Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, gazon au bord de la mer, 2 mai (n. 21).

Obs. — Nous avons hésité longtemps à considérer cette plante comme espèce distincte, mais elle se différencie par des caractères si importants des espèces voisines que nous ne pouvons l’identifier à aucune.

Elle se rapproche le plus du S. rubella qui en diffère cependant par son calice à nervures peu visibles, par l’absence totale de ces longs poils sinueux (zottig) à la base de tiges, par ses lobes calicinaux moins longs et plus larges, enfin par sa corolle beaucoup plus petite. On peut aussi comparer notre espèce au S. fuscata, mais ce dernier est toujours glanduleux-visqueux alors que nous n’avons jamais observé de glandes sur aucune partie de notre plante. En outre, le S. fuscata a ses pétales beaucoup moins lobés. Ces deux caractères séparent donc notre espèce du S. fuscata et à plus forte raison du S. tunetana Murb. Enfin, notre espèce diffère du S. Pseudo-Atocion dont les dents calicinales sont aiguës acuminées.

Silene oranensis Hochr., sp. nov. (e sect. Dichasiosilene et ser. Leiocalycinæ Rohrb.). — Annua. Caulis simplex, superne ramosus, glaberrimus, sed parte superiore internodii cujusque viscosissimus. Folia anguste lanceolata vel linearia, acuta, integra, glabra, margine scabra. Inflorescentia laxa, iteratim dichotome ramosa ; dichasii rami æquales, vel paululum inæquales ; bracteæ lineares dorso ± viscosæ ; pedunculi longi, viscosi. Calyx 10-venosus nervis viridibus, vix anastomosantibus, intus extusque viscosus, umbilicatus, apice ± contractus, 5-lobus ; lobis ovatis, obtusis, margine late albo-membranaceis. Corolla minima ; petalorum ungues liberi, non exserti ; limbi breves, lineares, erecti, apice bilobati, albi ; appendices minimæ, luteo-virides, truncato-bidentatæ. Stamina 10 (5 longiora) ; filamenta glabra. Capsula immatura oblonga, apice tuberculis quasi nectariis sessilibus coronata, basi pedicellata ; pedicellus capsula æquilongus. Styli 3. Semina matura non vidi.

Caulis ca. 20 cm. altus, radix ca. 5 cm. longa. Folia adulta 2-2,7 cm. longa et 0,3-0,4 cm. lata, folia superiora vel bracteæ 0,5-1 cm. longa 0,1-0,05 cm. lata ; pedunculi 1-2 cm. longi ; pedicelli supra bracteam ultimam 0,1-0,2 cm. longi. Calyx 0,8 cm. longus apice 0,25 cm. latus ; dentes 0,1 cm. longi et basi 0,125 cm. lati ; petala vix 1 cm. longa, limbi dentes 0,05-0,1 cm. longi, ligula ca. 0,075 cm. longa vel minor. Capsula immatura 0,25 cm. longa, carpophorum ca. totidem longum.

Hab. : Oran, rochers herbeux du versant N. du Djebel Aïssa, au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 602).

Obs. — Cette espèce dont nous n’avons malheureusement qu’un seul échantillon, est nettement distincte du S. muscipula, par ses fleurs blanches et fort petites, ses sépales obtus, ses pétales peu émarginés et par la forme de la ligule de ces pétales. Ainsi qu’il ressort d’une comparaison avec l’original[41], elle se distingue aussi nettement de la sous-espèce S. deserticola Murb. (Contrib. I, 34) par sa tige simple, ses fleurs incomparablement plus petites et ses pétales dressés et relativement très petits. Néanmoins, c’est dans le voisinage immédiat du S. muscipula que doit se classer notre espèce et elle ressemble particulièrement au S. deserticola par la forme de la ligule à peine émarginée et par les tiges parfaitement glabres.

S. amurensis (e sect. Botryosilene Rohrb. ser. Italicæ) Pomel Nouv. Mat. 209 (1874).

Hab. : Oran, ravin d’Aïn Aïssa, à 50 km. d’Aïn Sefra, au bord de l’oued sous les genévriers, alt. ca. 1400 m. 20 mai (n. 323) ; Djebel Aïssa, versant S.-E., alt. ca. 1800 m., forêt de Pins, sous-bois. 19 mai (n. 358).

Obs. — Cette espèce nous paraît être distincte du S. italica, surtout par le calice qui est complètement glabre, tandis qu’il est velu et glanduleux chez le S. italica. Néanmoins ce sont deux espèces proche-parentes. Notre n. 323 est tout à fait dépourvu d’anthocyane, son calice verdâtre présente des nervures blanchâtres. Le n. 358, au contraire, a des tiges et des calices brunâtres et les nervures du calice, en particulier, sont brunes.

DIANTHUS L.

D. velutinus Guss. Ind. sem. hort. Boccad. (1825) ; Williams in Journ. linn. soc. Lond. XXIX, 466.

Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, 4 mai (n. 5).

Obs. — Quelques échantillons très réduits de cette plante nous porteraient à croire qu’elle est seulement une variété du D. prolifer L. Sur ces spécimens, en effet, on aperçoit à peine huit ou dix poils glanduleux à l’un des entre-nœuds ; sur une de nos plantes même, il n’y en a que des rudiments ; or ce caractère seul serait absolument distinctif entre les deux espèces (voir Burnat, Fl. alp. mar. I, 221).

D. longicaulis Ten. Cat. hort. neap. (1819), app. alt., p. 77 ; Fl. neap. II, 379 (verisim. var. D. Caryophylli L.).

Hab. : Oran, pied du Djebel Morghad, steppe pierreux, alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 461) ; Djebel Aïssa, au delà du télégraphe optique, steppe, alt. ca. 1800 m. 2 juin (n. 603) ; Djebel Mekter, versant sud, bois de genévriers, alt. ca. 1600 m. 5 juin (n. 672).

D. crinitus Sm. in Trans. Lin. Soc. II, 300 (1794). Forma inter var. typicus Sm. l.c. et v. tomentellus Boiss. Fl. or. I, 496, intermedia.

Hab. : Oran, monuments préhistoriques près d’Aïn Sefra, dans les rochers, alt. 1050 m. 18 mai (n. 279) ; lit d’un oued desséché près de Mograr Foukani, alt. ca. 900 m. 4 juin (n. 659).

Obs. — Nos plantes sont intermédiaires entre les deux variétés précitées en ce sens qu’elles sont velues dans les entre-nœuds et chez les feuilles inférieurs et complètement glabres dans leur partie supérieure.

STELLARIA L.

S. media Cirill. Char. Comm. 36 (1784) = Alsine media L. Sp. pl. 212 (1753).

Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse. 4 mai (n. 63) ; Oran, Aïn-el-Hadjar près Saïda, voie ferrée, alt. ca. 1000 m. 11 mai (n. 144).

CERASTIUM L.

C. glomeratum Thuill. Fl. Par. ed. II, 226 (I799) = C. viscosum L. Sp. pl. 437 (1753) [non herb. sec. Smith] = C. vulgatum L. herb. sec. Smith.

Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse. 3 mai (n. 62).

C. echinulatum Coss. et Dur. ex Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 148 (1888) ; Coss. et Dur. ined. ex Debeaux Cat. Boghar. in Actes soc. lin. Bordeaux XXIII (1860) nomen.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, clairière sur le col, alt. ca. 2000. 19 mai (n. 386).

Obs. — Cette plante très remarquable semble particulière à notre région. Elle n’avait pas été retrouvée je crois depuis qu’elle fut découverte près de Boghar.

ALSINE Wahlb.

A. setacea Mert. et Koch in Rœhl. Deut. Fl. III, 286 (1831) = Arenaria setacea Thuill. Fl. Par. 218 (1790) var. genuina Boiss. Fl. or. I, 680.

Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin rocailleux amenant à la source, rochers, alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 241).

