ANDROGENUS, a, um. Qui s'étudie à la reproduction; qui prend soin de la propagation humaine; qui fait ce qu'il peut pour perpétuer le genre humain; qui travaille à se faire des successeurs; qui s'emploie à se donner une postérité.
ANDROGYNUS, i, m. Androgyne. On appelle de ce nom l'être qui réunit les deux sexes. Deux androgynes parfaits équivaudraient à quatre personnes ordinaires; mais comme la Nature les crée presque tous imparfaits, douze androgynes ne valent ni un homme ni une femme.
ANDROPHYTIDES, is, omn. gen. Qui est propre à donner des habitants à sa patrie; qui a tous les talents nécessaires pour peupler le monde; à qui rien ne manque pour fournir des sujets à l'État; qui ne laissera pas périr la race des hommes par sa faute; qui est en état de travailler à la propagation du genre humain.
ANDROSATHUS, i, m. Que l'Amour a libéralement fourni; avantageusement pourvu des dons de l'Amour42; qui a de grandes parties pour Vénus; à qui l'Amour a fait présent d'un sceptre magnifique; qui est avantagé de la nature en faveur des dames; qui a un grand talent pour persuader en amour; un substitut du dieu des jardins; un second Zagachrist. V. MENTULATUS.
[42] Qui a de grands moyens de plaire au beau sexe.
ANHELO, as, are. Juv. Montrer toute sa vigueur et se mettre hors d'haleine; être sur le grabat pour avoir trop travaillé.
ANITERGIUM, ii, n. Mouchoir de commodité, torchecul43.
[43] Si ce mot n'est pas propre, au moins il est expressif.
ANO FASCINUM INSERERE. Petr. Introduire un suppositoire vivant.
ANTILLO, as, are. V. SCORTOR.
ANULARE, is, n. La bague que l'on court en amour; l'anneau que l'amour cherche à mettre à son doigt44.
[44] Et qui est propre à tous les hommes.
ANXITIA, ae, f. Fille de joie, garce45.
[45] Coquine.
APHRODISIA, orum, n. Plaut. Les plaisirs de Vénus, les jeux où Vénus engage les amants, les combats amoureux, les victoires amoureuses, les exercices d'amour.
APHRODISIAS, adis, f. Ile dans le golfe Persique, où Vénus était servie de la manière la plus tendre et la plus vigoureuse.
APHRODISIASMUS, i, m. Le service de Vénus; l'usage des contentements que Vénus peut procurer; le doux emploi auquel la mère d'Amour destine les amants; le devoir amoureux.
APHRODISIUM, ii, n. Les délices où Vénus invite; le plaisir sans lequel on ne verrait point d'amants; les douceurs qu'offre la mère d'Amour pour payer les maux que son fils fait souffrir.
APHRODISIUS, a, um. Qui est tout à Vénus; qui s'est voué tout entier à la mère d'Amour.
APHRODITARIUM, ii, n. Médicament propre au service de Vénus.
APOCOPUS, i, m. Eunuque; homme qui a souffert un retranchement considérable; personnage de mauvais augure pour les dames; inhabile ou impuissant; celui dont les forces ne lui permettent pas de servir sous les enseignes d'Amour; auquel il n'est pas permis de lever l'étendard amoureux; qui est dans l'impuissance de combattre amoureusement46.
[46] Dont le lit est un lit de repos.
APORAPHANIDOSIS, is, f. Peine des pauvres surpris en adultère à Athènes, auxquels on fourrait un navet dans le cul après leur en avoir arraché les poils; d'où est venu le proverbe: Drôle à la fesse tondue47.
[47] Le code criminel d'Athènes méritait aussi d'être réformé.
AQUACULO, as, are. Maquereller, faire le maquerellage. V. AGERE LENONEM.
AQUARIOLUS, i, m. Cic. AQUARIUS, ii, m. Juv. Maquereau, pourvoyeur d'amour48. Ou (Apul.): cocu volontaire, mari commode. Ou (Fest.): suppôt de bordel, souteneur, mangeur de blanc.
AQUATICULUS, i, m. Le bas du ventre; l'endroit où sont les parties destinées à la génération, qui, par l'abondance d'une chaleur humide qui y règne, se couvre de poils; le pénil; la motte49.
[49] L'aqueduc d'amour.
ARARE FUNDUM ALIENUM. Plaut. Cultiver le champ d'autrui; travailler à la tâche d'un autre; mettre en œuvre le fonds de son voisin; prendre soin des plaisirs de la femme de quelqu'un; se divertir aux dépens des maris.
ARCUM TENDERE. Apul. Se mettre en état de servir les belles; être en amour sous les armes; se tenir prêt pour le combat amoureux; se disposer à l'attaque amoureuse; diriger son intention au service des dames.
