La figure de Pellisson

Est une figure effroyable.

Mais quoique ce vilain garçon

Soit plus laid qu'un singe ou qu'un diable,

Sapho lui trouve des appas;

Mais je ne m'en étonne pas,

Car chacun aime son semblable.

[136] Voy. la lettre du 6 mars 1694 et les suivantes.

[137] «Il y a une satire contre les femmes du satirique public que le mérite seul de votre amie (Mme de Chandiot) doit faire sembler plus ridicule, car il a si mauvaise opinion des femmes qu'il ne peut compter que trois honnêtes femmes dans tout Paris.»

[138] Lettre à Boisot, du 7 avril 1694. «Le mariage de votre parent prouve que la Satire contre les femmes n'empêche pas qu'on ne se marie.»

[139] Les Provinciales, édit. Lefèvre, 1826, p. 54.

Lorsque Titon du Tillet (Parnasse François, p. 486) parle d'une lettre où Pascal aurait dit qu'ayant lu Clélie, il avait admiré l'auteur sans la connaître, c'est probablement à cet endroit des Provinciales qu'il veut faire allusion.

[140] Œuvres de Racine, édition Hachette, t. IV, p. 283.

[141] Port-Royal, t. Ier, p. 127.

[142] D'après le témoignage de Brienne, cité par l'historien de Port-Royal, 1867, t. IV, p. 413.

[143] Le Dictionnaire des Précieuses, de Somaize, indique un grand nombre de ces mots ou locutions introduits par les Précieuses, et presque tous sont attribués à Sophie (Mlle de Scudéry). Voyez l'édition donnée par M. Livet, t. Ier, p. 41 et suiv., 117, 179 et suiv. Voy. aussi une note des Œuvres de Molière, par Aimé Martin, t. Ier, p. 157, et les Amis de Mme de Sablé, par E. de Barthélemy, p. 46.

[144] Histoire de la Société polie, p. 95.

[145] Clélie, t. X, p. 1077.—Tallemant, Historiettes, t. VII, p. 61.

[146] Les éditeurs doivent à l'obligeance de MM. Lavoix et de la Berge un extrait du Journal des acquisitions du Cabinet des médailles du Roy, commencé le 25 octobre 1689. On y trouve la mention de pierres gravées, agates, cornalines, jaspes, etc., donnés au roi par Mlle de Scudéry, depuis le 4 octobre 1690 jusqu'au 19 février 1695, et qui s'y trouvent encore aujourd'hui. La plupart ont été reconnus depuis pour de simples imitations de l'antique, mais on ne doutait guère alors de leur authenticité.

[147] Menagii Poëmata.Commirii Carmina, 1753, t. II, p. 224, 225, 301, 302.—La Journée des Madrigaux.Mss de Conrart, passim.

[148] Voy. la Correspondance à cette date.

[149] Voy. les Poésies, et Recherches sur la vie et les œuvres d'une Précieuse, par M. Théry. 1866, in-8o.

[150] L'auteur allemand dont nous allons parler tout à l'heure dit que le bracelet était en or, avec une montre de même métal travaillé à jour, et que la bourse contenait 12 pistoles.

[151] T. XI, p. 421, in-fo. Voy. aussi Vaumorière, Lettres sur toutes sortes de sujets, 1714, in-12, t. II, p. 369. Ce dernier ajoute plusieurs circonstances à la note de Conrart; il décrit l'apparition de l'inconnu à figure rébarbative, armé jusqu'aux dents, la frayeur du laquais, «le petit Dubuisson que vous connoissez», dit-il à son correspondant; l'intervention de Mlle Crois...., «la demoiselle qui est à notre illustre amie», etc. Comme on le voit, Vaumorière était lié avec l'héroïne de l'aventure et pouvait avoir appris d'elle tous ces détails que, par cette raison, nous avons cru devoir reproduire.

[152] Lettre du 4 novembre 1650.

[153] On trouvera ces quatre pièces dans les Poésies.

[154] Vers de Mlle de Scudéry à Mme de Platbuisson, en lui envoyant pour ses étrennes un déshabillé de roses à fond d'or et d'argent.

Vous dont l'esprit charmant et les grâces divines....

Mss Conrart, t. XI, p. 83, in-fo.

[155] Wagenseil, De Sacri Romani imperii liberâ civitate Noribergensi. Altdorf, 1687, in-4o, pp. 452 et suiv., 464, etc. Ce Wagenseil fut pensionné par Colbert. Clément, Histoire de Colbert, p. 189.

