XI
REPORT OF THE FIRST COMMITTEE OF PUBLIC SAFETY
TREATING OF THE GENERAL CONDITION OF THE REPUBLIC, AND READ BY BARRÈRE TO THE CONVENTION ON WEDNESDAY, MAY 29, 1793

This report is the most important appendix not only to this book, but to any description of the two days that expelled the Girondins. It is here published for the first time, and, though of some length, will well repay the reading for any student of the Revolution.

I have dwelt sufficiently on its importance in the text, and I can dismiss it here with a short introduction.

It is the first great result of the Committee which Danton had helped to create, and of which he was the soul. It is the first step taken by this new organ of government towards that dictatorship to exercise which it had been called into existence. The enormous amount of detailed work necessary to produce it shows us the number of agents which the Committee must have possessed, and their activity, as well as the industry of the members themselves, for it had been at work but eight weeks.

Danton undoubtedly inspired the tone and direction of the report, but the somewhat florid style is Barrère’s own. Dr. Robinet thinks, however, that the last pages, from the section on Public Instruction onwards, are in Danton’s manner, and M. Boruard would even put it at the section on the Colonies, two pages earlier. Even if this is the case, some sentences at least were put in by Barrère, for they betray his inimitable verbiage, to which Danton was a stranger.

Of the important part the report played in the complicated history of the week May 26-June 3, 1793, enough has been said in the text; it is only necessary to add here that no speech or memoir contains such an indictment of the Girondin misgovernment as is given indirectly by this list of ascertained facts in the condition of France.

The reading of the report is mentioned in the Moniteur of May 31, but, contrary to their custom, they did not print it on account of its great length. It seems to have been read in the afternoon from about two to four, just before Cambon’s motion was put to the vote. I give the more important passages, about half the full length of the document.

CONVENTION NATIONALE

RAPPORT GÉNÉRAL
SUR
L’ÉTAT DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE

Fait, au nom du Comité de Salut Public, dans la seance du
mercredi 29 mai, l’an second de la République
:

Par Barrère,

Député du département des Hautes-Pyrénées

Imprimé par ordre de la Convention Nationale

Citoyens,—Chargés par les représentans du peuple de leur parler aujourd’hui des grands intérêts qui les rassemblent, et des moyens que nous avons employés depuis deux mois pour le salut de la patrie en péril; nous réclamons d’abord de votre justice de remonter par la pensée, à l’èpoque de notre nomination, et de vous rappeler en quel état se trouvaient alors la République et toute les parties d’administration nationale.

Quoiqu’accablés par la tâche périlleuse et grande que vous nous avez imposée, nous avons dû obéir. Votre confiance, notre zèle et l’amour de notre pays ont dû nous tenir lieu de facultés.

Au-dehors se présentait une guerre terrible à soutenir sur des frontières d’une étendue immense et sur des côtes indéfendues. Audedans, se propageaient des dissensions civiles, portant avec elles les deux caractères les plus funestes, le fanatisme royal et religieux, secouru par des perfidies multipliées dans l’intérieur, et par des intelligences combinées audehors.

What follows is a general indictment of the results of Girondin rule, with special and particular attacks on the Ministry of War and on their fear of responsibility.

On voyait dans toutes nos armées des besoins impérieux et sans cesse renaissans; des secours nuls ou tardifs; des approvisionnemens insuffisans ou de mauvaise qualité et des administrations dévorantes, dont quelques-unes, n’ont d’autre but réel que d’agrandir la fortune de beaucoup d’agioteurs et de quelques capitalistes. Dans nos ports des travaux ralentis et une inertie coupable; partout des trahisons ourdies et des coalitions préparées; des états-majors à refaire ou à épurer; des armées à organiser ou à improviser; des fonctionnaires civils et militaires à surveiller ou à remplacer; des forces à créer sur tous les points menacés par les troubles; des armes à fabriquer; des canons à fondre; la marine à créer; l’esprit public à remonter avec énergie; l’anarchie à attaquer; la discipline à rétablir; des mouvemens contra-révolutionnaires à comprimer et un cahos d’intérêts, de plaintes, de passions, d’abus, de prétentions et de préjugés à débrouiller, au milieu d’une correspondance journalière et centuplée par ces circonstances actuelles. Quel vast génie ou quel courage inépuisable il eût fallu pour répondre tout à coup à des circonstances aussi extraordinaires ou pour dominer des évènemens aussi imprévus? Nous avons borné notre tâche à parcourir d’abord toutes les parties du gouvernement provisoire, et à nous frayer ensuite une route au milieu de cet assemblage énorme de forces et de résistances, de bons et de mauvais principes.

Le premier obstacle qui s’est présenté à nous, est venu du changement dans le ministère de la guerre, que avait précédé notre établissement.

Le second obstacle était dans le ministère de la marine négligé, anéanti même, par un série de ministries royaux, et dont nous avons été forcés de faire changer le chef et plusieurs adjoints.

Là s’est rompue, pour nous, la chaîne des opérations de ces deux départemens, les plus importans dans un temps de guerre de terre et de mer; et nous nous sommes vus privés, tout à coup, de toutes les ressources de l’expérience. Nous n’avons pu recueillir, dans l’agglomération des affaires de cette partie de l’administration publique, que des états inexacts ou des lumières incertaines.