ARDERE FELICITER. Ovid. Être heureux en amour; avoir du bonheur dans ses amours; être vu de bon œil par les dames; être bien reçu des belles; être favorisé du beau sexe; ne point soupirer à crédit; ne s'enflammer jamais seul; ne point brûler d'une passion infructueuse; être homme à bonne fortune.
ARGA, ae, f. Le vase amoureux.
ARGENTARIAE ELECEBRAE. Fest. Filles de joie.
ARIETINO, as, are. Beliner.
ARMA VIRILIA. Les armes propres à la joute amoureuse.
[50] Bulgare.
[51] Hérétique en amour.
ARRIDET FORTUNAE HORA. Petr. Voici l'heure du berger; berger, ton heure sonne; le moment heureux est venu.
ARRIGERE AD VETULAS. Mart. Être fort galant près des vieilles; ne pas mépriser les vieilles amoureuses52.
[52] Heureux qui peut ainsi faire, car les jeunes doivent bien trouver leur compte avec un tel homme.
Le mot arrigere s'emploie presque toujours avec un autre mot qui détermine le genre d'action qu'il exprime. En langage lubrique, cela veut dire: avoir la lance en arrêt pour attaquer les jeunes filles et les jolies femmes. Arrigere in aliquam: avoir une intention, des désirs de préférence pour une dame. Arrigis? en propera, dit Pétrone à une jeune fille qui n'osait pas profiter d'une bonne occasion.
ARSENOCOETA, ae, m. V. ARRHENOCOETES.
ARSENOTHETA, ae, m. Corrupteur de jeunes garçons53.
[53] Homme dangereux, qui ne fait rien qu'à rebours du bon sens.
ARTICULOS OMNES COMMODITATIS & SCIRE. Plaut. Connaître l'heure du berger54.
[54] Deviner le moment de la faiblesse des dames.
ARVA CONSERERE MULIEBRIA. Ensemencer les champs d'amour; rendre une femme fertile.
ARVUM GENITALE. Virg. ARVUM MULIEBRE. Lucr. Le champ que l'amour fait cultiver; le jardin de Vénus; la patrie commune de tous les hommes; le pays natal; le lieu de la naissance.
ASINIS (AB) AD BOVES TRANSIRE. Plaut. Quitter la mandille pour devenir fermier général; passer du régiment de l'arc-en-ciel dans la brigade de la fortune; parvenir d'une condition médiocre à une fortune considérable.
ASOTIUM, ii, n. Endroit où l'on se divertit; lieu de plaisir; maison de divertissement; maison libre; maison de liberté; maison où l'on se réjouit.
ASSILIO, is, lii, lui, ultum, ire. Col. Saillir; couvrir; faire l'action naturelle; sauter sur les quatre quartiers55.
[55] Cela se dit plutôt des animaux que des hommes.
ASTYANASSA, ae, f. La suivante d'Hélène, qui composa un livre des différentes manières d'androgyniser: ce que Philénis et Éléphantine imitèrent depuis; et, de nos jours, Louise Sigée de Tolède, dame Espagnole, et le magnifique Molza, Florentin.
ATAURUS, a, um. Qui n'a point encore fait l'exercice de Vénus56.
[56] Novice qui ne connaît rien aux plaisirs de l'amour.
ATHYR, ATHYRI, ind. L'antre des Nymphes; la fontaine où l'on porte l'eau; la boutique où l'Amour fait travailler en peau.
ATTENUATUS AMORE. Ovid. Atténué par les fatigues de l'exercice amoureux.
ATTRECTARE UXOREM ALICUJUS. Cic. Manier, patiner, tâtonner la femme de quelqu'un57.
[57] La caresser.
AVERSA VENUS. Jul. Cap. Amour désordonné, dérèglement en amour; injure faite à Vénus et aux belles; la Vénus antistrophe; l'art subtil.
B
BABALUM, i, n. La pique du dieu gardien des jardins; le sceptre de Cupidon.
BACCHANALIA. Bacchanales, ou les fêtes en l'honneur de Bacchus, dieu de la vendange. D'abord elles furent décentes, mais elles offrirent ensuite tous les désordres de la débauche la plus crapuleuse. On portait en procession des membres virils couronnés par des matrones respectables. Les Bacchantes couraient les rues toutes nues. Aujourd'hui il n'y a de Bacchanales que dans de petits appartements consacrés à cela, et ces fêtes se nomment, comme autrefois, orgies.
BADAS, ae, m. Qui se laisse métamorphoser en fille; qu'on emploie pour fille58.
[58] Par une erreur bien volontaire.
BALANUS, i, m. Le gland qu'on offre à Vénus; la tête du dieu Priape.