A. geniculata Hochr., comb. nov. = Arenaria geniculata Poir. Voy. Barb. II, 166 (1789) = Cherleria sedoides Forsk. Cat. pl. æg., p. 66 (1775) [non L. nec Sibth. et Sm. nec Turcz.] = Arenaria procumbens Vahl Symb. II[42], 50, t. 33 (1791) = Aren. herniariifolia Desf. Fl. atl. I, 358 (1798) = Alsine procumbens Fenzl Verbr. Alsin. in tab. ap. p. 57 (1833) ; Endl. Gen. n. 5227 (1836-40) ; Boiss. Fl. or. I, 671 (1867) = Rhodalsine procumbens Gay in Ann. sc. nat. ser. III, IV, 25 in adnot. (1845).

Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terrain humide près de la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (303 bis) ; Oran, Saïda, prairie rocheuse, alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 120), forme réduite.

Obs. — Il est certain que, dans ce cas, le plus ancien binôme concorde avec l’usage, mais le nom le plus ancien est sans conteste celui de Vahl. Le nom de Forskal est encore plus ancien, mais c’est un nom mort-né puisque Linné avait déjà utilisé ce binôme pour une autre plante. En outre, il est à remarquer qu’il y a déjà des Arenaria et Alsine sedoides s’appliquant à d’autres espèces. De sorte que quand même les noms sont considérés comme synonymes, créer un Alsine sedoides serait augmenter encore la confusion.

A. campestris Fenzl Verbr. Alsin. tab. ad p. 57 (1833) ; Willk. Ic. 108, t. 70, = Minuartia campestris L. Sp. pl. 89 (1753) ; Lœfl. Iter. hisp. [p. 117 in trad. 1766] (1758).

Hab. : Oran, Tafaroua au N. des hauts plateaux, sur la voie du chemin de fer, alt. ca. 1100 m. 11 mai (n. 155).

Obs. — Cette espèce est certainement distincte de l’Alsine (Minuartia) montana Fenzl, ainsi que l’indiquent Batt. et Tr. (Fl. Alg. I, 155), mais il est deux caractères très distinctifs qui ont été généralement omis par les auteurs.

C’est : 1o la glandulosité du calice que Willkomm représente exactement dans sa planche et 2o la forme subulée des familles qu’aucun auteur n’a relevée. En effet, chez notre plante, les feuilles sont trinerviées à la base et aciculaires sans qu’aucune nervure soit visible dans les deux tiers supérieurs. Au contraire, chez l’A. montana, les feuilles sont plus larges et les trois nervures sont distinctes jusqu’au sommet, elles sont ordinairement sous-nerviées à la base et le calice est dépourvu de glandes.

Il nous semble que ces deux plantes, telles que nous les admettons, correspondent bien à l’idée que s’en faisait Lœfling, car la planche de ce dernier indique bien chez le M. montana la forme caractéristique des feuilles comme nous l’avons relatée. Le port plus ramassé et la dimension ordinairement plus restreinte de ce végétal sont également indiqués par la planche de Lœfling.

ARENARIA L.

A. serpyllifolia L. Sp. pl. 423 (1753) var. tenuior Koch Syn., p. 128 (1837) = A. serpyllifolia var. leptoclados Reich. Ic. V, t. 216, n. 4941 β. (1841) = A. leptoclados Guss. Fl. sic. syn. II, 824 (1843) ; Boiss. Fl. or. I, 701 (1867) ; Murb. Contrib. I, 36 (1897).

Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, le long du chemin de la source, dans les rochers, alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 257) ; Oran, Djebel Morghad, rochers ombreux près de l’arête, versant N.-W., alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 487).

Obs. — Il est matériellement impossible de séparer l’A. serpyllifolia var. leptoclados Reich. comme espèce distincte de l’A. serpyllifolia. Or, le nom de variété le plus ancien est sans conteste celui de Koch. Si même on voulait conserver cette plante comme espèce distincte, il faudrait l’appeler A. tenuior Gürke.

En outre, il convient de remarquer que l’A. leptoclados Guss. est la même plante que l’A. leptoclados Boiss. et non une plante différente comme on pourrait le croire d’après l’Index Kew.

SPERGULARIA Pers.

S. diandra Heldr. et Sart. Herb. græc. norm. n. 492 (1855) = Arenaria diandra Gussone Prod. fl. sic. I, 515 (1827) = Spergula diandra Murb. Contrib. I, 44 (1897) = Lepigonum salsugineum Kindb. Syn. Lepig. 7 (1856) = Arenaria salsuginea Bunge ap. Ledeb. Fl. alt. II, 163 (1880).

Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 436).

S. media Pers. Syn. I, 504 = Tissa media Dumort. ex Pax in Engler Nat. Pflanzf. III, I, 1 b, 85 (gen. Tissa prescrit).

Hab. : Oran, Tiloula près d’Aïn Sefra, terre humide près de la source, alt. ca. 1200 m. 18 mai (n. 303).

Obs. — Nous n’avons pas étudié de près et comparativement les deux genres Spergula et Spergularia ; mais les arguments donnés par Murbeck ne nous paraissant pas absolument péremptoires, nous conserverons ces deux genres admis depuis longtemps.

TELEPHIUM L.

T. Imperati L. Sp. pl. 338 (1753).

Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable humide près des lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 446).

POLYCARPON L.

P. Bivonæ Gay in Duch. Rev. bot. II, 372.

Hab. : Oran, Ras Chergui, sur Aïn Sefra, chemin de la source dans les rochers, alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 223) ; Djebel Aïssa versant S.-E. dans la forêt de pins, alt. ca. 1780 m. 19 mai (n. 350).

GYMNOCARPOS Forsk.

G. fruticosus Pers. Syn. I, 262 (1805) ; Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 167 ; Boiss. Fl. or. I, 747 ; Murb. Contr. I, 50 = G. decandrum (sic) Forsk. Fl. æg.-arab. 65, t. 10 (1775) = Trianthema fruticosa Vahl Symb. I, 32 (1790).

Hab. : Oran, désert pierreux entre Tiloula et Aïn Sefra, en grande quantité, alt. ca. 1150 m. 18 mai (n. 287).

Obs. — Comme Murbeck, nous admettons le nom de Persoon, de préférence à celui de Forskal, qui consacre une inexactitude (art. 60 al. 3 des Lois de la nomenclature).

PARONYCHIA Juss.

P. capitata Lam. Fl. fr. III, 229 (1778) = Illecebrum capitatum L. Sp. pl. 299 (1753) = P. nivea DC. in Dict. Encycl. V, 25 (1804).

Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, au sommet dans les fentes de rochers, alt. ca. 2000 m. 16 mai (n. 248) ; Djebel Morghad, rochers ombreux, douar des Ouled Chami, alt. ca. 1900 m. 25 mai (sine num.).

P. argentea Lam. Fl. fr. III, 230 = Illecebrum Paronychia L. Sp. pl. 206 (1753).

Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord de la mer. 2 mai (n. 33).

P. Cossoniana Gay ex Webb in Balansa Pl. d’Alg. exsicc. n. 1002 ; Coss. in Bull. soc. bot. Fr. IV, 486 (1857) ; Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 166 (1888) = Herniaria Cossoniana J. Gay in Balansa Pl. d’Alg. exsicc., n. 708 (1852).

Hab. : Oran, Duveyrier, sommet du Raz ed Dib dans les fentes de rochers, alt. ca. 950 m. 4 juin (n. 625).

Obs. — Gay a créé cette espèce sous le nom de Herniaria Cossoniana et, si nous ne nous trompons pas, c’est Webb qui a transféré le premier cette espèce dans le genre Paronychia ; comme il l’a fait dans un exsiccata connu à étiquettes imprimées et datées, ce nom doit être valable.

HERNIARIA L.

H. mauritanica Murbeck Contrib. I, 47 (1897) = H. fruticosa var. Balansa Pl. Alg. exsicc. n. 585 (1852) = H. Fontanesii Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 168 (1888) [non Gay in Duchartre Rev. bot. II, 371 (1846)].

