Quelques anciens du Yucatan disent avoir entendu de leurs ancêtres que cette terre fut occupée par une race de gens qui entrèrent du côté du levant et que Dieu avait délivrés en leur ouvrant douze chemins par la mer. Or si cela était vrai, il s’ensuivrait nécessairement que des Juifs seraient descendus tous les habitants des Indes Occidentales, parce que, passé le détroit de Magellan, ils avaient dû s’étendre en plus de deux mille lieues de terre, dans ce qui est aujourd’hui gouverné par l’Espagne[25].
Dans ce pays, il n’y a qu’une seule langue, ce qui a été fort utile pour sa conversion, quoique sur les côtes il y ait quelque différence dans les mots et dans la manière de parler. Ceux de la côte sont aussi plus aimables dans leur commerce habituel et plus gracieux dans leur langage; les femmes s’y couvrent la gorge, ce qu’elles ne font pas à l’intérieur.
Cette contrée est partagée en provinces sujettes aux localités espagnoles les plus voisines. La province de Chectemal et de Bac-halal est sujette à Salamanca[26]. La province d’Ekab, celle de Cochuah et celle de Kupul sont sujettes à Valladolid[27]. Celle d’Ahkinchel et d’Yzamal, celle de Zututa, celle de Hocabai-Humun, celle de Tutu-Xiu, celles de Cehpech et de Chakan sont sujettes à la cité de Merida[28]; celle de Camol, de Campech, de Champutun et de Tixchel relèvent de San Francisco de Campêche.
Il y a dans le Yucatan beaucoup d’édifices de grande beauté, qui sont la chose la plus remarquable qu’on ait découverte dans les Indes; ils sont tous de pierre de taille fort bien travaillée, quoiqu’il n’y ait en ce pays aucun métal avec lequel on ait pu les mettre en œuvre[29]. Ces édifices, qui sont fort rapprochés les uns des autres, sont des temples, et la raison pour laquelle il y en a tant, c’est que les populations changeaient fréquemment de localité; or, en chaque bourgade ils édifiaient un temple, en vue de l’abondance extraordinaire de la pierre et de la chaux et d’une terre blanche qui s’y trouve, particulièrement propre à bâtir.
Tous ces édifices sont construits par les mêmes nations d’Indiens qui les habitent aujourd’hui, ce qui se voit clairement par les hommes de pierre nus et ayant les parties naturelles couvertes de certaines ceintures qu’ils appellent dans leur langue ex, comme aussi par d’autres objets que portent les Indiens.
Or, le religieux qui a écrit ce livre se trouvant dans ce pays, on découvrit dans un édifice en démolition une grande urne à trois anses, peinte de couleurs argentées au dehors et renfermant les cendres d’un corps brûlé, avec quelques-uns des os des bras et des jambes d’une merveilleuse grosseur, ainsi que trois objets de pierre bleue travaillés[30], de la classe de ceux qui servaient aux Indiens de monnaie. Quant aux édifices d’Yzamal, il y en avait onze ou douze, mais sans qu’on connaisse les fondateurs d’aucun d’eux[31]. Or, sur les instances des Indiens, on en occupa un, en y construisant, en 1549, un monastère qu’on appela de San Antonio[32].
Après ceux-ci, les édifices les plus remarquables sont ceux de Tikoch[33] et de Chichen-Itza qu’on décrira plus tard. Chichen-Itza est une localité fort bonne, située à dix lieues d’Yzamal et à onze lieues de Valladolid. On dit que trois seigneurs qui étaient frères, et qui vinrent en cette contrée du côté du couchant, y régnèrent autrefois: ils étaient fort religieux; c’est pourquoi ils édifièrent de fort beaux temples et vécurent sans femmes d’une manière fort honnête. Mais l’un d’eux étant venu à mourir ou s’en étant allé, les deux autres se conduisirent injustement et sans décence, d’où il advint qu’on les mit à mort[34]. Nous esquisserons plus loin le dessin de l’édifice principal[35] et nous décrirons le puits où ils jetaient vivants les hommes en sacrifice, ainsi que d’autres choses précieuses: il a plus de sept stades de profondeur jusqu’à l’eau et plus de cent pieds de diamètre, taillé en rond dans la roche vive d’une manière admirable; l’eau en paraît verte, ce qui provient, dit-on, du bocage dont ce lieu est environné[36].
Que es opinion entre los indios que con los Izaes que poblaron a Chicheniza reyno un gran señor llamado Cuculcan, y que muestra ser verdad el edificio principal que se llama Cuculcan. Y dizen que entro por la parte de Poniente, y que difieren en si entro antes o despues de los izaes, o con ellos, y dizen que fue bien dispuesto, y que no tuvo muger ne hijos, y que despues de su buelta fue tenido en Mexico por uno de sus dioses, y llamado Cezalcouati, y que en Yucatan tambien le tuvieron por dios por ser gran republicano, y que esto se vio en el assiento que puso en Yucatan despues de la muerte de los señores para mitigar la discussion que sus muertes causaron en la tierra.
