, c. VII.—Sallust. de B. Jug., ad calc: «Ex ea tempestate spes atque opes civitatis in illo sitæ.»—Vell. Paterc, l. II, c. XII: «Videtur meruisse... ne ejus nati rempublicam pœniteret.»—Florus, l. III, c. III: «Tam lætum tamque felicem liberatæ Italiæ assertique imperii nuntium... populus Romanus accepit per ipsos, si credere fas est, deos, etc.»—Plut., in Mario.
21: Ainsi les terminaisons ac, oc, du midi de la France, rattacheraient les noms d'hommes et de lieux à un pluriel, conformément au génie des gentes pélasgiques, exprimé nettement dans l'italien moderne, où les noms d'hommes sont des pluriels: Alighieri, Fieschi, etc.
22: Vasco, Wasco, en langue basque, signifie homme, dit le dictionnaire de Laramandi (édition de 1743, sous ce titre pompeux: El impossible vincido, arte della lingua Bascongada, imprimé à Salamanque). Voyez aussi Laboulinière, Voyage dans les Pyrénées françaises, I, 235.
23: Osca, d'eusi, aboyer; parler? d'olsa, bruit? Chaque peuple barbare se considérait comme parlant seul un vrai langage d'homme. En opposition à euscaldunac, ils disent er-d-al-dun-ac; de arra, erria, terre; ainsi erdaldunac, qui parlent la langue du pays; les Basques français appellent ainsi les Français, les Biscayens les Castillans.
24: Toutefois dun (duna, avec l'article) est une terminaison commune de l'adjectif basque. De arra, ver; ar-duna, plein de vers. De erstura, angoisse; erstura dun-a, plein d'angoisses. Eusc-al-dun-ac, les Basques. Caladunum peut signifier, en basque, contrée riche en joncs.
25: On peut cependant citer encore Mauléon en Gascogne et en Poitou (Maulin en basque).—En Bretagne: Rennes, Batz, Alet, Morlaix. (On trouve dans les Pyrénées: Rasez, Rœdæ, pagus Redensis ou Radensis, comme Redon, Redonas, Morlaas, etc. On trouve encore en Bretagne un Auvergnac, un Montauban du côté de Rennes.)—Les mots Auch, Occitanie, Gard, Gers, Garonne, Gironde, semblent aussi d'origine basque.—Montesquieu, Montesquiou, de Eusken?
26: L'aruspicine et la flûte des Vascons étaient célèbres, comme celle des Étrusques et Lydiens. Lamprid. Alex. Sever.—Vasca tibia dans Solin, c. V:—Servius, XI Æn., et apud auctorem veteris glossarii latino-græci. Aujourd'hui ils n'ont pas d'autre instrument (comme les highlanders écossais la cornemuse). Strabon, l. III.
27: Ce sujet a été renouvelé par le progrès des études celtiques et l'interprétation remarquable de MM. J. Reynaud, Henri Martin, Gatien-Arnoult (1860).
28: KIRK. Maxim. Tyr., Serm. 18.—Senec., Quæst. nat. l. V. c. XVII.—Posidon., ap. Strab., l. IV.—P. Oros., l. V, c. XVI. Greg. Turon., de Glor. confess., c. V. Dans le moine de Saint-Gall, Circinus est synonyme de Boréas.—TARANIS. Lucan., l. 1.—VOSÈGE. Inscrip. Grut., p. 94.—PENNIN, liv. XXI, c. XXXVIII.—ARDOINNE. Inscrip. Grut.—GENIO ARVERNORUM. Reines., app. 5.—BIBRACTE. Inscr. ap. Scr., rer. Fr., l. 24.—NEMAUSUS. Grut. p. 111. Spon., p. 169.—AVENTIA. Grut., p. 110.—BELENUS. Auson., carm. II.—Tertull., Apolog. c. XXIV.—HESUS. Dans un bas-relief trouvé sous l'église de Notre-Dame de Paris, en 1711, on voit Hésus couronné de feuillage, à demi-nu, une cognée à la main, et le genou gauche appuyé sur un arbre qu'il coupe.—OGMIUS. L'écriture sacrée des Irlandais s'appelait Ogham. Voy. Tolland, O'Halloran, et Vallancey et Beaufort, dans les Collectanea de Rebus Hibernicis, etc.
29: Cæsar.
30: Voy., à la fin de ce chapitre, les Éclaircissements sur les traditions religieuses des Gallois et des Irlandais. J'ai rapporté ces traditions; toutes récentes qu'elles peuvent paraître, elles portent un caractère profondément indigène. Le mythe du castor et du lac a bien l'air d'être né à l'époque où nos contrées occidentales étaient encore couvertes de forêts et de marécages.
31: Cet œuf prétendu paraît n'avoir été autre chose qu'une échinite, ou pétrification d'oursin de mer.
Durant l'été, dit Pline, on voit se rassembler dans certaines cavernes de la Gaule des serpents sans nombre, qui se mêlent, s'entrelacent, et avec leur salive, jointe à l'écume qui suintent de leur peau, produisent cette espèce d'œuf. Lorsqu'il est parfait, ils l'élèvent et le soutiennent en l'air par leurs sifflements; c'est alors qu'il faut s'en emparer avant qu'il ait touché la terre. Un homme, aposté à cet effet, s'élance, reçoit l'œuf dans un linge, saute sur un cheval qui l'attend, et s'éloigne à toute bride, car les serpents le poursuivent jusqu'à ce qu'il ait mis une rivière entre eux et lui. Il fallait l'enlever à une certaine époque de la lune; on l'éprouvait en le plongeant dans l'eau; s'il surnageait, quoique entouré d'un cercle d'or, il avait la vertu de faire gagner les procès et d'ouvrir un libre accès auprès des rois. Les druides le portaient au cou, richement enchâssé et le vendaient à très-haut prix.
32: Derw (cymrique), Deru (armoricain), Dair (gaélique): chêne.
33: Sur les révolutions de la province romaine, entre Marius et César, voyez Am. Thierry. Une grande partie de l'Aquitaine suivit l'exemple de l'Espagne, et se déclara pour Sertorius; c'est de la Gaule que Lépidus envahit l'Italie. Mais le parti de Sylla l'emporta. L'Aquitaine fut réduite par Pompée. Il y fonda des colonies militaires à Toulouse, à Biterræ (Béziers), à Narbonne (an 75), et réunit tous les bannis qui infestaient les Pyrénées dans sa nouvelle ville de Convenæ (réunion d'hommes rassemblés de tous pays); c'est Saint-Bertrand de Comminges. Le principal agent des violences du parti de Sylla en Gaule avait été un Fonteïus, que Cicéron trouva le moyen de faire absoudre. (Voy. le Pro Fonteio.) La Gaule romaine eut tant à souffrir que les députés des Allobroges furent au moment d'engager leur patrie dans la conjuration de Catilina. Voy. mon Histoire romaine.