Hab. : Oran, Le Kreider, sur les hauts plateaux, dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 166).

H. cinerea DC. Fl. fr. V, 375 (1815) = H. annua Lag. Gen. et sp. 12 (1816).

Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin de la source, dans les pierres, alt. ca. 1650 m. 16 mai (n. 261) ; Faidjet el Betoum, sous un rocher près de Bellef-Louffa, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 422) ; Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 447).

H. glabra L. Sp. pl. 218 (1753).

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux à l’orée de la forêt de pins, alt. ca. 1750 m. 19 mai (n. 349).

RANUNCULACEÆ

DELPHINIUM L.

D. pubescens DC. Fl. Fr. V, 641.

Hab. : Oran, steppe sablonneux à environ 10 km. au N. d’Aïn Sefra, alt. ca. 1150 m. 24 mai (n. 409), répandu ailleurs dans la plaine.

D. Balansæ Boiss. et Reut. in Boiss. Diagn. fasc. 2, n. 5., p. 12.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant N., au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 583).

CLEMATIS L.

C. Flammula L. Sp. pl. 544 (1753) var. cæspitosa Reich. Ic. IV, n. 4666 (1840) = C. cæspitosa Scop. Fl. carn. 2, vol. I, 389 (1772) = C. Flammula var. genuina Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 4 (1888).

Hab. : Oran, versant N. du Djebel Aïssa, rochers au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1750 m. 2 juin (n. 582).

RANUNCULUS L.

R. macrophyllus Desf. Fl. atl. I, 437 (1798-1802) var. macrophyllus Hochr., comb. nov. = R. palustris L. var. macrophyllus Coss. Comp. I, 28.

Hab. : Oran, Aïn Aïssa près Aïn Sefra, terrain marécageux, alt. ca. 1600 m. 20 mai (n. 331).

Obs. — Le R. palustris L. sec. Rees Cycl. est une plante douteuse et l’espèce que l’on avait toujours désignée sous ce nom doit porter celui de R. macrophyllus Desf., ainsi que l’a démontré Freyn (Flora 1880, 220). Les variétés que nous admettons doivent donc être transférées dans l’espèce de Desf. Nous aurons à côté de la forme déjà mentionnée, la var. procerus Hochr., comb. nov. = R. palustris var. procerus Coss. Comp. atl. = R. procerus Moris Fl. Sard. I, 45.

CERATOCEPHALUS Mœnch

C. falcatus Pers. Syn. I, 341 = Ranunculus falcatus L. var. incurvus Boiss. Fl. or. I, 58 = C. incurvus Stev. Bull. soc. Mosc. XXI, II, 269 (1848) = C. incanus Batt. et Tr. Fl. alg. I, 6 (1888) sphalmate.

Hab. : Oran, Ras Chergui, chemin de la source, pierres, alt. ca. 1550 m. 16 mai (n. 219).

ADONIS L.

A. æstivalis L. Sp. pl. ed. II, 771.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, dans une clairière du bois de chênes-verts, couvrant le col. alt. ca. 2000 m. 19 mai (n. 390).

Obs. — C’est une forme identique à certains exemplaires du Valais. J’ai noté cette plante également dans la même région sur une clairière à 1650 m.

Var. provincialis Hochr., comb. nov. = A. dentata var. provincialis DC. Syst. I, 224 (1818) = A. æstivalis var. squarrosa Boiss. Fl. or. I, 18 (1867) = A. æstivalis var. dentata Cosson. Comp. atl. II, 12 (1883-87) = A. squarrosa Stev. in Bull. soc. Mosc. II, 272 (1848) ; [non = A. dentata Delile Fl. Eg. (1812) qui est l’A. microcarpa DC.].

Hab. : Oran, Mir Abd-el-Kader, entre Saïda et le Kreider, alt. 1078 m. 11 mai (n. 184) et répandu le long de la voie ferrée jusqu’à Méchéria.

Obs. — Cette forme très typique est très répandue sur les hauts plateaux de la province d’Oran. Elle a été incorrectement nommée par plusieurs auteurs. Au point de vue de la synonymie, nous nous rattachons absolument à ce qu’en dit Cosson dans son Compendium ; mais si l’A. dentata Delile type (appelé par DC. var. orientalis) est synonyme de l’A. microcarpa DC., on ne saurait reprendre le nom de Delile pour notre variété ; il faut donc avoir recours au nom de la var. candollienne : provincialis qui est de beaucoup le nom le plus ancien, puisque l’A. squarrosa ne date que de 1843.

D’autre part, si le nom de l’A. dentata Del. type, doit être retiré de la synonymie de l’A. æstivalis, il doit être rangé parmi les synonymes de l’A. microcarpa DC., comme le fait Cosson, à titre de variété.

Mais alors le nom de Delile (1812) étant de beaucoup antérieur au nom de DC., il en résulte que le nom de Delile doit être appliqué à l’espèce collective et le nom de DC. appliqué à la variété qui fut la forme type de l’A. microcarpa. Il y aurait donc : A. dentata Del. Fl. Eg. t. 522 (1812) = A. microcarpa DC. Syst. I, 224 (1818) et syn. — α. var. orientalis DC. Syst. I, 224 = A. dentata Del. sensu str. = A. microcarpa var. dentata Coss. et Kral. in Bull. soc. bot. Fr. IV, 55 (1857). — β. var. microcarpa Hochr., comb. nov. = A. microcarpa DC. l.c. sensu stricto.

BERBERIDACEÆ

BERBERIS L.

B. australis Hochr., comb. nov. = B. vulgaris L. var. australis Boiss. Voy. bot. Esp. I, 15 (1839) excl. syn. = B. hispanica Boiss. et Reut. Pug. pl. afr. 3 (1852).

Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers buissonneux près du sommet, alt. ca. 2000 m. 25 mai (n. 510).

Obs. — Le nom de la variété créée par Boissier en 1839, a évidemment la priorité et doit être conservé. On peut en outre remarquer que l’expression de australis s’applique mieux à cette espèce qui habite l’Espagne, le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, que le nom trop restreint de hispanica.

Boissier a déjà observé dans son Voy. en Esp. l.c. que cette espèce est souvent accompagnée du Geum heterocarpum qui croit à son ombre. C’est une association exactement semblable que nous avons observée au sommet du Djebel Morghad.

PAPAVERACEÆ

PAPAVER L.

P. somniferum L. Sp. pl. 726 (1853) var. setigerum Webb Can. I, 58 (1836-47) = P. setigerum DC. Fl. fr. V, 585 (1815) = P. somniferum var. nigrum DC. Fl. fr. IV, 633 ex Cosson Comp. atl. II, 62 (1883-87).

Hab. : Oran, Aïn Aïssa, près d’Aïn Sefra, petite prairie sèche, alt. ca. 1500 m. 19 mai (n. 333) ; Djebel Aïssa, pentes herbeuses du versant N., au delà du télégraphe optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 601).

Obs. — En réalité, DC. Fl. fr. IV, 633 a créé non pas une var. nigrum mais une var. β, anonyme, dont la diagnose est : « semine nigro ». Le nom repris par Cosson n’a donc aucune valeur. S’il en avait une, il devrait primer la var. setigerum, puisqu’il est dans le corps de l’ouvrage, tandis que cette dernière figure au Supplément.

GLAUCIUM Juss.

G. corniculatum Curtis Fl. Lond. 6, t. 32 (1772-98) = Chelidonium corniculatum L. Sp. pl. 724 (1753) = G. phœniceum Crantz Stirp. austr. ed. I, fasc. II, 133 (1763) var. phœniceum DC. Syst. II, 96 (1821) ; Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 22.

Hab. : Oran, steppe à l’entrée du ravin d’Aïn Aïssa, alt. ca. 1300 m. 20 mai (n. 320).

