| Nomenclature nouvelle. | |||
| Noms des bases. | Noms des sel neutres. | ||
| Combinaisons de l'acide sulfureux avec: | La baryte. | Sulfite de baryte. | |
| La potasse. | Sulfite de potasse. | ||
| La soude. | Sulfite de soude. | ||
| La chaux. | Sulfite de chaux. | ||
| La magnésie. | Sulfite de magnésie. | ||
| L'ammoniaque. | Sulfite d'ammoniaque. | ||
| L'alumine. | Sulfite d'alumine. | ||
| L'oxide de zinc. | Sulfite de zinc. | ||
| L'oxide de fer. | Sulfite de fer. | ||
| L'oxide de manganèse. | Sulfite de manganèse. | ||
| L'oxide de cobalt. | Sulfite de cobalt. | ||
| L'oxide de nickel. | Sulfite de nickel. | ||
| L'oxide de plomb. | Sulfite de plomb. | ||
| L'oxide d'étain. | Sulfite d'étain. | ||
| L'oxide de cuivre. | Sulfite de cuivre. | ||
| L'oxide de bismuth. | Sulfite de bismuth. | ||
| L'oxide d'antimoine. | Sulfite d'antimoine. | ||
| L'oxide d'arsenic. | Sulfite d'arsenic. | ||
| L'oxide de mercure. | Sulfite de mercure. | ||
| L'oxide d'argent. | Sulfite d'argent. | ||
| L'oxide d'or. | Sulfite d'or. | ||
| L'oxide de platine. | Sulfite de platine. | ||
Nota. Les anciens n'ont connu à proprement parler de ces sels que le sulfite de potasse, qui, jusqu'à ces derniers tems, a conservé le nom de sel sulfureux de Stalh. Avant la nouvelle nomenclature que nous avons proposée, on désignoit les sels sulfureux comme il suit: Sel sulfureux de Stalh à base d'alkali fixe végétal, sel sulfureux de Stalh à base d'alkali fixe minéral, sel sulfureux de Stalh à base de terre calcaire.
On a suivi dans ce tableau l'ordre des affinités indiqué par M. Bergman pour l'acide sulfurique, parce qu'en effet à l'égard des alkalis & des terres, l'ordre est le même pour l'acide sulfureux; mais il n'est pas certain qu'il en soit de même pour les oxides métalliques.
Sur l'Acide sulfureux, & sur le Tableau de ses combinaisons.
L'Acide sulfureux est formé, comme l'acide sulfurique, de la combinaison du soufre avec l'oxygène, mais avec une moindre proportion de ce dernier. On peut l'obtenir de différentes manières, 1o. en faisant brûler du soufre lentement, 2o. en distillant de l'acide sulfurique sur de l'argent, de l'antimoine, du plomb, du mercure ou du charbon: une portion d'oxygène s'unit au métal, & l'acide passe dans l'état d'acide sulfureux. Cet acide existe naturellement dans l'état de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons; mais il paroît, d'après des expériences de M. Clouet, qu'à un très-grand degré de refroidissement, il se condense & devient liquide: l'eau absorbe beaucoup plus de ce gaz acide qu'elle n'absorbe de gaz acide carbonique; mais elle en absorbe beaucoup moins que de gaz acide muriatique.
C'est une vérité bien établie, & que je n'ai peut-être que trop répétée, que les métaux en général ne peuvent se dissoudre dans les acides, qu'autant qu'ils peuvent s'y oxider: or l'acide sulfureux étant déjà dépouillé d'une grande partie de l'oxygène nécessaire pour le constituer acide sulfurique, il est plutôt disposé à en reprendre qu'à en fournir à la plupart des métaux, & c'est pour cela qu'il ne peut les dissoudre, à moins qu'ils n'aient été préalablement oxidés. Par une suite du même principe, les oxides métalliques se dissolvent dans l'acide sulfureux sans effervescence & même avec beaucoup de facilité. Cet acide a même, comme l'acide muriatique, la propriété de dissoudre des oxides métalliques qui sont trop oxygénés, & qui seroient par cela même indissolubles dans l'acide sulfurique; il forme alors avec eux de véritables sulfates. On pourroit donc soupçonner qu'il n'existe que des sulfates métalliques & non des sulfites, si les phénomènes qui ont lieu dans la dissolution du fer, du mercure, & de quelques autres métaux, ne nous apprenoient que ces substances métalliques sont susceptibles de s'oxider plus ou moins en se dissolvant dans les acides. D'après cette observation le sel dans lequel le métal sera le moins oxidé devra porter le nom de sulfite, & celui dans lequel le métal sera le plus oxidé devra porter le nom de sulfate. On ignore encore si cette distinction, nécessaire pour le fer & pour le mercure, est applicable à tous les autres sulfates métalliques.
