CONCILIUM GENITALE. Lucr. Conseil où l'on agite si l'on mettra un homme au monde; assemblée où l'on traite plaisamment de la génération de l'homme; accord mutuel de la nature; correspondance des natures.
CONCIPERE EX ALIQUO. Cic. Concevoir du fait de quelqu'un; être grosse des œuvres d'une personne; s'être imprimé fortement les plus vives et les plus sensibles expressions d'amour de quelqu'un.
CONCUBINA, ae, f. Cic. Concubine; maîtresse; femme d'un homme qui n'est pas marié; celle à qui un homme ne s'est pas engagé pour toujours80.
[80] Synonymes: concuba, concubia, succuba, pellex.
CONCUBINATUS, us. Plaut. Concubinage; habitude de plaisir amoureux avec une personne81.
[81] Qui n'est point sa femme par contrat notarié.
CONCUBINUS, i, m. Catull. Qui a une maîtresse; qui est en habitude amoureuse avec une fille; qui a une concubine. Ou (Quintil.): qui a une patience féminine en amour; catamite82.
CONCUBITOR, oris, m. Qui couche avec un autre de quelque sexe que ce soit, ou par compagnie, ou dans la vue du plaisir.
CONCUBITUS, us, m. Ovid. Les caresses du lit; la tâche des amants; le devoir amoureux; l'ouvrage d'amour83.
[83] Concubitus quaerere: désirer, rechercher le plaisir amoureux.
CONCUBITUM PETERE, PATI. Ovid. Rechercher, souffrir les caresses du lit.
CONCUBO, as, are, CONCUMBO, is, ubui, ubitum, umbere. Coucher avec quelqu'un, homme ou femme: ce mot n'est obscène qu'autant que, de l'action très innocente de coucher deux, il résulte un plaisir qui n'est pas innocent.
CONFICERE VIRGINEM. Ter. Abattre la fermeté d'une fille; avoir les gants d'une belle; humilier une pucelle84.
[84] Forcer la garde du palais d'Amour.
CONFUTUO, is, ere. Catull. Faire de compagnie ce qu'on appelle f...... Ou: pondre au même nid qu'un autre85.
[85] Posséder à deux les faveurs d'une belle.
CONGENUO, as, are. Varr. Serrer les genoux pour être plus ferme en lice.
CONGRESSUS, us, m. Combat de deux personnes sur un lit ou sur un canapé. Congressio exprime la même chose.
CONISALUS, i, m. Les armes de Priape.
CONJUGIUM, ii, n. Virg. L'action du mariage, le devoir conjugal.
CONJUGIO ALTERIUS POTIRI. Virg. Faire un cocu; jouir de la femme d'un autre; planter des cornes à quelqu'un.
CONNATATIO, onis, f. V. CONNATIO.
CONNATILIS, m. f. le, n. is, g. Qui travaille au même atelier amoureux; qui entre de part dans une intrigue amoureuse; qui nage en amour dans la même eau; qui fait société avec un autre pour un commerce d'amour; qui vogue en amour sur la même mer.
CONNATIO, onis, f. Plaut. Course dans la même lice amoureuse; société en amour; jouissance par indivis; travail au même atelier amoureux; intrigue amoureuse partagée de concert. Ou, autrement: partage des faveurs d'une belle avec quelqu'un.
CONNATO, as, are. Plaut. Partager un cœur avec un autre; être rival heureux d'un amant bien traité; cultiver amoureusement avec quelqu'un le même champ; travailler au même atelier d'amour, n'être pas seul qui ait part aux faveurs d'une belle; goûter les douceurs d'amour au même endroit qu'un autre; aimer sans jalousie en même lieu; être en société d'amour avec quelqu'un; avoir un compagnon de jouissance.
CONQUINIO, is, ire, CONQUINISCO, is, ere. Plaut. Offrir le présent de Ganymède. Ou: baisser la tête et plier le corps, pour donner belle à l'enfilade.
CONSTUPRO, as, are. Violer, faire violence à la pudeur; vouloir donner par force du plaisir à des femmes qui n'en veulent pas avoir.
CONSUESCERE ALICUI. Ter. ALIQUO ou & CUM ALIQUO. Plaut. Être l'un avec l'autre dans la dernière privauté; avoir l'un pour l'autre une amoureuse complaisance; se donner ensemble de telles libertés, qu'on ne puisse se refuser rien; être familier au dernier point avec une personne86.
