Tableau des combinaisons du Tungstène oxygéné, ou Acide tungstique avec les bases salifiables.

  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide tungstique avec: La chaux. Tungstate de chaux.
La baryte. Tungstate de baryte.
La magnésie. Tungstate de magnésie.
La potasse. Tungstate de potasse.
La soude. Tungstate de soude.
L'ammoniaque Tungstate d'ammoniaque.
L'alumine. Tungstate d'alumine.
L'oxide d'antimoine. Tungstate d'antimoine.
L'oxide d'argent. Tungstate d'argent.
L'oxide d'arsenic. Tungstate d'arsenic.
L'oxide de bismuth. Tungstate de bismuth.
L'oxide de cobalt. Tungstate de cobalt.
L'oxide de cuivre. Tungstate de cuivre.
L'oxide d'étain. Tungstate d'étain.
L'oxide de fer. Tungstate de fer.
L'oxide de manganèse. Tungstate de manganèse.
L'oxide de mercure. Tungstate de mercure.
L'oxide de molybdène. Tungstate de molybdène.
L'oxide de nickel. Tungstate de nickel.
L'oxide d'or. Tungstate d'or.
L'oxide de platine. Tungstate de platine.
L'oxide de plomb. Tungstate de plomb.
L'oxide de zinc. Tungstate de zinc.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide tungstique, & sur le Tableau de ses combinaisons.

On donne le nom de tungstène à un métal particulier dont la mine a été souvent confondue avec celles d'étain; dont la cristallisation a du rapport avec celle des grenats; dont la pesanteur spécifique excède 6000, celle de l'eau étant supposée 1000; enfin qui varie du blanc perlé au rougeâtre & au jaune. On le trouve en plusieurs endroits de la Saxe & en Bohême.

Le volfram est aussi une véritable mine de tungstène, qui se rencontre fréquemment dans les mines de Cornouailles.

Le métal qui porte le nom de tungstène, est dans l'état d'oxide dans ces deux espèces de mines. Il paroîtroit même qu'il est porté, dans la mine de tungstène, au-delà de l'état d'oxide; qu'il y fait fonction d'acide: il y est uni à la chaux.

Pour obtenir cet acide libre, on mêle une partie de mine de tungstène avec quatre parties de carbonate de potasse, & on fait fondre le mêlange dans un creuset. Lorsque la matière est refroidie, on la met en poudre & on verse dessus douze parties d'eau bouillante; puis on ajoute de l'acide nitrique qui s'unit à la potasse avec laquelle il a plus d'affinité, & en dégage l'acide tungstique: cet acide se précipite aussitôt sous forme concrète. On peut y repasser de l'acide nitrique qu'on évapore à siccité, & continuer ainsi jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs rouges; on est assuré pour lors qu'il est complètement oxygéné. Si on veut obtenir l'acide tungstique pur, il faut opérer la fusion de la mine avec le carbonate de potasse dans un creuset de platine; autrement la terre du creuset se mêleroit avec les produits, & altéreroit la pureté de l'acide.

Les affinités de l'acide tungstique avec les oxides métalliques ne sont point déterminées, & c'est pour cette raison qu'on les a rangées par ordre alphabétique; à l'égard des autres substances salifiables, on les a rangées dans l'ordre de leur affinité avec l'acide tungstique. Toute cette classe de sels n'avoit été ni connue ni nommée par les anciens.

Tableau des combinaisons du Radical tartareux oxygéné, ou Acide tartareux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.

  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres.
Nomenclature nouvelle.
Combinaisons de l'acide tartareux avec: La chaux. Tartrite de chaux.
La baryte. Tartrite de baryte.
La magnésie. Tartrite de magnésie.
La potasse. Tartrite de potasse.
La soude. Tartrite de soude.
L'ammoniaque. Tartrite d'ammoniaque.
L'alumine. Tartrite d'alumine.
L'oxide de zinc. Tartrite de zinc.
L'oxide de fer. Tartrite de fer.
L'oxide de manganèse. Tartrite de manganèse.
L'oxide de cobalt. Tartrite de cobalt.
L'oxide de nickel. Tartrite de nickel.
L'oxide de plomb. Tartrite de plomb.
L'oxide d'étain. Tartrite d'étain.
L'oxide de cuivre. Tartrite de cuivre.
L'oxide de bismuth. Tartrite de bismuth.
L'oxide d'antimoine. Tartrite d'antimoine.
L'oxide d'arsenic. Tartrite d'arsenic.
L'oxide d'argent. Tartrite d'argent.
L'oxide de mercure. Tartrite de mercure.
L'oxide d'or. Tartrite d'or.
L'oxide de platine. Tartrite de platine.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons.

Tout le monde connoît le tartre qui s'attache autour des tonneaux dans lesquels la fermentation du vin s'est achevée. Ce sel est composé d'un acide particulier sui generis, combiné avec la potasse, mais de manière que l'acide est dans un excès considérable.

