[180] Ce fut le 29 septembre 1848, auprès de Veneleze, à trois heures d'Ofen, que Jellachich fut défait totalement par le général Moga. Son armée se mit à fuir, Jellachich, un instant prisonnier, parvint à s'échapper et, à travers les forêts, gagna Mor, puis Risber et enfin Raab.
[181] Le Prince Louis Bonaparte avait été élevé à la Présidence le 10 décembre 1848. M. Molé racontait lui-même que le matin de ce jour le général Changarnier, commandant les troupes qui, après la séance du serment, devaient escorter le Président à l'Élysée, se rendit chez lui pour conférer, et au moment de partir s'écria: «Eh bien! si au lieu de le conduire à l'Élysée, je le conduisais aux Tuileries?» Et M. Molé de lui répondre: «Gardez-vous-en bien!... Il s'y rendra assez tôt à lui seul!»
[182] La plus grande confusion régnait à Francfort depuis qu'il s'agissait de donner un chef définitif à l'Empire allemand, et de réaliser les belles promesses unitaires par une conclusion pratique. L'Autriche faisait semblant de se placer dans une expectative qui la laissait étrangère à tous les détails, et comme ne devant songer à se rapprocher de l'Allemagne que lorsque l'Allemagne existerait comme État constitué; son intention était, en somme, de ne prendre de résolution, à l'égard de son union avec l'Allemagne, que lorsque le choix du chef de l'Empire et la prééminence se seraient décidés en sa faveur ou contre elle.
[183] Cette guerre, commencée à l'avènement de François-Joseph sur le trône d'Autriche, dura trois années; la Hongrie ne céda que devant les forces écrasantes de l'Autriche et de la Russie alliées.
[184] La France et l'Angleterre ayant offert leur médiation entre l'Autriche et la Sardaigne, l'armistice, signé le 9 août 1848, entre ces deux puissances, fut tacitement prorogé jusqu'à la fin des négociations; mais celles-ci n'ayant pu aboutir, la Sardaigne dénonça enfin cet armistice le 12 mars 1849. Le 20 du même mois, les hostilités recommencèrent. Le 23 mars, la bataille décisive de Novare vit l'armée sarde accomplir des prodiges de valeur, mais son chef, le général polonais Chrzanowski, commit des fautes déplorables, et la fortune de l'Autriche l'emporta encore une fois. Le roi Charles-Albert demanda au maréchal Radetzky un nouvel armistice dont les conditions étaient si dures, que le Roi déclara qu'il ne les souscrirait point; alors Charles-Albert abdiqua en faveur de Victor-Emmanuel et prit lui-même la route de l'exil. Le 27, le nouveau Roi se rendit au quartier général du maréchal Radetzky, et après un long entretien il signa un armistice qui devait se prolonger jusqu'à la conclusion définitive de la paix.
[185] L'Union électorale ou le fameux Comité de la rue de Poitiers fut formé au commencement de 1849, par la droite conservatrice, pour diriger les élections et lutter contre le Comité démocratique socialiste.
[186] Le Roi de Prusse avait été élu le 28 mars, à l'assemblée de Francfort, Empereur des Allemands, et une députation était allée aussitôt lui porter ce titre. Cette députation avait été reçue le 3 avril par Frédéric-Guillaume IV, qui répondit qu'il n'accepterait cette dignité que lorsque les Rois, les Princes et les Villes libres de l'Allemagne lui auraient donné leur assentiment volontaire. Après de nombreux pourparlers, cette mission des Députés de Francfort devait échouer.
[187] Le général de Pritwitz avait pris le commandement de l'armée fédérale en Schleswig-Holstein, après que le général Wrangel eut été nommé au commandement des troupes de Berlin.
[188] Nicolas Ier avait menacé de déclarer la guerre à la Confédération germanique si les troupes allemandes n'évacuaient pas les Duchés et ne repassaient pas l'Elbe.
[189] Sous la force de l'opinion, et pour éviter une catastrophe, le Roi de Würtemberg finit par adopter la Constitution votée par l'Assemblée de Francfort, y compris le chapitre relatif au Chef de l'Empire, qu'il avait, jusque-là, obstinément rejeté.