[86] Être bien d'accord ensemble.
CONSUESCERE CUM MULIERE. Cic. Être en intrigue avec une belle; avoir commerce ou des liaisons secrètes avec une personne; avoir une habitude; avoir une inclination; avoir une maîtresse; faire galanterie avec une belle.
CONSUETIO, onis, f. Plaut. Commerce amoureux, galanterie; habitude galante; intrigue; liaison d'amour.
CONTUBERNIUM, ii, n. Cohabitation qui dégénère quelquefois en colibertinage, et tellement que ce mot, dans Suétone, veut dire concubitus. Vesticontubernium exprime la même chose.
CONTUS PEDALIS vel SESQUIPEDALIS. La perche d'amour. Ce mot est bien expliqué à l'article MENTULA.
CONVENIO, is, ire. Plin. S'accorder dans le point qui fait la liaison la plus étroite des deux sexes; ne faire qu'un tout amoureux de deux moitiés séparées; en venir aux prises sous les étendards de l'Amour; livrer le combat amoureux; s'assembler amoureusement.
COPA, ae, f. Virg. Fille de plaisir; fille de joie; fille de commodité; courtisane; fille commode.
COPULO, as, are. Se joindre deux à deux, corps à corps: s'unir étroitement; jouir amoureusement.
COROLLARIUM PUERILE. Apul. La bague que courent certains amoureux dévoyés du chemin naturel; le soleil rouge-brun de Vénus antistrophe.
CORONA, ae, f. La tête du dieu Priape.
COTYTTIA, orum, n. Les mystères de la déesse Cotytto, ou de l'impudicité. Cette déesse n'était ci-devant qu'une danseuse, dont l'extrême lubricité mérita des autels; ses prêtres s'appelaient Baptae; ils dansaient en contrefaisant les femmes, et probablement prenaient leur place quand ils trouvaient des amateurs. Eupolis fit une comédie intitulée Baptae: Alcibiade, le Socratique Alcibiade, s'y trouvant désigné, tua tout bonnement l'auteur pour l'empêcher de critiquer les mœurs de ses contemporains.
COXA, ae, f. La cuisse touche de bien près au temple de Vénus, et celui-ci est souvent désigné chez les poètes par tout ce qui l'avoisine. Laufella tollit pendentis praemia coxae (Juven.): cela veut dire qu'elle se présente de si bonne grâce au combat amoureux, qu'elle remporte la victoire.
CRISSANS, tis, omn. gen. Juven. Qui remue les fesses; qui joue du croupion; qui tortille les fesses; qui remue le cul fort dru.
CRISSATURA, ae, f. Lucret. Remuement de fesses: jeu du croupion; mouvement de cul fort prompt; tortillement de fesses fort dru.
CRISSO, as, are. Remuer les fesses; faire des mouvements de fesses fort drus; jouer du croupion; tortiller le cul légèrement; faire des tortillements de cul fort prompts. Ce verbe est particulier aux femmes et à ceux qui en font l'office87.
[87] On croit qu'il se prend plus particulièrement pour la posture qu'adopte la femme quand elle se met sur l'homme pour ne pas avoir le dessous; alors elle s'agite beaucoup mieux, et cela donne l'explication du lumbi fluctuantes de la 18e Priapée.
CROCOTULA, ae, f. Movere lumbos in crocotula. Habit léger pour les femmes, et couleur de safran, peut-être par allusion à quelques usages dans les orgies des Anciens autrement appelées fêtes nocturnes, mystères, etc. Habits de combat qui ne mettent que peu d'obstacles à la jouissance. Si l'on veut avoir des détails sur les habillements des femmes voluptueuses de l'Antiquité, il faut consulter l'Errotika Biblion, p. 94.
CRYPTA, ae, f. La grotte de Vénus.
CTIR, ind. La fontaine des amoureux et le gazon qui l'environne88.
[88] La carte des pays bas.
CUCURBITA, ae, f. Plaut. Femme galante89.
[89] Qui se livre aisément.
CUCURBITARIUS, ii, m. Qui met en œuvre la femme d'autrui, principalement celle de son seigneur de fief, ou de son maître, ou quelqu'une de leurs parentes.
