1904. Spatha (Leptospatha) Decorsei Germain, var. sinuata Germain, loc. cit., p. 469.
Diffère du type par sa forme générale plus développée en hauteur vers la région postérieure ; par sa région postérieure bien plus déclive, se terminant par un rostre très fortement écourté, largement convexe et placé très bas ; par son bord inférieur bien plus fortement sinueux ; par son épaisseur maximum plus voisine du bord supérieur ; par son ligament plus robuste ; etc.
Longueur : 74 millimètres ; hauteur max. : 39 millimètres à 33 millimètres des sommets ; longueur de la région antérieure : 24 millimètres ; de la région postérieure : 52 millimètres ; épaisseur maximum : 29 millimètres.
Test marron très sombre, presque noir, très fortement et très profondément excorié au voisinage des sommets, laissant voir une nacre plombée ; stries d’accroissement plus régulières et plus fortes que dans le type ; nacre peu irisée, bleue de prusse.
J’ai changé le nom de variété sinuata, que j’avais d’abord donné à cette coquille, parce qu’il existe déjà un Spatha sinuata Martens. Cette similitude d’appellation pouvait prêter à confusion.
Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 ; 1 échantillon recueilli avec le type.
Spatha (Leptospatha) Adansoni Jousseaume.
1886. Spathella Adansoni Jousseaume, Bulletin soc. zoologique de France, XI, p. 498 (à part, p. 28), Pl. XIV, fig. 4-4a.
1889. Spathella Adansoni Bourguignat, Mollusques Afrique équator., p. 196.
1890. Spatha (Spathella) Adansoni Dautzenberg, Mém. société zoolog. France, III, p. 135.
1900. Spatha Adansoni Simpson, Proceed. unit. stat. nation. Museum, XXII, p. 898.
Coquille ovalaire-allongée, nettement comprimée ; bord supérieur à peu près rectiligne dans une direction à peine ascendante ; bord inférieur à peine convexe, parallèle au bord supérieur ; région antérieure assez développée, bien arrondie ; région postérieure deux fois aussi longue, terminée par un rostre assez saillant ; impressions musculaires bien marquées ; test relativement mince, d’un brun noirâtre ; stries médiocres, assez régulières ; nacre saumonée, bien irisée.
Longueur : 77 1/2 millimètres ; hauteur maximum : 39 millimètres ; épaisseur maximum : 22 millimètres.
Le Soudan français (M. Chevalier, 1895) ; 1 exemplaire.
Cette coquille, découverte par le Dr Bellamy dans le Diamouko, à son embouchure dans le Sénégal, habite également le Sénégal aux environs de Bakel, où elle a été recueillie par Dorr.
Spatha (Leptospatha) Pfeifferi Bernardi.
1859. Margaritana Pfeifferiana Bernardi, Journal de Conchyliol., VIII, p. 331, pl. XII, fig. 1-2.
1870. Margaron (Margaritana) Pfeifferiana Lea, Synopsis of Naïades, p. 68.
1889. Spathella Pfeifferiana Bourguignat, Mollusques Afrique équator., p. 196.
1890. Margaritana Pfeifferiana Paetel, Conch. Sam., III, p. 173.
1900. Spatha Pfeifferiana Simpson, Proceed. unit. st. nation. Museum, XXII, p. 900.
Petite espèce à valves médiocrement épaisses, quoique solides, recouvertes d’un épiderme vert ; nacre saumonée. Longueur : 44 millimètres ; hauteur : 25 millimètres ; épaisseur maximum : 14 millimètres.
Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903 ; un seul exemplaire.
Ce Spatha n’était encore connu que du Gabon.
Spatha (Leptospatha) Bourguignati Ancey.
