[7]«Oh! mon ami! Elle m'aimait infiniment et je l'aimais de même; cependant nous ne vivions pas heureux ensemble. Je vous raconterai tout cela quand je vous verrai; sachez seulement que, bien que très malheureux ensemble (à cause de son caractère étrange, hypocondriaque et maladivement fantasque), nous ne pouvions cesser de nous aimer. Même plus nous étions malheureux, plus nous nous attachions l'un à l'autre. Quelque étrange que cela paraisse, c'est ainsi.» (Lettre à Vrangel après la mort de sa femme.)

[8]«Pour défendre les idées qu'il croyait avoir», dit M. de Vogüé.

[9]Durant ses quatre années de bagne, Dostoïevsky était resté sans nouvelles des siens;—le 22 février 1854, dix jours avant son élargissement, il écrivait à son frère la première des lettres de Sibérie dont nous avons connaissance, cette lettre admirable que je regrette de ne pas trouver dans le recueil de M. Bienstock: «Je puis enfin causer avec toi plus longuement, plus sûrement aussi, il me semble... Mais avant tout, laisse-moi te demander, au nom de Dieu, pourquoi tu ne m'as pas encore écrit une seule ligne. Je n'aurais jamais cru cela! Combien de fois, dans ma prison, dans ma solitude, ai-je senti venir le véritable désespoir en pensant que, peut-être, tu n'existais plus; et je réfléchissais durant des nuits entières au sort de tes enfants, et je maudissais la destinée qui ne me permettait pas de leur venir en aide... Se pourrait-il qu'on t'eût défendu de m'écrire? Mais cela est permis! Tous les condamnés politiques reçoivent ici plusieurs lettres par an... Mais je crois avoir deviné la véritable cause de ton silence: c'est ton apathie naturelle...»

[10]Lettre à Mikhaïl, du 22 février 1854, non donnée par Bienstock.

[11]Préface à la revue l'Époque, donnée par Bienstock en supplément à la correspondance.

[12]Je l'extraie d'un «Essai sur la bourgeoisie», chapitre d'un Voyage a l'étranger, que M. Bienstock a fort bien fait de publier avec la traduction de cette correspondance.

[13]Article écrit avant la représentation du drame de Jacques Copeau et J. Croué, d'après le roman de Dostoïevsky.

[14]L'Idiot, II, pp. 193-194.

[15]Parues à la Revue hebdomadaire.

Je n'ai pas cru devoir récrire ces causeries dont le texte fut établi d'après la 'sténographié qui en fut prise,—quelque peu retouchée de-ci de-là. J'aurais craint, en les remaniant, de leur imposer moins de tenue que je ne leur eusse enlevé de naturel.

[16]Adolescent, p. 3.

[17]Ibid., p. 303.

[18]Correspondance, p. 449.

[19]Ibid., p. 94.

[20]Ibid., p. 101.

[21]Seizième partie de l'archine qui est de 1 m. 40.

[22]Soupe à la choucroute aigre.

[23]Gruau cuit.

[24]V. Correspondance (trad. BIENSTOCK), Mercure de France.

[25]Une traduction de ce chapitre a paru depuis dans la Nouvelle Revue française (juin et juillet 1922). Édité depuis: la Confession de Stavroguine (Plon-Nourrit).

[26]Possédés, I, p. 197.

[27]Ibid., p. 201.

[28]Adolescent, p. 371.

[29]Sous-sol, pp. 71, 72 et 73 (l'Esprit souterrain).

[30]Le Sous-sol, p 74 et 75.

[31]«Le génie russe, dit M. de Schlœzer dans la Nouvelle Revue française de février 1922, et c'est une de ses caractéristiques les plus essentielles, si téméraire qu'il soit, s'appuie toujours sur le fait concret, sur la réalité vivante; il peut se lancer ensuite dans les spéculations les plus abstraites, les plus osées, mais c'est pour revenir finalement, riche de toute la pensée acquise, à cette réalité, au fait, son point de départ et son achèvement.»

[32]Tel Lébédeff dans l'Idiot; voir en particulier à l'Appendice §II l'admirable chapitre où Lébédeff s'amuse à torturer le général Ivolguine.

[33]Les Possédés, II, p. 227.

[34]L'Adolescent, p. 557.

[35]Possédés, II, p. 218.

[36]Dans la traduction allemande, begrunden.

[37]Un adolescent, p. 240.

[38]Journal d'un écrivain, pp. 99 et 100.

[39]Ibid, pp. 294 et suiv., 450-451. (Une affaire simple, mais compliquée.)

[40]Mercure, août 1898. p. 371.

[41]Nouvelle Revue française, 1er février 1922.

[42]Ibid.

[43]Ibid.

[44]Crime et châtiment, II, p. 152.