34: Onze cent quatre-vingt-douze mille hommes avant les guerres civiles. (Pline.)
35: Ver-go-breith, gaël., homme pour le jugement.
Cæs., l. I, c. XVI. «Vergobretum, qui creatur annuus et vitæ necisque in suos habes potestatem.»—L. VII, c. XXXIII. «Legibus Æduorum iis qui summum magistratum obtinerent, excedere ex finibus non liceret... quum leges duo ex una familia, vivo utroque, non solum magistratus creari vetarent, sed etiam in senatu esse prohiberent.»—L. V, c. VII. «Esse ejusmodi imperia, ut non minus haberet juris in se (regulum?), multitudo, quam se in multitudine...» et passim.
36: César rassure ses soldats en leur rappelant que dans la guerre de Spartacus ils ont déjà battu les Germains.
37: C'est déjà ce divitiac qui a exploré le chemin quand César marchait contre les Suèves.—Les Germains n'ont pas de druides, dit César. Ils étaient, à ce qu'il semble, les protecteurs du parti antidruidique dans les Gaules.
38: Jusqu'à l'expédition de Bretagne, nous voyons le divitiac des Édues accompagner partout César, qui sans doute leur faisait croire qu'il rétablirait dans la Belgique l'influence du parti éduen, c'est-à-dire druidique et populaire.
39: Cæsar.
40: Sæpius ob prædam quam ob delictum. (Suétone.)
41: Suivant Ballet, Lar, en celtique, signifie feu. En vieil irlandais il signifie le sol d'une maison, la terre, ou bien une famille (?). Lere, tout-puissant.—Joun, iauna, en basque, Dieu (Janus, Diana). En irlandais, Anu, Ana (d'où Jona?), mère des Dieux, etc., etc.
42: Bed. Hist. Eccl., II, c. XIII: Cui primus pontificum ipsius Coifi continuo respondit» (premier prêtre d'Edwin, roi de Northumbrie, converti par Paulinus au commencement du VIIe siècle). Macpherson. Dissert. on the celt. antiq.—Coibhi-draoi, druide-coibhi, est une expression usitée en Écosse pour désigner une personne de grand mérite. (Voy. Macintosh's, Gaelic Proverbs, p. 34.—Haddleton, Notes on Tolland, p. 279.) Un proverbe gaélique dit: «La pierre ne presse pas la terre de plus près que l'assistance de Coibhi (bienfaisance, attribut du chef des druides?)»
43: Davies Mythol., p. 271, 277. Ammian. Marcell., liv. XV: «Druidæ ingeniis celsiores, ut authoritas Pythagoræ decrevit, sodalitiis astricti consortiis, quæstionibus occultarum rerum altarumque erecti sunt, etc.
44: Si l'on veut qu'Alexandre n'ait pas péri par le poison, on ne peut nier du moins qu'il fut peu regretté des Macédoniens. Sa famille fut exterminée en peu d'années.
45: Les Romains, dit saint Augustin, n'ont nui aux vaincus que par le sang qu'ils ont versé. Ils vivaient sous les lois qu'ils imposaient aux autres. Tous les sujets de l'Empire sont devenus citoyens.
46: C'est lui qui conseilla à César de rester assis quand le sénat, en corps, se présenta devant lui. Voy. mon Histoire romaine.
47: Il établit, au détroit de la Manche, des douanes sur l'ivoire, l'ambre et le verre. Strabon.
48: César établit les vétérans de la 10e légion à Narbonne, qui prit alors les surnoms de Julia, Julia Paterna, colonia Decumanorum. Inscript. ap. Pr. de l'Hist. du Languedoc.—Arles, Julia Paterna Arelate.—Biterræ, Julia Biterra. Scr. fr. I, 135.—Bibracte, Julia Bibracte, etc.—Sous Auguste, Nemausus joignit à son nom celui d'Augusta, et prit le titre de colonie romaine. Il en fut de même d'Alba Augusta chez les Helves; d'Augusta, chez les Tricastins.—Augusto nemetum devint la capitale des Arvernes.—Noviodunum prit le nom d'Augusta; Bibracte, d'Augustodunum, etc. Am. Thierry, III, 281.
49: Tacite, traduction de Burnouf.
50: Un Gaulois le contemplait en silence. «Que vois-tu donc en moi? lui dit Caligula.—Un magnifique radotage.» L'empereur ne le fit pas punir; ce n'était qu'un cordonnier. (Dion Cassius.)
51: Il fit construire le phare qui éclairait le passage entre la Gaule et la Bretagne. On a cru, dans les temps modernes, en démêler quelques restes.
52: Tacit. Hist., l. IV, c. 51. Fatali nunc igne signum cælestis iræ datum, et possessionem rerum humanarum transalpinis gentibus portendi, superstitione vanâ Druidæ canebant.
53: Strab., l. IV: «Rome soumit les Gaulois bien plus aisément que les Espagnols.»—Discours de Claude, ap. Tacit., Annal. II, c. XIV: «Si cuncta bella recenseas, nullum breviore spatio quam adversus Gallos confectum: continua inde ac firma pax.—Hirtius ad Cæs., l. VIII, c. XLIX: «César... defessam tot adversis præliis Galliam, conditione parendi meliore, facile in pace continuit.»—Dio. C., l. LII, ap. Scr. R. Fr. I, p. 520: «Auguste défendit aux sénateurs de sortir de l'Italie sans son autorisation; ce qui s'observe encore aujourd'hui; aucun sénateur ne peut voyager, si ce n'est en Sicile ou en Narbonnaise.»
54: Strab., l. IV, ap. Scr. Fr. I, 9. «Cette ville avait rendu les Gaulois tellement philhellènes, qu'ils écrivaient en grec jusqu'aux formules des contrats, et aujourd'hui elle a persuadé aux Romains les plus distingués de faire le voyage de Massalie, au lieu du voyage d'Athènes.»—Les villes payaient sur les revenus publics des sophistes et des médecins. Juvénal: «De conducendo loquitur jam rhetore Thule.»—Martial (l. VII, 87) se félicite de ce qu'à Vienne les femmes même et les enfants lisent ses poésies.—Les écoles les plus célèbres étaient celles de Marseille, d'Autun, de Toulouse, de Lyon, de Bordeaux. Ce fut dans cette dernière que persista le plus longtemps l'enseignement du grec.
