Pour un crime d'amour, dont je ne suis coupable

Que pour avoir le cœur trop sensible et trop doux,

Dois-je prendre un tyran sous le nom d'un époux?

Arbitres souverains de mon sort déplorable,

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Ah! consultez, de grâce, et vos yeux et vos cœurs;

Ils vous inspireront d'être mes protecteurs.

Tout ce que l'amour fait n'est-il pas légitime?

Et vous qui tempérez la sévère Thémis,

Pourrez-vous vous résoudre à châtier un crime

Que la plupart de vous voudrait avoir commis?

Ce sonnet sur madame de Courcelles fut envoyé à Bussy par le comte de L*** (Limoges?), et Bussy le trouva fort beau. (Bussy, Lettres, 3 mars 1673; t. IV, p. 38, édit. 1738.)

Je remarque qu'il y a dans ce singulier Recueil de 1698 cité dans la note, qui fut imprimé en France et non en Hollande, le Chapelain décoiffé (p. 60-63), qui n'est point attribué à Boileau dans ce livre.—Ce volume, qui porte une sphère sur le frontispice, a 164 pages, et se termine par des Centuries du style de Nostradamus, faites par monseigneur le duc et envoyées à madame de la Fayette, qui les a expliquées.

CHAPITRE VII.

Page 190, ligne dernière: Un père et une sœur.

Je transcrirai le couplet qui se trouve dans les Chansons curieuses, avec le préambule et les notes qui l'accompagnent.

Chansons historiques (1673), vol. IV, p. 61.

Sur l'air: Amants, ainsi vos chaînes.

«Chanson dans laquelle l'auteur fait parler Philippe de Coulanges, maître des requêtes, sur toute la famille.

«Cette chanson fut faite par de Guilleragues, secrétaire du cabinet du roi, lequel était à l'abbaye de Livry avec le sieur de Coulanges. Elle fut cause de la ruine de Coulanges, parce que Michel le Tellier, chancelier de France, crut que cette chanson était de lui, et qu'il s'opposa toujours à ce qu'il obtînt une intendance.» (Cela est peu vraisemblable. Ce fut l'éloignement de Coulanges pour les affaires qui l'empêcha de pouvoir obtenir aucun emploi.)

«J'aime mon beau-frère

Le comte de Sanzei [771],

J'aime ma belle-mère [772],

Mon beau-père du Gué [773],

Mon cousin de la Trousse [774],

Mon frère de la Mousse [775],

Mon oncle le Tellier [776];

Mais j'aime mieux Gautier [777]

Page 191, ligne 2: Un Virgile, non pas travaillé, mais dans toute la majesté du latin et de l'italien.

L'abbé Faydit nous a conservé un fragment de lettres de Ménage qui prouve bien que madame de Sévigné n'était pas indigne de la majesté du latin, si ce passage (extrait des Remarques sur Virgile et sur Homère, et sur le style poétique de l'Écriture sainte; Paris, 1705, in-8o, p. 168, § III) est authentique.

«M. Ménage écrivant à madame la marquise de Sévigné, en cour, pendant un carnaval où l'on se divertit beaucoup et où il y eut de grandes fêtes et quantité de bals et de mascarades, lui dit: «Ce sont des jeux et des bourdonnements d'abeilles que tous ces grands mouvements que vous vous donnez dans le carnaval. Un peu de poussière jetée sur la tête des abeilles fait cesser tous leurs combats, et les oblige de se retirer dans leurs trous. Je vous attends au mercredi des Cendres. Celles que l'on vous mettra sur la tête et sur celle de vos jeunes seigneurs feront cesser tous les divertissements de la cour, et vous ramèneront ici, selon la prophétie de Virgile, liv. IV, v. 86:

Hi motus animorum atque hæc certamina tanta
Pulveris exigui jactu compressa quiescunt.
»

Cette application des vers de Virgile au jour des Cendres se trouve dans le Ménagiana, mais sans aucune mention de madame de Sévigné ni de la lettre que lui a adressée Ménage; et cependant la Monnoye, qui a fort allongé cet article du Ménagiana, cite l'ouvrage de Faydit sans faire non plus mention du fragment de lettres. S'il ne croyait pas à son authenticité, il fallait le dire; s'il y croyait, il devait transcrire le fragment de Ménage. (Ménagiana, 3e édit., 1715, t. II, p. 308.)

Page 191, ligne 13: Dans le beau château de Montjeu.

La terre et la seigneurie de Montjeu est une ancienne baronnie, que Charlotte Jeannin, fille du célèbre Pierre Jeannin, président à mortier au parlement de Bourgogne, apporta en mariage, avec celle de Dracy et de Chailly, à Pierre de Castille, contrôleur et intendant des finances, ambassadeur en Suisse, décédé en 1629. Le fils de ce dernier, Nicolas, joignit à son nom le nom plus illustre de sa mère, et se nomma Nicolas Jeannin de Castille, et le plus souvent Jeannin. Il obtint, ainsi que je l'ai dit dans le texte, que sa baronnie serait érigée en marquisat, ce qui se fit par lettres patentes en 1655, registrées à la chambre des comptes de Dijon le 30 mars 1656. Il ne prit pas le titre de marquis de Montjeu, qui lui appartenait; son fils fut ainsi nommé, et le marquisat de Montjeu appartint au prince d'Harcourt, qui avait épousé la fille unique du fils de Jeannin. Les biens du prince d'Harcourt et de Guise sur Moselle ayant été mis en direction, la présidente d'Aligre acheta, en 1748, le marquisat de Montjeu. En 1734, lorsque Garreau publiait sa seconde édition de la Description de la Bourgogne, Montjeu appartenait encore à madame Jeannin de Castille, princesse de Guise. Il y a une vue de ce château dans le Voyage pittoresque de Bourgogne, in-fol., 1835, feuille 7, no 25.