| Nomenclature nouvelle. | |||
| Noms des bases. | Noms des sels neutres. | ||
| Combinaisons de l'acide phosphoreux avec: | La chaux. | Phosphite de chaux. | |
| La baryte. | Phosphite de baryte. | ||
| La magnésie. | Phosphite de magnésie. | ||
| La potasse. | Phosphite de potasse. | ||
| La soude. | Phosphite de soude. | ||
| L'ammoniaque. | Phosphite d'ammoniaque. | ||
| L'alumine. | Phosphite d'alumine. | ||
| L'oxide de zinc. | Phosphite de zinc. * | ||
| L'oxide de fer. | Phosphite de fer. | ||
| L'oxide de manganèse. | Phosphite de manganèse. | ||
| L'oxide de cobalt. | Phosphite de cobalt. | ||
| L'oxide de nickel. | Phosphite de nickel. | ||
| L'oxide de plomb. | Phosphite de plomb. | ||
| L'oxide d'étain. | Phosphite d'étain. | ||
| L'oxide de cuivre. | Phosphite de cuivre. | ||
| L'oxide de bismuth. | Phosphite de bismuth. | ||
| L'oxide d'antimoine. | Phosphite d'antimoine. | ||
| L'oxide d'arsenic. | Phosphite d'arsenic. | ||
| L'oxide de mercure. | Phosphite de mercure. | ||
| L'oxide d'argent. | Phosphite d'argent. | ||
| L'oxide d'or. | Phosphite d'or. | ||
| L'oxide de platine. | Phosphite de platine. | ||
* L'existence des phosphites métalliques n'est pas encore absolument certaine, elle suppose que les métaux sont susceptibles de se dissoudre dans l'acide phosphorique, à différens degrés d'oxygénation, ce qui n'est pas encore prouvé.
Aucuns de ces sels n'avoient été nommés.
| Nomenclature nouvelle. | |||
| Noms des bases. | Noms des sel neutres. | ||
| Combinaisons de l'acide phosphorique avec: | La chaux. | Phosphate de chaux. | |
| La baryte. | Phosphate de baryte. | ||
| La magnésie. | Phosphate de magnésie. | ||
| La potasse. | Phosphate de potasse. | ||
| La soude. | Phosphate de soude. | ||
| L'ammoniaque. | Phosphate d'ammoniaque. | ||
| L'alumine. | Phosphate d'alumine. | ||
| L'oxide de zinc. | Phosphate de zinc. | ||
| L'oxide de fer. | Phosphate de fer. | ||
| L'oxide de manganèse. | Phosphate de manganèse. | ||
| L'oxide de cobalt. | Phosphate de cobalt. | ||
| L'oxide de nickel. | Phosphate de nickel. | ||
| L'oxide de plomb. | Phosphate de plomb. | ||
| L'oxide d'étain. | Phosphate d'étain. | ||
| L'oxide de cuivre. | Phosphate de cuivre. | ||
| L'oxide de bismuth. | Phosphate de bismuth. | ||
| L'oxide d'antimoine. | Phosphate d'antimoine. | ||
| L'oxide d'arsenic. | Phosphate d'arsenic. | ||
| L'oxide de mercure. | Phosphate de mercure. | ||
| L'oxide d'argent. | Phosphate d'argent. | ||
| L'oxide d'or. | Phosphate d'or. | ||
| L'oxide de platine. | Phosphate de platine. | ||
* La plupart de ces sels ne sont connus que depuis très-peu de tems, & n'avoient point encore été nommés.
Sur les Acides phosphoreux & phosphorique, & sur les Tableaux de leurs combinaisons.
On a vu, à l'article Phosphore, un précis historique de la découverte de cette singulière substance, & quelques observations sur la manière dont il existe dans les végétaux & dans les animaux.
Le moyen le plus sûr pour obtenir l'acide phosphorique pur & exempt de tout mélange, est de prendre du phosphore en nature, & de le faire brûler sous des cloches de verre, dont on a humecté l'intérieur en y promenant de l'eau distillée. Il absorbe dans cette opération 2 fois 1/2 son poids d'oxygène. On peut obtenir cet acide concret en faisant cette même combustion sur du mercure au lieu de la faire sur de l'eau: il se présente alors dans l'état de floccons blancs qui attirent l'humidité de l'air avec une prodigieuse activité. Pour avoir ce même acide dans l'état d'acide phosphoreux, c'est-à-dire, moins oxygéné, il faut abandonner le phosphore à une combustion extrêmement lente, & le laisser tomber en quelque façon en déliquium à l'air dans un entonnoir placé sur un flacon de cristal. Au bout de quelques jours on trouve le phosphore oxygéné; l'acide phosphoreux, à mesure qu'il s'est formé, s'est emparé d'une portion d'humidité de l'air, & a coulé dans le flacon. L'acide phosphoreux se convertit au surplus aisément en acide phosphorique par une simple exposition à l'air long-tems continuée. Comme le phosphore a une assez grande affinité avec l'oxygène pour l'enlever à l'acide nitrique & à l'acide muriatique oxygéné, il en résulte encore un moyen simple & peu dispendieux d'obtenir l'acide phosphorique. Lorsqu'on veut opérer par l'acide nitrique, on prend une cornue tubulée bouchée avec un bouchon de cristal; on l'emplit à moitié d'acide nitrique concentré, on fait chauffer légèrement, puis on introduit par la tubulure de petits morceaux de phosphore. Ils se dissolvent avec effervescence; en même tems le gaz nitreux s'échappe sous la forme de vapeurs rutilantes. On continue ainsi d'ajouter du phosphore jusqu'à ce qu'il refuse de se dissoudre. On pousse alors le feu un peu plus fort pour chasser les dernières portions d'acide nitrique, & on trouve l'acide phosphorique dans la cornue, en partie sous forme concrète, & en partie sous forme liquide.