1885. Spatha Bourguignati Ancey in : Bourguignat, Esp. nouvelles, genres nouv. Oukéréwé et Tanganika, p. 12 et 14.
1887. Spathella Bourguignati Ancey, Bullet. soc. malacolog. France, IV, p. 268.
1889. Spathella Bourguignati Bourguignat, Mollusques Afrique équator., p. 197, pl. VIII, fig. 1-2.
1889. Spathella Bloyeti Bourguignat, loc. cit., p. 198, pl. VIII, fig. 3.
1889. Spathella spathuliformis Bourguignat, loc. cit., p. 199, pl. VIII, fig. 4.
1892. Spatha (Spathella) Bourguignati Smith, Ann. magaz. natur. history, 6e série, X, p. 128.
1898. Spatha Bloyeti Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik, p. 249.
1898. Spatha Wahlbergi var. spathuliformis Martens, loc. cit., p. 248, taf. VII, fig. 18.
1900. Spatha Wahlbergi var. spathuliformis Simpson, Proceed. unit. stat. nation. Museum, XXII, p. 898.
1904. Leptospatha spathuliformis de Rochebrune et Germain, Mém. société zoolog. France, XVII, p. 25.
1906. Spatha (Leptospatha) Bourguignati Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XII, no 3, p. 173.
J’ai déjà montré tout dernièrement que, d’après les types de Bourguignat déposés au Muséum de Paris[487], on devait réunir au Spatha Bourguignati les Spatha Bloyeti et Sp. spathuliformis. Il n’y a entre ces trois prétendues espèces, d’autres différences que celle de la taille, le Sp. spathuliformis représentant la forme maxima.
M. Chevalier a recueilli assez abondamment ce Spatha, qui paraît vivre dans tout le bassin du Chari puisque MM. Duperthuis et Lacoin en ont également constaté la présence dans des localités très différentes. A côté des échantillons types, il existe de nombreux exemplaires présentant de grandes analogies, soit avec le Spatha Stuhlmanni Martens, soit avec le Sp. cryptoradiata Putzeys. Certains spécimens recueillis par M. Chevalier sont même particulièrement difficiles à rapporter à une espèce plutôt qu’à une autre ; aussi je crois qu’il faudra, lorsque la faune malacologique de cette région de l’Afrique sera mieux connue, réunir un certain nombre de formes de ce groupe en une seule espèce.
Le Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903 ; 12 exemplaires.
Une très belle variété major Germain[488], de même forme que le type, mais mesurant 101 millimètres de longueur pour 55 millimètres de hauteur et 33 millimètres d’épaisseur maximum a été recueillie par M. A. Chevalier près de la chute du Colimbine, non loin de Yilimane (Soudan français). Son test est épais, pesant, recouvert d’un épiderme marron assez foncé ; la nacre, très irisée, est d’un magnifique rose saumoné.
Une valve trouvée dans le sable sec, à Toya (Soudan français), 5 mars 1895.
Le Soudan français [M. A. Chevalier, 1895] ; un exemplaire jeune.
Spatha (Leptospatha) divaricata Martens.
1898. Spatha divaricata Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 250, taf. VII, fig. 15.
Coquille subelliptique allongée, très comprimée, région antérieure courte, semi-ovalaire ; région postérieure plus de 1 fois 1/2 aussi longue que l’antérieure ; bord supérieur rectiligne dans une direction à peine ascendante ; bord inférieur parallèle au bord supérieur, subrectiligne dans sa partie médiane ; ligament long ; sommets petits, assez proéminents, situés aux 2/5 de la longueur totale ; impressions musculaires faibles.
Longueur : 25-32 millimètres ; hauteur maximum : 12 1/2-15 1/2 millimètres ; épaisseur maximum : 7-8 millimètres[489].
Test peu épais, solide, jaune brunâtre, orné, sur la région postérieure, d’une sculpture chevronnée assez saillante rayonnant des sommets. Cette sculpture, tout à fait caractéristique de ce Spatha, a bien été figurée par Martens. Les stries d’accroissement sont fines et assez régulières, la nacre, bien irisée, est orangée.
Les dimensions maxima correspondent à un échantillon qui diffère du type : par sa forme plus allongée et beaucoup plus comprimée ; par sa région antérieure plus développée ; par sa hauteur maximum plus voisine de l’extrémité postérieure ; enfin par l’absence presque complète de sculpture chevronnée. C’est donc une variété elongata présentant en outre le mode compressa, du Spatha divaricata.