[156] Voici, par exemple, comment le digne Nurembergeois travestit le mot de la fin de la Réponse des Filoux:

Un amant qui craint les voleurs
N'est point digne d'amour.

[157] Vier monatsold. Wagenseil, p. 456.

[158] Sack Uhren.

[159] Olivier Brusson, Paris, 1823, in-12.

[160] Cardillac ou le Quartier du Marais, par MM. Antony Béraud et Léopold, représenté le 25 mai 1824, au théâtre de l'Ambigu-Comique. Paris, Bezou, 1824, in-8o.

[161] Lettres des 13 janvier et 7 mars 1691. On trouvera le madrigal dans les Poésies. Mme de Maintenon disait aussi dans une lettre datée de Saint-Cyr, le 31 mai (1691): «Il est étrange que des voleurs aient pensé à elle.»

[162] Au lieu de ce brevet, nous trouvons à la fin d'une lettre de Ménage à Huet, Paris, 18 janvier 1662: «Mlle de Scudéry a reçu de la reine de Suède une boëte de diamants de 1000 écus.» De son côté, Mme de Sévigné écrivait à Ménage en 1661: «Je suis fort aise que la reine de Suède ait fait de si bons présens à Mlle de Scudéry.»

[163] Épître chagrine, déjà citée. Œuvres de Scarron, 1786, t. VII, p. 162.

[164]

Is tamen eximiam et præsentem et præterit unam

Scuderida, et prudens præterit atque sciens...

Præteritam stupet aula omnis; Lutecia clamat.

Scuderia in largitionibus regiis præterita. Dans: Menagii Poemata, 1680, p. 110.

[165] Annua das nostræ munera Scuderiæ.
Scuderia in largitionibus regiis præterita. Dans: Menagii Poemata, 1860, p. 49.

[166] «Mlle de Scudéry. Quittance signée de 1000 l. de pension viagère que lui faisait le cardinal Mazarin. 14 février 1665.» Catalogue Van-Sloppen (Alex. Martin), du 13 juin 1843, no 465.

[167] E. Miller, Pierre Taisand, p. 23.

[168] Lettre du 5 mars 1683. Une lettre de remercîment écrite par Mlle de Scudéry au roi en octobre 1663 (voy. la Correspondance) prouve qu'elle avait dès lors reçu quelque marque de sa libéralité.

[169] Même plainte dans une lettre à Huet, qui doit être de la même époque, et un fragment de lettre de Mme de Maintenon, probablement de 1691, porte: «J'ai mandé à Manseau qui est à Paris de donner à Mlle de Scudéry ce qu'elle auroit dû toucher au mois de juillet.»

[170] Constance-Françoise de Bretagne, sœur de la duchesse de Montbazon et de Mlle de Vertus, morte à Paris le 19 décembre 1695.

[171] Lettres à Huet, de décembre 1695.

[172] Pierre Taisand, p. 19-21.

[173] La rue de Beauce, très-étroite, conduit de la rue d'Anjou à la rue de Bretagne. La rue des Oiseaux, très-courte, n'est plus qu'un passage menant au Marché des Enfants-Rouges, autrefois Petit-Marché-du-Temple. L'angle des deux rues est occupé aujourd'hui par des constructions modernes affectées à des logements d'ouvriers. Tout près, et attenant à un lavoir public est un jardin qui peut être un reste de celui de Mlle de Scudéry.

[174] Voy. ses lettres à Mlle Descartes. Elle dit dans la première: «Ma croyance en faveur de mon chien n'ôte rien de l'estime infinie que j'ai pour feu monsieur votre oncle. Ce n'est pas l'amitié que j'ai pour les animaux qui me prévient à leur avantage, c'est celle qu'ils ont pour moi qui me prévient en leur faveur.» Elle disait aussi dans une lettre à Huet (1689): «Il y a longtemps que je me suis déclarée hautement contre certaines machines cartésiennes, sans employer pourtant contre le philosophe que mon chien, ma guenon et mon perroquet.»

[175]

Psittace pumilio, docta sed magne loquela,

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Tu Dominæ immensum parvus comes ibis in ævum,

Nam Sappho quidquid Musa et Apollo potest.

[176] Martin Lister, dans son Voyage à Paris, sur lequel nous reviendrons tout à l'heure, parle, p. 95, de deux caméléons que Mlle de Scudéry aurait gardés près de quatre ans, et dont elle lui montra les squelettes.

