La roue

Au centre de la roue qui fait face à cette page, se trouvent dans le texte original ces paroles:

«Llaman a esta cuenta en su lengua Uazlazon Katun que quiere dezir la gerra de los Katunes.»

C’est-à-dire, ils appellent, dans leur langue, cette computation Uazlazon Katun, ce qui signifie la guerre ou le jeu des Katuns.

§ XLI.—Ahau Katun ó siglo de los Mayas. Escritura de ellos.

No solo tenian los indios cuenta en el año y meses, como queda dicho, y señalado atras pero tenian cierto modo de contar los tiempos y sus cosas por edades, las quales hazian de veynte en veynte años, contando XIII veyntes con una de las XX letras de los meses que llaman Ahau, sin orden sino retruecanados como pareceran en la siguiente raya redonda; llaman les a estos en su lengua Katunes, y con ellos tenian a maravilla cuenta con sus edades, y le fue assi facil al viejo de quien en el primero capitulo dixe avia trescientos años acordarse dellos. Ca si yo no supiera destas sus cuentas yo no creyera se pudiera assi acordar de tanta edad.

Quien esta cuenta de katunes ordeno, si fue el demonio, hizo lo que suele hordenandolo a su honor, o si fue hombre, devia ser buen idolatra, porque con estos sus katunes añadio todos los principales engaños y agueros, y embaymientos con que aquesta gente anda allende de sus miserias del todo enbaucada y assi esta era la sciencia a que ellos davan mas credito, y la que tenian en mas, y de la que no los sacerdotes todos sabian dar cuenta. La orden que tenian en contar sus cosas y hazer sus divinaciones, con esta cuenta, era que tenian en el templo dos idolos dedicados a dos destos caracteres. Al primero conforme a la cuenta desde la cruz de la raya redonda arriba contenida adoravan, y hazian servicios para remedio de las plagas de sus XX años, y a los X años que faltavan de los XX del primero, no hazian con el mas de quemarle encienso y reverenciarle. Cumplidos los XX años del primero, començava a seguirse por los hados del segundo, y a hazerle sus sacrificios, y quitado aquel idolo primero, ponian otro para venerarle otros diez años.

Verbi gratia dizen los indios que acabaron de llegar los españoles a la cibdad de Merida el año de la Natividad del Senor de MDXLI, que era en punto en el primero año de la era de Buluc-Ahau, que es el que esta en la casa donde esta la Cruz, y llegaron el mesmo mes de Pop, que es el primero mes de su año. Sino huviera españoles, adoraran ellos el idolo de Buluc-Ahau hasta el año de LI, que son dies años, y al año decimo, pusieran otro idolo a Bolon-Ahau, y honraranle, siguiendose por los pronosticos de Buluc-Ahau hasta el año de LXI, y entonces quitaranle del templo, y pusieran a Uuc-Ahau idolo, y siguieranse por los pronosticos de Bolon-Ahau otros X anos, y assi davan a todos buelta; de manera que veneravan a estos sus katunes XX años, y los X se regian por sus supersticiones y engaños, las quales eran tantas y tan bastantes para engañar a gente simple que admira aunque no a los que saben de las cosas naturales, y la experiencia que dellas el demonio tiene.

Usavan tambien esta gente de ciertos carateres o letras con las quales escrivian en sus libros sus cosas antiguas, y sus sciencias, y con ellas, y figuras, y algunas señales en las figuras entendian sus cosas, y las davan a entender y enseñavan. Hallamosles grande numero de libros destas sus letras, y porque no tenian cosa en que no uviesse supersticion y falsedades del demonio se les quemamos todos, lo qual a maravilla sentian, y les dava pena.

De sus letras porne aqui un a, b, c, que no permite su pesadumbre mas porque usan para todas las aspiraciones de las letras de un caracter, y despues, al puntar de las partes otro, y assi viene a hazer in infinitum, como se podra ver en el siguiente exemplo. , quiere dezir laço y caçar con el; para escrivirle con sus carateres, haviendoles nosotros hecho entender que son dos letras, lo escrivian ellos con tres, puniendo a la aspiracion de la l la vocal é, que antes de si trae, y en esto no hierran, aunque usense, si quisieren ellos de su curiosidad. Exemplo: e L e Lé Despues al cabo le pegan la parte junta. Ha que quiere dezir agua, porque la haché tiene ha a, h, antes de si la ponen ellos al principio con a, y al cabo desta manera. Tambien lo escriven a partes pero de la una y otra manera, yo no pusiera aqui ni tratara dello sino por dar cuenta entera de las cosas desta gente. Ma in kati quiere dezir no quiero, ellos lo escriven a partes desta manera: ma i n ka ti

SIGUESE SU A B C.

SIGNOS ADICIONALES.

De las letras que aqui faltan carece esta lengua y tiene otras añadidas de la nuestra para otras cosas que las ha menester, y ya no usan para nada destos sus caracteres especialmente la gente moça que an aprendido los nuestros.

§ XLI.—Ahau-Katun ou cycle des Mayas. Leur écriture et leur alphabet.

Ainsi qu’on l’a fait voir plus haut, ces Indiens n’avaient pas seulement la computation de l’année et des mois, mais ils avaient aussi une certaine manière de compter les temps et leurs choses par âges, ce qu’ils faisaient de vingt en vingt ans, en comptant treize vingtaines au moyen d’une des vingt lettres de leur mois, appelé Ahau, mais sans ordre et alternés seulement, comme on le verra dans la roue ci-dessus: ils appellent ces figures Katun et ils y retrouvaient à merveille la computation de leurs âges. Aussi était-il facile au vieillard dont j’ai parlé dans le premier chapitre[196] de se souvenir de trois cents ans en arrière; car si je n’avais su ce que c’est que ces computations, je n’aurais jamais cru qu’ils pussent ainsi se souvenir d’un temps si long.

