The Project Gutenberg eBook of Chroniques de J. Froissart, tome 07/13

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Title: Chroniques de J. Froissart, tome 07/13

1367-1370 (Depuis l'expédition du Prince de Galles en Espagne jusqu'à la nomination de B. Du Guesclin à la charge de Connétable de France)

Author: Jean Froissart

Editor: Siméon Luce

Release date: July 4, 2024 [eBook #73967]

Language: French

Original publication: Paris: Vve J. Renouard, 1869

Credits: Clarity, Hans Pieterse and the Online Distributed Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was produced from images generously made available by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica))

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Table

CHRONIQUES
DE
J. FROISSART


9924—PARIS, TYPOGRAPHIE LAHURE
Rue de Fleurus, 9


CHRONIQUES
DE
J. FROISSART

PUBLIÉES POUR LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE
PAR SIMÉON LUCE


TOME SEPTIÈME
1367-1370

(DEPUIS L’EXPÉDITION DU PRINCE DE GALLES EN ESPAGNE JUSQU’A LA NOMINATION DE B. DU GUESCLIN A LA CHARGE DE CONNÉTABLE DE FRANCE)

[Logo: SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE]

A PARIS
CHEZ MME VE JULES RENOUARD
(H. LOONES, SUCCESSEUR)
LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE
RUE DE TOURNON, Nº 6


M DCCC LXXVIII

EXTRAIT DU RÈGLEMENT.

Art. 14. Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et choisit les personnes les plus capables d’en préparer et d’en suivre la publication.

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire responsable chargé d’en surveiller l’exécution.

Le nom de l’Éditeur sera placé en tête de chaque volume.

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société sans l’autorisation du Conseil, et s’il n’est accompagné d’une déclaration du Commissaire responsable, portant que le travail lui a paru mériter d’être publié.


Le Commissaire responsable soussigné déclare que le tome VII de l’Édition des Chroniques de J. Froissart, préparée par M. Siméon Luce, lui a paru digne d’être publié par la Société de l’Histoire de France.

Fait à Paris, le 1er mai 1878.

Signé L. DELISLE.

Certifié,
Le Secrétaire de la Société de l’Histoire de France,
J. DESNOYERS.

SOMMAIRE.


CHAPITRE XCI.

ENTRÉE DU PRINCE DE GALLES EN ESPAGNE.1367, 6 janvier. NAISSANCE A BORDEAUX DU PRINCE RICHARD, DEPUIS RICHARD II.Du 10 au 29 janvier. CONCENTRATION DE L’ARMÉE ANGLAISE A DAX; ARRIVÉE DU DUC DE LANCASTRE; OCCUPATION DE MIRANDA ET DE PUENTE-LA-REINA; ENTREVUE DE DON PÈDRE, DU PRINCE DE GALLES ET DU ROI DE NAVARRE, A PEYREHORADE.Du 14 au 20 février. PASSAGE DES PYRÉNÉES ET DU DÉFILÉ DE RONCEVAUX PAR LES TROIS CORPS DE L’ARMÉE ANGLAISE.13 mars. ARRESTATION CONCERTÉE DU ROI DE NAVARRE PAR OLIVIER DE MAUNY.—REDDITION DE SALVATIERRA A DON PÈDRE ET ARRIVÉE DES ANGLAIS DEVANT VITORIA; DÉFAITE DE THOMAS FELTON; MORT DE GUILLAUME FELTON.—MOUVEMENT RÉTROGRADE DE l’ARMÉE ANGLAISE; PASSAGE A LAGUARDIA, A VIANA; OCCUPATION DE LOGRONO ET DE NAVARRETE.1er avril. LETTRE DU PRINCE DE GALLES A DON ENRIQUE.2 avril. RÉPONSE DE DON ENRIQUE CAMPÉ A NAJERA (§§ 560 à 576).

La princesse de Galles met au monde à Bordeaux l’enfant qui fut depuis Richard II[1]. Le dimanche suivant, le prince de Galles part le matin de Bordeaux[2] et arrive le soir à Dax[3], en Gascogne, où il séjourne trois jours, attendant que son frère le duc de Lancastre le vienne rejoindre. Parti de basse Normandie, celui-ci débarque à Saint-Mathieu[4], passe à Nantes, traverse le Poitou et la Saintonge, franchit la Gironde à Blaye et arrive à Bordeaux où la princesse fait ses relevailles en l’abbaye de Saint-André. Après une courte halte dans cette ville, le duc de Lancastre s’empresse d’aller rejoindre son frère à Dax. Le prince de Galles reçoit aussi, sur ces entrefaites, la visite du comte de Foix qu’il charge de garder sa principauté pendant son absence. Inquiet sur les dispositions de Charles le Mauvais, qui passe pour avoir conclu un traité d’alliance avec don Enrique de Trastamare, il fait occuper par Hugh de Calverly, un de ses lieutenants, Miranda[5] et Puente-la-Reina[6]. Le roi de Navarre, après avoir fait présenter des excuses au prince à Dax, par l’entremise de Martin de la Carra[7], vient lui-même à Saint-Jean-Pied-de-Port[8], où il s’abouche avec le duc de Lancastre et Jean Chandos, et là il ménage une entrevue qui doit avoir lieu à Peyrehorade[9] entre lui, don Pèdre et le prince de Galles. P. 1, 5, 259, 261.

