Chamois ordinaire
Capella rupicapra
Famille des Antilopidés
Chèvre Bouquetin
Capra ibex
Famille des Capridés
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Le Bouquetin a les cornes très longues, curvilignes, arquées en arrière, noueuses, comprimées, le pelage brun roussâtre avec poil long et grossier en hiver, plus ferme et plus fin en été sur le dessus, le ventre blanc, une raie brune sur le dos, le menton, le devant des yeux et le tour des narines fauves. La femelle plutôt d’un gris roussâtre en été est d’un gris jaunâtre en hiver. Les oreilles sont blanches en dedans, assez grandes, pointues; la queue courte, brune. Il est à remarquer que les cornes de la femelle sont assez analogues à celles d’une chèvre domestique, tandis que celles du mâle sont parfois gigantesques, penchées en dehors et décrivant une courbe régulière, atteignant jusqu’à un mètre de longueur, ou un peu contournées en forme de lyre avec les deux pointes revenant en dedans. La longueur du corps est de 1m50; la hauteur au garrot de 0m75.
Le Bouquetin n’a jamais habité que les montagnes, mais il a été autrefois assez commun, tandis qu’il est aujourd’hui extrêmement rare et tout fait croire que bientôt il aura disparu. Déjà, il n’existe plus en Suisse.
Dans les Alpes françaises, c’est à peine si on pourrait en trouver deux ou trois petits troupeaux dans les endroits les plus inaccessibles. Dans les Pyrénées, où la race est un peu différente, l’animal ayant les cornes plutôt tournées en forme de lyre, le pelage marron, les lèvres, joues, oreilles, cou, fesses et cuisses jaune d’ocre foncé, la robe comme marbrée par des mèches de poils bruns, on connaît l’existence de quelques bandes peu nombreuses. Comme le chamois mâle, les vieux Bouquetins vivent solitaires, les autres se tiennent cachés ensemble durant le jour dans les lieux escarpés et ne viennent que la nuit brouter les plantes, les écorces et les bruyères des forêts et pâturages. Ils peuvent sauter et grimper merveilleusement au milieu des rochers et des précipices et se gardent aussi bien que les chamois.
L’accouplement a lieu en janvier et la femelle fait, vers le mois de juin, un seul petit qu’elle défend au besoin contre les attaques des aigles qui sont, avec l’homme, les seuls ennemis de l’espèce.
On a pu faire croiser le Bouquetin avec la Chèvre; les métis, intermédiaires entre les deux espèces, avaient une barbe se rapprochant de celle du bouc.
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Le Mouflon de Corse a le pelage brun foncé roussâtre avec le milieu du dos et des flancs ensellés d’une grande tache blanc roussâtre, la tête plutôt grise, le nez, les lèvres, le menton, la gorge, la croupe, les pieds et le ventre blancs, la queue courte, brune dessus et blanche aux côtés; sous le cou et jusqu’entre les pattes de devant, des poils très longs en sorte de petite crinière. Les cornes de la femelle sont courtes et presque droites ou même manquent tout à fait; celles du mâle sont grandes, s’éloignant l’une de l’autre à la base, puis recourbées pour revenir sur le devant, mais en divergeant, et présenter leurs pointes juste à la hauteur des yeux, à une certaine distance de chaque œil. La taille du mâle est de 1m20 de longueur, la hauteur au garrot de 0m80.
Cette espèce, inconnue dans la France continentale, vit confinée dans les montagnes de la Corse, comme aussi en Sardaigne, par petites troupes qui se tiennent pendant le jour dans les lieux les plus escarpés et dans les maquis impénétrables, vivant d’herbes, de bourgeons et de feuilles.
Ce sont des bêtes gracieuses, vigoureuses, sautant et grimpant sur les rochers avec agilité, bien que leurs membres soient moins forts que ceux des chamois et des bouquetins. Très pourchassée par les chasseurs corses, l’espèce diminue de jour en jour; on la voit rarement dans les jardins zoologiques où on trouve, au contraire, en abondance, l’espèce voisine d’Algérie.
Le rut a lieu au milieu de l’hiver, puis au printemps, après avoir porté vingt et une semaines, la femelle met bas un ou deux petits. On a pu faire accoupler le Mouflon avec certaines races de Brebis et les produits ont été féconds.
Comme tous les animaux sauvages, le Mouflon n’a pas de laine et ses poils, sauf devant le cou, sont raides et cassants.
En captivité, la femelle est tranquille, mais le mâle, en vieillissant, devient excessivement méchant et dangereux. Ils se reproduisent du reste facilement et les petits ne cessent de gambader et de sauter autour de leurs parents.
Mouflon de Corse
Musimon musmon
Famille des Ovidés
Sanglier commun.