Quant à celui qui régla l’ordre de ces Katuns, si ce fut le démon, il s’en tira certainement comme à l’ordinaire, en tout honneur; si ce fut un homme, ce devait être un bien grand idolâtre; car à tous ces Katuns il ajouta toutes les tromperies, les divinations et les subtilités où ces gens, en outre de leurs misères, se sont laissés enjoler, cette science étant entre toutes celle à laquelle ils donnaient le plus de crédit, mais dont tous les prêtres également ne savaient, d’ailleurs, pas rendre bien compte. L’ordre qu’ils avaient pour compter leurs dates et faire leurs divinations, à l’aide de cette computation, était qu’ils avaient dans le temple deux idoles dédiées à deux de ces caractères. Au premier, qui commençait avec la croix placée au-dessus du cercle, ils rendaient leurs hommages, en lui faisant des offrandes et des sacrifices pour obtenir le remède des calamités de ces vingt ans; mais après qu’il s’était passé dix années de ce premier, ils ne lui offraient plus autre chose que de l’encens et des respects. Une fois les vingt années du premier passées, ils commençaient à se conduire d’après les présages du second et à lui offrir des sacrifices, ayant ôté l’idole du premier pour mettre celle du second, afin de le vénérer dix autres années.

Ces Indiens disent, par exemple, que les Espagnols étaient arrivés à la cité de Mérida l’an de la nativité de Notre-Seigneur 1541, ce qui était précisément le premier de l’an Buluc-Ahau, le même qui se trouve placé sur la case où est la croix, et qu’ils entrèrent aussi au mois de Pop, le premier de leur année. Si les Espagnols n’étaient ici actuellement, ils auraient adoré l’idole de Buluc-Ahau jusqu’à l’an 51, ce qui aurait fait dix ans; mais à la dixième année, ils auraient mis l’idole de Bolon-Ahau, et lui auraient rendu leurs hommages, en continuant à se conduire par les pronostics de Buluc-Ahau jusqu’à l’an 61; alors ils l’auraient enlevée du temple et y auraient mis l’idole de Uac-Ahau, tout en continuant à se conduire par les pronostics de Bolon-Ahau, durant dix ans encore, et ainsi du reste jusqu’à ce qu’ils eussent fait le tour. De cette manière, ils vénéraient leurs Katuns pendant vingt ans, et pendant dix, se réglaient suivant leurs superstitions et jongleries qui étaient en si grand nombre, qu’il y en avait plus qu’il n’en fallait pour tromper ces gens simples, et il y aurait de quoi s’en étonner, si on ne savait ce que sont les choses de la nature et l’expérience qu’en a le démon[197].

Ces peuples se servaient aussi de certains caractères ou lettres, avec lesquelles ils écrivaient dans leurs livres leurs choses antiques et leurs sciences, et par leur moyen et celui de certaines figures et signes particuliers dans ces figures[198], ils entendaient leurs choses, les donnaient à entendre et les enseignaient. Nous leur trouvâmes un grand nombre de livres dans ces caractères, et, comme ils n’en avaient aucun où il n’y eût de la superstition et des mensonges du démon, nous les leur brûlâmes tous, ce qu’ils sentirent vivement et leur donna de l’affliction[199].

De leurs lettres, je mettrai ici un A, B, C, leur grossièreté n’en permettant pas davantage; car ils se servent, pour toutes les aspirations de leurs lettres, d’un caractère, et ensuite pour la ponctuation, d’un autre, qui viennent ainsi à se reproduire à l’infini, comme on le pourra voir dans l’exemple suivant: veut dire le lacet et chasser avec; pour l’écrire avec leurs caractères, quoique nous leur eussions donné à entendre qu’il n’y avait que deux lettres, ils l’écrivaient eux avec trois, mettant à l’aspiration du l la voyelle e qu’il porte devant lui, et en cela ils ne se trompent point, encore qu’ils usent, s’ils le veulent, de leur manière curieuse[200]. Exemple: e l e lé. Ensuite, mettant à la fin la partie qui est jointe, Ha, qui veut dire eau, parce que le son de la lettre se compose de a, h, ils lui placent d’abord par devant un a et au bout de cette manière ha[201]. Ils l’écrivent aussi par parties, mais de l’une et de l’autre manière. Je n’aurais pas mis tout cela ici et je n’en traiterais pas, sinon pour rendre entièrement compte des choses de ce peuple. Ma in Kati veut dire je ne veux pas; ils l’écrivent par parties de cette manière: ma in ka ti.

ICI COMMENCE L’A B C.

Signes. Valeur
phonétique.
1. a a
2. a a
3. a a
4. b b
5. b b
6. c q(?)
7. t t
8. é é
9. h h
10. i i
11. ca ca(?)
12. k k (ha guttural)
13. l l
14. l l
15. m m
16. n n
17. o o
18. o o
19. p p[202]
20. pp pp (dur)
21. cu cu?
22. ku k (kou guttural)
23. x dj ou dz(?)
24. x tch(?)
25. u ou(?)[203]
26. u ou
27. z ç[204]

SIGNES ADDITIONNELS.