Un aperçu des délibérations du conseil exécutif nous a montré, d’un côté, des travaux incohérens qui n’ont pu avoir aucune espèce de succès à cause des évènemens qui les dominaient; de l’autre, des négligences funestes et des fautes graves que les évènemens suivants ont mieux fait sentir. Depuis les bouches de l’Escaut, ouvertes par un usurpation de la puissance souveraine, jusqu’aux extrémités de la Méditerranée, qui ont été le théâtre de nos revers, et de la versatilité ministérielle, nous n’avons vu ni cette suite d’opérations qui assurent les succès, ne cette prévoyance des mesures qui diminuent les revers. Point d’ensemble, point de conceptions vastes, point de vues hardies, point de plan arrêté, point d’énergie, et partout la terreur de la responsabilité, marchant en avant du ministère, tandis qu’il s’agit de marcher fièrement à la liberté, sans regarder en arrière.

Au mois d’octobre, la résistance à l’ennemi avait donné des conceptions et des forces au conseil exécutif.

Les succès du mois de novembre ont amolli le conseil. Jemmappes a été pour les ministres (sic) la Capoue qui a détruit son énergie et atténué ses travaux.

Le département de l’intérieur, machine trop lourde, trop compliquée pour un homme, quand il serait plein de talens et de moyens d’exécution, avait refroidi pendant longtemps l’esprit public et engourdi les corps administratifs. Il était impossible que la main d’un seul homme pût remuer cette machine énorme surchargée de details, d’une administration immense, d’opérations mercantiles dont le succès est douteux, dont le résultat exige de grands sacrifices, et dont le secret appelle la défiance. La seule ressource que ce ministère disproportionné pouvait trouver, était dans les administrateurs départementaires, dont la plupart, insoucians sur les travaux qui leur sont confiés, négligent de correspondre, ou dont la conduite exagérée et sans mesure leur faisait méconnaître toute subordination.

Le département de la guerre, dans lequel chaque ministre a porté ses préjugés et ses assertions, ses routines et ses haînes; le ministère de la guerre désorganisé sans cesse par la fréquente mutation de ses agens et par la diversité de leurs principes ou de leurs opinions, présentait et présent encore un chaos inextricable, des abus sans nombre, et une impuissance réelle dans tout homme que ne serait pas né très actif dans la manière d’ordonner et entreprenant sur tous les moyens de défense.

In what follows note the hand of Danton, almost his phraseology in the second paragraph.

Le ministère des affaires étrangères, couvert d’obscurités politiques, ne pouvant avoir au milieu des défiances produites par la révolution et des mouvemens irréguliers de la guerre, ni fixité dans les opérations, ni vues suivies, ni projets déterminés, ni secrets dans les plans, a saisi seulement le fil de quelques affaires importantes, et redonne maintenant de l’activité aux moyens nombreux dont l’intérêt de plusieurs gouvernemens prépare le succès.

C’est de l’audace dans les conceptions politiques, c’est de l’ensemble dans les mesures, c’est de la promptitude dans les moyens d’exécution, que dépend la diplomatie nouvelle d’un peuple qui naît à la liberté.

Again, a direct attack on the Girondins, especially in the characteristic phrase, “the paralysis of honesty.”

Le ministère de la marine enrayé longtemps dans les opérations par une probité paralytique, et par des sous-ordres inexpérimentés ou suspects, n’ayant donné ni protection au commerce, ni défense pour nos côtes, ni moyens au succès de la course, ni activité aux grands armemens dans nos ports, ni approvisionnemens suivis pour les flottes, reprend sous un ministre nouveau son activité, nous promet une défense et une marine....

Here again is a half-concession to the Girondins, which was part of the policy I have spoken of in the text.

Le conseil exécutif en sent lui-même la nécessité: et nous lui devons la justice de dire, que ne se dissimulant pas cette caducité politique, amenée par les circonstances, par des dénonciations multipliées, et par la presqu’impossibilité de tenir régulièrement le gouvernail au milieu de la tempête; le conseil exécutif désire et sollicite le renouvellement du ministère....

DE L’ETAT MILITAIRE.

Pressés entre la nécessité de pourvoir sans délai aux besoins des armées, et l’impossibilité d’approfondir en si peu de temps des plans généraux, nous avons recherché d’abord des armes....

Des arrêtés du comité ont ordonné l’envoi des commissaires pour dénombrer subitement les armes et les canons qui se trouvaient dans les fabriques et les manufactures nationales, et pour les faire transporter aux armées et dans les départemens les plus dénués de ce genre de secours. Saint-Etienne, Ruel, Mont-Cénis, Indret, Toulouse, Lyon, Charleville, Sedan, Maubeuge, ont reçu des ordres pressants sur cet objet....

Divers arrêtés ont ordonné le transport de vieilles armes qui se trouvent dans diverses fabriques ou arsenaux, pour les faire raccommoder dans les diverses villes dont la population offrait des ouvriers, et surtout dans les départemens limitrophes des pays révoltés....

Les ministres et les assemblées nationales ont mis trop peu d’importance à la manufacture de Saint-Etienne, depuis le commencement de la révolution.

Les ouvriers brûlaient du désir de travailler pour la république, mais le prix de l’arme ayant toujours été fixé au-dessous des déboursés du fabricant, ils ont travaillé pour les corps administratifs, dont la concurrence a augmenté la valeur. Le fer et le salarie de l’ouvrier sont augmentés de prix.

