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Psychologie féminine

«Les cerveaux n’ont pas de sexe, l’infériorité de la femme n’est qu’un sophisme.»

Pour assurer leur omnipotence, les hommes ont, par la force brutale, imposé aux femmes une infériorité artificielle qui les fait dépendre de leur bon plaisir.

La femme est un être frappé d’indignité qui démérite, en raison de son sexe. Naître femme, augmente cependant, d’après les savants, la valeur des individus.

Mais peu à peu, grâce à la science, la vérité se fait jour. Le Dr Schenk de Vienne révéla que pour obtenir, de la nature, des filles—êtres soi-disant inférieurs—il faut une alimentation plus nutritive à la mère que pour obtenir des garçons, êtres que l’on prétend supérieurs et que les résultats scientifiques remettent à leur place.

Depuis 30 ans, d’éminents zoologistes ont fait des observations curieuses sur différentes espèces animales. MM. Henneguy et Balbiani, professeurs au collège de France, ont constaté que chez les têtards de grenouilles, une bonne nutrition donnait des femelles et qu’une nutrition défectueuse produisait des mâles.

M. Houssay, professeur à la Sorbonne a constaté que chez les poules une bonne nutrition produisait des poulettes et une mauvaise nutrition des coqs.

M. Dantan a observé que le sexe des huîtres est très variable, un même sujet pouvant alternativement être mâle ou femelle. Seules les huîtres portugaises échappent à cette particularité et possèdent un sexe fixe. De plus, ce sont chez les mâles, que les huîtres semblent en état d’infériorité manifeste. Quand les conditions de nutrition sont défavorables, on voit des femelles évoluer et se transformer en mâles, pour redevenir femelles aussitôt que l’alimentation est devenue normale.

On peut dire que chez les mollusques le sexe féminin apparaît comme un épanouissement de l’espèce.

L’espèce humaine subit la même loi naturelle que les espèces animales. Les conjoints qui ont une bonne nutrition donnent le jour à des filles. A mesure que le bien-être se répand, le nombre des filles s’élève, le nombre des garçons diminue. Dans les pays pauvres il naît de 110 à 112 garçons pour 100 filles. En France il naît maintenant 104 garçons pour 100 filles. Pourtant les femmes sont plus nombreuses que les hommes de près d’un million en France.

C’est que le sexe masculin est plus frappé par la mort que le sexe féminin. La mortalité masculine est grande pendant la vie intra-utérine. Et pendant les premiers jours, les premières semaines, les premières années les petits garçons sont beaucoup plus fauchés par la mort que les petites filles. C’est qu’ils sont nés dans de moins bonnes conditions de nutrition que les petites filles et qu’il y a en eux une faiblesse congénitale.

La femme est plus résistante que l’homme; elle supporte mieux la fatigue et la privation.

M. Edmond Perrier, directeur du Muséum, se demandait pourquoi, seules les femelles d’un parasite de l’homme connu sous le nom de filiaire de Médine ou dragonneux, se développait sous la peau en provoquant de graves abcès. Il donne, à défaut d’observation, cette solution qu’il croit possible: Dans les formes peu actives du règne animal, de même que dans la société humaine en décadence, le rôle du sexe masculin s’amoindrit de plus en plus, tandis que le sexe féminin prenant une existence croissante se substitue à lui peu à peu et finit par l’éliminer. Dans le règne animal c’est l’organisme masculin qui s’amoindrit et disparaît. Dans les sociétés humaines, c’est la volonté masculine qui s’amollit, qui «s’efféminise» et laisse une sensibilité maladive prendre la place des fières abnégations de soi-même que comporte le rôle de père de famille. Ce n’est pas la femme qui s’élève dans ces sociétés, c’est l’homme oublieux de sa mission qui se laisse glisser.

La supériorité organique de la femme rend impossible son égalité avec l’homme, suivant le directeur du Muséum, qui vient comme il peut, au secours du masculinisme.

Ce membre de l’Institut, bien qu’imbu de préjugés, déclare que le «sexe féminin» est le sexe de la nutrition intensive, qu’il naît dans l’abondance et s’y maintient par le dépôt dans les tissus d’importantes réserves alimentaires.

«Le sexe masculin est au contraire le sexe de la nutrition imparfaite. Il se caractérise par une dilapidation extraordinaire des substances qui dans le sexe féminin sont mises en réserve.»

Mais, pour M. Edmond Perrier, que la femme soit supérieure ou inférieure à l’homme, c’est une question oiseuse (sic) dès qu’elle ne peut selon lui combiner les devoirs de la maternité avec une existence analogue à celle que l’homme peut mener, en raison de son indépendance vis-à-vis de sa progéniture.

Le directeur du Muséum s’écarte de la réalité, en ne constatant pas que les deux tiers des femmes sont sans progéniture et sans maris pour subvenir à leurs besoins.

Ce n’est pas en faisant de la maternité une cause de dégradation civique, que l’on amènera à s’augmenter, en France, le nombre des naissances. C’est en substituant, comme le demandent les féministes, la citoyenne consciente du devoir, au mannequin qui sert d’instrument de plaisir.

Les grands enfants qui gouvernent ont besoin d’un jouet, et, au détriment de la race, ils sacrifient à leur amusement, les femmes. Mais il va falloir cesser de se contredire pour appliquer les principes républicains, en faisant participer la Française aux affaires publiques.

Puisque le sexe féminin est mieux organisé physiquement et par conséquent intellectuellement et moralement que le sexe masculin, il ne doit pas subir la domination de celui-ci.

M. Bergson dit qu’il y a une source de connaissance indépendante de l’intelligence et aussi essentielle qu’elle. C’est l’intuition.

Si l’on arrive à cultiver, à étendre l’intuition, elle sera capable de donner la clef de tous les grands problèmes de l’univers.

Les femmes sont douées d’intuition, mais leur annulement rend cette qualité, innée en elles, inutile, puisque inutilisée.