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Fig. 11.—Membrane alaire et lobe porte calcanéen du Vespérien pipistrelle.

(Voir description Plance 3).

Vespérien de Kuhl.
Vesperugo Kuhlii Natterer.

Pelage brun noirâtre dessus, gris foncé en dessous. Oreille plus courte que la tête, de forme allongée ou triangulaire; oreillons plus petits que la moitié de l’oreille, à bord externe convexe et bord interne presque droit, par suite recourbé en dedans, aminci à son extrémité. Ailes noirâtres, bordées d’un filet blanchâtre; caractère qui la fait de suite reconnaître. 34 dents.

Envergure 0m218, corps 0m043, queue 0m035.

Espèce voisine de la Pipistrelle avec laquelle elle a été parfois confondue, très commune en Provence et dans tout le midi de la France, non observée dans le Centre et le Nord, non plus qu’en Belgique. Signalée en Suisse seulement dans le canton du Tessin.

Elle a les mœurs de la Pipistrelle, choisit les mêmes retraites, part en chasse de bonne heure et parcourt d’un vol rapide, capricieux et assez élevé, les abords des villes et des villages.

Aux approches de l’hiver, elle s’endort en petites compagnies, sous les toits des bâtiments et dans les endroits obscurs des greniers. Elle entre volontiers dans les appartements éclairés.

Vespérien abrame.
Vesperugo abramus Temminck.
(Vesperugo Nathusii Keys et Blasius.)

Pelage brun de suie en dessus, brun roussâtre ou grisâtre en dessous. Oreilles courtes, très peu échancrées au milieu de leur bord externe, arrondies à leur sommet, oreillon court, à bord interne légèrement concave, guère plus étroit en haut qu’en bas. 34 dents.

Très voisine de la Pipistrelle, dont elle se distingue par les caractères ci-dessus, sa taille un peu plus forte et son museau avec les côtés de la face dénudés, tandis que, chez la Pipistrelle, la tête et la face sont très poilues.

Envergure 0m24, corps 0m048, queue 0m035.

Espèce d’Asie qui ne paraît pas avoir été observée en France pendant l’hiver. Pendant l’été, elle se montre assez fréquemment en Provence, dans les Alpes françaises et suisses et dans tout le midi de la France. Elle chasse dès le crépuscule et vole rapidement, à une faible hauteur, puis, au matin, se cache dans les greniers et les vieux bâtiments.

On a voulu former des sous-genres pour les Vespériens maure, Pipistrelle, Kuhl et Abrame, caractérisés par la présence de quatre prémolaires supérieures et l’insertion de l’aile à la base des orteils, comme on a formé un sous-genre pour les Vespériens noctule et Leisler caractérisé par l’insertion de l’aile au talon, et pour les espèces suivantes un sous-genre caractérisé par seulement deux prémolaires supérieures. Nous mentionnons seulement ces distinctions.

Vespérien sérotine.
Vesperugo serotinus Blasius.

Pelage long et doux, brun cendré dessus, brun jaunâtre en dessous. Oreilles à peine plus courtes que la tête, à sommet un peu triangulaire arrondi; oreillons assez longs, assez étroits, un peu convexes en dehors, un peu acuminés. Ailes longues, médiocrement larges, insérées près de la base des doigts. 32 dents.

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Fig. 12.—Tête du Vespérien sérotine.

Envergure 0m35, corps 0m07, queue 0m05, dépassant un peu la membrane interfémorale.—Les deux sexes semblables, les jeunes plus foncés.

Rare dans le nord de la France, en Belgique et en Suisse, elle est assez commune et même très commune dans les autres provinces françaises.

On la découvre, le jour, solitaire ou par deux, dans les clochers et les granges, aussi dans les cavités d’arbres. Au crépuscule, elle se met à voler, d’abord haut et lentement, puis plus bas et capricieusement, dans les jardins, les rues des villes, les bois, sur les rivières et les étangs.

En mai, la femelle met bas un petit qui grandit si vite qu’on trouve à la fin de juillet des jeunes déjà très forts.

L’hiver, elle se retire dans les combles des clochers et des édifices ou dans les souterrains. Cette Chauve-Souris est très frileuse et redoute le mauvais temps; elle est néanmoins très vigoureuse et batailleuse; on l’a vue se défendre énergiquement contre des chats, et les mâles se livrent des combats en l’air.

Son cri est menu et strident et elle répand une odeur fade et désagréable.

Vespérien discolore.
Vesperugo discolor Natterer.

Pelage brun noirâtre ou jaunâtre en dessus, brun cendré ou blanchâtre en dessous. Oreilles à peine plus courtes que la tête, à sommet un peu triangulaire arrondi, oreillon court, assez large au-dessus du milieu, convexe extérieurement. Ailes longues, insérées à la base des doigts. 32 dents.

Envergure 0m27, corps 0m048, queue 0m045.

Les deux sexes semblables, les jeunes plus sombres.