55: Strab., ibid. «Chez les Marseillais, on ne voit point de dot au-dessus de cent pièces d'or; on n'en peut mettre plus de cinq à un habit, et autant pour l'ornement d'or.» Tacit. Vit. Agricol., c. IV; «Arcebat eum (Agricolam) ab inlecebris peccantium, præter ipsius bonam integramque naturam, quod statim parvulus sedem ac magistram studiorum Massiliam habuerit, locum græca comitate et provinciali parcimonia mixtum ac bene compositum.»—On trouve dans Athénée, l. XII, c. V, un proverbe qui semble contredire ces autorités (πλεύσαις εἰς Μασσαλίαν).
56: Pline en cite trois, qui eurent une vogue prodigieuse au premier siècle; l'un d'eux donna un million pour réparer les fortifications de sa ville natale.
57: Né près de Marseille.
58: Ou Becco. Suétone: Id valet gallinacei rostrum.—Bek (Armor.), Big (Kymr.), Gob (Gaël.).
59: Leurs familles, du moins, étaient originaires d'Espagne.
60: Né à Lyon.
61: Zozim., l. I.—P. Oros., l. VII: «Invasit tyrannidem, multo quidem reipublicæ commodo.»—Trebell. Pollio, ad ann. 260: «Posthumius... Gallias ab omnibus circumfluentibus barbaris validissime vindicavit.—Nimius amor erga Posthumium omnium erat in gallica gente populorum, quod submotis omnibus germanicis gentibus, romanum in pristinam securitatem revocasset imperium. Ab omni exercitu et ab omnibus Gallis Posthumius gratanter acceptus talem se præbuit per annos septem, ut Gallias instauraverit.» On lit sur une médaille de Posthumius: RESTITUTORI GALLIÆ. Script. Fr. I, 538.
62: Voyez mon article Zénobie. (Biog. univ.)
63: Tibère. Dans l'affaire de Sérénus, Tibère se déclara pour les accusateurs, contra morem suum. Tacite, Annal., l. IV, c. XXX.—«Accusatores, si facultas incideret, pœnis afficiebantur.» L. VI, c. XXX.—Les biens d'un grand nombre d'usuriers ayant été vendus au profit du fisc: «Tulit opem Cæsar, disposito per mensas millies sestertio, factaque mutuandi copia sine usuris per triennium, si debitor populo in duplum prædiis cavisset. Sic refecta fides.» Annal., liv. VI, c. XVII.—«Præsidibus onerandas tributo provincias suadentibus rescripsit: Boni pastoris esse tondere pecus, non deglubere.» Sueton., in Tiber., c. XXXII.—«Principem præstitit, etsi varium, commodiorem tamen sæpius, et ad utilitates publicas proniorem. Ac primo eatenus interveniebat, ne quid perperam fieret... Et si quem reorum elabi gratia rumor esset, subitus aderat, judicesque... religionis et noxæ de qua cognescerent, admonebat: atque etiam si qua in publicis moribus desidia aut mala consuetudine labarent, corrigenda suscepit.» C. XXXIII.—«Ludorum ac munerum impensas corripuit, mercedibus scenicorum rescissis, paribusque gladiatorum ad certum numerum redactis...; adhibendum supellectili modum censuit. Annomamque macelli, senatus arbitratu, quotannis temperandam, etc.—Et parcimoniam publicam exemplo quoque juvit.» C. XXXIV.—«Neque spectacula omnimo edidit.» C. XLVII.—«In primis tuendæ pacis a grassaturis, ac latrociniis sediotionumque licentia, curam habuit, etc.»—«Abolevit et jus moremque asylorum, quæ usquam erant.» C. XXXVII.
Néron. «Non defuerunt qui per longum tempus vernis æstivisque floribus tumulum ejus ornarent, ac modò imagines prætextatas in Rostris præferrent, modo edicta, quasi viventis, et brevi magno inimicorum malo reversuri. Quid etiam Vologesus, Parthorum rex, missis ad senatum legatis de instauranda societate, hoc etiam magnopere oravit, ut Neronis memoria coleretur. Denique cum post viginti annos exstitisset conditionis incertæ, qui se Neronem esse jactaret, tam favorabile nomen ejus apud Parthos fuit, ut vehementer adjutus, et vix redditus sit.» Suet., in Nerone, c. LVII.
64: Tibère. «Petitum est a principe cognitionem exciperet: quod ne reus quidem abnuebat, studia populi et patrum metuens: contra, Tiberium spernendis rumoribus validum... veraque... judice ab uno facilius discerni: odium et invidiam apud multos valere... Paucis familiarium adhibitis, minas accusantium, et hinc preces audit, integramque causam ad senatum remittit.» Tacit., Annal., l. III, c. X.
«Messalinus... a primoribus civitatis revincebatur: iisquæ instantibus ad imperatorem provocavit.» Tacit., Annal., l. VI, c. V.—«Vulcatius Tullinus, ac Marcellus, senatores, et Calpurnius, eques romanus, appellato principe instantem damnationem frustrati.» Ibid., l. XII, c. XXVIII.—Deux délateurs puissants, Domitius Afer et P. Dolabella, s'étant associés pour perdre Quintilius Varus, «restitit tamen senatus et opperiendum imperatorem censuit, quod unum urgentium malorum suffugium in tempus erat.» Ibid., liv. IV, c. LXVI.
Claude. «Alium interpellatum ab adversariis de propria lite negantemque cognitionis rem, sed ordinarii juris esse, agere causam confestim apud se coegit, proprio negotio documentum daturum, quam æquus judex in alieno negotio futurus esset.» Sueton., in Claudio, c. V.
Domitien. «Jus diligenter et industrie dixit, plerumque et in foro pro tribunali extra ordinem ambitiosas centumvirorum sententias recidit.» Suet., in Dom., c. VIII.
65: On a trouvé à Antibes l'inscription suivante:
D. M.
PVERI SEPTENTRI
ONIS ANNOR XII QUI
ANTIPOLI IN THEATRO
BIDVO SALTAVIT ET PLA
CVIT.
«Aux mânes de l'enfant Septentrion, âgé de douze ans, qui parut deux jours au théâtre d'Antibes, dansa et plut.» Ce pauvre enfant est évidemment un de ces esclaves qu'on élevait pour les louer à grand prix aux entrepreneurs de spectacles, et qui périssaient victimes d'une éducation barbare. Je ne connais rien de plus tragique que cette inscription dans sa brièveté, rien qui fasse mieux sentir la dureté du monde romain... «Parut deux jours au théâtre d'Antibes, dansa et plut.» Pas un regret. N'est-ce pas là en effet une destinée bien remplie! Nulle mention de parents; l'esclave était sans famille. C'est encore une singularité qu'on lui ait élevé un tombeau. Mais les Romains en élevaient souvent à leurs joujoux brisés. Néron bâtit un monument «aux mânes d'un vase de cristal.»