C'est encore M. Schéele qui a enseigné aux Chimistes le moyen d'obtenir l'acide tartareux pur. Il a observé d'abord que cet acide avoit plus d'affinité avec la chaux qu'avec la potasse; il prescrit en conséquence de commencer par dissoudre du tartre purifié dans de l'eau bouillante, & d'y ajouter de la chaux jusqu'à ce que tout l'acide soit saturé. Le tartrite de chaux qui se forme, est un sel presqu'insoluble qui tombe au fond de la liqueur, sur-tout quand elle est refroidie; on l'en sépare par décantation, on le lave avec de l'eau froide & on le sèche; après quoi on verse dessus de l'acide sulfurique étendu de 8 à 9 fois son poids d'eau, on fait digérer pendant douze heures, à une chaleur douce, en observant de remuer de tems en tems: l'acide sulfurique s'empare de la chaux, forme du sulfate de chaux, & l'acide tartareux se trouve libre. Il se dégage pendant cette digestion une petite quantité de gaz qui n'a pas été examiné. Au bout de douze heures on décante la liqueur, on lave le sulfate de chaux avec de l'eau froide pour emporter les portions d'acide tartareux dont il est imprégné; on réunit tous les lavages à la première liqueur, on filtre, on évapore & on obtient l'acide tartareux concret. Deux livres de tartre purifié, donnent environ onze onces d'acide. La quantité d'acide sulfurique nécessaire pour cette quantité de tartre, est de 8 à 10 onces d'acide concentré qu'on étend, comme je viens de le dire, de 8 à 9 parties d'eau.

Comme le radical combustible est en excès dans cet acide, nous lui avons conservé la terminaison en eux, & nous avons nommé tartrites le résultat de sa combinaison avec les substances salifiables.

La base de l'acide tartareux est le radical carbone-hydreux ou hydro-carboneux, & il paroît qu'il y est moins oxygéné que dans l'acide oxalique. Les expériences de M. Hassenfratz paroissent prouver que l'azote entre aussi dans la combinaison de ce radical, même en assez grande quantité. En oxygénant l'acide tartareux, on le convertit en acide oxalique, en acide malique & en acide acéteux: mais il est probable que la proportion de l'hydrogène & du carbone change dans ces conversions, & que la différence du degré d'oxygénation n'est pas la seule cause qui constitue la différence de ces acides.

L'acide tartareux, en se combinant avec les alkalis fixes, est susceptible de deux degrés de saturation: le premier constitue un sel avec excès d'acide, nommé très-improprement crême de tartre, & que nous avons nommé tartrite acidule de potasse. La même combinaison donne par un second degré de saturation un sel parfaitement neutre, que nous nommons simplement tartrite de potasse, & qui est connu en pharmacie sous le nom de sel végétal. Le même acide combiné avec la soude jusqu'à saturation, donne un tartrite de soude connu sous le nom de sel de seignette, ou de sel polycreste de la Rochelle.

Tableau des combinaisons du Radical malique oxygéné, ou Acide malique avec les bases salifiables par ordre alphabétique.

  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres.
Nomenclature nouvelle.
Combinaisons de l'acide malique avec: L'alumine. Malate d'alumine.
L'ammoniaque. Malate d'ammoniaque.
L'oxide d'antimoine. Malate d'antimoine.
L'oxide d'argent. Malate d'argent.
L'oxide d'arsenic. Malate d'arsenic.
La baryte. Malate de baryte.
L'oxide de bismuth. Malate de bismuth.
La chaux. Malate de chaux.
L'oxide de cobalt. Malate de cobalt.
L'oxide de cuivre. Malate de cuivre.
L'oxide d'étain. Malate d'étain.
L'oxide de fer. Malate de fer.
La magnésie. Malate de magnésie.
L'oxide de manganèse. Malate de manganèse.
L'oxide de mercure. Malate de mercure.
L'oxide de nickel. Malate de nickel.
L'oxide d'or. Malate d'or.
L'oxide de platine. Malate de platine.
L'oxide de plomb. Malate de plomb.
La potasse. Malate de potasse.
La soude. Malate de soude.
L'oxide de zinc. Malate de zinc.

Nota. Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide malique, & sur le Tableau de ses combinaisons.

L'Acide malique se trouve tout formé dans le jus des pommes acides, mûres ou non mûres, & d'un grand nombre d'autres fruits. Pour l'obtenir, on commence par saturer le jus de pommes avec de la potasse ou de la soude. On verse ensuite sur la liqueur saturée, de l'acétite de plomb dissoute dans l'eau. Il se fait un échange de bases; l'acide malique se combine avec le plomb, & se précipite. On lave bien ce précipité, ou plutôt ce sel qui est à-peu-près insoluble; après quoi on y verse de l'acide sulfurique affoibli qui chasse l'acide malique, s'empare du plomb, forme avec lui un sulfate qui est de même très-peu soluble & qu'on sépare par filtration; il reste l'acide malique libre & en liqueur. Cet acide se trouve mêlé avec l'acide citrique & avec l'acide tartareux dans un grand nombre de fruits: il tient à-peu-près le milieu entre l'acide oxalique & l'acide acéteux; & c'est ce qui a porté M. Hermbstadt à lui donner le nom de vinaigre imparfait. Il est plus oxygéné que l'acide oxalique, mais il l'est moins que l'acide acéteux. Il differe aussi de ce dernier par la nature de son radical, qui contient un peu plus de carbone & un peu moins d'hydrogène. On peut le former artificiellement, en traitant du sucre avec de l'acide nitrique. Si on s'est servi d'un acide étendu d'eau, il ne se forme point de cristaux d'acide oxalique; mais la liqueur contient réellement deux acides, savoir l'acide oxalique, l'acide malique, & probablement même un peu d'acide tartareux. Pour s'en assurer, il ne s'agit que de verser de l'eau de chaux sur la liqueur; il se forme du tartrite & de l'oxalate de chaux, qui se déposent au fond comme insolubles; il se forme en même tems du malate de chaux qui reste en dissolution. Pour avoir l'acide pur & libre, on décompose le malate de chaux par l'acétite de plomb, & on enlève le plomb à l'acide malique par l'acide sulfurique, de la même manière que quand on opère directement sur le jus des pommes.