| Noms des bases. | Noms des sels neutres. | |||
| Nomenclature nouvelle. | Nomenclature ancienne. | |||
| Combinaisons de l'acide carbonique avec: | Carbonate | |||
| La baryte. | de baryte. | Terre pesante aérée ou effervescente. | ||
| La chaux. | de chaux. | Terre calcaire, spath calcaire, craie. | ||
| La potasse. | de potasse. | Alkali fixe végétal effervescent, méphite de potasse. | ||
| La soude. | de soude. | Alkali fixe minéral effervescent, méphite de soude. | ||
| La magnésie. | de magnésie. | Magnésie effervescente, base du sel d'Epsom effervescente, méphite de magnésie. | ||
| L'ammoniaque. | d'ammoniaque. | Alkali volatil effervescent, méphite d'ammoniaque. | ||
| L'alumine. | d'alumine. | Méphite argileux, terre d'alun aérée. | ||
| L'oxide de zinc. | de zinc. | Zinc spathique, méphite de zinc. | ||
| L'oxide de fer. | de fer. | Fer spathique, méphite de fer. | ||
| L'oxide de manganèse. | de manganèse. | Méphite de manganèse. | ||
| L'oxide de cobalt. | de cobalt. | Méphite de cobalt. | ||
| L'oxide de nickel. | de nickel. | Méphite de nickel. | ||
| L'oxide de plomb. | de plomb. | Plomb spathique ou méphite de plomb. | ||
| L'oxide d'étain. | d'étain. | Méphite d'étain. | ||
| L'oxide de cuivre. | de cuivre. | Méphite de cuivre. | ||
| L'oxide de bismuth. | de bismuth. | Méphite de bismuth. | ||
| L'oxide d'antimoine. | d'antimoine. | Méphite d'antimoine. | ||
| L'oxide d'arsenic. | d'arsenic. | Méphite d'arsenic. | ||
| L'oxide de mercure. | de mercure. | Méphite de mercure. | ||
| L'oxide d'argent. | d'argent. | Méphite d'argent. | ||
| L'oxide d'or. | d'or. | Méphite d'or. | ||
| L'oxide de platine. | de platine. | Méphite de platine. | ||
* Ces sels n'étant connus & définis que depuis quelques années, il n'existe pas, à proprement parler, pour eux de nomenclature ancienne. On a cru cependant devoir les désigner ici sous les noms que M. de Morveau leur a donnés dans son premier volume de l'Encyclopédie. M. Bergman désignoit les bases saturées de cet acide par l'épithète aérée; ainsi, la terre calcaire aérée exprimoit la terre calcaire saturée d'acide carbonique. M. de Fourcroy avoit donné le nom d'acide crayeux à l'acide carbonique, & le nom de craie à tous les sels qui résultent de la combinaison de cet acide avec les bases salifiables.
Sur l'Acide carbonique & sur le Tableau de ses combinaisons.
De tous les acides que nous connoissons, l'acide carbonique est peut-être celui qui est le plus abondamment répandu dans la nature. Il est tout formé dans les craies, dans les marbres, dans toutes les pierres calcaires, & il y est neutralisé principalement par une terre particulière connue sous le nom de chaux. Pour le dégager de ces substances, il ne faut que verser dessus de l'acide sulfurique, ou tout autre acide qui ait plus d'affinité avec la chaux que n'en a l'acide carbonique: il se fait une vive effervescence, laquelle n'est produite que par le dégagement de cet acide, qui prend la forme de gaz dès qu'il est libre. Ce gaz n'est susceptible de se condenser par aucun des degrés de refroidissement & de pression auxquels il a été exposé jusqu'ici: il ne s'unit avec l'eau qu'à peu près à volume égal, & il en résulte un acide extrêmement foible.
On peut encore obtenir l'acide carbonique assez pur, en le dégageant de la matière sucrée en fermentation; mais alors il tient une petite portion d'alkool en dissolution.
Le carbone est le radical de l'acide carbonique. On peut en conséquence former artificiellement cet acide, en brûlant du charbon dans du gaz oxygène, ou bien en combinant de la poudre de charbon avec un oxide métallique dans de justes proportions. L'oxygène de l'oxide se combine avec le charbon, forme du gaz acide carbonique, & le métal devenu libre reparoît sous sa forme métallique.
C'est à M. Black que nous devons les premières connoissances qu'on ait eues sur cet acide. La propriété qu'il a de n'exister que sous forme de gaz au degré de température & de pression dans lequel nous vivons, l'avoit soustrait aux recherches des anciens Chimistes.
Si on pouvoit parvenir à décomposer cet acide par des moyens peu dispendieux, on auroit fait une découverte bien précieuse pour l'humanité, puisqu'on pourroit obtenir libres les masses immenses de carbone que contiennent les terres calcaires, les marbres, &c. On ne le peut pas par des affinités simples, puisque le corps qu'il faudroit employer pour décomposer l'acide carbonique, devroit être au moins aussi combustible que le charbon même, & qu'alors on ne feroit que changer un combustible contre un autre: mais il n'est pas impossible d'y parvenir par des affinités doubles; & ce qui porte à le croire, c'est que la nature résout complètement ce problême, & avec des matériaux qui ne lui coûtent rien dans l'acte de la végétation.