66: Voy. M. Moreau de Jonnès, Tableau du prix moyen des denrées d'après l'édit de Dioclétien retrouvé à Stratonicé: Une paire de caligæ (la plus grossière chaussure) coûtait 22 fr. 50 c.; la livre de viande de bœuf ou de mouton, 2 fr. 50 c.; de porc, 3 fr. 60 c.; le vin de dernière qualité, 1 fr. 80 c. le litre; une oie grasse, 45 fr.; un lièvre, 33 fr.; un poulet, 13 fr.; un cent d'huîtres, 22 fr., etc.
67: Tacite.—L'empereur finit par être obligé d'habiller et nourrir le soldat. Lampride.
68: Lactant. de M. persecut, c. VII, 23. «Adeò major esse cœperat numerus accipientium quam dantium... Filii adversus parentes suspendebantur...»—Une sorte de guerre s'établit entre le fisc et la population, entre la torture et l'obstination du silence. «Erubescit apud eos, si quis non inficiando tributa in corpore vibices ostendat.» Ammian. Marc., in Comment. Cod. Theod., lib. XI, tit. 7, leg 3a.
69: Prosper Aquit., in Chronic: «Omnia pene Galliarum servitia in Bagaudam conspiravere.» Ducange, vo, Bagaudæ, Bacaudæ, ex Paul. Oros., l. VII, c. XV; Eutrop., lib. IX; Hieronymus in Chronico Euseb.: «Diocletianus consortem regni Herculium Maximianum assumit, qui, rusticorum multitudine oppressa, quæ factioni suæ Bacaudarum nomen inciderat, pacem Gallis reddit.» Victor Scotti: «Per Galliam excita manu agrestium ac latronum, quos Bagaudas incolæ vocant, etc.» Pæanius Eutropii interpres Gr.: Στασιάξοντος δὲ ἐν Γάλλοις τοῦ ἀγροικικοῦ, καὶ Βακαὺδας καλοῦντας τοὺς συνκροτηθέντας, ὄνομα δέ ἓστι τοῦτο τυρἀννους δηλοῦν ἐπιχωρίους... Βαγεὑειν est vagari apud Suidam. At cum Gallicam vocem esse indicet Aurelius Victor, quid si à Bagat, vel Bagad, quæ vox Armoricis et Wallis, proinde veteribus Gallis, turmam sonat, et hominum collectionem?—Catholicum Armoricum: «Bagat, Gall., assemblée, multitude de gens, troupeau.—Cæterum Baogandas, seu Baogaudas, habet prima Salviani editio, ann. 1530.—Baugaredos vocat liber de castro Ambasiæ, num. 8. Baccharidas, Idacius in Chronico, in Dieclotiano.—Non desunt, qui Parisienses vulgò Badauts per ludibrium appellant, tanquam a primis Bagaudis ortum duxerint.—Turner, Hist. of A. I. Bagach, in Irish, in warlike. Bagach, in Erse is fighting.—Bagad, in Welsh, is multitude.—Saint-Maur-des-Fossés, près Paris, s'appelait le château des Bagaudes. Voy. Vit. S. Baboleni.
70: Millin.
71: Sous les rois Rechila et Théodoric.
72: Schæpflin adopte cependant une autre opinion. V. sa dissertation: Constantinus magnus non fuit Britannus. Bâle, 1741, in-4o.
73: Eumène. Une grande partie du territoire d'Autun était sans culture.
74: «Cessent jam nunc rapaces officialium manus...» Lex Constantin, in Cod. Theod., lib. I, tit. VII, leg. 1a.—Si quis est cujuscumque loci, ordinis, dignitatis, qui se in quemcumque judicum, comitum, amicorum, vel palatinorum meorum, aliquid... manifeste probare posse confidit, quod non integre, atque juste gessisse videatur, intrepidus et securus accedat; interpellet me, ipse audiam omnia... si probaverit, ut dixi, ipse me vindicabo de eo, qui me usque ad hoc tempus simulata integritate deceperit. Illum autem, qui hoc prodiderit, et comprobaverit, in dignitatibus et rebus augebo.» Ex lege Constantini, in Cod. Theod., lib. IX, tit. I, leg. 4a.—«Si pupilli, vel viduæ, aliique fortunæ injuria miserabiles, judicium nostræ serenitatis oraverint, præsertim cum alicujus potentiam perhorrescant, cogantur eorum adversarii examini nostri suî copiam facere.» (Ex lege Constantini, lib. I, tit., leg. 2a.)—«A secta indictione... ad undecimam nuper transactam, tàm curiis, quam possessori... reliqua indulgemus: ita ut quæ in istis viginti annis... sive in speciebus, sive pecunia... debentur, nomine reliquorum omnibus concedantur: nihil de his viginti annis speret publicorum cumulus horreorum, nihil arca amplissimæ præfecturæ, nihil utrumque nostrum ærarium.» Constantin., in Cod. Theod., lib. XI, tit. XXVIII, leg. 16a.—Quinque annorum reliqua nobis remisisti,» dit Eumène à Constantin. V. Ammian. Marc., in Commod. Cod. Theod., lib. XI, tit. XXVII, leg. 1a.
75: «Quisquis colonus plus a domino exigitur, quam ante consueverat et quam in anterioribus temporibus exactum est, adeat judicem... et facinus comprobet: ut ille qui convincitur amplius postulare, quam accipere consueverat, hoc facere in posterum prohibeatur, prius reddito quod superexactione perpetrata noscitur extorsisse.» Constant., in Cod. Justinian., lib. XI, tit. XLIX.
