Fig. 38.—Bois du Cerf d’Europe.
Ils n’ont en général pas de canines et, à la mâchoire supérieure, n’ont pas d’incisives; l’articulation de leurs maxillaires est disposée de telle façon que, quand ils mâchent leur nourriture, il se produit un mouvement de rotation; on dit alors qu’ils ruminent. Ils sont surtout remarquables et séparés des autres mammifères par la disposition de leur estomac, composé de quatre poches, la panse qui reçoit d’abord les aliments non triturés au moment où ils sont avalés, le bonnet qui est une manière d’appendice de la panse, le
Fig. 39.—Bois du Cerf daim.
feuillet et la caillette, véritable estomac qui secrète le suc gastrique. Les substances alimentaires accumulées dans la panse remontent par pelotes dans la bouche, l’animal les mâche et, lorsqu’il les avale pour la seconde fois, elles passent dans la caillette où se fait la digestion.
Fig. 41.—Crâne du Bœuf ordinaire.
Ils ont 32 ou 34 dents. De plus, les os du métacarpe, comme ceux du métatarse, sont, chez eux, soudés pour former un tronc unique qu’on appelle «canon».
Ce sont des animaux taillés pour la course, avec le cou allongé et les membres généralement minces, bien que vigoureux. La plupart ont des cornes ou des bois, les cornes étant persistantes, c’est-à-dire ne tombant jamais et implantées dans un axe osseux; les bois étant pleins et caduques, c’est-à-dire placés au sommet d’un prolongement de l’os frontal, croissant sur une base nommée «meule» et tombant tous les ans pour ensuite repousser rapidement. Ils ne vivent que de végétaux.
Fig. 42.—Cornes de la Chèvre bouquetin.
Le sous-ordre des Ruminants comprend deux familles ayant des représentants en France, Suisse et Belgique.
Fig. 43.—Cornes du Mouflon de Corse.
La famille des Cervidés dont les mâles et très exceptionnellement les femelles ont des bois caducs, pleins, plus ou moins rameux, généralement pas de canines, et dont le crâne porte de chaque côté une fissure entre les os maxillaires, nasaux et frontaux, correspondant à l’ouverture externe placée au-dessous de l’œil et nommée «larmier».
La famille des Cavicornidés dont les représentants ont, sur un prolongement de l’os frontal, des cornes persistantes d’origine pileuse (c’est-à-dire de même origine que les poils) et pas de canines; cette famille se subdivise elle-même en quatre sous-familles:
Fig. 44.—Cornes du Chamois ordinaire.
Celle des Bovidés, comprenant nos Bœufs, qui n’a pas actuellement en France, en Suisse et en Belgique, de représentants sauvages.
Celle des Capridés, remarquable par le front relevé pouvant porter de fortes cornes curvilignes non recourbées sur elles-mêmes, une barbe plus ou moins forte au menton, deux mamelles, 32 dents, et n’ayant ni larmier, ni glandes interdigitales.
Celle des Ovidés, ayant un larmier et des glandes interdigitales, pas de barbe au menton, des formes plus arrondies, des jambes plus grêles et le chanfrein plus busqué que chez les Capridés.
Celle des Antilopidés, mélange de formes un peu différentes se rapprochant tantôt des Bovidés, tantôt des Capridés et des Cervidés et qui, n’ayant pas de caractères très tranchés, comprend tous les genres qui ne peuvent rentrer dans les autres sous-familles.
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Genre Cerf.—Cervus Linné.
Museau allongé, oreilles grandes, yeux grands, cou très long, corps vigoureux, queue très courte, membres assez longs et assez minces. Sous les yeux, un larmier grand chez le Cerf, plus petit chez le Daim, très petit chez le Chevreuil. 34 dents.
Fig. 45.—Carte de l’habitat du Cerf d’Europe (partie ombrée).
1º Cerf d’Europe. Cervus elaphus Linné.
2º Cerf daim. Cervus dama Linné.
3º Cerf chevreuil. Cervus capreolus Linné.
(Voir les planches 42-43 et 44.)
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Genre Chamois.—Capella Keys. et Blasius.
