[21] C'est à la bouche de Marie Mancini qu'il est fait allusion dans un couplet du fameux cantique, faussement attribué à Bussy-Ra butin, et qui a été intercalé dans les éditions subreptices de l'Histoire amoureuse des Gaules:
[22] Histoire de Madame Henriette d'Angleterre. Éd. d'Amsterdam, 1720.
[23] T. Ier, p. 168, édition Livet.
[24] La Grèce pour la France.
[25] Athènes pour Paris.
[26] L'Académie française.
[27] M. de la Ménardière.
[28] L'opuscule manuscrit intitulé: Les agréments de la jeunesse de Louis XIV, ou son amour pour Mademoiselle de Mancini, qui a été publié pour la première fois par M. Paul Boiteau, dans son édition de l'Histoire amoureuse des Gaules (t. II, p. 1 à 25), n'est qu'un roman inventé à plaisir et fort mal écrit. On n'y trouve que ce détail caractéristique et qui cadre avec ce que dit Mme de Motteville: «Le Cardinal eût bien voulu, par ostentation, faire plaisir à sa nièce, mais il trouvait tant de difficultés pour l'accomplissement de ce mariage, qu'il résolut de rompre pour toujours un commerce dont il craignait que les suites ne fussent pas heureuses...»
[29] Mme de La Fayette dit que cette maladie était la petite vérole.
[30] Histoire de Madame Henriette d'Angleterre.
[31] «Le Roi, dit Mlle de Montpensier, était de bien meilleure humeur depuis qu'il était amoureux de Mlle Mancini. Elle lui avait fort conseillé de lire des romans et des vers. Il en avait une quantité, avec des recueils de poésies et de comédies.»
[32] «Le Roi était tel que les poètes nous représentent ces hommes qu'ils ont divinisés...» «Il me souvint, en le voyant, de ces héros que les romans représentent couchés dans un bois ou sur le bord de la mer...» (Mémoires de Madame de Motteville).
[33] «Le Roi était galant, mais souvent débauché, tout lui était bon, pourvu que ce fussent des femmes.» Lettres de la Princesse Palatine, mère du Régent, 24 décembre 1716.
[34] Mémoires de Madame de Motteville.
[35] Mémoires de Montglat, comte de Clermont, t. IV, édition d'Amsterdam, 1727.
[36] Mémoires de Madame de Motteville.
[37] Mémoires de Madame de Motteville.
[38] Ibidem.
[39] Mémoires de Madame de Motteville.
[40] Mémoires de Madame de Motteville.
[41] Mémoires de Madame de Motteville.
[42] Nous empruntons tous ces intéressants détails aux Mémoires de Mlle de Montpensier.
[43] Mémoires de Mlle de Montpensier.
[44] Mémoires de Mlle de Montpensier.
[45] Et pourtant.
[46] Mémoires de Madame de Motteville.
[47] Mémoires de Mademoiselle de Montpensier et de Montglat.
[48] Mémoires de Madame de Motteville.
[49] Ibidem.
[50] Ibidem.
[51] «Un homme qui faisait tout, qui commandait absolument dans le royaume, et qui ne voulait pas que la moindre affaire se fît sans être ordonnée par lui, ne paraissait-il pas se moquer de la Reine quand il disait qu'il ne se mêlait pas de marier le Roi?» (Mém. de Mme de Motteville.)
[52] Pimentel, l'envoyé du roi d'Espagne, chargé de la négociation de la paix et du mariage de l'Infante avec Louis XIV, se trouvait à Mâcon le 19 novembre, au moment même du passage de la cour. Il écrivit ce jour là même à Mazarin pour lui annoncer la mission dont il était chargé. (Archives du ministère des affaires étrangères, correspondance d'Espagne, t. XXXIV, fol. 345). Mais il garda le plus strict incognito jusqu'au moment où Mazarin lui permit de ne plus faire un mystère de sa venue, c'est-à-dire lorsque les choses furent assez avancées. Mazarin, de son côté, garda le plus profond secret sur l'arrivée de Pimentel, même à l'égard de la Reine, jusqu'au jour où il fut obligé de la lui faire connaître. Il y eut donc de la part du Cardinal toute une comédie, arrangée d'avance et dont les contemporains, et en particulier Mme de Motteville, qui crurent à l'arrivée soudaine et imprévue de Pimentel à Lyon, furent les dupes. Il n'y a aucun doute sur le fait curieux et inconnu que nous révélons pour la première fois au public. Je dois communication de la lettre de Pimentel à l'obligeance de M. Valfrey et je le prie de vouloir bien en agréer ici tous mes remercîments.