CUCURBITATIO, onis, f. La liberté qu'on prend de semer dans le jardin secret d'autrui, etc.
CUCURBITO, as, are. Planter dans le jardin de plaisir d'autrui, et particulièrement de son seigneur de fief, ou de son maître; ou mettre en œuvre quelqu'une de leurs parentes.
CULICES PATI. Se laisser Ganymédiser.
CULUS, i, m. Visage à deux parties, autrement dit postérieur; objet du culte des hérétiques en amour. Culus tritus, autel trop fréquenté, où les sacrifices sont banaux. Synonymes: pars postica, clunes.
CUNNAGIUM, ii, n. Le droit du seigneur en amour; droit de coucher, la première nuit des noces, avec les femmes de ses vassaux, possédé autrefois par les comtes chanoines de Lyon90.
[90] Tout cela est aboli, en France, avec les droits de fiefs.
CUNNATUS, a, um. Qui est pourvu de la partie qui fait presque tout le mérite des femmes.
CUNNILINGUS, a, um. Priap.91. Qui lèche le plat dans lequel on sert le mets amoureux; lèche-c.., épithète des petits chiens des dames, qui, par là, deviennent souvent enragés92.
[91] Lingua maritus (Martial.)
[92] Il y a des hommes qui leur envient ce nom. On dit que les chiens deviennent enragés à force de s'occuper de cet ouvrage: mais il faut l'être pour les imiter.
CUNNOSUS, a, um. Qui loge au large les pèlerins d'amour93.
[93] Anneau trop grand pour le doigt.
CUNNULUS, i, m. Ce qui ne se trouve que chez les petites filles, un conin, un conichon.
CUNNUS, i, m.94 Hor. Le conduit de l'urine féminine; le vase amoureux; le chemin couvert de l'amour; la coquille de Vénus; le pays natal du genre humain; le but où visent les amants; l'endroit, chez les femmes, qu'on dit, mais qu'on n'imprime pas; l'autel où l'on sacrifie à l'Amour; le temple de Vénus; l'objet des peines et des plaisirs des amants; le bel endroit; le carquois de Cupidon; la boutique où l'Amour fait travailler en peau; le colombier de Vénus; le point d'honneur des dames95; le centre des délices amoureuses; le champ de bataille d'amour; le manège des coursiers de Cupidon; la nasse où se prennent les anguilles amoureuses; la salle d'armes du dieu d'amour; la fontaine où l'on porte l'eau; le réservoir de propagation; le four qui fait lever la pâte; la cuve de la brasserie humaine; le marais d'amour où l'on enfonce jusqu'au ventre; le trébuchet amoureux; le nid de l'oiseau d'amour; le nord de l'aiguille amoureuse; le calendrier naturel; le puits d'amour; la grotte de Vénus; l'embrasure des canons de Cupidon; le mortier amoureux; le terroir où l'on plante l'herbe sensitive; le champ qu'on aime à défricher; le terrier du lapin de Vénus; l'hôtellerie des pèlerins amoureux; l'objet de la galanterie; le creux où l'on moule les hommes; le cadran qui a souvent besoin d'aiguille; la manufacture de Cupidon; le tronc où chacun s'empresse de mettre la pièce; le trône du dieu des appas; le tribunal d'amour; le clocher où Vénus fait carillonner; le fourreau propre à toutes lames; le chemin qui conduit au plaisir; le receveur des droits de la mère d'Amour; le lieu de la folâtrerie; le bureau de la confrérie de Vénus; le bassin où l'on met les offrandes amoureuses; le peloton où Vénus fiche ses épingles; le fourneau où l'on fixe le mercure d'amour; le camp où l'Amour fait planter le piquet; le plus fort des objets de la tentation; le manichordion de Vénus; le creuset où l'on met les hommes en fonte; le palais de la galanterie; la galère qu'une seule rame met en mouvement; la prairie des amours; le cabinet de Vénus; le jardin de plaisir; la lice des coursiers d'Amour; le magasin des plaisirs amoureux; la niche du dieu Priape; la foulerie d'Amour; l'abreuvoir des coursiers de Cupidon; le tire-moelle amoureux96.
[94] EPIGRAMMA JOANNIS SECUNDI
[95] Ce que les dames appellent «leur honneur», le «cœur» du chevalier de Boufflers.