Dans les deux sexes, des cornes voisines à la base, situées au-dessus des yeux, verticales à l’axe du crâne, presque droites, peu divergentes en haut et recourbées à leur extrémité avec la pointe dirigée en bas. Pas de larmier, mais des ouvertures glandulaires derrière les cornes. Membres et pieds forts et épais. Queue courte. Quatre mamelles, 32 dents.
Chamois ordinaire. Capella rupicapra Linné.
(Voir la plance 45.)
Genre Chèvre.—Capra Linné.
Cornes longues, arquées en arrière, curvilignes, noueuses, comprimées. Nez plus ou moins droit. Pas de larmier ni de glandes interdigitales. Lèvre supérieure presque entièrement velue. Queue courte.
Chèvre bouquetin. Capra ibex Linné.
(Voir la plance 46.)
Genre Mouflon.—Musimon Gervais.
Cornes grosses à la base, assez longues, curvilignes, un peu recourbées en arrière, déjetées au dehors et obliquement récurrentes. Nez plus ou moins busqué. Des larmiers et des glandes interdigitales. Lèvre supérieure nue. Queue courte.
Pas de barbe au menton.
Mouflon de Corse. Musimon musmon Bonaparte.
(Voir la plance 47.)
Genre Sanglier.—Sus Linné.
Tête très grosse à museau allongé terminé par un boutoir; yeux petits, oreilles assez grandes. Des incisives en haut et en bas et des canines qui, chez le mâle, se développent en sortant de la bouche, formant de puissantes défenses assez droites, mais se recourbant en arrière chez les vieux. Corps épais, queue mince et petite. Membres à quatre doigts, ceux de devant en sabots portant sur le sol, ceux de derrière plus petits ne faisant que toucher la terre.
Sanglier commun. Sus scrofa Linné.
(Voir la plance 48.)
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Après avoir énuméré les Mammifères sauvages qui habitent la Belgique, la Suisse et la France, il y a lieu d’indiquer les animaux que l’homme a domestiqués et que nous avons journellement sous les yeux: le Porc, qui n’a été autre chose, à l’origine, que le Sanglier commun apprivoisé, plus ou moins mélangé avec d’autres espèces de Sangliers exotiques; le Mouton, tellement façonné et modifié par l’homme qu’il sera peut-être, à tout jamais, impossible d’affirmer quels ont été exactement ses ancêtres; la Chèvre qui compte, parmi les Capridés sauvages, beaucoup d’espèces se rapprochant d’elle; le Bœuf, qui descend certainement de trois ou quatre espèces qui ont habité l’Europe et la France dans les temps primitifs; le Cheval, originaire de l’Europe et de l’Asie, et l’Ane, qui provient certainement d’une ou deux espèces africaines; le Chien, dont les formes actuelles sont si variées qu’elles doivent leur origine à nombre d’espèces actuelles et probablement à quelques espèces éteintes, ou plus exactement représentées par des descendants absolument différents de ce qu’étaient les ancêtres des temps primitifs; enfin le Chat, dont il est possible d’établir à peu près la descendance.
Nous dirons un mot du Cobaye ou Cochon d’Inde, dont l’origine exotique est connue, et nous avons déjà parlé du Furet, qui n’est autre chose que notre Putois un peu modifié par la domesticité. Il semble inutile de mentionner le Lapin, dont les races multiples actuellement existantes sont dues à l’homme, provenant toutes, incontestablement, du Lapin sauvage domestiqué et le représentant sous des formes légèrement modifiées.
Genre Sanglier.—Sus Linné.
Porc domestique. Sus domesticus Brisson.
Le Porc, qui a pour souche originelle le Sanglier, est un des animaux qui montrent le mieux ce que peuvent la sélection, le changement de vie et les soins raisonnés de l’homme. De nombreuses races ont été créées qui ont produit un animal notablement différent du Sanglier.
Le Sanglier habite l’Europe, l’Afrique du Nord, l’Inde, mais il diffère un peu dans ces pays, si bien qu’on a voulu en faire plusieurs espèces. Chacune a dû être apprivoisée et donner naissance à une forme asservie. Mais il est une autre espèce depuis très longtemps domestiquée en Chine et en Indo-Chine et très perfectionnée par les Chinois, le «Sus indica», inconnue à l’état sauvage, mais qui pourrait bien provenir du «Sus vittatus» de Java.