Obs. — Nous pouvons remarquer ici encore à propos de cette espèce, dont le nom est fort connu, que les partisans du plus ancien binôme devraient adopter le nom inusité de Crantz. MM. Rouy et Foucaud, quoique partisans de cette méthode du plus ancien binôme, ont conservé le nom de Curtis dans leur Flore de France. M. Burnat, Fl. des Alpes mar. I, 62, quoique d’un avis opposé, a repris le nom de G. phœniceum, par inadvertance probablement, ayant négligé le nom de Linné.

G. luteum Scop. Fl. carn. I, 369.

Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, 2 mai (n. 83).

FUMARIA L.

F. officinalis L. Sp. pl. 700 (1753) var. scandens Reich. Ic. germ. III, n. 4454 (1838-39) ; Batt. et Tr. Fl. alg. I, 28 (1888) = F. officinalis var. banatia Hausskn. in Flora (1873), p. 422 p.p.

Hab. : Oran, Saïda dans une haie au bord de la route, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 106).

Obs. — C’est par erreur que Battandier attribue cette variété à Hammar dont l’ouvrage date de 1857 et qui cite lui-même Reichenbach. C’est à tort aussi que Haussknecht débaptisa cette variété pour l’appeler banatia.

F. densiflora DC. Cat. hort. monsp. 113 ; DC. Syst. et Prod. p.p. = F. micrantha Lagasca Elench. matrit. 21 (1816).

Hab. : Oran, Ras Chergui, à mi-côte sur terrain rocheux, alt. ca. 1600 m., 16 mai (n. 256).

Obs. — Voir au sujet de la synonymie : Ascherson in Verh. des bot. Ver. Brandenburg 1863, p. 223 ; Haussknecht in Flora 1873, p. 507 ; Cosson Comp. atl. II, 85.

F. capreolata L. Sp. pl. 701 (1753) var. intermedia Hausskn. in Flora (1873) 541, p. 69 du tiré-à-part.

Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord d’une haie, 2 mai (n. 18).

Obs. — Cette forme était connue seulement au fort l’Empereur au-dessus d’Alger par la plante de Fauché que nous avons vue dans l’Hb. Boissier, qui est identique à la nôtre et qui a servi à la description de Haussknecht.

F. spicata (e sect. Platycapnos) L. Sp. pl. 700 (1753) = Platycapnos spicatus Bernh. in Linnæa VIII, 471 (1833).

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, pente rocailleuse et sèche près du télégraphe optique, alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 573).

CRUCIFERÆ

LEPIDIUM L.

L. subulatum L. Sp. pl. 644 (1753) ; Cosson Comp. I, 266.

Hab. : Oran, hauts plateaux, le Kreider, dans le sable, alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 160).

BISCUTELLA L.

B. lyrata L. Mant. 254 var. algeriensis Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 38 = B. algeriensis Jordan Diagn. I. 318.

Hab. : Environs d’Alger, Bouzarea, brousse, partout, 4 mai (n. 7).

Obs. — On peut encore faire rentrer le B. lyrata dans le B. didyma L. à titre de variété, mais alors il importerait de conserver le nom de var. lyrata au lieu de var. raphanifolia Coss. Comp. II, 286.

THLASPI L.

T. perfoliatum L. Sp. pl. 641 (1753) = T. Tineanum Huet du Pav. Pl. sic. exs. (1855) = T. Tinnœanum Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 40, sphalmate.

Hab. : Oran, Ras Chergui, à mi-côte, au bord du chemin pierreux, alt. ca. 1500 m. 16 mai (n. 235) ; Djebel Morghad, rochers ombreux de l’arête versant N.-O., alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 485).

Obs. — Nous croyons avec Cosson (Comp. 1, 250) que le T. Tineanum ne constitue pas même une variété du T. perfoliatum. Dans notre région cependant on observe une variation, due probablement à l’altitude, car notre n. 485 cadre exactement avec la plante de Huet tandis que le n. 235, récolté plus bas, se rapproche plutôt des spécimens d’Europe.

SISYMBRIUM L.

S. Irio L. Sp. pl. 659 (1753) ; Cosson Comp. II, 143.

Hab. : Oran, Saïda, au bord de la route, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 105) ; id. (n. 138) ce dernier à feuilles plus larges, à lobes plus développés.

S. Sophia L. Sp. pl. 659 (1753).

Hab. : Oran, Ras Chergui, terrain rocheux à mi-côte, alt. ca. 1500 m., 16 mai (n. 218).

S. Reboudianum Verlot Cat. jard. Grenoble 94 (1857) et in Bull. soc. bot. Fr. IV, 726 = S. Kralikii Fourn. Cruc. et Sisymb. 74 (1869) = S. Irio var. pubescens Coss. in Hb. et ap. Bourg. Exsic. alg. sine num. (1856) = S. irioides Cosson Comp. atl. II, 144 (1883-87) pro parte [non Boiss.].

Hab. : Oran, Bou-Ktoub près du Kreider, dans le sable alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 175).

Obs. — Nous reconnaissons avec Cosson et Fournier qu’il y a lieu de distinger du S. Irio l’espèce présente caractérisée surtout par la présence d’une nervure longitudinale au milieu du septum des siliques. Mais le S. irioides Boiss. in Ann. sc. nat. ser. II, XVII, 76 (1842) ne présente pas ce caractère, ainsi que nous avons pu le constater sur les échantillons de l’Hb. Boiss. Il y a donc lieu d’exclure ce nom et nous proposons de prendre pour notre espèce le nom le plus ancien en date à savoir S. Reboudianum.

Nous laissons de côté le nom de variété de Cosson publié dans l’exsiccata de Bourgeau parce que les étiquettes de ce dernier ne sont pas numérotées. (V. Lois de la nom. art. 42).

S. crassifolium Cav. Præl. 437 (1802) ; Cosson Comp. II, 146 var. giganteum Hochr., var. nov. — Caulis ad 1,10 m. altus, ramesissimus, foliosus, glaberrimus, glaucus. Folia radicalia et basilaria 16-30 cm. longa et ad 8 cm. lata, ± profunde runcinata, pinnatipartita, glabra. Flores ochroleuci, fere albi.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, clairière dans les bois de chênes-verts sur le col, alt. ca. 2000 m. 19 mai (n. 384). Cette clairière était une véritable prairie presqu’exclusivement composée par cette plante.

Var. scaposum Hochr., var. nov. — Caulis 30-70 cm. longus, parce ramosus, glaucus, parte inferiore villosus et fere omnino efoliatus. Folia radicalia 5-7 cm. longa et ad 2,2 cm. lata, runcinato-pinnatipartita vel saltem repando-dentata, margine ciliata. Flores pallide sulfurei.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et buissonneux, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 380) ; Djebel Aïssa, sur le col, au bord de la clairière où se trouvait la var. précéd. ca. 2000 m. 19 mai (n. 385).

Obs. — Ces deux variétés sont très distinctes et, si nous n’avions vu de nombreuses formes intermédiaires dans les herbiers, nous eussions été persuadé que ces deux plantes constituaient deux espèces n’ayant aucun rapport entre elles. Cela paraissait d’autant plus vraisemblable que nous les avons récoltées l’une à côté de l’autre et par conséquent il n’était pas possible d’attribuer leur apparition à l’influence de milieux différents.

Les formes de passage font défaut dans la contrée et pour les observer, il faut revenir jusqu’au Tell ou même en Europe. La forme-type est intermédiaire — en ce qui concerne la taille et l’indument — entre nos deux variétés.

S. runcinatum Lag. ap. DC. Syst. II, 478 (1821) ; Coss. Comp. II, 148.

Var. hirsutum Coss. Pl. crit. 95 (1851) ; Batt. et Tr. Fl. alg. I, 63 = S. hirsutum Lag. ap. DC. l.c. = S. runcinatum var. xerophilum Fourn. Crucif. et Sisym. 88 (1865) = S. runcinatum var. villosum Boiss. Fl. or. I, 220 (1867) = S. villosum Spreng. Syst. II, 901 (1825).

