Maudite soit la mer barbare !…
Le cœur brisé d’un coup de barre,
Jean l’Arc’hantec est sur le pont,
Qui saigne un sang large et profond ;
Sang de marin, qui longtemps coule,
Comme la vague par grand’houle !
Jean l’Arc’hantec, le cœur ouvert,
Mêle son sang rouge au flot vert.
La brise ronfle, et, l’aile basse,
Dans la tourmente un courlis passe.
— « Courlis blanc, messager de mort,
Va voir si Jeanne Hélari dort,
Et si Jeanne Hélari repose,
Et si la porte reste close.
Frappe à la vitre de ton bec
Et dis : Je suis Jean l’Arc’hantec.
Et lorsqu’on t’ouvrira la porte,
Dis que la mer est la plus forte,
Que le plus brave, le plus fier,
Est toujours vaincu par la mer. »
Or, relevant son aile basse,
Contre la brise, dans l’espace,
Le courlis blanc s’est envolé,
Le courlis blanc s’en est allé,
Contre la mer, la mer sauvage,
S’en est allé jusqu’au rivage.