Des commissaires du pouvoir exécutif viennent de requérir tous les fabricans de porter à la commission de verification, toutes les armes qui sont en leur pouvoir, pour être expédies pour Bayonne, Perpignan, et Tours. Les livraisons se font chaque jour.

Les commissaires s’occupent de redonner la plus grande activité à la manufacture d’armes de Saint-Etienne, qui secondée par le patriotisme des ouvriers et de la municipalité, portera la fabrication à quatre ou cinq cents fusils ou pistolets par jour.

Il y a à Tulle un grand nombre d’armes à réparer, le comité en a fait distribuer à plusieurs départemens méridionaux; le ministre de la marine donne de l’activité à la manufacture de Tulle, pour armer nos marins. Dans ce moment, le commissaire Bouillet, envoyé par le conseil exécutif, est a Tulle, pour accélérer la fabrication des armes nécessaires à la marine, et pour connaître l’état des vieilles armes qu’on a entassés dans ce dépôt....

The following passages indicate the motives of what was to be the Terror, a system based, of course, upon the necessity for commissariat.

VIVRES.

Les vivres sont aussi nécessaires que les armes; on se plaint dans quelques armées organisées trop lentement, ou improvisées trop à la hâte, pour que tout ce qui leur était nécessaire fût préparé, et ces plaintes sont justes; nous accélérons l’approvisionnement des armées, autant qu’il est en nous, par le ministre et les administrations qui en dépendent. La latitude des pouvoirs donnés à vos comités, peut suppléer la faiblesse du ministère de la guerre l’insuffisance de ses agens, et la malveillance ou la torpeur de ses régies. Il est cependant des obstacles éprouvés par les régisseurs et par leurs agens, à cause des craintes propagées sur le manque de subsistances, et le comité s’est occupé de faire cesser ces obstacles.

L’administration chargée de l’approvisionnement des places de guerre a présenté au comité des états de situation rassurante sur l’approvisionnement des places les plus menacées: il lui a montré les dispositions générales prises pour les fournitures de subsistances dans toutes les divisions. Il en résulte que les évènemens imprévus de la Belgique, en ramenant subitement l’ennemi sur nos frontières, ont contrarié des calculs et nous ont privé des approvisionnements faits d’après un autre système; mais le comité presse les directeurs de pourvoir aux approvisionnements, et avertit sans cesse le ministre des autres besoins des armées, à mesure que ces besoins se démontrent ou que les plaintes nous parviennent. Un changement dans cette administration, dont vous nous avez renvoyé l’examen, mérite toute notre sollicitude, et se trouve être la suite inévitable des changements perpétuels dans le ministère de la guerre; changement qui entraîne celui de ses principes et de ses moyens.[165]

Le partie de l’habillement et de l’équipement, qui a coûté tant de trésors à la nation, a été mal fournie, mal administrée, et pillée dans la Belgique avec autant d’impudeur que de trahison.

Les fournisseurs, plus avares que patriotes, ont distribué à toutes les armées des étoffes de mauvaise qualité. Un force de prodigalité nationale payait les habits à l’avarice agioteuse qui les fournissait, et le soldat, au milieu des fatigues et des perils de la guerre, était sans habits ou en portait qui n’étaient pas de long usage.

Ces jours derniers il a défilé devant vous un détachement de braves soldats du régiment ci-devant Conti, qui allait vers les départemens révoltés. On n’aurait pas présenté au plus petit prince d’Allemagne, ou au plus pauvre de l’Italie, des troupes aussi mal vêtues; elles ont paru devant les représentans d’une nation qui dépense pour la guerre, chaque mois, plus de millions que plusieurs rois de l’Europe n’ont de revenu dans un an....

L’armée des Ardennes, réunie à celle du Nord, se forme sous les regards de commissaires actifs, et les recrues y abondent à un point que votre comité a cru devoir les faire refluer vers l’armee du Nord.

The next allusion is interesting as showing us the appreciation of what was to be the reinforcement of the army of Sambre-et-Meuse.

L’armée de la Moselle a pris des positions avantageuses. Réunie à celle du Rhin, elles annoncent que Mayence pourra devenir le tombeau des hordes prussiennes. L’esprit est bon dans cette armée, distinguée par la discipline, et les recrues s’y encadrent tous les jours.

On s’occupe à faire camper et exercer l’armée des Alpes, dont le recrutement est entièrement effectué. On fortifie tous les points de défense, et on augmente la garnison des places. Les recrues nombreuses qui y sont arrivées ont fourni un excédant de vingt-un mille hommes; vous avez disposé de huit mille contre les départemens révoltés. Les treize mille restans renforceront l’armée d’Italie, diminuée pour servir à la défense de la Corse, formeront une réserve ou renforceront l’armée des Pyrénées orientales.

Le département du Mont-Blanc s’est empressé d’organiser plusieurs bataillons et de prouver ainsi son attachement à la République; ils réclament des armes, et nous espérons qu’avec des moyens mis déjà en activité ils seront bientôt armés.

La révolte de Thonnes est appraisée et les coupables jugés. C’était la mêche d’une mine préparée sous le Mont-Blanc, et dont l’explosion était combinée avec la prochaine attaque des Piémontais et des Autrichiens.