Page 193, ligne 12: Auprès de la comtesse d'Olonne, et note 484.

Je cite deux éditions du célèbre libelle de Bussy, qui sont peu connues, que je possède, et que je n'ai pas encore eu occasion de mentionner. La première est un in-18 de 258 pages, qui offre au frontispice une gravure finement exécutée, où il a trois hommes et trois femmes sur le premier plan, et un homme et une femme sur le second plan, dont on ne voit que les têtes: en haut, sont deux Amours lançant des flèches. Au bas de cette gravure-frontispice sont écrits ces mots: Histoire amoureuse des Gaules, P. M. De Bussy Sn (Salon?) de la Bastille; mais l'intitulé de la page 1 porte: Histoire amoureuse de France. Les noms, loin d'être déguisés, sont en toutes lettres; ainsi Jeannin, qui se nomme Castillante dans les éditions ordinaires, est nommé ici Jeannin. Les Maximes d'amour et la lettre de Bussy au duc de Saint-Aignan (p. 239 et 247) s'y trouvent; le fameux Cantique est à la page 196; l'Histoire de madame de Sévigny, à la page 200; celle de madame de Monglas et de Bussy, p. 218. L'autre édition est intitulée Recueil des histoires galantes; à Cologne, chez Jean le Blanc, sans date. Ce volume in-18, carré, a 545 pages paginées, et de plus trois pages non paginées; j'en ai déjà parlé.

Je dirai, à l'occasion de ces libelles, que, dans la 3e partie de ces Mémoires, p. 9, ch. 1, on lit: «Deux femmes d'un haut rang étaient diffamées.» Il fallait ajouter en note, comme citation, Villefort, Vie de madame de Longueville; Amsterdam, 1729, in-12, t. II, p. 161, ou Paris, 1738, p. 169.

Le passage est important, et confirme par un témoignage si formel ce que nous avons dit de Bussy et de son libelle que nous allons le transcrire d'après l'édition de Hollande, où le nom du comte de Bussy-Rabutin est en toutes lettres, tandis qu'il n'y a que les initiales (C. de B. R.) dans l'édition de Paris.

«Le comte de Bussy-Rabutin, dans son ouvrage satirique contre tout ce qu'il y avait à la cour de personnes distinguées par leur mérite, avait osé s'attaquer à M. le Prince, lequel, indigné de son insolence, en témoigna publiquement sa surprise. Un gentilhomme, plein de zèle pour son maître, proposa de le venger, et fit armer tous les bas domestiques de l'hôtel de Condé, dans le dessein de se mettre à leur tête pour aller assommer Bussy. Madame de Longueville, qu'il n'avait pas plus épargnée dans son libelle, fortuitement avertie de cette conspiration, vint en hâte trouver son frère, et se jeta à ses genoux, et, les larmes aux yeux, le conjura de sauver la vie au coupable.»

Page 195, ligne 19: Son fils possédait la terre d'Alonne.

Bussy nous apprend qu'il s'était marié avec Gabrielle de Toulongeon, à la terre d'Alonne, près d'Autun, le 28 avril 1643. (Bussy, Mémoires, édit. 1721, p. 93.) Elle mourut le 26 décembre 1646: il en eut trois filles: Diane, Charlotte et Louis-Françoise. Ainsi, dans l'espace de trois ans et huit mois, il eut trois enfants de sa première femme; aussi dit-il que l'aîné n'avait que deux ans lorsqu'il perdit sa femme. (Bussy, Mémoires, t. I, p. 125, édit. d'Amsterdam, 1721.)

Page 195, ligne 22: Toulongeon.—Page 196, ligne 1: Chazeul.

Chazeul ou Chazeu fut acquis en 1641, par le comte Roger de Rabutin, de Catherine de Chissey (voyez Girault, Détails historiques, dans les Lettres inédites de madame de Sévigné, 1819, in-12, p. LIV). Garreau, dans sa 2e édition seulement, dit: «Chazeul, dans la paroisse de Laizy, seigneurie du bailliage d'Autun.»

Lors de la première édition de l'ouvrage de Garreau (Dijon, 1717, in-12, p. 320), Toulongeon appartenait encore à un Toulongeon. Lors de la 2e édition de ce livre, in-8o, 1734, p. 641, cette terre était la propriété de madame de Longhal, épouse du marquis de Dampierre.

Page 197, ligne 20: Elle n'arriva, le jour suivant, qu'à six heures du soir.