On trouve dans les Mss Conrart deux épitaphes du caméléon de Mlle de Scudéry, l'une à la page 119 du t. XI, in-fo, et l'autre, par Mme de Platbuisson, p. 121 du même volume.

[177] G. Pouchet, Le coloris dans la substance vivante. Revue des Deux-Mondes, 1er janvier 1872.

[178] La Gazette de Tendre, p. 74.

[179] Le château de Fresnes, dans la Brie, à deux lieues de Pomponne. Il appartint ensuite au duc de Nevers, puis au chancelier d'Aguesseau.

[180] Dans la lettre du 21 juin 1680, Mme de Sévigné parle d'une fausse lettre que lui avaient envoyée ses femmes de chambre, et qui avait si parfaitement réussi «qu'elles en ont été effrayées, comme nous le fûmes une fois à Fresnes, pour une fausseté que cette bonne Scudéry avoit prise trop âprement.»

[181] Voy. le Journal de Paris, 1787, p. 1169.

[182] Lebeuf, Histoire du diocèse de Paris, t. XII, p. 120, 121.—Dulaure, Environs de Paris, 1790, p. 14.—Delort, Mes voyages aux environs de Paris, t. II, p. 141.

Suivant M. Cousin, La Société française au dix-septième siècle, t. II, p. 304, les deux habitations n'en faisaient qu'une, ou plutôt n'étaient l'une et l'autre qu'un démembrement de l'ancien fief des d'Oysonville, des Viole et des Thibault de la Brousse.

[183] «La plus petite guenon, a dit ailleurs Mlle de Scudéry, détruit par son industrie et son intelligence toutes les doctrines de Descartes.»

[184] Conversations sur divers sujets. Paris, 1680, 2 vol. in-12.—Conversations nouvelles, etc. Paris, 1684, et Amsterdam, 1685, 2 vol. in-12.—Conversations morales, Paris, 1686, 2 vol. in-12.—Nouvelles conversations de morale, Paris, 1688, 2 vol. in-12.—Entretiens de morale, 1692, 2 vol. in-12.

[185] Lettre à Perrault, du 5 mai 1694, au sujet de la dixième satire de Boileau.

[186] C'est ainsi que, dans le volume de 1680, chapitre De la raillerie, voulant raconter un petit voyage qu'elle fait avec quelques amis et amies pour voir la mer, elle déclare «que la relation en sera moins ennuyeuse sous des noms supposés que sous les véritables».

[187] Mme de Sévigné les recommandait à son fils, en disant: «Il est impossible que cela ne soit bon, quand cela n'est point noyé dans son grand roman.» Lettres des 25 septembre 1680 et 11 septembre 1684. Elle y revient encore dans une lettre de 1688. Édition Hachette, t. VIII, p. 371.

«Il n'y a point de si belle morale que celle que vous y prêchez, et étant détachée, comme elle est, des aventures amoureuses qui pourroient éveiller les passions, elle doit être entre les mains de tous les jeunes gens. La Cour ne seroit remplie que d'honnêtes gens si on la prenoit pour règle, et je vous assure, Mademoiselle, que ce devroit être le bréviaire de ceux qui doivent vivre dans le grand monde.» Mascaron à Mlle de Scudéry, Agen, 6 janvier 1681.

«Tout est si raisonnable, si poli, si moral et si instructif dans les deux volumes que vous m'avez fait la grâce de m'envoyer, qu'il me prend quelquefois envie d'en distribuer dans mon diocèse pour édifier les gens de bien et pour donner un bon modèle de morale à ceux qui la prêchent.» Fléchier, à la même, 26 décembre 1685.

[188] La Société française au dix-septième siècle, t. Ier, p. 14.

[189] Giraud, Histoire de Saint-Évremond, p. 77.

[190] L'abbé de Pure, témoin non suspect, préfère sans hésiter la conversation de Mlle de Scudéry à ses ouvrages. «Elle est capable de ternir toutes ses belles productions par sa seule conversation, car elle y est si bonne et si aimable qu'on aime encor mieux la voir que la lire: ce n'est que bonté, que douceur; l'esprit n'éclate qu'avec tant de modestie, les sentiments n'en sortent qu'avec tant de retenue, elle ne parle qu'avec tant de discrétion, et tout ce qu'elle dit est si à propos et si raisonnable, qu'on ne peut s'empêcher de l'admirer et de l'aimer tout ensemble.» La Précieuse, Ire partie, p. 382.