Que este Cuculcan torno a poblar otra cibdad, tratandolo con los señores naturales de la tierra en que el y ellos viniessen, y que alli viniessen todas las cosas y negocios y que para esto eligieron un assiento muy bueno VIII leguas mas dentro en la tierra que donde esta agora Merida XV o XVI de la mar, y que alli cercaron de una muy ancha pared de piedra seca como medio quarto de legua, dexando solas dos puertas angostas y la pared no muy alta, y que en medio desta cerca hizieron sus templos y que al mayor, que es como el de Chicheniza llamaron Cuculcan, y que hizieron otro redondo con quatro puertas, diferente de quantos ay en aquella tierra, y otros muchos a la redonda, juntos unos a otros, y que dentro deste cercado hizieron casas para los señores solos entre los quales repartieron toda la tierra, dando pueblos a cada uno, conforme a la antiguedad de su linaje y ser de su persona, y que Cuculcan puso nombre a la cibdad, no del suyo, como hizieron los Ahizaes en Chicheniza que quiere dezir el Pozo de los Aizaes, mas llamola Mayapan que quiere dezir el Pendon de la Maya, porque a la lengua de la tierra llaman Maya y que los Indios llaman Ychpa, que quiere dezir Dentro de las Cercas.
Que este Cuculcan vivio con los señores algunos años en aquella cibdad, y que dexandolos en mucha paz y amistad se torno por el mismo camino a Mexico, y que de passada se detuvo en Champoton, y que para memoria suya y de su partida hizo dentro en la mar un buen edificio al modo del de Chicheniza, un gran tiro de piedra de la ribera, y que assi dexo Cuculcan en Yucatan perpetua memoria.
C’est une opinion commune entre les Indiens qu’avec les Itzaes qui occupèrent Chichen-Itza, régna un grand prince, nommé Cuculcan[37], ce que confirme le nom de l’édifice principal, appelé Cuculcan. Ils racontent qu’il arriva du côté du couchant; mais ils ne s’accordent pas sur le point, s’il vint avant ou après ou avec les Itzaes[38]. Ils disent que c’était un homme bien dispos, qu’il n’eut ni femme ni enfants, et qu’après son départ il fut regardé au Mexique comme un dieu et appelé Cezalcouati[39]. On le vénéra également comme un dieu dans le Yucatan, à cause de son zèle pour le bien public, et cela se vit dans l’ordre qu’il établit dans le Yucatan, après la mort des seigneurs, afin de calmer les dissentiments que leur assassinat avait causés dans le pays.
Ce Cuculcan établit ensuite une autre ville, d’accord avec les seigneurs de la contrée, où ils convinrent de se rendre et de faire venir toutes les affaires: à cet effet, ils choisirent une très-bonne localité à huit lieues plus à l’intérieur du pays que celle où est actuellement Mérida, à quinze ou seize lieues de la mer. Ils l’environnèrent d’une fort large muraille de pierre sèche, d’environ un demi-quart de lieue de circonférence, n’y laissant que deux portes très-étroites: la muraille n’était pas bien haute, et au centre de cette enceinte ils édifièrent leurs temples, donnant au plus grand, ainsi qu’à Chichen-Itza, le nom de Cuculcan. Ils en firent encore un autre de forme ronde, avec quatre portes, entièrement différent de tous ceux qu’il y a dans le Yucatan, et un grand nombre d’autres à l’entour: dans la même enceinte, ils construisirent des maisons pour les seigneurs seulement, partageant entre eux la terre, attribuant des villes et villages à chacun, suivant l’ancienneté de sa famille et ses qualités personnelles. Quant à la cité, Cuculcan ne lui donna pas son nom, comme avaient fait les Ahizaes à Chichen-Itza, mais il l’appela Mayapan, ce qui veut dire l’Étendard de la Maya, parce qu’ils nomment la langue du pays maya, et les Indiens disent[40] encore aujourd’hui Ychpa, ce qui signifie en dedans des fortifications.
Cuculcan vécut avec ces seigneurs durant quelques années dans cette ville: ensuite les ayant laissés dans une profonde paix et amitié, il s’en retourna par le même chemin au Mexique[41]. En passant, il s’arrêta à Champoton, et en mémoire de son séjour et de son départ, on érigea en dedans de la mer un bon édifice à la manière de ceux de Chichen-Itza, à un bon jet de pierre du rivage; c’est ainsi que Cuculcan laissa un souvenir perpétuel en Yucatan[42].