Tableau des combinaisons du Radical citrique oxygéné, ou Acide citrique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide *.

  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres. Observation.
Combinaisons de l'acide citrique avec: La baryte. Citrate de baryte. Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens chimistes.
La chaux. Citrate de chaux.
La magnésie. Citrate de magnésie.
La potasse. Citrate de potasse.
La soude. Citrate de soude.
L'ammoniaque. Citrate d'ammoniaque.
L'oxide de zinc. Citrate de zinc.
L'oxide de manganèse. Citrate de manganèse.
L'oxide de fer. Citrate de fer.
L'oxide de plomb. Citrate de plomb.
L'oxide de cobalt. Citrate de cobalt.
L'oxide de cuivre. Citrate de cuivre.
L'oxide d'arsenic. Citrate d'arsenic.
L'oxide de mercure. Citrate de mercure.
L'oxide d'antimoine. Citrate d'antimoine.
L'oxide d'argent. Citrate d'argent.
L'oxide d'or. Citrate d'or.
L'oxide de platine. Citrate de platine.
L'alumine. Citrate d'alumine.

* Les affinités de cet acide ont été déterminées par M. Bergman & par M. de Breney, de l'Académie de Dijon.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide citrique, & sur le Tableau de ses combinaisons.

On donne le nom de citrique à l'acide en liqueur qu'on retire par expression du citron; on le rencontre dans plusieurs autres fruits mêlé avec l'acide malique. Pour l'obtenir pur & concentré, on lui laisse déposer sa partie muqueuse par un long repos dans un lieu frais, tel que la cave, ensuite on le concentre par un froid de 4 ou 5 degrés au-dessous de zéro du thermomètre de Réaumur: l'eau se gèle & l'acide reste en liqueur. On peut ainsi le réduire à un huitième de son volume. Un trop grand degré de froid nuiroit au succès de l'opération, parce que l'acide se trouveroit engagé dans la glace, & qu'on auroit de la peine à l'en séparer. Cette préparation de l'acide citrique est de M. Georgius. On peut l'obtenir d'une manière plus simple encore, en saturant du jus de citron avec de la chaux. Il se forme un citrate calcaire qui est indissoluble dans l'eau; on lave ce sel, & on verse dessus de l'acide sulfurique, qui s'empare de la chaux & qui forme du sulfate de chaux, sel presque insoluble. L'acide citrique reste libre dans la liqueur.

Tableau des combinaisons du Radical pyro-ligneux oxygéné, ou Acide pyro-ligneux avec des bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.

  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide pyro-ligneux avec: La chaux. Pyro-lignite de chaux.
La baryte. Pyro-lignite de baryte.
La potasse. Pyro-lignite de potasse.
La soude. Pyro-lignite de soude.
La magnésie. Pyro-lignite de magnésie.
L'ammoniaque. Pyro-lignite d'ammoniaque.
L'oxide de zinc. Pyro-lignite de zinc.
L'oxide de manganèse. Pyro-lignite de manganèse.
L'oxide de fer. Pyro-lignite de fer.
L'oxide de plomb. Pyro-lignite de plomb.
L'oxide d'étain. Pyro-lignite d'étain.
L'oxide de cobalt. Pyro-lignite de cobalt.
L'oxide de cuivre. Pyro-lignite de cuivre.
L'oxide de nickel. Pyro-lignite de nickel.
L'oxide d'arsenic. Pyro-lignite d'arsenic.
L'oxide de bismuth. Pyro-lignite de bismuth.
L'oxide de mercure. Pyro-lignite de mercure.
L'oxide d'antimoine. Pyro-lignite d'antimoine.
L'oxide d'argent. Pyro-lignite d'argent.
L'oxide d'or. Pyro-lignite d'or.
L'oxide de platine. Pyro-lignite de platine.
L'alumine. Pyro-lignite d'alumine.

Nota. Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens Chimistes.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide pyro-ligneux, & sur le Tableau de ses combinaisons.