Cette espèce a été recueillie par M. le Dr Decorse, aux environs de Fort-Archambault (janvier 1903). Le type provient des Rapides du Gribingui [Dr Decorse], janvier 1903 ; 1 exemplaire.
Spatha (Leptospatha) cryptoradiata Putzeys.
1898. Spatha cryptoradiata Putzeys, Annales (Bullet. des séances) société malacol. Belgique, p. XXVII, fig. 14-15.
1900. Spatha cryptoradiata Simpson, Proceed. unit. States nation. Museum, XXII, p. 900.
1906. Spatha (Leptospatha) cryptoradiata Germain, Mém. société zoolog. France, XIX, p. 241.
Le Spatha cryptoradiata, d’abord découvert dans le Congo, est une espèce fort abondante dans le Chari. Elle est assez polymorphe, pour qu’on puisse distinguer, en ce qui concerne la forme générale de la coquille, des mutations elongata, curta, compressa, reliées entre elles par de nombreux intermédiaires.
Le bord inférieur est tantôt rectiligne, tantôt sinueux, plus rarement très légèrement convexe. Le test est très sombre, d’un marron extrêmement foncé, presque noir ; les sommets, très généralement excoriés, sont, dans ce cas, d’un vert très brillant ; la nacre est bleue, assez brillante, violacée sur les bords, rarement rosée. Voici les dimensions de quelques exemplaires :
| Longueur | Hauteur maximum | Epaisseur maximum | ||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 58 | millimètres. | 28 | millimètres. | 17 | millimètres. |
| 2 | 59 | — | 29 | — | 17 1/2 | — |
| 3 | 59 1/2 | — | 29 | — | 17 1/2 | — |
| 4 | 63 | — | 31 | — | 19 1/2 | — |
| 5 | 64 | — | 32 | — | 19 | — |
| 6 | 64 | — | 33 | — | 19 | — |
| 7 | 66 | — | 28 | — | 16 | — |
| 8 | 66 | — | 32 | — | 20 1/2 | — |
| 9 | 67 | — | 33 | — | 18 3/4 | — |
| 10 | 70 | — | 36 | — | 22 | — |
Dans un très grand nombre d’échantillons on observe un état tout à fait spécial du test : celui-ci présente, sur un fond généralement très sombre, des radiations verdâtres très peu marquées. Entre ces radiations les stries d’accroissement ont pris un aspect très particulier rappelant les plis d’une étoffe régulièrement froncée. Il n’y a d’ailleurs que l’épiderme qui présente de tels caractères et encore toute la surface épidermique de la coquille n’est-elle pas recouverte de cette pseudo sculpture qui présente l’aspect d’une étoffe plissée. La cause de cette apparence si spéciale du test est d’ordre purement physique : il faut l’attribuer à un retrait de l’épiderme[490] dû aux alternances de sécheresse et d’humidité auxquelles la coquille s’est trouvée exposée ; on ne saurait donc en faire état au point de vue spécifique.
Le Bangoran, affluent du Chari (pays de Senoussi), février 1903 ; 17 exemplaires.
Ndellé (pays de Senoussi), février 1903 ; 3 exemplaires.
Miangoulom, février 1903 ; 3 exemplaires.
Dar Banda, dans une rivière affluent du Moyen-Baguirmi (territoire du Chari) ; 5 exemplaires.
*
* *
Bien peu d’espèces de Spatha, en dehors des précédentes, ont été signalées dans le Bassin du Chari-Tchad. On ne peut guère citer que le Spatha (Leptospatha) lacustris Simpson[491], découvert dans le Kanem par M. le lieutenant Duperthuis. C’est une coquille extrêmement voisine, si toutefois elle est différente, du Spatha (Leptospatha) Bourguignati Ancey, dont elle ne constitue probablement qu’une variété major.
Test épais, très fortement corrodé, orné de stries médiocres, assez régulières ; nacre rougeâtre, un peu saumonée, très fortement irisée.
Longueur : 77-89 millimètres ; largeur maximum : 43-49 millimètres ; épaisseur maximum : 23-26 millimètres.