[45]L'Adolescent, p. 232. (Mais la citation que voici, je la fais d'après la traduction allemande, plus complète.) V. également Appendice §I.

[46]Adolescent, p. 552. Et encore: «Versiloff ne tendait vers aucun but défini. Une bourrasque de sentiments contraires désemparait sa raison. Je ne crois pas en l'espèce à un cas de folie proprement dite,—d'autant moins qu'aujourd'hui, il n'est nullement fou. Mais le «sosie» je l'admets, et le livre récent d'un spécialiste me confirme dans cette manière de voir... Le «sosie» marque le premier degré d'un grave dérangement d'esprit qui peut mener à une fin assez lamentable» (Adolescent, p. 607). Mais ici nous rejoignons les cas de clinique dont je parlais plus haut.

[47]Possédés, II, 47. «Il y a dans tout homme, à toute heure, deux postulations simultanées, l'une vers Dieu, l'autre vers Satan», lisons-nous également dans Baudelaire (Journaux intimes, p. 57).

[48]Possédés, II, p. 218.

[49]Morceaux choisis, pp. 102 et 103.

[50]L'Idiot, II, pp. 355 et 356.

[51]Ibid., II, p. 266.

[52]L'Adolescent, p. 285.

[53]Correspondance, p. 319.

[54]L'Éternel Mari, p. 7.

[55]Ibid., p. 51.

[56]L'Éternel mari, рр. 104, 105.

[57]Vauvenargues, Maxime 39, Œuvres, p. 377.

[58]L'Éternel Mari, pp. 92 et 93.

[59]Ibid., pp. 160 et 161.

[60]Ibid., pp. 162, 163 et 164.

[61]Ibid., p. 172.

[62]Ibid., p, 172.

[63]Ibid., p. 174.

[64]SCHOPENHAUER, le Monde comme volonté et comme représentation, t. Ier, pp. 566 et 567 (traduction de J.-A. CANTACUZÈME).

[65]L'Adolescent, p. 78.

[66]Ibid., p. 145.

[67]Idiot, p. 298.

[68]Possédés, II, p. 256.

[69]Traduit de l'anglais.

[70]Les Possédés, I, pp. 257-258.

[71]Les Possédés, II, p. 336.

[72]Crime et châtiment, I, pp. 309 et 310.

Remarquez ici, eu passant, que malgré cette profession, Raskolnikoff est demeuré croyant.

«—Croyez-vous en Dieu? Pardonnez-moi cette curiosité.

«—J'y crois, répéta le jeune homme en levant les yeux sur Porphyre.

«—Et... à la résurrection de Lazare?

«—Oui. Pourquoi me demandez-vous tout cela?

«—Vous y croyez littéralement?

«—Littéralement.» (Crime et châtiment, I, p. 312.) En quoi Raskolnikoff diffère des autres surhommes de Dostoïevsky.

[73]Crime et châtiment, II, p. 163.

[74]Ibid., p. 164.

[75]Ibid., p. 272.

[76]Ibid., II, pp. 10 et 24.

[77]Possédés, II, p. 222.

[78]Possédés, p. 223.

[79]Ibid., p. 230.

[80]Ibid., II, p. 232.

[81]Voir Correspondance, p. 283.

[82]Possédés.

[83]Crime et châtiment, I, p. 20.

[84]Karamazov, III, p. 3 (d'après la traduction allemande).

[85]Possédés, I, pp. 256, et suiv.

[86]Ibid., I, p. 258.

[87]Ibid., I, p. 148.

[88]Ibid., II, p. 303.

[89]Morceaux choisis, p. 101, §1er.

[90]M. Binet-Sanglé est l'auteur d'un livre impie qu'il a intitulé: la Folie de Jésus-Christ, où il tend à nier l'importance du Christ et du christianisme, en prouvant que le Christ était fou, qu'il avait une tare physiologique.

[91]Possédés, II, p. 332.

[92]Ibid., II, pp. 83 et 84.

[93]Ibid., II, p. 85.

[94]Ibid., II, p. 284.

[95]Ibid., II, pp. 334, 336 et 337.

[96]Ibid., II, pp. 337.

[97]Ibid., II, p. 339.

[98]Correspondance, p. 540.

[99]L'Adolescent, p. 509.

[100]Ibid., p, 511.

[101]Possèdes, I pp. 274, 275, 270.

[102]«La population des îles de l'Océanie se meurt, parce qu'elle n'a plus un ensemble d'idées rectrices de ses actions, une commune mesure pour juger ce qui est bien ou mal.» RECLUS, Géographie, XIV, p. 931.

[103]Possédés, II, p. 74.

[104]Ibid., p. 97.

[105]Éternel Mari, p. 177.

[106]De l'Adolescent, p. 22.

[107]L'Idiot, II, pp. 228 et suiv.