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, pente rocailleuse près du télégraphe optique, alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 574).

Obs. — Nous no saurions distinguer encore entre les sous-variétés indivisum et laciniatum Cosson l.c. parce qu’on trouve presque sur chaque exemplaire, à la fois des bractées laciniées et d’autres entières.

ERUCARIA Gärtn.

E. uncata Boiss. Diagn. I, VIII, 47 (1849) = E. Aegiceras Gay ex Boiss. Fl. or. I, 367 (1867) ; Cosson Comp. II, 215 (1883-87) ; Gay in herb. sine diagn. et collect. num. (1826) ; Steud. Nom. éd. II, I, 590, nomen solum (1840) = Hussonia uncata Boiss, Diagn. l.c. = H. Aegiceras Coss. et Dur. in Bal. Pl. alg. exs. n. 994 (1853).

Hab. : Oran, Aïn-el-Hadjej près Aïn-Sefra ; steppe rocailleux, aride, alt. ca. 1000 m. 4 juin (n. 607). — Ce numéro est la forme typique à fleurs blanches et petites. — Tircount près Aïn Sefra, sable humide, sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 451). — Cette plante se rapproche de la var. Souisii Cosson Comp. II, 216, par ses pétales violets et 3 fois plus longs que les sépales, mais nous ne saurions distinguer là une variété, c’est plutôt une forme conditionnée par l’habitat. Sur le même exemplaire nous avons observé des fleurs bien différentes les unes des autres.

CARRICHTERA DC.

C. Vellæ DC. Syst. II, 642.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, rocailles près du télégraphe optique alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 577), et en quantité près de Mograr à ca. 850 m. d’alt.

ERUCA Lam.

E. sativa Lam. Fl. Fr. II, 496.

Var. stenocarpa Coss. in Ann. sc. nat. ser. 4, I, 233.

Hab. : Oran, Aïn Sefra, sable de la dune, alt. ca. 1850 m. 15 mai (n. 194).

Obs. — Il nous semble que, vu la forme de la silique et de ses graines nettement unisériées, cette variété peut être facilement distinguée, nous croyons donc que Cosson a été trop loin en la confondant avec le type. D’autre part nous ne saurions y voir une espèce distincte comme Boissier.

Var. pinnatifida Coss. Cat. Tun. 50.

Hab. : Oran, Saïda, prairie rocheuse, alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 153).

DIPLOTAXIS DC.

D. virgata DC. Syst. II, 631.

Formæ inter f. brachycarpa, saharensis et longisiliqua Coss. Comp. II, 165, intermediæ.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, dans l’alfa, au-delà du télégraphe optique, alt. ca. 1650 m. 2 juin (n. 588) ; id. steppe d’alfa au pied du Djebel Morghad alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 426).

Obs. — Notre plante ne ressemble guère à aucune des formes que nous avons vues dans les herbiers, sauf aux spécimens récoltés au Maroc par Balansa. Elle réunit les caractères de plusieurs des formes admises par Cosson, et pour qu’on puisse s’en convaincre, nous indiquerons quelques caractères pris sur un seul et même exemplaire.

Plante haute, rameuse, pourvue de feuilles radicales et caulinaires ; siliques de longueur très variable égalant le pedicelle ou quatre fois plus longues que lui ; valves parfois très convexes, parfois ± applaties, style linéaire ou ové, dans ce dernier cas souvent séminifère et caréné.

Par contre, notre plante a des feuilles plus velues qu’aucun des autres exemplaires vus par nous.

Var. Aissæ Hochr., var. nov. — Planta annua, humilis vel paulo elata, ramosa vel simplex. Caulis 5-17 cm. longus, parce hirsutus vel hirsutissimus, inferne vel usque ad medium, et ultra, foliatus. Folia dense villosa basi exauriculata, lyrato-pinnatisecta, segmentis pinnati-partitis vel-dentatis. Flores lutei apice ramorum congesti ; pedunculi 3-5 mm. longi ; pedunculi fructiferi ad 7 mm. longi. Siliquæ maturæ lineares, crassæ, 11 mm. longæ et 2 mm. latæ usque. ad 9 mm. longæ et 1,5 mm. latæ, rostro ± conico, seminifero, 1-2 mm. longo.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, rocailles près du télégraphe optique, alt. ca. 1600 m. 2 juin (n. 575) ; Oran, Col de Merbah, Djebel Morghad, rocailles, alt. ca. 700 m. 24 mai (n. 475).

Obs. — Cette plante nous semble très caractéristique et se distingue au premier coup d’œil de toutes les autres formes du D. virgata ; en particulier, les feuilles très découpées, les siliques très ramassées, comme trapues, et l’indument très fourni ne laissent aucun doute à cet égard. Mais la variabilité extrême de ce groupe nous empêche de considérer cette plante comme une espèce. D’autre part, il serait possible de la rapprocher de certaines formes de l’Erucastrum Cossonianum Reuter. Les échant. de Kralik Pl. Alg. exs. n. 5, et d’autres plantes de Cosson, provenant de la même localité, Batna, offrent une ressemblance frappante de port avec nos spécimens. Mais les semences placées nettement sur deux rangs, les valves bombées de la silique font de notre plante un Diplotaxis et ses fleurs jaune vif et ses siliques trapues empêchent de l’assimiler à la plante de Reuter.

Au reste, pour montrer l’incertitude qui règne dans ce genre, nous citerons deux auteurs sagaces, Cosson et Reuter, qui ont classé une plante d’Espagne de Bourgeau (n. 1032), l’un comme Diplotaxis virgata, l’autre comme Erucastrum Cossonianum.

D. muralis DC. Syst. II, 634.

Hab. : Oran, Saïda, prairie près de l’oued, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 126).

D. Harra Boiss. Fl. or. I, 388 (1867) = Sinapis Harra Forsk. Fl. æg.-arab. 118 (1775) = Sisymbrium pendulum Desf. Fl. atl. II, 82, t. 156 (1798-1800) = Sisymbrium hispidum Vahl Symb. II, 77 (1791) = D. pendula DC. Syst. II, 630 ; Batt. Fl. Alg. I, 63.

Hab. : Oran, Djebel Mekter, versant S., rochers boisés, alt. ca. 1400 m. 5 juin (n. 669).

ERUCASTRUM Presl

E. varium Durieu in Expl. sc. Alg. t. 75.

Var. montanum Cosson Comp. II, 174.

Hab. : Oran, Tircount près d’Aïn Sefra, dans le sable humide, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 444).

Forme extrêmement allongée et exubérante rappelant la forme typique.

E. leucanthum Coss. et Durieu in Ann. sc. nat. ser. 4, I, 239.

Hab. : Oran, Ras Chergui, chemin à mi-côte, alt. ca. 1700 m. 16 mai (n. 259).

Var. elongatum Hochr., var. nov. — A typo differt caulibus elongatis, ad 60 cm. longis, parce vel non ramosis, foliosis, foliis magnis ad 12 cm. longis, foliis radicalibus paucis vel nullis, siliquis ut in typo.

Hab. : Oran, Ras Chergui, à mi-côte, terrain rocheux, alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 216).

Obs. — Cette plante ressemble quelque peu à certaines formes de l’Erucastrum Cossonianum, mais ce dernier est assez litigieux comme nous l’avons vu, tandis que notre spécimen a exactement les siliques et le rostre de l’E. leucanthum. Il en possède également les fleurs blanches et l’indument fourni, mais il en diffère par son port assez extraordinaire, dépourvu de rosette et à tiges pourvues de feuilles très grandes pennatiséquées, à segments grossièrement dentés. Du reste, nous avons une forme intermédiaire qui montre bien qu’il y a là seulement une variété.