(Variante de la lettre a n. 1.)
(ma, (peut-être aussi me ou mo)
(Variante de la lettre h.)
(ti)
(ha, (eau ou ’h guttural.)
(signe d’aspiration?)

Cette langue manque des lettres qui ne sont pas ici; elle en a d’autres, ajoutées de la nôtre pour d’autres choses dont elle a besoin; mais déjà ils ne se servent pour rien de leurs anciens caractères, particulièrement les jeunes gens qui ont appris les nôtres[205].

§ XLII.—Multitud de los edificios de Yucatan. Los de Izamal, de Merida y de Chicheniza.

Si Yucatan uviere de cobrar nombre y reputacion con muchedumbre, grandeza y hermosura de edificios, como, lo han alcançado otras partes de las Indias, con oro, plata y riquezas, ella uviera estendidose tanto como el Peru y la Nueva-España, porque es assi en esto de edificios y muchedumbre de ellos la mas señalada cosa de quantas hasta oy en las Indias se ha descubierto, porque son tantos y tantas las partes donde los ay y tan tiene edificados de canteria a su modo que espanta; y porque esta tierra no es tal al presente, aunque es buena tierra como parece aver sido en el tiempo prospero, en que en ella tanto y tan señalado edificio se labro con no aver ningun genero de metal en ella con que los labrar, porne aqui las razones que he visto dar a los que en ellos an mirado.

Las quales son que estas gentes devieron ser sugetas a algunos señores amigos de ocuparlas mucho, y que las ocuparon en esto, o que como ellos an sido tan honradores de los idolos, se señalaran de comunidad en hazer los templos, o que por algunas causas, se mudaran las poblaciones, y assi donde poblavan, edificavan siempre de nuevo sus templos y santuarios y casas a su usança para la señores, que ellos siempre las an usado de madera cubiertas de paja, o que el grande aparejo que en la tierra ay de piedra y cal y cierta tierra blanca excellente para edificios les ha hecho, como occasion hazer tantos que sino es a los que los an visto, parecera burla hablar dellos.

O la tierra tiene algun secreto que hasta agora no se le a alcançado, ni la gente natural destas tiempos ha tampoco alcançado. Porque dezir los ayan otras naciones sujetando los indios edificado, no es assi, por las señales que ay de aver sido edificados los edificios de gente indiana y desnuda como se vee en uno de los edificios de muchos y muy grandes que alli ay en las paredes de los bastiones del qual aun duran señales de hombres en carnes y honestados de unos largos listones que llaman en su lengua ex y de otras divisas que los indios destos tiempos trayan, todo hecho de argamaça muy fuerte, y morando yo alli, se hallo en un edificio que desbaratamos un cantaro grande con tres asas y pintado de unos fuegos plateados por defuera, dentro del qual estavan cenizas de cuerpo quemado, y entre ellas hallamos tres cuentas de piedra, buenos, del arte de las que los indios aora tienen por moneda, lo qual todo muestra aver sido indios.

Bien se que si lo fueron fue gente de mas ser que los de aora, y muy de mayores cuerpos y fuerças y aun veese esto mas aqui en Yzamal que en otra parte en los bultos de media talla que digo estan oy en dia de argamasa en los bastiones que son de hombres crecidos, y los estremos de los braços y piernas del hombre cuyas eran las cenizas del cantaro que hallamos en el edificio que estavan a maravilla por quemar y muy gruessos. Veese tambien en las escaleras de los edificios que son mas de dos buenos palmos de alto, y esto aqui solo en Yzamal y en Merida.

N.— 1.—

Ay aqui en Yzamal un edificio entre los otros de tanta altura que espanta, el qual se vera en esta figura y en esta razon della. Tiene XX gradas de a mas de dos buenos palmos de alto y ancho cada un y terna, mas de cien pies de largo. Son estas gradas de muy grandes piedras labradas aunque con el mucho tiempo, y estar al agua, estan ya feas y maltratadas. Tiene despues labrado en torno como señala esta raya, redonda labrado de canteria una muy fuerte pared a la qual como estado y medio en alto sale una ceja de hermosas piedras todo a la redonda y desde ellas se torna despues a seguir la obra hasta ygualar con el altura de la plaça que se haze despues de la primera escalera.

Despues de la qual plaça se haze otra buena placeta, y en ella algo pegado a la pared esta hecho un cerro bien alto con su escalera al medio dia, donde caen las escaleras grandes y encima esta una hermosa capilla de canteria bien labrada. Yo subi en lo alto desta capilla y como Yucatan es tierra llana se vee desde ella tierra quanto puede la vista alcançar a maravilla y se vee la mar. Estos edificios de Yzamal eran por todos XI o XII, aunque es este el mayor y estan muy cerca unos de otros. No ay memoria de los fundadores, y parecen aver sido los primeros. Estan VIII leguas de la mar en muy hermoso sitio, y buena tierra y comarca de gente, por lo qual nos hizieron los indios poblar con harta importunacion una casa en uno destos edificios que llamamos St Antonio, el ano de MDXLIX, en lo qual y en todo lo de a la rodonda se les ha mucho ayudado a su christiandad, y assi se an poblado en este assiento dos buenos pueblos a parte uno del otro.

Los segundos edificios que en esta tierra son mas principales y antiguos tanto que no ay memoria de sus fundadores, son los de Tiho, estan treze leguas de los de Yzamal y ocho de la mar como los otros y ay señales oy en dia de aver avido una muy hermosa calçada de los unos a los otros. Los españoles poblaron aqui una cibdad, y llamaronla Merida, por la estrañeza y grandeza de los edificios, el principal de los quales señalare aqui como pudiere y hize al de Yzamal, paraque mejor se pueda ver lo que es.

