Sierre, 1916—Paris, 1920.

NOTES:

[1]L’UN CONTRE TOUS” était le titre primitif sous lequel ce roman a été publié, d’abord, partiellement, en décembre 1917. Titre non sans ironie, qui s’inspire, en retournant les termes, de celui de La Boëtie: Le Contr’Un. Il ne doit point donner à penser que l’auteur ait l’extravagante prétention d’opposer un seul homme à tous les hommes. Mais il sonne l’appel au combat, nécessaire aujourd’hui, de la conscience individuelle contre le troupeau.

[2] «Puisque celui qui est détruit souffre, et que celui qui détruit ne jouit pas et bientôt est détruit pareillement, dis-moi ce qu’aucun philosophe ne sait dire: à qui plaît, ou à qui sert cette vie infortunée de l’univers, qui se conserve au détriment et par la mort de toutes les créatures qui le composent?» (Leopardi.)

[3] «Simon et moi, nous comprîmes alors notre haine des étrangers, des barbares, et notre égotisme où nous enfermons avec nous-mêmes toute notre petite famille morale. Le premier soin de celui qui veut vivre, c’est de s’entourer de hautes murailles; mais dans son jardin fermé il introduit ceux que guident des façons de sentir et des intérêts analogues aux siens.» (Un Homme libre.)

En trois lignes, trois fois cet «homme libre» exprime l’idée d’«enfermer»... «fermer»... «s’entourer de murailles»...

[4] «Les Leçons de Saint-Jean d’Acre», par Abd-Oul-Béha, recueillies dans sa prison par Laura Clifford Barney. Ce grand esprit universaliste, apparenté à celui de Tolstoy, dont il était le contemporain, fut le troisième chef du Bâbisme persan, ou Bébaïsme.