Les anciens Chimistes avoient observé que la plupart des bois, & sur-tout ceux qui sont lourds & compactes, donnoient par la distillation à feu nud un esprit acide d'une nature particulière; mais personne, avant M. Goettling, ne s'étoit occupé d'en rechercher la nature. Le travail qu'il a donné sur ce sujet, se trouve dans le Journal de Crell, année 1779. L'acide pyro-ligneux qu'on obtient par la distillation du bois à feu nud, est de couleur brune; il est très-chargé d'huile & de charbon; pour l'obtenir plus pur, on le rectifie par une seconde distillation. Il paroît qu'il est à peu près le même, de quelque bois qu'il ait été tiré. M. de Morveau & M. Eloi Boursier de Clervaux se sont attachés à déterminer les affinités de cet acide avec les différentes bases salifiables; & c'est dans l'ordre qu'ils leur ont assigné, qu'on les présente ici. Le radical de cet acide est principalement formé d'hydrogène & de carbone.

Tableau des combinaisons du Radical pyro-tartareux oxygéné, ou Acide pyro-tartareux avec les différentes bases salifiables dans l'ordre de leur affinité avec cet acide *.

  Noms des bases. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide pyro-tartareux avec: La potasse. Pyro-tartrite de potasse.
La soude. Pyro-tartrite de soude.
La baryte . Pyro-tartrite de baryte.
La chaux. Pyro-tartrite de chaux.
La magnésie. Pyro-tartrite de magnésie.
L'ammoniaque. Pyro-tartrite d'ammoniaque.
L'alumine. Pyro-tartrite d'alumine.
L'oxide de zinc. Pyro-tartrite de zinc.
L'oxide de manganèse. Pyro-tartrite de manganèse.
L'oxide de fer. Pyro-tartrite de fer.
L'oxide de plomb. Pyro-tartrite de plomb.
L'oxide d'étain. Pyro-tartrite d'étain.
L'oxide de cobalt. Pyro-tartrite de cobalt.
L'oxide de cuivre. Pyro-tartrite de cuivre.
L'oxide de nickel. Pyro-tartrite de nickel.
L'oxide d'arsenic. Pyro-tartrite d'arsenic.
L'oxide de bismuth. Pyro-tartrite de bismuth.
L'oxide de mercure. Pyro-tartrite de mercure.
L'oxide d'antimoine. Pyro-tartrite d'antimoine.
L'oxide d'argent. Pyro-tartrite d'argent.

Nota. Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens Chimistes.

* On ne connoît pas encore les affinités de cet acide: mais comme il a beaucoup de rapport avec l'acide pyro-muqueux, on les a supposées les mêmes.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide pyro-tartareux, & sur le Tableau de ses combinaisons.

On donne le nom de pyro-tartareux à un acide empyreumatique peu concentré qu'on retire du tartre purifié par voie de distillation. Pour l'obtenir, on remplit à moitié de tartrite acidule de potasse ou tartre en poudre, une cornue de verre; on y adapte un récipient tubulé auquel on ajoute un tube qui s'engage sous une cloche dans l'appareil pneumato-chimique. En graduant le feu, on obtient une liqueur acide empyreumatique mêlée avec de l'huile: on sépare ces deux produits au moyen d'un entonnoir, & c'est la liqueur acide qu'on a nommée acide pyro-tartareux. Il se dégage dans cette distillation une prodigieuse quantité de gaz acide carbonique. L'acide pyro-tartareux qu'on obtient, n'est pas parfaitement pur; il contient toujours de l'huile qu'il seroit à souhaiter qu'on en pût séparer. Quelques auteurs ont conseillé de le rectifier; mais les Académiciens de Dijon ont constaté que cette opération étoit dangereuse, & qu'il y avoit explosion.

Tableau des combinaisons du Radical pyro-muqueux oxygéné, ou Acide pyro-muqueux avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.

  Noms des bases. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide pyro-muqueux avec: La potasse. Pyro-mucite de potasse.
La soude. Pyro-mucite de soude.
La baryte. Pyro-mucite de baryte.
La chaux. Pyro-mucite de chaux.
La magnésie. Pyro-mucite de magnésie.
L'ammoniaque. Pyro-mucite d'ammoniaque.
L'alumine. Pyro-mucite d'alumine.
L'oxide de zinc. Pyro-mucite de zinc.
L'oxide de manganèse. Pyro-mucite de manganèse.
L'oxide de fer. Pyro-mucite de fer.
L'oxide de plomb. Pyro-mucite de plomb.
L'oxide d'étain. Pyro-mucite d'étain.
L'oxide de cobalt. Pyro-mucite de cobalt.
L'oxide de cuivre. Pyro-mucite de cuivre.
L'oxide de nickel. Pyro-mucite de nickel.
L'oxide d'arsenic. Pyro-mucite d'arsenic.
L'oxide de bismuth. Pyro-mucite de bismuth.
L'oxide d'antimoine. Pyro-mucite d'antimoine.

Nota. Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens Chimistes.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide pyro-muqueux, & sur le Tableau de ses combinaisons.

