Écureuil commun
Sciurus vulgaris
Spirou, Fouquet
Famille des Sciuridés
Marmotte vulgaire
Arctomys marmotta
Famille des Sciuridés
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La Marmotte a la tête large, plus allongée que celle de l’Écureuil, les membres forts et trapus, façonnés pour creuser la terre, les oreilles courtes, les yeux très gros, la queue courte et poilue, dix mamelles, vingt-deux dents dont deux incisives jaunes à chaque mâchoire. Son pelage est fauve grisâtre ou roux noirâtre en dessus, roussâtre en dessous. Elle a, en moyenne, 0m65 de longueur.
Elle se trouve seulement dans les montagnes des Alpes, soit en Suisse, dans les départements de la Savoie, de l’Isère, des Hautes et Basses-Alpes et y vit à la hauteur de 1.500 à 3.000 mètres, vers la limite des neiges éternelles. Là, on les rencontre par colonies, au milieu des rochers et des éboulis, aux environs des terriers qu’elles se creusent très profondément, mangeant en abondance des plantes, des racines et des graines. Surprises par l’homme, elles poussent un très fort sifflement et rentrent prestement dans leurs trous. On prétend que si un groupe de Marmottes est au repos, l’une d’elles se place en sentinelle pour aviser les autres d’un danger possible. Des observations sérieuses ont prouvé que le fait était plutôt une légende populaire.
Après l’accouplement qui se fait au printemps, à la fin d’avril, et cinq semaines de gestation, la famille met bas dans son terrier quatre à six petits. Pendant l’été, les Marmottes passent leurs journées à manger et à se reposer, si bien que, dès le mois de septembre, elles sont en général excessivement grasses. Alors, elles quittent leur domicile d’été, lorsqu’il est placé à une certaine élévation sur la montagne et viennent habiter plus bas un terrier creusé pour l’hiver. Elles s’y réfugient, après l’avoir muré, dans une sorte de nid bien feutré d’herbes et s’y engourdissent complètement jusqu’au printemps suivant. A leur réveil, leur poids n’a guère diminué que de 200 à 300 grammes.
Les montagnards les prennent dans leurs trous d’hiver et il n’est pas rare de voir en France et en Belgique, de jeunes enfants promener des Marmottes en vie, qu’ils nourrissent de grains, de pain et même de viande, en demandant l’aumône.
La Marmotte vit de 9 à 10 ans, lappe comme le chien en buvant et broute comme le lapin.
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Le Loir adulte a, du museau à la naissance de la queue, 0m14 à 0m16 et environ 0m13 de queue; quatre doigts avec un pouce non développé aux pattes de devant, cinq doigts aux pattes de derrière. Son pelage est gris cendré soyeux en dessus et d’un blanc plus ou moins pur en dessous; il a des moustaches noires et quelques poils noirs autour des yeux, les oreilles moyennes, arrondies et très mobiles, les yeux noirâtres et proéminents, la queue entièrement grise avec raie blanchâtre en dessous, bien fournie de poils à l’instar de celle de l’Écureuil.
On le trouve dans la plupart des départements français du Centre et du Midi, même de l’Est, mais il est toujours assez rare; il est peut-être plus commun en Suisse, mais il n’existe probablement pas en Belgique. Il vit dans les forêts et se nourrit de toutes sortes de fruits, même de petits oiseaux. Son nid placé dans un arbre creux ou dans un trou de rocher ou de carrière est fait de mousse et de feuilles; il y entasse des provisions de fruits et de baies et, durant les grands froids, il s’y engourdit plus ou moins. En mars, il sort et l’accouplement se fait bientôt après. C’est en juin que la femelle met bas de deux à six petits.
Un Loir adulte tenu en captivité par M. Rollinat, d’Argenton, était au début très féroce et mordait cruellement, mais il s’habitua assez vite à recevoir sa nourriture qu’il finit par prendre même de la main de l’homme. Il était très friand de noix, noisettes, châtaignes, glands, fraises et pommes, tandis qu’il dédaignait le blé et l’avoine. Il refusa toujours les hannetons et autres coléoptères, ainsi que les œufs d’oiseaux, aussi les oisillons offerts morts ou vivants. Il poussait de temps en temps des cris rauques et souvent de petits cris flûtés. Ajoutons qu’un autre Loir, mis en cage par le même savant, mangeait parfaitement des œufs et des petits oiseaux.
Le Loir devient extrêmement gras. Il était autrefois, chez les Romains, un mets qu’on servait et qu’on appréciait sur les tables somptueuses.
Loir commun
Myoxus glis
Famille des Myoxidés
Loir lérot
Myoxus nitela
Rat liron, Rat houdot, Droumiant, Goux, Glay
Famille des Myoxidés
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Plus petit que le Loir, le Lérot mesure seulement du museau au bout de la queue 0m22 à 0m25. En dessus, sa coloration est d’un brun roussâtre un peu violacé, blanchâtre en dessous; une bande noire part du museau, enveloppe l’œil, se bifurque à l’oreille et se termine au cou. Les oreilles sont assez longues, la queue longue noire dessus, blanche en dessous et couverte de poils assez courts à la base, mais touffue vers son extrémité. Il a, comme le Loir, quatre doigts avec un pouce non développé aux pattes de devant et cinq doigts aux pattes de derrière, et 20 dents.
