LABRA MORDERE. Pincer avec les dents les lèvres de sa mie. Ces petits amusements ont lieu en attendant des plaisirs plus vifs.
LACINATA MULIER. Petr. Femme qu'on a déchirée à force de vouloir lui faire plaisir.
LAECASTRA, ae, f. Une courtisane sous les armes; une fille commode en équipage de conquête.
LAECACITAS, atis, f. Maquerellage. Ou: paillardise.
LAECATOR, oris, m. Pourvoyeur d'amour. Ou: paillard.
LAECO, as, are. Faire un maquerellage. Ou: paillarder, faire la joie.
LAEVIS. Voy. LEVIS.
LAMBERE MEDIOS VIROS. Faire un métier de chien; Voy. DEMITTERE CAPUT, PHOENICISSARE, TERERE INGUINA. C'est faire aux dames, avec la langue, le même plaisir qu'elles font aux hommes avec la bouche.
LAMPADIUM, ii, n. Sortes de filles de joie qui se tenaient la nuit dans les rues avec une petite lampe à la main, afin que le marchand pût voir si la marchandise lui plaisait. A Rome, il y a encore de petits coquins qu'on trouve assis le soir dans les places et dans les rues, avec une petite lumière, et qui crient de temps en temps: «Chi me vuol levar?»
LAMPSACUM, i, n. Lampsaque, ville de Bithynie, célèbre par le culte de Vénus, de Cupidon et de Cybèle. C'est à Lampsaque que le dieu Priape, fils de Bacchus et de Vénus, fut élevé. Par reconnaissance, il fit toutes sortes de niches aux habitants de cette ville, c'est-à-dire aux maris des plus belles femmes, ce qui d'abord le fit chasser. Il finit cependant par y être adoré, et son culte y devint public.
LANDICA, ae, f. Voy. CUNNUS.
LANGORES, orum, m. Débauchés aux femmes.
LANGUS, i, m. Adonné aux femmes. Ou: bardache.
LANUVINI, orum, m. Cic. Les témoins d'amour, vénérables par leur barbe.
LANUVIUM, ii, n. Prop. La foulerie d'Amour; le fouloir de Vénus; la fouloire de Cupidon.
LASCIVIA, ae, f. Lubricité; recherche des moyens de varier, augmenter, suspendre ou prolonger les plaisirs amoureux. Improbitas Venerea, selon Juvénal.
LASCIVIRE. C'est prolonger la jouissance; user des plaisirs de l'amour tantôt avec délicatesse, quelquefois avec assez d'emportement pour se mettre hors de combat.
LASTAURUS, i, m. Celui qu'en amour on appelle bien fourni; qui est bien emmanché. Ou: qui a l'entrefesson velu. Ou: l'entrefesson, le périnée. Ou: paillard, ribaud.
LATUS MOLLE. La croupe, les parties supérieures aux fesses; le fessier lui-même.
LAXUS, a, um. Se dit des hommes et des femmes dont le vase amoureux s'est élargi à force de servir. Il y a du remède avec l'onguent de la Comtesse; mais les palliatifs ne rendent jamais à la nature son vrai mérite.
LECTAMBULUS, i, m. Qui essaie de diverses garnitures de lit sans se fixer à pas une; un pirate d'amour; galant qui se divertit aux dépens des maris; un amant qui vit sur le commun; un corsaire en amour; qui court le bon bord en amour.
LECTICARIOLA, ae, f. Mart. Une femme qui trouve du ragoût dans les porteurs de chaise.
LECTI FURTIVI FOEDERA. Tib. Les secrètes liaisons où les larcins amoureux engagent; les tendres engagements que font prendre les vols que l'on fait en amour.
LEGAEGYNAECES, cum, f. Femmes âpres à la curée; gaillardes de grand appétit148.
[148] Femmes à tempérament.
LENA, ae, f. Plaut. Appareilleuse; conciliatrice de volontés; entremetteuse; médiatrice de plaisir; pourvoyeuse d'amour; maquerelle; ministre de Vénus149.
[149] Tante d'Opéra. Lena juventa, dans Ausone: la fraîcheur de l'âge attire les hommages.
LENO, onis, m. Ter. Marchand d'esclaves. Ou: ministre d'amour; intendant des plaisirs amoureux; pourvoyeur d'amour; appareilleur de Vénus; agent de change en amour; conciliateur de volontés amoureuses; courtier de plaisirs; maquereau; médiateur de tendres unions150.
[150] Accapareur de filles; marchand de chair humaine.