L'exactitude de ces détails résulte de la lettre même de madame de Sévigné et du mode de voyager pratiqué encore en 1833, quoiqu'il y eût déjà un bateau à vapeur. A neuf heures du soir, les patrons de la diligence (coches d'eau) appelaient les voyageurs après que les paquets, chevaux, voitures, bestiaux avaient été embarqués. Le bateau était traîné par des chevaux, et ne faisait qu'une lieue et demie à l'heure: cela était bien lent. A cette même époque de 1833, nous fîmes ce trajet avec des chevaux de poste beaucoup plus rapidement; mais madame de Sévigné voyageait avec ses chevaux, et, en suivant la marche ordinaire de onze lieues par jour, elle eût mis trois jours.

Page 198, ligne 1: Je soupai chez eux.

On voit, par la satire III de Boileau, que l'on dînait alors entre midi et une heure, immédiatement après la messe; le souper devait être de six à sept heures du soir.

J'y cours, midi sonnant, au sortir de la messe,

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Le couvert était mis dans ce lieu de plaisance...

. . . . . . . Cependant on apporte un potage.

(Satire du sieur D**, 1666, in-12, p. 20.)

Page 198, ligne 25: Il n'en est pas de même d'un monsieur M.

Une autre maison qu'on admirait alors à Lyon, bâtie sur la place de Bellecour par un architecte italien, était celle de M. Cazes.—Madame Deshoulières a adressé plusieurs pièces de vers à ce M. Cazes, avec lequel elle avait sans doute fait connaissance lorsqu'au printemps de l'année 1672, et environ six mois avant le voyage de madame de Sévigné, cette femme poëte fit un voyage à Lyon. C'est dans cette année que furent aussi imprimés ses premiers vers, dans le tome I du Mercure galant. (Voyez l'Éloge historique de madame Deshoulières, t. I, p. XIX des Œuvres, édit. 1764, in-12.) Elle se rendit dans le Forez, et ensuite en Dauphiné, et après chez la marquise de la Charce, près de la ville de Nyons, où elle séjourna trois ans. La première édition de ses poésies parut en 1668, en un vol. in-8o, chez Sébastien Cramoisy. On y trouve, p. 33, des vers adressés à mademoiselle de la Charce (Philis de la Tour du Pin de la Charce, qui combattit vaillamment, le pistolet au poing, sous les ordres de Catinat), pour la fontaine de Vaucluse. Mais les vers à M. Cazes et les réponses de celui-ci ne parurent que dans la seconde édition des Poésies de madame Deshoulières, en deux volumes, 1693, in-8o, avec un beau portrait dessiné par mademoiselle Chéron et gravé par Van Schuppen. Les vers de M. Cazes à madame Deshoulières et les réponses de celle-ci sont dans le t. II, p. 257 à 266, de cette édition. Dans une autre édition il y a une lettre de M. Cazes, datée de Bois-le-Vicomte le 24 octobre 1689, dans laquelle on dit qu'on célèbre en ce jour la fête de madame d'Hervart. Il en résulte que ce M. Cazes, qui faisait facilement des vers, a aussi connu la Fontaine, et a dû se trouver avec lui à Bois-le-Vicomte et avec le poëte Vergier. Les stances que fit madame Deshoulières après la mort de M. Cazes et qui commencent ainsi,

J'ai perdu ce que j'aime, et je respire encor

prouvent, ainsi que d'autres pièces imprimées dans la dernière édition, que la liaison de madame Deshoulières avec M. Cazes fut très-intime et de longue durée.

CHAPITRE VIII.

Page 205, note 510.

La France galante, ou Histoire amoureuse de la cour; nouvelle édition, augmentée de pièces curieuses, chez Pierre Marteau, 1695. Ce n'est pas la première édition de ce recueil impur, qu'il faut lire malgré soi.

Page 209, ligne 20: Fi! je hais les médisances.

Ce trait est joli après ce qu'elle vient de dire. Voilà un exemple de ces mots vifs et piquants, fins et imprévus, que les contemporains appelaient les épigrammes de madame de Coulanges et qui faisaient dire à l'abbé Gobelin, après avoir entendu d'elle une confession générale: «Chaque péché de cette dame est une épigramme.»

Page 210, note 523: Sévigné, Lettres (30 octobre 1672).

Grouvelle est le premier auteur des notes sur cette lettre (30 octobre 1672); du moins je n'ai point trouvé cette lettre dans les deux éditions de 1726, ni dans celles de 1734 et de 1754, publiées par le chevalier Perrin. C'est donc à tort que M. G. de S.-G. a supposé que ces notes étaient de Perrin; mais je n'ai point consulté les éditions intermédiaires entre les éditions de Perrin et leurs Suppléments et l'édition de Grouvelle. Les suppositions de cet éditeur, qui dit que le gros cousin de madame de Coulanges est Louvois, et Alcine la comtesse de Soissons, mais qui se trouve démenti formellement par la lettre où madame de Sévigné la traite de vieille Médée, ont passé comme des faits non contestés dans toutes les éditions de madame de Sévigné faites depuis Grouvelle, et ensuite dans le Recueil de Lettres de madame de Coulanges, données par Auger (Lettres de madame de Villars, Coulanges, etc.; Paris, 1805, in-12, 2e édition, t. I, p. 69), et dans l'article du maréchal de Villeroi de la Biographie universelle (t. XLI, p. 59, etc., etc.).