Mutela angustata Sowerby.
1868. Iridina angustata Sowerby in : Reeve, Conchol. Iconic., XVI, pl. II, fig. 5.
1894. Mutela angustata Jickeli, Land- und Süssw. Mollusk. Nordost., p. 268.
1890. Mutela angustata Paetel, Conch. Sam., III, p. 187.
1890. Mutela angustata Westerlund, Fauna Paleärt. region., II, p. 312, pl. VII.
1900. Mutela angustata Simpson, Proceed unit. stat. nation. Museum, XXII, p. 904.
1906. Mutela angustata Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XII, no 1, p. 55 et 59, no 3, p. 174.
Le Mutela angustata est une coquille que l’on doit rattacher, comme variété, au Mutela nilotica Cailliaud[493] dont il diffère surtout par la divergence, plus ou moins accentuée, des bords supérieur et inférieur. C’est plus spécialement la forme répondant au type figuré par Sowerby qui habite le bassin du Chari et le lac Tchad. Elle y est d’ailleurs assez variable, aussi bien au point de vue de la forme générale qu’au point de vue de la taille. Les grands exemplaires atteignent 146-148 millimètres de longueur pour 58-60 millimètres de hauteur et 40 millimètres d’épaisseur maximum. Leur test est généralement épais, recouvert d’un épiderme foncé. Les petits échantillons mesurent 110 millimètres de longueur, 40 millimètres de hauteur et 26 millimètres d’épaisseur maximum. Leur test est plus mince et aussi plus richement coloré. Chez les jeunes, les valves, assez fragiles, sont recouvertes d’un épiderme vert émeraude ou olivâtre, très brillant.
Habite tout le Bassin du Chari et le lac Tchad :
Affluents de la Kémo et de la Tomi, tributaires de l’Oubangui (rivières coulant sur des terrains granitiques et archéens, à courant plus ou moins torrentiel), septembre-octobre 1902.
Le Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 ; 2 échantillons.
Le Bas-Chari (lieutenant Lacoin).
Le lac Tchad (lieutenants Hardelet, L. Lacoin, Moll, capitaine Duperthuis, R. Chudeau).
Variété curta Germain.
1906. Mutela angustata var. curta Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XII, no 3, p. 174, fig. 6.
Coquille beaucoup moins allongée, ne mesurant que 99 millimètres de longueur pour une largeur de 41 millimètres et une épaisseur maximum de 26 millimètres. Test vert émeraude ; nacre très irisée, rose saumon.
Le Bas Chari.
Variété ponderosa Germain.
1905. Mutela angustata var. ponderosa Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XI, p. 489 [sine descript.], et 1906, XII, no 1, p. 56, fig. 1, et p. 59.
Valves extrêmement épaisses et pesantes ; test très fortement encroûté de calcaire : stries grosses et onduleuses ; nacre d’un rose saumon très vif, bien irisée.
Longueur : 118-149 millimètres ; largeur maximum : 41-64 millimètres ; épaisseur maximum : 28-42 millimètres.
Le lac Tchad [MM. les lieutenants Hardelet et Moll].
Mutela Chevalieri
Germain[494].
PLANCHE LITHOGR., fig.
1.
1904. Mutela Chevalieri Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, X, p. 469.
Coquille de très grande taille, de forme générale subtriangulaire-allongée ; valves médiocrement bombées, épaisses et solides, très fortement baillantes antérieurement, à peine baillantes postérieurement ; bords supérieur et inférieur très divergents ; bord supérieur d’abord à peu près rectiligne dans une direction fortement ascendante, puis subconvexe ; bord inférieur à peine subsinueux ; région antérieure assez développée en longueur, remarquablement étroite ; angle antérodorsal très aigu ; région postérieure à peine deux fois aussi longue que l’antérieure, extrêmement développée en hauteur, très largement et obliquement tronquée ; crête dorsale obtuse, mais néanmoins bien indiquée ; sommets assez obtus, légèrement proéminents, peu comprimés, très excoriés, laissant voir une nacre saumonée bien irisée ; ligament relativement court (longueur : 40 millimètres), très large, remarquablement robuste, d’un marron noirâtre brillant ; charnière filiforme avec quelques rares traces de denticulations extrêmement faibles à la région postérieure ; impressions musculaires : antérieures médiocres, postérieures profondes surtout supérieurement, palléale très faible.