On retire l'acide pyro-muqueux du sucre & de tous les corps sucrés par la distillation à feu nud. Comme ces substances se boursouflent considérablement au feu, on doit laisser vuides les sept huitièmes de la cornue. Cet acide est d'un jaune qui tire sur le rouge: on l'obtient moins coloré en le rectifiant par une seconde distillation. Il est principalement composé d'eau & d'une petite portion d'huile légèrement oxygénée. Quand il en tombe sur les mains, il les tache en jaune, & ces taches ne s'en vont qu'avec l'épiderme. La manière la plus simple de le concentrer, est de l'exposer à la gelée ou bien à un froid artificiel: si on l'oxygène par l'acide nitrique, on le convertit en partie en acide oxalique & en acide malique.

C'est mal à-propos qu'on a prétendu qu'il se dégage beaucoup de gaz pendant la distillation de cet acide; il n'en passe presque point quand la distillation est conduite lentement & par un degré de feu modéré.

Tableau des combinaisons du Radical oxalique oxygéné, ou Acide oxalique avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.

  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide oxalique avec: La chaux. Oxalate de chaux.
La baryte. Oxalate de baryte.
La magnésie. Oxalate de magnésie.
La potasse. Oxalate de potasse.
La soude. Oxalate de soude.
L'ammoniaque. Oxalate d'ammoniaque.
L'alumine. Oxalate d'alumine.
L'oxide de zinc. Oxalate de zinc.
L'oxide de fer. Oxalate de fer.
L'oxide de manganèse. Oxalate de manganèse.
L'oxide de cobalt. Oxalate de cobalt.
L'oxide de nickel. Oxalate de nickel.
L'oxide de plomb. Oxalate de plomb.
L'oxide de cuivre. Oxalate de cuivre.
L'oxide de bismuth. Oxalate de bismuth.
L'oxide d'antimoine. Oxalate d'antimoine.
L'oxide d'arsenic. Oxalate d'arsenic.
L'oxide de mercure. Oxalate de mercure.
L'oxide d'argent. Oxalate d'argent.
L'oxide d'or. Oxalate d'or.
L'oxide de platine. Oxalate de platine.

Nota. Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens Chimistes.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide oxalique, & sur le Tableau de les combinaisons.

L'Acide oxalique se prépare principalement en Suisse & en Allemagne; il se tire du suc de l'oseille qu'on exprime, & dans lequel ses cristaux se forment par un long repos. Dans cet état il est en partie saturé par de l'alkali fixe végétal ou potasse; en sorte que c'est, à proprement parler, un sel neutre avec un grand excès d'acide. Quand on veut obtenir l'acide pur, il faut le former artificiellement, & on y parvient en oxygénant le sucre, qui paroît être le véritable radical oxalique. On verse en conséquence sur une partie de sucre six à huit parties d'acide nitrique, & on fait chauffer à une chaleur douce; il se produit une vive effervescence, & il se dégage une grande abondance de gaz nitreux; après quoi en laissant reposer la liqueur, il s'y forme des cristaux qui sont de l'acide oxalique très-pur. On les sèche sur un papier gris pour en séparer les dernières portions d'acide nitrique dont il pourroit être imbibé; & pour être encore plus sûr de la pureté de l'acide, on le dissout dans de l'eau distillée & on le fait cristalliser une seconde fois.

L'acide oxalique n'est pas le seul qu'on puisse obtenir du sucre en l'oxygénant. La même liqueur qui a donné des cristaux d'acide oxalique, par refroidissement contient en outre l'acide malique, qui est un peu plus oxigéné. Enfin, en oxygénant encore davantage le sucre, on le convertit en acide acéteux ou vinaigre.

L'acide oxalique uni à une petite quantité de soude ou de potasse, a, comme l'acide tartareux, la propriété d'entrer tout entier dans un grand nombre de combinaisons, sans se décomposer: il en résulte des sels à deux bases, qu'il a bien fallu nommer. Nous avons appelé le sel d'oseille oxalate acidule de potasse.

Il y a plus d'un siècle que l'acide oxalique est connu des Chimistes. M. Duclos en a fait mention dans les Mémoires de l'Académie des Sciences, année 1688. Il a été décrit avec assez de soin par Boerhaave: mais M. Schéele est le premier qui ait reconnu qu'il contenoit de la potasse toute formée, & qui ait démontré son identité avec l'acide qu'on forme par l'oxygénation du sucre.

Tableau des combinaisons du Radical acéteux oxygéné, par un premier degré d'oxigénation avec les bases salifiables, suivant l'ordre de leur affinité avec cet acide.