Page 216, ligne 2: Apparenté avec les le Tellier.

Les deux fils du duc d'Aumont, l'un, qui devint duc d'Aumont, l'aîné, était fils de la sœur de l'archevêque de Reims; l'autre fut duc d'Humières: ils étaient seulement frères de père.

Page 219, ligne 1: Dans les chansons du temps et dans les notes historiques de ces chansons.

Ce fut surtout lorsque, dans un âge avancé, la duchesse d'Aumont eut réellement tourné à la grande dévotion qu'elle se trouva le plus en butte aux traits satiriques des faiseurs de vaudevilles. Les persécutions contre les protestants et l'extrême dévotion du roi avaient animé la jeune cour et l'opinion publique contre les prêtres et contre les jésuites, et l'on cherchait à rendre suspects et à flétrir les directeurs spirituels. Voici ce qu'on trouve dans le Recueil des chansons historiques, sur la duchesse d'Aumont (1691):

Chanson historique sur Françoise-Angélique de la Mothe-Houdancourt, seconde femme de Louis-Marie, duc d'Aumont, pair de France, chevalier des ordres du roi, premier gentilhomme de sa chambre, gouverneur de Bretagne et du pays de Bolonois.

Sur l'air: Je ne saurois.

Seras-tu toujours éprise

De toutes sortes de gens?

A ton âge est-on de mise?

D'Aumont quitte tes galants.—

Je ne saurois.—

Quitte au moins les gens d'Église.—

J'en mourrois.

«La duchesse d'Aumont étoit dévote de profession; et comme elle avoit toujours eu quelque directeur en affection, qu'étant fort vive elle étoit souvent avec lui et en parloit sans cesse, on avoit toujours médit d'elle et de ses directeurs. Les deux plus fameux qu'elle eût eus jusqu'à cette présente année 1691 étoient le P. Gaillard, jésuite, qu'elle quitta pour un prêtre de l'Oratoire, appelé le P. de la Roche. Mais ce qui avoit encore, plus que tout cela, donné lieu à la médisance, c'est que Charles-Maurice le Tellier, archevêque-duc de Reims, pair de France, etc., prélat très-décrié du côté de la continence, avoit été très-longtemps amoureux d'elle. Cette passion avoit d'autant plus fait de bruit que la duchesse d'Aumont ayant aigri contre elle, quelques années auparavant, le marquis de Villequier son beau-fils, celui-ci parloit publiquement contre le commerce de sa belle-mère avec l'archevêque de Reims. Le public renchérit encore là-dessus, et n'épargna pas les directeurs; et peut-être avoit-il raison, car il faut toujours se défier des femmes, et surtout des dévotes.»

Page 219, ligne 10: Pour la marquise de Créquy, sa nièce.

Le Tellier l'archevêque défrayait sa maison, et lui laissa ses biens. Saint-Simon donne ensuite pour amant à la marquise de Créquy l'abbé d'Estrées; mais la conversion de la marquise de Créquy fut entière et de la bonne espèce, comme celle des la Vallière, des la Sablière, des comtesse de Marans et de tant d'autres femmes de ce siècle, si fécond en singuliers contrastes.

Page 220, ligne 1: Sous le nom de mademoiselle de Toucy.

La maréchale de la Mothe était la seconde fille de Louis de Brie, marquis de Toucy; de là le nom que portait sa fille aînée. (Voyez Saint-Simon, Mémoires authentiques, t. VII, p. 4.) Le duc d'Aumont était pair de France, et avait prêté serment pour la charge de premier gentilhomme de la chambre (ils étaient quatre gentilshommes de la chambre) le 11 mars 1669. Lorsque, huit mois après, en décembre 1669, il épousa mademoiselle de Toucy, âgée de dix-neuf ans, lui, né le 9 décembre 1632, avait trente-sept ans. Il avait épousé, le 21 novembre 1660, Madeleine-Fare le Tellier, morte le 22 juin 1668, dont il avait eu deux filles et deux fils.

Page 220, lignes 1 et 3: Mademoiselle de Toucy,... ainsi que le duc de Villeroi.

Villeroi, comme compagnon d'enfance du roi et à cause de sa jolie figure, jouait dans presque tous les ballets.

En 1655, il représentait avec M. de Rassant, dans le Ballet des Plaisirs, deux garçons baigneurs; et voici les vers que l'on chantait à leur entrée sur la scène:

Nous ne connaissons point l'Amour ni ses trophées,

Et sommes seulement jolis aux yeux de tous;

Mais quand nous serons grands, toutes les mieux coiffées

Pourraient bien se coiffer de nous.

Louis XIV avait dix-sept ans quand il dansa dans ce Ballet des Plaisirs. Dans la première partie, ce ballet représentait les divertissements de la campagne, et dans la seconde les divertissements de la ville; le roi figurait, dans la première entrée de la seconde partie, un débauché, et voici les vers que, tandis qu'il dansait, Vénus lui adressait:

Il n'est ni censeur ni régent

Qui ne soit assez indulgent

Aux vœux d'une jeunesse extrême,

Et, pour embellir votre cour,

Qui ne trouve excusable même

Que vous ayez un peu d'amour.