LENO, as, are. Vet. epigr. Être marchand d'esclaves. Ou: fournir des sujets de plaisirs amoureux; concilier les volontés en amour; être ministre de Vénus; appareiller des amants; être courtier de plaisir; se mêler de pourvoir aux besoins amoureux; être pourvoyeur de Cupidon; être agent de change en amour; faire trafic de ce que recherchent les amants; s'entremettre d'unir les cœurs et les corps; être médiateur de tendres unions; faire commerce de marchandise amoureuse; négocier en faveur des amants; battre la caisse pour enrôler sous les étendards de Vénus; maquereller; prostituer.
LENOCINAMENTUM, i, n. Voy. LENOCINIUM.
LENOCINATOR, oris, m. Voy. LENO.
LENOCINE, adv. Lamprid. En maquereau; à la manière des pourvoyeurs d'amour; en courtier de Vénus; par maquerellage.
LENOCINIUM, ii, n. Cic. Trafic d'esclaves. Ou: conciliation de volontés en amour; intendance de plaisirs amoureux; trafic d'union de cœurs et de corps; charge de pourvoyeur de Vénus; médiation entre les amants; commerce de sujets de plaisirs amoureux; emploi d'appareilleur d'amants; courtage de plaisir; négociation en faveur des amants; office d'entremetteur d'amour; négoce de marchandise amoureuse; commerce de prostitution. Ou (Sueton.): coquetterie; air coquet; soin excessif de se parer; afféterie; affectation dans la propreté; manière affétée.
LENONICE, adv. Voy. LENOCINE.
LENONIUS, a, um. Plaut. Qui concerne les marchands d'esclaves. Ou: qui concerne les ministres des plaisirs amoureux.
LEPUS, oris, m. Ter. Qui est, comme le lièvre, tantôt mâle, tantôt femelle; qui se laisse Ganymédiser. Ou (Ovid.): le lièvre qu'on fait lever pour le mener au gîte. Ou (Plaut.): Terme de caresse amoureuse.
LESBIO, as, are. Aimer à la manière de Sapho; vouloir imiter les hommes dans les caresses qu'on fait aux belles personnes de son sexe; tribader151.
[151] Gamahucher. Les Lesbiennes sont célèbres pour avoir rendu la bouche le plus fréquent organe de la volupté. Elles employaient la langue à se faire plaisir mutuellement, et elles affectaient la blancheur aux lèvres.
LEVIS. Homme efféminé, qui prend soin de son corps comme une femme; qui se fait épiler pour qu'on se méprenne à la douceur de sa peau, et pour mieux jouer le rôle de femme.
LIBIDINES IN ALIQUO FACERE. Catull. Soumettre quelqu'un au dérèglement de ses passions152.
[152] Libido praepostera: passion bizarre des non-conformistes.
LIBIDINOR, aris, ari. Polissonner; s'abandonner à la débauche.
LIBIDINOSUS, a, um. Débauché; libertin, tantôt impudique, et tantôt voluptueux.
LIBIDO, inis, f. Passion; désir; volonté; fantaisie; débauche.
LIGURIRE NATURAM CAPRIS. Suet. Employer sa langue à découvrir la propreté de la nature de nos chèvres153.
[153] Il est difficile de rendre proprement cette expression. Voy. LESBIO, TERERE INGUINA.
LIMARE CAPUT CUM ALIQUA. Plaut. Donner à une personne et en recevoir coup sur coup des baisers affectueux; s'entrebaisotter. Ou: joindre de près une belle; se frotter avec elle.
LINGERE CUNNUM. Voy. LIGURIRE et CUNNILINGUS. Fantaisie ultramontaine et Florentine: les Français ont le cœur trop faible pour s'y livrer aussi fréquemment que les Italiens. Selon Martial, Eryx, fils de Vénus et de Butis, en est mort; mais les mythologistes prétendent qu'Hercule l'a tué, ce qui est bien différent.
LINGUA MALA. Mauvaise langue, en terme ordinaire. Ici, cela veut dire une langue impudique, lubrique. Voy. LAMBERE MEDIOS VIROS.
LINGUA MARITUS. Martial. Langue qui entreprend sur les droits d'un mari, d'un amant.
LONGANO, onis, m. Varr. L'intestin rectum, que les Italiens appellent budel gentile. Pourquoi cela? je m'en rapporte. Le boyau culier; le gros boyau154.
[154] Le gentil boyau: instrument de fantaisie.
LONGANON, is, m. Veget. LONGANUM, i, n. Voy. LONGANO.