Sus scrofa
Famille des Suinidés
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Le pelage du Sanglier est brun noirâtre ou grisâtre; les oreilles, le museau, les pattes et la queue plutôt noires. Des soies longues et raides percent au-dessus d’une fourrure basale épaisse. Jusqu’à l’âge de six mois, la robe des jeunes marcassins est fauve, rayée longitudinalement de brun; de six mois à un an, il devient généralement plus roux et l’animal est alors pour les chasseurs «bête rousse»; à un an, il est «bête de compagnie»; à deux ans, il est «ragot»; il devient en vieillissant «quartenier», puis «solitaire».
Le Sanglier, inconnu dans plusieurs départements et rare dans d’autres, ainsi qu’en Belgique, extrêmement rare en Suisse, est commun dans certaines grandes forêts françaises. Du reste, il se déplace volontiers, et après avoir été très abondant dans un bois, il se fait tout à coup rare pour redevenir abondant plus tard. Il suffit pour cela de l’émigration de quelques familles, car, sauf les vieux solitaires qu’on trouve séparés, il aime à vivre en bandes.
Il demeure couché pendant le jour au plus épais des fourrés et souvent dans les grands joncs des étangs; le soir venu, il cherche sa nourriture consistant en glands, faînes et châtaignes, racines, pommes de terre et topinambours, céréales, vers et colimaçons, œufs d’oiseaux, jeunes mammifères. Il est en réalité omnivore.
Très défiant, ayant l’ouïe excellente et l’odorat très fin, extrêmement vigoureux, il sait très bien éviter l’affûteur, et lancé par les chiens courants, il tient longtemps et est difficile à forcer. Il n’a comme ennemi que l’homme, surtout depuis que le loup, qui attaquait volontiers les marcassins, est devenu excessivement rare.
Le rut a lieu d’octobre à décembre et les mâles se livrent alors de furieux combats, si bien qu’on en voit souvent avec les épaules, les flancs et l’arrière-train couverts de blessures. Après quatre mois de gestation, la femelle met bas dans un fourré épais, de cinq à huit petits, qui accompagnent leur mère jusqu’à l’année suivante et parfois plus longtemps.
Le Sanglier s’apprivoise facilement et s’accouple très volontiers avec le Porc. Même, à l’état sauvage, ces accouplements ne sont pas rares entre Sangliers et Porcs errants dans les bois, et les chasseurs rencontrent de temps en temps des métis généralement blanchâtres, qui se font chasser exactement comme des Sangliers, mais qui, moins durs à la fatigue, font plus rapidement tête aux chiens.
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Les animaux vertébrés sont ceux qui ont un squelette osseux et par conséquent des vertèbres; ce sont les Mammifères, les Oiseaux, les Reptiles, les Batraciens et les Poissons.
Parmi eux, les Mammifères sont les animaux qui ont des mamelles au moyen desquelles les femelles allaitent leurs petits, qui ont le sang chaud, des dents, des poils et qui sont vivipares. Ils forment une classe spéciale en tête de laquelle est l’homme. Les autres Mammifères ont été partagés en plusieurs ordres: l’ordre des Quadrumanes, qui comprend les singes et les lémuriens, celui des Chéiroptères ou chauves-souris, qui sont les seuls mammifères pourvus d’ailes, celui des Insectivores, celui des Rongeurs renfermant des animaux ayant une dentition très spéciale, celui des Carnivores, celui des Pinnipèdes ou phoques, celui des Ongulés ou mammifères dont les pieds sont en forme de sabots, ordre qui peut lui-même se remplacer par trois ordres ou se subdiviser en trois sous-ordres, les Solipèdes, les Ruminants et les Pachydermes, celui des Siréniens et celui des Cétacés, mammifères marins ayant plus ou moins la forme de poissons, les Édentés dépourvus d’incisives, les Marsupiaux et les Monotrêmes.
Aucun animal ne représente en France, en Belgique et en Suisse les ordres des Quadrumanes, des Édentés, des Siréniens, des Marsupiaux et des Monotrêmes; on pourrait dire qu’il en est de même de toute l’Europe, si l’ordre des Quadrumanes n’était représenté sur un seul point, à Gibraltar, par une unique espèce de Singe.
Quant aux animaux des autres ordres, ils sont répartis chez nous d’une façon très peu uniforme; alors qu’il y a en France 25 espèces de Chéiroptères, il y a seulement 11 Insectivores, 21 Rongeurs indigènes et 1 domestique, 18 Carnivores dont 3 domestiques, 5 Pinnipèdes, 1 Pachyderme sauvage et 1 domestique, 6 Ruminants indigènes et 3 domestiques, pas de Solipède sauvage, le Cheval et l’Ane domestiques représentant cet ordre à eux seuls, enfin 24 Cétacés.
Mais si, actuellement, on fixe à 108 espèces vivant à l’état libre et à 9 ou 10 espèces domestiquées le nombre des formes qui habitent la France, il faut ajouter que de nombreuses espèces, aujourd’hui éteintes et trouvées à l’état fossile, ont vécu dans notre pays. De ces espèces fossiles, les unes ont disparu dans le cours des temps d’une manière définitive, les autres sont représentées par une descendance retirée aujourd’hui dans les contrées du nord ou dans les régions chaudes; d’autres sont les ancêtres de nos espèces sauvages actuelles, peu, pas ou beaucoup modifiées, d’autres enfin, comme les Bœufs et les Chevaux fossiles ont donné naissance, au moins en partie, à nos espèces domestiques actuelles.