Mais d'en user comme cela,

Et de courre par ci, par là,

Sans vous arrêter à quelqu'une;

Que tout vous soit bon, tout égal,

La blonde autant comme la brune,

Ah! sire, c'est un fort grand mal.

Et cela s'imprimait pour la première fois en 1696, avec privilége du roi (alors âgé de cinquante-huit ans), et se vendait au Palais, chez Charles de Sercy, au 6e pilier de la grand'salle, vis-à-vis la montée de la cour des aydes, à la Bonne Foi couronnée. (Voyez Benserade, Œuvres, 1697, t. II, p. 130 et 138.) Les Contes de la Fontaine étaient alors proscrits par sentence de police.

En 1656, dans le ballet de Psyché, Villeroi représentait Cupidon, et madame de Bonneuil Alcine. (Benserade, p. 150 et 157.)

En 1658, dans le ballet d'Alcidiane, Villeroi était en femme, et jouait une Bergère et ensuite un Amour. (Id., p, 200 et 204.) Il avait alors quinze ans.

En 1659, dans le ballet de la Raillerie, il représentait une fille de village (p. 212); en 1661, dans le ballet des Saisons, un masque (p. 226); et cette année, dans le ballet de l'Impatience, il représentait un grand amoureux. C'est à lui que Benserade prête les plus jolis vers de cette scène (p. 235); et, dans le même ballet, Villeroi figurait dans la danse un jeune débauché. Dans les vers qu'on lui chantait, on suppose le cas où son père pourrait lui refuser de l'argent pour la satisfaction de ses plaisirs, et l'on termine ainsi:

Et comme il ne s'agit, auprès de la plus chiche,

Que de gagner son cœur pour avoir son argent,

Que vous allez devenir riche!

En 1662, dans le ballet d'Hercule amoureux, le roi et la reine dansaient; la comtesse de Soissons et mademoiselle de Toucy dansaient; Villeroi n'y figure pas. Benserade, dans les vers qu'on chantait pour la comtesse de Soissons, fait allusion à son amour avec le roi, malgré la présence de la reine dans ce ballet.

Ces aimables vainqueurs, vos yeux, ces fiers Romains,

Semblent n'en vouloir pas aux vulgaires humains,

Mais des plus élevés permettre la souffrance:

Et ces grands cheveux noirs, alors qu'ils sont épars,

Ont un air de triomphe et toute l'apparence

De savoir comme il faut enchaîner les Césars.

Et à mademoiselle de Toucy (depuis duchesse d'Aumont), qui représentait une étoile, on chantait:

Dirait-on pas que c'est l'Amour

Qui ne fait encor que de naître?

Ou l'étoile du point du jour

Qui déjà commence à paraître?

Elle n'avait alors que douze ans; elle naquit en 1650, et mourut en 1711. (Voyez Benserade, t. II, p. 258 et 279.)

Le marquis de Villeroi joua encore dans le ballet de la Naissance de Vénus, en 1665, et représentait un dieu marin et aussi Achille (p. 339 et 352). C'est dans ce ballet que mademoiselle de Sévigné (madame de Grignan) joua le rôle d'Omphale. (Voyez 2e partie de ces Mémoires, p. 333.)

Dans la Mascarade royale de 1668, le marquis de Villeroi, à côté du roi, comme lui figura le Plaisir.

Dans le dernier ballet composé par Benserade en 1681, joué en imitation de ceux de Louis XIV pour divertir le Dauphin, et qui fut non dansé par le roi, mais devant le roi, c'était une autre génération de beautés; ce n'est plus, dans ce Triomphe de l'Amour, alors le marquis de Villeroi qui représentait l'Amour, mais c'était son fils, le marquis d'Arlincourt. Je remarque que la sœur de la duchesse d'Aumont, la duchesse de la Ferté, plus jeune qu'elle, figure encore dans ce ballet. Le monarque était vieux; la muse du poëte a changé de ton et est beaucoup plus réservée. (Benserade, t. II, p. 412 et 425.)

Page 210, ligne 30, note 524: Histoire amoureuse des Gaules, 1754, in-12.

Ce recueil, qui est en cinq volumes, contient, sous le nom de Bussy, une grande partie des libelles qui ont paru à différents temps. L'éditeur n'indique pas la date de la publication de ces divers opuscules, si importants à connaître pour la critique historique; et il n'a pas connu les premières éditions ni celles qui sont les meilleures.

J'ai parlé des diverses éditions de l'Histoire amoureuse des Gaules ou de l'Histoire amoureuse de France de Bussy, par où commence le recueil de 1754. J'ai fait connaître aussi le recueil des Histoires galantes, à Cologne, chez Jean le Blanc, qui contient les ignobles scènes intitulées Comédie galante de Bussy. Dans les recueils suivants, rien n'est attribué à Bussy.

I. La France galante, ou histoires amoureuses de la cour, in-12 de 492 pages, contenant: 1o la France galante, ou histoires amoureuses de la cour; 2o les Vieilles amoureuses; 3o la France devenue italienne; 4o le Divorce royal, ou la Guerre civile dans la famille du grand Alexandre; 5o les Amours de monseigneur le Dauphin et de la comtesse du Roure.