Espèce montagnarde qu’on trouve seulement dans les Alpes, le Jura, les Vosges et jusqu’à environ 1.300 m. d’altitude, du reste toujours rare. Elle habite l’Europe moyenne. M. de Selys ne la signale pas en Belgique.

A la nuit tombante, on la voit passer rapidement au-dessus des maisons, jardins et taillis. Au jour, elle se retire dans les trous des arbres ou des murailles et dans les combles des bâtiments.

Durant l’hiver, elle se choisit un réduit obscur de bâtiment ou le coin retiré d’un grenier, et s’y cache, soit seule, soit en compagnie de quelques autres.

Vespérien boréal.
Vesperugo borealis Nilsson.
(Vesperugo Nilssonii Keys et Blasius.)

Pelage brun noirâtre dessus avec des mèches de poils claires, gris brunâtre en dessous. Oreilles à peine plus courtes que la tête, à sommet ovale; oreillon court, à bord interne droit et bord externe un peu convexe, ayant sa plus grande largeur vers son milieu. Ailes assez longues, insérées à la base des doigts. 32 dents.

Ressemblant beaucoup à V. discolor, s’en distinguant par son oreillon plus court, le bout de la queue libre sur au moins 4 millimètres (discolor: 3 millimètres) et par une frange de poils fins et raides entourant la lèvre supérieure.

Envergure 0m26, corps 0m050, queue 0m045.

Espèce des montagnes qui habite le nord et le centre de l’Europe et dont la présence en France et en Belgique n’a pas été positivement constatée, mais qu’on a observée sur nos frontières en Allemagne et en Suisse; qui, de plus, est essentiellement voyageuse.

Son vol est rapide et élevé. Elle part de sa retraite au crépuscule et se retire, au matin, dans les clochers et les combles des édifices.

Si l’espèce V. leucippe Bonap. est identique à celle-ci, elle habiterait l’Italie.

Genre Vespertilion.—Vespertilio Keys. et Blasius.

Museau assez long, nez sans aucun repli. Narines s’ouvrant au bout du museau. Oreilles séparées, plutôt minces; oreillon long; pointu, dressé ou courbé en dehors. Ailes courtes et larges. Jambes longues et menues. 38 dents.

On a fait des Vespertilions des marais, Capaccini et Daubenton un sous-genre caractérisé surtout par les pieds très grands, la membrane interfémorale formant angle aigu, dépassée par la queue sur un certain espace et un autre sous-genre pour le reste des espèces, caractérisé surtout par les pieds moins grands, la membrane interfémorale formant angle obtus, dépassée seulement par l’extrême pointe de la queue ou enveloppant entièrement la queue.

Vespertilion des marais.
Vespertilio dasycnemus Boie.
(Vespertilio limnophilus Temminck).

Coloration brune, parfois rougeâtre ou noirâtre en dessus, d’un gris jaunâtre ou blanchâtre en dessous. Oreilles plus courtes que la tête, très échancrées et repliées en avant vers le milieu du bord externe, oreillon, de la moitié de l’oreille, en lame de couteau. Jambes longues. Aile insérée au bas du tibia.

Envergure variable: 0m20 à 0m28, corps 0m06, queue 0m05.

Les deux sexes semblables, les jeunes plus sombres.

Espèce assez commune dans l’Europe centrale, toujours assez rare en Belgique et dans les départements français septentrionaux, très rare ou inconnue dans les autres, non signalée en Suisse.

Elle sort dès le crépuscule et, d’un vol assez élevé, assez rapide et saccadé, parcourt la lisière des bois, les jardins et le pourtour des bâtiments, très souvent aussi rase la surface des eaux, ce qui lui a fait donner son nom. Le matin venu, elle rentre dans les greniers, les clochers ou les cavités d’arbres où elle se réunit en compagnies plus ou moins nombreuses.

Son sommeil hibernal est court et léger. Elle craindrait moins le froid et la pluie que la plupart des Chauves-souris du même genre.

Vespertilion à grands pieds.
Vespertilio megapodius Temminck.
(Vespertilio Capaccinii Bonaparte).
(Vespertilio pellucens Crespon).

Pelage brun clair dessus, blanchâtre en dessous. Oreilles presque aussi longues que la tête, larges à la base, triangulaires au bout; oreillon long, large en bas, très menu au bout, sa partie supérieure recourbée en dehors. (Cette partie supérieure recourbée en dedans chez Dasycneme). Jambes longues. Aile insérée au tibia, un peu au-dessus du talon.

Envergure 0m24, corps 0m05, queue 0m038.

Espèce méridionale assez commune dans le sud et le sud-est de la France où elle remplace sa voisine Dasycneme, dont elle a les mœurs, non indiquée de Belgique et de Suisse.

Elle se cache, le jour, dans les greniers et les clochers, a le vol assez rapide et capricieux, aime à raser la surface des rivières, et, l’hiver, se retire dans les cavernes et les souterrains.

