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Atlas de poche des mammifères de la France, de la Suisse romane et de la Belgique / avec leur description, moeurs et organisation

Chapter 2: PRÉFACE
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About This Book

Une guide illustré identifie et décrit les mammifères des régions françaises, de la Suisse romande et de la Belgique à l’aide de planches coloriées et de figures. La première partie montre la plupart des espèces sur le vif ou sur spécimens choisis, puis détaille l’apparence, les mœurs, les mensurations et l’utilité ou les dégâts possibles pour l’homme. La seconde partie propose une étude d’ensemble de l’organisation, de la biologie et de la classification des mammifères locaux, une liste des espèces présentes et des remarques sur l’origine des formes domestiques. Les mammifères strictement aquatiques ne sont pas traités ici.

The Project Gutenberg eBook of Atlas de poche des mammifères de la France, de la Suisse romane et de la Belgique

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Title: Atlas de poche des mammifères de la France, de la Suisse romane et de la Belgique

Author: René Martin

Release date: September 27, 2017 [eBook #55640]
Most recently updated: October 23, 2024

Language: French

Credits: Produced by Isabelle Kozsuch, Chuck Greif and the Online
Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This
file was produced from images generously made available
by The Internet Archive/American Libraries.)

*** START OF THE PROJECT GUTENBERG EBOOK ATLAS DE POCHE DES MAMMIFÈRES DE LA FRANCE, DE LA SUISSE ROMANE ET DE LA BELGIQUE ***

BIBLIOTHÈQUE DE POCHE
DU
NATURALISTE

XVIII

BIBLIOTHÈQUE DE POCHE DU NATURALISTE.—XVIII.

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ATLAS DE POCHE
DES
MAMMIFÈRES

de la France, de la Suisse romane
et de la Belgique


AVEC LEUR DESCRIPTION, MŒURS ET ORGANISATION

SUIVI D’UNE

Étude d’ensemble sur les Mammifères

PAR

René MARTIN
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48 Planches coloriées et 45 Figures noires
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Peintures et dessins par A. Bessin
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PARIS

LIBRAIRIE DES SCIENCES NATURELLES

Paul Klincksieck
LÉON LHOMME, successeur
3, RUE CORNEILLE, 3

1910
——
Tous droits de reproduction et de traduction réservés pour tous pays.

TABLE ALPHABÉTIQUE
DES NOMS FRANÇAIS ET LATINS DES ESPÈCES FIGURÉES
TABLE GÉNÉRALE

PRÉFACE

Les mammifères qui habitent la France, la Belgique et la Suisse sont, ou bien connus de tout le monde parce qu’on a souvent l’occasion de les rencontrer, comme par exemple le lièvre, le lapin, la souris; ou facilement reconnaissables quand on les aperçoit, comme l’écureuil, le hérisson, la taupe; d’autres sont exposés, vivants ou empaillés, dans les muséums et les jardins zoologiques, comme le sanglier, le cerf, le renard, et ceux qui ne les ont pas vus à l’état sauvage savent distinguer immédiatement ces formes caractéristiques. Mais il y en a beaucoup que le public connaît mal, soit parce qu’ils sont rares, comme le desman, le mouflon, le bouquetin, soit parce qu’il les confond plus ou moins entre eux et avec les espèces connues, comme les musaraignes, les loirs, les campagnols qui, à première vue, semblent voisins des rats. Il y a enfin tout le groupe des chauves-souris, si différentes les unes des autres et pourtant si difficiles à distinguer sans étude ou au moins sans guide. Nous espérons que, à l’aide du petit ouvrage que nous offrons au public, il sera aisé à nos lecteurs de reconnaître de suite tous les animaux qu’ils pourront avoir sous les yeux et qu’ils éprouveront le plaisir qu’on ressent quand on arrive, après un examen de quelques minutes, à donner son nom exact à la bête qu’on a devant soi.

N’est-il pas véritablement utile de bien connaître la faune des pays que nous habitons, d’autant mieux que plusieurs des mammifères de France sont des gibiers servis journellement sur nos tables, que beaucoup de petits rongeurs sont des fléaux pour l’agriculture et que d’autres donnent des fourrures servant à nos vêtements.

L’ouvrage comprend deux parties:

Dans la première sont figurées et décrites nos principales espèces indigènes. Presque toutes les planches et couleurs ont été dessinées sur l’animal vivant, les autres, en très petit nombre, ont été faites sur des spécimens choisis au Muséum parmi les plus beaux et les mieux montés. En regard de chaque figure se trouve une description de l’espèce, de ses mœurs et de ses habitudes, ainsi que les documents indiquant son utilité ou les dégâts quelle peut causer à l’homme.

La deuxième partie du volume se compose de notions aussi simples et aussi claires que possibles sur la structure, la biologie, la classification de nos mammifères, avec la description de toutes les espèces vivantes en France, en Belgique et en Suisse. Après avoir parlé de toutes les formes sauvages de notre pays, nous dirons quelques mots de nos espèces domestiques, notamment en ce qui concerne leurs origines.