L’armée d’Italie se prépare à défendre ce que la valeur et la liberté ont conquis à Nice. Mais des agitateurs y ont causé de la fermentation, comme dans l’armée des Alpes; ils y tenaient des propos injurieux à la Convention nationale; ils y parlaient de royauté, et se servaient du moyen de la paye en assignats pour altérer le bon esprit des troupes; des alarmes ont été jetées sur les subsistances, dont le comité s’occupe dans ce moment.

Le général de l’armée d’Italie a pris les moyens propres à découvrir les agitateurs et à les faire conduire au tribunal extraordinaire.

L’armée des Pyrénées a été la plus négligé et la plus mal pourvue en armes et en munitions, et c’est contre les troupes les plus féroces et les plus fanatiques qu’elles doivent défendre les plus belles contrées de la République.

Aussi nous sommes accablés tous les jours par des relations malheureuses qui ne sont que le triste résultat de la négligence de deux anciens ministres de la guerre qui n’ont jamais su penser qu’il existât une armée des Pyrénées....

The whole of the above is an interesting example of the detailed methods of the Committee, with its reiteration against the Girondin management of the war. It continues in much the same spirit.

Du côté de l’Océan, la trahison de quelque chef des Miquelets et la lâcheté d’une partie du régiment vingtième ont livré un point de la frontière. Une terreur panique produite par le mot de trahison et par des malveillans semés dans les petits camps formés sur l’extrème frontière, a désorganisé le peu de force qui y étaient arrivées, a découragé ceux qui y accouraient et forcé d’abandonner Andaye et tout le pays qui se trouve entre la rivière de Nivelle et la frontière pour ne former qu’un seul camp à Bidarre.

La discipline à rétablir, le courage à relever, étaient les premiers besoins de cette armée.

Nos commissaires se sont vus forcés d’établir provisoirement un règlement sévère de discipline. Ils nous disent que l’ennemi abat partout l’arbre de la liberté, fait les incursions sur les maisons des patriotes dans la partie française abandonnée; mais les habitans des campagnes ont le courage de ne pas obéir aux requisitions du général espagnol.

Il paraît qu’il n’est fort que de notre faiblesse, et que si des secours d’armes et d’artillerie sont portés a nos frères, notre territoire sera bientôt évacué. Le commandement de Bayonne est confié au patriote Courpon, et la citadelle de Saint-Esprit est défendue par des républicains. Vingt canons et quatre compagnies des canonniers de Paris y ont été envoyés en poste, et doivent avoir secouru cette frontière le 14 de ce mois; le camp de Bidarre se forme avec succès.

La division de l’armée des Pyrénées en deux grands parties, nous donnera plus de force pour une défense active au besoin: la terre y produit des bataillons d’hommes libres; nous leur devons des secours abondans, car ils ont été oubliés jusqu’à présent. On eût dit, en voyant l’état de ces frontières, que le complot était prêt, que la force devait envahir le Nord, tandis que la perfidie et l’indéfense livreraient le Midi. Mais l’intrépidité et l’enthousiasme des Méridionaux pour la liberté, est un obstacle invincible au succès des négligences ministérielles, des trahisons intérieures, et des succès que le perfide Pitt a promise à l’Espagne. Le camp se forme devant Bayonne et il a repris du terrain du côté d’Andaye; l’armée reprend l’attitude qui convient à des phalanges républicaines, et l’artillerie commence à y arriver avec des provisions.

L’affaire de la Vendée n’a été envisagée trop longtemps que comme une affaire de police, ou une querelle élevée dans un coin d’un département.

There follows a further indictment based upon a special case.

L’armée des côtes n’a jamais existé; l’état-major n’avait pas même été formé; quelques chefs militaires avaient été envoyés avec de faibles moyens et de simples requisitions. On avait donné des ordres pour que des cadres y fussent transportés; ils ont été arrêtés dans leur marche par la crainte ou l’impuissance momentanée que nous avait donné la trahison de Dumouriez. Des recrues y ont été rassemblées, sans y trouver ni cadres, ni armes, ni un nombre suffisant d’officiers généraux....

Voilà l’état où se trouvaient les armées au 10 mai, époque à laquelle le comité a demandé inutilement la parole....

Then a summary, the detail of which is well worth following.

VOICI LE DERNIER ÉTAT.

Il arrive des troupes à Bayonne ainsi que des canons. Le camp qui était à Bidard entre Bayonne et Saint-Jean de Luz a été porté, depuis vendredi, entre Saint-Jean de Luz et Andaye.

L’armée des Pyrénées orientales qu’on espérait, au moyen des recrutemens, mettre en état de contenir au moins l’Espagnol, a essuyé presque consécutivement deux échecs qui compromettent la sûreté de cette partie de la frontière. Cette défaite n’est due qu’à la gendarmerie nationale; mais un exemple prompt et sévère mettra un terme à cette lâcheté ou à cette trahison.

Aux Alpes nous venons d’être menacés d’une attaque très prochaine exécutée par des forces très considérables, surtout dans la partie du Var, débouché par lequel l’ennemi peut menacer aussi Marseille et Toulon. Le comité de salut public a dû prendre la seule mesure qui était en son pouvoir; il a ordonné au général Kellerman, le seul qui eût une connaissance suffisante des points de défense et de nos moyens militaires dans cette partie, de s’y rendre avec la plus grande diligence, afin de prévenir, s’il est possible, les malheurs que le moindre retard pourrait amener. Le général de l’armée d’Italie a paru craindre que la cour de Naples ne vienne renforcer la coalition dans le midi. Mais le ministre des affaires étrangères vient de communiquer des dépêches qui détruisent ces nouvelles.