«Apud quemcumque coloris juris alieni fuerit inventus, is non solum eundem origini suæ restituat... ipsos etiam colonos, qui fugam meditantur, in servilem conditionem ferro ligari conveniet, ut officia quæ liberis congruunt, merito servilis condemnationis compellantur implere.» Ex lege Constantin., in Cod. Theod., lib. V, leg. 9a, l. I.—«Si quis colonus originalis, vel inquilinus, ante trigenta annos de possessione discessit, neque ad solum genitale... repetitus est, omnis ab ipso, vel a quo forte possidetur, calumnia penitus excludatur...» Ex lege Hon. et Theod., in Cod. Theod., lib. V, tit. X, leg. 1a.—«In causis civilibus hujusmodi hominum generi adversus dominos, vel patronos aditum intercludimus, et vocem negamus (exceptis superexactionibus in quibus retro principes facultatem eis super hoc interpellandi præbuerunt).» Arc. et Hon., in Cod. Justin., lib. XI, tit. XLIX.—«Si quis alienum colonum suscipiendum, retinendumve crediderit, duas auri libras ei cogatur exsolvere, cujus agros transfuga cultore vacuaverit: ita ut eundem cum omni peculio suo et agnitione restituat.» Theod. et Valent., in Cod. Just., lib. XI, tit. LI, leg. 1a.
La loi finit par identifier le colon à l'esclave: «Le colon change de maître avec la terre vendue.» Valent. Theod. et Arc., in Cod. Justin., lib. XI, tit. XLIX, leg. 2a.—Cod. Just., LI. «Que les colons soient liés par le droit de leur origine, et bien que, par leur condition, ils paraissent des ingénus, qu'ils soient tenus pour serfs de la terre sur laquelle ils sont nés.»—Cod. Justin., tit. XXXVII. «Si un colon se cache ou s'efforce de se séparer de la terre où il habite, qu'il soit considéré comme ayant voulu se dérober frauduleusement à son patron, ainsi que l'esclave fugitif.» Voyez le Cours de Guizot, t. IV.—M. de Savigny pense que leur condition était, en un sens, pire que celle des esclaves; car il n'y avait, à son avis, aucun affranchissement pour les colons.
76: Par la loi Julia, le cœlebs ne peut rien recevoir d'un étranger, ni de la plupart de ses affines, excepté celui qui prend «concubinam, liberorum quærendorum causa.»
77: Hérodien.
78: Probi Epist. ad senatum, in Vopisc. «Arantur Gallicana rura barbaris bobus, et juga germanica captiva præbent nostris colla cultoribus.»
Voyez Aurel. Vict., in Cæsar.—Vopisc. ad ann. 281.—Eutrop., lib. IX.—Euseb. Chronic.—Sueton., in Dom., c. VII.
Eumen., Panegyr. Constant.: «Sicut tuo, Maximiane Auguste, nutu Nerviorum et Treverorum arva jacentia letus postliminio restitutus, et receptus in leges Francus excoluit: ita nunc per victorias tuas, Constanti Cæsar invicte, quidquid infrequens Ambiano et Bellovaco et Tricassino solo Lingonicoque restabat, barbaro cultore revirescit...,» etc.
79: Au moins vingt-sept jugera.
80: Aussi ne disposent-ils pas librement de leur bien. Ils ne peuvent vendre sans autorisation. (Code Théodosien.) Le curiale qui n'a pas d'enfants ne peut disposer par testament que du quart de ses biens. Les trois autres quarts appartiennent à la curie.
81: Toutefois la loi est bonne et généreuse; elle ne ferme la curie ni aux juifs ni aux bâtards. «Ce n'est point une tache pour l'ordre, parce qu'il lui importe d'être toujours au complet.» Cod. Theod.
82: Cod. Theod., l. X, t. XXXI. «Non ante discedat quam, insinuato judici desiderio, profiscendi licentiam consequatur.»
Ibid., l. XII, t. XVIII. «Curiales omnes jubemus interminatione moneri, ne civitates fugiant aut deserant, rus habitanti causa; fundum quem civitati prætulerint scientes fisco esse sociandum, eoque rure esse carituros, cujus causa impios se, vitando patriam, demonstrarint.»
L. si cohortalis 30. Cod. Theod., l. VIII, t. IV. «Si quis ex his ausus fuerit affectare militiam... ad conditionem propriam retrabatur.»—Cette disposition désarmait tous les propriétaires.
«Quidam ignaviæ sectatores, desertis civitatum muneribus, captant solitudines ac secreta..., L. quidam» 63, Cod. Theod., l. XXII, t. I.—«Nec enim eos aliter, nisi contemptis patrimoniis liberamus. Quippe animos divina observatione devinctos non decet patrimoniorum desideriis occupari. L. curiales 104, ibid.
83: Constantin., in Cod. Justin., l. XI, t. LVIII, lex 1. «Prædia deserta decurionibus loci sui subsunt assignari debent, cum immunitate triennii.»
«Honorii indulgentia Campaniæ tributa, aliquot jugerum velut desertorum et squalidorum... Quingena viginti octo millia quadraginta duo jugera, quæ Campania provincia, juxta inspectorum relationem et veterum monumenta chartarum, in desertis et squalidis locis habere dignoscitur, iisdem provincialibus concessimus, et chartas superfluæ descriptionis cremari censemus.» Arc. et Hon., in Cod. Theod., lib. XI, tit. XXVIII, l. II.
84: En 382, une loi porta: «Soit que toutes les provinces réunies délibèrent en commun, soit que chaque province veuille s'assembler en particulier, que l'autorité d'aucun magistrat ne mette ni obstacle ni retard à des discussions qu'exige l'intérêt public.» L. sive integra, 9, Cod. Theod., l. XII, t. XII. Voyez Raynouard, Histoire du Droit municipal en France, I, 192.
Voici les principales dispositions de la loi de 418:—I. L'assemblée est annuelle.—II. Elle se tient aux ides d'août.—III. Elle est composée des honorés, des possesseurs et des magistrats de chaque province.—IV. Si les magistrats de la Novempopulanie et de l'Aquitaine, qui sont éloignées, se trouvent retenus par leurs fonctions, ces provinces, selon la coutume, enverront des députés.—V. La peine contre les absents sera de cinq livres d'or pour les magistrats, et de trois pour les honorés et les curiales.—VI. Le devoir de l'assemblée est de délibérer sagement sur les intérêts publics. Ibid., p. 199.
85: Mamertin., in Panegyr. Juliani: «Aliæ, quas a vastitate barbarica terrarum intervalla distulerant, judicum nomine a nefariis latronibus obtinebantur ingenua indignis cruciatibus corpora (lacerabantur); nemo ab injuria liber... ut jam barbari desiderarentur, ut præoptaretur a miseris fortuna captorum.»—P. Oros... «Ut inveniantur quidam Romani, qui malint inter barbaris pauperem libertatem, quam inter Romanos tributariam servitutem.»—Salvian. de Provid., l. V. «Malunt enim sub specie captivitatis vivere liberi, quam sub specie libertatis esse captivi... nomen civium Romanorum aliquando... magno æstimatum... nunc ultro repudiatur.—Sic sunt... quasi captivi jugo hostium pressi: tolerant supplicium necessitate, non voto: animo desiderant libertatem, sed summam sustinent servitutem. Leviores his hostes, quam exactores sunt, et res ipsa hoc indicat; ad hostes fugiunt, ut vim exactionis evadant. Una et consentiens illic Romanæ plebis oratio, ut liceat eis vitam... agere cum barbaris... Non solum transfugere ab eis ad nos fratres nostri omnino nolunt, sed ut ad eos confugiant, nos relinquunt; et quidem mirari satis non possunt, quod hoc non omnes omnino faciunt tributarii pauperes... nisi quod una causa tantum est, qua non faciunt, quia transferre illuc... habitatiunculas familiasque non possunt; nam cum plerique eorum agellos ac tabernacula sua deserant, ut vim exactionis evadant... Nonnulli eorum... qui... fugati ab exactoribus deserunt... fundos majorum expetunt, et coloni divitum fiunt.»—V. aussi, dans Priscus, l'Histoire d'un Grec réfugié près d'Attila.
86: Au commencement du cinquième siècle, Innocent Ier avance quelques timides prétentions, invoquant la coutume et les décisions d'un synode. (Epist. 2: «Si majores causæ in medium fuerint devolutæ, ad sedem apostolicam, sicut synodus statuit et beata consuetudo exigit, post judicium episcopale referantur.—Epist. 29: Patres non humana sed divina decrevere sententia, ut quidquid, quamvis de disjunctis remotisque provinciis ageretur, non prius ducerent finiendum, nisi ad hujus sedis notitiam pervenirent.»)—On disputait beaucoup sur le sens du célèbre passage: Petrus es, etc., et saint Augustin et saint Jérôme ne l'interprétaient pas en faveur de l'évêché de Rome. (Augustin, de divers. Serm., 108. Id., in Evang. Joan., tract. 124.—Hieronym., in Amos 6, 12. Id., adv. Jovin., l. I.) Mais saint Hilaire, saint Grégoire de Nysse, saint Ambroise, saint Chrysostome, etc., se prononcent pour la prétention contraire. À mesure qu'on avance dans le cinquième siècle, on voit peu à peu tomber l'opposition; les papes et leurs partisans élèvent plus haut la voix. (Concil., Ephes. ann. 431, actio III).—Leonis I, Epist. 10: Divinæ cultum religionis ita Dominus instituit, ut veritas per apostolicam tubam in salutem universitatis exiret... ut (id officium) in B. Petri principaliter collocaret.—Epist. 12: Curam quam universis ecclesiis principaliter ex divina institutione debemus, etc., etc.» Enfin Léon le Grand prit le titre de chef de l'Église universelle (Leonis I, Epist. 103, 97).
87: Regula S. Bened., c. 48: Otiositas inimica est animæ... «L'oisiveté est ennemie de l'âme: aussi les frères doivent être occupés, à certaines heures, au travail des mains; dans d'autres, à de saintes lectures.»—Après avoir réglé les heures du travail, il ajoute: «Et si la pauvreté du lieu, la nécessité ou la récolte des fruits tient les frères constamment occupés, qu'ils ne s'en affligent point, car ils sont vraiment moines s'ils vivent du travail de leurs mains, ainsi qu'ont fait nos pères et les apôtres.»
Ainsi, aux Ascètes de l'Orient, priant solitairement au fond de la Thébaïde, aux Stylites, seuls sur leur colonne, aux Ευχίται errants, qui rejetaient la loi et s'abandonnaient à tous les écarts d'un mysticisme effréné, succédèrent en Occident des communautés attachées au sol par le travail. L'indépendance des cénobites asiatiques fut remplacée par une organisation régulière, invariable; la règle ne fut plus un recueil de conseils, mais un code.
88: Né, selon les uns, dans notre Bretagne; selon d'autres, dans les îles Britanniques, ce qui du reste ne change rien à la question. Il suffit qu'il ait appartenu à la race celtique.
89: Ælianus Spartianus, in Pescenn. Nigro. Vopisc. in Numeriano: «Cum apud Tungros in Gallia, quadam in caupona moraretur, et cum druide quadam muliere rationem convictus sui quotidiani faceret, at illa diceret; Diocletiane, nimium avarus, nimium parcus es; joco, non serio, Diocletianum respondisse fertur: Tunc ero largus, cum imperator fuero. Post quod verbum druias dixisse fertur: Diocletiane, jocari noli: nam imperator eris, cum Aprum occideris.—Id. in Diocletiano, Dicebat (Diocletianus) quodam tempore Aurelianum Gallicanas consuluisse druidas, sciscitantem utrum apud ejus posteros imperium permaneret: tum illas respondisse dixit: Nullius clarius in republica nomen quam Claudii posterorum futurum.»
Æl. Lamprid. in Alex. Sever. «Mulier druias eunti exclamavit gallico sermone: Vadas, nec victoriam speres, nec militi tuo credas.»
90: C'est à cette époque, vers 177, sous le règne de Marc-Aurèle, que l'on place les premières conversions et les premiers martyrs de la Gaule. Sulpic. Sever., Hist. sacra, ap. Scr. fr. I, 573: Sub Aurelio... persecutio quinta agitata ac tum primum intra Gallias martyria visa.—Avec saint Pothin moururent quarante-six martyrs. Gregor. Turonens, de Glor. Martyr., l. I, c. XLIX.—En 202, sous Sévère, saint Irénée, d'abord évêque de Vienne, puis successeur de saint Pothin, souffrit le martyre avec neuf mille (selon d'autres, dix-huit mille) personnes de tout sexe et de tout âge.—Un demi-siècle après lui, saint Saturnin et ses compagnons auraient fondé sept autres évêchés. Passio S. Saturn., ap. Greg. Tur., l. I, c. XXVIII: «Decii tempore, viri episcopi ad prædicandum in Gallias missi sunt;... Turocinis Gatianus, Arelatensibus Trophimus, Narbonæ Paulus, Tolosæ Saturninus, Parisiacis Dionysius, Arvernis Stremonius, Lemovicinis Martialis, destinatus episcopus.—Le pape Zozime réclame la primatie pour Arles. Epist. I, ad Episc. Gall.
91: Quels temples? Je serais porté à croire qu'il s'agit ici de temples nationaux, de religions locales. Les Romains qui pénétrèrent dans le Nord ne peuvent, en si peu de temps, avoir inspiré aux indigènes un tel attachement pour leurs dieux. (Sulp. Sev., Vita S. Martini.) Voyez les Éclaircissements à la fin de ce chapitre.
92: Id., Ibid., ap. Scr. Fr. I, 573. V. aussi Grég. de Tours, l. X, c. XXXI.—Saint Ambroise, qui se trouvait en même temps à Trèves, se joignit à lui (Ambros., Epist. 24, 26). Saint Martin avait fondé un couvent à Milan, dont saint Ambroise occupa bientôt le siége (Greg. Tur., l. X, c. XXXI). On sait quelle résistance Ambroise opposa aux Milanais qui l'appelaient pour évêque. Il fallut aussi employer la ruse, et presque la violence, pour faire accepter à saint Martin l'évêché de Tours. (Sulp. Sev., loco citato.)
93: Euseb., Hist. eccl., V. 37, ap. Gieseler's Kirchengeschichte, I, 139, Πολυθρύλλητον παρὰ τοις αἱρεσιώταις ζἠτημα τὁ πόθεν ἡ κακία;—Tertullian., de Præscr. hæret., c. VII, ibid.: «Eædem materiæ apud hæreticos et philosophos volutantur, iidem retractus implicantur, unde malum et quare? et unde homo et quomodo?»
94: S. Hieronym. ad Pammach.: «In libro Περι ἀρχων loquitur:... quod in hoc corpore quasi in carcere sunt animæ relegatæ, et antequam homo fieret in Paradiso, inter rationales creaturas in cœlestibus commoratæ sunt.»—Saint Jérôme lui reproche ensuite d'allégoriser tellement le Paradis, qu'il lui ôte tout caractère historique (quod sic Paradisum allegoriset, ut historiæ auferat veritatem, pro arboribus angelos, pro fluminibus virtutes cœlestes intelligens, totamque Paradisi continentiam tropologica interpretatione subvertat). Ainsi, Origène rend inutile, en donnant une autre explication de l'origine du mal, le dogme du péché originel, et en même temps il en détruit l'histoire. Il en nie la nécessité, puis la réalité.—Il disait aussi que les démons, anges tombés comme les hommes, viendraient à récipiscence, et seraient heureux avec les saints (et cum sanctis ultimo tempore regnaturos). Ainsi cette doctrine, toute stoïcienne, s'efforçait d'établir une exacte proportion entre la faute et la peine; elle rendait l'homme seul responsable; mais la terrible question revenait tout entière: il restait toujours à expliquer comment le mal avait commencé dans une vie antérieure.
95: On l'appelait aussi Morgan (môr, mer, dans les langues celtiques).—Il avait eu pour maître l'origéniste Rufin, qui traduisit Origène en latin et publia pour sa défense une véhémente invective contre saint Jérôme. Ainsi Pélage recueille l'héritage d'Origène.
96: Saint Augustin.
97: Il ne peut y avoir de péché héréditaire, disait Pélage, car c'est la volonté seule qui constitue le péché.
«Quærendum est, peccadum voluntatis an necessitatis est? Si necessitatis est peccatum, non est: si voluntatis, vitari potest.» Donc, ajoutait-t-il, l'homme peut être sans péché; c'est le mot de Théodore de Mopsueste: «Quærendum utrum debeat homo sine peccato esse? Procul dubio debet. Si debet, potest. Si præceptum est, potest.» Origène aussi ne demandait pour la perfection que «la liberté aidée de la loi et de la doctrine.»
98: Origène, qui avait nié le péché originel, avait pensé que l'incarnation était une pure allégorie. Du moins on le lui reprochait. Saint Augustin sentit bien la nécessité de cette conséquence. V. le traité: De Nuturâ et Gratiâ.
99: Le premier qui tenta cette conciliation difficile, ce fut le moine Jean Cassien, disciple de saint Jean-Chrysostome, et qui plaida près du pape pour le tirer d'exil. Il avança que le premier mouvement vers le bien partait du libre arbitre, et que la grâce venait ensuite l'éclairer et le soutenir; il ne la crut pas, comme saint Augustin, gratuite et prévenante, mais seulement efficace. Il dédia un de ses livres à saint Honorat, qui avait, comme lui, visité la Grèce, et qui fonda Lérins, d'où devaient sortir les plus illustres défenseurs du semi-pélagianisme. La lutte s'engagea bientôt. Saint Prosper d'Aquitaine avait dénoncé à saint Augustin les écrits de Cassien, et tous deux s'étaient associés pour le combattre. Lérins leur opposa Vincent, et ce Faustus qui soutint contre Mamert Claudien la matérialité de l'âme, et qui écrivit, comme Cassien, contre Nestorius, etc. Arles et Marseille inclinaient au semi-pélagianisme. Le peuple d'Arles chassa son évêque, saint Héros, qui poursuivait Pélage, et choisit après lui saint Honorat; à saint Honorat succède saint Hilaire, son parent, qui soutint comme lui les opinions de Cassien, et fut comme lui enterré à Lérins, etc. Gennadius écrivit au IXe siècle l'histoire du semi-pélagianisme.
100: En 447, saint Hilaire d'Arles l'oblige de s'asseoir, quoique simple prêtre, entre deux saints évêques, ceux de Fréjus et de Riez.
101: Lérins fut fondé par saint Honorat, dans le diocèse d'Antibes, à la fin du IVe siècle. Saint Hilaire d'Arles, et saint Césaire, Sidonius de Clermont, Ennodius du Tésin, Honorat de Marseille, Faustus de Riez, appellent Lérins l'île bienheureuse, la terre des miracles, l'île des Saints (on donna aussi ce nom à l'Irlande), la demeure de ceux qui vivent en Christ, etc.—Lérins avait de grands rapports avec Saint-Victor de Marseille, fondé par Cassien vers 410.—Les deux couvents furent une pépinière de libres penseurs.
102: Dans Grégoire de Tours (ap. Scr. fr. II, 467), saint Simplicius voit de loin promener par la campagne, sur un char traîné par des bœufs, une statue de Cybèle. La Cybèle germanique, Ertha, était traînée de même. Tacit. German.
103: Ils y ont été souvent maltraités, il est vrai, mais bien moins qu'ailleurs. Ils ont eu des écoles à Montpellier et dans plusieurs autres villes du Languedoc et de Provence.
104: Indépendamment de ce lien commun, quelques-uns se voueront à cet homme qui les nourrit, qu'ils aiment. Ainsi prendront naissance les dévoués des Galls et des Aquitains.