Vespertilion de Daubenton.
Vespertilio Daubentonii Leisler.
(Vespertilio lanatus Crespon).

Pelage gris noirâtre ou brunâtre foncé en dessus, gris roussâtre foncé en dessous. Oreilles un peu plus courtes que la tête, coudées au bord externe; oreillon droit, pointu, un peu plus court que la moitié de l’oreille, convexe en dehors à sa base. Pieds très grands. Aile insérée au métatarse.

Envergure 0m24, corps 0m05, queue 0m04.

Les deux sexes semblables, les jeunes plus sombres.

Espèce commune dans toute l’Europe moyenne, répandue en Suisse, en Belgique aussi en France, assez rare pourtant dans le centre et dans l’ouest.

Cachée pendant le jour dans une caverne, un clocher ou un trou d’arbre, elle ne sort en général que si le temps est beau, et aime à chasser à la surface des eaux, le plus souvent en troupes. Là, elle attrape toutes sortes d’insectes, notamment les trichoptères et les cousins. Certains auteurs disent qu’elle se montre seulement lorsque l’obscurité est profonde; d’autre part, M. Réguis l’a vue, en Provence, chasser les libellules qui sont pourtant, sauf deux espèces un peu crépusculaires, des insectes ne volant qu’au soleil.

Au printemps, la femelle met bas un petit qu’elle emporte avec elle, comme les autres Vespertilions, bien que son vol soit rapide et très irrégulier.

L’hiver, elle s’endort profondément dans les caves et les cavernes, où elle se suspend aux voûtes et se blottit dans une fissure.

Vespertilion échancré.
Vespertilio emarginatus Geoffroy.
(V. rufescens Crespon—V. ciliatus Blasius).

Pelage légèrement laineux, roux dessus, roussâtre clair en dessous. Oreilles à peu près de la longueur de la tête, échancrées à leur bord supérieur externe; oreillon très long, pointu, en forme de couteau un peu recourbé en dehors au bout; les oreilles et les membranes d’un brun rougeâtre. Pieds moyens. Aile insérée à la base des doigts.

Envergure 0m22, corps 0m045, queue 0m037 à 0m040.

Assez commun en Belgique et en France, notamment dans le centre, très rare en Suisse, il habite, l’été, les greniers, clochers, caves et souterrains, fréquente les rivières et les étangs d’un vol bas et assez rapide. L’hiver, il se retire dans les souterrains et les grottes où il s’accroche aux voûtes ou s’enfonce profondément dans les fissures.

Il ressemble beaucoup au Vespertilion de Natterer ci-après, mais on l’en distinguera toujours par l’absence de poils raides au bord de sa membrane interfémorale, par la couleur rousse de son dos et la coloration roussâtre de son ventre.

Vespertilion de Natterer.
Vespertilio Nattereri Kuhl.

Pelage brun clair ou cendré en dessus, blanchâtre, grisâtre ou même blanc en dessous. Oreilles grandes, assez étroites, aussi longues au moins que la tête, très peu échancrées au bord externe; oreillon long, étroit, à pointe fine, un peu recourbé en dehors; les oreilles et membranes brunâtres, la membrane interfémorale frangée de courts poils raides. Pieds moyens. Aile insérée à la base des doigts.

Envergure 0m26; corps 0m043; queue 0m040 presque aussi longue que le corps.

Les deux sexes semblables, les jeunes d’une teinte plus sale.

Espèce rare dans la Suisse Romande, assez rare en Belgique, assez commune presque partout en France; indiquée cependant comme rare dans certains départements du nord et de l’ouest, Somme, Sarthe, etc. On la trouve dans toute l’Europe moyenne.

Elle habite, durant l’été, les arbres creux, les greniers, les clochers et vole, le soir, plutôt lentement, à une hauteur moyenne. Elle aime aussi raser la surface des étangs et y chasser les trichoptères.

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Fig. 13.—Tête du Vespertilion de Natterer.

L’hiver, elle gagne les caves et cavernes où elle se suspend parfois, mais, le plus souvent, s’enfonce dans une fente assez profondément.

Vespertilion de Bechstein.
Vespertilio Bechsteini Leisler.

Pelage brun roux en dessus, grisâtre en dessous. Oreilles nues, très grandes, plus longues que la tête, un peu échancrées à leur bord supérieur externe; oreillon assez long, pointu, plus court que la moitié de l’oreille, un peu recourbé en dehors; les oreilles et les membranes brunâtres. Bord de la membrane interfémorale dépourvu de poils et sans aucun feston. Pieds moyens. Ailes insérées à la base des doigts.

Envergure 0m28; corps 0m050; queue 0m037, beaucoup plus courte que le corps.

Les deux sexes semblables. Il ressemble d’apparence au V. de Natterer ci-dessus, sa coloration est presque identique, ses oreillons et sa dentition sont absolument les mêmes, mais la marge de sa membrane interfémorale est entière, ses oreilles sont beaucoup plus larges et elle a une plus grande envergure.