Entrevue de don Pèdre, du prince de Galles et du roi de Navarre, à Peyrehorade[10]. Charles le Mauvais prend l’engagement de livrer passage à travers son royaume à l’armée anglaise. Le captal de Buch, les seigneurs d’Albret et de Clisson viennent rejoindre à Dax[11] le prince d’Aquitaine et de Galles. Bertrand du Guesclin, de son côté, qui se tient alors auprès du duc d’Anjou, traverse à marches forcées l’Aragon et revient en Espagne offrir ses services à don Enrique de Trastamare auquel il amène un corps de volontaires français et bretons. P. 5, 6, 261.

Entre Saint-Jean-Pied-de-Port et Pampelune se trouvent des défilés tellement étroits et inaccessibles que trente hommes en pourraient fermer le passage à toute une armée. L’armée anglaise entreprend ce passage à la mi-février[12], et pour l’opérer avec moins de difficulté, se divise en trois corps. Le premier corps ou avant-garde, sous les ordres du duc de Lancastre, opère ce passage le lundi[13]. Noms des principaux chevaliers qui composent cette avant-garde. P. 7, 8, 261 et 262.

Le mardi, passage du deuxième corps, sous les ordres du prince de Galles, de don Pèdre et du roi de Navarre. Noms des principaux chevaliers qui composent ce deuxième corps. Charles le Mauvais amène le prince de Galles et don Pèdre en sa cité de Pampelune, tandis que leurs hommes vont camper sur les hauteurs qui dominent cette ville. P. 8, 9, 262 et 263.

Le mercredi, passage du troisième corps où figurent James, roi détrôné de Majorque, le captal de Buch, les comtes d’Armagnac et de Périgord, les seigneurs de Clisson, d’Albret, une foule d’autres seigneurs anglo-gascons et les principaux chefs des Compagnies. Tous ces gens d’armes, au nombre d’environ trente mille chevaux, restent campés sur le «comble» de Pampelune jusqu’au dimanche suivant[14] et mettent au pillage le pays des environs, au grand mécontentement du roi de Navarre. P. 9, 10, 263 et 264.

Pendant ce temps, don Enrique de Trastamare, qui attend de jour en jour l’arrivée de Bertrand du Guesclin à la tête des troupes auxiliaires de France, appelle sous les armes tous les hommes valides du royaume de Castille pour résister à ses adversaires. Le rendez-vous général est à Santo Domingo[15] où le roi de Castille parvient à rassembler plus de soixante mille hommes, tant de pied qu’à cheval. P. 10, 264.

Don Enrique envoie en Navarre un de ses hérauts porter une lettre[16] de défi au prince de Galles. Celui-ci donne lecture de cette lettre à ses principaux conseillers qui ne sont pas d’accord sur la réponse qu’il convient de faire au défi du roi de Castille. P. 10 à 12, 264 et 265.

Pendant que le prince se tient en la marche de Pampelune, les frères Felton, Thomas[17] et Guillaume, et Robert Knolles, à la tête de cent soixante lances et de trois cents archers, quittent le gros de l’armée, passent l’Èbre à Logroño et vont se poster en un village appelé Navarrete[18].—Sur ces entrefaites, le roi de Navarre, chevauchant sur les frontières de la Navarre et de l’Aragon, se laisse faire prisonnier par Olivier de Mauny[19], et l’on suppose aussitôt que c’est une ruse concertée à l’avance entre ce prince et le chevalier breton qui l’a arrêté: en demeurant captif jusqu’à l’issue de la campagne, Charles échappe à l’obligation de se joindre de sa personne à l’expédition du prince de Galles et peut attendre les événements[20]. Martin de la Carra, lieutenant général de Navarre pendant la captivité du roi son maître, fournit des guides au prince et à ses gens pour traverser les défilés des montagnes[21]. L’armée anglaise s’avance par le col d’Arruiz[22], traverse le Guipuzcoa[23] et arrive à Salvatierra[24]. P. 12 à 15, 265 à 267.