Kellerman s’est fait précéder par un courrier extraordinaire qui a porté à ses lieutenans les ordres préparatoires des opérations auxquelles l’ennemi peut le forcer. Ce général, investi de votre confiance et de celle des troupes, ne pouvait être remplacé. On vous avait annoncé d’abord qu’il se rendrait dans la Vendée; mais les avantages remportés un instant sur les révoltés, et la certitude de la prochaine arrivée de Biron dans les départemens révoltés, ont du faire changer la première destination de Kellerman. L’armée d’Italie a des subsistences assurées pour quelque temps. On a pris des mesures pour la mettre à l’abri de la disette.

Au Rhin, une action qui n’a servi qu’à la destruction des hommes, sans avancer les affaires d’aucun parti, y laisse les choses à peu près dans la même situation qu’auparavant, avec cette différence, que le changement de général qui a été en partie forcé, peut influer sur nos succès. Il est bon d’observer que nos armées dans cette partie se trouvent avoir en tête des forces les plus manœuvrières, et commandées par les généraux les plus accrédités de l’Europe.

Nos généraux, au contraire, portés au commandement pour la première fois, ne peuvent avoir la même habitude et les mêmes avantages que ceux auxquels les grands mouvemens de guerre sont familiers. Les approvisionnemens dans cette partie et les subsistances sont bien assurés.

Dans le Nord, notre situation est très alarmante, et la Convention doit connaître tous ces maux; elle a besoin d’être instruite par le malheur, et de sentir les tristes effets de ses divisions.

Notre armée, repoussée entre Combrai et Bouchain, quittant son camp de Famars pour prendre plus loin celui de Coefar, abandonnant à leurs propres forces Condé et Valenciennes, perdant ses communications avec Douay et Lille d’un côté, et de l’autre avec Maubeuge et le Quesnoy, est exposée à de nouveaux revers, si la présence du général Custine, qui a dû y arriver le 25, ne lui rend pas la discipline qui lui manque et la confiance sans laquelle il n’est point de succès à obtenir dans la guerre.

Si les efforts de ce général ne sont pas promptement secondés par l’union des représentans du peuple, la Convention doit s’attendre à tomber dans une situation plus embarrassante qu’au moment où, pendant la dernière campagne, les esclaves allemands entraient en Champagne, et menaçaient Paris et la liberté. Alors d’heureux hasards, ou plutôt cette destinée qui semble conduire la France, ont disparaître des dangers aussi imminens; mais doit-on compter sur une nouvelle faveur de l’aveugle fortune? ne devons-nous pas craindre une nouvelle invasion, et pouvons-nous nous flatter que toutes nos villes imiteront le généreux dévouement de celle de Maubeuge, qui nous écrit le 26 de ce mois:—“Ici on bat la générale dans cet instant: on a envoyé une partie de notre garnison dans la Vendée; nous restons; nous déjouerons nos ennemis extérieurs et intérieurs, ou nous mourrons libres. La ville sautera si nos murs abattus permettent à l’ennemi de souiller notre enceinte.”

Quant aux besoins de cette armée du Nord, peut-être croira-t-on difficilement que, malgré toutes nos dépenses, la demande qui vient d’être faite au comité, qui a été arrêtée par le commissaire général de l’armée du Nord, et visée par les commissaires de la Convention, monte à la somme de 49 millions.

L’armée qui doit anéantir les révoltés s’organise; il arrive un grand nombre de bataillons à Tours; les postes de la rive droite de la Loire se renforcent, et l’on fait défiler des troupes en poste. Si les rebelles menacent cette rive, ils sont hors d’état d’exécuter ce project; leurs forces ce divisent, mais ils rentrent dans les pays couverts. Les principaux chefs des révoltés sont subordonnés aux prêtres; c’est une véritable croisade; mais les habitans des campagnes commencent à se lasser de cette horrible guerre, et murmurent.

D’un autre côté, on nous écrit qu’il est parti, depuis notre dernier succès, un courier de Bruxelles à Londres, pour engager le cabinet de Saint-James à accélérer un armament tendant à porter sur les côtes de Bretagne des troupes, des armes, des munitions, et à vomir sur nos rivages un corps considérable d’émigrés de Jersey et Guernsey.

Le transfuge Condé a envoyé à Jersey tous les émigrés bretons pour être déposés sur nos côtes et y seconder un des rejetons de la famille de nos tyrans.

On se plaignait presque partout des commissaires des guerres ce corps essentiel des armées va être changé, amélioré sur de nouvelles bases et épuré par des choix patriotiques.

Quant à la suppression de la paie en numéraire, toutes les armées de la République l’ont reçue sans peine; ils sacrifient à chaque instant leur vie à la liberté, comment s’occuperaient-il d’intérêts pécuniaires? mais aussi ils ont droit à plus de surveillance pour les approvisionemens et pour les subsistances. Quelques compagnies de l’armée d’Italie seulement ont montré de la résistance; mais les agitateurs seront déjoués par la surveillance qui y a été établie, et par les soins de vos commissaires.

