Mercredi le roi notre sire,
A qui de longs jours je désire,
Dans Versailles traita la cour,
Et quoique ce fût un beau jour,
On n'y fit point, dit-on, de chasse;
Mais le plaisir de la ramasse,
Plus rapide que hasardeux,
Les divertit une heure ou deux.
Au mot ramasse, par un renvoi, Loret a mis en marge: Machine de nouvelle invention.
Page 330, avant-dernière et dernière lignes: Toutes les fêtes de l'hiver furent surpassées par celles que Louis XIV donna au printemps.
La description de ces fêtes se trouve dans toutes les éditions de notre grand comique. Benserade fait commencer ces fêtes le 10 mai; la lettre de Marigny, mélangée de prose et de vers, où elles sont décrites, est datée du 14 mai 1664.
CHAPITRE XXIII.
Page 334, ligne 9: Il n'a plus la faculté de brûler.
Arde per voi d'Amore.
Fuor del mio, vaga Filli,
Ogni più nobil core
Non accusi però vostra bellezza
Questo cor di rozzezza!
Che con mille beltà vaghe, leggiadre
Di mille e mille flamme al mondo note,
L'arse, et l'incenerì della madre;
E cosa incenerita arder non puote.
CHAPITRE XXIV.
Page 342, lignes 11 et 12: On lui permet d'acheter la charge de mestre de camp de la cavalerie légère.
Bussy, dans son Discours à ses Enfants, et la maréchale de Clérambault, au mari duquel Bussy acheta cette charge de mestre de cavalerie, disent qu'elle coûta 90,000 écus; et Bussy, dans ses Mémoires, dit 252,000 livres. C'était environ cinq cent mille francs de notre monnaie actuelle.
Page 350, lignes 4 et 5: Quelque épigramme comme celle que Loménie de Brienne lui attribue.
Voici cette épigramme, dont la pointe est fondée sur le surnom de Louis Dieudonné, conféré à Louis XIV lors de sa naissance:
Ce roi si grand, si fortuné,
Plus sage que César, plus vaillant qu'Alexandre,
On dit que Dieu nous l'a donné:
Hélas! s'il voulait le reprendre!
Page 353, ligne 7: Elle dit un jour à son cercle; et note 605.
Cette anecdote a été racontée par Roquette, évêque d'Autun, à Boubier lui-même.
Page 355, lignes 9 et 10: Les inscriptions et les emblèmes qui se voyaient au château de Bussy.
On sait que Bussy avait réuni dans cette galerie les portraits de toutes les femmes qu'il avait aimées. Il les avait accompagnés d'inscriptions et d'emblèmes. Sous le portrait de la marquise de Monglat on lisait: «Isabelle-Cécile Hurault de Cheverny, marquise de Monglat, qui par son inconstance a remis en honneur la matrone d'Éphèse et les femmes d'Astolfe et de Joconde.» Bussy avait fait peindre cette marquise dans le bassin d'une balance. Elle était emportée par le bassin vide, et sur le plateau où elle se trouvait on lisait: Levior aura, «plus légère que l'air». Dans un autre endroit de sa galerie il l'avait encore fait peindre avec les emblèmes et sous les attributs de la Fortune, et on lisait: Leves ambo, ambo ingratæ, «toutes deux légères, toutes deux ingrates».
CHAPITRE XXV.
Page 363, lignes 8 et 9: Cette réconciliation fut sincère de part et d'autre.
«Vous savez encore, dit-elle, notre voyage de Bourgogne, et avec quelle franchise je vous redonnai toute la part que vous aviez jamais eue dans mon amitié.»
Page 364, ligne 6: Ce dernier en eut ensuite ramassé et rejoint les morceaux.
Ce récit de Bussy-Rabutin est invraisemblable, et ne le justifie pas.
Page 367, ligne 14: A sa terre des Rochers, qu'elle s'occupait à agrandir et à embellir.
Elle acheta de nouvelles terres, fit un labyrinthe (à cette époque, à l'imitation de Versailles, on en faisait partout), et elle augmenta son parc.
SUR DIFFÉRENTS PORTRAITS QU'ON A GRAVÉS DE MADAME DE SÉVIGNÉ.
J'ai dit à la page 380 de ce volume, dans la note sur la page 14, lignes 10 et 15 de la première partie de ces Mémoires, que le portrait de madame de Sévigné inséré dans les éditions de 1818 et de 1820 était un des moins ressemblants de tous ceux qui ont été gravés. J'ai acquis depuis la certitude que ce portrait est celui d'une autre femme, qui n'avait avec la célèbre madame de Sévigné aucune ressemblance. L'erreur est ancienne: Odieuvre, dans sa collection de portraits, a donné comme portrait de madame de Sévigné la figure d'une femme peinte par Ferdinand et gravée par Schmidt; le cadre de cette peinture avait les armes de Grignan et de Sévigné, et c'est ce qui a produit l'erreur. C'est ce portrait (dont Petitot a fait une miniature) qui, gravé par Masquelier, a été inséré dans les éditions des Lettres de Sévigné, de 1818 et de 1820. Le graveur Saint-Aubin, en le transformant pour le mettre de profil, a encore plus fait ressortir les dissemblances entre cette figure et celle de madame de Sévigné, surtout relativement à la longueur du nez. Néanmoins ce portrait a été reproduit un grand nombre de fois par la gravure, comme étant celui de madame de Sévigné.