LUCUS HUMIDUS. Plaut. Le bosquet que l'Amour a soin d'arroser.
LUDERE, EDERE, BIBERE. Hor. Boire, manger, dormir à l'Hébraïque.
LUDERE IN UMBRA VOLUPTATIS. Petr. Se divertir en idée; goûter des plaisirs en imagination; s'arrêter à des voluptés imaginaires. Ou: préluder amoureusement; tâter le clavier amoureux.
LUDERE CUM ALIQUA. Petr. Badiner avec une personne; se jouer avec une belle; se divertir avec quelqu'une155.
[155] Folâtrer, préluder, batifoler.
LUMBI, orum, m. Les reins: le levier d'amour; la puissance motrice et génératrice; la source de la liqueur séminale.
LUPA, ae, f. Cic. Courtisane; fille de joie; personne de commodité.
LUPANARIS, m. f., re, n. Apul. De maison de commodité; de bordel; qui concerne les lieux de plaisir.
LUPANARIUM, ii, n. Ulp. Voy. LUPANAR.
LUPANARIUS, ii, m. Lamprid. Suppôt de bordel; un souteneur; un mangeur de blanc. Ou: coureur d'aiguillette.
LUPOR, ari, dép. Accius. Courir l'aiguillette; rechercher les belles apprivoisées; mordre sur toute bête comme un chien d'amour affamé; en vouloir jusqu'aux chèvres coiffées; ne mépriser pas en amour les restes du genre humain; se plonger dans la débauche des femmes.
LUSIZONOS, i, f. Celle qui a éprouvé ce que vaut un homme; personne qui a fait expérience des talents amoureux d'un galant; fille qui a expérimenté combien un homme peut être utile au sexe156.
LUSTRO, onis, m. Catull. Chercheur de bonnes fortunes aisées; fureteur de lieux de plaisir; coureur d'aiguillette.
LUSTROR, ari, dép. Plaut. Courir l'aiguillette; fureter les lieux de plaisir; fréquenter les maisons de commodité.
LUSTRUM, i, n. Cic. Lieu de plaisir; maison de commodité; bordel.
LUXURIA, ae, LUXURIES, ei, f. La luxure; la débauche; l'impureté.
Le péché de luxure a son agrément, lorsqu'il n'est pas poussé trop loin.
LYZIZONA, ae, f. Fille devenue femme; celle qui a fait épreuve des bons offices mutuels que les deux sexes peuvent se rendre. Voy. LUSIZONOS.
M
MACROCAULUS, MACROCOLUS, i, m. Piquier dans le régiment de Vénus; lancier en la milice d'Amour; un longue-queue.
MAENADES, dum, f. C'étaient des espèces de prêtresses de Bacchus ou de Priape, qui, dans les fêtes de Cérès, ou de la Bonne Déesse, ou d'Isis, contrefaisaient peut-être ensemble, par chasteté, les mystères de l'amour, comme les philosophes Socratiques les contrefaisaient entre eux, par sagesse. Il résultait de tout cela que de l'imitation on voulait venir à la réalité, et que, sortant des mystères, les Ménades ou les Bacchantes couraient après les hommes, ululabant Priapum, avec une fureur qui écartait tout le monde. Aussi, ne trouvant personne à qui parler, on assure qu'elles sollicitaient les animaux.
MALA, orum, n. Priap. Ce sont les petites pommes de l'arbre de vie. Ève en fut gourmande, et ses descendantes ont conservé le même appétit pour ce fruit. Voy. COLEUS, TESTES.
MAMMA, ae, f. La mamelle; le sein d'une femme; la pomme d'amour. Mamilla est le diminutif; le terme est plus joli, mais la chose vaut mieux dans une belle et juste proportion. Mamilla se prend aussi pour la fraise ou le bouton qui couronne le sein d'une femme. Mamma inclinata: pendard.
MANGO, onis, m. Mart. Un maquignon; un Mercure procureur d'amourettes; intendant de sérail; directeur des menus plaisirs de la cour de Cythère.
MANUS PULLARIA, PROTERVA. Main libertine ou officieuse, qui rend à d'autres le service qu'on peut se rendre à soi-même. La jeune amie d'Ovide ne lui refusait pas cet aimable service:
La main d'une belle femme a produit des miracles, et rajeuni des vieillards dont le cœur toutefois n'était pas mort:
[157] Tumeurs au fondement, par l'effet du libertinage contre nature.
MASTRUPATOR, oris, m. Mart. Voy. MASTUPRATOR.