Très commun presque partout en France, en Belgique et en Suisse, il vit dans les maisonnettes et les murailles des vergers et des jardins, sort surtout à la nuit tombante et commet de grands dégâts en attaquant les meilleurs fruits; il dévaste les nids des petits oiseaux et mange aussi à l’occasion des graines et des insectes.
Il se retire dans les trous de murs et bâtit quelquefois dans une haie épaisse ou dans les grands lierres grimpant aux murailles un nid de mousse en forme de boule, ou bien il s’établit dans un vieux nid de pie ou de merle. Il entre facilement dans les maisons habitées et dans les granges.
En mai ou juin, la femelle fait de trois à cinq petits qui grandissent assez vite; à l’automne, il fait ses provisions pour l’hiver, et le froid venu, s’engourdit dans un arbre creux, une cavité de carrière ou un trou de muraille. Les maçons qui démolissent, en hiver, de vieux bâtiments trouvent souvent, au milieu d’un mur, un interstice rempli de foin et sur ce lit d’herbes deux ou trois Lérots endormis, absolument inertes.
C’est un animal à détruire.
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De très petite taille, le Muscardin est à peine long de 0m14, a les parties supérieures d’un roux doré clair et les parties inférieures d’un blanc roussâtre, les oreilles arrondies, assez larges, la tête large, la queue poilue, plus touffue au bout; comme le Loir et le Lérot, il a 20 dents, quatre doigts avec le pouce non développé aux pattes de devant et cinq doigts aux pattes de derrière. A peine gros comme une petite souris, il est extrêmement vif et court avec prestesse sur les branches des arbres qu’il ne quitte guère.
En France, il semble assez rare partout, ce qui provient probablement du fait qu’il habite les bois épais et qu’on ne l’aperçoit guère parce qu’il ne sort que le soir. On l’a observé dans la France centrale, en Normandie, dans les provinces du Nord et dans certains autres départements, aussi en Belgique. En Suisse il est assez commun, de même que dans le Jura.
Il se nourrit de fruits, baies et graines et fait avec des feuilles et de la mousse un petit nid arrondi qu’il place dans les branches d’un arbuste épais ou dans un trou d’arbre. C’est là que la femelle, après une gestation de quatre semaines, met bas de deux à quatre petits. A l’automne, il s’occupe à ramasser des provisions, noisettes et graines, faînes et châtaignes, glands et baies de rosier, qu’il entasse dans une cavité d’arbre, puis il se fait un nid pour l’hiver, dans lequel il s’endort d’un sommeil profond, dès le mois d’octobre, pour se réveiller seulement en mai.
C’est un joli petit animal, pas nuisible et qu’on peut élever en cage. Il devient assez familier, mais ordinairement il ne vit pas longtemps en captivité.
Loir muscardin
Myoxus avellanarius
Muscardin
Famille des Myoxidés
Rat surmulot
Mus decumanus
Rat d’égout
Famille des Muridés
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Le Surmulot ou rat d’égout a, comme toutes les espèces du genre Rat, une tête moyenne à museau plutôt allongé, les oreilles grandes, les yeux assez grands, le corps allongé, les membres courts et seize dents. Son pelage est brun noirâtre ou roussâtre en dessus, blanchâtre ou grisâtre en dessous, sa queue brun roussâtre sale un peu plus courte que le corps, qui mesure de 0m42 à 0m46.
Venu en Europe de l’Asie centrale, le Surmulot est aujourd’hui répandu partout en France, en Belgique et en Suisse, toujours rare dans les campagnes mais extrèmement commun dans les villes, en particulier à Paris. Il fréquente les égouts, les abattoirs, les magasins, les caves, et se creuse des trous profonds dans les murailles, les écuries, les poulaillers, les cours. Il en sort parfois le jour, et chaque soir à la nuit tombante, pour rôder de tous côtés, mangeant tout ce qu’il trouve: débris de cuisine, provisions de toutes sortes, poissons, pigeons, petits poulets, cadavres d’animaux. Il attaque les petits lapins et poursuit le Rat noir jusqu’à l’exterminer. En général il demeure toujours près de terre et n’aime pas monter aux étages supérieurs des maisons et dans les greniers.
Très vigoureux et très brave, il mort cruellement, ne redoute aucunement les plus gros chats et se défend même contre certains chiens. Toutefois il se laisse prendre assez aisément dans les pièges et ne peut résister aux petits chiens très mordants qu’on dresse à lui faire la chasse.
La femelle fait, au fond d’un trou ou dans les tas de paille ou de bois, quatre ou cinq portées par an, chacun de cinq à treize petits. On doit donc lui faire une guerre sans merci, si on veut l’empêcher de pulluler d’une effrayante façon.
On observe assez souvent une variété noire.
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C’est le Rat ordinaire, reconnaissable à son pelage tirant plus ou moins sur le noir en dessus, cendré blanchâtre en dessous, ses oreilles grandes et dénudées, sa queue extrêmement longue. Sa taille varie de 0m40 à 0m42 de longueur, dont 0m20 à 0m22 de queue.
Probablement originaire de l’Asie centrale, il existe en Europe depuis le moyen âge, tandis que la présence du Surmulot dans nos pays ne remonte pas à deux siècles. Il est commun partout dans les villes et dans les campagnes, mais dans beaucoup de grandes villes, il disparaît devant le Surmulot et là où il reste, il habite surtout les greniers.
Rusé et circonspect, il évite assez bien les pièges et on sait quels dégâts il commet dans les endroits où il est abondant. Il dévore les grains et toutes les provisions, ronge tout ce qui lui tombe sous la dent, perfore les murs et les parquets, et en cas de disette, mange même les autres Rats. Il est à son tour détruit par certains chats, d’autres hésitant à l’attaquer quand il est adulte, par les belettes, les hermines, les fouines et les rapaces nocturnes. Il court vite, nage bien et grimpe aux arbres avec adresse. Rarement, il s’éloigne des habitations, bien qu’à l’automne il aille volontiers visiter les jardins fruitiers.
Il se reproduit en toutes saisons, même en plein hiver, et la famille n’a pas plutôt élevé ses petits qu’elle fait une nouvelle portée de quatre à dix petits dans un trou, un tas de fagots, un amas de foin ou de paille.
Cette espèce est très variable. On trouve des Rats roux à ventre blanc, d’autres tout blancs ou en partie blancs. Faut-il, comme l’ont fait plusieurs zoologistes, considérer ces Rats roux à ventre blanc et d’autres de coloration un peu différente comme des espèces spéciales ou au moins des sous-espèces? Faut-il par exemple admettre que la forme appelée «Mus alexandrinus» est une autre espèce que le Rat noir? La question est encore douteuse. Ces espèces seraient, en tous cas, extrêmement voisines les unes des autres.
Rat noir
Mus rattus
Famille des Muridés
Rat souris
Mus musculus
Souris
Famille des Muridés
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La Souris est un petit animal en somme assez gracieux que tout le monde connaît, dont même certaines femmes ont grand’peur, sans savoir pourquoi. Elle est d’un gris plus ou moins foncé, avec de grandes oreilles dénudées et une longue queue. Adulte, elle mesure de 0m16 à 0m20.
On la trouve partout, elle pénètre dans les appartements habités, dans les armoires les mieux fermées, soit par un tout petit interstice, soit en rongeant elle-même le bois. Elle sort de son trou assez souvent le jour et toujours vers le soir, vivant de tous les reliefs qu’elle peut trouver dans les maisons. Tout lui est bon, soit pour manger, soit pour préparer une couchette à ses petits. C’est ainsi qu’elle rongera et réduira en miettes les papiers, le linge, les vêtements et touchera à toutes les provisions, grains et fruits. Malgré l’énorme destruction qu’en font les chats, tous les petits carnassiers, les oiseaux de proie et l’homme, au moyen de pièges variés, elle pullule partout.
Elle fait par an quatre à cinq portées, de chacune six à neuf petits qui grandissent en peu de jours et peuvent se reproduire un ou deux mois après leur naissance.
En Suisse, où elle est aussi commune qu’en France et en Belgique, on la rencontre encore à une grande hauteur sur les Alpes. Comme le remarque Fatio, elle n’est pas rare dans les chalets et les auberges à 2.700 mètres d’élévation, et elle y demeure toute l’année.
On trouve des Souris à pelage presque noir, ou isabelle, ou fauve, ou pie ou entièrement blanches. On a voulu voir une variété chez certains individus souvent de coloration gris fauve qui quitteraient les habitations plus volontiers que les autres pour fréquenter les champs du voisinage et les tas de paille des fermes, mais ces Souris sont bien analogues au type, et si, en tous cas, elles ressemblent un peu au Mulot, on les distinguera toujours à leur taille plus petite et parce qu’elles n’ont jamais au talon une tache foncée qui existe toujours chez le Mulot.
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Le Mulot, dont la longueur atteint 0m22 à 0m25 a le pelage d’un brun plus ou moins foncé, ou d’un beau fauve roux sur le dos, plus clair sur les flancs, blanc ou grisâtre en dessous; une tache noirâtre au talon. Les jambes de derrière sont allongées, les oreilles grandes, les yeux très gros, la queue à peu près de la longueur du corps, d’un brun noirâtre en dessus, blanchâtre en dessous.
C’est certainement un joli petit animal dont la coloration varie beaucoup, suivant les individus, l’âge et les saisons; très commun, surtout dans les années sèches, dans les bois, les haies, les champs, où il se creuse des terriers peu profonds dans lesquels il amasse, à l’automne, une petite provision de grains. C’est aussi un pillard nuisible qui coupe sur pied les blés et les avoines, dévore les grains, déterre les glands et les châtaignes semés par les forestiers, attaque tous les fruits, recherche les insectes et les grenouilles, même les œufs et les petits des passereaux. Il détruit les nids des bourdons et comme ces insectes servent beaucoup à la fécondation de certaines plantes en transportant le pollen d’une fleur à l’autre, il cause ainsi un réel préjudice à l’agriculteur. Les Mulots se mangent même entre eux.
On constate qu’il circule beaucoup, aussi bien en hiver qu’en été, car il laisse sur la neige une empreinte très reconnaissable indiquant que, au contraire des autres espèces, il court par bonds en laissant traîner sa queue. Quand la gelée est persistante, il quitte son terrier et se retire sous les meules de paille, et même dans les écuries et les granges des fermes.
Du printemps à l’automne, la femelle fait trois à cinq portées, chacune de quatre à six petits, soit au fond de son terrier, soit sous un tas de fagots ou de fumier, dans un nid arrondi, assorti de paille et de foin. Souvent, elle s’accouple aussitòt la naissance des petits et pendant qu’elle allaite encore.
Ses ennemis sont nombreux, chiens, renards, chats, oiseaux de proie, serpents. Bien souvent, nous l’avons vu attaqué par une belette. Le petit carnassier le saisit brusquement au cou, quelques gouttes de sang paraissent et le Mulot agonise à l’instant.
Rat mulot
Mus sylvaticus
Mulot
Famille des Muridés
Rat des moissons
Mus minutus
Famille des Muridés
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Sa longueur est à peine de 0m12 à 0m14, il est fauve sur le dos et blanc en dessous, avec les pieds fauve brunâtre, les oreilles assez courtes, la queue brune presque aussi longue que le surplus du corps, blanchâtre en dessous, les yeux moyens, les pieds allongés et blanchâtres.
Ce petit Rat nain, répandu partout en France et en Belgique, mais très rare en Suisse, habite les champs et les taillis où il est très peu ou assez commun, suivant les localités. Il se creuse un trou, mais souvent aussi passe sa vie dans les épais buissons, sous les tas de paille et au milieu des champs de blé, mangeant des graines et des insectes. Il grimpe avec une adresse extrême sur les arbustes et les tiges des céréales, et comme sa queue est un peu prenante, il s’en aide pour monter le long des brins de seigle et de froment.
Au commencement de l’été, il se construit un petit nid arrondi avec des brins d’herbes sèches entrelacés, à 40 ou 50 centimètres de hauteur, suspendu à un brin de taillis, à une branche d’aubépine ou à plusieurs tiges de seigle et de blé. Ce nid excite souvent l’étonnement de ceux qui ne connaissent pas le constructeur. La femelle y dépose quatre à huit petits et fait par an trois ou quatre portées.
L’hiver venu, il ne s’engourdit pas, mais se retire dans les meules de paille, ou même dans les granges et les écuries.
Ses ennemis sont les mêmes que ceux des autres Rats; nous l’avons même vu, surpris à terre par des poules et tué par elles à coups de bec.
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Les Campagnols peuvent être appelés les Rats à queue courte; six espèces habitent la France, quatre ou cinq seulement se trouvent en Belgique et en Suisse.
Le Rat d’eau, le plus grand des Campagnols, est de taille relativement très forte, atteignant à l’état adulte une longueur d’au moins 0m225. Il est brun noirâtre en dessus, gris roux assez foncé en dessous, ses yeux sont moyens, ses oreilles courtes et assez larges, sa queue dépasse à peine la moitié de la longueur du corps.
Il habite toute l’Europe et est généralement commun en France, en Belgique et en Suisse, où on l’observe à 1.400 mètres d’altitude. Il se tient presque toujours le long des rivières, des ruisseaux, des étangs et des mares. Il s’y creuse, au niveau de l’eau, des garennes assez profondes reliées entre elles par des sentiers battus et des tunnels et vit de grenouilles, d’insectes, d’écrevisses, de poissons et surtout de racines et de tiges de plantes aquatiques, même de racines de légumes.
Peu farouche, il est prudent et se retire vite dans son trou, s’il est inquiété, ou bien plonge et nage avec une certaine rapidité.
La femelle, de deux à quatre fois l’an, met bas dans son terrier de deux à sept petits, le plus souvent de six à sept.
Cette espèce est variable de taille, de coloration et d’habitude. La race dite «Musignani ou destructor» est de couleur plus jaunâtre et remplace le type en Provence et en Italie. On lui a donné le nom de Campagnol destructeur parce que, à certaines époques, en Italie, cette race, chassée du bord des eaux par les inondations, a envahi les champs et saccagé les récoltes, les vignes et les jardins. Une autre forme appelée «Campagnol terrestre» est plus petite, plus claire, plus grise et a la queue plus courte que le type, mais elle appartient certainement à l’espèce ordinaire.
Campagnol Rat-d’eau
Arvicola amphibius
Famille des Muridés
Campagnol agreste
Arvicola agrestis
Famille des Muridés
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Le Campagnol agreste mesure de 0m14 à 0m16 de longueur. Sa robe est d’un brun fauve ou brun clair en dessus, d’un gris clair en dessous, avec la queue d’environ le tiers du corps, franchement bicolore, noirâtre en dessus, blanchâtre en dessous. On le trouve partout en France, en Belgique et en Suisse, plus ou moins répandu suivant les années, parfois excessivement abondant, et alors il peut commettre d’énormes dégâts dans les récoltes. Une autre espèce très voisine, également très nuisible, le Campagnol des champs, «Arvicola arvalis Pallas» est plus petite (longueur du corps 0m12 à 0m15), plus fauve en dessus avec une ligne jaune aux flancs, avec la queue à peu près unicolore, jaunâtre, d’environ un quart de la longueur du corps. Plusieurs zoologistes ne font des deux types qu’une seule espèce.
Habitant les champs, il devient par moments excessivement commun et on voit à chaque pas ses terriers à plusieurs ouvertures, où il passe en partie la journée. Le soir venu, mais souvent aussi pendant le jour, il sort en quête de nourriture et ronge avec avidité les céréales dans les champs, les plantes potagères dans les jardins, les racines dans les prairies, ramassant sur le tard des provisions pour l’hiver. En certains cas, il est une véritable plaie pour l’agriculture.
Après une gestation de vingt jours, la femelle fait dans ses trous ou même dans un nid simplement caché sous les herbes, quatre à sept petits, puis recommence de nouvelles portées quatre à six fois. Au moment des gelées, il se retire sous les meules de paille et dans les bâtiments, mais il ne s’engourdit jamais, comme le prouvent ses traces très reconnaissables par les temps de neige, sa piste étant uniforme et non interrompue par des bonds, comme par exemple celle du Mulot.
On le prend facilement aux pièges. Beaucoup d’oiseaux de proie diurnes et nocturnes, la vipère, certaines couleuvres, les belettes, les chiens de berger qui les déterrent, en détruisent une énorme quantité, mais il est tellement prolifique que l’espèce est toujours commune.
On a essayé dans le Nord, l’Est et l’Ouest de la France, toutes sortes de moyens pour empêcher ses déprédations: pièges, trappes, poison; on a même répandu des boulettes contenant un bacille cultivé exprès, et les expériences ont prouvé qu’on pouvait ainsi en tuer d’énormes quantités.
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Le Campagnol souterrain, long de 0m12, est brun ou brun grisâtre en dessus, gris cendré en dessous, les oreilles nues et tellement courtes qu’on ne les distingue pas au-dessus des poils, les yeux très petits. De plus, alors que chez les autres Campagnols il y a toujours huit mamelles, le souterrain n’en a que quatre.
Cette espèce qu’on ne voit guère parce qu’elle est continuellement sous terre dans ses galeries nombreuses et profondes, est en réalité assez répandue, bien que localisée, en France et en Belgique. Fatio ne l’indique pas dans sa faune de la Suisse, mais elle s’y trouve très probablement. Elle vit dans les prés humides et les jardins où elle trouve sa nourriture consistant en racines potagères, céleri, carottes et autres, aussi dans les marécages et au bord des étangs, où elle dévore les racines des plantes aquatiques.
Après vingt jours de gestation, la femelle fait sa portée de deux à quatre petits, ce qui se renouvelle cinq à six fois par an.
Bien que ses habitudes souterraines mettent ce Campagnol à l’abri des attaques des animaux de proie et des hérons, il n’est jamais très répandu, détruit par les taupes qui le rencontrent sous terre, par les serpents qui vont le chercher dans son trou, par les belettes et aussi par les inondations qui envahissent souvent ses terriers.
Ses formes lourdes et ramassées, la brièveté des oreilles et de sa queue, la petitesse de ses yeux, le nombre des mamelles, ont décidé les zoologistes à le classer dans un genre différent de celui des autres Campagnols, le genre «Microtus Selys». On a également décrit sous les noms de Campagnol incertain et Campagnol des Pyrénées des formes très voisines, habitant les montagnes, qui appartiennent évidemment à cette espèce; aussi, sous les noms de «Arvicola gerbei Del’isle», «Selysii Gerbe», «Savii Silys», des variétés très légèrement différentes, surtout par leur coloration.
Campagnol souterrain
Arvicola subterraneus
Famille des Muridés
Lièvre commun
Lepus timidus
Famille des Léporidés
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Tout le monde connaît le Lièvre avec son pelage fauve variant du gris au brun, ses flancs fauves ainsi que la gorge, le dessous du corps blanc, le bout des oreilles noir, la queue très courte et très velue, noire dessus, blanche dessous. Le mâle est ordinairement plus blanchâtre et plus roux, la femelle plus grise. La longueur moyenne d’un adulte français est de 0m70, et son poids de 7 à 8 livres; les Lièvres suisses sont plus grands et atteignent 9 et même 12 livres.
Le Lièvre est devenu rare dans beaucoup de départements, excessivement rare dans plusieurs du midi, commun dans certains autres et dans plusieurs provinces belges, mais là où il n’est pas protégé au moyen des chasses gardées, il diminue promptement de nombre, étant donné la chasse acharnée que lui font l’homme avec le fusil et les collets, les chiens, les renards, tous les mustelidés, les chats, les oiseaux de proie diurnes et nocturnes.
Il habite les champs et les bois et, suivant la saison, la température et des habitudes individuelles, se gîte en des endroits variés. Il aime les terrains secs et pourtant il se cache parfois en des places tellement marécageuses qu’il est presque couché dans l’eau. Son gîte est un petit emplacement battu, plus ou moins recouvert par des mottes de terre, des plantes vertes ou des ronces, quelquefois tout à découvert. D’ordinaire, il demeure en repos pendant toute la journée, tapis et gîté dans un sillon ou dans les broussailles, et se met en mouvement, au crépuscule, pour brouter toutes sortes de végétaux. S’il n’est pas dérangé, il retourne, dès les premières lueurs du jour, à son ancien gîte ou en fait un nouveau à peu de distance, fréquente toujours la même contrée, où si les mâles s’éloignent pendant quelques jours, ils ne tardent pas à y revenir.
La chasse du Lièvre aux chiens courants est particulièrement intéressante, l’animal essayant, au moyen d’une foule de ruses instinctives, de dépister les chiens. Il a l’ouïe excessivement fine, mais la vue mauvaise en ce sens qu’il voit mal devant lui et qu’il viendra, par exemple, tout droit jusqu’aux pieds du chasseur, si celui-ci demeure immobile.
Il est polygame et les mâles se livrent de violents combats; le rut durant toute l’année, on trouve des femelles pleines en toutes saisons et souvent une hase, nom de la femelle, s’accouple quand elle nourrit encore ses petits. Le nombre des portées est de deux à quatre, de chacune deux ou trois petits, très rarement quatre. Les jeunes qui croissent vite sont déjà aptes à reproduire au bout de huit ou neuf mois.
La gestation dure un mois. Les petits sont déposés dans un fourré, sous d’épaisses ronces, au fond d’un fossé, sous des bruyères, tandis que la mère ne reste pas avec eux et se gîte à peu de distance. Dès qu’ils peuvent courir, les levraults se cachent aux environs et accourent lorsque la femelle fait entendre un cri d’appel très particulier. Autrement, le Lièvre est une bête muette qui pousse son cri de détresse seulement lorsqu’il est saisi par un ennemi.
On trouve des cas d’albinisme plus ou moins complet.
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Cette espèce diffère de l’espèce commune en ce que la taille est un peu inférieure, les oreilles plus courtes et la coloration variable, l’animal étant, en été, d’un gris fauve ou roux avec la queue grise ou blanche, et devenant, en hiver, entièrement blanc, le bout des oreilles demeurant noir en toutes saisons. La livrée d’hiver commence à se montrer à la fin de septembre au moyen de la croissance de nouveaux poils; la livrée d’été reparaît à la fin de mars. Dans l’état de transition, l’animal paraît comme saupoudré de gris.
Il se rapproche plus du Lapin que ne fait le Lièvre ordinaire.
Cette forme, inconnue en Belgique et dans la plus grande partie de la France, se trouve seulement dans les montagnes des Alpes et des Pyrénées; encore, dit-on, ce qui n’est pas prouvé, que les Lièvres des Alpes sont un peu différents de ceux des Pyrénées.
Le Lièvre variable a tout à fait les habitudes et les mœurs de notre Lièvre; il ne quitte jamais les endroits montagneux et monte jusqu’à 3.200m d’altitude en Suisse. La femelle fait, au mois d’avril, une première portée de deux à quatre petits, suivie d’une seconde, rarement d’une troisième.
Sa chair ne vaut pas celle du Lièvre ordinaire, mais il est, comme son congénère, pourchassé par l’homme, les renards et les aigles. Pourtant, la variation de son pelage lui est évidemment très utile pour se dissimuler aux yeux de ses ennemis. En effet, au moment où la neige commence à couvrir la terre, son pelage s’est moucheté de blanc et bientôt après il est d’un blanc pur, sauf le bout des oreilles, si bien qu’il est très malaisé de l’apercevoir gîté sous une pierre ou sous des racines.
Fatio dit qu’en Suisse cette espèce s’accouple de temps en temps avec l’espèce commune et il a vu des hybrides sauvages. Elle serait moins solitaire que notre Lièvre et se réunirait parfois en petites compagnies pendant la mauvaise saison.
Lièvre changeant
Lepus variabilis
Lièvre blanc
Famille des Léporidés
Lièvre lapin
Lepus cuniculus
Lapin
Famille des Léporidés
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Le Lapin sauvage est de coloration grise plus ou moins brune en dessus, fauve rousse à l’occiput et sur le cou; ses oreilles plus courtes que la tête sont entièrement grises; la queue noirâtre en dessus est blanche en dessous. La longueur du corps d’un adulte est d’environ 0m46.
Le Lapin est répandu partout, mais tandis qu’il pullule en beaucoup de localités, il est rare dans d’autres et ne réussit pas toujours là où on essaie de l’acclimater. On sait qu’il se creuse des terriers profonds; pourtant, quand il n’est pas trop inquiété par les renards et par les chiens et quand les belettes et les putois qui visitent ses terriers sont nombreux dans la contrée, il prend l’habitude de vivre sans trou et se défend en vivant au milieu des buissons ou en se jetant dans un trou de hasard, même dans un arbre creux.
Il est essentiellement polygame et les mâles se battent à chaque instant. Lorsque, après un mois de gestation, la femelle veut mettre bas, elle creuse un trou peu profond, dit rabouillère, dans lequel elle entasse des herbes qu’elle revêt d’une épaisse couche de ses poils et y dépose de trois à sept petits. Elle fait, suivant son âge, de quatre à six portées par an. Si elle s’éloigne de son nid, elle le recouvre de poils et bouche l’entrée. Jamais elle ne fait ses petits dans son terrier ordinaire, car le mâle qui les trouverait les tuerait immédiatement.
Dans certaines chasses gardées, on tue les lapins par milliers; ailleurs, on les chasse au chien d’arrêt, aux chiens courants et, quand ils sont terrés, on essaie de les faire sortir avec un furet.
La variété noire du Lapin sauvage n’est pas très rare, les variétés isabelle et blanche sont beaucoup moins communes.
Le Lapin a été domestiqué depuis longtemps et l’homme, au moyen de la sélection, a créé de nombreuses races bien fixées, remarquables par leur coloration ou par leur taille qui peut devenir énorme.
Un fait certain, c’est que le Lièvre et le Lapin ne se sont jamais croisés à l’état libre, mais on a prétendu être parvenu à faire accoupler le lièvre mâle avec la lapine et avoir ainsi obtenu des hybrides dits «Léporides». Il semblerait qu’on dût admettre l’affirmation d’éleveurs qui disent avoir obtenu ces produits, mais d’autre part le fait est nié énergiquement par la plupart des zoologistes et il a toujours été prouvé que les animaux présentés comme léporides n’étaient, après examen des os et des viscères, que des lapins. On doit donc, jusqu’à présent, mettre en doute l’existence du croisement des deux espèces.
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Le Chat sauvage est revêtu d’un pelage épais et soyeux, gris un peu fauve marqué de bandes noirâtres, avec une raie noire sur le dos; le menton, la gorge et les côtés du nez blanchâtres; la queue de grosseur uniforme annelée et terminée de noir. La longueur de son corps est de 0m70, celle de la queue de 0m35: la hauteur au garrot de 0m35 à 0m40. On a vu des mâles adultes peser jusqu’à 12 kilog., tandis que les femelles, toujours plus petites et plus fauves, ne dépassent guère la moitié de ce poids.
Commun en France, en Belgique, en Suisse, il y a un siècle et moins, il est devenu beaucoup plus rare. Il se tient dans les bois et se loge dans les cavités des rochers, les gros arbres creux ou les vieux trous de blaireaux et de renards. Rarement il sort pendant le jour, mais il se met en chasse dès le crépuscule, poursuit et guette alors les lièvres, lapins, rats, écureuils, oiseaux de toutes sortes et attaque même les jeunes chevreuils: on ne le voit jamais près des fermes parce qu’il n’ose pas s’aventurer hors des fourrés, au contraire de nos chats devenus à demi-sauvages.
Chassé par des chiens courants, il se fait ordinairement battre pendant une demi-heure, puis grimpe sur un arbre pour s’y cacher derrière une grosse branche, dans une cavité du tronc ou sur un vieux nid de pie. Il sait alors se ramasser et se dissimuler si bien que, malgré sa grande taille, il est assez difficile de l’apercevoir. Blessé, il devient redoutable et se défend avec énergie.
Des chasseurs ayant, au mois de décembre, lancé un renard, le firent terrer dans un trou où se trouvait déjà un chat d’environ 6 kilos. A la suite d’une bataille, le renard finit par étrangler le chat, mais il est certain qu’un renard doit rarement venir à bout d’un adversaire aussi vigoureux.
Parfois, lorsqu’il chasse pendant le jour, les pies, corbeaux et geais le poursuivent de leurs cris, ce qui éveille l’attention des chasseurs et devient souvent la cause de sa perte.
Il est polygame et les mâles sont plus nombreux que les femelles, puisque, sur vingt animaux, nous avons trouvé dix-sept mâles, et d’autres constatations ont donné le même résultat.
Neuf semaines après l’accouplement qui a lieu à la fin de l’hiver, la femelle fait, vers le mois d’avril, trois ou quatre petits dans un vieil arbre creux, dans une cavité de rocher ou à terre, dans un fourré impénétrable.