II. Amours des dames illustres de notre siècle, 1680, in-12; à Cologne, chez Jean le Blanc, 384 pages de pagination suivie; puis, le Passe-temps royal, ou les Amours de mademoiselle de Fontanges, 71 pages; le frontispice gravé, qui est un Amour ailé, est daté de 1681. La première partie, de 384 pages, renferme: 1o Aosie, ou les Amours de M. T. P. (Montespan); 2o le Palais-Royal, ou les Amours de madame de la Vallière; 3o Histoire de l'amour feinte du roi pour Madame; 4o la Princesse, ou les Amours de Madame; 5o le Perroquet ou les Amours de Mademoiselle; 6o Junonie, ou les Amours de madame de Bagneux; 7o les Fausses Prudes, ou les Amours de madame de Brancas; 8o la Déroute, ou l'Adieu des filles de joie (il y a une édition séparée de cet opuscule; Elzév., 1667). On attribue ces libelles à Sandraz de Courtils.

Dans le même genre sont: le Tombeau des amours de Louis le Grand et ses dernières galanteries; à Cologne, chez Pierre Marteau, 1695, in-18, avec un titre gravé.—La Vie de la duchesse de la Vallière, par ***; à Cologne, chez Jean de la Vérité, 1695, in-12, 321 pages.—La Chasse au loup de monseigneur le Dauphin; à Cologne, chez Pierre Marteau, 1695, in-12, avec un frontispice gravé; 312 pages in-12.

J'ai un recueil en deux volumes in-12, avec des gravures assez bien exécutées, intitulé la France galante, ou Histoire amoureuse de la cour sous le règne de Louis XIV; à Cologne, chez Pierre Marteau (sans date); mais un joli frontispice, gravé par P. Yvert, donne la date de 1736. Ce recueil est en partie la traduction de ceux dont on vient de donner les titres.

Le tome 1er, qui a 366 pages, renferme: 1o la France galante, ou Histoire amoureuse de la cour; 2o Suite de la France galante, ou les Derniers déréglements de la cour; 3o les Vieilles amoureuses.

Le tome II a 472 pages, et renferme: 1o le Perroquet, ou les Amours de Mademoiselle; 2o Junonie, ou les Amours de madame de Bagneux; 3o les Fausses Prudes, ou les Amours de madame de Brancas et autres dames de la cour; 4o la Déroute et l'Adieu des filles de joie; 5o le Passe-temps royal, ou les Amours de madame de Fontanges; 6o les Amours de madame de Maintenon, sur de nouveaux mémoires très-curieux; 7o les Amours de monseigneur le Dauphin avec la comtesse du Roure.

On est surpris de ne pas trouver dans aucun de ces recueils le curieux libelle de Sandraz de Courtils, intitulé les Conquestes amoureuses du grand Alcandre dans les Pays-Bas, avec les intrigues de la cour; Cologne, chez Pierre Bernard, 1685, in-12 de 144 pages.

CHAPITRE IX.

Page 254, note 591: Sévigné, Lettres (Lambesc, le mardi 20 décembre à dix heures du matin).

La date de cette lettre est certaine, car elle s'accorde avec l'extrait manuscrit des délibérations de l'assemblée des communautés, qui commencèrent le 17; mais on s'aperçoit en lisant les quatre lettres qui précèdent celle-ci qu'elles ont besoin d'être replacées dans leur ordre, et qu'il est nécessaire de rétablir leur date. Aix étant sur le chemin de Lambesc à Marseille, il était naturel de supposer que la date du 11 décembre devait être convertie en celle du 21; mais deux considérations démontrent que cette lettre est bien datée du 11 décembre, qui, en l'année 1672, tombe un dimanche. C'est dans ce jour que madame de Sévigné, lorsqu'elle était à Livry, avait coutume d'aller à Pomponne rendre visite à Arnauld d'Andilly, ce qui explique les premiers mots de la lettre. En outre, ces mots, «Vous seriez bien étonné si j'allais devenir bonne à Aix; je m'y sens quelquefois portée par esprit de contradiction,» indiquent un séjour de près d'une semaine, ou plus, à Aix avant la tenue de l'assemblée, en compagnie avec M. de Grignan. D'ailleurs, si cette lettre avait été écrite en passant à Aix pour aller à Marseille, elle devrait être datée du mardi 20, puisqu'il résulte de ce qui est dit dans la lettre datée de Marseille le mercredi que madame de Sévigné et M. de Grignan reçurent à Marseille des visites aussitôt leur arrivée, le mardi soir (t. III, p. 124 et 125, 5e édit. G.). Une autre preuve du séjour, pendant une semaine ou deux, de madame de Sévigné à Aix avant la tenue des assemblées, résulte de ces mots contenus dans une lettre que lui adresse madame de la Fayette, en lui demandant de faire remettre une lettre à la duchesse de Northumberland, lettre datée du 30 décembre: «Je vous supplie donc, comme vous n'êtes plus à Aix...» (t. III, p. 137, édit. G.). Donc madame de Sévigné était restée quelque temps à Aix, et ce séjour ne peut trouver sa place qu'avant l'ouverture de l'assemblée. Madame de la Fayette savait qu'au 30 décembre madame de Sévigné était retournée à Grignan. D'après ces observations, les lettres se classent de la manière suivante:

1o Lettre du dimanche 11 décembre, à Arnauld d'Andilly (d'Aix), t. III, p. 129, édit. G.;

2o Lettre du mardi 20 décembre (de Lambesc), t. III, p. 121, édit. G.;

3o — du mercredi 21 décembre (de Marseille), t. III, p. 124, id.;

4o — du jeudi 22 déc., à midi (de Marseille), t. III, p. 126, id.;

5o — du jeudi 22 déc., à minuit (de Marseille), t. III, p. 128, id.