MURICARIA Desvaux

M. Battandieri Hochr., sp. nov. — Annua, a basi ramosissima. Caules diffusi, prostrati vel erecti, parce pubescentes, foliosi. Folia glaberrima, lanceolata, sinuato-dentata, vel pinnati-lobata, vel pinnati-partita, pinnulis integris rarissime 1-3 dentibus præditis. Racemi elongati, undulati, multiflori. Flores parvi, apice racemorum conferti ; sepala obovata, obtusa, persistentia, interdum accrescentia ; petala alba, integra, fauce purpurascentia vel lutescentia, calyce fere duplo longiora. Staminum filamenta libera, interdum apice rubella. Silicula coriacea, articulata, parte inferiore obsoleta pedicelliforme, parte superiore globosa, echinulis magnis, duris muricata, villoso-canescente. Stylus conicus, glaber, apice persistens. Pedicelli fructiferi filiformes, silicula longiores.

Caules 15-35 cm. longi ; folia 1,2 × 0,4 ad 1 × 0,7 et 4,3 × 1, etiam 3,5 × 0,5 cm. longa et lata ; pedicelli floriferi 0,3-0,5 cm. longi, fructiferi ad 0,6 cm. longi, sepala 0,15-0,2 cm. longa, petala 0,2-0,4 cm. longa, in calyce fructifero sepala ad 0,3 cm. longa.

α. var. genuina Hochr. — Folia pinnatipartita, flores minores : sepala ca. 1,5 mm. longa, accrescentia ca. 2 mm. longa, petala 2-3 mm. longa ; silicula cum stylo ca. 3 mm. longa.

Hab. : Oran, Bou-Ktoub, près Le Kreider, sur la rive du Chott Chergui, dans le sable sec, alt. ca. 950 m. 11 mai (n. 171).

β. var. subintegrifolia Hochr., var. nov. — Folia lanceolata repando-dentata non lobata ; flores majores, sepala accrescentia ad 3 mm. longa, petala ad 4 mm. longa silicula ad 5 mm. longa.

Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet el Betoum, salle humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 440).

Obs. — D’après les descriptions et les exsiccata cités dans les différentes flores, il nous semble que la plupart des auteurs modernes ont pris notre espèce pour le Muricaria prostrata, fondé sur le Bunias prostrata Desf. Ce dernier dont nous avons un original de Desfontaines à l’Herbier Delessert est une plante très particulière à feuilles bipinnatipartites dont les lobules de second ordre sont parfois un peu dentés, assimilables en cela aux lobules de premier ordre de notre plante. En outre, d’après sa planche, la plante de Desfontaines paraît être formée d’une rosette de feuilles du centre de laquelle s’échappent un petit nombre de tiges moins prostrées que dans notre espèce ; et ces feuilles si élégamment découpées sont pourvues de nombreux poils à leur surface supérieure. Rien de semblable chez notre espèce qui forme de grosses touffes à tiges très ramifiées et dont l’aspect, au moins dans la var. β, est plus ou moins celui d’une hémisphère toute couverte de fleurs.

On pourrait objecter que nous ne saurions baser une distinction spécifique sur la forme des feuilles puisque ce caractère est utilisé par nous pour séparer nos deux variétés. Mais nous avons observé des formes de passage entre nos deux variétés, tandis que nous n’en connaissons pas entre notre var. genuina et le véritable Muricaria prostrata (= Bunias pr. Desf.). Puis il y a l’indument des feuilles et surtout le port qui est très différent ; aussi après avoir comparé avec l’original de Desfontaines, il ne subsiste pas de doute. Nous dirions même que la planche du Fl. atl. est, quoiqu’exacte, moins caractéristique que l’original. Les feuilles de ce dernier sont si régulièrement découpées qu’elles rappellent un peu des feuilles de fougères.

L’origine de cette confusion vient peut-être du fait que Desf. dit dans sa description « folia pinnatifida », alors que sa planche indique des feuilles bipinnatifides. Cosson (Comp. II, 311) donne une description qui correspond aux deux espèces, c’est-à-dire à notre var. genuina et au M. prostrata. Battandier (in Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 34) donne bien une description correspondant à la plante de Desfontaines, mais il semble qu’il a en vue notre var. genuina si l’on en juge par le n. 511 de son exsiccata : Pl. d’Alg. qui est un M. Battandieri var. genuina. Chez cette plante quelques lobes primaires des feuilles présentent deux ou trois dents, généralement sur un seul de leur côté, de sorte qu’il n’y a pas de confusion possible avec le M. prostrata Desv.

CRAMBE L.

C. Kralikii Coss. in Kral. Pl. Alg. exsicc. n. 10 (1858) ; Comp. II, 307 (1887) ; Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 35 (1888).

Hab. : Oran, Tircount près Aïn Sefra, sable humide, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 453) ; id., au pied du Djebel Morghad, au bord d’un oued à sec, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 463).

HUTCHINSIA R. Br.

H. petræa R. Br. in Hort. Kew. ed. 2, IV, 82 ; Cosson Comp. I, 258.

Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers ombreux de l’arête, alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 480).

Obs. — Chose curieuse, notre plante présente seulement 3-7 folioles à chaque feuille, tandis que les exemplaires européens en comptent généralement 11, 13 et quelque fois plus. Nous avons retrouvé cette particularité chez d’autres spécimens espagnols et africains seulement.

CAMELINA Crantz

C. silvestris Wallr. Sched. 347 ; Boiss. Fl. or. I, 311 ; Batt. et Tr. Fl. alg. I, 51 = C. sativa var. sylvestris Coss. et Germ. Fl. Paris, 124 ; Coss. Comp. II, 248.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux et buissonneux, alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 368).

Obs. — Cette petite plante ressemble fort peu à celles d’Europe ; nous n’avons pu la comparer qu’au n. 69 bis, de Reboud, provenant de Djelfa et à une plante récoltée en Perse par Buhse en 1847.

ARABIS L.

A. auriculata Lam. Encycl. méth. I, 219 (1783).

Var. genuina Hochr. — Siliquis glabris.

Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, dans le chemin pierreux à mi-côte, alt. ca. 1600 m., 16 mai (n. 237 bis) ; Djebel Aïssa versant S.-E., dans les pierres, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 376) ; Djebel Morghad, rochers ombreux de l’arête, alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 486 bis).

Var. dasycarpa Andrz. ex. DC. Prod. I, 143 (1824) = var. puberula Koch. Syn. 2e éd. 41 (1843-44). — Siliquis pubescentibus hirtisve.

Hab. : Oran, Ras Chergui, sur Aïn Sefra, chemin pierreux, alt. ca. 1600 m. 16 mai (n. 237) ; Djebel Aïssa, clairière herbeuse à mi-côte, alt. ca. 1800 m. 19 mai (n. 395) ; Djebel Morghad, rochers ombreux de l’arête, alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 486) ; Djebel Aïssa près du poste de télégraphie optique, alt. ca. 1700 m. 2 juin (n. 583 bis).

Obs. — Ces deux variétés quoique nettement tranchées, et sans formes de passage dans notre région, se ressemblent cependant beaucoup et comme elles croissent souvent mélangées nous les avions confondues au premier abord.

ERYSIMUM L.

E. Kunzeanum Boiss. et Reut. in Boiss. Diagn. or. ser. II, I, 27 (1853) = E. strictum var. micranthum J. Gay ap. Coss. in Ann. sc. nat. ser. IV, I, 233 (1854).

Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, chemin pierreux, à mi-côte, alt. ca. 1680 m. 16 mai (n. 236).

E. grandiflorum Desf. Fl. atl. II, 85 (1800) [non Bieb. Fl. taur. cauc. II, 117 (1808)] = E. longifolium DC. Prod. I, 199 (1824) etc. Voy. Cosson Comp. II, 150.

Hab. : Oran, Ras Chergui sur Aïn Sefra, dans les rochers du sommet, alt. 2000 m. 16 mai (n. 249).

Obs. — C’est la forme des montagnes mais que de légères différences de port ne sauraient séparer nettement de la forme des plaines, plus ligneuse et plus velue. Cette plante se retrouve sur d’autres Djebels à des altitudes élevées.