[191] Conversations nouvelles sur divers sujets, 1684, t. II, pp. 770 à 887.

[192] Conversations inédites de Mme de Maintenon, Paris, Blaise, 1828, in-18.

[193] Relation contenant l'histoire de l'Académie française, 1672, in-12, p. 555. Le Discours de la Gloire se trouve à la suite, p. 561.

[194] Vertron, La Nouvelle Pandore, t. Ier, p. 419.

[195] Le Gouz, Supplément manuscrit au Menagiana, cité par l'abbé Jolly, Remarques sur le Dictionnaire de Bayle, t. II, p. 605.

[196] Bosquillon, Éloge de Mlle de Scudéry. Journal des Savants, juillet 1701.

[197] Lettre de Mme de Sévigné, du 12 octobre 1678, édition Hachette, t. V, p. 490.

[198] Ménage, Épître à Mlle de Scudéry, en tête des Œuvres de Sarasin, 1654, in-4o.

[199] De Vaumorière, Harangues, 1713, in-4o, p. 254.

[200] Voy. les lettres de M. de Pertuis, de Mme Deshoulières, etc.

[201] Lettre inédite à Huet, du 21 août 1685.

Il arriva pourtant à l'un de ses amis, et des plus intimes, de lui reprocher son mauvais caractère (Voyez la lettre de Godeau du 8 septembre 1650). Hâtons de dire que Godeau voulait parler de son écriture.

[202] Bosquillon, Éloge.

[203] Menagiana, 1694, p. 198.—Gazette de Loret, lettre du 22 décembre 1663.

[204] Extraits des registres du Cabinet des Titres, Naissances, Mariages, Morts, No 1011, à la date indiquée. Mss de la Bque Natale.

[205] Mercure de février 1693, p. 280.

Dans sa lettre à Boisot du 7 mars, elle dit: «Le dernier Mercure galant contient un éloge véritable. Ceux qui font le Mercure ont cru que je l'avois écrit, mais il est d'un de mes amis appelé M. Bosquillon, à qui j'avois donné un simple mémoire.» On lit dans la lettre du 3 mai suivant: «La semaine prochaine, il y aura un éloge de M. Pellisson dans le Journal des Savants (17e No), fait par un de mes amis, instruit par moi.»

[206] «La colère m'a donné la force de résister à ma douleur pour combattre la calomnie.» Lettre à Boisot du 7 mars 1693 et les suivantes.

[207] Lettre au même du 21 février.

[208] Lettre de Bossuet à Mlle de Scudéry, édition Lebel, t. XXXVII, p. 477, et à Mlle Dupré sur le même sujet, en date du 14 février 1693, ibid., p. 475. «Je m'acquitte d'autant plus volontiers de ce devoir, que vous me faites connoître que mon témoignage ne sera pas inutile pour la consoler.»

[209] Lettres des 7 juin 1693 et 3 octobre 1694.

[210] «Si Dieu me laisse vivre assez longtemps pour écrire ce que je sais de sa vie, je le justifierai dans les affaires temporelles, comme j'ai fait dans la religion.» (13 mars 1693.)

[211] Lettre du 28 février 1693.

[212] Lettre du 20 février 1694.

[213] Lettre du 5 septembre 1675.—Des nouvellistes littéraires ont bâti sur cette donnée une véritable collaboration entre la romancière et le prédicateur. On a pu lire, à plusieurs reprises, dans les journaux, la découverte faite, dans un vieux château de Normandie, du manuscrit original de l'Oraison funèbre de Turenne, par Mascaron, couvert de notes manuscrites de la main de Mlle de Scudéry.

[214] Foucher de Careil, Lettres et Opuscules inédits de Leibnitz, 1854, in-8o, p. 254.

[215] Cousin, Fragments philosophiques, 5e édon.—Philosophie moderne, 2e partie, 1866, in-8o, t. II, p. 182.

[216] Voy. les Poésies.

[217] Voy. ce que nous en avons dit ci-dessus, p. 70.

[218] Clélie, t. I, p. 297-301.—Saint-Marc Girardin, Cours de littérature dramatique, t. III, p. 121.

[219] Martin Lister, A Journey to Paris, 1699, pp. 93 et 94.—Lettres de Madame du Noyer, 1757, t. I, p. 137.