[190] Dans sa séance du 26 avril, l'Assemblée de Francfort avait déclaré que l'acceptation de la dignité de Chef de l'Empire conférée au Roi de Prusse ne saurait être séparée de l'acceptation de la Constitution.
[191] Le 26 avril, une vive agitation s'était produite à la Chambre prussienne, dans les rangs de la gauche, à la suite d'une lettre, trouvée sur les sièges des Députés, où un grand nombre de signataires de la fraction rouge proclamaient la souveraineté du peuple et annonçaient que tous leurs efforts tendaient à la formation d'une grande République polonaise. Le soir même paraissait l'Ordonnance du Roi qui dissolvait la Chambre.
[192] Le général Bem, Polonais d'origine, qui s'était illustré dans la défense de Varsovie en 1831, s'était joint, en 1848, aux Hongrois soulevés contre l'Autriche, et avait remporté de grands succès en Transylvanie, notamment à Hermannstadt.
[193] Le 3 mai, le Roi de Saxe ayant refusé positivement de reconnaître la Constitution de l'Empire, son Palais fut immédiatement entouré par la foule, un Comité de défense fut formé et l'Arsenal assailli. Le peuple s'empara de l'Hôtel de ville et fit flotter sur le balcon le drapeau tricolore allemand. La Famille Royale et les Ministres s'enfuirent à Kœnigstein. Sans l'intervention de la Prusse et l'arrivée du général Wrangel, la République était proclamée.—Le contre-coup de cette émeute se fit sentir à Breslau, où, le 7 mai, des bandes insurgées parcoururent les rues, précédées du drapeau rouge, qu'elles portèrent devant l'Hôtel de ville, en proclamant la République. Les autorités militaires enlevèrent les barricades à la baïonnette après une vive fusillade.
[194] Jour anniversaire de la mort de M. de Talleyrand.
[195] Les troupes allemandes étaient entrées en Jutland après un combat entre Wisdrup et Gudsor; mais les Danois se retirèrent derrière les remparts de Frédéricia, que vinrent bombarder les troupes prussiennes, en même temps que des négociations de paix entre le Danemark et la Prusse se poursuivaient à Londres sous les auspices de lord Palmerston. Quelques jours plus tard, une flotte russe quitta Cronstadt pour porter son appui au Danemark contre la Prusse, qui, selon l'Empereur Nicolas, maintenait chez ses voisins un esprit de révolte contre leur souverain légitime, et faisait tout ce qui dépendait d'elle pour se rendre maîtresse des mouvements de l'Allemagne.—La note dont était porteur le général de Rauch faisait observer au Czar que la Prusse ne faisait la guerre au Danemark que par ordre du pouvoir central, et que personne, plus que le Cabinet prussien, ne désirait la fin des complications.
[196] Le Cabinet prussien avait invité les autres Cabinets allemands à prendre part à un Congrès à Berlin, qui aurait pour but d'aplanir les difficultés soulevées par le refus de l'Assemblée de Francfort de rien changer à la Constitution qu'elle avait votée.
[197] Georgei avait capitulé avec vingt-deux mille combattants, à Vilagos, où il rendit son épée aux Russes. Il fut livré aux Autrichiens, mais relâché, en effet, après une courte détention, sur la demande de Paskéwitch.
[198] Allusion à la cécité du Prince Royal de Hanovre.
[199] Le Cabinet de Vienne, toujours jaloux de la situation de la Prusse en Allemagne, tâchait par tous les moyens de détruire son ascendant. Influençant le Hanovre, pour le détacher de l'alliance avec le Roi de Prusse, il lui avait représenté l'état fédératif restreint comme devant fournir un nouvel élément à la démocratie, et avait fait valoir qu'en contribuant à transformer le pouvoir central provisoire en un pouvoir définitif, la Prusse acquerrait la suprématie en Allemagne.
[200] L'Archiduc Jean, qui possédait en Styrie de grands établissements qu'il voulait développer, était venu en Belgique pour y examiner l'industrie métallurgique. Le 24 octobre, le Roi des Belges vint à sa rencontre à Liège, visita avec lui Seraing et les établissements de la Vieille-Montagne, à Angleux.—L'Archiduc avait épousé morganatiquement Mlle Plochel, créée baronne de Brandhofen, et leur fils unique avait reçu le titre de comte de Méran.