N.— 2.—

Este es el borron que he podido traçar del edificio para cuyo entendimiento se ha de entender que este es un assiento quadrado de mucha grandeza, porque tiene mas de dos carreras de caballo, desde la parte del oriente comiença luego la escalera desde el suelo sera esta escalera de siete escalones del altor de los de Yzamal. Las demas partes de medio dia, poniente y norte se siguen de una fuerte pared muy ancha. Despues aquel henchimiento del quadro todo es de piedra seca, y ya llano toma a començar otra escalera por la mesma parte de oriente, a mi parecer XXVIII, o XXX pies recoxida a dentro de otros tantos escalones, y tan grandes. Haze el mismo recogimiento por la parte del medio dia y del norte, y no del poniente y assi llegan hasta el peso de las escaleras, haziendo todo el henchimiento de piedra seca que espanta tal altura y grandeza como alli ay de henchimiento a mano. Despues en lo llano arriba comiençan los edificios en esta manera. A la parte del oriente se sigue un quarto a la larga recogido adentro hasta seis pies y no llega a los cabos labrado de muy buena canteria, y todo de celdas de una parte y de otra de a XII pies en largo, y VIII en ancho. Las puertas en medio de cada una sin señal de batientes, ni manera de quicios para cerrarse, sino affillanas de su piedra muy labrada y la obra a maravilla travada, y cerradas todas las puertas por lo alto con tezas de piedra enterizas.

Tenia en medio un transito como arco de puente, y en cima de las puertas de las celdas salia un relexe de piedra labrada por todo el quarto a la larga sobre el qual salian hasta lo alto unos pilarejos, la mitad de ellos labrados redondos, y la mitad metidos en la pared, y seguianse hasta lo alto que piden las bovedas de que las celdas eran hechas, y serradas por arriba. En cima destos pilaritos salia otro relexe en rededor de todo el quarto. Lo alto era de terrado encalado muy fuerte como alla se haze con cierta agua de corteza de un arbol.

A la parte del norte avia otro quarto de celdas tales como estotras, salvo que el quarto con casi la mitad no era tan largo. Al poniente se seguian otra vez las celdas; y a quatro o cinco avia un arco que atravesava como el den medio del quarto del oriente todo el edificio, y luego un edificio redondo algo alto, y luego otro arco y lo demas eran celdas como las demas. Este quarto atraviessa todo el patio grande con buena parte menos de la mitad, y assi ay dos patios, uno por detras del al poniente y otro a su oriente que viene a estar cercado de quatro quartos, el quarto de los quales es muy differente, porque es un quarto hecho a medio dia de dos pieças cerradas de boveda, como las demas a la larga, la delantera de las quales tiene un corredor de muy gruessos pilares cerrados por arriba de muy hermosas piedras, labradas enterizas. Por medio va una pared sobre que carga la boveda de ambos quartos con dos puertas para entrar al otro quarto, de manera que a todo por arriba lo cierra y serve un encalado.

Tiene este edificio apartado de si como dos tiros de piedra buenos, otro muy alto y hermoso patio en el qual ay tres cerros que de mamposteria estavan bien labrados, y encima sus muy buenas capillas de la boveda que solian ellos y sabian hazer. Tiene bien apartado de si un tan grande y hermoso cerro que, con averse edificado gran parte de la cibdad del que se la poblaron a la redonda, no de si ha de verse jamas acabado. El primero edificio de los quatro quartos nos dio el adelantado Montejo a nosotros hecho un monte aspero, limpiamosle y emos hecho en el con su propia piedra un razonable monesterio todo de piedra y una buena yglesia que llamamos la Madre de Dios. Uvo tanta piedra de los quartos que se esta entero el del mediodia y parte de los de los lados, y dimos mucha piedra a los españoles para sus casas en especial para sus puertas y ventanas, tanta era su abundancia.

Los edificios del pueblo de Tikoh no son muchos ni tan sumptuosos como algunos destotros, aunque eran buenos y luzidos; ni aqui yo hiziera del mencion salvo por aver en el avido una gran poblaçon de que adelante se ha necessariamente de hablar, y por esso se dexara aora. Estan estos edificios tres leguas de Yzamal al oriente y a VII de Chicheniza.

Es pues Chicheniza un assiento muy bueno, X leguas de Yzamal y XI de Valladolid; en la qual, segun dicen los antiguos de los indios, reynaron tres señores hermanos, los quales, segun se acuerdan aver oido a sus passados, vinieron a aquella tierra de la parte del poniente y juntaron en estos assientos gran poblaçon de pueblos y gentes los quales rigieron alguños años en mucha paz y justicia. Eran muy onradores de su Dios, y assi edificaron muchos edificios, y muy galanos, en especial uno el mayor cuya figura pintare aqui como la pinte estando en el, paraque mejor se entienda.

Estos señores dizen vivieron sin mugeres, y en muy grande honestidad y todo el tiempo que vivieron assi fueron muy estimados, y obedecidos de todos. Despues andando el tiempo, falto el uno dellos el qual se devio morir, aunque los indios dizen salio por la parte de Bac-halal de la tierra. Hizo la ausencia deste como quiera que ella fuesse, tanta falta en los que despues del regian que començaron luego a ser en la republica parciales y en sus costumbres tan deshonestos y desenfrenados que el pueblo los vino a aborecer en tal manera que los mataron y se desbarataron y despoblaron, dexando los officios y el assiento harto hermoso porque es cerca de la mar X leguas. Tiene muy fertiles tierras y provincias a la redonda, la figura del principal edificio es la siguiente.