[220] Eug. Crépet, Trésor épistolaire de la France, t. I. p. 237.

[221]

Balzac. . . . . . . . . . né en 1594, mort en 1660.
Chapelain. . 1595,✝1674.
Voiture. . . . 1598,✝1648.
Corneille. . . 1606,✝1684.
Scarron. . . . 1610,✝1660.
Molière. . . . 1620,✝1673.
La Fontaine. 1621,✝1695.
Pascal. . . . . 1623,✝1662.
Bossuet. . . . 1627,✝1704.
Fléchier. . . . 1632,✝1710.
Mascaron. . . 1634,✝1703.
Boileau. . . . . 1636,✝1711.
Racine. . . . . 1639,✝1699.
Labruyère. . 1644,✝1696.

[222] Promenade de Versailles ou Histoire de Célanire. Paris, Barbin, 1669, in-8o.—Les Bains des Thermopyles. Paris, veuve Ribou, 1732, in-8o. C'est un épisode tiré du t. IX du Grand Cyrus.—Histoire de Mathilde d'Aguilar. La Haye, 1736, in-8o.—Anecdotes de la cour d'Alphonse XIe du nom, Roi de Castille. Paris, 1756, 2 vol. in-12.

[223] Conversations morales, 1686, t. II, p. 989.

[224] Eloge de Mlle de Scudéry, par M. Bosquillon, dans le Journal des Savants, du lundi 11 juillet 1701.

[225] Voici la mention, inexacte quant à l'âge, que M. Jal a relevée sur les registres de Saint-Nicolas. Ce fut le jeudi 2 juin 1701 que décéda, en sa maison, rue de Beauce, «damoiselle Magdeleine de Scudéry, fille, âgée de soixante-et-quatorze ans, ou environ.» Elle fut inhumée le lendemain 3 juin, à Saint-Nicolas-des-Champs, sa paroisse.

[226] Voyez la Notice page 17.

[227] Mss de Conrart, in-4o, t. V, p. 275.

M. Cousin qui a reproduit cette lettre et la suivante, n'a pas entrepris d'en expliquer les allusions. Nous avons dû aller plus loin que lui. Leur comparaison avec les lettres de Balzac à Chapelain des 15 mars, 15 et 29 avril 1639, et avec la lettre inédite de Voiture au même, datée du 1er mars de la même année (Mss Sainte-Beuve), nous a fourni l'explication suivante: La comédie de l'Arioste I Suppositi avait été à l'hôtel de Rambouillet l'objet d'une polémique assez animée. Critiquée par Voiture et par Mlle de Rambouillet, elle avait eu pour défenseurs Chapelain, Mlle Paulet, Georges et Madeleine de Scudéry. Enfin Voiture s'avoua vaincu et envoya à Chapelain une paire de gants, enjeu du défi.

[228] Mlle Paulet, sur laquelle nous reviendrons plus loin, avait dû ce surnom à son courage, à sa fierté, et à la nuance dorée de ses cheveux. Chapelain avait composé sur elle en 1633 une pièce de vers qu'on appelait le Récit de la lionne.

[229] Balzac, qui s'était aussi déclaré pour l'Arioste dans la discussion dont nous avons parlé, se prévaut, dans sa lettre du 15 avril, de l'adhésion de Scudéry, et il ajoute: «Mais que cette sœur qui écrit si élégamment et de si bon sens, est digne de lui, et qu'elle est à mon gré une personne excellente! Prêtez-moi, monsieur, une douzaine de vos paroles, pour lui faire le compliment que je lui dois, et dites-lui que si j'étois le légitime distributeur de cette immortalité dont vous parlez, elle seroit assurée d'en avoir sa part.»

[230] Mss de Conrart, in-4o, t. V, p. 277.

[231] I Suppositi. Cette comédie de la jeunesse de l'Arioste n'est guère qu'une imitation de Plaute et de Térence. Mais le prologue renferme un certain nombre d'équivoques dont on s'explique que la pudeur de Mlle de Rambouillet et de quelques-uns de ses amis des deux sexes ait pu prendre ombrage.

[232] Intrigue était alors du masculin ou des deux genres, comme équivoque, rencontre, affaire, énigme, etc.

[233] Cette lettre, évidemment relative à la controverse sur les Suppositi de l'Arioste, trouve sa place naturelle à la suite des deux précédentes. Nous l'empruntons à l'Isographie, avec une lacune que nous n'avons pu remplir.