Dans le choix des officiers généraux, nous avons dû quelquefois obéir aux défiances populaires et aux dénonciations individuelles; mais c’est là un des maux attachés à la révolution, qui use beaucoup d’hommes, qui en éloigne un plus grand nombre, et qui présente plus d’accusations que de ressources. Sans doute après les odieuses trahisons qui ont affligé et qui affligent encore la république et désorganisé deux fois les armées, on peut, on doit même devenir défiant et soupçonneux; mais la ligne qui sépare la défiance et la calomnie, est trop facile à dépasser; et si la dénonciation juste est une action civique, l’accusation intéressée est la honte de nos mœurs et la ressource de la haine....

Le comité, pour ne rien négliger dans cette terrible partie de la guerre, a interrogé des militaires instruits; il s’est environné de leur expérience pour faire un plan de guerre auquel se rattacheraient des plans de campagne pour chacune des armées. Jusqu’à présent la guerre de la liberté a été faite sans plans, sans suite, sans prévoyance même; il est plus que temps de tracer les limites dans lesquelles la guerre sera soutenue, dans quelle partie elle sera défensive, dans quelle autre elle sera offensive, assigner à chaque armée la portion de frontières qu’elle a à défendre, les points des ennemis qu’elle doit attaquer ou couvrir.

In what follows regarding the Navy, we see the attempt of the Committee, which we know was foredoomed to failure, but which was a fine one, to meet the English Power. The “error,” as English critics have called it, of rapidly putting in new officers was an unfortunate necessity.

DE LA MARINE.

Ici nous devons accuser ce système perfide de Bertrand et de ses semblables, qui, depuis plusieurs années, semblait préparer, de concert avec l’Angleterre, l’abaissement de la France, et assurer à nos plus constans ennemis l’empire des mers.... C’est par la réunion des forces navales, que nos ennemis out espéré d’attaquer plus sûrement notre indépendance, et de nous dicter de lois. Quoique par cette coalition l’on ait tenté aveuglement de faire passer la balance du pouvoir à une nation maritime, déjà trop puissante pour l’intérêt du continent; ... quoique, par la désorganisation passagère de notre marine, par le dénuement de nos ports, par le ralentissement des travaux, on ait espéré de changer la destinée de la république française, ne craignons pas que l’on parvienne à faire rétrograder la plus belle des révolutions.

La surveillance constante du comité, le zèle du ministre, et le dévouement de l’armée navale qui se forme, feront oublier tant de trahisons ou de négligences, mais les moyens ne peuvent être que lents.

Des expéditions hardies, et confiées à des hommes courageux sont préparées; les plaintes du commerce ont été enfin entendues d’après le dernier rapport du ministre, le cabotage va être protégé dans l’Océan par 34 canonnières, 12 corvettes, 18 lougres, cutters ou avisos, et dans la Méditerranée, par 18 corvettes, ou cannonières et 5 avisos, indépendamment des frégates dont il est inutile de faire connaître le nombre et les stations, sans trahir les intérêts de la défense de la république....

Il existe beaucoup d’officiers capables; l’abaissement des vains préjugés qui séparaient l’armée commerciale de l’armée navale, nous assure des ressources, mais il faut les surveiller et punir sévèrement la désobéissance ou la malversation; avant de choisir les officiers, examen et impartialité; après le choix, confiance entière, mais responsabilité impérieuse. Le secret accompagnera nos opérations, si les inquiétudes du commerçant ou les soupçons du zèle patriotique ne viennent pas les altérer ou les contrarier; les corps civils ne doivent pas s’immiscer dans le secret des opérations navales, ou bien nos ennemis le sauront bientôt, et nous vaincrons sans nous laisser sortir de nos ports.

Le comité s’occupe des lois répressives que la discipline navale réclame avec plus d’intérêt que jamais. Une grande force s’organise dans les ports de la Méditerranée, qui par notre position, doit être le canal de navigation du commerce français....

On s’occupe des moyens les plus propres à retirer les colonies de l’état malheureux où elles se trouvent, depuis qu’une cour perfide voulait faire la contre-révolution en France, par les malheurs de l’Amérique; et si, à côté de nous, des Français veulent se rappeler qu’ils descendant de Guillaume, tous les calculs de la politique insulaire pourront être dérangés.

Le comité ne peut vous offrir aucun résultat précis et détaillé dans ce moment; il serait même impolitique de la publier. Mais tout se prépare, et quoique les forces de la république soient très inférieures à celles des ennemis coalisés, le patriotisme les dirigera de manière à rappeler le courage des filibustiers, et les exploits des Bart et des Dugay-Trouin....

In foreign affairs we have the Dantonesque idea of pitting the Powers against one another, which, unfortunately for France, fanatics who were in power later abandoned. The remark on the impolitic nature of the decree of the 19th of December should be specially noted: it comes direct from Danton.

DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

... Le ministère anglais est forcé, malgré son influence et son orgueil avare, de voir Dantzick passer au pouvoir de la Prusse, sans réclamation; de voir la Pologne, se partager sans sa participation; et de se compromettre vis-à-vis la morale et l’esprit public de la nation anglaise. Aussi l’intrigant Pitt, qui ne peut se dissimuler que le ministre qui fait la guerre, traite rarement de la paix, surtout chez une nation éclairée et trompée sur cette guerre par l’astuce profonde de son gouvernement, ne cesse d’invoquer sans cesse auprès de la ligne, la cause générale des cours....

Le comité a cherché à resserrer le lien qui attache déjà, par les relations commerciales, le peuple suisse et le peuple français; et l’ambassadeur que la Suisse a reçu suit constamment le vœu témoigné par la Convention nationale, de s’allier avec les gouvernemens justes et les peuples libres.