Este edificio tiene quatro escaleras que miran a las quatro partes del mundo: tienen de ancho a XXXIII pies y a noventa y un escalones cada una que es muerte subirlas. Tienen en los escalones la mesma altura y anchura que nosotros damos a los nuestros. Tiene cada escalera dos passamanos baxos a ygual de los escalones, de dos piez de ancho de buena canteria como lo es todo el edificio. No es este edificio esquinado, porque desde la salida del suelo se comiençan labrar desde los passemanos al contrario, como estan pintado unos cubos redondos que van subiendo a trechos y estrechando el edificio por muy galana orden. Avia quando yo lo vi al pie de cada passamano una fiera boca de sierpe de una pieça bien curiosamente labrada. Acabadas de esta manera las escaleras, queda en lo alto una plaçeta llana en la qual esta un edificio edificado de quatro quartos. Los tres se andan a la redonda sin impedimento y tiene cada uno puerta en medio y estan cerrados de boveda. El quarto del norte se anda por si con un corredor de pilares gruessos. Lo de en medio que avia de ser como el patinico que haze el orden de los paños del edificio tiene una puerta que sale al corredor del norte y esta por arriba cerrado de madera y servia de quemar los saumerios. Ay en la entrada desta puerta o del corredor un modo de armas esculpidas en una piedra que no pude bien entender. Tenia este edificio otros muchos, y tiene oy en dia a la redonda de si bien hechos y grandes, y todo en suelo del a ellos encalado que aun ay a partes memoria de los encalados tan fuerte es el argamasa de que alla los hazen. Tenia delante la escalera del norte algo aparte dos teatros de canteria pequeños de a quatro escaleras, y enlosados por arriba en que dizen representavan las farsas y comedias para solaz del pueblo.

Va desde el patio en frente destos teatros una hermosa y ancha calçada hasta un poço como dos tiros de piedra. En este poço an tenido, y tenian entonces costumbre de echar hombres vivos en sacrificio a los dioses en tiempo de seca, y tenian no morian aunque no los veyan mas. Hechavan tambien otras muchas cosas, de piedras de valor y cosas que tenian preciadas. Y assi si esta tierra uviera tenido oro fuera este poço el que mas parte dello tuviera segun le an los indios sido devotos. Es poço que tiene largos VII estados de hondo hasta el agua, de hancho mas de cien pies y redondo y de una peña tajada hasta el agua que es maravilla. Parece que tiene al agua muy verde, y creo lo causan las arboledas de que esta cercado y es muy hondo. Tiene en cima del junto a la boca un edificio pequeño donde halle yo idolos hechos a honra de todos los edificios principales de la tierra, casi como el Pantheon de Roma. No se si era esta invencion antigua o de los modernos para toparse con sus idolos quando fuessen con ofrendas a aquel poço. Halle yo leones labrados de bulto y jarros y otras cosas que no se como nadie dira no tuvieron herramiento esta gente. Tambien halle dos hombres de grandes estaturas labrados de piedra, cada uno de una pieça en carnes cubierta su honestidad como se cubrian los indios. Tenian las cabeças por si, y con zarcillos en las orejas como lo usavan los indios, y hecha una espiga por detras en el pescueço que encaxava en un agujero hondo para ello hecho en el mesmo pescueço y encaxado quedava el bulto cumplido.

AQUI ACABA LA OBRA DE LANDA.

§ XLII.—Multitude des édifices du Yucatan. Ceux d’Izamal, de Mérida et de Chichen-Itza.

Si la multitude, la grandeur et la beauté des édifices étaient capables d’ajouter à la gloire et à la renommée d’un pays, ainsi qu’il est arrivé à tant d’autres régions des Indes pour l’or, l’argent et les richesses de toute sorte, il est bien certain que le Yucatan n’eût pas acquis une illustration moindre que le Pérou et la Nouvelle-Espagne; car quant à ses édifices et à leur multitude, c’est bien de toutes les choses découvertes dans les Indes la plus remarquable. En effet, ils s’y trouvent en si grand nombre, et en tant de contrées distinctes, ils sont si bien bâtis, à leur manière, en pierre de taille, qu’il y a de quoi remplir le monde d’étonnement. Mais comme cette contrée, tout excellente qu’elle soit, n’a plus aujourd’hui la prospérité dont elle paraît avoir joui autrefois, qu’on y admire un si grand nombre d’édifices sculptés, sans qu’il s’y trouve, néanmoins, aucun genre de métal, avec lequel on ait pu les travailler, je donnerai ici les raisons que j’ai entendu émettre à ce sujet par ceux qui les ont examinés.

C’est d’abord que cette nation a dû être soumise à des princes, désireux d’occuper constamment leurs sujets, ou qu’étant si singulièrement dévots à leurs idoles, ils aient voulu obliger les communes à leur bâtir des temples; c’est peut-être que les populations ayant changé de place, pour des raisons particulières, elles aient toujours pensé à édifier de nouveaux sanctuaires et des maisons pour l’usage de leurs chefs, aux lieux où elles se transportaient, leur coutume, quant à elles-mêmes, étant de se bâtir des demeures en bois, couvertes de chaume, ou bien que la facilité qu’il y a de se procurer de la pierre et de la chaux dans ce pays, ainsi qu’une sorte de terre blanche, excellente pour les édifices, leur ait donné l’idée d’ériger une si grande quantité de monuments qu’en vérité, à moins de les avoir vus, on pourrait s’imaginer que c’est de la folie d’en parler ainsi[206].