Salvatierra n’oppose aucune résistance et ouvre ses portes à don Pèdre[25]. Pendant ce temps, Thomas Felton et ses éclaireurs, qui se sont rendus maîtres de Navarrete, vont un jour réveiller don Enrique jusque dans son camp et renseignent le prince, établi à Salvatierra, sur la situation et les forces de son adversaire.—Don Enrique, de son côté, passe la rivière qui coule à Najera[26], et s’avance dans la direction de Vitoria à la rencontre des Anglais. Aussitôt qu’il est informé de ce mouvement, le prince de Galles vient à son tour rejoindre devant Vitoria Thomas Felton et ses éclaireurs. P. 15 à 18, 267 à 269.

Les chefs de l’armée anglaise, le prince, le duc de Lancastre, Jean Chandos, connétable d’Aquitaine, qui se croient à la veille d’une grande bataille, font trois cents chevaliers nouveaux, et dans le nombre, don Pèdre, le roi détrôné de Castille, et Thomas Holland, le fils d’un premier lit de la princesse d’Aquitaine et de Galles.—Les deux armées restent immobiles en présence l’une de l’autre. P. 18, 19, 269 et 270.

Thomas Felton fait une reconnaissance, à la tête de deux cents hommes d’armes, bien deux lieues en avant des lignes anglaises.—Au moment où Bertrand du Guesclin amène à don Enrique un renfort de trois mille combattants de France et d’Aragon[27], don Tello et don Sanche[28], frères du roi de Castille, partent avec un corps de six mille chevaux pour aller réveiller les Anglais. P. 19 à 21, 270 et 271.

Ils dispersent une bande de fourrageurs de la compagnie de Hugh de Calverly et vont jeter l’alarme jusqu’au quartier du duc de Lancastre qui commande l’avant-garde de l’armée anglaise. Au retour, ils rencontrent les deux cents hommes d’armes qui sont allés en reconnaissance sous les ordres de Thomas Felton. Ceux-ci descendent aussitôt de cheval, se retranchent sur un tertre et attendent de pied ferme les Espagnols[29]. Seul, Guillaume Felton, frère de Thomas, ne veut point quitter son cheval et se précipite, la lance baissée, au plus épais des rangs ennemis où il trouve la mort[30]. C’est seulement vers le soir que les Castillans parviennent à entamer cette poignée d’Anglais qui sont tous tués ou faits prisonniers. P. 21 à 25, 271 à 274.

Don Tello et don Sanche amènent leurs prisonniers à don Enrique. Le roi de Castille, en présence de Bertrand du Guesclin et d’Arnoul, sire d’Audrehem, félicite ses deux frères du succès qu’ils viennent de remporter. Dialogue entre le sire d’Audrehem et don Enrique: le sire d’Audrehem conseille au roi de Castille de ne pas livrer de bataille rangée, mais de garder les passages des montagnes et d’affamer l’ennemi[31]. Don Enrique répond qu’il dispose de sept mille hommes d’armes, de dix mille génétaires et de soixante mille fantassins[32], et qu’avec de telles forces il est bien décidé à tenter la fortune des armes. P. 25 à 27, 274 et 275.

L’armée anglaise, campée depuis six jours devant Vitoria, commence à manquer de vivres et à souffrir de la famine. Le prince de Galles rentre en Navarre[33], franchit le pas ou col de Laguardia[34], s’arrête deux jours à Viana[35], traverse sur le pont de Logroño la rivière qui sépare la Navarre de la Castille[36], et s’établit sur la rive droite de cette rivière, sous les murs mêmes de Logroño[37], au milieu d’une campagne plantée d’oliviers.—A cette nouvelle, don Enrique quitte San Vicente[38] et vient camper devant Najera.—Frappé du courage et de l’esprit de résolution de son adversaire, le prince de Galles se décide, avant d’en venir aux mains, à adresser une lettre à don Enrique. P. 27 à 29, 275 et 276.

Par cette lettre, datée de Logroño le 30 mars [1367], le prince fait savoir au comte de Trastamare, en réponse au message qu’il en a reçu, qu’il entre à main armée en Castille pour rétablir le roi légitime, don Pèdre, allié du roi d’Angleterre son père. Il ajoute que, si le comte veut se désister de ses prétentions sur la couronne de Castille, il se fait fort d’obtenir pour lui de don Pèdre la plus grande situation et qu’au reste il entrera en Castille par où il lui conviendra le mieux[39]. P. 29, 276 et 277.

Un héraut du prince de Galles apporte le message à Najera où don Enrique est campé au milieu des bruyères. A la lecture de cette lettre, Bertrand du Guesclin conseille au roi de Castille de prendre sans retard toutes ses mesures en vue d’une bataille désormais imminente. Don Enrique répond qu’il ne désire rien tant que d’en venir aux mains et fait de nouveau l’énumération des forces dont il peut disposer. P. 29, 30, 277 et 278.

Le vendredi[40] 2 avril, à l’aube du jour, le prince de Galles quitte Logroño et s’arrête entre neuf et dix heures du matin[41] à Navarrete[42] qui n’est qu’à deux lieues de Logroño. Arrivé là, il envoie des éclaireurs reconnaître la position de l’ennemi et donne l’ordre de se préparer à la bataille pour le lendemain. P. 30, 31, 278 et 279.

CHAPITRE XCII.

RESTAURATION DE DON PÈDRE.1367, 3 avril. BATAILLE DE NAJERA; BERTRAND DU GUESCLIN ET LE MARÉCHAL D’AUDREHEM PRISONNIERS DES ANGLAIS.Fin d’avril et mai. DON PÈDRE ET LE PRINCE DE GALLES A BURGOS.Mai. ARRIVÉE DE DON ENRIQUE EN LANGUEDOC.Juin. SÉJOUR DU PRINCE DE GALLES A VALLADOLID ET DÉPART DE DON PÈDRE POUR SÉVILLE; DISSENTIMENTS ENTRE LE PRINCE ET LE ROI DE CASTILLE.13 août. TRAITÉ D’ALLIANCE DE DON ENRIQUE AVEC LE DUC D’ANJOU.Août et septembre. RETOUR DU PRINCE DE GALLES ET DE L’ARMÉE ANGLAISE EN GUYENNE.27 décembre. MISE EN LIBERTÉ DE BERTRAND DU GUESCLIN.1368, du 4 mars au 22 mai. SIÉGE ET PRISE DE TARASCON PAR DU GUESCLIN ET LE DUC D’ANJOU; RAVAGES DES COMPAGNIES ANGLAISES EN BOURGOGNE, EN CHAMPAGNE, DANS L’AUXERROIS, LA SOLOGNE, LA BEAUCE ET LE GÂTINAIS.4 mai. MARIAGE DU SIRE D’ALBRET AVEC MARGUERITE DE BOURBON.Fin de mai. ARRIVÉE DE JEAN CHANDOS EN BASSE NORMANDIE (§§ 577 à 594).

Ce vendredi, sur le soir, don Enrique et Bertrand du Guesclin se préparent, de leur côté, à marcher contre les Anglais. Après minuit, les trompettes sonnent le réveil et, vers l’aube du jour, les gens d’armes entrent en ligne. On forme trois batailles ou divisions: la première, composée de quatre mille chevaliers et écuyers de France ou d’autres pays étrangers, sous les ordres de Bertrand du Guesclin; la seconde, un peu en arrière et à gauche de la première, où l’on compte seize mille hommes et dans ce nombre beaucoup de génétaires, sous la direction de don Tello et de don Sanche, frères de don Enrique; la troisième enfin, dont l’effectif est évalué à sept mille cavaliers et à quarante mille fantassins[43], sous le commandement de don Enrique lui-même. Celui-ci, monté selon l’usage du pays sur une forte mule et d’allure rapide, parcourt les lignes, exhortant ses gens à bien faire et promettant de leur donner l’exemple. Environ soleil levant, les Espagnols ainsi rangés s’avancent dans la direction de Navarrete. P. 32 et 33, 279 à 281.

Les Anglais se sont aussi rangés en bataille et mis en mouvement dès le point du jour[44]. Les deux armées marchent ainsi l’une contre l’autre. Tout à coup, à la descente d’une petite montagne, le prince de Galles et ses gens se trouvent en présence du gros des forces de don Enrique. Aussitôt on fait halte des deux côtés et l’on s’apprête à en venir aux mains. Avant que l’action soit engagée, Jean Chandos se fait autoriser par le prince de Galles, avec le cérémonial d’usage, à lever bannière[45]. P. 33 à 35, 281 à 283.

Les Anglo-Gascons mettent pied à terre[46]. Le prince de Galles, les mains jointes et les yeux levés vers le ciel, prie Dieu de lui donner la victoire et le prend à témoin de la justice de sa cause. Le premier choc a lieu entre l’avant-garde anglaise, que conduisent Jean Chandos et le duc de Lancastre[47], et l’avant-garde de l’armée de don Enrique, commandée par Bertrand du Guesclin et le maréchal d’Audrehem. P. 35, 36, 283 et 284.