[53] Mademoiselle de Montpensier, témoin oculaire, affirme dans ses Mémoires que Pimentel ne vit le Cardinal que le lendemain de l'entrevue des deux cours. Montglat, comte de Clermont, qui était un des hommes les mieux renseignés et l'un des esprits les plus remarquables de la cour, nous dit que le cardinal Mazarin ne vit arriver Pimentel qu'avec une extrême défiance, supposant que ce n'était qu'une ruse des Espagnols pour faire rompre le mariage de Savoie: «La Reine, dit-il, qui aimait sa maison et qui avait une passion démesurée du mariage de son fils avec sa nièce, eut grande joie de cette ouverture, et dès l'heure ne songea plus qu'à se défaire de la duchesse de Savoie et à rompre son mariage. Le Cardinal y agit plus mûrement: il appréhenda que ce ne fût un artifice des Espagnols, pour faire partir la cour de Savoie mécontente et offensée, afin qu'à son retour en Piémont elle fût disposée à traiter avec eux en abandonnant la France pour se venger du mépris qu'elle en aurait reçu, et qu'après ils ne voulussent plus donner l'Infante au Roi, et ne fissent comme à Munster, où ils firent la proposition du même mariage afin de débaucher les Hollandais et, après y avoir réussi, se moquèrent des Français. Mais la Reine ne put jamais entrer dans ces défiances, et, pour détourner le Roi de l'inclination qu'il avait pour la princesse de Savoie, elle commença par lui faire la guerre de l'empressement qu'il avait auprès d'elle, en lui marquant ses défauts, et, par des railleries, elle l'en dégoûta si bien qu'il ne lui parla plus...» (Mémoires de Montglat, t. IV, édition d'Amsterdam, 1727.)
[54] Mémoires de Mlle de Montpensier.
[55] Mémoires de Mlle de Montpensier.
[56] Mémoires de Mademoiselle de Montpensier. Mme de Motteville confirme le récit de Mademoiselle: «Mlle de Mancini, qui avait alors moins de maigreur et beaucoup de feu dans les yeux, n'était plus si laide qu'elle l'avait été. Sa passion l'embellissait; elle était même assez hardie pour être jalouse, et déjà elle avait fait de grands reproches au Roi de sa légèreté et de l'agrément qu'il avait eu d'abord pour la princesse Marguerite.»
Voici comment Marie Mancini elle-même, dans son Apologie, raconte cet épisode du projet de mariage du Roi avec Marguerite de Savoie:
«Il vint une tempête qui troubla pour quelque temps la douceur de ces jours, mais elle passa bientôt. On parla de marier le Roi avec la princesse Marguerite de Savoie, fille de Madame Royale, qui fut depuis duchesse de Parme, princesse assurément d'un très grand mérite, et cela obligea la cour de faire le voyage de Lyon. Cette nouvelle était capable de donner bien du trouble et de la peine à un cœur. Je le laisse à penser à ceux qui ont aimé, quel tourment ce doit être, la crainte de perdre ce qu'on aime extrêmement, surtout quand l'amour est fondé sur un si grand sujet d'aimer; quand, dis-je, la gloire autorise les mouvements du cœur, et que la raison est la première à le faire aimer.» Notons en passant cet aveu d'ambition. «Comme mon mal, poursuit-elle, était violent, il eut le destin des choses violentes: il ne dura pas longtemps, et ce mariage du Roi se rompit avec la même promptitude qu'il avait été entamé. Ce fut à don Antonio Pimentel que j'eus cette obligation, qui, étant arrivé dans le temps qu'on l'allait conclure, avec les propositions d'un traité de paix, dont il avait lui-même le projet, Leurs Altesses s'en retournèrent en Savoie, et mon âme reprit en même temps sa première tranquillité...»