Page 259, ligne 23: J'ai bien envie de la faire voir à madame du Plessis.

Madame de Sévigné a connu plusieurs dames du Plessis. D'abord madame du Plessis-Bellière, la courageuse amie de Fouquet, la belle-mère du maréchal de Créqui, Susanne de Buc; mais ce n'est point de celle-là qu'il est ici question. Ce ne peut être non plus la comtesse du Plessis, dont madame de la Fayette parle dans cette même lettre, puisqu'elle les distingue non-seulement dans cette lettre, mais dans celle du 19 mai 1673; celle-ci était Marie-Louise le Loup de Bellenave, veuve d'Alexandre de Choiseul, comte du Plessis, tué au siége d'Arnheim en juin 1672, à l'âge de trente-huit ans. (Sévigné, Lettres [20 juin 1672], t. III, p. 71; Saint-Simon, Mémoires complets et authentiques, t. III, p. 332.) Ce Choiseul, comte du Plessis, était fils de César, duc de Choiseul, maréchal de France; il était cousin de la femme de Bussy, et il y a plusieurs lettres de lui et de sa femme dans le Recueil des lettres de Bussy (t. V, p. 157, 162, 131 et 230; t. III, p. 196); il mourut trois ans avant son père, et laissa un fils unique, qui devint duc et pair et fut tué devant Luxembourg sans avoir contracté d'alliance. La veuve du comte du Plessis devint amoureuse de Clérembault, l'écuyer de Madame, et l'épousa; elle n'avait cependant que trente ans, et lui en avait cinquante. (Suite des Mémoires de Bussy, p. 25, mss. de l'Institut.) Madame du Plessis que nous cherchons n'est pas madame du Plessis-Guénégaud retirée du monde et faisant son séjour à Moulins. La madame du Plessis de cette lettre du 30 décembre 1672 et du 19 mai 1673 est donc madame du Plessis-d'Argentré, la mère de cette demoiselle du Plessis qui aimait tant madame de Sévigné, dont elle était la bête noire par ses ridicules et ses importunités. Madame de Sévigné écrivit à cette madame du Plessis lorsqu'elle était en Provence; et madame de la Fayette lui mande, le 19 mai 1673: «Madame du Plessis est si charmée de votre lettre qu'elle me l'a envoyée; elle est enfin partie pour la Bretagne.» Madame de la Fayette, malgré sa paresse, correspondait avec madame du Plessis, comme on le voit par ce passage d'une de ses lettres à madame de Sévigné: «J'ai mandé à madame du Plessis que vous m'aviez écrit des merveilles de son fils.» Ainsi, madame du Plessis avait un fils en Provence, ce qui explique ses relations avec l'évêque de Marseille, et pourquoi madame de la Fayette voulait lui montrer la lettre de madame de Sévigné. Je crois que madame du Plessis était pour madame de la Fayette une connaissance de sa jeunesse, lorsque, étant demoiselle de la Vergne, elle passait une partie de la belle saison à Champiré, dans la terre de son beau-père Renaud de Sévigné. Madame du Plessis-d'Argentré mourut en avril ou mai 1680. (Voyez Sévigné, lettre du 6 mai 1680, t. VI, p. 474, édit. G.; t. VI, p. 255, édit. M.)

CHAPITRE X.

Page 268, ligne 9: Louis la dota de la terre d'Aubigny-sur-Nière.

Cette terre était en Berry, actuellement dans le département du Cher; le village est chef-lieu de canton dans l'arrondissement de Sancerre, et la forêt, qui en formait probablement la principale partie, a trois lieues de long sur une lieue de large. C'est un apanage du duc de Richmond, et la mort du duc de Richmond, sans enfant mâle, avait fait retourner cette terre à la couronne de France. Le fils aîné de la duchesse de Portsmouth devint ainsi la tige des nouveaux ducs de Richmond.

Je crois devoir donner ici une lettre de Louis XIV, assez importante, que M. de Cherrier, le savant historien de la maison de Souabe, a lui-même transcrite sur l'autographe qui est en la possession de la famille de Trogoff.

Lettre de Louis XIV à M. de Kérouet (sic), pour essayer de lui faire retirer sa malédiction donnée à sa fille mademoiselle de Kérouet, nommée duchesse de Portsmouth et reconnue maîtresse du roi Charles II.—(M. de Kérouet était frère du grand-père de madame de Trogoff.)

«Mon féal et cher sujet, les services importants que la duchesse de Portsmouth a rendus à la France m'ont décidé à la créer pairesse, sous le titre de duchesse d'Aubigny, pour elle et toute sa descendance.