Nous apprenons que les peuples neutres et amis reçoivent avec reconnaissance le décret du 15 avril, qui eut servi plus utilement la liberté, s’il eut été d’une date plus reculée, et si le décret impolitique du 19 décembre n’eût pas donné un nouveau prétexte à la perfidie des cours étrangères.

Ce décret par lequel vous aviez déclaré que la France ne souffrirait jamais qu’aucune puissance semélât de sa constitution et de son gouvernement, et qu’à son tour, elle ne s’immiscerait en rien sur les autres gouvernemens; ce décret a augmenté subitement le nombre de nos partisans dans la Suisse; et le témoignage d’un peuple simple et libre a son prix auprès des républicains.

Des négociations d’alliance ne sont plus des chimères pour la France libre. Il est des puissances qui ont senti que l’élévation ou la ruine d’une nation intéressent toutes les autres et que celles même qui sont le plus éloignées du théâtre de la guerre, sont souvent les victimes de leur modération ou de leur indifférence. Il est des alliés pour leur propre sûreté, peuvent soutenir nos intérêts, avec autant de chaleur que de bonne foi. Il est d’autres alliances que la politique doit vous assurer, et d’autres qui seront dues en grande partie à votre état républicain; votre commerce ne peut que s’en féliciter.

L’Italie voit avec intérêt le signe de la République arboré dans ses villes, si j’excepte les villes gouvernées encore par un prêtre et par la maison d’Autriche....

Nous apprenons que la Russie a fait faire à la Porte la demande officielle du passage d’une flotte, menaçant de regarder le refus qu’on pourrait lui en faire comme une déclaration de guerre. La réponse a été dilatoire et sera négative; les usurpations de la Russie trouveront enfin des bornes. C’est à la politique européenne à aider le maître des Dardanelles à les poser....

Une suite de coalisation faite contre la France, avait jeté des obstacles à l’arrivée des chebecs à Alger. On voulait encore vous aliéner cette puissance, amie de la République; mais nous recevons la nouvelle que le dey a reçu, avec le plus vif intérêt, les deux chebecs que la République lui a renvoyés, et qu’il a témoigné les dispositions les plus favorables à la France....

There follows the French criticism of the Alien Bill.

Un bill infâme, qui insulte à l’humanité et aux droits des nations, a été promulgué par le gouvernement anglais, et traduit en espagnol à Madrid et dans les villes hanséatiques, par les intrigues de l’ambassadeur anglais. Ce bill, dont la haine pour la convention a dicté les clauses horribles contre les Français, vous portera sans doute à user du droit de représailles. Le comité vous fera un rapport sur cet objet, ainsi que sur les diverses mesures à prendre contre la gouvernement anglais. Des agens nombreux sont disséminés dans l’Europe, pour connaître les complots de nos ennemis au dedans et au dehors, et pour s’assurer des véritables amis de la république.

Il résulte enfin, de toutes nos relations, que Dumouriez et ses aides-de-camp, chassés du Stoutgard, n’ont pas reçu un meilleur accueil à Vursbourg, par ordre de l’électeur, quoique évêque. Ainsi, les traîtres ne trouvent pas d’asyle même chez les despotes à qui ils se sacrifient.

Matters concerning the Interior are comparatively vague, for here the Committee wished to compromise with the Gironde; but they are strong against civil war.

DE L’INTÉRIEUR.

... Quant aux approvisionnemens des armées et de la marine, les commissaires éprouvent des obstacles, en ne pouvant, d’après le dernier décret, acheter que dans les marchés.

Le comité s’est occupé ensuite de sonder la plaie et de connaître la source de toutes les agitations qui tourmentent la république.

Ici des vérités doivent nous être déclarées; car, vous êtes sur le bord d’un abyme profond, et la Convention Nationale, au milieu de ses divisions, a oublié qu’elle marchait entre deux écueils, et qu’elle était conduite par l’aveugle anarchie.

D’un côté, l’exécrable plan de la guerre civile, secondé par l’Anglais, et sans doute dirigée de Londres, de Rome et par des agens correspondans à Paris, étendait ses ramifications sur toute la France, et principalement dans les pays qui étaient, depuis la révolution, infestés de fanatisme, ou qui avaient été le théâtre des troubles fanatiques et des complots contre-révolutionnaires.

D’un autre côté, une alarme générale s’est répandue parmi les propriétaires d’un territoire de vingt-sept mil de lieues quarrées, et ces craintes ont eu pour base des motions exagérées, des journaux feuillantisés et des propos sauguinaires; le mécontentement né de nos discussions personnelles a altéré la confiance, mais vous êtes nécessaires: les aristocrates, redoutant les passions des patriotes, ont excité les hommes énergiques contre les modérés auxquels ils se rattachent sourdement; ils ont préparé des mouvemens contraires....

Marseille, Bordeaux, Lyon, Rouen, prenez garde, la liberté vous observe sur votre marche dans la révolution; elle ne vous croira jamais contraire à ses vues; mais craignez d’être stationnaires dans le mouvement de l’opinion publique; écrasez avec nous les révoltés, les anarchistes et les brigands; mais aussi craignez le modérantisme et les intrigues de l’aristocratie qui veut vous effrayer sur les propriétés et sur le commerce, pour vous redonner des nobles, des prêtres et un roi....