Il est pourtant un ordre de mammifères dont nous ne parlerons pas, celui des cétacés, mammifères exclusivement aquatiques, à corps imitant celui des poissons, comprenant les marsouins, les dauphins, les baleines, etc., par la raison que cet ordre a déjà été traité en appendice, il est vrai, mais d’une façon complète dans le volume de la collection écrit sur les poissons marins, auquel le lecteur voudra bien se reporter.

Les dimensions données pour chaque animal sont celles du mâle adulte. Ces dimensions sont parfois un peu variables, surtout chez certaines espèces, les individus, fussent-ils d’une même portée, n’étant jamais exactement semblables. Ce qui est utile, ce sont des chiffres donnant une moyenne, sauf dans le cas où il s’agit de comparer deux formes voisines pour lesquelles la différence de taille, même minime, est un objet de comparaison.

FAUNES DES MAMMIFÈRES

DE FRANCE, BELGIQUE ET SUISSE

PUBLIÉES
par provinces ou départements.

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Le faune d’un département spécial, écrite en général par un auteur qui a vu et chassé les animaux d’une localité, est toujours très intéressante et très utile au point de vue de la faune générale d’un pays. En France, les faunes particulières des mammifères existent pour la moitié à peu près de nos départements; plusieurs d’entre elles ne sont que des compilations ou de simples listes, d’autres contiennent des observations et des études, souvent très bien faites sur les animaux de la région. Ces faunes sont beaucoup plus nombreuses en ce qui concerne les oiseaux.

Nous croyons utile d’indiquer toutes les faunes que nous connaissons relatives aux mammifères de nos départements.

Allier.—Ernest Olivier. Essai sur la faune de l’Allier (Moulins 1880).

Basses-Alpes.—Réguis. Mammifères de la Provence (Marseille 1880).

Alpes-Maritimes.—Risso. Histoire naturelle de l’Europe méridionale, particulièrement des environs de Nice (Paris 1826).

Ardèche.—Lagardette. Catalogue des mammifères de l’Ardèche (Privas 1872).

Ardennes.—Godron. Zoologie de la Lorraine (Nancy 1863).

Aube.—Ray. Catalogue de la faune de l’Aube (Troyes 1843).

Bouches-du-Rhône.—Réguis. Mammifères de la Provence (Marseille 1880).

Calvados.—Chesnon. Histoire naturelle de la Normandie (Bayeux 1835).

Calvados.—Gadeau de Kerville. Faune de Normandie (Paris 1888).

Cantal.—Delarbre. Essai zoologique sur l’Auvergne (Clermont 1897).

Charente.—De Rochebrune. Faune de la Charente (Soc. Linn. de Bordeaux 1841).

Charente-Inférieure.—Beltramieux. Faune de la Charente-Inférieure et suppl. (La Rochelle 1864-1870).

Doubs.—Ernest Olivier. Faune du Doubs (Besançon 1883).

Eure.—Gadeau de Kerville. Faune de Normandie (Paris 1888).

Eure-et-Loir.—Marchand. Faune d’Eure-et-Loir (Revue et mag. de zoologie 1861).

Finistère.—De Lauzanne. Animaux vertébrés du Nord-Finistère (Morlaix 1883).

Gard.—Crespon. Faune méridionale (Nîmes 1844).

Haute-Garonne.—Trutat. Mammifères des Pyrénées (Toulouse 1878).

Gironde.—Lataste. Mammifères non-marins de la Gironde (Bordeaux 1884).

Hérault.—Creuzé de Lesser. Statistique de l’Hérault (Montpellier 1881).

Indre.—R. Martin et R. Rollinat. Vertébrés de l’Indre (Paris 1894).

Jura.—Ogérien. Histoire naturelle du Jura et départements voisins (Paris 1863).

Loire et Haute-Loire.—Pomel. Vertébrés fossiles du bassin supérieur de la Loire (Paris 1854).

Maine-et-Loire.—Millet. Faune de Maine-et-Loire et suppl. (Angers 1828-1868).

—De Soland. Mammifères de Maine-et-Loire (Angers 1856).

Manche.—Gadeau de Kerville. Faune de Normandie (Paris 1888).

Marne.—Dr Salle. Faune de la Marne.

Meurthe-et-Moselle et Meuse.—Godron. Zoologie de la Lorraine (Nancy 1863).

Morbihan.—Taslé. Histoire naturelle du Morbihan (Vannes 1869).

Nord.—De Norguet. Mammifères du département du Nord (Lille 1867).

Orne.—Gadeau de Kerville. Faune de Normandie (Paris 1888).

Puy-de-Dôme.—Delarbre. Essai zoologique sur l’Auvergne (Clermont 1797).