Espèce non signalée en Suisse, très rare en Belgique, rare partout et cependant assez uniformément observée en France. On n’a guère parlé de son vol. Les individus capturés en divers endroits l’ont été, pendant la belle saison, dans des troncs d’arbres creux, et pendant l’hiver, dans des carrières, des fissures de chambres souterraines ou des fentes dans les voûtes de caves.

On la rencontre de temps en temps dans le département de l’Indre.

Quand on la saisit, elle jette des cris plaintifs assez analogues à ceux d’un tout petit enfant.

Vespertilion murin.
Vespertilio murinus Linné.
(Vespertilio myotis Bechstein).

Pelage brun roux en dessus, gris pâle en dessous. Oreilles nues, plus longues que la tête, à peine échancrées au bord externe. Oreillon droit, long, étroit, pointu, de moitié de l’oreille. Aile insérée près de la base des doigts, au métatarse.

Envergure 0m38; corps 0m09; queue 0m045.

Les deux sexes semblables, les jeunes semblables ou d’un gris plus cendré.

Grande espèce commune partout, qui se loge, pour la journée, dans les greniers, les clochers, les arbres creux et très volontiers dans les puits où elle s’introduit par la moindre fissure. La nuit venue, elle parcourt tantôt lentement, tantôt assez vite, à une faible hauteur, les rues, avenues, lisières de bois, et entre, au besoin, dans les chambres où se trouve de la lumière.

Dès la fin de septembre, elle choisit sa retraite d’hiver, sauf à sortir quelquefois par les belles soirées d’octobre, et se loge dans les fissures des cavernes par troupes souvent nombreuses. Elle se suspend très rarement. Son sommeil est profond.

Les femelles font ordinairement leurs petits en mai.

Cette Chauve-Souris s’habitue aisément à la captivité. M. R. Rollinat, qui l’a élevée en cage, a constaté que son appétit était énorme; elle dévorait sans peine des milliers de mouches ou des centaines de criquets dans la même journée, et pour boire, elle trempait dans l’eau son museau, puis relevait vivement la tête, à la manière des poulets.

Son cri strident est assez fort, comparable, suivant M. Rollinat, aux cris des moineaux qui se battent; à d’autres moments, elle fait entendre un grésillement ou un bourdonnement semblable à celui d’une grosse mouche.

Vespertilion à moustaches.
Vespertilio mystacinus Leisler.

Pelage long, en dessus d’un brun roux très foncé, en dessous d’un gris roussâtre. Oreilles de la longueur de la tête ou un peu plus courtes, ondulées à leur bord externe; oreillon, de la moitié de l’oreille, étroit, assez pointu, à peu près droit. Les oreilles, le nez et les membranes noirâtres; toute la coloration, du reste, assez variable. Ailes insérées à la base des doigts.

Envergure 0m22; corps 0m040; queue 0m035.

Les deux sexes semblables, les jeunes plus sombres, avec la base des ailes noire.

Petite espèce qui habite toute l’Europe centrale, ne craint pas de s’élever dans les montagnes et se trouve communément partout en Suisse, en Belgique et en France. Elle est même très répandue dans l’Indre et autres départements du centre.

On la voit, de bonne heure en été, voltiger à une faible hauteur, sur les rivières et les étangs, saisissant les trichoptères et les diptères à la surface de l’eau. Pendant la journée, elle se case un peu partout, dans les trous d’arbres et de murs, dans les greniers et les cavernes. En hiver, elle dort d’un sommeil léger, isolée ou par compagnies, dans les carrières, cavernes et souterrains, tantôt suspendue, tantôt au fond d’une fissure.

Les Chauves-Souris semblent n’avoir guère d’ennemis; cependant les Rapaces, surtout les nocturnes, en saisissent quelques-unes et nous avons trouvé dans l’estomac d’une pie un Vespertilion à moustaches intact. L’oiseau avait dû le prendre dans une cavité d’arbre et l’avait avalé tout entier.

Genre Minioptère.—Miniopterus Bonaparte.

Museau large, dessus de la tête très bombé; nez sans aucun repli; narines ouvertes au bout du museau. Oreilles bien séparées, très courtes, triangulaires, oreillon analogue à celui des Vespériens. Ailes très longues, étroites et très sinueuses. La première phalange du deuxième doigt de l’aile très courte. Jambes plutôt longues.

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Fig. 14.—Tête du Minioptère de Schreibers.

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Fig. 15.—Crâne du Minioptère de Schreibers.

Queue au moins aussi longue que tout le corps, complètement prise dans la membrane interfémorale. En tout 36 dents, les incisives supérieures séparées des canines et séparées entre elles.

Minioptère de Schreibers.

Miniopterus Schreibersi Natterer.

Pelage court, brun cendré ou gris dessus; grisâtre en dessous. Oreilles beaucoup plus courtes que la tête; oreillon, de moitié de l’oreille, étroit, penché en dedans. Aile insérée au tibia.

Envergure: 0m28 à 0m30; corps 0m050; queue 0m056.

Habite la Suisse, habite aussi en France les Pyrénées, la Provence et plusieurs départements du midi et du sud-est, où elle n’est pas commune. Excessivement rare ou inconnue ailleurs.

Elle semble préférer aux villes et aux habitations les endroits sauvages et elle circule, d’un vol élevé et très rapide, autour des bois, dans les clairières et sur les chemins des campagnes, dès que la nuit est venue. Au matin, elle rentre par petites troupes dans les souterrains et les grottes les plus profondes, où elle vit, l’hiver aussi bien que l’été.

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FAMILLE DES EMBALLONURIDÉS

Genre Molosse.—Nyctinomus E. Geoffroy.

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Fig. 16.—Aile de Molosse.

Museau épais, tronqué; le nez dépassant la lèvre inférieure; narines ouvertes au bout du museau. Oreilles soudées du coté interne; oreillon très court, très large, presque carré. Ailes très longues et très étroites. Queue épaisse, prise dans sa première moitié dans la membrane interfémorale, libre dans sa seconde moitié. En tout 32 dents.

Molosse de Cestoni.

Nyctinomus Cestonii Savi.

(Dynops Cestonii Savi—Dysopes Cestonii Wagner).

Pelage brun roux, ou jaunâtre, ou gris noirâtre. Oreilles larges, triangulaires, réunies à la base, leur centre rabattu sur les yeux. Lèvres plissées. Museau rappelant celui d’un bouledogue. Queue libre sur un long espace.

Envergure 0m364; corps 0m078; queue 0m046.

Espèce répandue dans le monde sur un très vaste territoire, puisqu’on la trouve dans la plus grande partie de l’Asie, dans une partie de l’Afrique, dans l’Europe centrale et méridionale, mais assez peu observée en France où on l’a capturée à diverses reprises, seulement dans le Var, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes, et plutôt rare partout. Du reste, facilement reconnaissable à son facies très particulier.

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Fig. 17.—Tête du Molosse de Cestoni.

Elle habite les cavernes où elle se suspend aux voûtes.

Un individu, capturé dans une chambre où il s’était introduit, a donné lieu à quelques observations: très hargneux et méchant au début, il s’habitua assez vite et devint familier; il se nourrissait d’insectes et, pour boire, trempait dans l’eau tout son museau, comme fait le Murin; il courait relativement vite avec ses pieds bien dégagés, et sa voix était une sorte de grincement clair et métallique.

Clé synoptique pour la détermination des espèces.

 

 

 

 

 

 

Un grand repli membraneux en forme de feuille sur la face. Pas d’oreillons. Ailes courtes et larges. Toujours 32 dents (Rhinolophidés).

1

Pas de grand repli membraneux en forme de feuille sur la face. Des oreillons très courts et carrés. Queue très épaisse, dépassant de la moitié de sa longueur la membrane interfémorale. Toujours 32 dents. Ailes très longues et très étroites. (Emballonuridés).

Cestonii

Pas de grand repli membraneux en forme de feuille sur la face. Des oreillons plus ou moins allongés. Queue longue et étroite prise dans la membrane interfémorale et ne dépassant cette membrane que de un à trois millimètres. De 32 à 38 dents.

4

1. Grande taille (envergure: 0m36), première prémolaire en dehors de la ligne des dents, la deuxième accolée à la canine. Aile insérée au talon.

ferrum equinum

1. Taille moyenne ou petite (envergure 0m22 à 0m28) première prémolaire sur la ligne des dents, la deuxième séparée de la canine par la première.

2

2. Taille petite (envergure: 0m22 à 0m23). Membrane interfémorale anguleuse, laissant à peine libre l’extrême pointe de la queue.

hipposideros

2. Taille moyenne (envergure: 0m28), membrane interfémorale carrée, légèrement dépassée par la queue.

3

3. Aile insérée au talon. Côtés de la selle convergeant vers le haut.

Blasii

3. Aile insérée au tibia, au-dessus du talon. Côtés de la selle droits, parallèles.

euryale

4. Sommet de la tête très bombé, très élevé au-dessus du museau. Incisives supérieures séparées entre elles et séparées des canines.

Schreibersi

4. Sommet de la tête plat, peu élevé au-dessus du museau. Incisives supérieures accolées deux par deux de chaque côté à la canine correspondante.

5

5. Narines s’ouvrant sur la partie dorsale du museau, au fond d’une rainure. Oreilles soudées ensemble à leur base.

6

5. Narines s’ouvrant normalement au bout du museau. Oreilles séparées.

7

6. Oreilles beaucoup plus longues que la tête, dont le bord externe s’insère latéralement à l’angle de la bouche. Ailes larges; 36 dents.

auritus

6. Oreilles à peine de la longueur de la tête, moyenne, leur bord externe s’insérant en avant, entre les yeux et la bouche. Ailes moyennes; 34 dents.

barbastellus

7. Bord externe de l’oreille inséré beaucoup plus bas que le bord interne, vers le coin des lèvres. Oreilles ordinairement plus courtes que la tête, plus ou moins triangulaires. Oreillon droit ou courbé en dedans. Museau presque nu. Ailes longues et étroites; 32 ou 34 dents (genre Vesperugo).

8

7. Bord externe de l’oreille inséré plus ou moins en face du bord interne, vers la base de l’oreillon. Oreilles ordinairement aussi longues ou plus longues que la tête, ovales. Oreillon long, pointu, plus ou moins courbé en dehors. Museau poilu. Ailes larges et courtes; 38 dents (genre Vespertilio).

14

8. Seulement 32 dents, soit seulement deux prémolaires supérieures.

8. 34 dents, soit quatre prémolaires supérieures.

10

9. Grande taille (envergure 0m35). Oreillon moyennement long ayant sa plus grande largeur immédiatement au-dessus de la base de son bord interne. Les deux dernières vertèbres caudales libres.

serotinus

9. Taille assez petite (envergure 0m27). Oreillon court ayant sa plus grande largeur immédiatement au-dessus du milieu de son bord interne. Seulement la dernière vertèbre caudale libre.

discolor

9. Taille assez petite (envergure 0m26). Oreillon court ayant sa plus grande largeur vers le milieu de son bord interne. Les deux dernières vertèbres caudales libres.

borealis

10. Membrane de l’aile s’insérant au talon ou au-dessus. Oreillon dilaté en haut.

11

10. Membrane de l’aile s’insérant à la base des orteils, oreillon non dilaté en haut.

12

11. Grande taille (envergure 0m35 à 0m45), pelage à peu près unicolore. Incisives inférieures formant un angle droit avec la mâchoire.

noctula

11. Taille assez petite (envergure 0m27), pelage bicolore. Incisives inférieures dans la direction de la mâchoire.

Leisleri

12. Oreillon ayant sa plus grande largeur vers son milieu. Bord externe de l’oreille convexe en bas, convexe en haut. Pelage noir.

Savii

12. Oreillon ayant sa plus grande largeur immédiatement au-dessus de la base de son bord interne. Pelage non coloré en noir.

13

13. Les deux bords de l’oreillon parallèles. Bord externe de l’oreille échancré à son tiers supérieur. Membrane interfémorale non bordée de blanc.

pipistrellus

13. Les deux bords de l’oreillon parallèles. Bord externe de l’oreille droit. Membrane interfémorale non bordée de blanc.

abramus

13. Le bord externe de l’oreillon convexe, son bord interne droit. Bord externe de l’oreille un peu concave dans son tiers supérieur. Membrane interfémorale bordée de blanc.

Kuhlii

14. Pied très grand. Les deux dernières vertèbres de la queue dépassant la membrane interfémorale.

15

14. Pieds moyens. La queue ne dépassant pas la membrane interfémorale ou la dépassant d’une façon à peine visible.

16

15. Membrane insérée au talon. Oreillon très aigu à sa partie supérieure recourbée en dehors; son bord interne convexe.

megapodius

15. Membrane insérée au talon. Oreillon obtus à sa partie supérieure recourbée en dedans; son bord interne un peu concave.

dasycneme

15. Membrane insérée aux métatarsiens. Oreillon droit.

Daubentoni

16. Oreillon effilé en haut, à pointe aiguë et recourbée en dehors. Oreilles de la longueur de la tête.

17

16. Oreillon droit, à pointe subaiguë ou obtuse. Oreilles de la longueur de la tête ou beaucoup plus longues.

18

17. Oreille presque aussi longue que la tête, avec le bord externe profondément échancré.

emarginatus

17. Oreille plus longue que la tête, avec le bord externe à peine échancré. Bord libre de la membrane interfémorale frangé de poils raides. Queue aussi longue que la tête et le corps.

Nattereri

17. Oreille plus longue que la tête, avec le bord externe à peine échancré. Bord libre de la membrane interfémorale sans poils. Queue plus courte que la tête et le corps.

Bechsteinii

18. Oreille de la longueur de la tête, très échancrée au bord externe.

mystacinus

18. Oreille beaucoup plus longue que la tête, à peine échancrée au bord externe.

murinus

Ordre II.—Insectivores.

Les Insectivores, répartis en France, en Belgique et en Suisse en trois familles, celle des Hérissons, celle des Musaraignes et celle des Taupes et des Desmans, sont des Mammifères terrestres, plantigrades, ayant une clavicule, tous de taille assez petite ou très petite, ayant quatre pattes à cinq doigts pourvus d’ongles, les oreilles et les yeux petits, le museau plus ou moins allongé; la queue variable, tantôt longue, tantôt très courte. Leurs mamelles sont placées différemment, suivant les genres.

Ils ont de 28 à 44 dents: toujours à chaque mâchoire plus de deux incisives, des canines plus ou moins développées, des molaires en tubercules aigus rappelant celles des Chauves-Souris, et jamais de barre, c’est-à-dire cette séparation qui existe entre les dents des Rongeurs.

Ils sont tous plus ou moins nocturnes; quelques-uns ont, comme les Chauves-Souris, un sommeil hibernal.

Les petits naissent nus, sourds et aveugles, mais se développent très rapidement.

Les Insectivores de nos contrées sont classés en trois familles:

Les Erinaceidés, caractérisés par leur forme normale, les quatre pattes organisées pour la marche, les yeux moyens, le museau en forme de groin, les poils transformés sur la plus grande partie du corps en piquants acérés; la queue courte et dix mamelles.

Les représentants français, belges et suisses de cette famille s’engourdissent pendant l’hiver et sont omnivores. On trouve des Erinaceidés dans beaucoup de parties de l’ancien monde, mais une seule espèce en France. Notons cependant que le Dr Siépi a signalé l’existence dans le Var du Hérisson d’Algérie, une espèce un peu différente du Hérisson européen.

Les Talpidés, caractérisés par le cou très court, les pieds de forme très particulière, les ongles très forts organisés pour fouir et creuser la terre, les yeux extrêmement petits et 44 dents. Ils ne se nourrissent que de proies vivantes. Ils se divisent eux-mêmes en deux sous-familles:

Celle des Taupes, avec deux espèces françaises, adaptée à la vie exclusivement souterraine, ayant le museau en forme de boutoir, six incisives à la mâchoire supérieure et huit à la mâchoire inférieure, les canines fortes, le pied de devant court transformé en une très large palette, admirablement organisée pour creuser des galeries souterraines et marcher dans ces galeries, le pied de derrière à peu près normal, la queue courte et velue.

Celle des Desmans, avec une espèce française, adaptée à la vie aquatique et à demi souterraine, ayant le museau en forme d’une longue trompe, quatre incisives à la mâchoire supérieure et autant à l’inférieure, les canines très petites, le pied de devant petit et palmé, le pied de derrière très grand et palmé, la queue très longue.

Les Soricidés, caractérisés par les membres organisés pour la marche normale, le museau très allongé, 28 à 32 dents, les yeux petits, le corps couvert de poils ordinaires, la forme de petites souris. Ils sont exclusivement carnivores et insectivores.

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FAMILLE DES ERINACEIDÉS

Tête large à sa base, conique; oreilles arrondies, petites, dépassant les poils. Incisives médianes longues, les inférieures peu recourbées, les canines petites; en tout 36 dents.

Hérisson d’Europe. Erinaceus europæus Linné.

(Voir la plance 4).

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FAMILLE DES TALPIDÉS

Genre Taupe.—Talpa Linné.

Pas d'image disponible:

Fig. 18.—Crâne de la Taupe commune.

Tête large à la base, sans oreilles visibles; museau allongé, terminé par une espèce de boutoir; canines supérieures fortes; yeux très petits ou même cachés sous une peau; corps allongé et cylindrique avec les membres courts, les antérieurs en forme de larges mains, les postérieurs étroits. Queue courte. 44 dents.

1. Taupe commune. Talpa europæa Linné.
(Voir la plance 5).

2. Taupe aveugle. Talpa cœca Savi.

La Taupe aveugle qui habite certains départements des bords de la Méditerranée et celui de la Gironde n’est probablement qu’une variété de la Taupe commune, une forme en train de subir des modifications.

Genre Desman.—Myogalea Fischer.

Museau prolongé en une petite trompe très longue et très flexible; queue longue, écailleuse, aplatie aux côtés; 22 dents à chaque mâchoire.

Pas d'image disponible:

Fig. 19.—Museau du Desman des Pyrénées.

Desman des Pyrénées. Myogalea pyrenaica Geoffroy.
(Voir la plance 6).

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FAMILLE DES SORICIDÉS

Genre Crocidure.—Crocidura Wagler.

Dents blanches, les incisives supérieures médianes recourbées en hameçon avec un talon pointu, les médianes inférieures entières, non dentelées; canines petites; molaires surmontées de tubercules aigus. Yeux très petits; oreilles arrondies, petites, mais dépassant les poils. Museau long et mobile. Corps allongé, membres courts, queue arrondie, aussi longue que le corps. 28 et 30 dents.

Crocidure aranivore. Crocidura araneus Schreber.
(Voir la plance
7).

Pas d'image disponible:

Fig. 20.—Crâne du Crocidure aranivore.

Crocidure leucode. Crocidura leucodon Hermann.
(Leucodon micrurus Fatio).

Pelage brun foncé en dessus, blanc en dessous, les deux teintes nettement séparées; oreilles peu velues; queue plus courte que la moitié du corps, couverte de poils courts avec quelques longs poils épars, brune dessus, blanche dessous. La tête plus longue que celle de l’Aranivore. 28 dents.

Longueur du corps 0m075, de la queue 0m029.

Les deux sexes et les jeunes semblables, ces derniers parfois plus gris.

Cette espèce a tout à fait les mœurs de la Musette et s’attaque, comme elle, à tous les insectes, aux vers, aux petits mammifères et aux oiseaux, à toutes sortes de larves et aux chenilles, mais elle s’approche moins des habitations et rôde plutôt dans les endroits broussailleux, les buissons autour des champs et la lisière des bois. Elle fait, comme l’autre, de février à octobre, de deux à quatre portées, chacune de 3 à 4 petits.

La Crocidure leucode, très rare en Belgique, assez rare en Suisse, est plus commune que l’Aranivore dans le nord-est et l’est de la France, mais dans le sud, l’ouest et le centre, elle est beaucoup plus rare.

Crocidure étrusque. Crocidura etrusca Savi.

Pelage gris cendré roussâtre en dessus, les flancs et le dessous du corps d’un gris blanchâtre, les teintes se fondant l’une dans l’autre. Queue grosse, de la longueur du corps sans la tête, couverte de poils courts et de quelques longs poils, carrée et diminuant peu à peu de grosseur. Tête longue, oreilles assez grandes. 30 dents.

Longueur du corps 0m035, de la queue 0m025.

Les deux sexes semblables, les jeunes de couleur plus foncée.

Cette espèce dont certains auteurs ont fait un genre séparé (Pachyura Selys) n’a pas de glande odorante et est beaucoup plus petite que les autres.

Elle habite les départements du midi de la France et remonte vers l’est et le centre jusqu’au département de l’Allier, où elle doit être rare, tandis qu’à l’ouest, elle ne remonte pas jusqu’à la Gironde.

Comme les autres Crocidures, elle est très carnassière, et malgré sa petitesse, attaque tous les insectes, même les oisillons et les petits mammifères. Elle vit dans les haies et les broussailles et, durant l’hiver, pénètre quelquefois dans les granges et les habitations.

Genre Musaraigne.—Sorex Linné.

Dents rouges au bout, les incisives supérieures très recourbées, ayant le talon aussi saillant que la pointe, les médianes inférieures très dentelées; canines petites, molaires surmontées de tubercules aigus. Yeux très petits, oreilles petites disparaissant sous les poils. Museau long et mobile. Corps allongé; membres courts. Queue cylindrique ou carrée. 32 dents.

Musaraigne carrelet. Sorex vulgaris Linné.
(Sorex tetragonurus Hermann. Sorex coronatus Millet.)
(Voir la plance 8).

2º Musaraigne pygmée. Sorex pygmœus Laxmann et
Pallas.

Pelage gris brunâtre ou marron dessus, blanchâtre ou cendré en dessous. Pieds blanchâtres. Oreilles dépassant un peu les poils. Queue fauve, un peu plus longue que le corps sans la tête, poilue, épaisse, avec pinceau de poils à l’extrémité. Museau très long. Ressemblant beaucoup au Carrelet, mais d’un tiers plus petite, avec la queue plus longue et plus grosse.

Longueur du corps 0m048, de la queue 0m037.

Les deux sexes et les jeunes semblables.

Cette espèce est généralement rare et très localisée, mais elle a dû être confondue avec des jeunes de l’espèce précédente. Habitant surtout l’Europe moyenne et septentrionale, elle est indiquée notamment comme rare en Belgique, dans la Manche, dans la Sarthe, en Anjou, en Bretagne et dans l’est de la France, comme commune dans les Alpes et le Var. Les auteurs des faunes locales du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de la Lorraine, du Jura, du Doubs, de l’Aube, de la Gironde, de l’Ardèche, ne la mentionnent pas. Elle n’a pas non plus été observée dans les départements du centre.

Comme le Carrelet, dont elle a les mœurs, elle vit dans les endroits couverts de broussailles et humides ou sur la lisière des taillis, se nourrissant surtout de vers et d’insectes. Elle s’introduirait volontiers dans les ruches pour détruire les abeilles.

Musaraigne des Alpes. Sorex alpinus Schinz.

Pelage fourré, cendré ou gris ardoisé en dessus, plus clair en dessous. Pieds gris. Oreilles ne dépassant guère les poils. Queue noirâtre, à peu près de la longueur du corps, couverte de poils avec pinceau au bout. Chez cette espèce, le talon des incisives supérieures est moins saillant que chez les autres espèces, et un peu plus bas que la dent suivante. La taille varie beaucoup.

Longueur du corps 0m066 à 0m075, de la queue 0m06 à 0m07.

Espèce plutôt rare qui habite les départements montagneux de la France, le Jura, les Pyrénées, les Alpes françaises et suisses; observée aussi dans le Doubs. On l’y rencontre jusqu’à une altitude de 2.500 mètres.

Elle se nourrit d’insectes et de petits mammifères et oisillons qu’elle trouve en chassant dans les bois, les endroits herbeux et le bord des torrents. Elle entre dans les chalets et se noie parfois dans les baquets de laitage, en essayant d’y boire.

Genre Crossope.—Crossopus Wagler.