Longueur max. : 147 millimètres ; hauteur max. : 65 1/2 millimètres à 54 millimètres des sommets (non compris l’épaisseur du ligament qui atteint 6 millimètres) ; hauteur au niveau des sommets : 51 1/2 millimètres ; longueur de la région antérieure : 51 millimètres ; de la région postérieure : 98 1/2 millimètres ; épaisseur max. : 40 millimètres.
Test marron foncé, presque noir antérieurement, fort largement excorié ; stries d’accroissement médiocres, irrégulières, lamelleuses à la région postérieure. Nacre bien irisée, saumonée.
Cette espèce se rapproche, par sa forme, du Mutela truncata Martens[495], mais s’en distingue :
Par sa région antérieure bien moins haute et terminée en pointe ; par sa région postérieure beaucoup plus développée, s’élargissant progressivement, de telle sorte que la hauteur maximum est voisine de l’extrémité postérieure ; par son bord inférieur subsinueux dans sa partie médiane et non régulièrement et largement convexe, etc., et surtout par sa charnière dépourvue de dents comme chez tous les vrais Mutela.
Le Haut Oubangui.
Mutelina rostrata Rang.
1835. Iridina rostrata Rang. Nouv. Ann. Muséum Paris, p. 316.
1836. Iridina cœlestis Lea, Synopsis of Naïades, p. 57.
1838. Iridina cœlestis Lea, Trans. Amer. Philos. soc., VI, p. 82, Pl. XXII, fig. 70.
1838. Iridina cœlestis Lea, Observ. genus Unio, II, p. 82, Pl. XXII, fig. 70.
1839. Iridina cœlestis Troschel, Archiv. für natur., V, part. 2, p. 239.
1838. Platiris (Spatha) cœlestis Lea, Synopsis of Naïades, p. 33.
1843. Iridina cœlestis Hanley, Biv. shells., p. 225.
1844. Iridina rostrata Potiez et Michaud, Galerie Mollusques Douai, p. 147, Pl. LVI, fig. 1.
1847. Iridina cœlestis Troschel, Arch. für natur., XIII, part. I, p. 273.
1852. Platiris (Spatha) cœlestis Lea, Synopsis of Naïades, p. 55.
1866. Spatha rostrata Martens, Malakozool. Blätter., XIII, p. 11.
1868. Iridina cœlestis Sowerby in Reeve, Conchol. Icon., XVI, Pl. II, fig. 3.
1870. Platiris (Spatha) cœlestis Lea, Synopsis of Naïades, p. 89.
1874. Mutela rostrata Jickeli, Land- und Süssw. Mollusk. Nord-Ost. Afrik. ; p. 269.
1876. Mutela cœlestis Clessin in : Martini et Chemnitz, Syst. Conch. Cabinet. ; Anod. ; p. 193, Taf. XXV, fig. 1-2.
1883. Mutela subdiaphana Bourguignat, Mollusques fluviat. Nyanza-Oukéréwé, p. 5 (sans descript.).
1886. Mutelina legumen de Rochebrune, Bullet. soc. malacol. France, II, p. 6.
1886. Mutelina Tholloni de Rochebrune, loc. cit., II, p. 6.
1886. Mutelina prasina de Rochebrune, loc. cit., II, p. 7.
1886. Mutelina rostrata Jousseaume, Bullet. soc. zool. France, II, p. 488 [tir. à part, p. 18].
1890. Mutela cœlestis Paetel, Conchy. Sam., III, p. 187.
1890. Mutela rostrata Paetel, loc. cit., III, p. 187.
1890. Mutela rostrata Westerlund, Fauna paleärt. region. ; II, part. 7, p. 312.
1892. Mutela subdiaphana Smith, Ann. magaz. natur. history, 6e série, X, p. 128.
1898. Mutela subdiaphana Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik. ; p. 254.
1900. Mutela rostrata Simpson, Proceed. Unit. stat. nation. Museum. ; XXII, p. 905.
1906. Mutelina rostrata Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris ; XII, no 1, p. 59 ; et Mém. soc. zoologique France ; XIX, p. 239.