Puy-de-Dôme.—R. des Prugnes. Vertébrés du Puy-de-Dôme (Feuille des jeunes naturalistes 1901-1902).

Basses-Pyrénées et Hautes-Pyrénées.—Trutat. Catalogue des mammifères des Pyrénées (1878).

Pyrénées-Orientales.—Companys. Histoire naturelle du département des Pyrénées-Orientales (Perpignan 1861).

Sarthe.—Gentil. Mammalogie de la Sarthe (Le Mans 1881).

Seine-et-Marne.—De Sinety. Faune de Seine-et-Marne (Revue et mag. de zoologie 1854).

Seine-Inférieure.—Gadeau de Kerville. Faune de Normandie (Paris 1888).

Somme.—Marcotte. Animaux vertébrés de l’arrondissement d’Abbeville (1861).

Var.—Réguis. Mammifères de la Provence (Marseille 1880).

—Gerbe. Vertébrés nouveaux de la Provence (Paris 1852).

Vaucluse.—Réguis. Mammifères de la Provence (Marseille 1880).

Vendée.—Cavoleau. Statistique du département de la Vendée (Fontenay-le-Comte 1884).

Vienne.—Mauduyt. Mammifères du département de la Vienne (Poitiers 1843).

Vosges.—Godron. Animaux sauvages des Vosges (1866).

—Lepage et Charton. Histoire naturelle du département des Vosges.

Yonne.—Paul Bert. Animaux vertébrés de l’Yonne (1864).

Alsace.—Gérard. Mammifères sauvages de l’Alsace (Colmar 1871).

Belgique.—De Selys-Longchamps. Faune belge (Liège 1842).

—Deby. Histoire naturelle des mammifères (Bruxelles 1848).

Luxembourg.—Mammifères du pays de Luxembourg (Luxembourg 1869).

Suisse.—Fatio. Mammifères de la Suisse (Genève 1869).

France entière. Rolland. Faune populaire des mammifères de France (Paris 1877).

—Trouëssart. Mammifères de France (Paris 1884).

—Bouvier. Mammifères de France (Paris 1886).

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RHINOLOPHE GRAND FER-A-CHEVAL

Les Rhinolophes sont des Chauves-Souris remarquables par un repli membraneux, plus ou moins en forme de feuilles plissées, qu’elles ont sur le nez. Ce caractère les fait reconnaître de suite.

Le Rhinolophe grand fer-à-cheval, de taille relativement grande (envergure: 0m36; corps: 0m065; queue: 0m035) a le pelage d’un gris brun roux en dessus, d’un brun pâle ou grisâtre en dessous; deux feuilles nasales, la postérieure lancéolée; les côtés de la selle un peu concaves; les oreilles larges, un peu plus courtes que la tête, à pointe aiguë; la 2e prémolaire supérieure accolée à la canine, la 1re prémolaire se trouvant en dehors de la ligne des dents; l’aile insérée au talon. Les deux sexes et les jeunes sont semblables.

En toutes saisons, ce Rhinolophe, reconnaissable à sa grande taille, habite les souterrains, les caves et les cavernes où on le trouve suspendu aux voûtes et aux parois; il ne se glisse jamais dans les fissures et dans les trous. En été, quelques sujets se réfugient dans les greniers des moulins abandonnés ou des vieux édifices situés près des eaux.

Durant les beaux jours, il sort de sa retraite, quand la nuit est tombée, et longe, d’un vol bas et peu rapide, les buissons, les avenues, le bord des rivières et les bâtiments. Il saisit alors une foule de coléoptères et de papillons qu’il dévore sans s’arrêter, mais si la proie est volumineuse, il s’accroche immédiatement à l’entrée d’une caverne, d’une maison ou à un tronc d’arbre, la tête en bas et la mange tranquillement. C’est ainsi qu’on voit, à l’entrée des grottes qu’il habite, de nombreux débris d’insectes. Si, à cette époque, on pénètre pendant le jour dans une caverne où il s’est retiré pour dormir, il s’éveille à l’approche de la lumière et se laisse difficilement saisir.

Dès la fin d’octobre commence le sommeil hibernal; ce qui n’empêche pas que, parfois, en novembre, on voit encore voler quelques-unes de ces Chauves-Souris.

Pendant les grands froids, le sommeil est profond, car on peut alors les enlever, les examiner et les remettre en place.

Cette espèce est très difficile à tenir en captivité, elle ne cesse de se meurtrir aux parois de la cage et refuse ordinairement toute nourriture.

Elle habite une grande partie de l’Europe, commune dans le Sud et plus rare dans le Nord. En France, on la trouve partout; elle est même très répandue dans le Centre, l’Ouest et le Midi. Elle est plutôt rare en Suisse et en Belgique.

Une autre espèce de Rhinolophe, le Rhinolophe petit fer-à-cheval, est assez commune en France, en Belgique et en Suisse; deux autres espèces, le Rhinolophe de Blasius et le Rhinolophe Euryale n’habitent que le Sud et le Centre de la France. Elles seront décrites dans la seconde partie de cet ouvrage.