Il y eut, en effet, une époque où vivaient en France, pour ne citer que ceux-là, des Singes, des Lémuriens, des Édentés, des Siréniens, des Marsupiaux et des Éléphants.
La plupart de nos mammifères actuels français, belges ou suisses sont des espèces nées sur notre sol; cependant deux espèces de Rats, le Surmulot et le Rat noir, sont d’origine étrangère et ont envahi nos pays depuis des époques relativement récentes; et trois ou quatre espèces de Phoques ne sont réellement pas françaises puisqu’elles n’apparaissent sur nos côtes que d’une façon tout à fait exceptionnelle. Il en est de même de certains Cétacés.
D’un autre coté, le nombre de nos mammifères se trouvera tôt ou tard diminué de plusieurs espèces, qui vont inévitablement disparaître de la terre française aussi bien que de la Belgique et de la Suisse. Tels sont, sans parler des Phoques et des Cétacés, le Lynx qui n’est plus représenté chez nous que par quelques rares individus, le Loup, le Castor, l’Ours, le Bouquetin, qui, à coup sûr, auront cessé d’exister dans un demi-siècle. D’autres, comme le Cerf, le Chamois, le Mouflon et peut-être le Chevreuil et le Lièvre ne pourront subsister que s’ils sont protégés.
Si on veut classer nos mammifères en animaux utiles ou nuisibles à l’homme, on peut dire que toutes les Chauves-Souris sont des bêtes franchement utiles, que le Lièvre, le Chevreuil, le Chamois, le Bouquetin, le Mouflon ne commettent pas de dégâts appréciables et doivent être considérés comme des gibiers servant à l’alimentation.
Un certain nombre d’espèces doivent être dites à la fois utiles et nuisibles parce qu’elles nous rendent des services compensés par des inconvénients: ce sont le Cerf, le Sanglier, le Lapin, le Castor, la Taupe, le Hérisson et même les six ou sept Musaraignes.
Sont plutôt indifférents la Marmotte, le Loir, le Muscardin et le Rat des moissons. Doivent être considérés comme nuisibles l’Ours, le Loup, le Renard, le Blaireau, les Phoques, le Chat, le Lynx, tous les Mustelidés, les Rats et Campagnols, le Hamster, le Lérot, l’Écureuil et le Desman; l’Ours, le Lynx et le Loup, parce qu’ils s’attaquent à nos troupeaux et peuvent même être dangereux pour l’homme; le Renard, parce qu’il détruit les volailles et le gibier, ce que font aussi les Chats, les Fouines, les Putois et les Belettes; le Blaireau, parce qu’il saccage certaines récoltes; les Phoques et d’autre part le Desman et la Loutre, parce qu’ils chassent, tuent et consomment les poissons au détriment des pêcheurs; le Hamster et les Campagnols parce qu’ils causent un grand tort aux récoltes, le Lérot dévastant de son côté nos vergers; l’Écureuil, parce qu’il mange les jeunes oiseaux et les œufs ainsi que les pousses des conifères. Est-il nécessaire de parler des Rats et des Souris qui dévorent les provisions et les grains, le linge et une foule d’objets utiles à l’homme.
Il en est, parmi nos mammifères, dont le type n’a pas ou n’a guère varié, d’autres au contraire ont produit des variétés ou des races un peu différentes de l’espèce typique qui subsiste quand même, de sorte que ces animaux, bien que d’une espèce unique, offrent deux ou plusieurs formes légèrement divergentes. Le cas se présente lorsqu’une même espèce a été reléguée sur des points éloignés sans communication possible durant de longs siècles, ce qui est arrivé par exemple pour le Bouquetin qui, depuis bien longtemps, n’habite plus que les sommets des Alpes et des Pyrénées; les deux formes sont devenues un peu différentes, tout en conservant entre elles les plus grandes affinités. Chez d’autres espèces, comme chez le Rat ordinaire, on rencontre des individus n’ayant plus tout à fait la coloration de l’espèce-type, et comme ces individus reproduisent identiquement la même forme, les observateurs ont, après avoir donné les caractères de l’espèce, décrit ces variétés comme simples races en indiquant les différences. Mais d’autres zoologistes ont franchement classé comme espèces propres ces formes particulières. On peut approuver ou blâmer cette manière de faire d’après le point de vue auquel on se place, puisqu’une pareille race peut en définitive disparaître en se fondant dans le type, ou toujours subsister comme variété, ou devenir à un moment donné, par ses caractères de plus en plus tranchés, une espèce naissante.