[201] Le 24 octobre, M. Creton avait proposé à l'Assemblée nationale l'abrogation des lois qui avaient proscrit les Bourbons. Cette question donna lieu à un vif débat. Le Prince Jérôme-Napoléon cita à la tribune des lettres écrites en 1848 par les fils de Louis-Philippe, protestant contre leur bannissement et demandant à rentrer dans la patrie commune en reconnaissant la Souveraineté nationale.—La proposition de M. Creton fut repoussée par cinq cent quatre-vingt-sept voix.
[202] Robert Blum s'était mis à la tête de la démocratie saxonne en 1848; envoyé à l'Assemblée de Francfort, il y avait fait preuve d'un certain talent oratoire, mais, ayant pris part aux révoltes de Vienne, il avait été pris et fusillé par les Autrichiens.
[203] Voici cette fameuse lettre à Edgard Ney dans laquelle la France vit tout un programme:
«Paris, 18 août 1849.
«Mon cher Ney,
«La République française n'a pas envoyé une armée à Rome pour y étouffer la liberté italienne, mais, au contraire, pour la régler en la préservant de ses propres excès et pour lui donner une base solide en remettant sur le trône pontifical le Prince, qui le premier s'était placé hardiment à la tête de toutes les réformes utiles.
«J'apprends avec peine que l'intention bienveillante du Saint-Père, comme notre propre action, reste stérile en présence de passions et d'influences hostiles qui voudraient donner pour base à la rentrée du Pape la proscription et la tyrannie. Dites bien de ma part au Général que dans aucun cas il ne doit permettre qu'à l'ombre du drapeau tricolore il se commette aucun acte qui puisse dénaturer le caractère de notre intervention. Je résume ainsi le pouvoir temporel du Pape: amnistie générale, sécularisation de l'administration, code Napoléon et gouvernement libéral.
«J'ai été personnellement blessé en lisant la proclamation des trois Cardinaux où il n'était pas fait mention du nom de la France et des souffrances de ses braves soldats. Toute insulte à notre drapeau ou à notre uniforme me va droit au cœur. Recommandez au Général de bien faire savoir que si la France ne vend pas ses services, elle exige au moins qu'on lui sache gré de ses sacrifices et de son intervention.
«Lorsque nos armées firent le tour de l'Europe, elles laissèrent partout, comme trace de leur passage, la destruction des abus de la féodalité et les germes de la liberté. Il ne sera pas dit qu'en 1849 une armée française ait pu agir dans un autre sens et amener d'autres résultats.
«Priez le Général de remercier, en mon nom, l'armée de sa noble conduite. J'ai appris avec peine que, physiquement même, elle n'était pas traitée comme elle méritait de l'être. J'espère qu'il fera sur-le-champ cesser cet état de choses. Rien ne doit être ménagé pour établir convenablement nos troupes.
«Recevez, mon cher Ney, l'assurance de ma sincère amitié.
«Louis-Napoléon Bonaparte.»
Nous avons reproduit cette lettre d'après le texte donné par le Journal des Débats du 7 septembre 1849. M. Edgard Ney était officier d'ordonnance du Prince-Président, qui l'avait chargé d'une mission auprès du Gouvernement papal. Le maréchal Bugeaud commandait alors les troupes françaises à Rome, mais enlevé tout à coup par le choléra, il fut remplacé par le général Oudinot qui mena toutes les opérations militaires.
[204] Soldats de réserve. Landwehr hongroise.
[205] Le 12 novembre, M. Barrot, ministre de l'intérieur, annonça à l'Assemblée nationale de Paris que le Président, usant du droit que lui conférait le décret du 18 juin 1848, avait ordonné la mise en liberté du plus grand nombre des insurgés détenus à Belle-Isle.
[206] Le général Changarnier commandait alors les troupes de Paris.
[207] Le Roi de Prusse ne consentit pas à donner à Th. Elssler ce nom de Fischbach, et lui accorda le titre de baronne de Barnim.
[208] Waldeck, arrêté et emprisonné depuis le mois de mai comme complice d'une grande conspiration révolutionnaire, fut acquitté, après un long procès, le 5 décembre, par des juges qu'on ne regardait pas à Berlin comme assez impartiaux.