| Noms des bases. | Noms des sels neutres. | |||||
| Nomenclature nouvelle. | Nomenclature ancienne. | |||||
| Combinaisons de l'acide muriatique avec: | Muriate | |||||
| La baryte. | de baryte. | Sel marin à base de terre pesante. | ||||
| La potasse. | de potasse. | Sel fébrifuge de Sylvius. | ||||
| Sel marin à base d'alkali fixe végétal. | ||||||
| La soude. | de soude. | Sel marin. | ||||
| La chaux. | de chaux. | Sel marin à base terreuse. | ||||
| Huile de chaux. | ||||||
| La magnésie. | de magnésie. | Sel d'Epsom marin, sel marin à base de sel d'Epsom ou de magnésie. | ||||
| L'ammoniaque. | d'ammoniaque. | Sel ammoniac. | ||||
| L'alumine. | d'alumine. | Alun marin, sel marin à base de terre d'alun. | ||||
| L'oxide de zinc. | de zinc. | Sel marin de zinc. | ||||
| L'oxide de fer. | de fer. | Sel de fer, sel marin martial. | ||||
| L'oxide de manganèse. | de manganèse. | Sel marin de manganèse. | ||||
| L'oxide de cobalt. | de cobalt. | Sel marin de cobalt. | ||||
| L'oxide de nickel. | de nickel. | Sel marin de nickel. | ||||
| L'oxide de plomb. | de plomb. | Plomb corné. | ||||
| L'oxide d'étain. | d'étain fumant. | Liqueur fumante de Libavius. | ||||
| d'étain solide. | Beurre d'étain solide. | |||||
| L'oxide de cuivre. | de cuivre. | Sel marin de cuivre. | ||||
| L'oxide de bismuth. | de bismuth. | Sel marin de bismuth. | ||||
| L'oxide d'antimoine. | d'antimoine. | Sel marin d'antimoine. | ||||
| L'oxide d'arsenic. | d'arsenic. | Sel marin d'arsenic. | ||||
| L'oxide de mercure | de mercure doux. | Mercure sublimé doux, aquila alba. | ||||
| de mercure corrosif. | Mercure sublimé corrosif. | |||||
| L'oxide d'argent. | d'argent. | Argent corné. | ||||
| L'oxide d'or. | d'or. | Sel marin d'or. | ||||
| L'oxide de platine. | de platine. | Sel marin de platine. | ||||
| Noms des bases. | Noms des sels neutres. | ||||
| Nomenclature nouvelle. | Nomenclature ancienne. | ||||
| Combinaisons de l'acide muriatique oxigéné avec: | La baryte. | Muriate oxygéné de baryte. | Cet ordre de sels qui étoit absolument inconnu aux anciens, a été découvert en 1786 par M. Berthollet. | ||
| La potasse. | Muriate oxygéné de potasse. | ||||
| La soude. | Muriate oxygéné de soude. | ||||
| La chaux. | Muriate oxygéné de chaux. | ||||
| La magnésie. | Muriate oxygéné de magnésie. | ||||
| L'alumine. | Muriate oxygéné d'alumine. | ||||
| L'oxide de zinc. | Muriate oxygéné de zinc. | ||||
| L'oxide de fer. | Muriate oxygéné de fer. | ||||
| L'oxide de manganèse. | Muriate oxygéné de manganèse. | ||||
| L'oxide de cobalt. | Muriate oxygéné de cobalt. | ||||
| L'oxide de nickel. | Muriate oxygéné de nickel. | ||||
| L'oxide de plomb. | Muriate oxygéné de plomb. | ||||
| L'oxide d'étain. | Muriate oxygéné d'étain. | ||||
| L'oxide de cuivre. | Muriate oxygéné de cuivre. | ||||
| L'oxide de bismuth. | Muriate oxygéné de bismuth. | ||||
| L'oxide d'antimoine. | Muriate oxygéné d'antimoine. | ||||
| L'oxide d'arsenic. | Muriate oxygéné d'arsenic. | ||||
| L'oxide de mercure. | Muriate oxygéné de mercure. | ||||
| L'oxide d'argent. | Muriate oxygéné d'argent. | ||||
| L'oxide d'or. | Muriate oxygéné d'or. | ||||
| L'oxide de platine. | Muriate oxygéné de platine. | ||||
Sur l'Acide muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons.
L'Acide muriatique est répandu très-abondamment dans le règne minéral: il y est uni avec différentes bases, principalement avec la soude, la chaux & la magnésie. C'est avec ces trois bases qu'on le rencontre dans l'eau de la mer & dans celle de plusieurs lacs: il est plus communément uni avec la soude dans les mines de sel gemme. Cet acide ne paroît pas avoir été décomposé jusqu'à ce jour dans aucune expérience chimique; en sorte que nous n'avons nulle idée de la nature de son radical: ce n'est même que par analogie que nous concluons qu'il contient le principe acidifiant ou oxygène. M. Berthollet avoit soupçonné que ce radical pouvoit être de nature métallique; mais comme il paroît que l'acide muriatique se forme journellement dans les lieux habités, par la combinaison de miasmes & de fluides aériformes, il faudroit supposer qu'il existe un gaz métallique dans l'atmosphère; ce qui n'est pas sans doute impossible, mais ce qu'on ne peut admettre, au moins que d'après des preuves.
L'acide muriatique ne tient que médiocrement aux bases avec lesquelles il est uni: l'acide sulfurique l'en chasse, & c'est principalement par l'intermède de cet acide que les Chimistes ont coutume de se le procurer. On pourroit employer d'autres acides pour remplir ce même objet, par exemple, l'acide nitrique, mais cet acide étant volatil, il auroit l'inconvénient de se mêler avec l'acide muriatique dans la distillation. Il faut dans cette opération employer environ une partie d'acide sulfurique concentré, & deux de sel marin. On se sert d'une cornue tubulée dans laquelle on introduit d'abord le sel; on y adapte un récipient également tubulé, à la suite duquel on ajoute deux ou trois bouteilles remplies d'eau, & qui sont jointes par des tubes, à la manière de M. Woulfe. La figure 1, planche IV, représente cet appareil. On lutte bien toutes les jointures, après quoi on introduit l'acide sulfurique dans la cornue par la tubulure, & on la referme aussitôt avec son bouchon de cristal. C'est une propriété de l'acide muriatique, de ne pouvoir exister que dans l'état de gaz, à la température & au degré de pression dans lequel nous vivons: il seroit donc impossible de le coercer, si on ne lui présentoit de l'eau avec laquelle il a une grande affinité. Il s'unit dans une très-grande proportion à celle contenue dans les bouteilles adaptées au ballon; & lorsqu'elles en sont saturées, il en résulte ce que les anciens appeloient esprit de sel fumant, & ce que nous appelons aujourd'hui acide muriatique.