Rhinolophe grand fer à cheval
Rhinolophus ferrum equinum
Chauve-souris
Famille des Rhinolophidés

Oreillard commun
Plecotus auritus
Chauve-souris
Famille des Vespertilionidés

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OREILLARD COMMUN

Cette Chauve-souris a le museau assez allongé, le nez sans repli bien net en forme de feuille, mais cependant une apparence de repli; les narines ouvertes à la partie supérieure du museau au fond d’une rainure; deux incisives de chaque côté à la mâchoire supérieure, trois à la mâchoire inférieure; les oreilles soudées ensemble à leur base, énormes, avec un oreillon de presque moitié de l’oreille, en forme de couteau assez étroit, un peu plus large en bas; les ailes courtes et larges; les jambes longues, et 36 dents.

Le pelage est brun cendré en dessus, gris jaunâtre en dessous, l’aile insérée à la base des doigts; l’envergure de 0m23 à 0m26, avec le corps d’une longueur de 0m05 et la queue de 0m045. Les deux sexes sont semblables, la femelle et les jeunes parfois plus foncés ou plus ternes. On la reconnaît de suite à ses oreilles extrêmement grandes, aussi longues que le corps.

Elle est plus ou moins commune, suivant les localités, mais généralement très répandue, dormant, le jour, cachée dans les trous de murs, les carrières ou les greniers, souvent derrière les contrevents des fenêtres, et partant, dès le crépuscule, à la recherche des petits insectes nocturnes.

Son vol rapide, très coupé et très irrégulier, est moyennement élevé. On la voit circuler à travers les branches des arbres et se frôler aux rameaux comme si elle saisissait des insectes posés sur les fleurs, ou raser la surface des eaux, ou bien chasser dans les vergers, les clairières des bois et les rues des villes.

Au printemps et en été, les femelles réunies par petites bandes, élèvent leurs petits en commun. En hiver, on la rencontre par petits groupes, et souvent solitaire, suspendue aux voûtes des cavernes et des caves, ou profondément enfoncée dans une fissure, avec les oreilles repliées le long du corps, les oreillons seuls demeurant droits.

Elle reprend de bonne heure la vie active, parfois dès les belles soirées de janvier et de février.

C’est la seule espèce du genre Oreillard habitant la France, la Suisse et la Belgique.

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VESPÉRIEN PIPISTRELLE

La Pipistrelle a le museau court, le nez sans aucun repli, les narines s’ouvrant au bout du museau, deux incisives à la mâchoire supérieure de chaque côté, trois incisives à l’inférieure; les oreilles très séparées, très peu longues, assez larges, l’oreillon peu courbé en forme de couteau obtus, ayant sa plus grande largeur au-dessus de la base; les ailes longues insérées à la base des doigts; 34 dents; les jambes plutôt courtes et fortes.

Son pelage assez variable de coloration est en général brun noir dessus, brunâtre en dessous. Les deux sexes sont semblables, les jeunes de teinte plus foncée. Envergure: 0m18 à 0m20; corps 0m038; queue 0m032.

Très petite espèce, commune partout en France, surtout dans le centre et le nord, en Belgique et en Suisse. Elle se retire dans les greniers, les écuries, les trous des murailles et des arbres, tantôt seule, tantôt par bandes. A peine la nuit venue, elle part, et d’un vol rapide et très irrégulier, circule dans les villes et autour des bâtiments, au-dessus des arbustes et des rivières et entre même dans les appartements éclairés.

L’hiver, elle se cache dans les coins des greniers, dans les trous des charpentes et dans les combles des édifices. Son sommeil est peu profond et il n’est pas rare de la voir voltiger dans une tiède soirée d’hiver. En cette saison, sa coloration est généralement plus claire qu’en été.

La Pipistrelle a été souvent conservée en captivité dans des cages et on a pu constater qu’elle absorbait une très grande quantité de nourriture, car on l’a vue manger de suite plus de 30 sauterelles ou criquets, ou bien environ 300 mouches.

Le genre Vespérien compte un certain nombre d’espèces dont nous donnerons plus loin la description.

Vespérien pipistrelle
Vesperugo pipistrellus
Pipistrelle
Famille des Vespertilionidés

Hérisson d’Europe
Erinaceus europaeus
Famille des Erinaceidés

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HÉRISSON D’EUROPE

Le Hérisson, dont le corps mesure environ 0m 24 et la queue 0m 17, a la tête large à la base, de petites oreilles arrondies, la queue velue et très courte, et 36 dents. Son pelage est composé, sur la tête, les membres, la queue et le ventre, d’une fourrure de poils d’un brun jaunâtre, plus clairs sur l’abdomen et la poitrine, et sur toutes les parties supérieures du corps, d’une série de longs piquants serrés et aigus, d’un blanc jaunâtre à leur base, noirâtres vers leur moitié et blancs au bout. Dès qu’il est inquiété, l’animal place sa tête, ses membres et sa queue sur l’abdomen et se replie en rond, ne présentant plus qu’une boule hérissée de piquants.