Cette espèce présente un polymorphisme étendu portant à la fois sur la forme générale, sur la taille et sur la coloration.
Le polymorphisme portant sur la forme générale est le plus considérable. Le Dr de Rochebrune a décrit, sous le nom de Mutelina prasina, une forme un peu allongée et comprimée qui, par tous ses autres caractères, correspond absolument au type rostrata. Cette forme est représentée, dans la collection du Muséum, par deux exemplaires complets provenant de Gancini (Congo). L’un d’eux, par son bord inférieur convexe, passe déjà au Mutelina Tholloni, autre forme, provenant de la même localité, décrite également par le Dr de Rochebrune. Ce Mutelina Tholloni, ainsi d’ailleurs que le M. legumen du même auteur, constituent une mutation présentant à la fois un mode elongata et un mode incurvata du M. rostrata Rang[497].
Quant aux Mutelina paludicola de Rochebrune et M. Mabillei de Rochebrune[498], on peut les considérer comme constituant une espèce distincte du M. rostrata. C’est une coquille comprimée, très légèrement cunéiforme, à région antérieure très courte par suite de la situation très antérieure des sommets, relativement élargie à la partie postérieure par suite de la divergence des bords supérieur et inférieur[499]. Cette divergence des bords supérieur et inférieur atteint son maximum chez une très belle espèce nouvelle du fleuve Falémé (Sénégal)[500]. D’ailleurs les collections du Muséum renferment une forme intermédiaire, provenant du Niger dans l’Ouassoulou [Collect. du Dr Fras] et qui présente, par rapport au type rostrata, la même différence qu’entre le Mutela nilotica et le Mutela angustata[501].
Quant à la taille, elle varie dans d’assez fortes proportions ; j’ai signalé une variété minor recueillie, dans le lac Tchad, par M. le lieutenant L. Lacoin. Il existe d’ailleurs des var. major[502] et minor chez toutes les formes précédemment signalées.
Les échantillons typiques sont d’un beau bleu lorsqu’ils sont jeunes et vert émeraude à l’état adulte. On rencontre, assez communément, des var. ex colore : lutescens, rufescens, etc... indifféremment chez toutes les variétés.
Le tableau suivant résume, en le précisant, le polymorphisme du Mutelina rostrata :
| Mutelina
prasina Roch. [forma perelongata] |
= Mutelina rostrata Rang. | |||||||||||
| forma elongata | Mutelina
Tholloni Roch. [mut. subincurvata] |
|||||||||||
| Mutelina
legumen Roch. [mut. incurvata] |
||||||||||||
| Mutelina
rostrata Rang. [forma normalis] |
||||||||||||
| Forma curta (non décrite) passant au M. Mabillei. |
||||||||||||
| Mutelina Mabillei Roch. | Mutelina
paludicola Rochebr. [forma curta] |
|||||||||||
| Mutelina
Mabillei Roch. [forma typica] |
||||||||||||
| Mutelina
Mabillei de Rochebr. Var. Frasi Germain. [forma elongata] |
||||||||||||
| Mutelina falemeensis Germain. | ||||||||||||
| [JPG] | ||||||||||||
Bords de la mare de Toya (Soudan français), 5 mars 1895 ; 4 valves.
Rivières à courant plus ou moins torrentiel sur terrains granitique et archéen : affluents de la Kémo et de la Tomi, tributaires de l’Oubangui ; septembre-octobre 1902 ; 3 exemplaires.
Mamoun (pays de Senoussi) ; mars 1903.
Mutelina Joubini
Germain[503].
PLANCHE LITHOGR., fig.
2.