Au moment où le comité a été formé, presque partout les administrations trop faibles ou trop au dessous des circonstances se ressentaient de l’influence meurtrière des passions particulières qui y correspondaient...

A Lyon, l’aristocratie a un foyer plus profond qu’on ne peut le penser; elle est secondée par l’égoïsme et l’indifférence....

Mais les campagnes et les villes de department de Rhône et Loire, surtout Villefranche, présente un autre esprit, et là surtout paraissent ces signes heureux, là sont entendues ces acclamations énergiques qui caractérisent le patriotisme.

A Marseille où tout annonce l’ardeur républicaine, à Marseille où l’on voit presque à chaque pas un arbre de la liberté ou une inscription civique, à Marseille où le pain, égal pour tout et de mauvaise qualité, se vend sept sols la livre, cette calamité est supportée sans murmurer, où l’on entend des plaintes contre les traîtres, les égoïstes, les intrigans; où les seuls malheurs dont on soit afflige sont ceux qui frappent la République entière, Marseille a éprouvé des convulsions violentes; mais si la répression de quelques excès de la démagogie a fait craindre à de bons citoyens que le modérantisme ne prévalût, le républicanisme n’en triomphera pas moins des passions individuelles. Croyons que cette grande cité ne dégénérera pas de sa renommée.

Nous avons à gémir sur des excès commis à Avignon et à Aix; ce qui s’est passé d’irrégulier à Toulon, relativement aux officiers de la marine, vous sera rapporté quand le comité aura fait le travail de cette partie.

Le meilleur esprit règne dans ce moment à Perpignan; la vieille antipathie nationale contre l’Espagnol, y réchauffé l’esprit républicain que le département des Pyrénées orientales avait déjà montré avec tant d’énergie le 21 Juin 1791.

Bayonne se rattache aux bons principes. Les trahisons lui ont donné de l’énergie; mais si cette place est dans ce moment menacée de près par l’ennemi, le zèle des républicains méridionaux la défendra contre les ennemis du dedans et du dehors.

Bordeaux ne cesse de fournir à la liberté et a ses armées des trésors et des soldats; elle va défendre en même temps les Pyrénées et les Deux-Sèvres.

Les intentions manifestées à Nantes ne se ressentent pas assez de l’enthousiasme civique qui doit animer dans ce moment tous les citoyens. Ses moyens auraient pu être plus efficaces; il y a du mécontentement et des craintes sur les effets des divisions intestines.

A Orléans, l’esprit public s’améliore, depuis que l’aristocratie a été frappée par la loi révolutionnaire; mais cette ville a le droit d’obtenir que les procédures faites par les commissaires soient bientôt jugées, les coupables punis et les bons citoyens rassurés.

Dans le département de l’Allier, une correspondance interceptée a fait découvrir des traînes contre la liberté, elles étaient ourdies par des prêtres déportés, de concert avec leurs agens à Moulins. Les corps administratifs, qui vivent dans la plus heureuse harmonie, ont mis en lieu de sûreté les ci-devant que leur conduite avait rendus suspects et les y font garder avec soin et humanité, jusqu’à ce que la République n’ait plus rien à craindre de ses ennemis intérieurs et de ces enfans dénaturés. Le peuple a partout applaudi à cette énergie de ses magistrats, et il les a secourus, parce que le peuple veut franchement la liberté.

A Roanne, le modérantisme est réduit en système, et dans la crise où nous sommes, cette apathie politique est le plus grand fléau de la République, qui ne peut s’établir que par le développement de toute l’énergie nationale.

A Tain, dans le département de la Drôme, des patriotes, que n’étaient qu’aisés dans leur fortune (le patriotisme se trouve rarement avec la fortune), se sont cotisés, et, de concert avec le Maire, ont fait, sans y être contraints par la loi, mais par amour pour la patrie, une cotisation, dont le produit a été employé à fournir du pain à un prix modéré, pour les citoyens peu fortunés. C’est ainsi que dans les provinces méridionales, les mœurs et l’humanité font plus que les lois et le cœur des riches dans les grandes cités....

A Tours, l’administration d’Indre et Loire, apprenant que les ennemis étaient à Loudun, et marchaient à Chinon, a pris la résolution, par un mouvement civique et spontané, de se transporter toute entière au milieu des dangers qui les menaçaient, et décidée à s’ensevelir sous les ruines de la ville, plutôt que de se rendre. Une commission y est restée. Loudun a demeuré sans défense. Quelques aristocrates en ont été heureusement chassés.

Poitiers, trop influencé par des fanatiques et par des hommes de l’ancien régime, peut donner des espérances aux révoltés, et déjà l’administration nous a fait craindre le résultat du mauvais esprit d’une partie de ses habitans, malgré l’énergie connue des patriotes qu’elle renferme.

Paris qu’on accuse sans cesse, qu’on agite presque toujours, tantôt par des crimes, tantôt par des intrigues, tantôt par des passions personnelles, tantôt par des intérêts secrets et étrangers, et plus souvent encore par l’action prolongée ou l’exaltation des passions révolutionnaires; Paris, réceptacle de tant d’étrangers, de tant de conspirateurs, doit attirer vos regards.

The following passage on the Commune of Paris is noteworthy for its non-committal character, in keeping with the attempt to get rid of the Gironde, if possible, without an insurrection.