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Dictionnaire érotique Latin-Français

Chapter 14: I
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About This Book

The volume presents a Latin-to-French lexicon of erotic vocabulary, pairing Latin lemmas with French equivalents, paraphrases, and usage notes drawn from manuscript compilations. Entries are illustrated by citations from classical and later authors and often accompanied by editorial commentary on meaning, usage, and variant readings. Prefatory material recounts the manuscript provenance and the editor's aims, while appended notes and proposed supplements address related priapic poems and facetious Latin compositions. The work serves as a practical glossary for reading sexual language in Latin literature and as a scholarly compilation of annotations and textual references.

FACILIS VIRIS. Complaisant avec les hommes; ne sachant pas les refuser, quand même il s'agirait d'offenser la nature.

FACIO, is, ere. Plaut. Faire ce qu'on appelle faire113.

[113] Par excellence. C'est agir d'une manière agréable.

FACTURIO, is, ivi, itum, ire. Plaut. Avoir envie de le faire; souhaiter de travailler d'après nature114.

[114] Désirer ardemment le déduit.

FASCINOSUS, a, um. Priap. Bien fourni du charme viril; amplement pourvu de ce qui charme les belles; qui a un grand persuasif en amour.

FASCINUM, i, n. Hor. Le membre par excellence; le charme viril; le laboureur naturel115.

[115] L'instrument de la propagation humaine.

[116] Les Vestales sacrifiaient au culte du dieu Fascinus, et peut-être s'en servaient-elles comme de correctif au vœu de virginité qui leur interdisait tout commerce charnel avec les hommes. Pauvre consolation, mais bien connue des Religieuses qu'on vient de rendre à la société. Que de dévotes le dieu Fascinus va perdre!

FELES VIRGINALIS ou VIRGINARIA, f. Plaut. Celui ou celle qui dérobe des jeunes filles pour les dédier à Vénus117.

[117] Corruptrice de jeunes filles.

FELES PULLARIA, f. Auson. Qui enlève des petits garçons pour en faire des Ganymèdes118.

[118] Autre genre de corruption, mais contraire aux lois de la Nature.

FELLATRIX, icis, f. Suceuse; qui emploie la bouche supérieure à l'usage de l'inférieure; qui boit des hommes.

FELLICANDUS, a, um. Solin. Qu'on donne à sucer; qu'on donne à teter.

FELLICATIO, onis, f. Le sucement; l'action de teter le trayon amoureux.

FELLICO, as, are. Solin. Sucer, teter.

FELLITO, as, are. Solin. Sucer souvent.

[119] Se dit des femmes qui consentent à cette vilenie.

FEMINAL, is, n. L'endroit par où les femmes se distinguent120.

[120] La partie spécifique du sexe féminin.

FEMINALIA, um, n. Suet. Haut de chausses, caleçons, et tout ce qui sert à couvrir les cuisses et les parties de la génération.

FEMEN, FEMINA, n. Se prend quelquefois pour femur et femora. On veut aussi que cela signifie le chemin de la création, ce qui ne serait pas extraordinaire, vu la proximité.

FEMUR et FEMORA, n. Les cuisses, ou les grosses colonnes du temple de Cypris; ou le temple lui-même. Femori conserere femur, committere, vel imponere: jouir, confondre deux corps en un.

FESCENNINI VERSUS. Vers obscènes qui se chantaient aux noces. Catulle, dans l'Epithalame de Julie et de Manlius, dit:

Nec diu taceat procax
Fescennina locutio.

Lorsqu'on veut dire des injures en vers, cela s'appelle Fescennina licentia.

FLAGITATUS, a, um. Fest. Qui s'est laissé employer aux usages amoureux; qu'on a mis en œuvre en amour.

FLAGITO, as, are. Apul. Employer aux usages amoureux; soumettre aux désirs amoureux; mettre en œuvre amoureusement.

FLAGITARE ANCILLAM. Ulp. Mettre en œuvre sa servante; employer amoureusement sa servante.

FLAGITIUM, ii, n. Crime que les jeunes filles pardonnent à l'amant chéri. Le viol est un attentat contre la pudeur: l'amour seul peut le faire pardonner.

FLOS, oris, m. Catull. Le pucelage.

FODERE JACENTEM. Sonder quelqu'un amoureusement. V. STUPRO.

Servus erit minus ille miser, qui foderit agrum,
Quam dominum...
(Juven.)

FORNIX, icis, f. Hor. Maison de plaisir; bordel; lieu de prostitution; maison de débauche. Ou (Suet.): personne prostituée de l'un ou de l'autre sexe; fille de commodité; ou: Ganymède.