[57] Le Roi n'avait désiré la princesse de Savoie «que parce qu'il se voulait marier, et qu'elle ne lui avait pas déplu; mais, connaissant, par la bonté de son jugement, la distance infinie qu'il y avait entre l'Infante et elle,... il ne balança pas... à donner son consentement.» (Mémoires de Madame de Motteville.)
[58] «Il était habillé de deuil, botté, avec un justaucorps noir, un mouchoir noué de couleur de feu.» (Mémoires de Mademoiselle de Montpensier.)
[59] Mémoires de Mlle de Montpensier: «Ce fut en vain que la Grande Mademoiselle, qui trouvait ce prince fort à son goût, essaya de le séduire «par sa bonne mine, par sa belle taille... et par l'éclat qui lui restait d'une beauté qui avait été parfaite...» Elle n'eut pas plus de chance avec lui qu'avec tous les autres prétendants qu'elle avait convoités jusque-là.—La puissance formidable de Louis XIV ne permit pas à Charles-Emmanuel II de prendre une grande part aux événements de son temps et d'avoir une volonté. Ce prince n'eut d'autre occupation que de maintenir la paix dans ses États sans songer à les agrandir. En revanche, par sa douceur, par sa générosité et sa magnificence, il fit la conquête de tous ses sujets. Il embellit Turin, rendit la forteresse de Montmélian imprenable, fit percer à travers les montagnes, au passage de la Grotte, près des Échelles, des chemins qu'on admire encore, et fonda à Turin une société littéraire et une Académie de peinture.
[60] Mémoires de Mlle de Montpensier.
[61] Mémoires de Montglat, t. IV.
[62] Mémoires de Mlle de Montpensier.
[63] Ibidem.
[64] Ranuce II.
[65] En 1663.
[66] Mémoires de Madame de Motteville.
[67] Mémoires de Mlle de Montpensier.
[68] C'est ce qui résulte d'un passage de son Apologie, qui se rapporte précisément à cette époque: «J'avais d'autant plus sujet d'être contente, dit-elle, que la Reine... me donnait incessamment des preuves d'une estime particulière, et que j'en recevais encore de mon oncle de plus grandes qu'il n'avait coutume de me donner.»
[69] L'auteur anonyme de l'opuscule intitulé: Le Palais-Royal ou les amours de Madame de La Vallière, publié par M. Paul Boiteau dans son édition de l'Histoire amoureuse des Gaules (t. II, p. 27 et suivantes), a laissé un portrait peu flatté de Marie Mancini: Le Roi, dit-il, «choisit Mlle de Mancini, laide, grosse, petite et l'air d'une cabaretière, mais de l'esprit comme un ange, ce qui faisait qu'en l'entendant on oubliait qu'elle était laide, et l'on s'y plaisait volontiers.» Il ajoute malicieusement qu'ils passaient de bonnes heures ensemble et que sans la surveillance de Mme de Venel...» Cette dame était, comme on le sait, gouvernante des nièces du cardinal, et celui-ci, qui connaissait leur tempérament méridional, n'était guère rassuré par l'incessant espionnage de cette vénérable duègne: «Mme de Venel, écrivait-il à la Reine, le 29 juillet 1659, fait tout ce qu'elle peut, mais la déférence qu'on a pour elle est fort médiocre.» Marie Mancini était trop ambitieuse et trop adroite pour ne pas se rendre compte que la possession eût tué peut-être l'amour du Roi; il y a donc tout lieu de croire qu'elle ne céda jamais à ses transports.
[70] C'est ce que M. Henri Martin dit formellement dans une note fort intéressante de son Histoire de France (4e édition, t. XII, p. 520, note 2).
[71] Mémoires de Mme de Motteville.
[72] Mémoires de Mme de Motteville.