Celui qu'on obtient par ce procédé, n'est pas saturé d'oxygène autant qu'il le peut être, il est susceptible d'en prendre une nouvelle dose, si on le distille sur des oxides métalliques, tels que l'oxide de manganèse, l'oxide de plomb ou celui de mercure: l'acide qui se forme alors, & que nous nommons acide muriatique oxygéné, ne peut exister comme le précédent, lorsqu'il est libre, que dans l'état gazeux; il n'est plus susceptible d'être absorbé par l'eau en aussi grande quantité. Si on en imprègne ce fluide au-delà d'une certaine proportion, l'acide se précipite au fond du vase sous forme concrète. L'acide muriatique oxygéné est susceptible comme l'a démontré M. Berthollet, de se combiner avec un grand nombre de bases salifiables; les sels qu'il forme sont susceptibles de détoner avec le carbone & avec plusieurs substances métalliques: ces détonations sont d'autant plus dangereuses, que l'oxygène entre dans la composition du muriate oxygéné avec une très-grande quantité de calorique qui donne lieu par son expansion à des explosions très-dangereuses.
| Nomenclature nouvelle. | |||
| Noms des bases. | Noms des sel neutres. | ||
| Combinaisons de l'acide nitro-muriatique avec: | L'alumine. | Nitro-muriate d'alumine. | |
| L'ammoniaque. | Nitro-muriate d'ammoniaque. | ||
| L'antimoine. | Nitro-muriate d'antimoine. | ||
| L'argent. | Nitro-muriate d'argent. | ||
| L'arsenic. | Nitro-muriate d'arsenic. | ||
| La baryte. | Nitro-muriate de baryte. | ||
| Le bismuth. | Nitro-muriate de bismuth. | ||
| La chaux. | Nitro-muriate de chaux. | ||
| Le cobalt. | Nitro-muriate de cobalt. | ||
| Le cuivre. | Nitro-muriate de cuivre. | ||
| L'étain. | Nitro-muriate d'étain. | ||
| Le fer. | Nitro-muriate de fer. | ||
| La magnésie. | Nitro-muriate de magnésie. | ||
| Le manganèse. | Nitro-muriate de manganèse. | ||
| Le mercure. | Nitro-muriate de mercure. | ||
| Le molybdène. | Nitro-muriate de molybdène. | ||
| Le nickel. | Nitro-muriate de nickel. | ||
| L'or. | Nitro-muriate d'or. | ||
| Le platine. | Nitro-muriate de platine. | ||
| Le plomb. | Nitro-muriate de plomb. | ||
| La potasse. | Nitro-muriate de potasse. | ||
| La soude. | Nitro-muriate de soude. | ||
| Le tungstène. | Nitro-muriate de tungstène. | ||
| Le zinc. | Nitro-muriate de zinc. | ||
Nota. La plupart de ces combinaisons, sur-tout celles de l'acide nitro-muriatique avec les terres & les alkalis ont été peu examinées, on ignore s'il se forme un sel mixte, ou si les deux acides se séparent pour former deux sels distincts.
Sur l'Acide nitro-muriatique & sur le Tableau de ses combinaisons.
L'Acide nitro-muriatique, anciennement appelé eau régale, est formé par un mêlange d'acide nitrique & d'acide muriatique. Les radicaux de ces deux acides s'unissent ensemble dans cette combinaison, & il en résulte un acide à deux bases, qui a des propriétés particulières qui n'appartiennent à aucun des deux séparément, notamment celle de dissoudre l'or & le platine.
Dans les dissolutions nitro-muriatiques, comme dans toutes les autres, les métaux commencent par s'oxider avant de se dissoudre; ils s'emparent d'une portion de l'oxygène de l'acide, il se dégage en même-tems un gaz nitro-muriatique d'une espèce particulière, qui n'a encore été bien décrit par personne. Son odeur est très-désagréable, & il est aussi funeste qu'aucun autre aux animaux qui le respirent; il attaque les instrumens de fer & les rouille; l'eau en absorbe une assez grande quantité, & prend quelques caractères d'acidité. J'ai eu occasion de faire ces observations, lorsque j'ai traité le platine & que je l'ai fait dissoudre très-en grand dans l'acide nitro-muriatique.