Le Hérisson est partout très commun, dans les haies des campagnes et dans les bois taillis. Durant le jour, il demeure caché sous un pied de taillis, un roncier ou un amas de pierres; il en sort rarement pendant le grand soleil, mais aussitôt le crépuscule, il commence à courir de côté et d’autre, dévorant tout ce qu’il rencontre, insectes de toutes sortes, lombrics, limaces, limaçons, serpents, lézards et grenouilles, mulots et campagnols, lapereaux dont il trouve le nid, jeunes oiseaux, et au besoin des racines et des fruits.

Renfermé dans une écurie, nous l’avons vu dévorer des œufs, de petits pigeons, et une personne digne de foi l’a vu attaquer, dans les mêmes conditions, de petits chiens qui venaient de naître.

Il mange les cantharides, dit-on, sans en être incommodé et attaque la vipère, ses piquants le protégeant contre les morsures, car il n’est pas certain qu’il soit immunisé, comme on le prétend, contre le venin du reptile.

C’est un animal, à la fois utile puisqu’il détruit les insectes nuisibles, les limaces, les campagnols et la vipère, et un peu nuisible puisqu’il mange du gibier et des oiseaux.

Il ne court pas très vite, mais il grimpe assez bien et au besoin escalade une muraille même élevée. Grâce à son système de défense, il est rarement tué par les animaux carnassiers; les chasseurs dont les chiens l’arrêtent souvent dans les buissons, l’épargnent ordinairement; les paysans, au contraire, le tuent généralement quand ils le rencontrent, soit pour le plaisir de le tuer, soit pour le manger.

Au mois de juin, la femelle construit, dans un roncier, au milieu des champs ou dans un bois épais, un nid d’herbes où elle dépose ses petits; elle fait ainsi deux portées par an, de chacune trois à sept jeunes. Ceux-ci, à la naissance et pendant quelques jours, ont les piquants mous, mais ils durcissent vite et sont alors plus aigus que ceux des adultes.

A la fin de l’automne, le Hérisson se cache sous d’épaisses racines, sous des rochers ou dans un fourré, et là, s’ensevelit dans un amas de feuilles sèches et de broussailles. Dès les premiers beaux jours du printemps, il se réveille et commence sa vie d’été.

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TAUPE COMMUNE

La Taupe est une bête d’environ 0m18 de longueur, sans oreilles visibles, au museau allongé terminé par une sorte de boutoir, aux membres courts, ceux de devant ayant la forme de larges mains, ceux de derrière étroits, revêtue d’un soyeux pelage noir, parfois avec nuance cendré brillant. Ses yeux sont extrêmement petits, ordinairement ouverts et munis de paupières, mais on rencontre aussi des individus ayant un œil ou les deux yeux recouverts d’une peau transparente très mince. C’est une espèce en voie de transformation, perdant le sens de la vue qui lui est souvent inutile.

Sa vie se passe presque entièrement sous terre où elle creuse de petites galeries longues et compliquées, généralement faites sur le même modèle. Elle y circule avec vivacité et y chasse les animaux qu’elle y rencontre. On ne la voit presque jamais à la surface du sol et si on l’y surprend, elle se hâte de s’enfouir en un clin d’œil. Si on ne la voit pas quand elle est sous terre, sa présence est révélée par les amas arrondis de terre qu’elle rejette et qui indiquent la direction de ses galeries. Ces monticules appelés «taupinières» sont placés irrégulièrement, tantôt éloignés, tantôt très près les uns des autres, et se trouvent dans les prés, les bois, les champs et les jardins, en toutes saisons, même en hiver, puisque, sur une couche de neige tombée de la nuit, les taupinières apparaissent comme des taches obscures, dès les premières heures du matin.

C’est dans ces galeries, sous un nid feutré d’herbes, que la femelle, après une gestation de quatre semaines, met bas, d’avril à juin, trois à six petits.

La Taupe est extrêmement vorace et ne cesse de manger les lombrics, les larves de coléoptères, les courtilières, même les campagnols et les jeunes mulots; elle attaque même ses semblables quand elle ne trouve pas autre chose.

Elle est certainement utile parce qu’elle détruit beaucoup d’insectes nuisibles, mais il ne faut pas la laisser trop se multiplier parce qu’elle fait périr les jeunes plants dans les potagers et que, dans les prairies, ses taupinières sont très gênantes pour les faucheurs.

Aussi les cultivateurs en prennent-ils beaucoup avec des pièges spéciaux tendus dans les galeries.

Les mâles sont plus nombreux que les femelles. Assez souvent, on trouve des taupes blanches et de couleur isabelle.