Il est en effet indispensable, pour la classification, de considérer comme espèce et de nommer comme telle, toute forme ayant des caractères spéciaux assez nets, mais on sait aussi combien, en certains cas, ce terme «espèce» peut être vague, et on se demande parfois si une deuxième forme assez semblable ou très semblable à une autre doit être dite espèce voisine, simple race ou variété de la première.
Pour bien connaître les animaux, il faut les observer quand c’est possible, vivants et agissants, ou au moins les examiner dans les musées et dans les collections. On se fait ainsi une idée des formes et couleurs spéciales à chaque espèce et des différences existant avec les espèces alliées ou voisines.
Certains animaux, sans parler des animaux domestiques, sont connus de tous parce qu’on les voit souvent, au cours de la vie usuelle, et dans les campagnes, le nombre de ces animaux est assez considérable. D’autres figurent dans les musées publics, chacun les reconnaît par leurs formes très spéciales, mais il en est d’autres, et c’est le plus grand nombre, qui, par leur petite taille et par la ressemblance que les diverses espèces ont entre elles, sont plus difficiles à connaître exactement.
C’est alors qu’il est indispensable de pouvoir examiner de près et à loisir une collection de ces bêtes, et même de les récolter et de les classer soi-même. Il est réellement très malaisé, sans agir ainsi, de parvenir à déterminer les différentes Chauves-Souris, les Musaraignes, les Rats, les Campagnols.
Se les procurer n’est pas, sauf pour certaines espèces rares, d’une grande difficulté. En sachant leur habitat et leurs mœurs, on les trouvera et on les prendra au moyen de pièges ou autrement. Les Chauves-Souris qu’on peut, du reste, tuer au fusil lorsqu’elles circulent le soir, sont faciles à récolter dans leurs retraites, quand on peut visiter des cavernes, des souterrains, des carrières, de vieux bâtiments, des greniers, des arbres creux. Là, on les trouve, souvent en grand nombre, et il est facile de s’en emparer.
Une fois les bêtes prises, on les fait monter par un naturaliste, si on ne sait le faire soi-même ou on les fait simplement mettre en peau, suivant l’expression consacrée, ou on les conserve entières dans l’alcool; ou enfin on emploie un procédé recommandé par le Dr Trouessart, professeur au Muséum de Paris, dans son excellent livre sur les Mammifères de France et qui consiste à ouvrir le dos des Chauves-Souris ou le ventre des autres petits mammifères pour en retirer les viscères, puis à dessécher la cavité ainsi produite en y jetant de la poudre d’alun; cela fait, on remplace les viscères enlevés par un tampon de coton imbibé d’un liquide préservateur, puis on rapproche les bords de l’ouverture et on mouille le museau, les yeux, les oreilles, les pattes et la queue avec un pinceau trempé dans une solution éthérée d’acide phénique. On place alors l’animal dans un endroit sec et aéré, toujours à l’ombre et on le laisse sécher pendant huit ou quinze jours. Si la bête ainsi préparée et sèche est enfermée ensuite dans un tiroir bien clos, en prenant les précautions ordinaires contre les insectes et l’humidité, elle se conserve parfaitement.
Pour les Chauves-Souris, on les place sur une planche avec les ailes bien étendues et on les fait ainsi sécher. Procédé commode à cause de sa rapidité.
Pour les petits mammifères, une collection de crânes est également utile et intéressante, puisque leur classification est basée principalement sur leur système dentaire.
Il est toujours intéressant d’élever en captivité les mammifères dont on observe alors facilement les mœurs et certaines habitudes. Chez les grands animaux, Cerfs, Chevreuils, Sangliers et autres, le mâle devenu adulte se montre presque toujours très méchant et dangereux; le Loup, le Renard, le Blaireau s’apprivoisent en général très bien; la Loutre peut même se dresser et chasser aux poissons pour son maître. Certaines Chauves-Souris s’habituent bien à la captivité, alors que quelques espèces, comme les Rhinolophes, y sont toujours réfractaires.
Le Hérisson vit parfaitement dans un petit jardin; la Marmotte est souvent à peu près domestiquée par les montagnards des Alpes; les Phoques s’habituent très bien à la captivité et, comme ils sont intelligents, on les dresse facilement à toutes sortes d’exercices. Par contre, le Lièvre ne prospère pas lorsqu’il est renfermé même dans un enclos d’une certaine étendue.
Parmi les autres Rongeurs, le Rat noir, la Souris, le Mulot s’élèvent aisément, tandis que le Surmulot se fait difficilement à la captivité, sans qu’on puisse s’expliquer la raison de cette différence.