[209] Chassés de Francfort, les débris de l'Assemblée nationale s'étaient rassemblés à Stuttgart, et le parti révolutionnaire, donnant le signal d'une insurrection ouverte en Allemagne, prit les armes en Saxe, dans le Palatinat rhénan et dans le Grand-Duché de Bade, renversant les Gouvernements et restant partout victorieux, jusqu'au moment où les troupes prussiennes rétablirent l'ordre. Ce fut alors que la Saxe et le Hanovre convinrent avec la Prusse d'une nouvelle Constitution et conclurent l'alliance dite des trois Rois, mais l'Autriche, jalouse de la prépondérance en Allemagne, s'opposa aux vues prussiennes, et décida la Saxe et le Hanovre à se retirer. Frédéric-Guillaume IV constitua alors l'Union avec le reste de ses alliés, et, ouvrit la Diète d'Erfurt où la nouvelle Constitution fut acceptée. Ce fut alors que l'Autriche, pour empêcher à tout jamais un semblable projet, engagea les États allemands à rétablir l'ancienne Confédération germanique, et, malgré l'opposition de la Prusse, ce plan devait être exécuté.
[210] Le duc de Noailles avait été élu à l'Académie en remplacement de Chateaubriand. Il allait former dans cette Assemblée, avec MM. de Broglie et Pasquier, le petit groupe appelé le parti des Ducs.
[211] L'abbé Dupanloup venait d'être appelé à l'évêché d'Orléans, sous le ministère de M. de Falloux, alors Ministre des Cultes et de l'Instruction publique.
[212] Lord Palmerston demeurait en 1849, Downing Street, à Londres.
[213] L'Archiduchesse Élisabeth avait perdu son mari l'Archiduc Ferdinand-Charles-Victor d'Este, le 15 décembre 1849; elle se remaria, en 1854, avec l'Archiduc Charles-Ferdinand. Elle est la mère de la Reine Marie-Christine d'Espagne et des Archiducs Frédéric, Charles-Étienne et Eugène.
[214] La Henriade, chant premier.
[215] M. de Persigny, aide de camp du Prince-Président, et élu représentant à l'Assemblée législative en 1849, remplit à Berlin, pendant la durée de son mandat, une mission temporaire dont le succès fut médiocre.
[216] Un Message Royal, attendu depuis plusieurs jours, avait été présenté aux Chambres prussiennes dans la séance du 9 janvier. On y annonçait la formation d'une Pairie héréditaire, l'initiative des lois de finances laissée à la seconde Chambre, et la prestation du serment à la Constitution par le Roi. Les modifications y étaient nombreuses, et conçues dans un sens restrictif, mais le Roi n'en faisait pas une condition sine qua non de son serment, il croyait remplir un devoir de conscience en soumettant ainsi ses scrupules aux Chambres.
[217] Ministre de Russie à Berlin.
[218] Extrait de lettre.
[219] C'était vrai.
[220] Lors de la violente réaction qui, à partir de 1849, suivit dans plusieurs États de l'Europe le mouvement révolutionnaire comprimé, des milliers de proscrits allemands, italiens et français allèrent chercher un refuge sur le territoire suisse. Leur présence fournit à quelques-uns des gouvernements un prétexte pour élever auprès du gouvernement fédéral de vives réclamations, qui amenèrent des difficultés diplomatiques.
[221] Le plus de sottises qu'il pourrait.
[222] Le 4 février, des rassemblements nombreux s'étaient formés, pour empêcher d'abattre l'arbre de la liberté planté rue du Carré-Saint-Martin, à Paris. Il fallut y envoyer des troupes pour accomplir l'ordre donné par le Préfet de police; il y eut des morts et des blessés. Le général de Lamoricière, que le hasard avait amené sur les lieux, courut les plus grands dangers et ne fut sauvé que grâce à une lucarne donnant sur les toits d'une maison où quelques citoyens l'avaient entraîné pour le soustraire à la fureur populaire.