On a fait une seconde espèce de la Taupe aveugle (Talpa cæca Savi) qui habite certains départements des bords de la Méditerranée et qui n’est peut-être qu’une variété de la Taupe commune. Elle a la taille et les habitudes de notre espèce et en diffère par ses yeux toujours recouverts d’une pellicule et privés de paupières, par la longueur de son boutoir, par ses deux incisives supérieures médianes, beaucoup plus larges que les latérales, et sa seconde prémolaire supérieure beaucoup plus petite que la troisième, alors que, chez l’espèce ordinaire, les incisives supérieures sont toutes à peu près égales et la deuxième prémolaire supérieure aussi grande que la troisième.

Taupe commune
Talpa europaea
Foyon
Famille des Talpidés

Desman des Pyrénées
Myogalea pyrenaica
Famille des Talpidés

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DESMAN DES PYRÉNÉES

Les Desmans tiennent le milieu entre les Taupes et les Musaraignes. Ils diffèrent de celles-ci par leur dentition. Leur museau, extrêmement allongé, se prolonge en une petite trompe très longue et très flexible qu’ils agitent sans cesse et où sont percées les narines étroitement accolées; la queue est longue, écailleuse, aplatie aux côtés. Leurs pieds ont cinq doigts réunis par des membranes; les pieds de derrière sont très grands, écailleux, portant des ongles longs et forts. Ils n’ont pas d’oreilles apparentes et portent 8 mamelles. Il y a 22 dents à chaque mâchoire.

Le Desman des Pyrénées est la seule espèce française du genre; une autre, qui habite l’Europe orientale, est le Desman de Moscovie. Celui des Pyrénées est un petit animal de 0m25 de longueur, ressemblant un peu d’apparence à une Musaraigne, pourvu d’une fourrure lustrée et soyeuse, brune en dessus, argentée en dessous. On le trouve dans les départements voisins des Pyrénées, à Tarbes, à Pau, dans l’Ariège, les Pyrénées-Orientales et aussi dans les Landes. Il n’est pas rare en Espagne et en Portugal.

Il s’établit le long des cours d’eau, dans les marais et les prairies inondées; là, il se creuse des galeries dans les fossés et les berges ou s’empare des trous creusés par les rats d’eau. Parfois, il s’éloigne des eaux et on l’a trouvé à plusieurs reprises caché dans des meules de foin.

Il chasse pendant la nuit et se nourrit de coléoptères, de larves d’insectes, de crustacés et de jeunes truites. Toujours est-il qu’on le prend assez souvent dans les filets tendus pour le poisson, et qu’on le considère comme nuisible.

Il pousse de temps en temps de légers cris et mord facilement la main qui cherche à le saisir. La femelle met bas deux petits vers la fin de janvier.

Il porte, sous la naissance de la queue, une poche d’où se dégage une très forte odeur de musc. Les chiens des chasseurs au marais le prennent assez fréquemment et le tuent, mais le rejettent aussitôt, dégoûtés par son odeur. Les autres animaux ne l’attaquent pas, sauf les gros brochets dont il devient, dit-on, assez souvent la proie.

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CROCIDURE ARANIVORE

Petite bête de 0m075 de longueur, avec la queue de 0m038, le pelage brun rouge en dessus et blanchâtre à l’extrémité des membres, les oreilles peu velues couvertes de poils courts avec seulement quelques poils longs, les dents blanches, les yeux très petits, le museau long et mobile. Une glande située sur les flancs répand une odeur fade chez le mâle. 28 dents. Les deux sexes et les jeunes sont semblables.

Le Crocidure aranivore, vulgairement la Musette, se trouve partout dans les champs, les jardins, les étables et les fumiers de fermes. Elle fait continuellement entendre de petits cris aigus et est toujours en quête de nourriture dont il lui faut une grande quantité. Tout lui est bon, insectes, lombrics, petits mammifères, petits oiseaux, cadavres d’animaux et même les autres Musaraignes, quand elle ne trouve pas mieux.

En captivité, elle est toujours active et mange avidement la viande hachée et les cadavres de souris et de campagnols dont elle ouvre tout d’abord le ventre, puis elle introduit son museau dans le corps et dévore tous les muscles, ne laissant que la peau et les gros os. Son odeur forte empêche les chiens et les chats de la manger; ils la tuent, mais la laissent sur place.

Cette espèce est certainement monogame, car on trouve presque toujours ensemble le mâle et la femelle. Elle fait, de février à octobre, de deux à quatre portées, chacune de trois ou quatre petits.

On peut la considérer comme plutôt utile que nuisible, car si elle attaque les oisillons qu’elle trouve à terre, elle détruit beaucoup de campagnols et d’insectes. Elle est répandue partout en France, en Suisse et en Belgique.

Deux autres espèces de Crocidures font partie de notre faune: la Leucode, plus spéciale aux contrées orientales, remarquable par sa queue très courte, et l’Étrusque, spéciale au Midi, reconnaissable à son extrême petitesse, à sa queue carrée et à sa dentition (30 dents au lieu de 28).