«J'espère que vous ne serez pas plus sévère que votre roi, et que vous retirerez la malédiction que vous avez cru devoir faire peser sur votre malheureuse fille. Je vous en prie en ami, mon féal sujet, et vous le demande en roi.

«Louis.»

Page 268, ligne 17: Selon les exigences de sa dévotion.

Le 29 décembre 1672 (c'était un jeudi), Louis XIV, dans sa lettre datée de Compiègne, écrit à Louvois: «Je ne partirai que dimanche (c'était le 1er janvier 1673), la reine m'ayant prié d'attendre ce jour-là pour qu'elle fît ses dévotions avant de partir. Je serai mardi à Saint-Germain.» Puis, à la fin de la lettre, il dit: «Depuis ma lettre écrite, j'ai résolu de partir samedi pour arriver lundi à Saint-Germain, la reine ayant changé de sentiment depuis ce que je vous ai marqué ci-dessus.»

Le 23 avril (c'était un dimanche), Louis XIV alla, ainsi que la reine, rendre visite à l'abbesse de Montmartre, et retourna en chassant jusqu'à Saint-Germain par la plaine Saint-Denis. (Gazette, 1673; Paris, in-4o, 1674, p. 388.)

Page 272, ligne 3: Madame de la Fayette ridiculisait M. de Mecklenbourg.

Je présume que ce M. de Mecklenbourg, dont il est fait mention dans cette lettre de madame de la Fayette, est le même personnage qu'on trouve mentionné dans la Gazette du 13 juillet, p. 691, dans ce curieux article:

«Paris, 13 juillet 1673.

«La duchesse de Mecklenbourg est arrivée à Paris, et est logée à l'hôtel Longueville. Le duc l'a vue pour la première fois chez la duchesse de Longueville, en son logement des Carmélites au faubourg Saint-Jacques, où ils eurent, en présence de cette princesse, une conversation de laquelle ils furent tous deux fort satisfaits.»

Dans les deux éditions de la Vie de madame de Longueville et ailleurs, j'ai en vain cherché sur ce fait des éclaircissements qui, sans aucun doute, donneraient lieu à d'intéressants détails sur les mœurs de cette époque.

Page 272, ligne 17: Grand joueur, dissipateur, galant et spirituel, de Tott....

L'abbé de Choisy (Mémoires, t. LXIII, p. 268) l'accuse d'avoir dépensé et mangé pour son compte personnel les premiers payements des six cent mille écus du subside annuel que la France s'était engagée à payer à la Suède. M. Mignet, dans son Analyse des documents des Négociations relatives à la succession d'Espagne, t. IV, p. 140, dit que Louis XIV fit payer au comte de Tott cent mille écus sur le subside dû à la Suède.

Page 279, ligne 21: Le père du marquis d'Ambres, colonel au régiment de Champagne.

Les colonels qui précédèrent le marquis d'Ambres dans le commandement du régiment de Champagne furent deux Grignan, Gaucher de Grignan en 1656 et le comte de Grignan en 1654.

Page 280, ligne 6: il refusa net le titre de monseigneur au maréchal d'Albret.

Saint-Simon n'a pas connu les lettres de madame de Sévigné, et était fort mal instruit des détails de cette affaire lorsqu'il dit que d'Ambres s'est retiré du service pour avoir refusé le monseigneur au ministre Louvois.

Page 287, ligne 7: Aussi transi que la Fare.

Madame de la Fayette fait ici allusion aux soins passionnés que la Fare rendait alors à la marquise de Rochefort, qui fut peu après madame la maréchale de Rochefort. La Fare lui-même avoue qu'il y avait plus de coquetterie de sa part et de la sienne que de véritable attachement; et il ajoute que cela lui attira l'inimitié de Louvois, qui, lorsque cette dame devint veuve, fut son consolateur. Une faute de copiste, qui est dans la notice sur la Fare par M. Monmerqué, attribue à tort cette lettre du 19 mai 1673 à madame de Sévigné, tandis que c'est une lettre qui lui est adressée par madame de la Fayette. L'amour de la Fare pour madame de la Sablière fut tout autre que pour la marquise de Rochefort. La Fare ne fait pas difficulté d'avouer qu'il fut éperdument amoureux de madame de la Sablière. (La Fare, Mémoires, t. LXV, p. 184.)

Page 291, ligne 12: «Pulchérie n'a point réussi.»

L'auteur de l'Histoire de la Vie et des Ouvrages de Corneille, Paris, 1829, in-8o, p. 239, attribue ces mots, «Pulchérie n'a point réussi,» à madame de Sévigné, ne faisant point attention que la lettre qui les contient lui est adressée, mais n'est pas d'elle.

Page 291, ligne 20: La main qui crayonna, etc.

Ces vers sont de Corneille, dans son Remercîment à Fouquet.

Page 292, ligne 11: Tandis que Racine avait affadi.

A une telle assertion il faut des preuves. Je me bornerai à une simple citation, et le lecteur en jugera.

Dans Corneille, Pulchérie, impératrice d'Orient, ouvre la scène avec Léon son amant par une déclaration d'amour: