... Nomen qui nomine duxit
De magni magnus, de Caroli Carolus.
C'est ainsi que les Grecs se sont trompés sur le nom d'Elagabal, dont ils ont fait, bon gré, mal gré, Héliogabal, du grec Hélios, soleil.
275: Ceci est très-frappant dans leur jurisprudence. Ils adoptent presque indifféremment la plupart des symboles dont chacun est propre à chaque tribu germanique. Voy. Grimm.
276: Fronsac (Francicum ou Frontiacum) en Aquitaine. (Eginh. Annal., ap. Scr. Fr., V. 201); et en Saxe, la ville que les chroniques désignent sous le nom de Urbs Karoli (Annal. Franc, ibid., p. 11), un fort sur la Lippe (p. 29), Ehresburg, etc.
277: Grimm.
278: Capitulare ann. 779, c. VII. «De decimis, ut unusquisque suam deciman donet, atque per jussionem pontificis dispensetur.»—Capitulatio de Saxon., ann. 791, c. XVI: «Undecunque census aliquid ad fiscum pervenerit..., decima pars ecclesiis et sacerdotibus reddatur.» C. XVII: «Omnes deciman partem substantiæ et laboris sui dent, tam nobiles quam ingenui, similiter et liti.» Voy. aussi Capitul. Francofrod., ann. 794, c. XXIII.—Dès l'an 567, on trouve mention de la dîme dans une lettre pastorale des évêques de Touraine; une constitution de Clotaire et les Actes du concile de Mâcon, en 588, la prescrivent expressément. Ducange, II, 1334, Vo Decimæ.
279: Capitul. add. ad. leg. Langob., ann. 801, c. 1. «Volumus primo, ut neque abbates, neque presbyteri, neque diaconi, neque subdiaconi, neque quislibet de clero, de personis suis ad publica, vel ad secularia judicia trahantur vel distringantur, sed a suis episcopis judicati justitiam faciant. «Cf. Capitul. Aquisgr., ann. 786, c. XXXVII.—Capitul. Francoford., ann. 794, c. IV: Statutum est a domino rege et S. Synodo, ut episcopi justitias faciant in suas parochias... Comites quoque nostri veniant ad judicium episcorum.»
280: Grimm.
281: Grimm.
282: Ils essayèrent de brûler une église que saint Boniface avait construite à Fritzlar, dans la Hesse. Mais le saint avait prophétisé en la bâtissant qu'elle ne périrait jamais par le feu: deux anges vêtus de blanc vinrent la défendre, et un Saxon, qui s'était agenouillé pour souffler le feu, fut trouvé mort dans la même attitude, les joues encore enflées de son souffle (Annales de Fulde).
283: Colonne, ou statue de la Germanie, ou d'Arminius.
284: Stapfer, art. Arminius, dans la Biogr. univer.: «Les lieux voisins de Dethmold sont encore pleins de souvenirs de ce mémorable événement. Le champ qui est au pied de Teutberg s'appelle encore Wintfeld, ou Champ de la Victoire; il est traversé par le Rodenbech, ou Ruisseau de sang, et le Knochenbach, ou Ruisseau des os, qui rappelle ces ossements trouvés, six ans après la défaite de Varus, par les soldats de Germanicus venus pour leur rendre les derniers honneurs. Tout près de là est Feldrom, le champ des Romains; un peu plus loin, dans les environs de Pyrmont, le Herminsberg, ou mont d'Arminius, couvert des ruines d'un château qui porte le nom de Harminsbourg, et sur les bords du Weser, dans le même comté de la Lippe, on trouve Varenholz, le bois de Varus.
285: Éginhard. Annal. Ap. Script. Franc, V, 201. «Ne diutius siti confectus laboraret exercitus, divinitus factum creditur ut quadam die, cum juxta morem, tempore meridiano, cuncti quiescerent, prope montem qui castris erat contiguus tanta vis aquarum in concavitate cujusdam torrentis eruperit, ut exercitui cuncto sufficeret.»—Poetæ Saxonici Annal., l. I.
286: Lippstadt.
287: Un jour que l'on baptisait des Northmans, on manqua d'habits de lin, et on donna à l'un d'eux une mauvaise chemise mal cousue. Il la regarda quelque temps avec indignation, et dit à l'empereur: «J'ai déjà été lavé ici vingt fois, et toujours habillé de beau lin blanc comme neige; un pareil sac est-il fait pour un guerrier ou pour un gardeur de pourceaux? Si je ne rougissais d'aller tout nu, n'ayant plus mes habits et refusant les tiens, je te laisserais là ton manteau et ton Christ.» Moine de Saint-Gall.—Les Avares, alliés de Charlemagne, voyant qu'il faisait manger dans la salle leurs compatriotes chrétiens, et les autres à la porte, se firent baptiser en foule pour s'asseoir aussi à la table impériale.
288: Éginhard, vita Karoli, ap. Scr. Fr., V, 93.—Voy. aussi Éginhard. Annal. ibid., 203.—Poet. Sax., l. I, ibid., 143.—Chroniques de Saint-Denys, l. I, c. VI.—Les autres chroniques ne parlent point de cette déroute.—Sur les poëmes Carlovingiens, voyez le cours de M. Fauriel, et l'excellente thèse de M. Monin: Sur le Roman de Roncevaux, 1832.
289: Il prit pour otages quinze des plus illustres, et les remit à la garde de l'archevêque de Reims, Vulfar, auquel il accordait la plus grande confiance. Vulfar avait été précédemment revêtu des fonctions de Missus Dominicus en Champagne. Frodoard, Hist. Remens., l. II, c. XVIII. «Le très-sage et très-habile Charles, dit le biographe de Louis le Débonnaire, savait s'attacher les évêques. Il établit par toute l'Aquitaine des comtes et des abbés, et beaucoup d'autres encore, qu'on nomme Vassi, de la race des Francs; il leur confia le soin du royaume, la défense des frontières et le gouvernement des fermes royales.» Astronom. Vita Ludov. Pii, c. 3, ap. Scr. Fr., VI, 88.—Les abbés remplissent ici des fonctions militaires. Charlemagne écrit à un abbé de Saxe de venir avec des hommes bien armés et des vivres pour trois mois. Caroli M. Espit., 21, ap. Scr. Fr., V, 633.
Vita S. Sturmii, abassumptis at. Fuld., ap. Scr. Fr., V, 447. «Karolus... universis sacerdotibus, abbatibus, presbyteris... totam illam provinciam in parochias episcopales divisit... Tunc pars maxima beato Sturmio populi et terræ illius ad procurandum committitur.» Annal. Franc., ap. Scr. Fr., V, 26. «Divisitque ipsam patriam inter presbyteros et episcopos, seu et abbates, ut in eis baptizarent et prædicarent.»—Idem, Chron. Moissiac., ibid. 71.
290: Grimm.
291: Monach. S. Galli, l. II, c. II. «Terra Huorum novem circulis cingebatur... Tam latus fuit unus circulus... quantum est spatium de castro Turonico ad Constantiam... Ita vici et villæ erant locatæ, ut de aliis ad alias vox humana posset audiri. Contra eadem quoque ædificia, inter inexpugnabiles illos muros, portæ non satis latæ erant constitutæ... Item de secundo circulo, qui similiter ut primus erat exstructus; vigenti milliaria Teutonica quæ sunt quadraginta Italica, ad tertium usque tendebantur; similiter usque ad nonum; quamvis ipsi circuli alius alio multo contractiores fuerunt... Ad has ergo munitiones per ducentos et eo amplius annos, qualescumque omnium occidentialum divitias congregantes... orbem occiduum pene vacuum dimiserunt.»
292: Eginh. annal., ad ann. 793. «On avait persuadé au roi que si l'on creusait entre le Rednitz et l'Atmul un canal assez grand pour contenir des vaisseaux, on pourrait naviguer facilement du Rhin au Danube, parce que l'une de ces rivières se jette dans le Danube et l'autre dans le Mein. Aussitôt il vint dans ce lieu avec toute sa cour, y réunit une grande multitude, et employa à cette œuvre toute la saison de l'automne. Le canal fut donc creusé sur deux mille pas de longueur et trois cents pieds de largeur, mais en vain, car au milieu d'une terre marécageuse déjà imprégnée d'eau par sa nature, et inondée par des pluies continuelles, l'entreprise ne put s'achever: autant les ouvriers avaient tiré de terre pendant le jour, autant il en retombait pendant la nuit, à la même place. Pendant ce travail, on lui apporta deux nouvelles fort déplaisantes: les Saxons s'étaient révoltés de tous côtés; les Sarrasins avaient envahi la Septimanie, engagé un combat avec les comtes et les gardes de cette frontière, tué beaucoup de Francs, et ils étaient rentrés chez eux victorieux.»
293: Il avait aussi une vive affection pour le prédécesseur de Léon, le pape Adrien. «Il alla quatre fois à Rome pour accomplir des vœux et faire ses prières.»
Eginh. Kar. M. c. 19: «Nuntiato Adriani obitu, quem amicum præcipium habebat, sic flevit, ac si fratrem aut carissimum filium amisisset. C. XVII: Nec ille toto regni sui tempore quicquam duxit autiquius, quam ut urbs Roma sua opera suoque labore veteri polleret auctoritate...»—Voy. les lettres d'Adrien à Charlemagne. (Scr. Fr., V, 403, 544, 545, 546, etc.)
294: Eginh. Annal., p. 215. «Coram altari, ubi ad orationem se inclinaverat, Leo papa coronam capiti ejus imposuit.»—Eginh. Vit. Kar. M., ibid. 100. «Quod primo in tantum adversatus est, ut affirmaret se eo die, quamvis præcipua festivitas esset, ecclesiam non intraturum fuisse, si pontificis consilium præscire potuisset.»
295: Un proverbe grec disait: «Ayez le Franc pour ami, mais non pas pour voisin.»
296: Éginhard. «Le roi des Northumbres, de l'île de Bretagne, nommé Eardulf, chassé de sa patrie et de son royaume, se rendit près de l'empereur, alors à Nimègue; il lui exposa la cause de son voyage, et partit pour Rome. À son retour de Rome, par l'entremise des légats du pontife romain et de l'empereur, il fut rétabli dans son royaume.»
297: «Ce que le poète disait impossible:
Aut ararim Parthus bibet, aut Germania Tigrim,
parut alors, dit le moine de Saint-Gall, une chose toute simple, à cause des relations de Charles avec Haroun. En témoignage de ce fait, j'appellerai toute la Germanie, qui, du temps de votre glorieux père Louis (il s'adresse à Charles le Chauve), fut contrainte de payer un denier par chaque tête de bœuf et par chaque manse dépendant du domaine royal, pour le rachat des chrétiens qui habitaient la terre sainte. Dans leur misère, ils imploraient leur délivrance de votre père, comme anciens sujets de votre bisaïeul Charles et de votre aïeul Louis.» Monach. Sangall., l. II, c. XIV.
298: Il choisit Aix pour y bâtir son palais, dit Éginhard, à cause de ses eaux thermales. «Il aimait cette douce chaleur, et y venait fréquemment nager. Il y invitait les grands, ses amis, ses gardes, et quelquefois plus de cent personnes se baignaient avec lui.» Il passait l'automne à chasser.
299: «Il s'essayait à écrire, et portait d'habitude sous son chevet des tablettes, afin de pouvoir, dans ses moments de loisir, s'exercer la main à tracer des lettres; mais ce travail ne réussit guère; il l'avait commencé trop tard.»
Eginh, in Karol. M., c. XXV. «Il apprit la grammaire sous le diacre Pierre de Pise, et eut pour maître dans ses autres études, Albinus, surnommé Alcuin, également diacre, né en Bretagne, et de race saxonne, homme d'une science universelle, et sous la direction duquel il donna beaucoup de temps et de travail à la rhétorique et à la dialectique, mais surtout à l'astronomie. Il apprenait aussi le calcul, et étudiait le cours des astres, avec une curieuse et ardente sagacité.»—«Dans les dernières années de sa vie, il ne fit plus que de s'occuper de prières et d'aumônes et corriger des livres. La veille de sa mort, il avait soigneusement corrigé, avec des Grecs et des Syriens, les évangiles de saint Mathieu, de saint Marc, de saint Luc et de saint Jean.» Thegan. de Gestis Ludov. Pii, c. VII, ap. Scr. Fr. VI, 76.—Il envoya aussi, «à son meilleur ami,» le pape Adrien, un Psautier en latin, écrit en lettres d'or, et avec une dédicace en vers. (Eginh. ap. Script. Rer. Franc. t. V, p. 402.) Aussi l'ensevelit-on avec un Évangile d'or à la main. (Monach. Engolism. in Kar. M., ibid. 186.)
300: «À une certaine fête, comme un jeune homme, parent du roi, chantait fort bien Alleluia, le roi dit à un évêque qui se trouvait là: «Il a bien chanté notre clerc!» L'autre sot, prenant cela pour une plaisanterie, et ignorant que le clerc fût parent de l'empereur, répondit: «Les rustres en chantent autant à leurs bœufs.» À cette impertinente réponse, l'empereur lui lança un regard terrible, dont il tomba foudroyé.» Moine de Saint-Gall.
Eginh. in Kar. M., c. XXVI. «Il perfectionna soigneusement la lecture et le chant sacrés, car il s'y entendait admirablement, quoiqu'il ne lût jamais lui-même en public, et qu'il ne chantât qu'à demi voix et en chœur.»—Mon. Sangall., l. I, c. VII.
Jamais, dans la basilique du docte Charles, il ne fut besoin de désigner à chacun le passage qu'il devait lire, ni d'en marquer la fin avec de la cire ou avec l'ongle, tous savaient si bien ce qu'ils avaient à lire, que si on leur disait à l'improviste de commencer, jamais on ne les trouvait en faute. Lui-même, il levait le doigt ou un bâton, ou envoyait quelqu'un aux clercs assis loin de lui, pour désigner celui qu'il voulait faire lire. Il marquait la fin, par un son guttural, que tous attendaient en suspens, tellement que, soit qu'il fit signe après la fin d'un sens, ou à un repos au milieu de la phrase, ou même avant le repos, personne ne reprenait trop haut ou trop bas. En sorte que, bien que tous ne comprissent pas, c'était dans son palais que se trouvaient les meilleurs lecteurs, et nul n'osa entrer parmi ses choristes (fût-il même connu d'ailleurs) qui ne sût bien lire et bien chanter.»
301: Mon. S. Galli, l. I, c. XXXII. «Quæ (mansiones) ita circa palatium peritissimi Caroli ejus dispositione constructæ sunt, ut ipse per cancellos solarii sui cuncta posset videre, quæcumque ab intrantibus vel exeuntibus quasi latenter fierent. Sed et ita omnia procerum habitacula a terra erant in sublime suspensa, ut sub eis non solum militum milites et eorum servitores, sed omne genus hominum ab injuriis imbrium vel nivium, vel gelu, caminis possent defendi, et nequaquam tamen ab oculis acutisssimi Caroli valerent abscondi.»
302: Eginh. in Kar. M., c. XXVI. «Ecclesiam mane et vespere, item nocturnis horis et sacrificii tempore, quoad eum valetudo permiserat, impigre frequentabat.»—Mon. Sangall., l. I, c. XXXIII: «Gloriosissimus Carolus ad nocturnas laudes pendulo et profundissimo pallio utebatur.»
303: Eginh. in Kar. M., c. XXII. «Corpore fuit amplo atque robusto, statura eminenti, quæ tamen justam non excederet... apice corporis rotundo, oculis prægrandibus ac vegetis, naso paululum mediocritatem excedente... Cervix obesa et brevior, venterque projectior... Voce clara quidem, sed quæ minus corporis formæ conveniret.—Medicos pene exosos habebat, quod ei in cibis assas, quibus assuetus erat, dimittere, et elixis adsuescere suadebant.»—Permis aux grandes Chroniques de Saint-Denys, écrites si longtemps après, de dire qu'il fendait un chevalier d'un coup d'épée, et qu'il portait un homme armé debout sur la main. On a proportionné l'empereur à l'empire, et conclu que celui qui régnait de l'Elbe à l'Èbre devait être un géant.
304: Id. ibid., c. XIX: «Nunquam iter sine illis faceret. Adequitabant et filii, filiæ vero pone sequebantur,.. Quæ cum pulcherrimæ essent et ab eo plurimum diligerentur, mirum dictu quod nullam earum cuiquam aut suorum aut exterorum nuptum dare voluit... Sed omnes secum usque ad obitum suum in domo sua retinuit, dicens se earum contubernio carere non posse. Ac propter hoc, alias felix, adversæ fortunæ malignitatem expertus est. Quod tamen ita dissimulavit, ac si de eis nunquam alicujus probri suspicio exorta, vel fama dispersa fuisset.»
305: V. un passage curieux d'une vie de saint Grégoire, ap. Scrip. Rer. Fr. t. V, p. 445.—V. aussi la vie de Charlemagne, par un moine d'Angoulême (ap. Scr. Fr. V, 185).—Mon. Sangall., l. I, c. X. «Voyant avec douleur que le chant était divers selon les diverses provinces, il demanda au pape douze clercs instruits dans la psalmodie. Mais, par malice, lorsqu'on les eut dispersés de côté et d'autre, ils se mirent à enseigner tous des méthodes différentes. Charles indigné se plaignit au pape, et le pape les mit en prison.»
306: «Albinum cognomento Alcuinum.....» (Éginhard.)
Alcuin écrivait à Charlemagne: «Envoyez-moi de France quelques savants traités aussi excellents que ceux dont j'ai soin ici (à la bibliothèque d'York), et qu'a recueillis mon maître Ecbert; et je vous enverrai de mes jeunes gens, qui porteront en France les fleurs de Bretagne, en sorte qu'il n'y ait plus seulement un jardin enclos à York, mais qu'à Tours aussi puissent germer quelques rejetons du paradis.»—Appelé en France, il devint le maître du Scot Rabanus Maurus, fondateur de la grande école de Fulde.—Éginhard dit que Charlemagne donnait les honneurs et les magistratures à des Scots, estimant leur fidélité et leur valeur; et que les rois d'Écosse lui étaient fort dévoués.—Dans sa vie de saint Césaire, dédiée à Charlemagne, Héricus dit: «Presque toute la nation des Scots, méprisant les dangers de la mer, vient s'établir dans notre pays avec une suite nombreuse de philosophes.»
307: Moine de Saint-Gall.—Voy. l'amusante histoire d'un pauvre semblablement élevé par Charles à un riche évêché.
308: Eghin. in Kar. M., c. XXIX. «Barbara et antiquissima carmina, quibus veterum regum actus ac bella canebantur, scripsit, memoriæque mandavit. Inchoavit et grammaticam patrii sermonis.»—Suivant Éginhard (c. XIV) Charlemagne donna aux mois des noms significatifs dans la langue allemande (mois d'hiver, mois de boue, etc.); mais, selon la remarque de M. Guizot, on les trouve en usage chez différents peuples germains, avant le temps de Charlemagne.
309: «Quand les Francs qui combattaient au milieu des Gaulois virent ceux-ci revêtus de saies brillantes et de diverses couleurs, épris de l'amour de la nouveauté, ils quittèrent leur vêtement habituel et commencèrent à prendre celui de ces peuples. Le sévère empereur, qui trouvait ce dernier habit plus commode pour la guerre, ne s'opposa point à ce changement. Cependant, dès qu'il vit les Frisons, abusant de cette facilité, vendre ces petits manteaux écourtés aussi cher qu'autrefois on vendait les grands, il ordonna de ne leur acheter, au prix ordinaire, que de très-longs et larges manteaux. «À quoi peuvent servir, disait-il, ces petits manteaux? au lit, je ne puis m'en couvrir; à cheval, ils ne me défendent ni de la pluie ni du vent, et quand je satisfais aux besoins de la nature, j'ai les jambes gelées.» Moine de Saint-Gall.
310: Eginh. in Kar. M., c. XXV. «Latinam ita didicit, ut æque illa ac patria lingua orare esset solitus; græcam vero melius intelligere quam pronunciare poteret.»—Poeta Saxon., l. V, ap. Scr. Fr. V, 176:
..... Solitus lingua sæpe est orare latina;
Nec græcæ prorsus nescius extiterat.
«Telle était sa faconde, qu'il en ressemblait à un pédagogue (ut didasculus appareret; alibi dicaculus, petit plaisant).»
311: Le curiale devait avoir au moins vingt-cinq arpents de terre, l'hériman, de trente-six à quarante-huit.
312: Un bœuf, ou six boisseaux de froment, valaient deux sous; cinq bœufs, ou une robe simple, ou trente boisseaux, dix sous; six bœufs, ou une cuirasse, ou trente-six boisseaux, douze sous (M. Desmichels).
313: On pourrait multiplier les exemples. Capitul. anni 802, ap. Scr. Fr., V, 659. «Placuit ut unusquisque ex propria persona se in sancto Dei servitio secundum Dei præceptum et secundum sponsionem suam pleniter conservare studeat secundum intellectum et vires suas; quia ipse domnus imperator non omnibus singulariter necessariam potest exhibere curam.» Capitul. anni 806, ibid. 677. «Cupiditas in bonam partem potest accipi et in malam. In bonam juxta apostolum, etc.—Avaritia est alienas res appetere, et adeptas nulli largiri. Et juxta apostolum, hæc est radix omnium malorum. Turpe lucrum exercent qui per varias circumventiones lucrandi causa inhoneste res quaslibet congregare decertant.»
314: Carol. libr. I, c. XXI. «Solus igitur Deus colendus, solus adorandus, solus glorificandus est, de quo per prophetam dicitur: exaltatum est nomen ejus solius, etc.»
315: Je crois qu'il faut entendre ainsi cette dilapidation du domaine que Charlemagne reprocha à son fils. Ce domaine avait dû se former de toutes les violences de la conquête. Le caractère scrupuleux de Louis, et les réparations qu'il fit plus tard à d'autres nations maltraitées par les Francs, autorisent à interpréter ainsi sa conduite en Aquitaine. Voici le texte de l'historien contemporain: «In tantum largus, ut antea nec in antiquis libris nec in modernis temporibus auditum est, ut villas regias quæ erant et avi et tritavi (Pepin et Charles Martel), fidelibus suis tradidit eas in possessiones sempiternas... Fecit enim hoc diu tempore.» Theganus, de gestis Ludov. Pii, c. XIX. ap. Scr. Fr. VI, 78.
316: Moine de Saint-Gall.
317: Annal. Franc., ad ann. 810, ap. Scr. Fr. V, 59.»Nuntium accepit classem ec de Nortmannia Frisiam appulisse... Missis in omnes circumquaque regiones ad congregandum exercitum nuntiis...»—Ibid. ad ann. 809. «Cumque ad hoc per Galliam atque Germaniam homines congregasset...»
318: Eginh in Kar. M., c. XIV. «Godefridus adeo vana spe inflatus erat, ut totius sibi Germaniæ promitteret potestatem, etc.»—V. aussi Annal. Franc., ap. Scr. Fr. V, 57, Hermann. Contract., ibid. 366.