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| § Ier.—Mammifères n’ayant pas la forme des Poissons. | |
1. Membres antérieurs munis de grandes membranes entourant le corps, servant d’ailes et permettant le vol. | Chéiroptères. |
1. Membres antérieurs normaux, en forme de jambes et de pieds, organisés pour la marche, le creusement du sol ou la natation. | 2 |
2. Doigts onguiculés, c’est-à-dire munis d’ongles. | 3 |
2. Doigts ongulés, c’est-à-dire réunis en forme de sabots cornés. | 6 |
3. Pas de dents canines; à leur place, un large intervalle existant entre les incisives qui sont très fortes et les dents molaires. | Rongeurs. |
3. Toujours des dents canines; pas de grand intervalle entre les incisives et les molaires. | 4 |
4. Membres organisés pour la natation, ceux de derrière allongés en arrière parallèlement à la queue. Dents molaires tranchantes. | Pinnipèdes. |
4. Membres organisés pour la locomotion terrestre, c’est-à-dire les quatre pattes permettant la marche et en certains cas les pieds de devant taillés pour creuser le sol. | 5 |
5. Dents molaires tranchantes. Taille moyenne ou grande. | Carnivores. |
5. Dents molaires, au lieu d’être tranchantes, hérissées de pointes coniques. Taille assez petite ou très petite. | Insectivores. |
6. Un seul sabot corné à chaque membre. | Solipèdes. |
6. Les doigts séparés ou divisés en plusieurs sabots cornés. | 7 |
7. Seulement deux doigts cornés bien distincts. Estomac divisé en quatre loges et organisé pour la rumination. Pas d’incisives à la mâchoire supérieure. | Ruminants. |
7. Quatre doigts distincts. Estomac non conformé pour la rumination. Des incisives à la mâchoire supérieure. | Pachydermes. |
| § II.—Mammifères ayant la forme de poissons. | |
Les membres transformés en sortes de nageoires. | Cétacés. |
Fig. 1.—Chauve-Souris.
Les Chéiroptères, appelés ordinairement Chauves-Souris, sont des mammifères organisés pour le vol. Les doigts de leurs membres antérieurs, sauf le pouce, sont très allongés et réunis par une grande membrane mince et souple qui se continue ensuite jusqu’aux flancs et jusqu’aux membres postérieurs. C’est la membrane alaire qu’on peut désigner sous le nom vulgaire d’aile. A cette membrane alaire fait suite une autre membrane, dite interfémorale, joignant entre eux les deux membres postérieurs et englobant la queue dans son milieu.
Les ailes des Chauves-Souris sont tantôt longues et effilées, tantôt larges et assez courtes. Si elles volent parfaitement, elles marchent peu et mal, mais, bien qu’elles ne soient pas conformées pour la marche, elles peuvent, en s’aidant de leurs quatre membres, se mouvoir assez facilement à terre.
Les pieds de derrière qui ont cinq doigts ont, de plus, en arrière du talon, un petit os allongé qui tend la membrane interfémorale et qu’on appelle l’éperon.
Elles ont des canines développées, des incisives et des molaires surmontées de tubercules aigus qui leur permettent de broyer aisément les insectes, base de leur nourriture; en tout, suivant les espèces, 32 à 38 dents.
Leurs yeux sont très petits et leur vue n’est probablement pas très perçante, mais leurs oreilles sont plus ou moins grandes et leur ouïe paraît excellente. Les oreilles sont doubles ou simples, réunies à leur base ou séparées, droites ou penchées, elles sont doublées, chez beaucoup d’espèces, par un petit appendice de forme variable, dit oreillon (Tragus).
Elles portent deux mamelles pectorales; les petits naissent nus avec les oreilles et les yeux fermés; ils s’accrochent à leur mère qui, tant qu’elle les nourrit, les emporte avec elle dans ses évolutions aériennes. Leur voix se compose de petits cris aigus et de stridulations.
Toutes sont nocturnes. Durant le jour, elles se tiennent dans les endroits obscurs et se suspendent au moyen des ongles de leurs membres postérieurs, la tête en bas. Le soir venu, elles sortent et se mettent en chasse. Vers la fin de l’automne, elles tombent dans un engourdissement ou sommeil plus ou moins profond et passent une partie de l’hiver sans prendre de nourriture, accrochées aux parois des grottes et des cavernes ou blotties dans les fissures et anfractuosités, souvent à une assez grande profondeur.
Les Chéiroptères sont des animaux utiles qui détruisent une énorme quantité de coléoptères, de papillons nocturnes, de mouches et de cousins, bêtes généralement malfaisantes, et des névroptères, insectes indifférents. A l’état sauvage, on n’a jamais constaté qu’elles se fissent la guerre entre elles, mais lorsqu’on les garde en captivité, il arriverait parfois, dit-on, que, si on les laisse manquer d’insectes, elles se dévoreraient les unes les autres.
Nos Chauves-Souris de France ont été réparties en trois familles, les RHINOLOPHIDÉS, les VESPERTILIONIDÉS et les EMBALLONURIDÉS.
Les Rhinolophidés, nommés aussi Phyllorhinidés (ce qui veut dire: feuille sur le nez) ont, pour caractère, comme l’indique leur nom, de porter sur le nez un repli membraneux, plus ou moins en forme de feuilles plissées, d’un aspect très singulier; il n’y a pas d’oreillon chez les espèces d’Europe et les oreilles sont nettement séparées. Les narines s’ouvrent au fond d’un repli cutané ayant un peu l’apparence d’un fer à cheval.
Les Vespertilionidés n’ont pas sur le nez le repli cutané en forme de feuilles et ils ont un oreillon. Leur queue longue et étroite est prise dans la membrane interfémorale dont le bord forme un angle aigu avec elle, et elle ne dépasse cette membrane que de un à trois millimètres; les oreilles sont séparées, rarement réunies à leur base par leur bord interne et ne portant jamais un repli rabattu sur le front; l’oreillon est toujours allongé, bien que de formes variables.
Les Emballonuridés n’ont pas, eux aussi, sur le nez le repli cutané en forme de feuilles et ils ont un oreillon. Mais leur queue très épaisse dépasse de la moitié de sa longueur la membrane interfémorale, dont le bord forme un angle droit avec elle. Les oreilles sont très réunies par leur bord interne qui forme un repli rabattu sur le devant du front; l’oreillon est court et carré.
Fig. 2.—Oreille de profil d’un Rhinolophe.
Fig. 3.—Oreille de profil d’un Oreillard.
Fig. 4.—Oreille de profil du Vespérien Pipistrelle.
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Genre Rhinolophe.—Rhinolophus E. Geoffroy.
Museau surmonté d’un repli cutané garni de quelques poils; narines ouvertes au fond d’une cavité bordée d’une membrane ayant un peu la forme d’un fer à cheval. Au milieu, au-dessus de ce fer à cheval, se dresse, au-dessus du nez, une corne verticale dite «selle»; enfin de chaque côté, des sortes de feuilles membraneuses avec une pointe centrale entre les yeux.
Deux incisives à la mâchoire supérieure, quatre à la mâchoire inférieure. Oreilles non réunies, sans oreillons, mais très échancrées sur leur bord externe. Ailes courtes et larges. Pieds grands, minces, libres. En tout 32 dents.
Fig. 5.—Nez et oreilles d’un Rhinolophe (face).
Fig. 6.—Nez et oreilles d’un Rhinolophe (profil).
Les Rhinolophes sont des habitants des cavernes où ils se réunissent en bandes plus ou moins nombreuses et se suspendent, la tête en bas, enveloppés de leurs ailes comme d’un manteau, avec la queue rejetée sur le dos. Ils semblent plus frileux que les autres Chauves-Souris, volent généralement à la nuit noire, plutôt lentement et redoutent le mauvais temps.
Quand on veut les prendre pendant leur sommeil d’hiver, ils ouvrent leur bouche et agitent vivement les oreilles. Ils sont, du reste, hargneux et batailleurs.
Quatre espèces se trouvent en France, deux seulement en Belgique et en Suisse.
1º Rhinolophe grand fer-à-cheval
Rhinolophus ferrum equinum Schreber.
(Rhinolophus unihastatus Geoffroy.)
(Voir plance I, figure et description.)
C’est en juin et juillet que les familles se rassemblent en troupes plus ou moins nombreuses pour faire et élever leurs petits en commun. Chacune d’elles met bas un seul petit qui grossit très vite et atteint souvent, dès le mois de septembre, la taille des adultes. Pendant l’allaitement, les mères chassent comme d’habitude en portant, dans leurs évolutions, le petit cramponné à leur corps et le plus souvent fixé à l’un des faux tétons du pubis qu’on observe chez les Rhinolophes, faux tétons ne communiquant avec aucune glande mammaire et par conséquent ne pouvant donner du lait, et en ce cas le petit est obligé de se retourner quand il veut téter à l’une des vraies mamelles de la poitrine de sa mère.
2º Rhinolophe euryale.
Rhinolophus euryale Blasius.
Pelage brun roux dessus, brun pâle en dessous; feuilles nasales ressemblant, vues de face, à celles de l’espèce précédente. Côtés de la selle parallèles; son extrémité postérieure en pointe relevée aiguë. Lobe antérieur de l’oreille séparé du reste par une échancrure pointue. Deuxième prémolaire supérieure séparée de la canine par la première prémolaire. Aile insérée au tibia.
Taille moyenne, envergure 0m28, corps 0m054, queue 0m25.
Les deux sexes semblables, ainsi que les jeunes.
Vit, probablement durant toute l’année, dans les caves et souterrains, parcourt à la nuit sombre les avenues, les routes et le tour des maisons, en chassant les insectes.
Ses mœurs semblent être celles du Fer-à-cheval, mais il est beaucoup plus rare et plus localisé. On le trouve dans le sud et le centre de la France; il habite aussi l’Algérie. Il a été observé notamment dans le département d’Indre-et-Loire où, durant plusieurs années, en juillet-août, une colonie d’environ trois cents sujets s’était établie dans une cave. Ces Rhinolophes, à la vue d’une lumière, partaient en groupe serré pour s’accrocher tous, à côté les uns des autres, à un endroit peu éloigné, et définitivement chassés, prenaient leur vol au grand soleil. Un cas identique s’est présenté à Chabenet, dans le département de l’Indre. En général, on le trouve dans la France centrale seulement de juin à octobre et on se demande si l’espèce n’émigre pas en hiver.
Le petit naît à la fin de juin ou au commencement de juillet et grandit avec une extrême rapidité.
3º Rhinolophe de Blasius.
Rhinolophus Blasii Peters.
(Rhinolophus clivosus Blasius.)
Pelage brun dessus, cendré en dessous. Feuilles nasales ressemblant à celles de Rh. hipposideros ci-après. Il ressemble du reste, pour le tout, à cette dernière espèce, mais il est plus grand, a les oreilles noires pointues et la partie postérieure de la selle en pointe plus aiguë. Côtés de la selle convergents vers le haut. Lobe antérieur de l’oreille séparé du reste par une échancrure obtuse. Deuxième prémolaire supérieure séparée de la canine par la première prémolaire. Aile insérée au talon.
Taille moyenne, envergure 0m28, corps 0m053, queue 0m025.
Cette espèce a les mœurs du Petit fer-à-cheval, avec qui on a dû la confondre souvent. Elle habite l’Europe méridionale, l’Algérie, la Sardaigne et très probablement la Corse. D’après le professeur Trouëssart, il est à peu près certain qu’elle se trouve dans certains départements français des bords de la Méditerranée, mais on n’a pu encore citer aucune capture bien authentique.
4º Rhinolophe petit fer-à-cheval
Rhinolophus hipposideros Bechstein.
(Rhinolophus bihastatus Geoffroy.)
Pelage doux et fourré, brun dessus, brun clair ou cendré en dessous. Feuilles nasales lancéolées. Côtés de la selle convergeant vers le haut. Oreilles larges, un peu plus courtes que la tête, très échancrées à la base en angle aigu. Deuxième prémolaire supérieure séparée de la canine par la première prémolaire. Aile insérée au talon.
Taille très petite. Envergure 0m22 à 0m23, corps 0m40, queue 0m20.
Les deux sexes et les jeunes sont semblables.
Il habite les cavernes, les anfractuosités des rochers et les chambres souterraines, en toute saison. La nuit venue, il sort et vole assez bas et lentement dans les campagnes, à la recherche des petits insectes. Dès l’aube, il est rentré dans son repaire où il dort, accroché à la voûte.
Au mois de juillet, on trouve des rassemblements de femelles, les unes encore pleines, les autres avec leurs petits, tandis que les mâles sont assez souvent solitaires. Lorsque ces femelles sont accolées les unes près des autres, le petit quitte volontiers sa mère pour passer sous une autre femelle qui l’accueille parfaitement. Pendant le vol, le jeune reste accroché à l’abdomen de la femelle.
Dès les premiers froids, ce Rhinolophe s’engourdit, mais au printemps, il apparaît d’assez bonne heure.
Il est commun presque partout en France, en Belgique et en Suisse.
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Genre Oreillard.—Plecotus E. Geoffroy.
Une seule espèce, Plecotus auritus Geoffroy, déjà figurée et décrite (voir Plance 2).
Fig. 7. Tête d’Oreillard (face).
Genre Barbastelle.—Synotus Keys. et Blasius.
Museau large, avec apparence de repli en feuilles; narines ouvertes sur la face dorsale du nez, au fond d’une rainure. Deux incisives de chaque côté à la mâchoire supérieure, trois incisives à l’inférieure. Oreilles réunies par le bas, à peine de la longueur de la tête, très dentelées extérieurement; oreillons aussi dentelés, larges en bas, amincis en haut. Ailes plutôt moyennes; jambes longues; 34 dents.
Barbastelle commune.
Synotus barbastellus Keys. et Blasius.
Pelage brun foncé ou noirâtre dessus, brunâtre en dessous, souvent presque blanchâtre vers l’anus. Bouche large, yeux très petits. Oreillon de moitié de l’oreille. Aile insérée à la base des doigts.
Fig. 9. Tête de Barbastelle.
Envergure 0m28, corps 0m048, queue 0m044.
Les deux sexes semblables, les jeunes avec des teintes plus sombres.
Espèce très rare en Belgique et dans le nord de la France, assez commune en Suisse et dans la plupart des départements français, indiquée toutefois comme rare en Bretagne, dans la Sarthe et quelques autres endroits.
Pendant le jour, elle est retirée dans les greniers et les clochers, suspendue aux voûtes. De bonne heure, le soir elle sort et parcourt, d’un vol rapide, élevé et irrégulier, les rues des villes, les jardins et la lisière des bois.
Aux approches de l’hiver, elle se cache dans les cavernes et les souterrains ou s’enfonce dans les fissures, mais son sommeil hibernal est peu profond et parfois elle s’envole, malgré le froid.
Elle est peu frileuse, car on a remarqué que, au contraire des autres espèces, elle se place souvent dans un courant d’air.
On la trouve souvent isolée.
Genre Vespérien.—Vesperugo Keys. et Blasius.