Sur environ quarante portraits gravés de madame de Sévigné, que nous avons eu occasion d'examiner, il y en a un qui est bien certainement authentique: c'est celui qui a été réduit et gravé par Édelinck, d'après une peinture au pastel de Nanteuil, exécutée d'après nature. Ce portrait, dans la gravure, a environ deux pouces et demi de hauteur; la tête, un pouce de hauteur. Il a depuis été gravé plus en grand par Delegorgue, d'après le pastel original de Nanteuil, tiré du cabinet de M. Traullé. Dans cette gravure ce portrait a trois pouces et demi de haut; mais les traits sont moins bien modelés que dans celui d'Édelinck, et l'on s'aperçoit qu'il a été fait sur un original en partie effacé par le temps. C'est ce portrait qui a été réduit, et plus ou moins altéré, dans les diverses gravures qu'on a insérées dans les nombreuses éditions de madame de Sévigné, dans les notices que l'on a écrites sur cette femme célèbre, et dans les diverses collections de personnages célèbres. Il a été habilement lithographié pour la collection de madame Delpech.
Il y a une lithographie exécutée à Rennes, qui est un portrait de femme âgée, nullement ressemblant à madame de Sévigné. Pourtant au bas de cette lithographie on lit: Marie-Rabutin Chantal, marquise de Sévigné, née en 1549, morte en 1610, dessinée et lithographiée d'après le portrait original de Mignard, qui existe au château des Rochers près Vitré. Serait-ce le portrait de l'aïeule du marquis de Sévigné, retrouvé à Vitré, qui aurait donné lieu à cet exemple curieux d'ignorance dans le pays même où madame de Sévigné habita si longtemps, et où son souvenir vit encore?
Je n'ajouterai que peu de lignes à la note précédente, réimprimée d'après la première édition de ce volume. Je donnerai seulement le résultat des recherches que j'ai faites depuis sur les portraits de madame de Sévigné, me réservant de justifier plus tard mes assertions par une dissertation spéciale sur ces portraits et sur ceux de plusieurs femmes célèbres du temps de Louis XIV. Ce sujet a de l'intérêt, non-seulement pour l'histoire de madame de Sévigné, mais pour celle des mœurs et des habitudes du siècle où elle a vécu.
Nous avons trois portraits authentiques de madame de Sévigné: celui qui a été gravé par Édelinck, et ensuite par Delegorgue, lithographié par Delpech, est le plus certain et le principal. Ce portrait est du temps de la régence d'Anne d'Autriche, et madame de Sévigné avait alors trente et un ans. Le portrait gravé et enluminé ou peint à l'aquarelle, gravé par Gatine et dessiné par Lanté, sous la direction de M. Lamésangère, d'après un original peint par Mignard, et une mignature sur vélin, est en pied; il a été fait à la même époque que le précédent; il est le même pour la tête: c'est le portrait de madame de Sévigné qui nous donne l'idée la plus fidèle de son port et de sa physionomie. Je ne parle pas des tableaux originaux d'après lesquels ces deux portraits ont été gravés; je ne les ai pas vus. C'est sur le tableau de ce portrait gravé en pied, dans lequel madame de Sévigné tient une lettre, d'une main et une plume de l'autre, que Ménage a écrit un sonnet en italien inséré dans la troisième édition de ses poésies, en 1658, page 16.
Le portrait qui est dans l'édition des Lettres de Sévigné de 1734 diffère des deux précédents; il appartient à un âge différent, lorsque madame de Sévigné avait environ quarante à quarante-cinq ans; il provient d'un tableau qu'avait Bussy-Rabutin, et que son fils l'évêque de Luçon a communiqué au chevalier Perrin, ami de madame de Simiane et éditeur des Lettres de Madame de Sévigné.
Le prétendu portrait de madame de Sévigné qui est dans la galerie de Versailles, et qui a été gravé, est la copie d'un tableau de la galerie du château d'Eu. Ce portrait est celui de la belle-fille de madame de Sévigné: c'est celui de Jeanne-Marguerite de Brehant de Mauron, marquise de Sévigné, et non pas celui de Marie de Rabutin-Chantal. Le portrait gravé par Masquelier, d'après une mignature de Petitot, et inséré dans l'édition des lettres de madame de Sévigné par M. Monmerqué, est aussi le portrait de sa belle-fille, et non le sien. Quant aux portraits gravés de madame de Grignan, il n'y a lieu à aucune rectification; ils sont tous dérivés de copies plus ou moins bien faites primitivement, d'après un seul et même original peint par Mignard.
FIN.