FORNIX BITHYNICUS. Suet. Jules César, galantisé dans sa jeunesse par Nicodème, roi de Bithynie.

FOSSAE INGUINIS. Périphrase. V. CUNNUS. Fossa notissima cinaedis est le contraire de cunnus.

FRANGO, is, ere. Ganymédiser.

FRICARE TERGA, FRICARE MEATUM VENERIS. Frotter, électriser la partie amoureuse. Le frottement produit le feu: c'est ce qui rend les femmes si endiablées, que plus on les frotte et plus elles veulent être frottées.

FRICATRIX, icis, f. Mart. Frotteuse; celle qui fait une légère friction sur quelque partie, soit pour le plaisir, soit pour la santé.

[121] Mais un palliatif n'a jamais valu l'objet à remplacer.

FRUTINAL, is, n. Fest. Temple dédié à Vénus qui procure la jouissance.

FRUTIS, is, f. Solin. Surnom de Vénus qui procure la jouissance.

FULLO, onis, m. Naev. Pédérastie. Ou: pédéraste.

FULLONIUS FRUCTUS. Plaut. Le gland de Cupidon. Cras mihi potandus fructus est fullonius. Plaut. Je dois demain passer par les piques; il faudra demain que je prenne le gobet amoureux.

FURTIVA VENUS. Ovid. De furtives amours; un mariage clandestin; des larcins amoureux; une amourette cachée; des plaisirs d'amour dérobés122.

[122] Paillardise secrète.

FURTA VENUS SUA VULT CELARI. Ovid. Vénus pardonne les larcins qu'on lui fait, pourvu qu'on s'en taise; la mère d'Amour impose silence sur les faveurs qu'on lui dérobe; on ne doit point parler des larcins amoureux123.

[123] Furta novare ignota Venere: s'égayer, se ravigoter par une jouissance nouvelle.

[124] Et, selon Martial, tribader.

FUTUTIO, onis, f. Catull. V. FUTUITIO.

[125] Martial appelle une tribade fututor foemina.

FUTUTUS, a, um. Mart. Exercé amoureusement; employé à l'exercice de Vénus; à qui on l'a fait; enfilé amoureusement; travaillé naturellement; baisé; sanglé; exploité amoureusement126.

[126] Caressé.

G

GALLUS, i, m. En langage ordinaire, gallus est un coq; mais en style obscène, gallus veut dire un chapon, un castrat, un chanteur à voix claire, un prêtre de Cybèle. Gallo turpius est nihil Priapo. Mart.

GANEO, onis, m. Libertin; pilier de mauvais lieux.

GANYMEDES, is, m. Fils de Tros, roi des Troyens. C'était un beau garçon, et si beau, qu'il plut à Jupiter, qui tour à tour s'amusait avec les hommes et avec les femmes. Or donc, Jupiter en fit son page, son échanson, son mignon, son giton, et lui donna les grandes entrées à la Cour céleste, afin de le voir plus souvent. Depuis ce temps, beaucoup de potentats, de grands seigneurs, tant laïques qu'ecclésiastiques, ont voulu avoir leur Ganymède. Cette fantaisie gagna les villes et les faubourgs dans les pays civilisés; et, ce qu'il y a de singulier, c'est que des sauvages ont eu le même goût.

GENITALE, is, n. Plin. Le laboureur de nature; le coutre de la charrue d'amour; l'instrument de la génération; l'outil de Cupidon127.

[127] Genitalia se dit pour les parties de la génération.

GENITALE ARVUM. Ovid. V. ARVUM GENITALE.

GESTIO, is, ire. Exprimer ses désirs par des mouvements involontaires, quoique très naturels.

GLANS, dis, f. Le gland; c'est la partie obscène de la partie naturelle de l'homme, celle où réside la sensation la plus vive des plaisirs Vénériens.

GLOTTISMUS, i, m. Un baiser à la pigeonne.

GLUBO, is, ere. Varr. V. FELLO.

GNATHO, onis, m. Cic. Suceur; qui entreprend sur l'office d'une espèce de bouche128.

[128] Destinée par la Nature à cet usage.

GNATHONICUS, a, um. Ter. De suceur, de teteur; de suceuse, de teteuse; qui concerne ceux dont la bouche entreprend sur l'office d'une espèce de bouche.

GNATO, as, are, GNATURIO, is, ire. Travailler à se faire une postérité; s'exercer à la multiplication de son espèce.

GRAOSOBA, ae, m. Consolateur d'une vieille amoureuse: savetier en amour; amoureux charitable qui ne dédaigne pas la vieillesse129.