J'avois d'abord soupçonné que dans le mélange de l'acide nitrique & de l'acide muriatique, ce dernier s'emparoit d'une partie de l'oxygène de l'acide nitrique, & qu'alors porté à l'état d'acide muriatique oxygéné, il devenoit susceptible de dissoudre l'or; mais plusieurs faits se refusent à cette explication. S'il en étoit ainsi, en faisant chauffer de l'acide nitro-muriatique, il s'en dégageroit du gaz nitreux; & cependant on n'en obtient pas sensiblement. Je reviens donc à considérer l'acide nitro-muriatique comme un acide à deux bases, & j'adopte entièrement à cet égard les idées de M. Berthollet.
| Noms des bases. | Noms des sels neutres. | ||||
| Nomenclature nouvelle. | Nomenclat. ancienne. | ||||
| Combinaisons de l'acide fluorique avec: | La chaux. | Fluate de chaux. | Toutes ces combinaisons ont été inconnues aux anciens Chimistes. | ||
| La baryte. | Fluate de baryte. | ||||
| La magnésie. | Fluate de magnésie. | ||||
| La potasse. | Fluate de potasse. | ||||
| La soude. | Fluate de soude. | ||||
| L'ammoniaque. | Fluate d'ammoniaque. | ||||
| L'oxide de zinc. | Fluate de zinc. | ||||
| L'oxide de manganèse. | Fluate de manganèse. | ||||
| L'oxide de fer. | Fluate de fer. | ||||
| L'oxide de plomb. | Fluate de plomb. | ||||
| L'oxide d'étain. | Fluate d'étain. | ||||
| L'oxide de cobalt. | Fluate de cobalt. | ||||
| L'oxide de cuivre. | Fluate de cuivre. | ||||
| L'oxide de nickel. | Fluate de nickel. | ||||
| L'oxide d'arsenic. | Fluate d'arsenic. | ||||
| L'oxide de bismuth. | Fluate de bismuth. | ||||
| L'oxide de mercure. | Fluate de mercure. | ||||
| L'oxide d'argent. | Fluate d'argent. | ||||
| L'oxide d'or. | Fluate d'or. | ||||
| L'oxide de platine. Et par la voie sèche. |
Fluate de platine. | ||||
| L'alumine. | Fluate d'alumine. | ||||
Sur l'Acide fluorique, & sur le Tableau de ses combinaisons.
La nature nous offre l'acide fluorique tout formé dans le spath fluor, spath phosphorique ou fluate de chaux: il y est combiné avec la terre calcaire, & forme un sel insoluble.
Pour obtenir l'acide fluorique seul & dégagé de toute combinaison, on met du spath fluor ou fluate de chaux dans une cornue de plomb; on verse dessus de l'acide sulfurique, & on adapte à la cornue un récipient également de plomb, à moitié rempli d'eau. On donne une chaleur douce, & l'acide fluorique est absorbé par l'eau du récipient, à mesure qu'il se dégage. Comme cet acide est naturellement sous forme de gaz au degré de chaleur & de pression dans lequel nous vivons, on peut le recueillir dans cet état dans l'appareil pneumato-chimique au mercure, comme on y reçoit le gaz acide marin, le gaz acide sulfureux, le gaz acide carbonique.
On est obligé de se servir pour cette opération de vaisseaux métalliques, parce que l'acide fluorique dissout le verre & la terre siliceuse; il communique même de la volatilité à ces deux substances, & il les enlève avec lui dans l'état de gaz.
C'est à M. Margraff que nous devons la première connoissance de cet acide; mais il ne l'a jamais obtenu que combiné avec une quantité considérable de silice: il ignoroit d'ailleurs que ce fût un acide particulier & sui generis.
M. le duc de Liancourt, dans un Mémoire imprimé sous le nom de M. Boulanger, a étendu beaucoup plus loin nos connoissances sur les propriétés de l'acide fluorique; enfin M. Schéele semble avoir mis la dernière main à ce travail.
Il ne reste plus aujourd'hui qu'à déterminer quelle est la nature du radical fluorique; mais comme il ne paroît pas qu'on soit encore parvenu à décomposer l'acide, on ne peut avoir aucun apperçu de la nature du radical. S'il y avoit quelques expériences à tenter à cet égard, ce ne pourroit être que par la voie des doubles affinités qu'on pourroit espérer quelque succès.
| Nomenclature nouvelle. | |||
| Noms des bases. | Noms des sel neutres. | ||
| Combinaisons de l'acide boracique avec: | La chaux. | Borate de chaux. | |
| La baryte. | Borate de baryte. | ||
| La magnésie. | Borate de magnésie. | ||
| La potasse. | Borate de potasse. | ||
| La soude. | Borate de soude, ou borax. | ||
| L'ammoniaque. | Borate d'ammoniaque. | ||
| L'oxide de zinc. | Borate de zinc. | ||
| L'oxide de fer. | Borate de fer. | ||
| L'oxide de plomb. | Borate de plomb. | ||
| L'oxide d'étain. | Borate d'étain. | ||
| L'oxide de cobalt. | Borate de cobalt. | ||
| L'oxide de cuivre. | Borate de cuivre. | ||
| L'oxide de nickel. | Borate de nickel. | ||
| L'oxide de mercure. | Borate de mercure. | ||
| L'alumine. | Borate d'alumine. | ||
Nota. La plupart de ces combinaisons n'ont été ni nommées, ni connues par les anciens; ils donnoient à l'acide boracique le nom de sel sédatif, & ils donnoient le nom de borax à base d'alkali fixe végétal, borax à base d'alkali fixe minéral, borax à base de terre calcaire, aux combinaisons du sel sédatif avec la potasse, la soude & la chaux.
Sur l'Acide boracique, & sur le Tableau de ses combinaisons.