Ou bien ce pays cache encore un secret que jusqu’à présent on n’a pu deviner, et que les gens d’aujourd’hui sont impuissants à le découvrir; car, dire que d’autres nations auraient assujetti ces Indiens pour les faire travailler, n’a pas davantage de fondement, parce qu’on voit clairement à des caractères certains que c’est la même race indienne, nue comme elle est, qui a construit ces édifices; c’est ce dont on peut s’assurer, en considérant un des plus grands qui se trouve ici, entre les ornements duquel on remarque des débris d’hommes nus, mais les reins couverts de la ceinture qu’ils appellent ex, sans compter d’autres décorations que les Indiens d’aujourd’hui font encore d’un ciment extrêmement fort[207]. Or il arriva que, tandis que je demeurais ici, on trouva dans un édifice en démolition une grande urne à trois anses, recouverte d’ornements argentés extérieurement, au fond duquel il y avait des cendres provenant d’un corps brûlé, parmi lesquelles nous trouvâmes des objets d’art en pierre, bien travaillés, de ceux que les Indiens reçoivent encore actuellement comme de la monnaie; ce qui, au total, prouve que ce furent des Indiens qui furent les constructeurs de ces édifices[208].

Je sais bien que si ce furent des Indiens, ils devaient être d’une condition supérieure à ceux d’aujourd’hui, plus grands et plus robustes, ce qui se voit bien plus ici encore et à Yzamal qu’ailleurs, dans les statues en demi-bosse, modelées en ciment que je dis se trouver dans les contreforts, et qui sont d’hommes de haute taille; on ne le voit pas moins dans les extrémités des bras et des jambes de l’homme, de qui étaient les cendres de l’urne que nous trouvâmes dans l’édifice en question; ces os avaient dû brûler à merveille et étaient fort gros. On le voit encore dans les marches des édifices qui sont de deux bons palmes de hauteur, et cela seulement ici à Yzamal et à Merida.

Ici à Yzamal, entre autres, il y a un monument d’une telle élévation qu’il en inspire l’épouvante, ce qu’on verra dans la figure et l’explication ci-jointes[209]. Il y a vingt degrés, de plus de deux bons palmes de haut et d’un palme et tiers de large, et l’édifice a plus de cent pieds de hauteur. Ces degrés sont de pierres fort grandes et bien travaillées, quoique elles soient déjà bien laides et abîmées à cause du temps et de la pluie. Tout autour, comme le montre le demi-cercle, elle a une muraille parfaitement travaillée, d’une grande solidité, et comme à une toise et demie de haut, une corniche en saillie de fort belles pierres tout à l’entour, après quoi l’édifice continue à s’élever jusqu’à ce qu’il atteigne l’esplanade qui se trouve en haut du premier escalier.

Ensuite, de cette esplanade, vient une autre petite plate-forme; puis, tout contre le mur, une pyramide fort élevée, avec son escalier au midi, où viennent donner également les grands escaliers, et tout en haut se trouve une chapelle en pierre équarrie, parfaitement sculptée. Étant monté un jour au sommet de cette chapelle, comme on sait que le Yucatan est un pays plat, j’ai vu de là toute la terre, autant que les yeux peuvent en atteindre, ainsi que la mer. Ces édifices d’Izamal étaient en tout onze ou douze, quoique celui-ci soit le plus grand, et ils sont fort rapprochés les uns des autres. Il n’y a aucun souvenir de leurs fondateurs, et ils paraissent avoir été les premiers. Ils se trouvent à huit lieues de la mer, dans une fort belle situation, dans une région fertile et bien peuplée; c’est pour cela que les Indiens nous obligèrent par toutes sortes d’importunités à établir, en 1549, une maison sur le sommet d’un de ces édifices, ce qui a beaucoup aidé à les amener au christianisme avec ceux des environs, d’où il suit que l’on a colonisé deux bonnes communes de ce côté-ci, à part l’une de l’autre[210].

Au second rang des édifices de ce pays, et parmi les plus beaux, sont ceux de Tiho, qui sont d’une si haute antiquité qu’il n’y a pas non plus mémoire de leurs fondateurs: ils existent à treize lieues d’Yzamal et à huit de la mer, ainsi que les autres, et l’on voit entre les deux villes les restes d’une chaussée, qui paraît avoir été fort belle[211]. Les Espagnols établirent ici une cité qu’ils appelèrent Mérida, à cause de la singularité et de la grandeur des édifices; j’en ferai connaître ici le principal, aussi bien que je le pourrai, comme pour celui d’Izamal, afin qu’on puisse mieux comprendre ce que c’est.

Temple N.—2.

Nº 1 et 2.—Cour (patio).

Nº 3.—Chapelle (capilla).

Nº 4.—Cour fort belle (patio hermosisimo).

Nºˢ 5, 6.—Passages.

Nºˢ 7, 8, 9, 10, 11.—Cellules (estas eran celdas de una parte y otra, y el de en medio era transito y asi lo era lo de la parte del poniente).

Nº 12.—Appartement partagé en deux (este quarto es largo, partido en dos pieças).

Nºˢ 13 et 14.—Escaliers (escaleras).