[129] Nos abbés, par prudence, se sont destinés à ce service: il y a trop de danger avec les jeunes.

GREGARIA VENUS. Solin. Une coureuse; une Vénus du tiers-ordre; une raccrocheuse nocturne; une chauve-souris d'amour; une à tous venants beau jeu; une femme du genre humain. Ou: inclination pour les maîtresses du public; penchant pour celles qui ne refusent personne; attache pour les publiques.

H

HABERE REM CUM ALIQUA, Ter. NOTITIAM & FOEMINAE. Cic. Avoir avec une femme le commerce le plus particulier; connaître à fond une femme autant qu'il se peut faire; avoir les plus étroites liaisons avec une belle; prendre connaissance d'une belle personne de la manière la plus intime; avoir affaire avec une femme130.

[130] La posséder entièrement.

HARPOCRATEM REDDERE. Catull. Empêcher de parler en mettant quelque chose dans la bouche; engager une bouche au silence en l'occupant aux fonctions d'une autre espèce de bouche; obliger à se taire en faisant subir à la bouche la peine dont le gardien des jardins menace les voleurs qui ont de la barbe; rendre muet en mettant le doigt amoureux à la bouche; fermer la bouche en faisant prendre le gobet amoureux.

HASTA, ae, f. Pique d'amour; sceptre de Cythère. Voy. MENTULA: c'est le mot propre; celui-ci n'est que figuré.

HEMITHEON, is, m. Hémithéon de Sybaris, auteur de livres Sybaritiques cités par Martial et Lucien pour leur lubricité.

HERMAPHRODITUS, a, um. Hermaphrodite: être neutre, qui porte souvent les marques spécifiques des deux sexes et qui n'est parfaitement d'aucun. Cela s'appelle une curiosité d'histoire naturelle. En amour, ces êtres ne sont bons que pour les personnes qui n'aiment pas les routes ordinaires.

HILLAS CAEDERE. Laber. Chercher une femme dans sa main131.

[131] Tuer des hommes dans leur plus tendre enfance.

HIPPOMANES, is, n. C'est la liqueur qui sort de la vulve d'une jument lorsqu'elle est en chaleur. Les sorcières et empoisonneuses s'en servaient dans la composition de leurs drogues infernales.

HIPPOPORNOS, i, f. Amoureuse d'un cheval: surnom de Cérès lorsque, s'étant changée en cavale, Neptune, son frère, sous la figure d'un cheval, l'engrossa. Surnom de Philyra, mère du centaure Chiron, engrossée par Neptune sous la figure d'un cheval. Surnom de Méduse, que Neptune, sous la figure d'un cheval, engrossa du cheval ailé Pégase132.

[132] Les dieux des Anciens avaient tous les vices, et il paraît que Neptune était le patron de la bestialité.

HIPPOS, i, m. Le coursier d'amour.

HIRQUITALLUS, i, m. Fest. Jeune garçon qui s'abandonne à l'amour Socratique, qui souffre les caresses des hommes.

HORTI HESPERIDUM. Les jardins de l'Amour133.

[133] Hortus Cupidinis dit la même chose au singulier.

HUMIDUS LACUS. Plaut. Le lac où l'on pêche quelquefois de cuisants souvenirs.

HYSTERA, ae, f. La matrice; ou: le chemin qui conduit à la matrice, la gaine.

HYSTERICA, ae, f. Suffocation de matrice: maladie qui ordinairement se guérit par l'introduction d'un pessaire vivant134.

[134] Les médecins de cette maladie sont très faciles à trouver; c'est pourquoi rarement les femmes en meurent. Les plus honnêtes, cependant, sont celles qui l'éprouvent le plus souvent.

I

ILLIC. Là; à l'endroit. Illic habere manum: avoir la main à l'endroit du plaisir.

ILLUD. Cela. Faire cela; se donner du plaisir plus ou moins gracieux, plus ou moins hérétique.

[135] S'amuser avec une femme par tous les bouts.

[136] Consacrer ses soins aux dames de qualité. Autrefois ces soins menaient à la fortune les gens de lettres et les abbés.

IMMINUERE VIRGINIS PUDICITIAM. Plaut. Dépuceler une fille; avoir le pucelage d'une belle. Ou: apprivoiser une fille; accoutumer une belle aux caresses; mettre amoureusement une belle sur le pied de ne pas s'effaroucher; ébranler la retenue d'une jeune personne; écorner la fermeté d'une jeune enfant137.

[137] Faire une brèche à la pudeur.