On donne le nom de boracique à un acide concret qu'on retire du borax, sel qui nous vient de l'Inde par le commerce. Quoique le borax ait été employé très-anciennement dans les arts, on n'a que des notions très-incertaines sur son origine, sur la manière de l'extraire & de le purifier. On a lieu de soupçonner que c'est un sel natif, qui se trouve naturellement dans les terres de quelques contrées de l'Inde & dans l'eau des lacs: tout le commerce de ce sel se fait par les Hollandois; ils ont été long-tems seuls en possession de le purifier; mais MM. l'Eguillier, dans une fabrique qu'ils ont élevée à Paris, sont parvenus à rivaliser avec eux: le procédé de cette purification, au surplus, est encore un mystère. L'analyse chimique nous a appris que le borax étoit un sel neutre avec excès de base; que cette base étoit la soude, & qu'elle étoit en partie neutralisée par un acide particulier, qui a été long-tems appelé sel sédatif de Homberg, & que nous avons désigné sous le nom d'acide boracique. On le rencontre quelquefois libre dans l'eau des lacs; celle du lac Cherchiaio en Italie en contient 94 grains & demi par pinte.
Pour séparer l'acide boracique & l'obtenir libre, on commence par dissoudre le borax dans l'eau bouillante; on filtre la liqueur très-chaude & on y verse de l'acide sulfurique, ou un autre acide quelconque qui ait plus d'affinité avec la soude que n'en a l'acide boracique. Ce dernier se sépare aussitôt, & on l'obtient sous forme cristalline par refroidissement.
On a cru long-tems que l'acide boracique étoit un produit de l'opération par laquelle on l'obtenoit: on se persuadoit en conséquence qu'il étoit différent, suivant l'acide qu'on avoit employé pour le séparer d'avec la soude. Aujourd'hui il est bien reconnu que l'acide boracique est toujours identiquement le même, de quelque manière qu'il ait été dégagé, pourvu toutefois qu'il ait été bien dépouillé de tout acide étranger par le lavage, & qu'on l'ait purifié par une ou deux cristallisations successives.
L'acide boracique est soluble dans l'eau & dans l'alkool. Il a la propriété de communiquer à la flamme de ce dernier dans lequel on l'a dissous, une couleur verte, & cette circonstance avoit fait croire qu'il contenoit du cuivre: mais aucune expérience décisive n'a confirmé ce résultat; il y a apparence que si le borax contient quelquefois du cuivre, il lui est accidentel.
Cet acide se combine avec les substances salifiables, par la voie humide & par la voie sèche. Il ne dissout pas directement les métaux par la voie humide, mais on peut parvenir à opérer la combinaison par double affinité.
Le Tableau ci-dessus présente les différentes substances avec lesquelles l'acide boracique peut s'unir dans l'ordre des affinités qui s'observent par la voie humide; il exige un changement notable, lorsqu'on opère par la voie sèche: alors l'alumine qui est placée la dernière, doit être placée immédiatement après la soude.
Le radical boracique est entièrement inconnu; l'oxygène y tient tellement, qu'il n'a pas encore été possible de l'en séparer par aucun moyen. Ce n'est même que par analogie qu'on peut conclure que l'oxygène fait partie de sa combinaison, comme de celle de tous les acides.
| Noms des bases salifiables. | Noms des sels neutres. | Observation. | |||
| Combinaisons de l'acide arsenique avec: | La chaux. | Arseniate de chaux. | Ce genre de sels étoit absolument inconnu aux anciens. M. Macquer, qui a découvert en 1746 la combinaison de l'acide arsenique avec la potasse & la soude, les avoit nommés sels neutres arsenicaux. | ||
| La baryte. | Arseniate de baryte. | ||||
| La magnésie. | Arseniate de magnésie. | ||||
| La potasse. | Arseniate de potasse. | ||||
| La soude. | Arseniate de soude. | ||||
| L'ammoniaque. | Arseniate d'ammoniaque. | ||||
| L'oxide de zinc. | Arseniate de zinc. | ||||
| L'oxide de manganèse. | Arseniate de manganèse. | ||||
| L'oxide de fer. | Arseniate de fer. | ||||
| L'oxide de plomb. | Arseniate de plomb. | ||||
| L'oxide d'étain. | Arseniate d'étain. | ||||
| L'oxide de cobalt. | Arseniate de cobalt. | ||||
| L'oxide de cuivre. | Arseniate de cuivre. | ||||
| L'oxide de nickel. | Arseniate de nickel. | ||||
| L'oxyde de bismuth. | Arseniate de bismuth. | ||||
| L'oxide de mercure. | Arseniate de mercure. | ||||
| L'oxide d'antimoine. | Arseniate d'antimoine. | ||||
| L'oxide d'argent. | Arseniate d'argent. | ||||
| L'oxide d'or. | Arseniate d'or. | ||||
| L'oxide de platine. | Arseniate de platine. | ||||
| L'alumine. | Arseniate d'alumine. | ||||
Sur l'Acide arsenique, & sur le Tableau de ses combinaisons.
Dans un Mémoire imprimé dans le recueil de l'Académie, année 1746, M. Macquer a fait voir qu'en poussant au feu un mêlange d'oxide blanc d'arsenic & de nitre, on obtenoit un sel neutre, qu'il a nommé sel neutre arsenical. On ignoroit entièrement, à l'époque où M. Macquer a publié ce Mémoire, la cause de ce singulier phénomène, & comment une substance métallique pouvoit jouer le rôle d'un acide. Des expériences plus modernes nous ont appris que l'arsenic s'oxygénoit dans cette opération; qu'il enlevoit l'oxygène à l'acide nitrique, & qu'à l'aide de ce principe il se convertissoit en un véritable acide, qui se combinoit ensuite avec la potasse. On connoît aujourd'hui d'autres moyens, non-seulement d'oxygéner l'arsenic, mais encore d'obtenir l'acide arsenique libre & dégagé de toute combinaison. Le plus simple est de dissoudre l'oxide blanc d'arsenic dans trois fois son poids d'acide muriatique: on ajoute dans cette dissolution, pendant qu'elle est encore bouillante, une quantité d'acide nitrique double du poids de l'arsenic, & on évapore jusqu'à siccité. L'acide nitrique se décompose dans cette opération; son oxygène s'unit à l'oxide d'arsenic pour l'acidifier; le radical nitrique se dissipe sous forme de gaz nitreux. A l'égard de l'acide muriatique, il se convertit en gaz muriatique, & on peut le retenir par voie de distillation. On s'assure qu'il ne reste plus d'acide étranger, en calcinant l'acide concret jusqu'à ce qu'il commence à rougir: ce qui reste ainsi dans le creuset est de l'acide arsenique pur.