1904. Mutelina Joubini Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, X, no 7, p. 470.
Coquille de grande taille, étroite-allongée, siliquiforme, assez comprimée ; valves minces, fragiles, bibaillantes, très baillantes antérieurement, encore plus baillantes postérieurement ; bords supérieur et inférieur légèrement divergents ; bord supérieur subrectiligne dans une direction un tant soit peu ascendante ; bord inférieur longuement et régulièrement subconvexe ; angle antéro-dorsal bien accentué ; région antérieure très courte, arrondie, décurrente à la base ; région postérieure remarquablement développée, plus de 5 fois 1/2 aussi longue que l’antérieure, terminée par un rostre fort long, et très arrondi ; sommets petits, médiocrement saillants, très érosés ; crête dorsale d’abord saillante, puis devenant émoussée fortement à l’extrémité ; ligament très long, robuste, médiocrement saillant, d’un brun brillant, long de 53 millimètres ; charnière filiforme ; impressions musculaires : antérieures assez profondes ; postérieures superficielles mais bien visibles ; palléale très apparente.
Longueur maximum : 117 millimètres ; hauteur maximum : 39 millimètres à 55 1/2 millimètres des sommets ; hauteur sous les sommets : 31 millimètres ; longueur de la région antérieure : 17 1/2 millimètres ; longueur de la région postérieure : 101 millimètres ; épaisseur maximum : 18 millimètres.
Test marron peu foncé, jaunacé dans la partie médiane et vers le bord inférieur, érosé au voisinage des sommets où il laisse voir une nacre saumonée très irisée ; stries d’accroissement assez fines, peu régulières, atténuées sur la partie médiane, devenant plus fortes et légèrement lamelleuses vers la région postérieure ; intérieur orné d’une nacre fortement irisée, saumonée sous les sommets, d’un bleu verdâtre vers les bords.
Cette magnifique espèce ne peut se comparer qu’au Mutelina plicata Sowerby[504]. On l’en distinguera :
Par sa région postérieure encore plus allongée, non tronquée à l’extrémité, mais bien régulièrement ovalaire-arrondie ; par sa hauteur maximum plus voisine des sommets qui sont notablement moins gros et moins proéminents ; etc...
Le Haut-Oubangui.
Mutelina complanata Jousseaume.
1886. Mutelina complanata Jousseaume, Bullet. soc. zoolog. France, XI, p. 489 (à part, p. 19), pl. XIII, fig. 1-1 a.
1890. Mutelina complanata Dautzenberg, Mémoires soc. zoolog. France, VI, p. 261.
1900. Spatha complanata Simpson, Proceed. unit. stat. nation. Museum, XXII, p. 900.
Cette espèce est certainement bien distincte ; comme Jousseaume l’a fait remarquer avec juste raison, elle a l’aspect extérieur du Psammobia vespertina. Les valves sont très minces ; le test est jaunacé, plus ou moins sombre, parfois verdâtre ; la nacre est très irisée, orangée sous les sommets, bleuâtre ou violacée ailleurs. Les impressions musculaires sont relativement fortes. Stries d’accroissement fines et assez régulières ; sommets médiocrement proéminents ; bord supérieur à peu près rectiligne ; bord inférieur légèrement convexe, presque parallèle au bord supérieur ; bord antérieur bien arrondi ; bord postérieur 2 fois 1/2 plus long.
| a) | Longueur totale : | 32 | mill. ; | largeur max. : | 12 | mill. ; | épaisseur max. : | 8 1/2 | mill. |
| b) | — | 32 | — | — | 10 1/4 | — | — | 8 | — |
| c) | — | 29 | — | — | 10 3/4 | — | — | 8 | — |
Le Mutelina complanata est relativement polymorphe et l’on peut distinguer une mutation elongata bien nette correspondant aux échantillons b. Il existe également une mutation abbreviata moins nette.
Le Chari, à Fort-Archambault, mai 1903 [Dr Decorse] ; 1 exemplaire.
Le Bangoran, affluent du Chari, février 1903 ; 1 valve.
Rivières à courant rapide du Mamoun (pays de Senoussi), mars 1903 ; 10 échantillons.
Variété curta Germain, nov. var.