[234] Mlle de Rambouillet, qu'on appelait souvent la Princesse Julie dans sa société.

[235] Georges de Scudéry. Voyez la lettre déjà citée de Balzac, du 15 avril 1639. «C'est un dangereux homme que cet Astolphe,... et j'aimerois mieux me réconcilier avec l'Arioste que de me battre contre son chevalier. Pour moi, je mets son amitié au nombre de mes meilleures fortunes, et suis tout glorieux du nouveau témoignage qu'il m'en a rendu. Mais que cette sœur, etc.» Suit le passage cité p. 144, note 229.

[236] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 189.

Mlle Robineau, «fille déjà âgée en 1657,» suivant Tallemant. «Elle a beaucoup d'esprit, dit le Grand Dictionnaire des Précieuses, et est des bonnes amies de la docte Sophie (Mlle de Scudéry) qui lui fait une confidence générale de tous ses ouvrages.» C'est la Doralise du Grand Cyrus. Elle habitait le quartier du Marais.

[237] Théophraste Renaudot, fondateur de la Gazette de France dont il avait obtenu le privilége à la date de 1631, par la protection du cardinal de Richelieu.

[238] Louis Séguier, baron de Saint-Brisson et prévôt de Paris. C'était un soupirant de Mlle Paulet, personnage ridicule dont il est souvent question dans les chansons du temps.

[239] Suzanne Cujas, fameuse par ses dérèglements. Elle était née en 1587, et Catherinot en nous donnant sa Vie, 1664 in-8o, a négligé de nous instruire de la date de sa mort. On voit qu'elle vivait encore en 1644.

[240] Antoine de Nervèze, littérateur des plus médiocres, dont les vers, dit l'Estoile, se vendaient deux sols sur les quais de Paris.

[241] Nous aurons occasion de revenir sur la plupart de ces noms.

[242] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 185.

Angélique Paulet, fille de Charles Paulet, inventeur de l'impôt dit la Paulette, était l'une des plus anciennes amies de Mlle de Scudéry, qui l'a peinte dans le Grand Cyrus sous le nom d'Élise.

[243] Il avait été lieutenant-général. Lui et son frère cadet, M. de Chaudebonne, étaient des familiers de l'hôtel de Rambouillet.

[244] Locution familière à l'auteur.

[245] La marquise de Clermont d'Entragues et ses deux filles, Louise et Marie de Balzac.

[246] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 173.

[247] Ce devait être Anne de Pontevez, mariée en 1620 à Thomas, marquis de Mirabeau.

[248] Montauron, financier connu par son faste et par la dédicace de Cinna.

[249] La vicomtesse d'Auchy célébrée par Malherbe.

[250] La baronnie de Méouillon, Mévouillon ou Mévolhon (Medullio en latin), était une des plus anciennes de la Provence. Il s'agit probablement ici de Bon, baron de Mévouillon, gouverneur de Notre-Dame-de-la-Garde en 1591, et qui joua un rôle important dans les troubles de Marseille à cette époque.

[251] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 181.

Mlle de Chalais était dame de compagnie de la marquise de Sablé et amie intime de Mlle de Scudéry et de Mlle Paulet.

[252] Mlle Diodée. Voy. la Notice, p. 26 et suiv.

[253] De Sablé.

[254] Mlle Paulet.

[255] Mme de Motteville a rendu hommage à Mlle de Scudéry dans ses Mémoires. 1855, t. III, p. 239.—Sa sœur, Mlle Bertaut, avait été surnommée Socratine à cause de sa sagesse et de sa douceur.

[256] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 161.

[257] C'est-à-dire aux frais de la province.

[258] Louis-Emmanuel de Valois, comte d'Alais, nommé gouverneur de Provence en 1637.

[259] L'hôtel de Mirabeau était situé place de Lenche à Marseille.

[260] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 147.

[261] Pierre de Boissat, qu'on avait en effet de son temps surnommé Boissat-l'Esprit, naquit en 1603 et mourut en 1662. Il fut un des premiers membres de l'Académie française.

[262] Nous supprimons le sonnet assez médiocre de Boissat, ainsi que des fragments, prose et vers, d'une lettre de Georges de Scudéry à Mme de Tournon.