Que partido Cuculcan acordaron los señores para que la republica durasse que tuviesse el principal mando la casa de los Cocomes, por ser mas antigua o mas rica, o por ser el que la regia entonces hombre de mas valor, y que hecho esto ordenaron que pues en el cercado no avia sino templos y casas para los señores y gran sacerdote, que se hiziessen fuera de la cerca casas donde cada uno de ellos tuviesse alguna gente de servicio y donde los de sus pueblos acudiessen quando viniessen a la cibdad con negocios, y que en estas casas puso cada uno su mayordomo, el qual traya por señal una vara gorda y corta y que le llamavan Caluac; y que este tenia cuenta con los pueblos, y con los que los regian, y que a ellos se embiava aviso de lo que era menester en casa del señor como aves, maiz, miel, sal, pesca, caça, ropa y otras cosas, y que el Caluac acudia siempre a la casa del señor y veia lo que era menester en ella, y lo proveya luego porque su casa era como oficina de su señor.
Que acostumbravan buscar en los pueblos los mancos y ciegos y que les davan lo necessario.
Que los señores proveian de governadores y si les eran acceptos confirmavan en sus hijos los oficios y que les encomendavan el buen tratamiento de la gente menuda, y la paz del pueblo, y el ocuparse en trabajar paraque se sustentassen ellos y los señores.
Que todos los señores tenian cuenta con visitar, respetar, alegrar a Cocom, acompañandole y festejandole y acudiendo a el con los negocios arduos y que entre si bivian muy en paz y en mucho passatiempo como ellos lo usan tomar en vailes y combites y caças.
Que los de Yucatan fueron tan curiosos en las cosas de la religion como en las del govierno, y que tenian un gran sacerdote que llamavan Ahkin-Mai, y por otro nombre Ahau-Can-Mai, que quiere dezir el Sacerdote Mai o el Gran Sacerdote Mai, y que este era muy reverenciado de los señores el qual no tenia repartimiento de indios, pero que sin las offendas, le hazian presentes los señores y que todos los sacerdotes de los pueblos le contribuian: y que a este le succedian en la dignidad sus hijos y parientes mas cercanos, y que en este estava la llave de sus sciencias, y que en estas tratavan lo mas, y que davan consejo a los señores y respuestas a sus preguntas; y que cosas de los sacrificios pocas vezes las tratava sino en fiestas muy principales, o en negocios muy importantes; y que este proveia de sacerdotes a los pueblos quando faltavan, examinandoles en sus sciencias y cerimonias, y que les encargava las cosas de sus officios y el buen exemplo del pueblo y proveya de sus libros y los embiava, y que estos attendian al servicio de los templos, y a enseñar sus sciencias y escrivir libros de ellas.
Que enseñavan los hijos de los otros sacerdotes, y a los hijos segundos de los señores que los llevavan para esto desde niños, si veian que se inclinavan a este officio.
Que las sciencias que enseñavan eran la cuenta de los años, meses y dias, las fiestas y cerimionias, la administracion de sus sacramentos, los dias y tiempos fatales, sus maneras de adivinar y sus prophecias, los acaecimientos, y remedios para los males, y las antiguedades, y leer y escrivir con sus libres y carateres con los quales escrivian y con figuras que significavan las escrituras.
Que escrivian sus libros en una hoja larga doblada con pliegues, que se venia a cerrar toda entre dos tablas que hazian muy galanas y que escrivian de una parte y de otra a colunas, segun eran los pliegues, y que este papel hazian de raizes de un arbol, y que le davan un lustre blanco en que se podia bien escrivir, y que sabian de estas sciencias algunos principales señores, por curiosidad, y que por esto eran mas estimados, aunque no lo usavan en publico.
Cuculcan étant parti, les seigneurs s’accordèrent pour le bon ordre et la durée de la république à donner le commandement principal à la maison des Cocomes[43], soit parce qu’elle était la plus ancienne ou la plus riche, soit que celui qui était à sa tête, en ce temps-là, fût l’homme le plus considérable. Cela fait, voyant qu’il n’y avait dans l’intérieur de l’enceinte que des temples et des maisons pour les seigneurs et le grand prêtre, ils ordonnèrent que l’on construisît au dehors d’autres maisons où chacun d’eux pût avoir, au besoin, des gens de service, et où ceux de leur province pussent trouver place, quand ils viendraient à la capitale pour leurs affaires: chacun alors établit dans sa maison un intendant, lequel portait pour insigne un bâton court et gros, qu’ils appelaient Caluac; celui-ci avait à sa charge les diverses localités de la province et ceux qui les gouvernaient; ceux-ci, à leur tour, recevaient l’avis de ce qui était nécessaire dans la maison du seigneur, comme les oiseaux, le maïs, le miel, le sel, le poisson, le gibier, les étoffes et autres choses. Quant au Caluac, il assistait toujours dans la maison de son seigneur, afin de voir ce qui y manquait et de la pourvoir de tout aussitôt, sa maison étant comme l’office du palais.
On avait coutume de rechercher dans les villes et villages les estropiés et les aveugles, afin de leur donner le nécessaire.
Les seigneurs pourvoyaient au gouvernement de ces localités et confirmaient les fils dans les emplois de leurs pères, s’ils le tenaient pour agréable; ils leur recommandaient de traiter avec bienveillance le pauvre peuple, de maintenir la paix et de faire en sorte que les gens s’occupassent de leurs travaux, pour se sustenter eux-mêmes ainsi que leurs seigneurs.
Tous les seigneurs avaient l’obligation de visiter, de respecter et de réjouir Cocom, l’accompagnant, lui faisant fête et se réunissant autour de lui pour toutes les négociations importantes. Ils vivaient en paix les uns avec les autres, ayant beaucoup de divertissements, durant lesquels ils s’entretenaient en danses, en festins et en chasses, suivant leur usage.
Les indigènes du Yucatan n’étaient pas moins attentifs aux choses de la religion qu’à celles du gouvernement. Ils avaient un grand prêtre qu’ils nommaient Ahkin-Mai et autrement Ahau-Can-Mai, ce qui veut dire le Prêtre-Mai ou le Grand Prêtre-Mai[44]: c’était un personnage très-respecté des seigneurs, qui n’avait eu aucune part à la distribution des domaines; mais, en outre des offrandes, les seigneurs lui faisaient des présents, et les prêtres de toutes les communes lui apportaient une contribution. Les fils ou les parents les plus proches succédaient au grand prêtre dans sa dignité: en lui était la clef de leurs sciences, et c’était à quoi ils s’appliquaient le plus; car c’étaient les prêtres qui donnaient des conseils aux seigneurs et des réponses à leurs questions. Quant aux choses qui avaient rapport aux sacrifices, ils en traitaient rarement en dehors des fêtes principales ou des assemblées réunies pour des affaires importantes. C’était le grand prêtre qui nommait les prêtres, quand ils venaient à manquer dans les communes, les examinant auparavant dans les sciences et les cérémonies: il leur recommandait les choses de leur office et le bon exemple envers le peuple, les pourvoyaient des livres à leur usage, après quoi il les envoyait; ceux-ci à leur tour s’employaient au service des temples, à enseigner leurs diverses sciences comme à écrire les livres qui les contenaient.
Ils instruisaient les fils des autres prêtres et les fils cadets des princes qu’on leur amenait à cet effet dans leur enfance, si l’on remarquait qu’ils fussent enclins à cet office.
Les sciences qu’ils enseignaient étaient la computation des années, mois et jours, les fêtes et les cérémonies, l’administration de leurs sacrements, les jours et époques fatales, l’art de la divination et les prophéties, les événements à venir, les remèdes pour les maladies, ainsi que leurs antiquités, avec l’art de lire et d’écrire selon les lettres et caractères à l’aide desquels ils écrivaient, comme aussi avec les figures qui signifiaient des écritures.
Leurs livres étaient écrits sur une grande feuille, doublée en plis, qu’on renfermait ensuite entre deux planches qui étaient ornées avec soin; ils écrivaient de l’un et de l’autre côté en colonnes, suivant l’arrangement des plis; quant au papier, ils le faisaient des racines d’un arbre et lui donnaient un vernis blanc sur lequel on écrivait très-bien[45]. Il y avait de ces sciences que cultivaient par goût des seigneurs de haut rang, ce qui ajoutait à leur considération, quoiqu’ils ne s’en servissent pas publiquement.
Que cuentan los indios que de parte de medio dia vinieron a Yucatan muchas gentes con sus señores y parece aver venido de Chiapa aunque los indios no lo saben; mas que este autor lo conjetura porque muchos vocablos y composiciones de verbos es lo mismo en Chiapa y en Yucatan y que ay grandes señales en la parte de Chiapa de lugares que an sido despoblados. Y dizen que estas gentes anduvieron XL años por los despoblados de Yucatan, sin aver en ellos agua sino la que llueve, y que en fin de este tiempo aportaron a las sierras que caen algo en frente de la cibdad, de Mayapan X leguas de alla, y que alli començaron a poblar y hazer muy buenos edificios en muchas partes y que los de Mayapan tomaron mucha amistad con ellos, y holgaron que labrassen la tierra como naturales, y que assi estos de Tutuxiu se sujetaron a las leyes de Mayapan, y assi emparentaron unos con otros y que como el señor Xiui de los Tutuxios era tal vino a ser muy estimado de todos.
Que estas gentes vivieron tan quietamente que no avia pleito ninguno, ni usavan armas, ni arcos, aun para la caça, siendo agora excellentes flecheros, y que solamente usavan lazos y trampas con que tomavan mucha caça y que tenian cierto arte de tirar varas con un palo gruesso como tres dedos, agujerado hazia la tercia parte, y largo seis palmos, y que con el y unos cordeles tiravan fuerte y certezamente.