MASTRUPOR, ari, dép. Mart. Voy. MASTUPROR.
MASTRYLLIUM, ii, n. Voy. LUPANAR.
MASTUPRATOR, oris, m. Mart. Assassin d'hommes informes; qui se passe de femme parce qu'il a cinq doigts à chaque main; celui qui se conduit par la main au plaisir; qui trouve une femme dans sa main; qui se joue à soi-même158. (En cas que ce mot soit composé de manus et de stupror: car s'il est fait de mas et de stupror, il signifie un Ganymédiseur; un puériseur; celui qui emploie dans ses plaisirs un sexe pour l'autre; qui métamorphose des garçons en filles; un bougre.)
[158] Un Narcisse, un Hippolyte; tout homme épris des jouissances solitaires: onanisme, et, pour les femmes, nymphomanie.
MASTUPROR, ari, dép. Mart. Assassiner des hommes informes; se passer de femme parce qu'on a cinq doigts à chaque main; trouver une femme dans sa main; se jouer à soi-même; conduire au plaisir par la main (soi ou un autre); clitoriser. Cette signification n'est qu'en cas que ce verbe soit composé de manus et de stupror: car, si on le dérive de mas et de stupror, il signifie Ganymédiser; puériser; métamorphoser des garçons en filles; faire emploi d'un sexe pour l'autre dans ses plaisirs159.
[159] User du Manuel des Solitaires.
MASTURBATOR, oris, m. Mart. Qui devient mari de sa main; ou: qui conduit au plaisir par la main. Voy. MASTUPRATOR.
MASTURBATUS, a, um. Mart. Qui est devenu le mari de sa main; qui a été conduit au plaisir par la main; qui s'est amoureusement chatouillé pour se faire rire; qui s'est joué soi-même; qui a trouvé une femme dans sa main. Ou: clitorisé.
MASTURBO, are, MASTURBOR, ari, dép. Mart. Voy. MASTUPROR.
MATRIMONIUM, ii, n. Honnête concubinage ordonné par des lois et fondé sur des conventions entre hommes et femmes, qui presque toujours s'en repentent. Les Anciens en usaient avec encore plus d'appareil que les Modernes. Ils avaient une multitude de dieux, grands et petits, qui présidaient à toutes les cérémonies du mariage. Quand la fille avait engagé sa foi, les matrones la conduisaient au dieu Priape et la faisaient asseoir sur le membre énorme de ce dieu: là, on ôtait la ceinture de la jeune mariée, et l'on invoquait la déesse Virginensis. Le dieu Subigus soumettait la fille aux transports du mari. Le déesse Prema la contenait sous lui pour l'empêcher de remuer à contre-temps. Enfin la déesse Pertunda, ou Perforatrice, ouvrait à l'homme le sentier de la volupté. Dans les Indes, ce sont les prêtres qui se sont emparés de cette fonction divine. D'autres dieux et déesses présidaient aux travaux de l'enfantement; mais ici il ne s'agit que du plaisir, et non de la peine qui le suit.
MELLINA, ae, f. Plaut. Le cabaret où l'Amour enivre les hommes; le lieu où l'on goûte ses douceurs.
MEMBROSUS, a, um. Priap. Membrosior aequo Priapus: bien fourni de la pièce essentielle au jeu d'amour: puissant plus que l'homme n'a coutume de l'être.
MEMBRUM, i, n. Il y a beaucoup d'épithètes à ce mot. Voy. MENTULA.
MENTULA, ae, f. Mart. Le sceptre d'amour160; le bâton de commandement dans la milice amoureuse; le flambeau de Cupidon; le poisson de Vénus; l'arc-boutant de Nature; le coutre de la charrue d'amour; le serpent tentateur; le pilon du mortier amoureux; la lardoire et le lardon dont fait piquer sa viande Cupidon; le pinceau qui redonne la couleur aux filles; le chalumeau dont l'Amour se sert pour enfler son ballon; le hoyau des jardins de Vénus; le bourdon des pèlerins amoureux; ce qui n'est qu'une ligne droite et fait pourtant les cornes aux cocus; le ciseau des sculpteurs d'amour; le refouloir des canonniers de Vénus; l'aiguillon de la volupté; le prototype des chevilles; la clef du cabinet de la mère d'Amour; l'instrument que l'Amour emploie à faire un étui pour les âmes; la quille, le mât et le gouvernail des vaisseaux amoureux; la lame que Vénus aime bien au fourreau; le hochet des amours; le plongeon de Vénus; le battant de la cloche amoureuse161.