[96] La partie qui distingue spécialement le sexe féminin. Nulle femme sans c.., nul homme sans v... Synonymes Latins de ce bijou: vagina, fossa inguinis, sulcus, arvum muliebre, genitale, hortus Cupidinis, pudendum muliebre, puta, selinon, prodigiosa Venus, meatum Veneris, feminal, virginal, radius Veneris, scrobs virginalis, barathrum foemineum, lanuvium, xanion, ulcus, rima, caverna, custon.
CURRUCA, ae, m. Celui que nous appelons improprement cocu, à qui sa femme donne un substitut97.
[97] Qui n'est pas seul possesseur de son bien.
CYANISSANS, tis, omn. gen. Qui a envie de travailler naturellement; qui veut mettre en pratique le symbole de la fève qui a encore sa peau (c'est la fève de marais, symbole qui a fait dire à Pythagore: Abstine a fabis, abstenez-vous des fèves)98.
[98] Axiome rejeté par les femmes, même les plus philosophes.
CYBELE, es. f. Cybèle, la mère des Dieux, la Bonne Déesse. Ses mystères se célébraient dans le plus grand secret, mais il paraît que la chasteté et la tempérance n'y présidèrent pas toujours, quoique les femmes eussent été dans l'origine les seules initiées. P. Clodius fut le premier qui entreprit de les violer en s'introduisant, sous l'habit d'une danseuse, dans l'appartement de Pompeia, épouse de Jules César. La chronique dit qu'il voulait abuser de cette femme. Les prêtres de cette déesse se nommaient Galli, et avaient été privés de cette partie qui nous rend hommes. Dans les temps de corruption, des hommes faisant fonctions de femmes imitèrent entre eux ces mystères et, comme on peut le croire, y introduisirent ce que la lubricité humaine a de plus dégoûtant.
CYDON, onis, m. Pédéraste, Gomorrhiste.
CYLLO, onis, m. Cic. Qui a été amplement pourvu par l'Amour en faveur des dames; personnage bien envitaillé.
CYNAEDUS. Voy. CINAEDUS.
CYSONIPTES, ae, m. Baigneur qui a soin de tenir propre tout ce qui est plus particulièrement dédié à l'amour.
CYSTHOS, i, m. V. CYSOS. Ou: les fesses. Ou: le trou du cul.
D
DECURRERE SPATIUM AMORIS. Faire la course au jardin d'amour; courir la bague; jouir amoureusement.
DEGLUTIO, is, ire. Prendre à la bouche la flûte de Cupidon; la recevoir, la presser avec les lèvres:
DEJICERE CAPUT. Baisser la tête en courbant les reins pour offrir mieux la bague; présenter le cul en haut99.
DELPHYS, yos, f. La coquille du limaçon d'amour. Ou: la matrice.
DELTA, ind. Le triangle de la géométrie d'amour; l'entrée du jardin de Vénus; l'ouverture de l'antre des Nymphes.
DEMITTERE CAPUT. Faire près d'une femme l'office de petit chien; lécher la baratte où l'on bat le beurre en amour100.
[100] Voy. VORARE TENTA.
DEPRENSUS, DEPRENSA. Pris sur le fait: Nihil est audacius, illis deprensis (adde mulieribus.) Juven.
DEPSO, is, psui, psitum, ere. Cic. Pétrir le levain amoureux; battre le beurre d'amour.
DESTUPRATRIX, icis, f. Mart. Une tribade.
DIFFUTUTUS, a, um. Épuisé par trop de jouissance. Voy. EXFUTUTUS. Virgo diffututa, fille commode, qui se laisse caresser par tout le monde.
DIGITUS IMPUDICUS, INFAMIS. C'est le substitut d'un très joli instrument dont les dames aiment à jouer. Les Anciens paraissent avoir employé ce doigt à plusieurs usages: tantôt à procurer du plaisir aux femmes, tantôt à montrer aux hommes le désir d'une jouissance contre nature.
DINDYMUS, i, m. Le trou de la verge de l'homme.
DIOBOLARES, ium, f. Courtisanes pour le bas peuple; raccrocheuses; salopes à deux sols; paillasses de corps-de-garde.
DISSAVIOR vel DISSUAVIOR, aris, ari. Embrasser avec ardeur, avec vivacité.
DIVIDERE CUM ALIQUA. Petr. Partager avec une belle les plaisirs de l'amour; diviser le terrain amoureux.
DIVISOR, oris, m. Cic. Corrupteur de jeunes garçons.
DIVOLTRES, ium, f. Garces à canailles; donneuses de bonsoir101.
[101] Coureuses de nuit; chauves-souris.
DO, as, are. Dare solet. Mart. Elle a coutume de s'en faire donner102.
[102] Dare. Ce verbe se prête à beaucoup d'obscénités; c'est un de ces mots commodes dans les langues, que l'on prend en bonne ou mauvaise part selon l'intention louable ou maligne de l'écrivain. Donner, prêter, accorder, consentir, voilà ses acceptions dans le langage amoureux.
DARE OPERAM LIBERIS. Cic. S'étudier à faire des enfants; s'appliquer à se faire des successeurs; s'employer à perpétuer sa race; travailler à sa postérité.
DORILLUS, i, m. Le jardin de Nature; le champ de Vénus; le clapier d'amour.
DRAUCUS, i, m. Mart. Pédéraste.
DRILOPOTA, ae, m. Celui qui boit dans un vase qui représente le laboureur de la Nature103.
[103] Vitreo bibit ille Priapo (Juven.).
DUCO, is, xi, ctum, cere. Plaut. Trouver une femme, ou un mari, dans sa main104.
[104] Faire jouer le prépuce sur le gland.
DUCTO, as, are. Ter. Conduire au plaisir.
DUCTARE AMICAM. Plaut. Conduire du bout du doigt sa maîtresse au plaisir.
E
EMASCULATOR, oris, m. Apul. Pédéraste. Ou: qui effémine, qui rend efféminé105.
[105] Bourreau des facultés viriles; destructeur d'hommes.
EFFEMINO, vel EFFOEMINO, as, are. Être sans force et sans courage. Ce verbe a des rapports, au figuré, avec ementulare. Effeminatus culus. Priap. Bijou Grec sans ressort, ou dont le ressort est usé par le service.
ELECEBRAE, arum, f. Courtisanes, filles de joie.
ELEPHANTIS, idis. Priap. Jeune fille Grecque auteur d'ouvrages galants dans le genre de ceux de l'Arétin, des Élégances Latines du faux Meursius, du Portier des Chartreux, et de tous les livres lubriques à l'usage des modernes. Philænis et Cyrène, autres jeunes filles Grecques, passent pour avoir composé de pareilles tablettes où étaient peintes les postures libidineuses et leur explication. Elles étaient autrefois, comme à présent, les leçons préparatoires pour la jeunesse de l'un et l'autre sexe que les personnes d'un âge mûr ne prenaient pas la peine d'instruire. De jeunes filles innocentes venaient offrir en don ces tablettes au dieu Priape, pour lui demander la réalité des peintures. On doit croire qu'elles traitaient fort mal leur protecteur, lorsque le vœu n'était pas exaucé; Sotade, poète de Mantinée, a composé un ouvrage intitulé Cinaedica; c'est Suidas qui nous l'apprend. L'empereur Tibère avait orné les murs de sa chambre à coucher, à Caprée, de ces peintures lubriques, et cette mode a été adoptée par quelques vieux et invétérés libertins de son siècle et des suivants.
EMASCULATUS, a, um. Bardache, Ganymède, catamite. Ou: châtré; ou: rendu efféminé.
EMASCULO, as, are. Apul. Châtrer. Ou: efféminer, rendre efféminé. Ou: métamorphoser un mâle en femelle; se servir d'un mâle aux usages féminins.
EMBOLUM, i, n. Ce qui est cause que l'écusson des filles est fait en losange; le losange de la géométrie d'amour; l'entrée du palais de Vénus.
EMENTULO, as, are. Priver du sceptre amoureux106.
[106] Retrancher la partie spécifique du sexe masculin.
ENTESYPATHIA, ae, f. Ce qui se passe dans celui qui se laisse Ganymédiser; ce que souffre un successeur de Ganymède.
EPISIUM, ii, n. Ce qu'on recherche dans le sexe féminin, quoiqu'on lui donne le nom de partie honteuse.
EQUITO, as, are. Faire la cavalcade; se frotter mutuellement l'endroit sensible en remuant l'un sur l'autre; tribader:
EQUUS HECTOREUS. Mart. La posture favorite du sexe; le cheval d'Hector; l'amoureuse situation qu'Andromaque exigeait de la complaisance d'Hector107.
[107] Et dont toutes les femmes font usage dans le déduit.
EREBINTHINUS, a, um. Qui concerne le bélier d'amour.
EREBINTHUS, i, m. Bélier de Cupidon; la machine avec laquelle l'Amour force les remparts amoureux.
EROMENE, es, f. Maîtresse; inclination; bonne amie.
EROMENUS, i, m. Mignon; favori; Ganymède.
EROTIUM, ii, n. Plaut. Une petite maîtresse; un petit amour; une jeune mignonne108.
[108] Sunamite.
ERUCA, ae, f. Herba salax; c'est une herbe qui excite à l'amour. Les personnes d'un tempérament paresseux en font usage. C'est, selon Tournefort, la roquette. Les oignons et le satyrion, les artichauts, font, à ce qu'on dit, le même effet; mais malheur à ceux qui en font trop usage, car il est pernicieux.
ESCHARA, ESCHARIA, ae, f. Les lèvres de la bouche d'en bas109.
[109] V. ci-dessous EXSORBERE VIROS.
EUGIUM, ii, n. Laber. et Lucil. Le clitoris. Ou: la membrane Hymen. Ou: voy. CUNNUS.
EUNUCHUS, i, m. Triste sujet, homme nul, impropre au plaisir des dames et, par conséquent, l'objet de leur antipathie. En Asie, ils sont les gardiens de la vertu des belles; mais celui qui porte la clef de leur trésor est toujours sûr de s'en rendre maître, malgré ces odieux Argus. En France, et surtout en Italie, ils sont fort utiles aux prélats, soit pour la musique de la cathédrale, soit pour un usage moins canonique.
Il y a cependant des eunuques à qui il reste l'image de la virilité, et qui n'en ont perdu que les témoins: ceux-ci sont encore utiles au beau sexe, qui s'en amuse sans danger pour la grossesse. Martial a dit:
EXERCINATES, is, omn. gen. Qui sait remuer les fesses; savant en l'exercice des fesses; dressé au manège des fesses; qui sait jouer du croupion.
EXFORNICOR, ari. Pécher contre nature.
EXFUTIO, is, ui, utum, ire. Énerver; effouter110.
[110] Rendre nul, impuissant.
EXFUTUTOR, oris, m. EXFUTUTRIX, icis, f. Qui énerve; qui effoute.
EXFUTUTUS, a, um. Catull. Énervé; effouté111.
[111] Latera exfututa: flancs mis à sec par trop de jouissance.
EXIMEQUI, orum. m. Pourvoyeurs d'amour.
EXOLETUS, a, um. Usé, anéanti par les débauches.
EXONIROTTICUS, a, um. A qui les pollutions nocturnes sont fréquentes; qui répand d'ordinaire sa semence pendant la nuit.
EXONIROGMUS, i, m. Écoulement de semence involontaire pendant le sommeil.
EXPATRO, as, are. Faire la douce affaire. V. PATRO.
EXPERTA PUELLA VIRUM. Hor. Fille qui sait ce que c'est qu'un homme; fille qui connaît par expérience les plaisirs qu'un homme peut lui procurer; fille qui s'est fait essayer; fille qui a combattu en champ clos; fille qui s'est éprouvée avec un homme.
EXPROCOR, ari. Demander la courtoisie. Ou: obtenir la dernière faveur.
EXPUGNATOR PUDICITIAE. Cic. Un galant dangereux; un crocheteur de pucelages; un forceur de remparts amoureux112.
[112] Un dénicheur de vertu.
EXPUGNARE PUDICITIAM PUELLAE. Cic. Forcer un jeune cœur à se rendre à ses désirs galants; tirer les premières faveurs d'une jeune fille; venir à bout d'une jeune personne; avoir les gants d'une belle; obliger un jeune enfant à céder à ses galanteries; crocheter un pucelage; cueillir les premiers fruits de l'amour.
EXSORBERE VIROS. Avaler des hommes (par métaphore.) C'est assez pour les dames d'avaler la partie qui leur plaît davantage, et cela par la voie ordinaire; car l'idée de l'extraordinaire fait vomir.