Crocidure aranivore
Crocidura araneus
Musette, Musaraigne de terre
Famille des Soricidés

Musaraigne carrelet
Sorex vulgaris
Plaron
Famille des Soricidés

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MUSARAIGNE CARRELET

La Musaraigne Carrelet ressemble un peu à une Crocidure, mais elle s’en distingue surtout par sa queue à peu près carrée, ses dents toujours rouges au bout et sa dentition composée de 32 dents. C’est un petit animal de 0m 070 de longueur, avec la queue de 0m 040, ayant un pelage velouté brun noirâtre ou même noir en dessus, blanc ou grisâtre en dessous, avec une ligne noire sur les flancs, les oreilles petites disparaissant sous le poil, les yeux très petits, le museau long et mobile, la queue un peu plus courte que le corps et une glande odorante sur les flancs. Les deux sexes semblables, les jeunes de coloration plus terne.

Très commune partout en France, en Belgique et en Suisse où elle se rencontre assez haut sur les montagnes, elle vit dans les champs entourés de buissons et sur le bord des taillis. Nuit et jour elle circule dans le voisinage de son trou, jetant de temps à autre une menue stridulation qui la fait remarquer. Elle s’attaque à tous les petits animaux, souris, campagnols, oisillons, grenouilles, orvets, lombrics; elle-même est souvent prise par les chiens, les chats, les belettes et les putois qui la tuent incontinent mais la rejettent aussitôt, à cause de son odeur. Cette odeur, en somme, n’est guère une protection pour elle.

En captivité, elle se montre très vorace et mange avidement les petits oiseaux ou les souris qu’on lui donne. Elles s’attaquent même entre elles si plusieurs sont renfermées dans la même cage.

La femelle bâtit dans un trou de mur, sous des tas de pierres ou des racines d’arbres, un nid feutré de mousse et de feuilles, dans lequel elle dépose, de mai à juillet, cinq, six et même dix petits.

Le genre Musaraigne comprend, outre le Carrelet, deux autres espèces françaises, la Musaraigne pygmée, bien plus petite, rare en France et en Belgique, inconnue même dans certains départements, mais plutôt commune en Suisse, et la Musaraigne des Alpes, qui habite seulement les provinces montagneuses de la France, les Alpes, les Pyrénées, le Jura et le Doubs, ainsi que plusieurs localités suisses.

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CROSSOPE AQUATIQUE

La Musaraigne d’eau a une certaine ressemblance avec le Carrelet, mais elle est plus grande (corps 0m087 à 0m105 de longueur; queue, 0m55 à 0m65), a la queue quadrangulaire ciliée en dessous, les pieds forts, larges, pourvus de soies raides et 30 dents, dont le bout est rouge orangé. Le pelage fourré est d’un brun presque noir en dessus, avec une petite tache noire en arrière de l’œil, blanc ou grisâtre en dessous, la queue brune dessus et blanche en dessous, les pieds brunâtres, les yeux très petits, les oreilles arrondies à peu près cachées sous le poil, le museau long et mobile, le corps allongé et les membres courts. Les deux sexes sont semblables, mais les jeunes ont une coloration plus terne. La variété «ciliatus» a le ventre presque noir.

Cette Musaraigne répandue partout en France, en Belgique et en Suisse, est généralement très commune sur le bord des rivières, étangs et ruisseaux marécageux, où elle se creuse des trous profonds quand elle ne se loge pas dans les terriers des rats d’eau. On la voit, si on s’approche sans bruit, circuler avec une extrême vivacité sur le rivage, ou nager et plonger avec aisance et rapidité, poussant de temps en temps de petits cris sifflés.

Elle mange tous les petits animaux qu’elle peut saisir, les larves de batraciens, les œufs de poissons, les crevettes, écrevisses, tritons, grenouilles, vers et insectes, et attaque même les poissons assez gros, ce qui la fait considérer comme franchement nuisible. A son tour, elle est dévorée à l’occasion par les busards et les hérons, mais elle n’a pas beaucoup d’autres ennemis, sauf les gros brochets.

Dans un nid d’herbes, au fond de son terrier, la femelle dépose, à deux ou trois reprises, d’avril à octobre, de six à huit petits.

La taille et la couleur de cette espèce sont assez variables. On a voulu voir, mais certainement à tort, une seconde espèce dans les individus à ventre noir, car on observe toutes les colorations intermédiaires.