Nomenclature nouvelle.
  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide acéteux avec: La baryte. Acétite de baryte.
La potasse. Acétite de potasse.
La soude. Acétite de soude.
La chaux. Acétite de chaux.
La magnésie. Acétite de magnésie.
L'ammoniaque. Acétite d'ammoniaque.
L'oxide de zinc. Acétite de zinc.
L'oxide de manganèse. Acétite de manganèse.
L'oxide de fer. Acétite de fer.
L'oxide de plomb. Acétite de plomb.
L'oxide d'étain. Acétite d'étain.
L'oxide de cobalt. Acétite de cobalt.
L'oxide de cuivre. Acétite de cuivre.
L'oxide de nickel. Acétite de nickel.
L'oxide d'arsenic. Acétite d'arsenic.
L'oxide de bismuth. Acétite de bismuth.
L'oxide de mercure. Acétite de mercure.
L'oxide d'antimoine. Acétite d'antimoine.
L'oxide d'argent. Acétite d'argent.
L'oxide d'or. Acétite d'or.
L'oxide de platine. Acétite de platine.
L'alumine. Acétite d'alumine.
Nomenclature ancienne.
  Noms des bases. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide du vinaigre avec: La terre pesante. Inconnue des anciens. La découverte en est due à M. de Morveau qui l'a nommée acète barotique.
L'alkali fixe végétal. Terre foliée de tartre très-secrète de Muller, arcane de tartre de Basile Valentin, & de Paracelse, Magistère purgatif de tartre de Schroëder, sel essentiel de vin de Zwelfer, tartre régénéré de Tachénius, sel diurétique de Sylvius, de Wilson.
L'alkali fixe minéral. Terre foliée à base d'alkali minéral, terre foliée minérale, terre foliée cristallisable, sel acéteux minéral.
La terre calcaire. Sel de craie, sel de corail, sel d'yeux d'écrevisses; Hartman en a fait mention.
La base du sel d'epsom. Inconnue des anciens; M. Wenzel est le premier qui en ait parlé.
L'alkali volatil. Esprit de Mendérérus ou de Menderet, sel acéteux ammoniacal.
La chaux de zinc. Cette combinaison a été connue de Glauber, Schwedemberg, Respour, Pott, de M. de Lassone, & de M. Wenzel, mais ils ne l'ont pas désignée par un nom particulier.
La chaux de manganèse. Inconnue des anciens.
La chaux de fer. Vinaigre martial. Cette combinaison a été décrite par Scheffer, par MM. Monnet, Wenzel & le Duc d'Ayen.
La chaux de plomb. Sucre de Saturne, vinaigre de Saturne, sel de Saturne.
La chaux d'étain. Cette combinaison a été connue de MM. Lémery, Margraff, Monnet, Weslendorf & Wenzel, mais ils ne lui ont pas donné de nom.
La chaux de cobalt. Encre de simpathie de M. Cadet.
La chaux de cuivre. Verd de gris, cristaux de verdet, cristaux de Vénus, verdet, verdet distillé.
La chaux de nickel. Inconnue des anciens.
La chaux d'arsenic. Liqueur fumante, arsenico-acéteuse, ou phosphore liquide de M. Cadet.
La chaux de bismuth. Sucre de bismuth de M. Geoffroi. Cette combinaison a été connue de MM. Gellert, Pott, Weslendorf, Bergman & de Morveau.
La chaux de mercure. Terre foliée mercurielle. M. Gebaver a fait mention en 1748, de cette combinaison; elle a été décrite par MM. Hellot, Margraff, Baumé, Navier, Monnet, Wenzel: c'est le fameux reméde anti-vénérien de Keyser.
La chaux d'antimoine.  
La chaux d'argent. Inconnue des anciens, décrite par MM. Margraff, Monnet & Wenzel.
La chaux d'or. Cette combinaison est peu connue, Schroëder & Juncker en ont fait mention.
La chaux de platine. Cette combinaison est inconnue.
L'alumine. Le vinaigre ne dissout, comme s'en est assuré M. Wenzel, que très-peu d'alumine.

* Les anciens Chimistes n'ont guère connu de ces sels que l'acétite de potasse, celui de soude, celui d'ammoniaque, celui de cuivre & celui de plomb; la découverte de l'acétite d'arsenic est due à M. Cadet, (voyez tome III des Savans Etrangers.) On doit principalement à M. Wenzel, aux Académiciens de Dijon, à M. de Lassonne & à M. Proust, la connoissance que nous avons des propriétés des autres acétites. Il seroit possible que le radical acéteux, outre l'hydrogène & le carbone, contînt encore un peu d'azote. Il y a lieu de le soupçonner d'après la propriété qu'a l'acétite de potasse de donner de l'ammoniaque par la distillation, à moins cependant que l'azote qui concoure à la formation de cette ammoniaque, ne soit dû à la décomposition de la potasse elle-même.

OBSERVATIONS

Sur le Radical acéteux oxygéné par un premier degré d'oxygénation, ou Acide acéteux, & sur ses combinaisons avec les bases salifiables.

Le radical acéteux est composé de la réunion du carbone & de l'hydrogène portés à l'état d'acide par l'addition de l'oxygène. Cet acide est par conséquent composé des mêmes principes que l'acide tartareux, que l'acide oxalique, que l'acide citrique, que l'acide malique, &c. mais la proportion des principes est différente pour chacun de ces acides, & il paroît que l'acide acéteux est le plus oxygéné de tous. J'ai quelques raisons de croire qu'il contient aussi un peu d'azote, & que ce principe qui n'existe pas dans les autres acides végétaux que je viens de nommer, si ce n'est peut-être dans l'acide tartareux, est une des causes qui le différencie. Pour produire l'acide acéteux ou vinaigre, on expose le vin à une température douce, en y ajoutant un ferment, qui consiste principalement dans la lie qui s'est précédemment séparée d'autre vinaigre pendant sa fabrication, ou dans d'autres matières de même nature. La partie spiritueuse du vin (le carbone & l'hydrogène) s'oxygènent dans cette opération, c'est par cette raison qu'elle ne peut se faire qu'à l'air libre, & qu'elle est toujours accompagnée d'une diminution du volume de l'air. Il faut en conséquence, pour faire de bon vinaigre, que le tonneau dans lequel on opère ne soit qu'à moitié plein. L'acide qui se forme ainsi est très-volatil; il est étendu d'une très-grande quantité d'eau & mêlé de beaucoup de substances étrangères. Pour l'avoir pur on le distille à une chaleur douce, dans des vaisseaux de grès ou de verre: mais ce qui paroît avoir échappé aux Chimistes, c'est que l'acide acéteux change de nature dans cette opération; l'acide qui passe dans la distillation, n'est pas exactement de même nature que celui qui reste dans l'alambic; ce dernier paroîtroit être plus oxygéné.