ALYSSUM L.

A campestre L. Syst. ed. X, 1130 ; Coss. Comp. II, 233.

Hab. : Oran, Ras Chergui, à mi-côte et jusqu’au sommet, dans les pierres du chemin, alt. 1400-2000 m., 16 mai (n. 217) ; Saïda partout dans les pierres et répandu sur les hauts plateaux alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 147).

A. montanum L. Sp. pl. 650 (1753) ; Batt. et Tr. Fl. Alg. I, 46 var. atlanticum Boiss. Voy. Esp. 44 (1839-45) ; Batt. Spicil. in Journ. linn. soc. XVI, 320 (1878) = A. atlanticum Desf. Fl. atl. II, 71, t. 149 (1800).

Hab. : Oran, Ras Chergui, dans les rochers du sommet, alt. ca. 2000 m. 16 mai (n. 247).

Var. Aïssæ Hochr., var. nov. — Caules elongati, ± flexuosi ; folia sublinearia ; inflorescentia corymbosa, pedicelli ut calyces pilis stellatis interdum longissimis villosi, fere lanati ; flores magni, sulfurei vel lutei.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, rochers de l’arête au-dessus d’Aïn Aïssa, al. ca. 1950 m. 19 mai (n. 373).

LOBULARIA Desv.

L. maritima Desv. Journ. bot. III, 162 = Clypeola maritima L. Mant. 426 = Alyssum maritimum Lam. Encycl. I, 98 = Koniga maritima R. Br. in App. Denh. et Clapp. Narr. Exp. Afr. II, 214 ; Cosson Comp. II, 240.

Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, au bord de la mer, 2 mai (n. 15) ; Oran, prairie rocheuse près du Vieux Saïda alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 129).

Obs. — La plante des montagnes de Saïda est beaucoup plus ramassée et plus courte que celle du littoral mais à part cela ces spécimens ne diffèrent pas.

MALCOLMIA R. Br.

M. arenaria DC. Syst. II, 442 (1821) ; Coss. Comp. II, 132 = Hesperis arenaria et ramosissima Desf. Fl. atl. II, 91, t. 162 et 161, (1800) = M. ramosissima Coss. in Hb.

Hab. : Oran, Djebel Mekter, versant N., au pied de la montagne, alt. ca. 1150 m. 5 juin (n. 677).

Obs. — Comme nous ne possédons pas ces deux plantes dans l’Herbier de Desfontaines, il nous est impossible de nous faire une opinion ferme au sujet de cette synonymie, mais nous inclinons à croire que Cosson est dans le vrai. Nous observerons seulement que notre plante ressemble beaucoup plus à la planche 161 (H. ramosissima) de Desf. qu’à la pl. 162 (H. arenaria).

EREMOBIUM Boiss.

E. ægyptiacum Hochr., comb. nov. = Malcolmia ægyptiaca Spreng. Syst. II, 898(1825) = Matthiola linearis Delile in Laborde Voy. Arab. petr. p. 85 (1833) = Hesperis ramosissima Delile Fl. æg. ill. n. 595 (1812) [non Desf.] = Hesperis diffusa Decaisne Fl. Sin. in Ann. sc. nat. ser. 2, III, 271 (1885) = E. lineare Boiss. Fl. or. I, 157 (1867).

Var. longisiliquum Hochr., comb. nov. = Malcolmia ægyptiaca var. longisiliqua Coss. ap. Bourg. Exsicc. alg. (1856) ; Coss. Illust. fl. atl. I, 23.

Hab. : Oran, près d’Aïn Sefra dans le sable de la dune, alt. ca. 1050 m. 15 mai (n. 191).

Obs. — Nous avons conservé le genre Eremobium, qui nous paraît suffisamment caractérisé par sa radicule dorsale, alors qu’elle est commissurale chez les Malcolmia ; il y a aussi quelque différence dans la forme des semences (Voy. Engl. u. Pr. Nat. Pflanzfam. III, I, 2, 197 et 200).

Nous croyons que ce genre renferme une seule espèce collective que nous appellerons E. ægyptiacum d’après le nom le plus ancien de Sprengel. Nous laissons de côté le nom de Hesperis ramosissima parce que ce nom, quoique plus ancien, repose sur une erreur et qu’il ne pouvait être appliqué par Delile à une plante différente de celle de Desfontaines.

Comme l’a indiqué Cosson, cette espèce unique présente 3 variétés bien distinctes et nous transférons leurs noms sous le nouveau binôme. Outre la variété susmentionnée, nous établirons donc :

Var. ægyptiaca Hochr. = M. ægyptiaca var. ægyptiaca Cosson Ill. fl. atl. I, 23 (1882) = M. ægyptiaca var. diffusa Aschers. et Schweinf. Ill. Fl. Eg. 39 (1887).

Var. linearis Hochr. = M. ægyptiaca var. linearis Cosson l.c. 22.

MATTHIOLA R. Br.

M. oxyceras DC. Syst. II, 173 (1821) emend. Conti in Mém. Herb. Boiss. n. 18, p. 67 (1900) var. livida Conti l.c. = M. livida DC. Syst. II, 174 (1821).

Hab. : Oran, monuments préhistoriques dans la plaine rocheuse près d’Aïn Sefra, alt. ca. 1050 m. 18 mai (n. 287).

Var. oasicola Hochr., var. nov. — Ab omnibus varietatibus a Conti enumeratis differt caulibus glandulosis sed pilis omnino destitutis, nisi in apice ramorum juxta alabastra. Tota planta viridis, folia lanceolata vel linearia, interdum paulum sinuata, glandulosa et minute pilosa.

Hab. : Oran, Tircount, point d’eau dans le Faidjet-el-Betoum, dans le sable humide sous les lauriers roses, alt. ca. 1200 m. 26 mai (n. 441).

Obs. — Cette plante est évidemment une forme particulière du M. oxyceras qui se trouve dans le steppe, mais c’est une forme profondément modifiée par le milieu. Au lieu de la plante chétive pourvue de quelques tiges florales grisâtres avec quelques fleurs très pâles, c’est une énorme touffe, formée d’un grand nombre de tiges et portant d’innombrables fleurs d’un beau violet. Nous n’avons pas vu de formes précisément intermédiaires, mais comme les modifications ne portent que sur des caractères variables dans cette espèce, nous sommes persuadé qu’il n’y a là qu’une variété.

On peut rapprocher cette plante du M. pseudooxyceras var. viridis Conti l.c. p. 72, mais la description très sommaire empêche une identification. Toutefois les filets des longues étamines sont fortement élargis ce qui est caractéristique, selon Conti, pour le M. oxyceras. Nous doutons de la valeur de ce caractère comme d’ailleurs de celle de l’espèce de Conti.

MORICANDIA DC.

M. arvensis DC. Syst. II, 626 var. suffruticosa Coss. Comp. II, 157 = M. suffruticosa Coss. et Dur. in Ann. sc. nat. ser. 4, IV, 282 = Brassica suffruticosa Desf. Fl. atl. II, 94.

Hab. : Oran, en montant d’Aïn Sefra à Ras Chergui, dans les pentes de rochers, répandue entre 1100 et 1500 m. d’altitude. 16 mai (n. 203).

Obs. — Cette plante offre tant de termes de passage vers le M. arvensis que l’on ne saurait la regarder comme une espèce particulière, néanmoins ses siliques très longues et très étroites, ses feuilles plus petites et ses tiges ligneuses en font une variété facile à distinger et caractéristique pour la région. Nous ne parlons pas des graines uni ou bisériées dans chaque loge, car ce caractère nous a paru inutile à mentionner à cause de son inconstance.

C’est à tort que cette sous-espèce est attribuée à DC. par Battandier et Tr. (Fl. Alg. I, 64). DC. avait déjà reconnu, il est vrai, que le Brassica suffruticosa Desf. était une variété du M. arvensis DC., mais il avait gardé la dénomination B. suffr. C’est Cosson qui, le premier, a établi une nomenclature admissible.