IMPUDICUS, a, um. Paillard ou paillarde: reproche que l'on fait aux gens qui aiment à goûter le plaisir amoureux. Impudicum digitum ostendere: montrer le doigt impudique, que les Anciens appelaient le doigt infâme. C'est le doigt du milieu qui, par sa longueur, fait le mieux plaisir aux belles, ou sert à indiquer la secte des amoureux.

IMPURUS, a, um. Impudique; crapuleux libertin qui laisse souiller son corps par des complaisances infâmes.

INACHIDOS LIMINA. Le portique du temple d'Isis, ou le temple même de cette déesse, où se rendent tous ceux qui font des plaisirs de l'amour leur occupation favorite. Voy. ISIACA SACRA.

INAM CAEDERE. Jeter un homme à terre, étant cinq contre un; branler la pique sans faire peur à personne; répandre un homme informe; se battre amoureusement contre l'air.

INCESTARE SE INVICEM. Suet. Se livrer à qui mieux mieux à la luxure; se souiller mutuellement par la plus sale lubricité; faire le chapelet comme les colimaçons; s'enfiler réciproquement; se tenir comme les hannetons.

INCESTUM, i, n. Toute copulation contraire aux lois de la nature ou de la société est un inceste, ou manque de respect envers l'une ou l'autre. Cestum est la ceinture dont Vénus ornait les filles sages qui se destinaient au mariage, et Vénus n'a jamais présidé aux mariages que la chasteté réprouve: de là on a nommé incestueux les gens qui violaient la chasteté.

INCUBA, ae, f. Celle qui veut prendre le dessus dans la lutte amoureuse; celle qui, dans le combat d'amour, se veut soumettre ce qu'elle aime; celle qui veut primer dans les exercices androgyniques138.

[138] C'est de l'orgueil tout pur. Il faut espérer que les femmes nobles y renonceront dorénavant, en admettant leurs inférieurs dans leur lit; car on les accuse de conserver, même en amour, l'étiquette du rang.

INCUBITATUS, a, um. Plaut. A qui l'on a introduit un pessaire animé, ou un suppositoire vivant.

INCLINARE MARITOS IPSOS. Juv. Courber les maris après avoir renversé leurs femmes. Voy. INCURVO.

[139] Faire ramasser des cerises aux jeunes gens. Inclinare exprime la même chose. Inclinare discipulos: habitude de collège dont il faut se garder.

INEO, is, ire. Cic. Idem ac COEO. Prendre le plaisir amoureux; jouir de ses amours; entrer dans le plus particulier de ce qu'on aime; pénétrer dans l'intime de l'objet aimé.

INEQUITATIO, onis. f. L'une des postures amoureuses dont on donne des leçons à Lampsaque: c'est celle où la femme se met à cheval sur son amie pour tribader, ou, plus agréablement, sur son ami, pour en recevoir ou lui donner plus de plaisir. Voy. EQUITO.

INERRARE IN FILIOS. Minut. Fel. Se tromper en prenant amoureusement de jeunes garçons pour des filles.

INIRE ALIQUAM. Suet. Faire galanterie avec une belle; sonder l'intérieur d'une jolie personne.

INIRE CUBILE ALICUJUS. Cic. Se mêler de partager avec quelqu'un les plaisirs de son lit; entrer dans les plaisirs secrets de la femme d'autrui140.

[140] Cocufier.

INFAMIAM (AD) USQUE ORIS LIBIDINIBUS & FLAGRARE. Suet. Être si déréglé dans ses plaisirs que d'en salir sa bouche ou celle d'autrui.

INFAMIS DIGITUS141. Pers. Le doigt du milieu de la main (à cause de certains usages auxquels il est préférablement employé).

[141] Vel impudicus.

INFORATIO, onis, f. L'action de mettre amoureusement en perce.

INFORATOR, oris, m. Apul. Celui qui, par plaisir, perce un trou qui est déjà tout fait142.

[142] Enfonceur de porte ouverte.

INFORATUS, a, um. Qu'on a mis amoureusement en perce.

INFORO, as, are. Plaut. Percer amoureusement un trou qui est déjà percé.

INGUEN, inis; INGUINA, um, n. Les parties naturelles de l'homme et de la femme, et tout ce qui les avoisine, comme l'aine, le haut des cuisses, le bas-ventre, etc. Inguina recutita. Hor. Les parties de l'homme marquées de la circoncision, ou dont la peau du prépuce a été coupée.

INSCENSUS, us, m. Apul. La cavalcade d'amour; le manège amoureux; le saut sur les quatre quartiers.

INTERFEMINEUM, i, n. Apul. A l'égard des hommes: le périnée, l'entrefesson. Ou, à l'égard des femmes: la situation d'où un des moindres animaux, voulant éviter Scylla, tomberait en Charybde. Ou: le détroit d'entre les deux colonnes de Vénus143.