Cette dernière forme et la descendance du Sanglier commun ont mêlé leur sang chez presque toutes nos races actuelles. Toutes les races sont, au reste, fécondes entre elles et avec notre Sanglier.
Le Porc est tellement utile qu’il a toujours été soigné et autant que possible amélioré. De là, l’origine de ces bêtes dans lesquelles tout sert à la consommation.
Genre Mouton.—Ovis Linné.
Mouton domestique. Ovis aries Linné.
Le Mouton est le type de l’animal tellement modifié par la domestication qu’il est impossible de dire de quelles formes sauvages il pourrait provenir. Les uns pensent que, au moins les petites races à queue courte et à cornes en forme de croissant descendent du Mouflon de Corse, d’autres affirment que les Moutons primitifs proviennent de plusieurs espèces éteintes. Ce qui est certain, c’est que les soins de l’homme et les croisements l’ont extraordinairement modifié, à ce point qu’il lui serait impossible de reprendre la vie sauvage, comme les Chèvres, les Porcs et les animaux domestiqués échappés au joug de l’homme, ont pu le faire à l’occasion. Il périrait de suite infailliblement s’il était abandonné à lui-même.
Le Mouton est, au surplus, très variable. Ses cornes peuvent être très diverses, manquant souvent chez la femelle, arrivant chez le mâle d’une race du Chili à quatre, et même, dit-on, à huit; les mamelles, normalement au nombre de deux, peuvent être de quatre; la durée de la gestation varie de 144 à 150 jours; la différence de fécondité est considérable suivant les races; la queue est très courte ou énorme; le chanfrein droit ou très busqué. Dans la même race, on constate même que, sous l’influence du climat et par suite du changement de nourriture, la grosseur de la queue et la toison se modifient très rapidement.
Pour en donner une idée, il suffit de rapporter l’origine de la race de Mauchamps: dans une ferme, une brebis mérinos donne naissance à un agneau qui devient remarquable par une laine particulièrement douce et des cornes tout à fait lisses, corrélation naturelle, puisque poils et cornes sont des formations de même nature, et par un facies spécial. Cet agneau imprima fortement ses caractères chez ses descendants et devint la souche d’une race nouvelle. Or, si on ne savait pas l’origine de cette race, on la supposerait certainement née d’une forme primitive inconnue.
Les races de Moutons sont nombreuses, les unes françaises, anglaises, espagnoles, d’autres africaines, toutes fécondes entre elles.
Le Mouton est essentiellement utile à l’homme qui emploie sa viande, sa peau, ses boyaux, son suif, son lait. Il n’est pas jusqu’à l’agneau mort-né, naissant ou récemment né qui ne donne une fourrure recherchée sous le nom d’astrakan.
Genre Chèvre.—Capra Linné.
Il y a actuellement dans le monde beaucoup de races de Chèvres, fertiles entre elles, et parfois différant beaucoup par la longueur proportionnelle des intestins, par la forme des mamelles, par l’odeur émise par le mâle, par la présence ou l’absence de cornes chez la femelle, par les oreilles et cent autres caractères. La Chèvre est domestiquée depuis un temps immémorial, car, à l’époque de la pierre, elle vivait déjà près de l’homme.
Elle descendrait de plusieurs espèces sauvages, notamment de Capra œgagrus du Caucase, de Capra Falconieri de l’Inde. Il y a eu probablement aussi des croisements avec Capra ibex des Alpes et des Pyrénées.
La Chèvre est élevée surtout en vue de son lait avec lequel on fait d’excellents fromages, soit avec son lait seul, comme en Berri, en Poitou et ailleurs, soit en le mélangeant avec celui de la Vache, comme au Mont-d’Or, soit en le mêlant au lait de Brebis, comme à Roquefort, soit en le mélangeant à la fois avec les laits de Vache et de Brebis. Son cuir est excellent pour la chaussure, la reliure, les gants. Sa chair, surtout celle du Chevreau, est passable.