[263] Mme Aragonnais était la veuve d'un trésorier des gardes françaises. Elle habitait le Marais, et appartenait, comme Mme Cornuel, aux rangs les plus élevés de la bourgeoisie parisienne. Sa fortune, qui était assez considérable, lui permit de marier sa fille à Michel d'Aligre, un des fils du premier chancelier de ce nom. Mlle de Scudéry a fait de Mme Aragonnais un séduisant portrait sous le nom de Philoxène dans le Grand Cyrus. Tome VII, livre III, page 1046.

[264] Les deux demoiselles Boquet étaient des amies particulières de Mlle de Scudéry et des habituées assidues du Samedi. Voici ce qu'en dit Somaize dans son Grand Dictionnaire des Précieuses: «Bélise et sa sœur sont deux précieuses âgées qui jouent fort bien du luth et qui ont une grande habitude à toucher les instruments. Elles logent aussi au quartier de l'Éolie (le Marais), qui est le lieu où les précieuses âgées font le plus de bruit.»

[265] Cabinet de M. A. Chauveau.

[266] Balzac.

[267] Mlle Marie Galtelle Desroches avait épousé Pierre de Lalane, qui faisait sa principale occupation de la littérature et de la poésie. Après cinq ans de mariage, Lalane perdit cette femme aussi belle que spirituelle. Il célébra sa mort par des vers qui sont insérés dans ses Œuvres, qu'on réunit en général à celles de Montplaisir.

[268] On connaît les vers de Boileau:

Bienheureux Scudéry dont la fertile plume, etc.

[269] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 147.

[270] On voit par cette lettre que Mlle de Scudéry était blessée des attentions particulières que Chapelain avait pour Mlle Robineau.

[271] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 149. Cette lettre est sans date, mais, dans le manuscrit, elle vient à la suite de celle du 31 janvier.

[272] Mme Pilou (Anne Baudesson), fille et veuve d'un procureur du Châtelet. Au dire de ses contemporains, elle était d'une laideur extrême. C'était une bourgeoise pleine de bon sens et d'esprit, qui, ayant une certaine fortune, fut mêlée à la bonne société de son époque. Tallemant des Réaux lui a consacré une historiette, et son portrait a été gravé.

[273] Mss de Conrart, in-4o, t. X, p. 145.

[274] Mss de Conrart, in-4o, t. XI.

[275] Il s'était agi pour Chapelain d'aller au Congrès de Munster, nous ne savons en quelle qualité. Ce projet n'eut pas de suite. Voyez sa lettre à Mlle de Scudéry, du 12 avril 1645.

[276] Mss Conrart, in-4o, t. XI, p. 129.

Julie-Lucine d'Angennes, née en 1607. l'aînée des sept enfants de la marquise de Rambouillet, mariée au duc de Montausier le 15 juillet précédent.

[277] Celle du marquis de Pisani, tué à la bataille de Nordlingen (3 août 1645). Il était fils de la marquise de Rambouillet et frère de Mme de Montausier.

[278] Mss de Conrart, in-4o, t. XI, p. 157.

[279] Alphonse de Richelieu, frère du cardinal. Ce digne prélat fit lui-même son épitaphe; elle mérite d'être conservée: Pauper natus sum, pauperiem vovi, pauper morior, inter pauperes sepeliri volo.

[280] De la Mesnardière, né en 1610, mort en 1663. Il était médecin du cardinal de Richelieu et de Gaston d'Orléans. Ami de Mme de Sablé et lié avec la plupart des gens de lettres de son temps, il s'occupa plus de poésie que de médecine, et fut reçu à l'Académie française en 1655.

[281] Aymar de la Vergne, maréchal de camp et gouverneur du Havre-de-Grâce, père de Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, depuis comtesse de la Fayette et auteur de Zaïde et de la Princesse de Clèves.

[282] Les deux lettres qui suivent sont tirées du Bulletin de la Société du protestantisme français, t. X, p. 389 et 391.

[283] Anne-Marie de Schurman, née en 1607, morte en 1678, très-versée dans les langues anciennes, dans la langue hébraïque, etc.

[284] Mlle Dumoulin.

[285] Le Conservateur, juillet 1760, p. 92. Copie du temps, Collection Moreau, t. 847, p. 29.

Voyez Eug. de Beaurepaire, Histoire de deux sonnets dans la Revue de Rouen, XXe année, p. 129. Les documents qu'il cite prouvent que la querelle commença en décembre 1649.

[286] Cette préférence donnée par Mme de Longueville au sonnet d'Uranie sur celui de Job avait inspiré à Mlle de Scudéry le quatrain suivant: