VOIX DANS LE PEUPLE.
— Eh ! tire-toi de là, fils de Dieu, Dieu toi-même !
— Tu nous vois de plus haut !
— Est-on bien, là-dessus ?
— Ça t’approche du ciel.
— Salut au roi Jésus !
— Grand roi, qui t’a donné ce riche diadème
Où tant de gros rubis brillent comme du sang ?
— Eh bien, tes douze amis ? ils t’ont vendu, bonne âme
Ils t’aimaient, disais-tu, malin ?
— Faux innocent !
— Bandit !
— Coquin !
— Sorcier !
— Lâche !
— Imposteur infâme
— Ton Dieu si bon ne vient pas vite à ton secours !
— Un orgueilleux ! qui dit un jour à ses apôtres :
« Pleurez, amis, car vous ne m’aurez pas toujours ! »
Ça ne va pas tarder !
— Toi qui sauves les autres,
Sauve-toi !
— Tu m’as l’air cloué solidement.
— Tu vas passer la nuit au bon frais, par exemple !
— Il n’est pas mal bâti !
— Bâti comme le Temple !
— Pour un Verbe tout pur, il semble bien en chair.
— Quoique tu sois un pur esprit, ton corps t’est cher,
Car tu fais la grimace. Elle n’est pas très belle.
JÉSUS.
UN SOLDAT.
UN AUTRE SOLDAT.
VOIX DANS LE PEUPLE.
JÉSUS.
PREMIER SOLDAT.
DEUXIÈME SOLDAT.
PREMIER SOLDAT.
JÉSUS.
Dieu ! leur malignité, c’est ma seule douleur…
Pardonnez-leur, pardonnez-leur, pardonnez-leur.