Les départements les plus riches en Chèvres sont la Corse (environ 135.000), l’Ardèche (100.000), la Drôme, l’Isère, les Deux-Sèvres et l’Indre. Les plus pauvres sont Lot-et-Garonne, l’Aude, l’Orne, le Finistère (environ 1.500). La Suisse compte une nombreuse population de Chèvres. L’Algérie en possède plus que la France.
Genre Bœuf.—Bos taurus Linné.
Le Bœuf est domestiqué depuis l’époque la plus reculée, aussi bien la forme exotique à bosse «Bos indicus», asservie 2.100 ans avant notre ère, ainsi qu’en témoignent les monuments égyptiens, que la forme sans bosse, aussi bien que les formes très différentes de l’Orient, le Yak et d’autres.
On s’accorde assez généralement pour admettre que le bétail européen provient de trois espèces éteintes, l’Aurochs, «Bos primigenius», déjà domestiqué à l’époque néolithique, d’une espèce plus petite «Bos longifrons», et d’une troisième «Bos frontosus».
Comme le Bœuf est sujet à varier et que la sélection lui a été appliquée depuis de longs siècles, que les croisements ont été essayés à l’infini, il n’est pas étonnant qu’il existe aujourd’hui des races très diverses par la taille, la coloration, les proportions, les cornes, toutes fertiles entre elles, puisque même les «Bos taurus» et «Bos indicus» reproduisent parfaitement ensemble.
Même la durée de la gestation varie beaucoup, puisqu’on a constaté entre certaines races la différence énorme de quatre-vingts jours.
En France, presque chaque province nourrit une race de Bœufs, parmi lesquelles on peut citer les races limousine à robe blonde, charolaise, vendéenne, nivernaise, de Salers, normande, comtoise, angoumoise, la race noire de Camargue, la petite race pie de Bretagne, etc. La Belgique, la Suisse, la Hollande, l’Angleterre, possèdent des variétés magnifiques. En Pologne vit une race qui tient encore beaucoup de l’Aurochs et même du Bison.
On prétend que tout animal domestique redevenu sauvage reprend la coloration de ses ancêtres, mais, pour le Bœuf, on constate que là où il a repris la vie libre, la couleur est très variable. Ainsi, les races libres des Pampas et du Texas, provenant d’une souche espagnole, ainsi que celles d’Afrique, ont pris une coloration d’un brun foncé; d’autres, dans les îles du Pacifique et dans les îles Falkland, tirant leur origine du Bœuf de la Plata, sont blancs avec les oreilles noires.
Genre Cheval.—Equus Linné.
Cheval domestique. Equus caballus Linné.
A l’époque préhistorique, le Cheval vivait en France et en Belgique à l’état sauvage, l’homme le considérait comme un gibier et se nourrissait de sa chair. Plus tard, il fut domestiqué par nos ancêtres, non seulement en France, mais dans toute l’Europe et en Asie.
Il semble probable qu’à cette époque il y avait plusieurs espèces de chevaux, qui toutes cessèrent peu à peu d’exister à l’état libre, et asservies par l’homme donnèrent naissance aux ancêtres de nos races actuelles, mais avec des modifications résultant de croisements multipliés. Dans la suite, les peuples de l’Europe orientale et de l’Asie qui firent des invasions dans l’Europe centrale et occidentale amenèrent avec eux les chevaux de leurs pays, et de nouveaux croisements eurent lieu.
D’autre part, les hommes ont employé leurs chevaux à divers usages et ont à peu près créé des animaux aussi lourds et forts que possible pour traîner des chariots, ou vites et légers pour servir de montures; ils ont, au moyen de la sélection, façonné les bêtes dont ils avaient besoin, choisissant les reproducteurs, variant la nourriture, habituant à tels ou tels travaux leurs animaux, les transportant sous des climats différents. C’est ainsi qu’au moyen âge les chevaliers ont pu se servir du destrier, c’est-à-dire le cheval capable de supporter le poids énorme d’un chevalier bardé de fer. C’est ainsi qu’à notre époque, nous voyons autour de nous les lourds et puissants percherons ou boulonnais, les carrossiers élégants, le cheval de chasse, le cheval de course.
La température elle-même et les latitudes variées ont aidé à modifier les races; dans les pays secs, même très froids, le cheval a prospéré; dans les contrées humides il a dégénéré, et on sait que, dans certaines îles et dans les montagnes, il est devenu plus petit et a changé ses formes.
Il existe aujourd’hui beaucoup de variétés ou races nettement établies, différant entre elles par la taille, les proportions du corps, la tête, la forme des oreilles et de la crinière, du garrot et de la croupe. D’une part, on se demande quels changements on pourra désirer dans l’avenir, si on fera des chevaux plus petits que tels ou tels poneys ou plus grands que nos puissants boulonnais, si on pourra augmenter la vitesse du cheval de course qui semble avoir atteint son maximum; d’autre part, si les croisements de plus en plus multipliés au profit d’une race préférée ne feront pas disparaître d’autres races plus négligées, si par exemple le mélange de sang anglais toujours répété n’amènera pas la disparition d’anciennes formes, comme la limousine et autres.
Le Cheval sauvage n’existe plus, à proprement parler, que dans les steppes de l’Asie centrale, car en Amérique et ailleurs, les chevaux libres ne sont que chevaux échappés de la main de l’homme et ayant repris la vie sauvage depuis une époque relativement récente.
Ane domestique. Equus asinus Linné.
L’Ane est originaire d’Afrique et descend, selon toute probabilité, de l’Asinus tœniopus de l’Afrique orientale. De temps immémorial, il a existé en Égypte, en Abyssinie, en Arabie et en Syrie, et, de ce pays, il a été introduit en Europe.
Si l’Ane a moins varié que le Cheval, bien qu’il y ait aujourd’hui d’assez nombreuses races caractérisées, cela tient à ce qu’on n’a guère cherché à l’améliorer, car c’est un animal destiné au service du pauvre.
Il diffère notablement du Cheval par plusieurs caractères très importants et on sait combien sa voix ressemble peu à celle du Cheval. Ils s’accouplent pourtant facilement l’un à l’autre. Le produit de l’étalon et de l’ânesse, le bardeau, est une bête intermédiaire, qui ressemble à certaines races de chevaux abâtardies, assez rare du reste, et dont on se sert peu. De l’accouplement de l’Ane de grande taille avec la jument naît le Mulet, animal qui joint à l’élégance du Cheval une certaine ressemblance avec l’Ane et qu’on emploie avec grand avantage en certaines contrées.
Le Bardeau et le Mulet sont presque toujours incapables de se reproduire, et on cite comme un cas absolument remarquable le fait qu’une Mule a pu exceptionnellement être fécondée.
En France, l’Ane sert surtout aux pauvres gens; dans les campagnes, chaque paysan possède un ou plusieurs ânes. En Poitou, en particulier, on s’occupe spécialement de l’Ane et on a obtenu des animaux de forte taille qui servent d’étalons pour produire des mulets dont on fait un grand commerce.
Chien domestique. Canis familiaris Linné.
L’homme a apprivoisé, dès la plus haute antiquité, plusieurs espèces de Canidés; il a élevé les animaux qui pouvaient lui être utiles et les a croisés et mélangés entre eux avec des espèces encore sauvages, si bien qu’il a obtenu des chiens qui, avec les siècles, se sont modifiés et différenciés de plus en plus.
Déjà, à une époque extrêmement reculée, il existait des races tout à fait tranchées, puisque les monuments égyptiens, assyriens et autres, nous montrent la figure de bêtes voisines du lévrier, du dogue, d’un chien courant et d’un basset.
Tout fait supposer que les premiers chiens domestiques sont provenus, en Europe, du Loup et du Chacal, croisés peut-être avec une ou deux races éteintes; en Égypte, d’une espèce qui pourrait être le «Canis lupaster»; en Afrique, le «Canis simensis»; dans l’Inde, le «Canis pallipes»; en Amérique, de plusieurs espèces; et les croisements de tous ces chiens domestiqués, avec de temps en temps la survenance de formes bizarres ou particulières qu’on a propagées, ont produit nos races, aujourd’hui si dissemblables. Le changement de climats a aidé aussi à créer des variétés, et on peut citer, par exemple, le Chien de Terre-Neuve européen, qui ne ressemble plus guère maintenant au Chien habitant Terre-Neuve.
D’après leurs formes, on peut classer les chiens par groupes: par exemple celui des dogues, si fortement caractérisé, représenté par des animaux de toutes tailles, celui des terriers, celui des lévriers, des Danois, des chiens de berger, celui des chiens de chasse. En réalité, il existe des centaines de races si bien tranchées que si on les trouvait à l’état sauvage, on en ferait avec raison des espèces et même des genres très bien caractérisés.
Chat domestique. Felis domestica Brisson.
Le Chat est répandu partout. Ses variétés diffèrent par la taille, la coloration et les proportions du corps. A l’origine, plusieurs espèces ont dû être apprivoisées par l’homme, qui s’emparait des jeunes et les élevait dans ses habitations, puis, des croisements se sont faits entre les divers types, le plus souvent en dehors de sa volonté, car les chats sont tellement vagabonds qu’il a été impossible de leur appliquer une sélection plus ou moins raisonnée, comme on a fait pour les autres animaux.
On a trouvé en Égypte des momies de chats appartenant à trois espèces, dont deux y vivent encore à l’état sauvage et à l’état domestique, «les Felis caligata, bubastes et chaus». Une race espagnole semble descendre du «Felis maniculata», le Chat angora, d’Asie, provient très probablement des «Felis manul et maniculata», et il est à croire qu’en Europe, le «Felis catus», notre Chat sauvage, a été élevé et a donné naissance à une race semi-domestique.
Ces races, emmenées par les émigrants d’un pays dans un autre, se sont accouplées à l’infini, et le résultat a été la création de nos chats domestiques, d’autant mieux que tous ces chats actuels se croisent très facilement entre eux et avec les espèces libres, par exemple en Algérie avec le «Felis lybica», dans l’Afrique méridionale avec le «Felis caffra», dans l’Inde et en Amérique avec plusieurs espèces, et les métis sont toujours féconds.
Le Chat s’est habitué à demeurer avec l’homme, et en beaucoup de maisons la Chatte ne quitte jamais l’habitation de son maître. On a même vu des chats transportés à de grandes distances retrouver leur direction et regagner leur ancien domicile. Mais souvent aussi le Chat, surtout le mâle, s’éloigne de la maison, soit pour rechercher les femelles, soit pour chasser dans les champs et les bois. Dans nos campagnes, où parfois il est mal nourri, il quitte définitivement l’habitation et il reprend la vie libre, demeurant dans les bois à la manière du Chat sauvage. Là, ils s’accouplent avec le «Felis catus» et on trouve de ces métis, toujours reconnaissables à leur facies et à leur queue. Autrefois, quand le «Felis catus» était commun, les descendants de ces métis retournaient rapidement au type sauvage. Aujourd’hui, ces chats errants ne peuvent faire souche, parce qu’ils périssent toujours, pris dans les pièges ou tués par les chasseurs.
Genre Cobaye.—Cavia.
Cobaye Cochon d’Inde. Cavia aperea Gmelin.
Le Cochon d’Inde est le représentant domestique du «Cavia aperea», un Rongeur du Brésil, amené en Europe peu de temps après la découverte de l’Amérique. Depuis son acclimatation chez nous, il a notablement varié et est aujourd’hui assez différent du type sauvage. Il n’existe, au surplus, en Europe, aucun représentant de sa famille.
Chacun connaît ce petit animal, généralement de couleur blanche, plus ou moins taché de noir, de gris, de fauve ou de jaune, très doux, très prolifique, qu’on nourrit de pain, de grains, d’herbes et de fruits.
Il fait souvent entendre un petit grognement, ce qui lui a fait donner dès le XVIe ou XVIIe siècle, alors que l’Amérique portait ordinairement le nom d’Indes occidentales, son nom de Cochon d’Inde.
Les Cobayes sauvages vivent dans les forêts de l’Amérique méridionale.
On le mange, bien que sa chair soit médiocre, mais c’est plutôt une bête d’agrément qu’un animal utile, quoiqu’il soit devenu précieux pour les expériences de laboratoire.
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Les noms latins sont imprimés en italique, ceux des familles en égyptienne. Les chiffres renvoient aux pages.