Que tenian leyes contra los delinquentes y las esecutavan mucho, como contra el adultero que le entregavan al ofendido para que el le matasse, soltando una piedra grande desde lo alto sobre la cabeza, o le perdonasse si quisiesse, y que a las adulteras no davan otra pena mas de la infamia, que entre ellos era cosa muy grave. Y que al que forçasse donzella le matavan a pedradas, y cuentan un caso que el señor de los Tutuxios tenia un hermano que fue acusado deste crimen, y le hizo apedrear, y despues le hizo cubrir de un gran monton de piedras, y que dizen que tenian otra ley antes de la poblacion desta cibdad, que mandava sacar las tripas por el umbligo a los adulteros.
Que el governador Cocom entro en cudicia de riquezas, y que para esto trato con la gente de guarnicion que los reyes de Mexico tenian en Tabasco y Gicalango, que les entregaria la cibdad, y que assi truxo gente mexicana a Mayapan, y oprimio los pobres y hizo muchos esclavos, y que le mataran los señores, si no tuvieran miedo a los mexicanos; y que el señor de los Tutuxios nunca consintió en esto, y que viendose assi los de Yucatan, aprendieron de los mexicanos el arte de las armas, y que assi salieron maestros del arco y flecha y de la lança y hachuela y sus rodelas y iacos fuertes de sal y algodon, y de otros pertrechos de guerra, y que ya no se admiravan de los mexicanos ni los temian, antes hazian poca cuenta de ellos y que en esto passaron algunos años.
Que aquel Cocom fue primero el que hizo esclavos pero que deste mal se siguio usar las armas con que se defendieron para que no fuessen todos esclavos.
Que entre los successores de la casa Cocomina uvo uno muy orgulloso, y imitador de Cocom, y que este hizo otra liga con los de Tavasco, y que metio mas Mexicanos dentro de la cibdad, y que començo a tyranizar y hazer esclavos a la gente menuda; y que por esto se juntaron los señores a la parte de Tutuxiu, el qual era gran republicano como sus passados, y que concertaron de matar a Cocom, y que assi le hizieron, matando tambien a todos sus hijos, sin dexar mas de uno que estava ausente, y que le sequearon la casa y le tomaron las heredades que tenia de cacau y de otras frutas, diziendo que se pagavan de lo que les avia robado, y que duraron tanto los vandos entre los Cocomes que dezian ser injustamente echados, y los Xiuis, que despues de aver estado en aquella cibdad mas de D años, la desampararon y despoblaron, yendose cada uno a su tierra.
Les Indiens racontent que, du côté du midi, entrèrent au Yucatan des tribus nombreuses avec leurs chefs, et il paraît qu’elles seraient venues de Chiapa, quoique les Indiens ne sachent pas le dire[46]; mais l’auteur de ce livre le conjecture à cause d’un grand nombre de mots et de constructions de verbes identiques au Chiapa et au Yucatan[47], et qu’il y a au Chiapa des vestiges considérables de localités qui ont été abandonnées[48]. Ils ajoutent que ces tribus furent errantes durant quarante ans dans les solitudes du Yucatan, sans y avoir de l’eau, sinon ce que la pluie leur donnait, et qu’au bout de ce temps-là, elles arrivèrent aux montagnes qui tombent presque en face de Mayapan, à dix lieues de cette ville: là, ajoutent-ils, elles commencèrent à occuper la terre et à construire de bons édifices en beaucoup d’endroits, et que ceux de Mayapan se lièrent d’une grande amitié avec elles, se réjouissant de voir qu’elles cultivaient la terre comme les naturels du pays. De cette manière, les gens de la race Tutuxiu, s’étant soumis aux lois de Mayapan, ils s’allièrent les uns avec les autres, et ainsi le seigneur Xiui des Tutuxius en vint au point d’être fort estimé de tout le monde[49].
Ces tribus vécurent d’une manière si paisible qu’il n’y avait aucune sorte de querelles. Ces gens-là ne se servaient point d’armes, pas même d’arcs pour la chasse, quoiqu’il y ait aujourd’hui d’excellents archers parmi eux[50]. Ils se contentaient alors de se servir de lacs et de piéges, à l’aide desquels ils prenaient beaucoup de gibier; ils avaient aussi un art particulier pour tirer des baguettes à l’aide d’un morceau de bois de trois doigts, troué au tiers de sa longueur, et avec cela ils tiraient fort et juste.
Les Mayas avaient des lois contre les délinquants et les exécutaient rigoureusement: ainsi en était-il de l’adultère qu’ils remettaient aux mains du mari outragé, afin qu’il le tuât, en lui jetant de haut une grosse pierre sur la tête, ou lui pardonnât s’il le jugeait à propos; quant aux femmes coupables, elles ne subissaient d’autre peine que celle de l’infamie, qui parmi elles était une chose fort grave. Mais à celui qui forçait une jeune fille on donnait la mort par lapidation. On raconte à ce sujet qu’un prince des Tutuxius, ayant un frère qu’on accusa de ce crime, il le fit lapider et ensuite couvrir son cadavre d’un grand monceau de pierres. On ajoute qu’il y avait une autre loi, antérieure à la fondation de cette ville[51], par laquelle il était ordonné d’arracher par l’ombilic les entrailles aux adultères.