Museau court, nez sans aucun repli; narines ouvertes au bout du museau. Deux incisives à la mâchoire supérieure de chaque côté, trois incisives à l’inférieure. Oreilles très séparées, assez larges; oreillon courbé en dedans ou droit. Ailes longues et étroites. Jambes plutôt courtes et fortes. En tout 32 ou 34 dents, par suite de la présence ou de l’absence au maxillaire supérieur d’une petite prémolaire.
1º Vespérien noctule.
Vesperugo noctula Keys. et Blasius.
Pelage court, brun roux dessus, presque semblable ou un peu plus clair en dessous. Oreille très large, assez courte, presque arrondie au sommet, oreillon très court, en forme de croissant, courbé en dedans. Ailes très longues et très étroites, insérées au talon; 34 dents.
Envergure 0m35 à 0m45, corps 0m072, queue 0m042 à 0m050.
Mâles et femelles semblables, les jeunes d’un brun noirâtre.
Cette espèce, commune partout, habite les arbres creux, les clochers et les greniers où elle se cache de préférence dans des trous; on ne la rencontre jamais dans les cavernes. A peine le soleil couché, on aperçoit ordinairement à une hauteur prodigieuse, de grandes Chauves-Souris qui planent lentement. Ce sont des Noctules qui, à mesure que l’obscurité se fait plus épaisse, se rapprochent de terre pour suivre, d’un vol rapide, le bord des rivières, la lisière des bois, les avenues, les rues des villes. Souvent, elles pénètrent dans les appartements et lorsqu’on les saisit, elles poussent de petits cris et des stridulations rauques.
Fig. 10.—Tête du Vespérien noctule.
Elle mange toutes sortes d’insectes, notamment des phalènes, des hannetons, des géotrupes stercoraires. Il semble prouvé que, probablement comme les autres Chauves-Souris, la Noctule chasse au crépuscule du soir pendant quelques heures, puis se repose au milieu de la nuit pour chasser de nouveau avant l’aube. Au jour, elle rentre dans sa retraite et s’y établit, seule ou par petites troupes.
Au printemps, la femelle met bas un petit, parfois deux.
Elle émet une assez forte odeur de musc.
2º Vespérien de Leisler.
Vesperugo Leisleri Kull.
Pelage brun-rougeâtre dessus, brun-jaunâtre en dessous. Oreilles larges et courtes, un peu plus allongées que celles de la Noctule; oreillon court, un peu en forme de croissant, courbé en dedans. Aile longue et étroite, insérée au talon. 34 dents.
Quelques auteurs forment pour les deux Vespériens, Noctule et Leisler, un sous-genre spécial caractérisé par la présence de quatre prémolaires supérieures et l’insertion de l’aile au talon.
Envergure 0m27, corps 0m055, queue 0m045.
Les deux sexes semblables.
Cette espèce non signalée en Belgique, très rare en France et dans la Suisse Romande, ressemble à la Noctule, mais elle est plus petite, a les incisives placées dans la direction de la mâchoire, tandis que, chez la Noctule, elles sont placées obliquement, et a l’incisive supérieure externe égale à l’interne en diamètre à la hauteur du collet, tandis que ce diamètre est double chez la Noctule.
Elle vit en petites troupes dans les greniers et les vieux bâtiments, ainsi que dans les cavités d’arbres. Elle sort dès le crépuscule et parcourt, d’un vol élevé et capricieux, les abords des villages et la bordure des bois. L’hiver, elle s’endort d’un sommeil long et profond.
Elle habite l’Europe moyenne et a été observée notamment dans les Alpes et en Lorraine.
3º Vespérien de Savi.
Vesperugo Savii Bonaparte.
(Vespertilio Maurus Blasius, V. Bonapartii Savi, Vespérien alpestre Fatio.)
Pelage très long et épais, noirâtre dessus et dessous, avec une nuance grise ou argentée. Oreilles courtes, arrondies en haut; oreillon court, ayant sa plus grande largeur vers son milieu. Ailes insérées à la base des orteils. 34 dents.
Envergure 0m22, corps 0m050, queue 0m030.
Espèce rare trouvée seulement dans les Alpes, les départements français du sud-est et la Corse, vivant pendant l’été sur les montagnes et descendant dans les pays moins élevés pour passer l’hiver.
Elle se case, durant la journée, sous les toits des chalets et des bâtiments par petites troupes, et s’envole de bonne heure, en quête d’insectes. Son vol est rapide et élevé.
4º Vespérien pipistrelle.
Vesperugo pipistrellus Keys et Blasius.
(Vespertilio brachyotus Baillon.)
Pelage variable, en général brun noir dessus, brunâtre en dessous. Oreilles presque nues, plus courtes au bord interne qu’au bord externe, très peu longues et assez larges; oreillons en forme de couteau obtus, presque droits, ayant leur plus grande largeur au-dessus de leur base. Ailes longues, insérées à la base des doigts. 34 dents.