[160] Ce sceptre amoureux a plus d'une fois procuré le trône à des mortels favorisés de la Nature:
[161] La plume de l'Amour.
Voici les synonymes Latins de cette partie essentielle: Pars obscena, pars tegenda, tenta, penis, telum, columna, trabs, palus, contus pedalis, fascinum pedale, coleata cuspis, sceptrum, seminale membrum, ventris arma, vena tenta, hasta, Priapus, anguis, thyrsus, pensilia, peculium, muto, nota virilis, virilis nervus, mutinus, verpa, inguen, taurus, glans, babalum, psoleon, pyramis, clavus Cupidinis, vir, sica, sicula vel parva sica, cauda turgens, aluta, pipinna, iota longum.
MENTULATUS, a, um. Plaut. Qui est pourvu d'un grand persuasif en amour; qui est avantageusement partagé en faveur des dames; qui est bien fourni, doué par la Nature de magnifiques talents pour le service des belles; qui a de quoi servir le sexe à bouche que veux-tu; qui a une ample garniture amoureuse; que Nature a libéralement fourni à l'usage des dames, bien entalenté pour le sexe.
MERENDUM (AD) A LENONE COGI. A. Gell. Être forcé par un marchand d'esclaves à s'attirer les caresses du public par sa complaisance.
MERETRICATIO, onis, f. Voy. MERETRICIUM.
MERETRICIE, adv. Plaut. En courtisane; en coquette outrée; à la manière des filles de joie; d'un air de garce; en putain.
MERETRICIUS, a, um. Cic. De coquette outrée; de fille de joie; de courtisane; de fille de commodité; de putain.
MERETRICOR, ari, dép. Colum. Fréquenter les maisons de commodité; hanter les lieux de plaisir.
MERETRICULA, ae, f. Cic. Diminutif de MERETRIX.
MERETRIX, icis, f. Coquette outrée; courtisane; fille de commodité; fille commode; fille de joie; garce; putain; débauchée; fille d'amour162.
[162] Synonymes: alicaria, diobolaris, elecebra, schoenicula, scortum.
MERITORIUS PUER. Cic. Jeune mignon qu'on entretient dans la vue de s'en servir à sa fantaisie; un Ganymède.
MERITORIA TABERNA. Suet. Maison de commodité.
MERITORIA SCORTA. Suet. Personnes qui s'attirent les bonnes grâces par des complaisances sans réserve.
MOBILIS, m. f., e, n. Cet adjectif est pris dans un sens assez lubrique par Ovide au second livre des Amours, où il parle du mérite des femmes et soutient que celle dont la démarche est hardie, agaçante, doit procurer sur un lit la plus voluptueuse agitation:
MOECHA, ae, f. Femme mariée qui se livre aux désirs de tous les hommes qui lui font la cour; femme adultère; impudique, infidèle.
MOECHISSO, are. Entretenir un commerce adultère; pondre dans le nid d'autrui; cocufier son voisin, son ami, son parent.
MOECHOCINAEDUS, i, m. Lucil. Le mignon du mari et de la femme; celui qui rend à la femme ce que lui prête le mari; celui qui souffre du mari les caresses qu'il fait à la femme.
MOECHOR, ari, dép. Violer le lit nuptial; déchirer le contrat de mariage.
MOECHUS, i, m. Mari débauché, qui porte à la femme d'autrui ce qui n'appartient qu'à la sienne; adultère.
Semitarii moechi: libertins, coureurs de filles dans les carrefours et les places publiques.
MOLLES MARES. Hommes efféminés qui se prostituent à d'autres hommes; Ganymèdes, etc. Le synonyme de mollis serait le mot facilis. Voy. PATHICUS.
MOLO, is, ere. Petr. Moudre amoureusement163.
[163] Molitur per utramque cavernam: moudre à tout vent; ne refuser aucune proposition; entreprendre en tout sens. Molitor, dans Ausone, se distingue de moechus et adulter.
MONETA, ae, f. Le lieu où se frappe la monnaie d'amour; la pièce avec laquelle les femmes se font battre monnaie.
MORARI GAUDIA, vel sustinere sese in gaudiis. Ovid. Suspendre, arrêter, prolonger le plaisir et la volupté d'une jouissance. C'est un talent heureux, et auquel les amants délicats et bien constitués savent se livrer. Ovide prétend qu'il faut avoir sept lustres, ou trente-cinq ans, pour bien savourer le plaisir des sens; mais cela dépend d'une constitution plus ou moins forte.