Nº 15.—Palier principal (descanso de mas de treinte pies).

Nºˢ 16 et 17.—Autres paliers intermédiaires (otro descanso adonde se subia por esta escalera).

C’est ici l’esquisse que j’ai pu tracer de l’édifice: pour le comprendre, il faut se mettre dans l’idée que c’est un grand plan carré qui a bien deux courses de cheval en extension[212]. Du côté de l’orient commence l’escalier qui, du sol à la première esplanade, a sept degrés de la hauteur de ceux d’Izamal. Les trois autres faces du midi, du couchant et du nord consistent en une muraille forte et très-large. Après cette première masse, toute carrée et de pierre sèche, au sommet aplani, recommence un second escalier du même côté oriental, faisant retrait au-dessus du premier, autant qu’il m’a paru, de vingt-huit à trente pieds, composé de tout autant de degrés et aussi grands que les autres. Le même retrait a lieu au nord et au midi, mais pas au couchant, où le mur arrive à la hauteur des escaliers, faisant un massif de pierre sèche dont la hauteur et la grandeur remplissent d’étonnement, tant la main-d’œuvre est considérable. Sur le plan supérieur commencent alors les édifices de la manière suivante: du côté de l’orient, comme à six pieds environ de l’escalier, s’étend, d’un bout à l’autre, un appartement tout bâti en pierre, parfaitement travaillée, partagé en cellules de douze pieds de long, sur huit de large. Les portes de chacune d’elles sont au centre, sans aucune apparence de battants ni de gonds pour les fermer, sinon que les linteaux sont de pierres fort bien travaillées et admirablement jointes, les portes toutes fermées par le haut de moellons d’une seule pièce.

Au milieu, il avait un passage comme un arc de pont[213], et au-dessus des portes des cellules s’avançait une corniche de pierre, entièrement sculptée dans son étendue; sur la corniche se trouvaient un certain nombre de petits pilastres ronds, enclavés à demi dans le mur, et s’élevant jusqu’à la hauteur où commençaient les voûtes qui fermaient les cellules par le haut; au-dessus de ces pilastres s’avançait une autre corniche tout autour des chambres. Le sommet était en terrasse, fait à la chaux et d’une grande force, comme tout ce qui se fait dans ce pays, où ces ciments se préparent avec l’eau d’une certaine écorce d’arbre[214].

Du côté du nord, il y avait une autre suite de cellules semblables, sauf qu’elles étaient de moitié moins larges que les précédentes. Au couchant, il y en avait d’autres, et après quatre ou cinq il se trouvait une arcade qui traversait l’ensemble de l’édifice, comme celui du milieu de la rangée orientale; puis un édifice de forme ronde assez élevé, puis un autre arc et ensuite des cellules comme le reste. Cette rangée de bâtiments traverse toute la cour principale, laissant de côté bien moins que la moitié; de sorte qu’il y a deux cours, l’une derrière au couchant, et l’autre au levant, qui se trouvent ainsi renfermées par quatre rangées de bâtiments. Mais la dernière est fort différente, car c’est un appartement érigé au midi, comprenant seulement deux chambres voûtées tout le long comme les autres, ayant par devant une galerie formée de fort gros piliers et fermée du haut avec de très-belles pierres d’une seule pièce. Au milieu s’étend un mur sur lequel s’appuie la voûte des deux chambres, avec deux portes pour entrer de l’une dans l’autre, de manière que par le haut le tout se ferme en forme de harnais(?).

A quelque distance de cet édifice, comme à deux bons jets de pierre, il y a une autre fort belle cour en terrasse; il s’y trouve trois monticules de pierre, bien travaillés, au sommet desquels s’élèvent de bonnes chapelles avec leurs voûtes, telles qu’ils les savaient et étaient accoutumés de faire. Assez loin de là, il y a une autre grande et belle pyramide, qui, bien qu’ayant servi de carrière à une grande partie des habitants de la cité, établis à l’entour, n’a pas l’air toutefois de devoir jamais disparaître[215]. Quant au premier édifice, comprenant les quatre rangées de cellules, il nous fut donné par l’adelantado Montejo: comme il était couvert de bois et de broussailles[216], nous le nettoyâmes et nous y bâtîmes, de la pierre même qu’il nous fournit, un monastère passable et une bonne église que nous nommâmes de la Mère de Dieu. On en tira tant de pierres que, quoique nous eussions laissées entières celles du côté méridional et une partie des corps de logis des côtés, nous pûmes en donner encore aux Espagnols pour construire leurs maisons, en particulier les portes et les fenêtres, tant le matériel était en abondance[217].

Les édifices de la ville de Tikoh ne sont pas tout à fait aussi somptueux que quelques-uns de ceux-ci, quoiqu’ils fussent assez beaux et assez remarquables; je n’en ferais, d’ailleurs, ici aucune mention, si ce n’était pour la grande population qu’il y a eu dans ce pays, et dont j’aurai nécessairement à parler[218]; c’est pourquoi je laisserai ce sujet pour le moment. Ces édifices existent à trois lieues d’Izamal à l’orient et à sept de Chichen-Itza.