Le Chat sauvage s’accouple quelquefois avec les chats domestiques qui ont repris dans les bois la vie errante, mais ces derniers, qui savent moins bien se défendre, périssent toujours rapidement de male mort. Toutefois, on trouve de loin en loin des chats qui sont évidemment des métis.
Chat sauvage
Felis catus
Famille des Félidés
Genette vulgaire
Genetta vulgaris
Famille des Viverridés
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La Genette, qui seule représente chez nous la famille des Viverridés, a la tête longue et fine, les oreilles longues, le corps long et souple, les membres assez hauts avec des ongles à demi rétractiles pointus. Son pelage est gris cendré, marqueté de nombreuses taches noires, sauf à la gorge, à la poitrine et au ventre; le dos porte une raie noire; la queue est annelée de noir: le menton et le museau sont noirs. Deux glandes placées près de l’anus répandent une odeur musquée, plutôt très agréable.
Le corps sans la queue mesure 0m47, la queue 0m41; la hauteur au garrot est de 0m19.
La Genette est une bête extrêmement gracieuse, vive, légère et vigoureuse qui, d’apparence, tient le milieu entre les chats et les mustelidés. Elle se trouve en France, surtout au sud de la Loire jusqu’en Espagne, et à l’Est ne dépasse pas le Rhône. On l’a cependant observée dans plusieurs départements au nord de la Loire. Elle n’existe ni en Suisse ni en Belgique. Elle est rare dans la plupart des départements où on la trouve, sauf dans quelques localités du Centre et de l’Ouest où on l’observe assez fréquemment, tandis qu’en Vendée elle paraît très commune, puisque, en 1909, un même envoi fait de ce département à Paris contenait 14 Genettes.
Elle vit dans les grandes forêts et n’en sort guère pour se rapprocher des habitations. Elle chasse la nuit, se glisse dans les fourrés, grimpe parfaitement aux arbres et se nourrit de toutes sortes d’oiseaux et de petits mammifères.
Surprise par les chiens ou par l’homme, elle se perche immédiatement et cherche à se dissimuler dans le feuillage; ce qui lui est facile à cause de sa coloration. Parfois, elle se laisse chasser un instant et s’introduit dans la cavité d’un vieux chêne. Elle se prend facilement dans les assommoirs tendus par les gardes.
Sa portée est de deux petits, rarement trois, qu’elle dépose sur un lit de feuillage dans un gros tronc d’arbre ou dans un trou de blaireau.
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La Fouine ressemble beaucoup à la Marte des sapins; chez elle le dessus du corps est brun, la gorge, le dessous du cou et la partie antérieure de la poitrine d’un blanc pur, la queue, garnie de longs poils, est d’un brun foncé. Sa longueur est de 0m68 à 0m73; sa queue seule est longue de 0m25.
Très commune presque partout, la Fouine vit isolée ou par couples dans les bois et, à certains moments, dans les granges, les bâtiments abandonnés et jusque dans les greniers des petites villes. Elle chasse la nuit et se nourrit de toutes sortes d’oiseaux, de petits mammifères, de volailles, de fruits et d’œufs. Quand elle a enlevé des œufs dans un poulailler, elle les cache soigneusement, souvent dans des endroits inaccessibles et va ensuite les manger quand elle a faim. Elle est d’une extrême agilité et grimpe aux arbres et le long des murailles avec une prestesse remarquable.
Le chasseur aux chiens courants lève souvent dans les forêts une Fouine qui se fait battre sans quitter les fourrés les plus épais et qui, trop vivement poussée, grimpe au sommet d’un arbre où elle se dissimule dans une cavité ou dans un vieux nid de pie. Mais c’est surtout l’hiver qu’on détruit les Fouines en grandes quantités, en les cherchant dans les granges et bâtiments des campagnes remplis de bois, de paille ou de foin. En certains départements, des gens font métier, pendant quatre mois d’hiver, de rechercher ainsi les Fouines; ils ont avec eux plusieurs petits chiens sans race qui, une fois dressés, suivent intrépidement avec ardeur leur gibier sous les fagots, sur les poutres, même sur les toits. Le tireur a souvent alors l’occasion d’apercevoir la bête qui pourtant se défend avec habileté. Ces chasseurs vendent généralement la peau d’une Fouine de 15 à 25 francs, et plusieurs se font, de cette manière, un revenu important. On la prend aussi à l’aide de pièges amorcés d’un œuf ou d’une pomme.
La Fouine n’a guère d’autre ennemi que l’homme; aussi, elle pullule là où on ne la détruit pas.
C’est en avril, mai et juin que, après une gestation de neuf semaines, elle met bas deux à cinq petits sur un lit de mousse, de feuilles et d’herbes, établi dans un grenier, et plus souvent dans un tas de fagots ou dans un arbre creux.
On rencontre de loin en loin des Fouines dont le pelage est en partie blanc ou de couleur isabelle.