La distillation ne suffit pas pour débarrasser l'acide acéteux du phlegme étranger qui s'y trouve mêlé; le meilleur moyen de le concentrer sans en altérer la nature, consiste à l'exposer à un froid de quatre ou six degrés au-dessous de la congellation: la partie aqueuse gèle, & l'acide reste liquide. Il paroît que l'acide acéteux libre de toute combinaison, est naturellement dans l'état de gaz, au degré de température & de pression dans lequel nous vivons, & que nous ne pouvons le retenir qu'en le combinant avec une grande quantité d'eau.

Il est d'autres procédés plus chimiques pour obtenir l'acide acéteux: ils consistent à oxygéner l'acide du tartre, l'acide oxalique ou l'acide malique par l'acide nitrique; mais il y a lieu de croire que la proportion des bases qui composent le radical, change dans cette opération. Au surplus M. Hassenfratz est occupé dans ce moment à répéter les expériences d'après lesquelles on a prétendu établir la possibilité de ces conversions.

La combinaison de l'acide acéteux avec les différentes bases salifiables, se fait avec assez de facilité; mais la plupart des sels qui en résultent ne sont pas cristallisables; à la différence des sels formés par l'acide tartareux & l'acide oxalique, qui sont en général peu solubles. Le tartrite & l'oxalate de chaux ne le sont pas même sensiblement. Les malates tiennent un espèce de milieu entre les oxalates & les acétates pour la solubilité, comme l'acide qui les forme en tient un pour le degré d'oxigénation.

Il faut, comme pour tous les autres acides, que les métaux soient oxygénés, pour pouvoir être dissous dans l'acide acéteux.

Tableau des combinaisons du Radical acéteux oxygéné par un second degré d'oxygénation, ou Acide acétique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.

  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres. Observation.
Combinaisons de l'acide acétique avec: La baryte. Acétate de baryte. Tous ces sels étoient inconnus des anciens, & même aujourd'hui, les Chimistes qui sont les plus au courant des découvertes modernes, ne peuvent pas prononcer avec certitude, si la plupart des sels acéteux doivent être rangés dans la classe des acétites ou des acétates.
La potasse. Acétate de potasse.
La soude. Acétate de soude.
La chaux. Acétate de chaux.
La magnésie. Acétate de magnésie.
L'ammoniaque. Acétate d'ammoniaque.
L'oxide de zinc. Acétate de zinc.
L'oxide de manganèse. Acétate de manganèse.
L'oxide de fer. Acétate de fer.
L'oxide de plomb. Acétate de plomb.
L'oxide d'étain. Acétate d'étain.
L'oxide de cobalt. Acétate de cobalt.
L'oxide de cuivre. Acétate de cuivre.
L'oxide de nickel. Acétate de nickel.
L'oxide d'arsenic. Acétate d'arsenic.
L'oxide de bismuth. Acétate de bismuth.
L'oxide de mercure. Acétate de mercure.
L'oxide d'antimoine. Acétate d'antimoine.
L'oxide d'argent. Acétate d'argent.
L'oxide d'or. Acétate d'or.
L'oxide de platine. Acétate de platine.
L'alumine. Acétate d'alumine.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide acétique, & sur le Tableau de ses combinaisons.

Nous avons donné au vinaigre radical le nom d'acide acétique, parce que nous avons supposé qu'il étoit plus chargé d'oxygène que le vinaigre ou acide acéteux. Dans cette supposition, le vinaigre radical ou acide acétique seroit le dernier degré d'oxygénation que puisse prendre le radical hydro-carboneux; mais quelque probable que soit cette conséquence, elle demande à être confirmée par des expériences plus décisives. Quoi qu'il en soit, pour préparer le vinaigre radical, on prend de l'acétite de potasse, qui est une combinaison d'acide acéteux & de potasse, ou de l'acétite de cuivre, qui est une combinaison du même acide avec du cuivre; on verse dessus un tiers de son poids d'acide sulfurique concentré, & par la distillation on obtient un vinaigre très-concentré, qu'on nomme vinaigre radical ou acide acétique. Mais, comme je viens de l'indiquer, il n'est point encore rigoureusement démontré que cet acide soit plus oxygéné que l'acide acéteux ordinaire, ni même qu'il n'en differe pas par la différence de proportion des principes du radical.