Le prince de Galles, à la tête de sa division, vient attaquer la bataille ou division de don Tello et de don Sanche; mais don Tello lâche pied sans coup férir et, suivi de deux ou trois mille fuyards, s’éloigne du champ de bataille[48]. Vainqueurs de ce côté, le prince et don Pèdre tournent alors toutes leurs forces contre les quarante mille hommes de la division de don Enrique. Les frondeurs espagnols et catalans, dont les pierres ont d’abord brisé les heaumes et les bassinets des hommes d’armes ennemis, ne peuvent soutenir longtemps la grêle de traits des archers anglais. Pendant ce temps, les chevaliers de France et d’Aragon, sous les ordres de Bertrand du Guesclin, font éprouver de grandes pertes à la division de Jean Chandos et du duc de Lancastre. Une lutte corps à corps s’engage entre Jean Chandos et un chevalier castillan nommé Martin Fernandez[49]. Celui-ci terrasse son adversaire, mais Jean Chandos entraîne l’Espagnol dans sa chute et, le frappant d’un coup de poignard au défaut de la cuirasse, le blesse mortellement. P. 36 à 38, 284 à 286.

Noms des principaux guerriers anglais, gascons, chefs des Compagnies, qui se distinguent dans les trois divisions de l’armée du prince de Galles.—Noms de plusieurs chevaliers de France et de Hainaut qui combattent aux côtés de Bertrand du Guesclin et du maréchal d’Audrehem.—Don Enrique fait tous ses efforts pour rallier ses soldats et les ramène trois fois à la charge[50]. P. 38 à 41, 286 à 288.

Les fantassins et les gens des communautés d’Espagne, armés seulement de frondes, se débandent sous les décharges meurtrières des archers anglais; toutefois, les génétaires, échelonnés à cheval sur les deux ailes, réussissent à maintenir pendant quelque temps les lignes qui commencent à plier.—Noms d’un certain nombre de seigneurs et de sénéchaux des diverses parties de la Guyenne, enrôlés sous la bannière du prince de Galles.—Don Pèdre et don Enrique payent largement de leur personne et donnent à leurs partisans l’exemple de la bravoure. P. 41 à 43, 288 et 289.

La division de Bertrand du Guesclin oppose à l’avant-garde anglaise la résistance la plus opiniâtre. Tous les compagnons d’armes de Bertrand se font tuer ou sont faits prisonniers avec leur chef. Noms de quelques-uns de ces prisonniers[51]. Encouragés par ce succès, Jean Chandos et le duc de Lancastre vont joindre leurs forces à celles du prince de Galles pour achever d’écraser la division de don Enrique; celui-ci redouble d’efforts pour ramener au combat les fuyards, et quinze cents des siens restent sur le champ de bataille[52]. P. 43 à 44, 289 et 290.

Les Espagnols, ne pouvant soutenir le choc des trois divisions anglaises, effectuent leur retraite en désordre du côté de Najera dont ils sont séparés par une grosse rivière; don Enrique, après avoir vainement essayé de les retenir, remonte à cheval et se sauve dans une autre direction. Anglais et Gascons, remontant aussi à cheval et s’élançant à la poursuite des fuyards, les écrasent aux abords du pont de Najera ou les forcent à se jeter dans la rivière[53]. Le grand prieur de Saint-Jacques[54] et le grand maître de Calatrava[55] parviennent à entrer dans la ville et se barricadent dans une grande maison maçonnée de pierre; mais l’ennemi les y force et, se répandant par les rues, fait main basse sur la vaisselle et les joyaux de don Enrique. Cette bataille se livre entre Najera et Navarrete le samedi 3 avril 1367[56]. P. 44 à 46, 290 et 291.

La déconfiture des Espagnols a commencé vers midi et dure jusqu’au soir. Le prince de Galles, le roi de Majorque, don Martinez de la Carra, commandant en chef des forces navarraises, font flotter leurs bannières sur des hauteurs pour rallier leurs gens. Le prince de Galles tend la main à don Pèdre qui veut s’agenouiller devant lui, et l’invite à rendre grâces à Dieu seul de la victoire qu’ils viennent de remporter[57]; il charge quatre chevaliers et quatre hérauts d’aller sur le champ de bataille compter les morts. Les pertes des Espagnols s’élèvent à cinq mille soixante hommes d’armes[58] et à sept mille cinq cents fantassins et gens de communautés, sans compter ceux qui se sont noyés dans la rivière de Najera et dont on n’a pu retrouver les cadavres. Les Anglais, au contraire, n’ont à regretter que quatre chevaliers, deux Gascons, un Anglais et un Allemand, vingt archers et quarante simples soudoyers. Les vainqueurs passent ce samedi soir et le lendemain dimanche de [la Passion[59]], en fêtes et en réjouissances. P. 46 à 48, 291 et 292.

A la prière du prince de Galles, don Pèdre accorde le pardon aux seigneurs espagnols, faits prisonniers à Najera, qui ont pris les armes contre lui et consent à recevoir leurs serments. Il embrasse même son frère don Sanche[60], et lui promet d’oublier sa conduite passée. Gomez Carrillo est seul excepté de l’amnistie, et on lui tranche la tête séance tenante[61]. Don Pèdre, don Sanche, le maître de Calatrava et les deux maréchaux de l’armée anglaise marchent ensuite sur Burgos; le lundi matin, ils arrivent devant cette ville dont les habitants leur ouvrent aussitôt les portes[62]. Le prince de Galles, de son côté, après avoir fait halte à Briviesca, du lundi au mercredi, vient dans la journée du mercredi rejoindre son avant-garde sous les murs de Burgos où il établit son camp et tient cour plénière[63]. P. 48 à 51, 292 et 293.

Le prince anglais et don Pèdre célèbrent la fête de Pâques[64] dans la ville de Burgos et y séjournent plus de trois semaines. Mis en demeure d’exécuter ses engagements et de payer à ses auxiliaires l’indemnité de guerre convenue, le roi de Castille dit qu’il n’a point d’argent, mais qu’il va se rendre en la marche de Séville pour s’en procurer[65], et il promet d’être de retour au plus tard au terme de la Pentecôte. Il se dirige en effet vers Séville, tandis que le prince de Galles va se loger à Valladolid. P. 51, 52, 293 à 295.

La victoire de Najera porte à son comble la renommée et la gloire du prince de Galles, spécialement en Allemagne et en Angleterre; et les bourgeois de Londres donnent à cette occasion une fête triomphale. En France, au contraire, la nouvelle de cette victoire produit la plus pénible impression, surtout quand on apprend que Bertrand du Guesclin[66] et le maréchal d’Audrehem[67] ont été faits prisonniers. P. 52 à 54, 295 et 296.

Don Enrique vaincu avait gagné l’Aragon[68]. Arrivé à Valence[69], il confie sa femme et ses enfants[70] à la garde du roi don Pedro IV, en guerre avec le prince de Galles; il se rend ensuite à Montpellier[71] auprès du duc d’Anjou son allié, et, du château de Roquemaure[72] qui lui est assigné pour résidence, il fait des incursions dans la principauté d’Aquitaine. Sur les plaintes de la princesse de Galles, le roi de France adresse à ce sujet des représentations à don Enrique et fait même enfermer au Louvre le jeune comte d’Auxerre qui enrôle des gens d’armes pour les amener au roi détrôné de Castille. Don Enrique, à la tête de quatre cents Bretons qu’il a pris à sa solde, n’en ouvre pas moins les hostilités, envahit le Bigorre et s’empare de Bagnères. P. 54 à 56, 296 à 298.

Le prince de Galles se tient à Valladolid jusqu’à la Saint-Jean[73] d’été. Étonné de ne pas recevoir de nouvelles du roi de Castille, il envoie deux de ses chevaliers à Séville demander à don Pèdre pourquoi il ne tient pas ses engagements. Celui-ci répond que ses sujets refusent de lui payer aucuns subsides tant que les Compagnies, qui mettent son royaume au pillage, ne seront pas sorties d’Espagne. Pendant ce séjour du prince à Valladolid, le roi de Majorque tombe malade, et l’on met en liberté moyennant rançon ou l’on échange le sire d’Audrehem, le Bègue de Villaines et la plupart des chevaliers de France et de Bretagne faits prisonniers à Najera. Informé que don Enrique vient de recommencer la guerre en Bigorre[74], le prince ne veut à aucun prix délivrer Bertrand du Guesclin, dans la crainte qu’il n’aille prêter assistance au bâtard de Castille. P. 56 à 58, 298 et 299.

Édouard, irrité de la mauvaise foi de don Pèdre et très-éprouvé par le climat brûlant de l’Espagne[75], se décide à reprendre le chemin de la Guyenne; il laisse à Valladolid le roi de Majorque, encore trop malade pour remonter à cheval ou se faire porter en litière. Il effectue son retour par Madrigal, campe pendant un mois dans la vallée de Soria, sur les confins de la Castille, de l’Aragon et de la Navarre, et réussit, à la suite de longs pourparlers, à se faire octroyer par les rois de Navarre et d’Aragon le passage à travers leur pays. Il préfère, comme plus direct, le passage par la Navarre, dont le roi l’accompagne jusqu’au pas de Roncevaux. Après une halte de quatre jours à Bayonne, il rentre à Bordeaux et donne congé à ses gens[76]. Toutefois, il ne peut licencier sur-le-champ les Compagnies qui attendent toujours le payement de leur solde. A la nouvelle du retour du prince, don Enrique quitte Bagnères et va passer tout l’hiver à la cour du roi d’Aragon son allié[77], où il se prépare à recommencer la guerre contre don Pèdre, leur ennemi commun. P. 58 à 62, 299 à 302.

Bertrand du Guesclin, amené à Bordeaux[78] où il est le prisonnier du prince de Galles et de Jean Chandos, est mis en liberté moyennant le payement d’une rançon de cent mille francs[79]. A peine délivré, Bertrand vient servir le duc d’Anjou[80] qui fait alors la guerre à la reine de Naples, comtesse de Provence[81], et assiége Tarascon[82].—Le lundi après la Trinité[83] 1368, Lion, duc de Clarence, l’un des fils d’Édouard III, après avoir traversé au milieu des fêtes la France, le duché de Bourgogne et la Savoie, se marie à Milan à la fille de Galeas Visconti, seigneur de Milan, et de Blanche de Savoie, nièce du comte de Savoie. P. 62 à 64, 302 et 303.

Le prince de Galles invite les Compagnies, dont l’effectif s’élève à six mille combattants, à vider sa principauté d’Aquitaine.—Noms des principaux chefs de ces Compagnies.—Chassées de la Guyenne, les Compagnies entrent en France[84] qu’elles appellent leur chambre, passent la Loire et s’établissent en Champagne[85], dans l’archevêché de Reims, les évêchés de Noyon et de Soissons. Elles se disent envoyées par le prince de Galles, et le roi de France donne au seigneur de Clisson[86], devenu l’un de ses favoris, le commandement suprême des forces chargées de les combattre.—D’un autre côté, le mariage du seigneur d’Albret avec [Marguerite[87]] de Bourbon, l’une des sœurs cadettes de la reine de France, qui a lieu sur ces entrefaites, excite au plus haut degré le mécontentement du prince de Galles. P. 64 à 66, 304 et 305.

Édouard, dont les dettes ont été accrues par les frais de l’expédition d’Espagne, prend le parti, pour se mettre en mesure de les payer, de lever dans sa principauté d’Aquitaine un fouage qui doit durer cinq ans[88]. Les habitants du Poitou, du Limousin, de la Saintonge, de la Rochelle, convoqués à Niort par le conseil de l’évêque de Bath[89], chancelier du prince, se laissent imposer ce fouage; mais les vassaux des hautes marches de Gascogne, le comte d’Armagnac, le sire d’Albret son neveu, les comtes de Périgord et de Comminges, le vicomte de Caraman et plusieurs autres seigneurs refusent de s’y soumettre. Ces hauts barons viennent à Paris porter leurs plaintes au roi de France à qui ils en appellent des exactions du prince comme à leur souverain. Charles V les accueille avec empressement, s’engage à appuyer leurs réclamations et les entretient ainsi dans leur résistance. Jean Chandos, opposé à la levée de ce fouage dont on attend, à raison de un franc par feu, un produit annuel de douze cent mille francs, voyant qu’il ne peut rien empêcher, quitte de dépit le Poitou et va passer plus d’un an[90] dans sa terre de Saint-Sauveur-le-Vicomte, en basse Normandie. P. 66 à 69, 305 à 311.

CHAPITRE XCIII.

RESTAURATION DE DON ENRIQUE.1367, fin de septembre. ENTRÉE DE DON ENRIQUE EN CASTILLE.Fin d’octobre. REDDITION DE BURGOS.1368, fin de janvier. PRISE DE LÉON.1368, avril, à 1369, fin de mars. SIÉGE DE TOLÈDE.1368, 20 novembre. TRAITÉ D’ALLIANCE AVEC LE ROI DE FRANCE; RETOUR DE BERTRAND DU GUESCLIN EN ESPAGNE.1369, 14 mars. BATAILLE DE MONTIEL.23 mars. MORT DE DON PÈDRE.4 mai. BERTRAND DU GUESCLIN CRÉÉ DUC DE MOLINA (§§ 595 à 600).

Don Enrique prend congé du roi d’Aragon à Valence[91] et entre en campagne contre don Pèdre à la tête de trois mille cavaliers et de six mille fantassins. Il occupe successivement Burgos[92], Valladolid, où le roi de Majorque est fait prisonnier[93], Léon[94]. P. 70, 71, 311 et 312.

Après la reddition de Léon, don Enrique voit la Galice[95] tout entière se déclarer pour lui ainsi que plusieurs hauts barons que don Pèdre s’est aliénés par sa cruauté. Il met le siége devant Tolède, au moment où Bertrand du Guesclin, qui est déjà entré en Aragon après sa campagne en Provence et devant Tarascon au service du duc d’Anjou, s’avance à marches forcées pour le venir rejoindre.—Don Pèdre, de son côté, qui se tient en la marche de Séville et de Portugal, à la première nouvelle du retour offensif de son adversaire, fait alliance avec les rois de Grenade, des Béni-Mérin et de Tlemcen, qui lui envoient vingt mille hommes[96], et parvient à réunir sous ses ordres quarante mille combattants, tant Chrétiens que Juifs et Sarrasins.—Sur ces entrefaites[97], Bertrand du Guesclin arrive sous les murs de Tolède et apporte à l’armée assiégeante un renfort de deux mille soudoyers[98]. P. 71 à 73, 312 et 313.

Don Pèdre, après avoir concentré ses forces, quitte Séville et entre en campagne pour faire lever le siége de Tolède[99]. Par le conseil de Bertrand du Guesclin, don Enrique, laissant devant la ville assiégée une partie de ses troupes sous les ordres de don Tello, l’un de ses frères, marche avec don Sanche, son autre frère, et six mille combattants, l’élite de son armée, à la rencontre du roi de Castille. Il lance en avant des espions pour éclairer sa marche, et, grâce à cette précaution, il tombe à l’improviste, dans les environs de Montiel, sur l’ennemi qui chemine en désordre; il l’attaque malgré une supériorité numérique de six contre un et donne l’ordre de ne prendre personne à rançon. P. 73 à 76, 313 et 314.

Bertrand du Guesclin et ses Bretons, ainsi que plusieurs chevaliers de l’Aragon, font des prodiges de valeur. Du côté de don Pèdre, les Juifs tournent le dos dès le début de l’action; mais le trait des Sarrasins de Grenade et des Béni-Mérin, armés d’arcs et d’archigaies, produit de grands ravages. Don Pèdre brandit une hache avec laquelle il donne de tels coups que nul ne l’ose approcher. Don Enrique, précédé de sa bannière, va droit à la bannière de don Pèdre. Les hommes d’armes qui entourent le roi de Castille commencent alors à lâcher pied. Par le conseil de don Fernand de Castro, don Pèdre lui-même court s’enfermer avec douze des siens dans le château de Montiel[100]. Ce château n’est accessible que par un défilé dont le Bègue de Villaines se hâte de garder l’entrée. Vingt-quatre mille hommes restent sur le champ de bataille[101], et don Enrique et Bertrand du Guesclin font plus de trois grandes lieues à la poursuite des fuyards. Cette bataille se livre sous Montiel le [14 mars 1369[102]]. P. 76 à 78, 314.

Don Enrique et Bertrand soumettent le château de Montiel au plus étroit blocus. Ce château est très-fort et pourrait faire une longue résistance, mais il n’est pourvu de vivres que pour quatre jours. Vers minuit, don Pèdre essaye de s’échapper[103] en compagnie de don Fernand de Castro et des gens de sa suite, mais il est fait prisonnier par le Bègue de Villaines, qui garde le passage à la tête de trois cents compagnons. Il est conduit dans la tente d’Yvon de Lakouet[104], où don Enrique se rend aussitôt, et, après un échange de paroles injurieuses, une lutte corps à corps s’engage entre les deux frères. Don Pèdre a d’abord le dessus; il terrasse son compétiteur et le tient sous lui; mais le vicomte de Rocaberti[105], chevalier aragonais présent à cette scène, dégage don Enrique qui tue d’un coup de dague le roi de Castille. P. 78 à 82, 314 à 316.

Le lendemain de la mort de don Pèdre, le seigneur de Montiel vient rendre son château à don Enrique. A la nouvelle de cette mort, Tolède ouvre aussitôt ses portes au vainqueur, et le roi de Portugal, après avoir d’abord défié le meurtrier de son cousin et envahi la marche de Séville, ne tarde pas à faire la paix. Une fois redevenu maître et paisible possesseur du royaume dont il a déjà été investi, don Enrique récompense magnifiquement les chevaliers de France et de Bretagne, qui ont tant contribué à le remettre sur le trône. Bertrand du Guesclin est créé connétable de Castille et gratifié de la terre de Soria[106] qui vaut par an vingt mille florins. Olivier de Mauny, neveu de Bertrand, est investi de la seigneurie d’Agreda[107], d’un revenu annuel de dix mille florins. Don Enrique vient tenir sa cour à Burgos où les rois de France, d’Aragon et le duc d’Anjou lui font parvenir leurs félicitations.—Mort tragique[108] de Lion d’Angleterre marié à la fille de Galeas Visconti, seigneur de Milan; guerre entre Galeas et Édouard Spencer, apaisée par l’entremise du comte de Savoie. P. 81 à 84, 317 à 319.