[73] On a dit que Mme de Motteville, ayant eu à se plaindre du Cardinal, pour un déni de justice envers son frère, elle s'était vengée de lui dans ses Mémoires. Bien que la confidente de la Reine ait lancé quelques traits piquants à Mazarin, elle était trop honnête pour avoir fabriqué la fameuse scène qu'elle nous a révélée.
[74] «La suite de cette conversation, poursuit la confidente, a été amère à cette généreuse mère, par le ressentiment que ce ministre a caché à tout le monde, mais qu'il a conservé toute sa vie dans le cœur, et qui a produit en mille occasions des effets dont on n'a point su la cause. Le Roi même a pu ignorer jusqu'à quel point a été son ambition, qui était voilée sous les emportements de cette fille,... plus pardonnables à elle qu'à lui, et qui ne pouvaient déplaire à celui qui s'en voyait éperdument aimé.» Dans le texte que nous citons ci-dessus, il semble qu'il faudrait lire: «que j'y engagerais mon second fils», c'est-à-dire Philippe d'Orléans. Sans l'addition de ce mot second, qui ne se trouve pas dans le manuscrit, le sens de la phrase serait incompréhensible.
[75] Édition de 1709, t. III.
[76] Olympe Mancini, dit Mme de La Fayette dans son Histoire de madame Henriette d'Angleterre (édition d'Amsterdam, 1720). Olympe «avait naturellement de l'ambition, et, dans le temps où le Roi l'avait aimée, le trône ne lui avait point paru trop au-dessus d'elle, pour n'oser y aspirer. Son oncle, ajoute-t-elle, qui l'aimait fort, n'avait pas été éloigné du dessein de l'y faire monter; mais tous les faiseurs d'horoscopes l'avaient tellement assuré qu'elle ne pourrait y parvenir, qu'il en avait perdu la pensée et l'avait mariée au comte de Soissons.»
[77] «Ç'a été un grand problème entre les politiques, dit Choisy (dans ses Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV) de savoir si le Cardinal agissait de bonne foi, et s'il ne s'opposait au torrent que pour en augmenter la violence. J'ai vu le maréchal de Villeroi et feu M. le Premier agiter fortement la question, non pas ensemble (je l'aurais bien souhaité), mais chacun dans son cabinet. Ils apportaient une infinité de raisons pour et contre, et d'ordinaire ils concluaient en faveur de la sincérité du Cardinal, non qu'ils ne le crussent assez ambitieux pour avoir souhaité de voir sa nièce reine de France, mais ils le connaissaient fort timide, et incapable d'aller tête baissée contre la Reine-mère, qui serait devenue son ennemie sans retour; et cela sur la parole fort périlleuse d'un homme de vingt-cinq ans, qui aimait pour la première fois; au lieu qu'en refusant l'élévation d'une nièce qu'il n'avait pas sujet d'aimer fort tendrement (il savait qu'elle était assez folle pour se moquer de lui depuis le matin jusqu'au soir), au lieu, dis-je, qu'en faisant le héros par le mépris d'une couronne, il le devenait en effet, et faisait la paix, assurait son pouvoir, et persuadait le Roi d'une manière bien sensible de son attachement inviolable à la gloire de sa personne et au bien de l'État.»
[78] Journal général de l'instruction publique et des cultes. Volume XXIII, no 81, mercredi 11 octobre 1854. Études historiques. Lettres inédites du cardinal Mazarin. Conduite du Cardinal envers ses nièces; ses relations avec Anne d'Autriche.
[79] Ajoutons qu'un homme distingué, M. F. Riaux, qui a annoté avec soin les Mémoires de Madame de Motteville, est tout à fait du même avis que nous sur cette question d'un intérêt capital. «De savants critiques, dit-il, ont cru trouver (dans les lettres de Mazarin à Mme de Venel) une preuve de l'inexactitude de ce passage des Mémoires de Madame de Motteville où elle raconte l'orgueilleuse tentation qu'aurait eue un instant le Cardinal et la dure réponse d'Anne d'Autriche. Il n'y a cependant nulle contradiction à admettre, d'un côté, que la violente passion de Louis XIV ait produit un éclair d'ambition suprême dans l'esprit d'un ministre qui avait déjà marié une nièce avec le frère du grand Condé et une seconde nièce avec le prince Eugène de Savoie; et, de l'autre côté, qu'une fois son parti irrévocablement pris sur cette question, l'oncle ait mis ses sentiments pour sa famille d'accord avec ses devoirs d'homme d'État. Ce n'est pas une fois, et comme par occasion, que Mme de Motteville parle des velléités ambitieuses qu'aurait excitées chez Mazarin la passion du Roi pour Marie Mancini. C'est à plusieurs reprises et sous des formes variées qu'elle rappelle la condescendance qu'il avait eue à Lyon pour les emportements de cette fille, condescendance qui établirait bien en effet que Mazarin n'aurait pas toujours traité de folie les idées et les emportements passionnés de Mlle de Mancini.» (Note de M. Riaux dans les Mémoires de Madame de Motteville, édition Charpentier.)
M. Henri Martin ne s'est pas laissé prendre non plus au prétendu désintéressement de Mazarin dans cette circonstance: «On peut dire, à la vérité, a-t-il soin de déclarer dans une note (Histoire de France, t. XII, p. 517, note 2, édition de 1865), que Mazarin connaissait l'humeur très peu reconnaissante de ses nièces, et en particulier le peu d'affection que lui portait Marie, dont le caractère était tout à fait antipathique au sien: il comprit qu'il ne gagnerait rien à faire de Marie une Reine: ceci diminue l'honneur de son désintéressement, mais au profit de sa sagacité.»
[80] «Le Cardinal, dit Mme de La Fayette (Histoire d'Henriette d'Angleterre), ne s'opposa pas d'abord à cette passion; il crut qu'elle ne pouvait être que conforme à ses intérêts, mais comme il vit dans la suite que sa nièce ne lui rendait aucun compte de ses conversations avec le Roi, et qu'elle prenait sur son esprit tout le crédit qui lui était possible, il commença à craindre qu'elle n'y en prît trop, et voulut apporter quelque diminution à son attachement. Il vit bientôt qu'il s'en était avisé trop tard; le Roi était entièrement abandonné à sa passion, et l'opposition qu'il fit pparaître ne servit qu'à aigrir contre lui l'esprit de sa nièce, et à la porter à lui rendre toute sorte de mauvais services. Elle n'en rendit pas moins à la Reine dans l'esprit du Roi, soit en lui décriant sa conduite pendant la Régence, ou en lui apprenant tout ce que la médisance avait inventé contre elle; enfin elle éloignait si bien de l'esprit du Roi tous ceux qui pouvaient lui nuire, et s'en rendit maîtresse si absolue, que pendant le temps que l'on commençait à traiter de la paix et du mariage, il demanda au Cardinal la permission de l'épouser, et, témoigna ensuite par toutes ses actions qu'il le souhaitait.» «Le Cardinal, ajoute-t-elle en faisant sans doute allusion à la fameuse scène que vient de nous raconter Mme de Motteville, le Cardinal, qui savait que la Reine ne pourrait entendre sans horreur la proposition de ce mariage, et que l'exécution en eût été très hasardeuse pour lui, se voulut faire un mérite envers la Reine et envers l'État d'une chose qu'il croyait contraire à ses propres intérêts. Il déclara au Roi qu'il ne consentirait jamais à lui laisser faire une alliance si disproportionnée et que, s'il la faisait de son autorité absolue, il lui demanderait à l'heure même de se retirer hors de France.»
[81] Madame de Motteville.
[82] Mémoires de Mademoiselle de Montpensier.
[83] Mémoires de Madame de Motteville.
[84] «La Reine, dit Mme de Motteville, se confia de ce dessein dans la fidélité que le Cardinal était obligé d'avoir pour elle; ce fut à lui-même à qui elle demanda le remède de ce mal, quoiqu'il lui eût paru avoir sur ce sujet des tentations criminelles, qu'il lui eût déjà manqué en beaucoup de grandes choses, qu'il eût usurpé toute sa puissance et qu'il eût pris plaisir à l'anéantir. Mais enfin ce même cœur, qui n'était pas assez bon pour s'appliquer à servir la Reine comme il devait, ne fut pas assez méchant pour lui manquer dans ce qu'il voyait lui être le plus sensible; et on peut dire qu'il mérite de grandes louanges pour avoir, malgré la grande passion qu'il avait de dominer et d'enfermer en soi toute l'autorité de la mère et du fils, pu se résoudre à faire une chose qui s'opposait à sa grandeur, par la seule raison qu'il était de son devoir de la faire...»
[85] Mémoires de Madame de Motteville.
[86] Mémoires de Madame de Motteville.
[87] Ibidem.
[88] Ibidem.
[89] Mémoires de Mademoiselle de Montpensier.
[90] Mémoires de Madame de Motteville.
[91] Mémoires de Madame de Motteville.
[92] Ibidem.
[93] Tel est le texte donné par Mme de Motteville, qui place ces paroles au moment de cette première séparation à Paris. Mme de La Fayette met les mêmes expressions dans la bouche de Marie Mancini et au même moment.
[94] «Le Cardinal, avant que de partir pour aller régler les articles (de la paix et du mariage espagnol), ne voulut pas laisser sa nièce à la cour: il résolut de l'envoyer à Brouage; le Roi en fut aussi affligé que le peut être un amant à qui l'on ôte sa maîtresse, mais Mlle Mancini, qui ne se contentait pas des mouvements de son cœur, et qui aurait voulu qu'il eût témoigné son amour par des actions d'autorité, lui reprocha, en lui voyant répandre des larmes lorsqu'elle monta en carrosse, qu'il pleurait et qu'il était le maître: ces reproches ne l'obligèrent pas à le vouloir être; il la laissa partir quelque affligé qu'il fût, lui promettant néanmoins qu'il ne consentirait jamais au mariage d'Espagne et qu'il n'abandonnerait pas le dessein de l'épouser.» (Histoire de Madame Henriette d'Angleterre.)
L'auteur de l'opuscule Le Palais-Royal, qui figure dans l'édition de l'Histoire amoureuse des Gaules, donnée par Jannet, suppose à tort que ces paroles furent prononcées par Marie Mancini lorsqu'elle partit pour l'Italie afin d'épouser le connétable Colonna. Bayle a consacré le chapitre LXXI des Réponses aux questions d'un Provincial à démontrer que cette entrevue de Louis XIV et de Marie, au moment où elle est ainsi placée, n'est qu'une fable romanesque.
Voici une autre variante des paroles de Marie Mancini à Louis XIV qui se trouve dans le manuscrit de Conrart intitulé: Le Palais-Royal ou les amours de Madame de La Vallière: «Le Roi pleura, cria, se jeta aux pieds du Cardinal, l'appelant son père; mais enfin, il était destiné que ces deux cœurs ne s'épouseraient pas. Mlle de Mancini, voyant son amant plus mort que vif, elle ne se sentant pas mieux, lui dit fort spirituellement, montant en carrosse pour partir: «Vous m'aimez, Sire, vous pleurez, vous vous désespérez, vous êtes le Roi, et cependant je pars!»
Marie Mancini est très sobre de détails sur ce célèbre épisode de son histoire: «Voici, dit-elle, l'endroit de ma vie qui offre le plus beau champ à ma plume pour s'étendre sur le penchant favorable que Sa Majesté avait pour moi, comme le bruit en a assez couru dans le monde. Mais ma modestie ne me permet pas d'en parler, non plus que du regret que ce prince eut de mon départ et des larmes dont il l'accompagna, se retirant à Chantilly pour huit jours...»
[95] Mémoires de Madame de Motteville.
[96] «Par ce service elle se trouvait payée de la constance qu'elle avait eue à le maintenir contre les peuples, le parlement, les princes et ses ennemis particuliers.» (Mémoires de Madame de Motteville.)