Crossope aquatique
Crossopus fodiens
Musaraigne d’eau
Famille des Soricidés

Castor ordinaire
Castor fiber
Famille des Castoridés

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CASTOR ORDINAIRE

Un Castor moyen a le corps, sans la queue, long de 0m65, la queue mesurant 0m30, mais certains Castors adultes peuvent atteindre une longueur totale de 1m10. C’est un animal à corps gros et épais, avec les membres, surtout ceux de devant, courts, les yeux très petits, les oreilles courtes, la queue ovalaire, écailleuse, très large et très aplatie en forme de battoir, les pieds postérieurs palmés. Le pelage très dense, très doux, est d’un brun marron; le tiers supérieur de la queue seul est couvert de poils et d’un brun de suie. Près de l’anus, deux paires de glandes sécrètent la matière dite «castoreum».

Le Castor ou Bièvre d’Europe, très analogue à celui d’Amérique, habitait autrefois presque toute la France. Avant le moyen âge, on le trouvait aux environs de Paris et c’est de lui que vient à une petite rivière le nom de Bièvre. Pendant le moyen âge on le trouvait aux bords de la Saône, de l’Isère, de la Somme, de la Durance, du Rhône et du Gardon. Aujourd’hui il a été détruit presque partout et l’espèce n’est plus représentée en France que par quelques individus vivant péniblement sur le Rhône et quelques-uns de ses affluents; il est malheureusement certain que bientôt il aura complètement disparu. Autrefois, il construisait des digues dans les ruisseaux, mais à force d’être inquiété et pourchassé, il a perdu ses habitudes et il vit isolé ou en petites colonies sur quelques îlots du Rhône, dans de très longs terriers creusés sur les berges.

Sa nourriture consiste en racines de nénuphars et en jeunes pousses de saules, de peupliers, de bouleaux. On sait qu’il abat les arbres et on rencontre parfois des arbres coupés par lui, reconnaissables à l’empreinte de ses dents et à la forme de la cassure.

C’est une bête tout à fait nocturne, qui nage et plonge admirablement et ne quitte jamais le rivage des rivières.

Il s’accouple pendant l’hiver et la femelle met bas, dans son trou, en avril et mai, deux à cinq petits.

Sa peau est fort estimée, sa chair plutôt bonne était autrefois classée parmi les aliments maigres, et son produit un peu démodé, le «castoreum», se vendit à un prix élevé, puisqu’une livre à l’état brut valait, il y a quelques années, plus de 250 francs.

On a trouvé sur lui un coléoptère parasite particulier, le «Platypsillus Castoris», le même parasite existant sur le Castor d’Amérique, et aussi un acarien pilicole spécial «Schizocarpus Mingaudi».

Pendant longtemps, le Syndicat des digues du Rhône, sous prétexte de prétendus dégâts compromettant la solidité des digues, payait pour chaque animal abattu une prime de 15 francs, mais, mieux informé, il a supprimé cette prime; et aujourd’hui on tend à protéger le Castor plutôt qu’à le détruire.

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ÉCUREUIL COMMUN

Tout le monde connaît l’Écureuil de France avec son pelage d’un roux vif en dessus, pendant l’été, blanc en dessous; ce pelage variant suivant les saisons et les individus, et devenant sur le dos grisâtre ou roux brun ou brun noirâtre.

L’Écureuil, dont le corps mesure, sans la queue, 0m25, et avec la queue 0m48, est commun dans les bois presque partout et il semble même, en beaucoup de localités, devenir plus répandu qu’il n’était autrefois. D’une vivacité et d’une souplesse extrême, il court sur les arbres, même sur les branches flexibles, sautant de l’un à l’autre; souvent il descend à terre, mais à la moindre alerte, il grimpe en un clin d’œil à la cime d’un arbre voisin et s’y dissimule admirablement. Blessé, il mord cruellement la main qui s’approche de lui.

L’accouplement a lieu de février à avril. Chaque couple bâtit alors sur un arbre plusieurs nids avec de la mousse et des feuilles sèches et, dans un de ces nids, la femelle, qui habite souvent séparée du mâle, met bas, après une gestation d’environ un mois, de trois à six petits. Elle fait souvent ensuite une deuxième portée.

Durant tout l’automne, il récolte des provisions de glands, faînes, châtaignes, noix et noisettes, qu’il place ordinairement dans une cavité d’arbre, sous des racines ou sous de grosses pierres. Pendant l’hiver, il se cache dans son nid, souvent avec quatre ou cinq autres qui se serrent les uns contre les autres pour se réchauffer, car ils ne s’engourdissent pas.

C’est un animal certainement très nuisible, car il attaque et ronge les bourgeons et l’écorce des conifères, arrêtant ainsi leur développement, dévaste les noyers et détruit beaucoup de nids d’oiseaux. On a même constaté, en Berry et en Touraine, que, dans les bois où il était en nombre, il ravageait la plus grande partie des nids de la perdrix rouge.

Sa chair est mangeable quand il habite les bois de chênes et de châtaigniers, plutôt mauvaise quand il se nourrit de bourgeons et des cônes des conifères. Sa fourrure d’hiver est assez estimée.

L’Écureuil est répandu presque partout en France et en Belgique; en Suisse il est commun aussi bien en plaine que dans les montagnes.