[223] L'incident Pacifico était alors arrivé à son moment le plus critique. Ce juif portugais, placé sous le protectorat britannique, réclamait au gouvernement hellénique une somme considérable, pour prix d'une maison pillée, le 4 avril 1847, lors d'une manifestation dans les rues d'Athènes à propos d'une procession, et comme compensation des injures dont il avait été victime. Lord Palmerston, pour obtenir cette indemnité, fit bloquer, en 1850, les ports et les côtes de la Grèce, que l'intervention française et le paiement de la somme en question purent dégager. L'Ambassadeur de France à Londres, M. Drouyn de Lhuys, quitta l'Angleterre, et une guerre générale faillit être le résultat de ce minime incident.
[224] Benningsen était envoyé à Vienne avec la mission de concilier les intérêts fédéraux avec les intérêts respectifs par un projet de Constitution que les quatre Royaumes de Bavière, de Saxe, de Würtemberg et de Hanovre étaient censés avoir concerté avec l'Autriche. Il échoua dans cette démarche.
[225] M. de Stockhausen.
[226] De graves désordres avaient éclaté dans le Grand-Duché de Bade, où le gouvernement du Grand-Duc Léopold Ier était fortement combattu par les libéraux et luttait depuis des années contre l'impopularité. A la tête de cette insurrection de mai 1849 se trouvait Mieroslawski. Léopold dut quitter Carlsruhe et ses États, où il ne reparut qu'un mois après, grâce à une intervention des Prussiens qui occupèrent le pays jusqu'en 1850.
[227] En Mecklembourg.
[228] Allusion à la réunion de la Prusse, du Hanovre et de la Saxe, qui, en mai 1849, avaient voulu signer une Constitution; mais cette tentative ne put aboutir, le Hanovre ayant refusé son adhésion au dernier moment, sous l'influence de l'Autriche.
[229] Ce Congrès avait été convoqué par la Prusse à la suite de la dissolution de l'alliance des trois Rois, dont le Hanovre, puis la Saxe s'étaient retirés. Le Roi de Prusse, déclarant vouloir travailler de tout son pouvoir à l'unité de la nation allemande, convoquait ce Congrès pour s'opposer aux menées ambitieuses de l'Autriche. Les Princes se rendirent à cet appel, et le Congrès s'ouvrit à Berlin le 12 mai.
[230] Ce mariage fut, en effet, célébré à Berlin le 18 mai 1850.
[231] On appelait Bund l'alliance de tous les Souverains allemands contre l'ennemi extérieur. Il a existé jusqu'après la guerre de 1866.
[232] Conseil d'administration de l'État fédératif.
[233] Le duc de Connaught, né à Windsor le 1er mai 1850.
[234] Le 22 mai 1850, Sefeloge, ancien sergent d'artillerie, tira sur le Roi au moment où celui-ci se disposait à se rendre à Potsdam pour y passer l'été. Le Roi, s'étant embarrassé dans un de ses éperons, fit un faux pas qui empêcha la balle de l'atteindre à la tête; elle ne fit que labourer la chair du bras droit entre le poignet et le coude.
[235] Les aveugles.
[236] Le Tsar venait de s'y rendre.
[237] Des petits aperçus.
[238] Les Sänger-Vereine sont deux associations de chant fondées depuis bien des siècles en Allemagne.
[239] Ce monument fut élevé à Eugène de Beauharnais, créé duc de Leuchtenberg, par le Roi Louis de Bavière, son beau-père.
[240] Nom de la Famille Royale de Bavière.
[241] En se rendant à Wiesbaden, où la question de la fusion entre les deux branches de la maison de Bourbon devait se traiter, M. le Duc de Bordeaux passa par Berlin, où sa présence fit grande sensation. Le Roi de Prusse, alors à Potsdam, le reçut avec beaucoup d'honneurs. Le Prince y arriva le 6 août et y habita le Nouveau Palais. Monseigneur était accompagné du duc de Levis, du marquis de La Ferté, de M. Berryer, et de plusieurs autres Français de distinction. Pendant ce séjour, on donna la représentation de Polyeucte, jouée par Mlle Rachel alors à Berlin.
[242] Le général autrichien Haynau s'était rendu célèbre par ses répressions sévères en Italie pendant le bombardement de Peschiera, comme par ses représailles exercées sur les habitants de Bergame et de Ferrare, le sac de Brescia, le massacre des insurgés. Plus tard, pendant la guerre de Hongrie, il avait montré les mêmes rigueurs aux exécutions dont Pesth et Arad furent le théâtre en octobre 1849. On disait même qu'il y avait fait fouetter des femmes. Le général était alors de passage à Berlin.