Il y a plusieurs autres manières d'oxygéner l'arsenic & de le convertir en un acide. Le procédé que Schéele a employé & que M. de Morveau a répété avec un grand succès dans le laboratoire de Dijon, consiste à distiller de l'acide muriatique oxygéné sur de la manganèse. Cet acide s'oxygène, comme je l'ai dit ailleurs, & passe sous la forme d'acide muriatique sur-oxygéné. On le reçoit dans un récipient dans lequel on a mis de l'oxide blanc d'arsenic recouvert d'un peu d'eau distillée. L'arsenic blanc décompose l'acide muriatique oxygéné, il lui enlève l'oxygène surabondant; d'une part, il se convertit en acide arsenique, & de l'autre l'acide muriatique oxygéné redevient acide muriatique ordinaire. On sépare ces deux acides en distillant à une chaleur douce, qu'on augmente cependant sur la fin: l'acide muriatique passe & l'acide arsenique reste sous forme blanche & concrète. Dans cet état il est beaucoup moins volatil que l'oxide blanc d'arsenic.
Très-souvent l'acide arsenique tient en dissolution une portion d'oxide blanc d'arsenic qui n'a pas été suffisamment oxygéné. On n'est point exposé à cet inconvénient, quand on a opéré par l'acide nitrique, & qu'on en ajoute de nouveau, jusqu'à ce qu'il ne passât plus de gaz nitreux.
D'après ces différentes observations, je définirai l'acide arsenique, un acide métallique blanc, concret fixe au degré de feu qui le fait rougir, formé par la combinaison de l'arsenic avec l'oxygène, qui se dissout dans l'eau, & qui est susceptible de se combiner avec un grand nombre de bases salifiables.
| Noms des bases salifiables. | Noms des sels neutres. | ||
| Combinaisons de l'acide molybdique avec: | L'alumine. | Molybdate d'alumine. | |
| L'ammoniaque. | Molybdate d'ammoniaque. | ||
| L'oxide d'antimoine. | Molybdate d'antimoine. | ||
| L'oxide d'argent. | Molybdate d'argent. | ||
| L'oxide d'arsenic. | Molybdate d'arsenic. | ||
| La baryte. | Molybdate de baryte. | ||
| L'oxide de bismuth. | Molybdate de bismuth. | ||
| La chaux. | Molybdate de chaux. | ||
| L'oxide de cobalt. | Molybdate de cobalt. | ||
| L'oxide de cuivre. | Molybdate de cuivre. | ||
| L'oxide d'étain. | Molybdate d'étain. | ||
| L'oxide de fer. | Molybdate de fer. | ||
| La magnésie. | Molybdate de magnésie. | ||
| L'oxide de manganèse. | Molybdate de manganèse. | ||
| L'oxide de mercure. | Molybdate de mercure. | ||
| L'oxide de nickel. | Molybdate de nickel. | ||
| L'oxide d'or. | Molybdate d'or. | ||
| L'oxide de platine. | Molybdate de platine. | ||
| L'oxide de plomb. | Molybdate de plomb. | ||
| La potasse. | Molybdate de potasse. | ||
| La soude. | Molybdate de soude. | ||
| Le zinc. | Molybdate de zinc. | ||
* On a suivi dans le tableau l'ordre alphabétique, parce que l'on ne connoît pas bien les affinités de cet acide avec les différentes bases. C'est à M. Schéele qu'on doit la découverte de cet acide, comme de beaucoup d'autres.
Nota. Toute cette classe de sels a été nouvellement découverte, & n'avoit point encore été nommée.
Sur l'Acide molybdique, & sur le Tableau de ses combinaisons.
Le molybdène est une substance métallique particulière, qui est susceptible de s'oxygéner au point de se transformer en un véritable acide concret. Pour y parvenir, on introduit dans une cornue une partie de mine de molybdène, telle que la nature nous la présente, & qui est un véritable sulfure de molybdène; on y ajoute cinq ou six parties d'un acide nitrique affoibli d'un quart d'eau environ, & on distille. L'oxygène de l'acide nitrique se porte sur le molybdène & sur le soufre; il transforme l'un en un oxide métallique, & l'autre en acide sulfurique. On repasse de nouvel acide nitrique dans la même proportion & jusqu'à quatre ou cinq fois; & quand il n'y a plus de vapeurs rouges, le molybdène est oxygéné autant qu'il le peut être, du moins par ce moyen, & on le trouve au fond de la cornue sous forme blanche, pulvérulente, comme de la craie. Cet acide est peu soluble, & on peut, sans risquer d'en perdre beaucoup, le laver avec de l'eau chaude. Cette précaution est nécessaire pour le débarrasser des dernières portions d'acide sulfurique, qui pourroient y adhérer.