Cæsar, B. Gall., l. III, c. XXII: «Devoti, quos illi soldurios appellant... Neque adhuc repertus est quisquam qui, eo interfecto, cujus se amicitiæ devovisset, mori recusaret.»—Athenæus, l. VI, C. XIII:... Αδιάτομον τὸν τῶν Σωτιανῶν βασιλέα (ἕθνος δὲ τοῦτο Κελτικὀν) ἐξακοσίους ἔχειν λογάδας περὶ αὐτὸν, οὒς καλεῖσθαι ὑπὸ Γαλατῶν Σιλοδούρους, ἓλληνιστὶ ἔυχωλιμαίους.—Zaldi ou Saldi, cheval, dans la langue basque.
Voyez les Éclaircissements à la fin du chapitre sur les races de l'Angleterre.
(Extrait de l'ouvrage de M. Price.)
105: M. Champollion-Figeac en a reconnu jusque dans le Dauphiné.—On retrouve à Marseille, sous forme chevaleresque, la tradition de la reconnaissance d'Ulysse et de Pénélope.—Naguère encore l'Église de Lyon suivait les rites de l'Église grecque.—Il paraît que les médailles celtiques, antérieures à la conquête romaine, offrent une grande ressemblance avec les monnaies macédoniennes. Caumont, Cours d'Antiq. monument., I, 249.—Tout cela ne me semble pas suffisant pour conclure que l'influence grecque ait modifié profondément, intimement, le génie gaulois. Je crois plutôt à l'analogie primitive des deux races qu'à l'influence des communications.
106: Strabon.
107: S. August., de civ. Dei, l. XIX, c. VII: «At enim opera data est ut imperiosa civitas non solum jugum, verum etiam linguam suam domitis gentibus, per pacem societatis imponeret.»
Val. Max., l. II, c. II: «Magistratus vero prisci, quantopere suam populique romani majestatem retinentes se gesserint, hinc cognosci potest, quod, inter cætera obtinendæ gravitatis indicia, illud quoque magna cum perseverantia custodiebant, ne Græcis unquam nisi latine responsa darent. Quin etiam ipsa linguæ volubilitate, qua plurimum valent, excussa, per interpretem loqui cogebant; non in urbe tantum nostra, sed etiam in Græcia et Asia; quo scilicet latinæ vocis honos per omnes gentes venerabilior diffunderetur.»
L. Decreta, D. l. XLII, t. I: «Decreta a prætoribus latine interponi debent.»—Tibère s'excusa auprès du sénat d'employer le mot grec de monopole... «Adeo ut monopolium nominaturus, prius veniam postularit quod sibi verbo peregrino utendum esset; atque etiam in quodam decreto patrum, cum ἔμβλημα recitaretur, commutandam censuit vocem.» Suet., in Tiber., c. LXXI.
108: Dion Cassius.
109: Dès le VIIIe siècle, le mariage des deux langues gauloise et latine paraît avoir donné lieu à la formation de la langue romane. Au IXe siècle, un Espagnol se fait entendre d'un Italien. (Acta SS ord. S. Ben., sec. III, P. 2e, 258.) C'est dans cette langue romane rustique que le concile d'Auxerre défend de faire chanter par des jeunes filles des cantiques mêlés de latin et de roman, tandis qu'au contraire ceux de Tours, de Reims et de Mayence (813, 847), ordonnent de traduire les prières et les homélies; c'est, enfin, dans cette langue qu'est conçu le fameux serment de Louis le Germanique à Charles le Chauve, premier monument de notre idiome national.—Le latin et le gaulois durent, sans aucun doute, y entrer, suivant les localités, dans des proportions très-différentes. Un Italien a pu écrire, vers 960: «Vulgaris nostra lingua quæ latinitati vicina est» (Martène, Vet. Scr. I, 298), ce qui explique pourquoi la langue vulgaire provençale était commune à une partie de l'Espagne et de l'Italie; mais rien ne nous dit qu'il en fut de même de la langue vulgaire du milieu et du nord de la Gaule. Grégoire de Tours (l. VIII), en racontant l'entrée de Gontran à Orléans, distingue nettement la langue latine de la langue vulgaire. En 995, un évêque prêche en gaulois (gallice. Concil. Hardouin, V, 734). Le moine de saint Gall donne le mot veltres (lévriers) pour un mot de langue gauloise (gallica lingua). On lit dans la vie de saint Columban (Acta SS. sec. II, p. 17): «Ferusculam, quam vulgo homines squirium vocant (un écureuil).» Il est curieux de voir poindre ainsi peu à peu, dans un patois méprisé, notre langue française.
110: Alb, d'où: Alpes, Albanie; penn, pic, d'où: Apennins, Alpes Pennines.—Bardd, Βάρδοι, ap. Strab., l. IV, et Diod., l. V. Bardi, ap. Amm. Marc., l. XV, etc.—Derwydd (V. note p. 41); aujourd'hui encore en Irlande, Drui signifie magicien; Druidheacht, magie; Tolland's Letters, p. 58. Dans le pays de Galles, on appelle les amulettes de verre: gleini na Droedh, verres de druides.—Trimarkisia, de tri, trois, et marc, cheval. Owen's welsch Dictionn. Armstrong's gaël dict. «Chaque cavalier gaulois, dit Pausanias (l. X, ap. Scr. fr. I, 469), est suivi de deux serviteurs qui lui donnent au besoin leurs chevaux; c'est ce qu'ils appellent dans leur langue Trimarkisia (τριμαρκισια) du mot celtique marca.»—À ces exemples on en pourrait joindre beaucoup d'autres. On retrouve le gæsum (javelot gaulois) des auteurs classiques dans les mots galliques; gaisde, armé; gaisg, bravoure, etc. Le cateia, dans gath-teht (prononcez ga-té). La rotta, ou chrotta (Fortunat, VII, 8), dans le gaélique cruit, le cymrique crwdd, est la roite du moyen âge.—Le sagum, dans l'armoric sae, etc., etc.
111: Il n'y a pas un homme illettré en Irlande, Galles et Écosse du Nord, qui ne comprenne:
| Arma | virumque(ac) | cano | Trojæ | qui | primus | ab | oris | ||
| Gaeliq. | Arm | agg | fer | can | pi | pim | fra | or | |
| Gallois. | Arvau | ac | gwr | canwyv | Troiau | cw | priv | o | or |
| Γηνητήθω | φάος | καἱ | ἔγενἐτο | φάος. | |||||
| G'ennet | pheor | agg | genneth | pheor. | |||||
| Ganed | fawdd | ac y | genid | fawdd. | |||||
| Fiat | lux | et (ac) | lux | facta | fuit. | ||||
| Feet | lur | agg | tur | feet | fet. | ||||
| Tydded | lluch | a | lluch | a | felhied. | ||||
| Cambro-Briton, janvier 1822. | |||||||||