Chichen-Itza est dans une situation fort bonne, à dix lieues d’Izamal et à onze de Valladolid. C’est là, à ce que disent les anciens d’entre les Indiens, que régnèrent trois princes frères, qui, d’après les souvenirs que ceux-là ont recueillis de la bouche de leurs ancêtres, vinrent du côté du couchant à ce pays et réunirent en ces diverses localités des populations nombreuses, que les trois princes gouvernèrent en paix et justice durant plusieurs années. Ils honoraient leur dieu avec beaucoup de dévotion; c’est pourquoi ils érigèrent un grand nombre d’édifices magnifiques, un entre autres, et le plus haut dont je ferai ici l’esquisse, comme je l’ai dessiné, m’y trouvant, afin qu’on m’entende davantage.

Ces princes vécurent, à ce qu’on dit, sans femmes, et dans une entière honnêteté, et, tout le temps qu’ils demeurèrent ainsi, ils furent tenus en grande estime et obéis de tous. Mais, avec le temps, l’un d’eux vint à manquer, soit qu’il fût mort, soit, comme les Indiens le disent, qu’il se fût retiré du pays du côté de Bac-halal[219]. Quoi qu’il en soit de son absence, elle se fit promptement sentir à l’égard de ceux qui gouvernèrent après lui; ils se firent des partis dans la nation, adoptant les mœurs les plus dissolues et les plus effrénées, et les choses allèrent au point que le peuple les ayant pris en horreur, les mit à mort: les charges que l’on remplissait furent délaissées, et la ville, dont le site est si beau et si agréable pour n’être qu’à dix lieues de la mer, fut abandonnée[220]. Il y a tout à l’entour des terres et des provinces fort fertiles, et voici la figure de l’édifice principal.

Cet édifice a quatre escaliers regardant aux quatre points du monde: ils ont chacun trente-trois pieds de large et quatre-vingt-onze degrés, et c’est un supplice que de les gravir. Les degrés ont la hauteur et la largeur que nous donnons aux nôtres: de chaque côté des escaliers, il y a une rampe basse, de niveau avec les degrés, de deux pieds de large et de bonne pierre de taille, comme le reste de l’édifice. Cet édifice n’a pas d’angles; car, à commencer du sol, le massif, entre les rampes, s’élève en diminuant par intervalles, sous une forme cubique, en se rétrécissant avec l’édifice, jusqu’en haut d’une manière fort élégante, comme on peut le voir ici. A l’époque où je le vis, il y avait au pied de chaque rampe une gueule de serpent féroce, tout d’une pièce, admirablement travaillée[221]. En haut des escaliers, se trouve, au sommet, une plate-forme sur laquelle s’élève un édifice composé de quatre corps de logis; trois d’entre eux en font le contour sans empêchement, ayant chacun une porte au milieu, et fermés en haut par une voûte. Le quatrième, qui est au nord, a une forme spéciale avec une galerie de gros piliers. Le centre de cet édifice, qui devait présenter comme une petite cour, enfermée entre les différents corps de logis, a une petite porte qui sort à la galerie du nord, dont le sommet, fermé avec du bois, servait de local à brûler des parfums. A l’entrée de cette porte ou de la galerie, se trouve comme un écusson, sculpté sur une pierre, mais que je n’ai pu bien entendre. Tout à l’entour de cet édifice, il y en a un grand nombre d’autres de grande et belle construction, et l’intervalle est recouvert de ciment qui subsiste entier en bien des endroits et qui paraît tout neuf[222], tant est dur le mortier dont on le faisait. A quelque distance en avant de l’escalier du nord, il y avait deux petits théâtres de pierre équarrie, à quatre escaliers, pavés au sommet de belles pierres, où l’on dit que se représentaient des farces et des comédies pour le plaisir du public[223].

De la cour qui précède ces deux théâtres s’étend une chaussée large et belle jusqu’à un puits, qui en est éloigné comme de deux jets de pierre. Ils avaient eu relativement à ce puits et ils avaient encore la coutume d’y jeter des hommes tout vivants en sacrifice à leurs dieux, dans les temps de sécheresse, bien persuadés qu’ils ne mouraient point, quoiqu’ils ne les vissent plus. Ils y jetaient aussi une grande quantité d’autres choses, comme des pierres de prix et des objets d’une grande valeur pour eux. Aussi est-il certain que si ce pays avait été riche en or, c’est ce puits qui en aurait la plus grande part, tant les Indiens y avaient de dévotion. Ce puits a sept stades de profondeur jusqu’à l’eau[224]; il est rond, et sa largeur est de plus de cent pieds, taillé qu’il est dans la roche jusqu’à l’eau, d’une façon merveilleuse. L’eau a l’apparence d’être fort verte, mais je crois que ce sont les bocages environnants qui lui donnent cette couleur, et il est d’ailleurs fort profond. Au sommet, tout contre le bord, existe un édicule où je trouvai des idoles, faites en honneur de tous les édifices[225] principaux du pays, juste comme le Panthéon à Rome. Je ne sais si c’était là une invention ancienne ou bien des Indiens actuels, pour avoir occasion de se retrouver avec leurs idoles, en venant avec des offrandes à ce puits. J’y trouvai des lions sculptés, des vases et autres objets façonnés de telle manière, que personne ne serait tenté de dire que ces gens les eussent travaillés sans aucun instrument de métal. J’y trouvai aussi deux hommes sculptés en pierre, d’un seul morceau chacun, de haute stature, et les parties recouvertes, suivant l’usage des Indiens. Ils avaient la tête d’une manière particulière, avec des pendants aux oreilles, selon l’usage du pays, formant un épi derrière le col, qui s’enchâssait dans un trou profond, fait à dessein dans ce même col, et ainsi enchâssée la statue était complète.

FIN DE L’OUVRAGE DE LANDA.