Tableau des combinaisons du Radical succinique oxygéné, ou Acide succinique, avec les bases salifiables, dans l'ordre de leur affinité avec cet acide.

  Noms des bases salifiables. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide succinique avec: La baryte. Succinate de baryte.
La chaux. Succinate de chaux.
La potasse. Succinate de potasse.
La soude. Succinate de soude.
L'ammoniaque. Succinate d'ammoniaque.
La magnésie. Succinate de magnésie.
L'alumine. Succinate d'alumine.
L'oxide de zinc. Succinate de zinc.
L'oxide de fer. Succinate de fer.
L'oxide de manganèse. Succinate de manganèse.
L'oxide de cobalt. Succinate de cobalt.
L'oxide de nickel. Succinate de nickel.
L'oxide de plomb. Succinate de plomb.
L'oxide d'étain. Succinate d'étain.
L'oxide de cuivre. Succinate de cuivre.
L'oxide de bismuth. Succinate de bismuth.
L'oxide d'antimoine. Succinate d'antimoine.
L'oxide d'arsenic. Succinate d'arsenic.
L'oxide de mercure. Succinate de mercure.
L'oxide d'argent. Succinate d'argent.
L'oxide d'or. Succinate d'or.
L'oxide de platine. Succinate de platine.

Nota. Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens Chimistes.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide succinique, & sur le Tableau de ses combinaisons.

L'Acide succinique se retire du succin, karabé ou ambre jaune, par distillation. Il suffit de mettre cette substance dans une cornue, & de donner une chaleur douce; l'acide succinique se sublime sous forme concrète dans le col de la cornue. Il faut éviter de pousser trop loin la distillation, pour ne pas faire passer l'huile. L'opération finie, on met le sel égoutter sur du papier gris; après quoi on le purifie par des dissolutions & cristallisations répétées.

Cet acide exige 24 parties d'eau froide pour être tenu en dissolution, mais il est beaucoup plus dissoluble dans l'eau chaude; il n'altère que foiblement les teintures bleues végétales, & il n'a pas dans un degré très-éminent les qualités d'acide. M. de Morveau est le premier des Chimistes qui ait essayé de déterminer ses différentes affinités, & c'est d'après lui qu'elles sont indiquées dans le Tableau joint à ces observations.

Tableau des combinaisons du Radical benzoïque oxygéné, ou Acide benzoïque, avec les différentes bases salifiables, rangées par ordre alphabétique.

  Noms des bases. Noms des sels neutres.
Combinaisons de l'acide benzoïque avec: L'alumine. Benzoate d'alumine.
L'ammoniaque. Benzoate d'ammoniaque.
La baryte. Benzoate de baryte.
La chaux. Benzoate de chaux.
La magnésie. Benzoate de magnésie.
La potasse. Benzoate de potasse.
La soude. Benzoate de soude.
L'oxide d'antimoine. Benzoate d'antimoine.
L'oxide d'argent. Benzoate d'argent.
L'oxide d'arsenic. Benzoate d'arsenic.
L'oxide de bismuth. Benzoate de bismuth.
L'oxide de cobalt. Benzoate de cobalt.
L'oxide de cuivre. Benzoate de cuivre.
L'oxide d'étain. Benzoate d'étain.
L'oxide de fer. Benzoate de fer.
L'oxide de manganèse. Benzoate de manganèse.
L'oxide de mercure. Benzoate de mercure.
L'oxide de molybdène. Benzoate de molybdène.
L'oxide de nickel. Benzoate de nickel.
L'oxide de plomb. Benzoate de plomb.
L'oxide de tungstène. Benzoate de tungstène.
L'oxide de zinc. Benzoate de zinc.

Nota. Toutes ces combinaisons étoient inconnues aux anciens Chimistes, & même encore aujourd'hui, on n'a rien de satisfaisant encore sur les propriétés de l'acide benzoïque & sur ses affinités.

OBSERVATIONS

Sur l'Acide benzoïque, & sur le Tableau de ses combinaisons avec les bases salifiables.

Cet acide a été connu des anciens Chimistes, sous le nom de fleurs de benjoin; on l'obtenoit par voie de sublimation. Depuis, M. Geoffroy a découvert qu'on pouvoit, également l'extraire par la voie humide: enfin M. Schéele, d'après un grand nombre d'expériences qu'il a faites sur le benjoin, s'est arrêté au procédé qui suit. On prend de bonne eau de chaux, dans laquelle même il est avantageux de laisser de la chaux en excès; on la fait digérer portion par portion sur du benjoin réduit en poudre fine, en remuant continuellement le mêlange. Après une demi-heure de digestion, on décante & on remet de nouvelle eau de chaux, & ainsi plusieurs fois, jusqu'à ce qu'on s'apperçoive que l'eau de chaux ne se neutralise plus. On rassemble toutes les liqueurs, on les rapproche par évaporation; & quand elles sont réduites autant qu'elles le peuvent être sans cristalliser, on laisse refroidir: on verse de l'acide muriatique goutte à goutte, jusqu'à ce qu'il ne se fasse plus de précipité. La substance qu'on obtient par ce procédé, est l'acide benzoïque concret.