MORDERE LABELLA. Catull. Sorte de caresse amoureuse imitée des oiseaux, qui se mordent bec en bec dans leurs transports érotiques. La marque qui reste quelquefois de cette morsure ne fait pas plaisir aux dames.
MORIGERARI ORE ALICUI. Suet. Livrer sa bouche aux plaisirs de quelqu'un; accommoder quelqu'un de sa bouche164.
[164] Tacere, pris obscènement, veut dire la même chose.
MORIGERARI SIBI CUM ALIQUA. Plaut. Se divertir avec une belle; se donner du plaisir avec une personne; se satisfaire avec quelque belle; trouver une personne complaisante à tout ce qu'on veut d'elle; ne se refuser rien auprès d'une personne.
MORSIUNCULA, ae, f. Voy. NOTA MEMOR.
MOTUS IONICI. Mouvements gracieux perfectionnés par les filles d'Ionie:
MUGILIS, is, m. Muge ou mulet: c'est un poisson vorace que l'on appliquait, à Athènes, au fondement d'un homme surpris en adultère. Ce genre de supplice devait être cruel, en raison de la force de l'animal. On épilait aussi le derrière de ces criminels avec de la cendre chaude, ou on leur enfonçait un raifort dans le fondement. La jalousie conjugale a inventé tous ces supplices, dont il est parlé dans Catulle et Juvénal.
MULIEBRIA, ium, n. Quintil. Ce que les dames aiment à souffrir165.
[165] Le plaisir des dames.
MULIEBRIA PASSUS A CENTURIONE ADOLESCENS. Quintil. Jeune garçon qui a souffert qu'un capitaine l'enrôlât au nombre des femmes.
MULIEBRIA, ium, n. La principale, et peut-être l'unique chose qui fait considérer les femmes dans le monde166.
[166] La distinction spécifique du sexe.
MULIEBRE BELLUM GERERE. Cic. Combattre une aimable ennemie; faire la douce guerre.
MULIERO, are. Varr. Employer en guise de femme: faire servir de femme; métamorphoser en femme.
MUSAEUS, i, m. Auteur de livres lubriques. Voy. ELEPHANTIS.
MUTO, onis, m. Hor. Le membre par excellence.
MUTONIATUS, a, um. Mart. Voy. MENTULATUS.
MUTONIUM, ii, n. Le coin des charpentiers naturels.
[167] Mutona verba: paroles obscènes en usage parmi les libertins.
MYSTAE, arum, m. Les prêtres de Priape et de Bacchus. On peut voir par là combien leur ministère était utile et respectable. Les prêtres ont été partout les ministres de la débauche et du mensonge.
N
NASUTUS BENE, vel bene mentulatus. Bien fourni d'un instrument qui fait plaisir aux dames; bien savant dans l'art de la luxure.
NATES MOVERE. Remuer les fesses: mouvement très naturel pendant la durée du plaisir amoureux. Pastas glande nates habere: se livrer au plaisir contre nature.
NATURA, ae, f. Se prend pour les parties naturelles des femmes comme des hommes.
NECESSARIA, ae, f. Cic. Amie intime; bonne amie; personne qui est de moitié dans nos plaisirs.
NEQUITIA, ae, f. Petites folies amoureuses; badinages lascifs; débauche; vie déréglée; fredaines de la jeunesse. Martial prétend que les habitants de l'Égypte les connaissaient mieux que les autres peuples du monde. Juvénal les appelle lasciviam et improbitatem Veneream.
NOLANI ORE MORIGERANTES. Fantaisie en amour à laquelle les habitants de Nole étaient fort adonnés. Voy. les mots ILLUDERE FOEMINARUM CAPITIBUS, et ORE MORIGERARI. Les Osques et les habitants de la campagne de Rome connaissaient ce genre de volupté. Les Florentins en ont un autre, et rendent aux femmes avec la langue le plaisir que celles-ci cherchent à donner aux hommes avec la bouche. Ces sortes de voluptés servent à diversifier une action qui deviendrait fastidieuse par son uniformité.
NOTA VIRILIS. Caractère spécifique du sexe masculin.
NUPTIAE TURPES, SPONSAE TURPES. Juv. Mariage d'un homme avec un homme. Les Romains avaient poussé jusque-là le dérèglement des passions. Rome et Sodome depuis longtemps sont synonymes. En outre, les Romains couchaient sans scrupule avec de jeunes esclaves fruits de leurs amours: cela s'appelait injustae nuptiae et illegitimae.