1907. Mutelina complanata var. curta Germain, Bulletin Muséum hist. natur. Paris ; no 1, p. 68.
Je rattache à l’espèce du Dr Jousseaume une petite forme qu’il faudra peut-être élever au rang spécifique, sous le nom de Mutelina curta, quand on en connaîtra un nombre suffisant d’échantillons. L’unique spécimen que je connais actuellement a été recueilli par M. A. Chevalier, avec les échantillons de Mutelina complanata Jousseaume. La variété curta diffère du type :
Par sa forme générale moins allongée, la région postérieure étant, pour un égal développement de la région antérieure, beaucoup plus courte (région antérieure : 10 millimètres ; région postérieure : 15 millimètres) ; par sa région postérieure beaucoup plus développée en hauteur, le bord supérieur étant légèrement convexe et fort notablement ascendant au lieu d’être rectiligne ; par sa région antérieure moins développée en hauteur et se rattachant plus brièvement au bord inférieur qui est beaucoup plus largement convexe.
Longueur maximum : 26 millimètres ; hauteur maximum : 15 1/2 millimètres ; épaisseur maximum : 8 millimètres.
Comme dans le type, la coquille est très comprimée ; le test est mince, coloré en jaune teinté de rose, passant au café au lait vers les sommets et au jaune verdâtre vers les bords ; les stries d’accroissement sont notablement plus fortes et plus irrégulières.
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Les eaux du lac Tchad, du Chari et du Haut-Congo nourrissent encore d’autres espèces de la famille des Mutelidæ appartenant à deux autres genres qui ne sont pas représentés dans la collection rapportée par les explorateurs de la Mission Chari-Tchad. Nous allons passer rapidement ces espèces en revue.
Ce genre remarquable, d’abord édité par le Dr A. T. de Rochebrune sous le vocable de Chelidonura[506] employé malheureusement déjà, paraît jusqu’ici spécial au Congo et à ses tributaires. Il est surtout caractérisé par une coquille de forme ellipsoïdale, plus ou moins allongée, présentant postérieurement et sur chaque valve une carène très saillante partant du sommet, très divergente par rapport au bord supérieur et ordinairement contournée à son extrémité libre. Les sortes d’ailes ainsi limitées par ces carènes, les bords supérieur et inférieur, forment, avec la partie infra carénale de la région postérieure une espèce de tube largement ouvert en arrière. Les excellentes figures données par le Dr de Rochebrune font d’ailleurs beaucoup mieux comprendre qu’une longue description les caractères très particuliers de ce genre. La région antérieure présente également, sur chaque valve, une carène partant des sommets, mais beaucoup moins saillante et peu divergente. Le test est mince, fragile, généralement coloré en vert plus ou moins jaunâtre. L’animal est inconnu. Les deux espèces suivantes ont seules été jusqu’ici décrites.
Chelidonopsis arietina de Rochebrune[507]. — Coquille de grande taille, de forme ellipsoïde-allongée ; région antérieure terminée par un rostre aigu ; région postérieure arrondie, à peine une fois et demie aussi longue que l’antérieure ; carènes bien saillantes, allongées et contournées à leur extrémité libre ; sommets peu saillants ; bord supérieur subrectiligne ; bord inférieur bien convexe ; test mince, un peu fragile, vert émeraude ou vert jaunâtre ; nacre rosée, très irisée.
Longueur maximum : 118-124 millimètres ; largeur maximum : 30-34 millimètres ; épaisseur maximum, prise entre les extrémités libres des carènes : 38-41 millimètres.
Chelidonopsis hirundo Martens[508]. — Cette espèce, plus petite que la précédente, de forme un peu moins allongée avec un rostre antérieur un peu obtus, possède un test mince, verdâtre beaucoup plus finement strié. Il est probable que cette coquille n’est que la forme jeune de la précédente ; l’échantillon que possède le Muséum de Paris confirme d’ailleurs cette opinion[509].
Toutes les espèces du genre Pliodon découvertes jusqu’ici dans le Tchad et le bassin du Chari appartiennent à la section des Cameronia créée en 1870, par J.-R. Bourguignat[511].