CAPPARIDACEÆ

CLEOME L.

C. arabica L. Amœn. acad. IV, 281.

Hab. : Oran, Aïn Sefra, sable de la dune, alt. ca. 1050 m. 14 mai (n. 192).

RESEDACEÆ

RANDONIA Cosson

R. africana Cosson in Kralik Pl. alg. exsicc. n. 19 (1858) et in Bull. soc. bot. Fr. VI, 392 (1859).

Hab. : Oran, steppe sablonneux dans le Faidjet el Betoum, à environ 15 km. d’Aïn Sefra. 24 mai (n. 419).

RESEDA L.

R. alba L. Sp. pl. 449 var. lætevirens J. Müll. arg. Monogr. Resed. 101 (1857) α vulgaris J. Müll. l.c. 102.

Hab. : Environs d’Alger, Fort de l’Eau, 2 mai (n. 85) ; Oran, Saïda, dans une haie, alt. ca. 850 m. 10 mai (n. 104).

Var. firma J. Müll. arg. l.c., p. 104, a major J. Müll. l.c.

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers buissonneux, alt. ca. 1900 m. 19 mai (n. 370).

Obs. — Nous ne saurions décider quel est le nom prior qui doit être appliqué à ces variétés, à cause de la synonymie si compliquée de ces formes. Après la plupart des noms cités par Müller se trouvent des restrictions. C’est pourquoi nous conservons les noms adoptés par cet auteur.

R. decursiva Forsk. Fl. ægypt. 67 (1775) = R. eremophila Boiss. Diagn. ser. I, 8, 54 (1849).

Hab. : Oran, Aïn Sefra, dune près du Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 mai (n. 532).

R. arabica Boiss. Diagn. I, 6 (1842).

Hab. : Oran, Faidjet el Betoum, dépression limoneuse de la plaine d’alfa, alt. ca. 1200 m. 24 mai (n. 421) ; Oran, Aïn el Hadjej, station au S.-E. d’Aïn Sefra, steppe pierreux, alt. ca. 1000 m. 4 juin (n. 610).

R. Luteola L. Sp. pl. 448 (1753) var. Gussonii J. Müll. arg. Monogr. Resed. 207.

Hab. : Fort de l’Eau, près Alger. 2 mai (n. 22) ; Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., clairière à 1800 m., alt. 19 mai (n. 404).

Obs. — La seconde de ces plantes est caractérisée par une racine ligneuse très épaisse, élargie au sommet et portant un grand nombre de tiges ainsi que les cicatrices des rejets des années précédentes.

CRASSULACEÆ

SEDUM L.

S. heptapetalum Poiret Voy. Barb. II, 669 (1789) = S. cœruleum Vahl Symb. bot. II, 51 (1791).

Hab. : Oran, Vieux Saïda, dans les rochers, alt. ca. 900 m. 10 mai (n. 142).

S. nicæense All. Fl. ped. II, 122 (1785) = S. altissimum Poiret Encycl. IV, 634 (1791).

Hab. : Oran, Djebel Morghad, col de Merbah, alt. ca. 1800 m. 24 mai (n. 517), et ailleurs sur terrain rocheux, entre 1400 et 1900 m., en particulier à Ras Chergui.

S. album L. Sp. pl. 432 (1753) var. micranthum DC. Prod. III, 406 (1828) = S. micranthum Bast. ap. DC. Fl. Fr. II, 523 (1815).

Hab. : Oran, Djebel Aïssa, versant S.-E., rochers herbeux, alt. ca. 1850 m. 19 mai (n. 519) ; id. Djebel Morghad, rochers ombreux près de l’arête, versant N.-W., alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 516).

S. dasyphyllum L. Sp. pl. 431 (1753) var. glanduliferum Gr. et Godr. Fl. Fr. I, 624 = S. glanduliferum Guss. Prod. I, 519 (voir à ce sujet Briquet in Ann. Cons. et J. bot. Gen. V, 101).

Hab. : Oran, Djebel Morghad, dans une fissure de la paroi de rochers, versant S.-E., alt. ca. 1950 m. 25 mai (n. 515).

ROSACEÆ

COTONEASTER Med.

C. nummularia Fisch. et M. Ind. hort. petrop. II, 34.

Hab. : Oran, Djebel Morghad, rochers sous le sommet, buissons étalés sur les rochers, alt. ca. 2100 m. 25 mai (n. 513).

Obs. — En ce qui concerne la caractéristique du C. tomentosa, nous renvoyons à Burnat (Fl. alp. mar. III, 313).

Cet auteur remarque avec raison que cette espèce présente généralement trois styles. Sur tous les échantillons examinés, nous avons observé ce nombre. Par contre, sur le C. nummularia nous avons toujours vu deux styles. C’est le cas pour notre échantillon qui diffère cependant du type par ses feuilles plus grandes et ses fleurs un peu plus longuement pédicellées. Ce n’est cependant pas la var. ovalifolia de Boiss., dont les feuilles sont ± lancéolées-aiguës et le port différent.

GEUM L.

G. heterocarpum Boiss. Voy. Esp. II, 201, t. 58.

Hab. : Oran, Djebel Morghad, sous les chênes verts du sommet, très localisé, alt. 2136 m. 25 mai (n. 511).

Obs. — Cette espèce est fort intéressante à cause de sa dispersion surtout occidentale. Boissier l’a découverte en Espagne, elle se retrouve au Maroc. Ce dernier auteur (l.c., p. 728) la signale aussi en Carie, mais il reconnaît que c’est une forme différente. Il manque, en effet, à cette dernière, la présence caractéristique d’un méricarpe à la base du gynophore.

Boissier signale cette plante en Espagne, en rapport avec le Berberis cretica, et c’est également dans une station toute voisine de cet arbuste que nous avons récolté notre échantillon.

ROSA L.

R. Pouzini Trattinick Ros. II, 112 (1823-24).

Hab. : Oran, Aïn Aïssa, près Aïn Sefra, alt. ca. 1600 m. 20 mai (n. 327).

LEGUMINOSÆ

ARGYROLOBIUM Ekl. et Zeyh.

A. uniflorum Jaub. et Spach in Ann. sc. nat. ser. II, XIX, 45 = Cytisus uniflorus Decaisne in Ann. sc. nat. ser. II, III, 365.

Hab. : Oran, Aïn Sefra, dune près du Ksar, alt. ca. 1050 m. 30 mai (n. 535) ; Tiout, rochers au-dessus de l’oued, alt. ca. 1050 m. 31 mai (n. 548).

Obs. — L’A. microphyllum Ball est, suivant la description de l’auteur, une simple variété de l’A. uniflorum. Notre n. 535 se rapproche beaucoup de la plante décrite par Ball. Mais toutes les fleurs de notre spécimen n’ont pas des dimensions aussi considérables que celles signalées par cet auteur. Aussi en l’absence d’un original permettant une identification précise, nous envisageons notre plante comme une forme intermédiaire.

GENISTA L.

G. Rætam Forsk. Fl. æg.-ar. 214 = Retama Rætam Webb Phyt. canar. II, 56 = Spartium Rætam Spach in Ann. sc. nat. ser. II, XIX, 288.

Hab. : Oran, à 10 km. d’Aïn Sefra, dans le sable, près de la voie ferrée, alt. c. 1150 m. 24 mai (n. 418).

G. sphærocarpa Lam. Encycl. II, 616 (1786) = Retama sphærocarpa Boiss. Voy. Esp. II, 144 (1839-45) = Spartium sphærocarpum L. Mant. II, 571 (1771).

Hab. : Oran, Tiloula, près d’Aïn Sefra, dans la salle, près de l’oasis, alt. ca. 1150 m. 18 mai (n. 286).

G. saharæ Coss. et Dur., in Bull. soc. bot. Fr. II, 247 (1855) = Spartium saharæ Pomel Nouv. Mat. 173 (1874).