Le roi Cocom ayant commencé à convoiter des richesses, traita à cet effet avec les troupes de garnison que les rois du Mexique entretenaient à Tabasco et à Xicalango[52], afin de leur confier la garde de la capitale. C’est ainsi qu’il amena des gens de race mexicaine à Mayapan, opprimant les pauvres et faisant beaucoup d’esclaves, au point que les princes l’auraient fait mourir, sans la crainte qu’ils avaient des Mexicains. Mais le chef des Tutuxius ne consentit jamais à cette tyrannie: les Yucatèques se trouvant dans cette situation, apprirent des Mexicains l’usage des armes; ils devinrent si habiles à manier l’arc et la flèche, la lance et la hache, les rondaches et les sayes, faites de sel et de coton[53], ainsi que les autres engins de guerre, qu’ils cessèrent d’admirer les Mexicains et de les craindre, faisant, au contraire, peu d’estime d’eux, et dans cette situation ils passèrent quelques années.
Ce Cocom fut le premier qui eût fait des esclaves; de cette manière d’agir si pernicieuse data l’usage des armes avec lesquelles les habitants se défendirent pour ne pas être tous réduits en esclavage.
Entre les successeurs de la maison de Cocom, il y en eut un fort orgueilleux, imitateur de l’autre Cocom, qui s’étant ligué avec ceux de Tabasco, augmenta le nombre des Mexicains qui étaient dans la capitale. Il commença à son tour à tyranniser et à faire des esclaves parmi le bas peuple: alors les seigneurs se réunirent au chef des Tutuxius, grand ami du bien public, comme ses ancêtres, et conjurèrent la mort de Cocom. C’est ce qu’ils exécutèrent, tuant en même temps tous ses fils, à l’exception d’un seul qui était absent: ils saccagèrent son palais, lui enlevèrent ses domaines, tant en cacao qu’en autres produits, disant qu’ils se payaient de ce qui leur avait été pris. Les querelles entre les Cocomes qui disaient avoir été injustement dépouillés et les Xiuis, durèrent ensuite si longtemps, que plus de cinq cents ans après avoir été dans cette capitale, ils l’abandonnèrent et la laissèrent en solitude, chacun s’en retournant à son pays[54].
Que conforme a la cuenta de los indios avra C y XX años que se despoblo Mayapan, y que se hallan en la plaça de aquella cibdad VII o VIII piedras de a X pies en largo cada una, redondas por la una parte, bien labradas, y que tienen algunos renglones de los caracteres que ellos usan, y que por estar gastadas de la agua no se pueden leer, mas piensan que es memoria de la fundacion y destruicion de aquella cibdad, y que otras semejantes estan en Zilan, pueblo de la costa aunque mas altas, y que los naturales preguntados que cosa era respondieron que acostumbravan erigir de XX en XX años que es el numero que tienen de contar sus edades, una piedra de aquellas. Mas parece que no lleva camino, porque segun esto, avia de aver muchas mas, principalmente que no les ay en otros pueblos sino en Mayapan y Zilan.
Que lo principal que llevaron a sus tierras estos señores que desampararon a Mayapan fueron los libros de sus sciencias, por que siempre fueron muy sujetos a los consejos de sus sacerdotes y que por eso ay tantos templos en aquellas provincias.
Que el hijo de Cocom el que escapo de la muerte por estar absente en sus contrataciones en tierra de Ulua, que es adelante de la villa de Salamanca, como supo la muerte de su padre y el desbarato de la cibdad, vino muy presto, y que se junto con sus parientes y vassallos y poblo un lugar que llamo Tibulon, que quiere dezir Jugados fuimos, y que edificaron otros muchos pueblos en aquellos montes y procedieron muchas familias de estos Cocomes y que la provincia donde manda este señor se llama Zututa.
Que estos señores de Mayapan no tomaron vengança de los Mexicanos que ayudaron a Cocom, viendo que fueron persuadidos por el governador de la tierra y por que eran estrangeros, y que assi los dexaron, dandoles facultad para que poblassen en pueblo apartado para si solos, o se fuessen de la tierra, y que no pudiessen casar con los naturales de ella, sino entre ellos, y que estos escogieron quedarse en Yucatan y no bolver a las lagunas y mosquitos de Tavasco, y poblaron en la provincia de Canul, que les fue señalada y que alli duraron hasta las guerras segundas de los españoles.
Dizen que entre los XII sacerdotes de Mayapan uvo uno muy sabio que tuvo una sola hija a la qual caso con un mancebo noble, llamado Achchel, el qual uvo hijos que se llamaron como el padre, conforme a la usança de la tierra, y dizen que este sacerdote aviso a su yerno de la destruicion de aquella cibdad, y que este supo mucho en las sciencias de su suegro, el qual dizen que le escrivio ciertas letras en la tabla del braço izquierdo de gran importancia para ser estimado, y que con esta gracia poblo en la costa hasta que vino a hazer assiento en Tikoch, siguiendole gran numero de gentes. Y que assi fue muy insigne poblacion aquella de los Cheles y poblaron la mas insigne provincia de Yucatan que llamaron de su nombre la provincia de Ahkinchel, y es la de Yzamal donde residieron estos Cheles y se multiplicaron en Yucatan hasta la entrada del Adelantado Montejo.
Que entre estas tres casas de señores principales que eran Cocomes, Xiuies y Cheles, uvo grandes vandos y enemistades, y oy en dia con ser christianos los ay. Los Cocomes dezian a los Xiuies que eran estrangeros y traidores, matando a su señor natural y robandole su hazienda. Los Xiuies dezian ser tan buenos como ellos y tan antiguos y tan señores, y que no fueron traidores, sino libertadores de la patria, matando al tyrano. El Chel dezia que era tan bueno como ellos en linaje, por ser nieto de un sacerdote el mas estimado de Mayapan y que por su persona era mayor que ellos, pues avia sabido hazerse tan señor como ellos y que en esto se hazian desabrimiento en los mantenimientos, porque el Chel que estava a la costa no queria dar pescado ni sal al Cocom, haziendole ir muy lexos por ello y el Cocom no dexava sacar caça ni frutas al Chel.
Suivant la computation des Indiens, il y aura cent vingt ans de l’abandon de Mayapan[55]. On trouve dans la place de cette ville sept ou huit pierres, de dix pieds de longueur chacune et rondes par le bout, bien travaillées, et offrant plusieurs inscriptions en caractères de ceux dont ils usent, mais qui, pour avoir été trop effacés par les eaux, ne peuvent plus se lire[56]: on pense, toutefois, qu’elles portent la mémoire de la fondation et de la destruction de cette capitale; car il y en a d’autres semblables à Zilan, qui est une localité de la côte[57], quoiqu’elles soient plus hautes. Or, les naturels du pays, interrogés à ce sujet, répondent qu’ils avaient accoutumé ériger de vingt en vingt ans, ce qui est le chiffre de la computation de leurs cycles, une de ces pierres; mais il paraît qu’on ne s’y reconnaît pas, car d’après cela il devrait y en avoir bien d’autres, d’autant plus qu’on n’en retrouve qu’à Mayapan et à Zilan[58].
Ce que les seigneurs qui abandonnèrent Mayapan, emportèrent de plus important, en se retirant dans leurs domaines, ce furent les livres de leurs sciences; car ils furent toujours soumis aux conseils de leurs prêtres, et c’est pour cela qu’il y a tant de temples dans ces provinces.
Quant au fils de Cocom qui avait échappé à la mort, par son absence, il se trouvait dans la terre d’Ulua, qui est située au delà de la ville de Salamanca[59], occupé d’affaires commerciales: apprenant la mort de son père et la destruction de la capitale, il revint au plus tôt, et réunissant ses parents et ses vassaux, il alla s’établir dans une localité qu’il appela Tibulon, ce qui veut dire: Nous avons été joués[60]. Ils bâtirent dans ces lieux boisés un grand nombre de villes et de bourgades: de la famille de ces Cocom procédèrent des familles nombreuses, et la province où ce prince régna s’appelle Zututa[61].
Considérant que les Mexicains qui avaient prêté leur aide à Cocom, ne l’avaient fait que sur l’invitation du souverain du pays, et qu’ils étaient étrangers, les seigneurs qui avaient désemparé Mayapan, ne songèrent point à tirer d’eux aucune vengeance: ils les laissèrent tranquilles, leur donnant la faculté, soit de s’établir dans une partie de la contrée, séparés de la nation, soit de s’en aller, ne permettant pas toutefois à ceux qui resteraient, de se marier avec des femmes du pays, mais avec leurs propres filles. Ils préférèrent néanmoins demeurer dans le Yucatan, plutôt que de retourner aux lagunes et moustiques de Tabasco; ils prirent alors possession de la province de Canul, qu’on leur signala[62] et où ils restèrent jusqu’à la seconde guerre des Espagnols[63].
Entre les douze prêtres de Mayapan[64], il y en eut un, à ce qu’on dit, qui était renommé pour sa sagesse; n’ayant qu’une fille unique, il la maria à un jeune homme noble, appelé Achchel[65], lequel eut plusieurs fils qui portèrent le nom de leur père, suivant l’usage du pays. On raconte que ce prêtre avait prédit à son gendre la destruction de cette capitale: celui-ci, de son côté, s’instruisit considérablement dans les sciences de son beau-père qui, à ce qu’on ajoute, écrivit sur la partie charnue de son bras gauche certaines lettres d’une grande importance dans l’opinion publique[66]. Ayant reçu cette faveur, il alla s’établir vers la côte, fondant le siége de son autorité à Tikoch, où le suivit une population nombreuse: telle fut l’origine de l’illustre famille des Chèles, dont les adhérents occupèrent la plus considérable des provinces du Yucatan, qu’ils appelèrent de leur nom Ahkin-Chel, qui est la même qu’Yzamal où ces Chèles résidèrent[67], se multipliant dans toute la péninsule jusqu’à l’arrivée de l’adelantado Montejo.
Entre ces trois grandes maisons princières des Cocomes, des Xiuis et des Chèles, il y eut constamment des luttes et des haines cruelles, et elles durent même encore aujourd’hui, qu’ils sont devenus chrétiens. Les Cocomes disaient aux Xiuis qu’ils étaient des étrangers et des traîtres qui avaient assassiné leur souverain et volé ses domaines. Les Xiuis répondaient, disant qu’ils n’étaient ni moins bons ni moins anciens ni moins princes qu’eux, et que loin d’être des traîtres, ils avaient été les libérateurs de la patrie, en mettant à mort le tyran. Le Chel, à son tour, prétendait être d’aussi noble famille que les deux autres, puisqu’il était le descendant du prêtre le plus estimé de Mayapan; que quant à lui personnellement, il valait mieux que ses émules, puisqu’il avait su se créer une royauté comme eux. D’un autre côté, ils se reprochaient mutuellement l’insipidité de ce qu’ils mangeaient, puisque le Chel, habitant la côte, ne voulait donner ni poisson ni sel au Cocom, l’obligeant ainsi à envoyer fort loin pour ces deux choses, et que le Cocom ne permettait au Chel de tirer ni gibier ni fruits de ses États.
Que estas gentes tuvieron mas de XX años de abundancia y de salud y se multiplicaron tanto que toda la tierra parescia un pueblo, y que entonces se labraron los templos en tanta muchedumbre, como se vee oy en dia por todas partes y que atravesando por montes se veen entre las arboledas assientos de casas y edificios labrados a maravilla.
Que despues desta felicidad, una noche por ivierno vino un ayr como a las seis de la tarde y fue cresciendo haziendose huracan de quatro vientos y que este ayr derribo todos los arboles crecidos lo qual hizo gran matança en todo genero de caça y que derribo todas las casas altas las quales como son pajizas y tenian dentro lumbre por el frio, se encendieron y abrasaron gran parte de la gente, y que si algunos escapavan quedavan hechos pedaços de los golpes de la madera.
Y que duro este huracan hasta otro dia a las doze y que hallaron que avian escapado los que moravan en casas pequeñas, y los moços recien casados que alla usan hazer unas casillas en frente de sus padres o suegros donde moran los primeros años, y que assi perdio entonces el nombre la tierra que solia llamarse de los venados y pavos, y tan sin arboles que los que agora ay parecen que se plantaron juntos, segun estan nacidos a la ygual; y que mirando esta tierra de algunas partes altas, parece que toda esta cortada con una tijera.
Que los que escaparon se animaron a edificar y cultivar la tierra, y se multiplicaron mucho viniendoles XV años de salud y buenos temporales y que el ultimo fue el mas fertil de todos y que quiriendo començar a coger los frutos, sobrevinieron por toda la tierra unas calenturas pestilenciales que duraron XXIIII horas, y despues que cessavan, se hinchavan y rebentavan llenos de guzanos, y que con esta pestilencia murio mucha gente y se quedo gran parte de los frutos por coger.
Que despues de cessado la pestilencia uvieron otros dies y seis años buenos, en los quales se renovaron las passiones y vandos de manera que murieron en batallas C y L mil hombres, y que con esta matança se sosegaron y hizieron paz y descansaron por XX años, despues de los quales les dio pestilencia de unos granos grandes que les podria el cuerpo con gran hedor, de manera que se les caian los miembros a pedaços dentro de quatro o cinco dias. Que avra que passo esta ultima plaga mas de L años, y que la mortandad de las guerras fue XX años antes, y que la pestilencia de la hinchazon y guzanos seria XVI años antes de las guerras, y el huracan otros dies y seis antes que esta y XXII o XXIII despues de la destruicion de la cibdad de Mayapan, que, segun esta cuenta, ha CXXV años que se desbarrato dentro de los quales los de esta tierra an passado las dichas miserias, sin otras muchas despues que començaron a entrar en ella los españoles, assi por guerras como por otros castigos que Dios embio de manera que es maravilla aver la gente que ay aunque no es mucha.