[143] Le pont du Diable qui sépare Charybde de Scylla.

INTERNUCULUS, i, m. Petr. Un petit Ganymède.

INTESTABILIS, m. f., le, n., INTESTATUS, a, um, INTESTIS, m. f., te, n. Plaut. Léger de deux grains au trébuchet d'Amour; à qui on a enlevé les témoins amoureux; qui manque de témoins pour prouver sa galanterie; eunuque; châtré; chapon; chaponné.

INVITARE IN AMPLEXUS, ATQUE IN CUBITUM. Demander la courtoisie; prier d'amour (grâce que ce galant d'empereur Caligula demandait à la Lune)144.

[144] Jouer le rôle de Putiphar avec Joseph.

IRRUMATIO, onis, f. Catull. L'action de faire teter à la bouche supérieure ce qui n'est fait que pour l'inférieure.

IRRUMATOR, oris, m. Catull. Celui qui fait prendre à la bouche d'en haut ce qui n'est dû qu'à la bouche d'en bas; qui fait servir la bouche supérieure à l'usage de l'inférieure; qui met à la bouche le gobet amoureux145.

[145] Cet expédient était nécessaire aux vieux libertins usés par la jouissance, et, lorsqu'on voyait un vieillard rechercher les femmes, irrumatorem esse suspicabatur (Dussaulx, sur Juvénal, p. 399). On appelait les femmes qui se livraient à cette lubricité, fellatrices. Les hommes s'en mêlaient aussi: car de quoi ne se mêlent-ils pas? Il paraît que ce badinage était fort usité en Italie du temps des Romains: on en juge par le fréquent emploi du mot dans les auteurs Latins. Les artistes Grecs ont reproduit cette action dans leurs peintures: témoin le tableau de Parrhasius, dans lequel Atalante se voit représentée à genoux devant Méléagre, qu'elle caresse à la mode des Lesbiennes.

IRRUMATUS, a, um. Mart. Dont la bouche a servi à l'usage de certaine autre bouche; qui a pris avec la bouche le gobet amoureux; irrumé; à qui l'on a fait teter le trayon amoureux.

IRRUMO, as, are. Mart. Faire teter le trayon amoureux; employer la bouche supérieure aux usages de l'inférieure; faire prendre avec la bouche le gobet d'amour; donner à la bouche d'en haut ce qui n'est dû qu'à la bouche d'en bas; faire servir la bouche de vase amoureux; irrumer146.

[146] Se dit des hommes qui usent entre eux de cette affreuse jouissance.

[147] Les mystères de cette déesse devinrent ceux de l'amour et de la débauche. Le culte en fut proscrit sous le consulat de Pison et de Gabinius; mais Auguste le rétablit, pour amuser le peuple qu'il voulait asservir.

ITHYPHALLUS, i, m. Le Priape en belle humeur porté en procession, et les poésies qu'on y chantait à sa louange, aux fêtes d'Osiris en Égypte, et à celles de Bacchus et de Priape à Athènes.

J

JACEO, es, ere. Être couché dans une posture favorable au plaisir. Briseis multum aversa jacebat: Briséis, selon Martial, voyait très fréquemment la feuille à l'envers; c'est qu'elle avait un héros pour ami.

K

KALENDAE FOEMINEAE. Les Calendes de Mars, pendant lesquelles il y avait, dans l'intérieur des maisons, des fêtes pour les domestiques du genre féminin. Les maîtresses les servaient alors, comme les maîtres servaient leurs esclaves mâles pendant les Saturnales. Ces fêtes étaient appelées Matronalia. Les uns veulent qu'elles aient été instituées en mémoire de la paix avec les Sabins à pareille époque, pour cause de l'enlèvement des Sabines; d'autres disent que c'est en l'honneur de Vénus. Il en est aussi qui assurent que les premiers jours du printemps étaient comme des jours de fête pour les dames; qu'elles paraient leurs appartements, et qu'alors elles recevaient des présents de leurs maris ou de leurs galants. Juvénal reprend quelques hommes efféminés de son siècle pour les imiter en cela (Sat. IX, vers 46 et suiv.).

L

LABDA, ae, m. f. Varr. Qui fait usurper à sa bouche l'emploi d'une autre espèce de bouche; qui engloutit des hommes liquides; qui boit le plaisir amoureux; qui dévore les hommes avant qu'ils puissent être vus.

LABDACE, es, f. Varr. Le suçage du trayon amoureux; le sucement du doigt qui est sans os; l'action de faire servir sa bouche aux usages d'une autre espèce de bouche.