[243] Frédéric VII, Roi de Danemark, avait épousé, le 7 août, une marchande de modes, Lola Bosmussen, surnommée la Lola danoise, qui fut créée Comtesse à cette occasion. Une correspondance de Hambourg avait alors répandu le bruit de l'abdication du Roi en faveur de son héritier naturel, le Duc d'Oldenbourg, afin de simplifier la question de succession, mais cette nouvelle était dénuée de fondement.
[244] M. de Beust avait repris en 1849, dans le Cabinet de Dresde, le portefeuille des Affaires étrangères qu'il avait déjà eu en 1841, et y ajouta celui des Cultes. Il avait pris une part active à l'alliance des trois Rois, puis, avec le concours de l'Autriche, il rechercha l'alliance des quatre Souverains.
[245] Louis-Philippe était mort le 26 août.
[246] Le sentiment populaire était très excité contre le général Haynau et les moyens de répression dont il avait usé dans les guerres d'Italie et de Hongrie, en 1848 et 1849. Dans un voyage qu'il fit à Londres, en septembre 1850, comme il voulait visiter la brasserie de Barclay et Perkins, les ouvriers le huèrent, le maltraitèrent, lui arrachèrent les moustaches et menacèrent de le jeter dans leurs cuves.
[247] La Reine Louise mourut à Ostende le 11 octobre, et fut inhumée le 16 dans l'église de Læken.
[248] Les démêlés de l'Autriche et de la Prusse, étant arrivés à un point aigu, fournirent à l'Empereur Nicolas, sous le prétexte d'empêcher la guerre, l'occasion de devenir l'arbitre entre ces deux Puissances. Il s'était rendu à Varsovie et y convoqua des conférences auxquelles assistèrent le jeune Empereur d'Autriche, le prince Schwarzenberg, président du Conseil autrichien, et le comte de Brandebourg, représentant de la Prusse. Tous les regards se portèrent de ce côté, où on assurait que toutes les questions qui agitaient alors l'Allemagne, question hessoise, question du Schleswig, question de la suprématie de l'Autriche et de la Prusse, devaient se décider. Le chagrin que devait ressentir le comte de Brandebourg des concessions que fit alors la Prusse fut, croyait-on, la cause de sa mort, qui survint au commencement de novembre.
[249] De l'anglais: malfaisant.
[250] Une collision avait, en effet, eu lieu entre les troupes prussiennes et austro-bavaroises, sur la route de Fulda, près du village de Brounzell, et cinq soldats autrichiens avaient été blessés dans cet engagement d'avant-poste.
[251] Extrait de lettre.
[252] Les Conférences eurent lieu, en effet, à Dresde; elles y furent tenues dans le plus grand secret et traînèrent en longueur tout l'hiver, pour aboutir enfin au second Olmütz, au mois de mai 1851.
[253] Cette entrevue eut lieu à Olmütz, non loin d'Oderberg.
[254] Chargé par intérim du Ministère des Affaires étrangères, laissé vacant par la mort du comte de Brandebourg, M. de Manteuffel opéra à Olmütz un rapprochement entre la Prusse et l'Autriche, en consentant au rétablissement de la Diète germanique, en prêtant son aide à l'anéantissement des droits constitutionnels de la Hesse électorale et en livrant le Holstein-Schleswig au Danemark, par une politique de paix à tout prix, qui découragea d'ailleurs profondément les Prussiens.
[255] M. de Gerlach était un des rédacteurs de la Nouvelle Gazette de Prusse, et le chef avoué du parti dit de la Croix, souvent appelé parti Gerlach.
[256] De l'anglais: dans cette continuité.
[257] Allusions aux pages 123 et 124 de ce premier volume des Mémoires du prince de Talleyrand, dans lequel il touchait, sans s'y arrêter, à ses entrevues avec M. le comte d'Artois.
[258] Juin 1789, après la fameuse séance du 17, où le Tiers-État s'était proclamé Assemblée nationale. M. de Talleyrand était alors membre de la députation de l'ordre du clergé.
[259] Prince de Talleyrand.