Vegece dit que le capitaine doibt regarder au jour qu’il veult donner la bataille quelle voulenté ses gens ont/ car il peult appercevoir s’ilz ont paour/ par le viaire par les parolles et le mouvement du corps/ mais il dist que ce n’est pas a entendre de ceulx qui ne l’ont aprins/ car ce n’est pas merveilles s’ilz la ressoingnent/ mais se des exercitez d’armes font doubte/ doit delaier s’il peult a ung autre jour Et s’il a gens d’aucun païs jeunez et non usagés & qu’il doute de leur loyauté : commettre les doibt a bons et loyaulx capitaines & qui bien les sachent embesoigner & mettre en lieu ou fuir ne puissent Car par l’effroy de telz gens peut estre la bataille en peril/ & les bien introduire que obeissans soient/ Car nulle riens ne proffite plus en ost que obeyr aux capitaines/ et pource dist il que pour une seule voix ceulx qui seront loing de leur capitaine ne pevent savoir les soudaines necessitez qui pevent venir en bataille/ trouverent les anciens de user de certains signes par lesquelz hastivement faisoient savoir en l’ost ce que faire devoient/ ou par son de trompes par different chant ou par buisines ou autrement/ mais affin que par oyr plusieurs fois celle mesme maniere de son les ennemis ne s’i entendissent parfoys le differoient/ & se leur estoit avant le coup bien notiffié/ et des leur enfance on leur monstroit l’usage d’armes. Ces manieres leur estoient aprinses affin que par necessité des batailles en fussent duitz/ & pour celle cause furent trouees les trompettes qui diversifient leurs sons selon les cas qui adviennent. Or vient a point d’arrenger les batailles selon vegece. Si advisera le sage capitaine se que dit est de prendre premier l’avantage du champ en quoy troys principaulx poins sont a regarder. Le premier est de prendre le hault de la place.
Le second que a l’eure que la bataille durera les ennemys aient le soleil en l’oeil. Et le tiers que le vent leur soit contraire. Et se a ses trois choses peut advenir luy sera prouffit en tant qu’il n’est pas doubte que celluy qui est en la haulte place a avantage de force contre celluy qui est en bas.
Item le soleil en l’oeil fait grant encombrier et pareillement le vent qui les emplit de pouldre/ et aussi le trait porté par le vent en a plus grant force/ & aussi a l’oposite oste & destourne la force et la partie contraire/ et assavoir que par deux cautelles vainquirent les rommains en bataille ceulx de cycambre et les tyars/ ce fut par adviser de les envaÿr de tel costé que iceulx eussent le soleil au devant/ & l’autre fust par si fort les haster que loisir ne eurent de eulx mettre en ordonnance.