[97] Voltaire, qu'il est souvent très bon d'avoir de son côté, est tout à fait de l'avis de Mme de Motteville sur les ambitieux desseins que nourrit d'abord le Cardinal au sujet de sa nièce. (Siècle de Louis XIV.)
[98] Mémoires de Madame de Motteville.
[99] Son refus de consentir au vœu du Roi «lui donnait beaucoup de gloire, le sauvait même de beaucoup de honte et des malheurs qui suivent d'ordinaire une entreprise monstrueuse et trop hardie». (Mémoires de Madame de Motteville.)
[100] 29 juin 1659. Voy. à l'Appendice.
[101] Notre-Dame de Cléry, 29 juin 1659.—Lettres de Mazarin, etc. Éd. d'Amsterdam, t. I.
[102] Apologie, etc.
[103] Le 30 juin. Ibidem. Dans cette même lettre Mazarin donnait au Roi d'intéressants détails sur son voyage: «M. le duc d'Orléans m'a envoyé Belloy à Cléry pour me convier à passer à Chambord avec grande presse. J'irai donc ce soir y souper et coucher, et demain je me rendrai à Amboise où je m'arrêterai un jour.»
[104] «J'ai reçu votre lettre ce matin à Chambord, écrivait-il au Roi, d'Amboise le 1er juillet, tout prêt à monter en carrosse pour venir à Blois, et j'ai été contraint d'amener ici le mousquetaire qu'il vous a plu dépêcher: car mes nièces étaient parties de Saint-Dié à deux heures après minuit, pour n'être pas obligées de rendre leurs respects à Madame, passant à Blois avant quatre heures. Mais comme la lettre de ma nièce et la mienne vous auront appris qu'elle se portait parfaitement bien, je me suis consolé de n'avoir pu vous redépêcher le mousquetaire avec la diligence que vous m'ordonnez. Il vous confirmera qu'elle jouit d'une parfaite santé, l'ayant vue lui-même, et vous trouverez ci-jointe sa réponse...» (Lettres de Mazarin, t. I, p. 11.)
«Il ne fit, dit Marie Mancini en parlant du Roi, que m'envoyer incessamment des courriers, dont le premier fut un mousquetaire, qui m'apporta cinq lettres de sa part, toutes fort grandes et fort tendres.» (Apologie, etc.) Nous n'avons pas besoin de faire remarquer, sur ce fait particulier, la parfaite concordance des Mémoires de Marie avec les lettres de son oncle.
[105] Lettre du 2 juillet 1659.
[106] Châtellerault, 4 juillet 1659.
[107] Armand de La Porte, fils du maréchal de La Meilleraye, qui avait succédé à son père dans la charge de grand-maître de l'artillerie, et qui, plus tard, lorsqu'il épousa Hortense Mancini, fut créé, par le Cardinal, duc de Mazarin.
[108] Mazarin au Roi: «Toutes les gazettes et autres lettres écrites de Paris disent mille sottises, desquelles il se faut moquer, tâchant de les détruire avec des actions contraires à ce que malicieusement on publie pour préjudicier à vos affaires.»
[109] Lettres de Mazarin, etc. t. I, Mazarin au Roi; Poitiers, 6 juillet 1659.
[110] 6 juillet 1659. Lettres de Mazarin, t. I.
[111] Marie Mancini.
[112] Mazarin à la Reine, Poitiers, 6 juillet. Cette lettre n'est pas datée, mais on peut lui assigner cette date par la place de son classement. Voir à l'Appendice cette lettre à sa date.
[113] Vivonne était le propre gendre de Mme de Mesmes, qui venait de révéler son intrigue à la Reine. Il avait épousé depuis peu Louise de Mesmes, très riche héritière et fille de Henri de Mesmes, seigneur de Boissy et Président au Parlement de Paris.
[114] Mémoires de Madame de Motteville.
[115] De Couhé, 6 juillet. Lettres de Mazarin, t. I. L'imprimé, par erreur, date la lettre du 16. Voy. à l'Appendice.
[116] Mme de Motteville dit que «le jeune confident fut peu après exilé par les conseils de la Reine et du ministre.»