BALLIO, onis. Cic. Conciliateur d'amourettes; pourvoyeur d'amour59.
[59] Négociant en jeunes filles.
BALNEA, eorum. Bains publics, endroits de rendez-vous et préparatoires à la prostitution. Les Romains y allaient pour examiner les hommes nus, et choisir en quelque sorte les jeunes gens les plus propres à contenter leur goût singulier pour le péché contre nature. On dit que, dans plusieurs de ces endroits, les hommes et les femmes se baignaient pêle-mêle. Véritablement, les Romains ont poussé très loin ce genre de mollesse, qui se retrouve en Asie.
BAPTAE, arum, m. Prêtres de Cotytto, dont il sera parlé plus bas. C'étaient de francs vauriens et les plus débauchés des hommes. De tous temps les prêtres ont été libertins plus ou moins ouvertement.
BASIATIO, onis, f. Baiser, l'action d'embrasser. Voy. OSCULUM.
BASIO, as, are. Baiser, donner des baisers, embrasser.
BASSARA, ae, f. Fille de joie, courtisane.
BATALUM, i, n. BATALUS, i, m. Le batail, ou le battant de la cloche amoureuse.
BATALUS, i, m. Qui souffre qu'on le fasse servir de femme; qui laisse exiger de lui le plaisir que les femmes seules devraient donner. Ou: Voy. PODEX.
BETA, ae, f. Voy. BAETA.
BILBIL, ind. BILBIS, idis, f. Fest. BILLIS, is, f. Le lait d'amour répandu à terre60.
[60] Esprit-de-vin évaporé contre l'intention de la Nature.
BONA DEA. Cérès, ou la Bonne Déesse. Ses mystères, inconnus aux historiens et aux mythologistes, ne l'étaient pas à Juvénal. Si on l'en croit, il s'y passait de son temps des choses qui offensent rudement la pudeur. Cérès était la déesse de la terre et de la fécondité; une de ses fêtes avait lieu au mois de Mai, si célèbre par la révolution qui se fait dans la nature, qu'une chaleur nouvelle semble vivifier alors et rappeler aux actes d'une régénération entière. Ce que dit Juvénal de la licence de ces fêtes fait croire que, quoique dans les premiers temps de leur institution à Rome elles eussent été chastes, néanmoins, par analogie avec les propriétés du mois de Mai, il s'y serait introduit des mystères très opposés à leur première institution. Les prêtres de tous les pays ont le talent de régénérer, par des institutions commodes, la religion lorsqu'elle se perd. Les mystères d'Isis, de Vénus, de Bacchus, de Priape, n'étaient guère plus chastes. Clodius, à Rome, tenta le premier de violer les mystères de la Bonne Déesse, qui se célébraient à huis clos entre femmes, et, sous un déguisement féminin, s'introduisit dans la maison de César pour mieux jouir de Pompeia, qu'il aimait. Pompeia était la femme de César: elle ne pouvait mieux se venger de ses infidélités qu'avec ce Clodius, l'un des plus beaux chevaliers de son temps.
Voy. Juvénal, sat. 6e, vers 313 et suiv.; Apulée, au liv. 8e de ses Transformations.
BIPENNA, ae, f. L'instrument avec lequel l'Amour taille sa besogne.
BUBALIUM, ii, n. La bague qu'on court dans l'académie amoureuse.
BUCHEIS, idis, f. Palma Christi, plante merveilleuse pour les exercices d'amour. Elle croît en Syrie61.
[61] Rien n'est plus dangereux que ces remèdes aphrodisiaques. Ils conduisent à l'impuissance par le plus court chemin.
C
CADERE CREBRO. Plaut. Tomber souvent sur les bras d'une aimable ennemie62.
[62] C'est un plaisir qu'on n'a pas toujours le pouvoir de se procurer et qui n'en est que plus piquant lorsqu'on l'éprouve.
CADURCA, orum, n. Les bords de la fontaine d'amour; les lèvres de la bouche amoureuse; ce qu'on appelle, aux vieilles, les babines.
CADURCUM, i, n. Le cabinet de Vénus, la loge amoureuse63.
[63] La chambrette des délices.
CAPULUS, i, m. Priap. Le manche amoureux; la poignée d'amour.
CARUNCULA, ae, f. Carnosité; excroissance de chair; chair glanduleuse et spongieuse; caroncule, dont quatre forment une barricade au devant du chemin couvert de la forteresse d'amour. Palissade sur laquelle niche quelquefois cet oiseau rare qu'on appelle aux Indes oiseau de Paradis, et en France pucelage.
CASALBADIUM, ii, n. Petr. Fille de commodité, fille de joie.
CASALVIUM, ii, n. Lieu, à Athènes, où l'on pouvait se fournir de filles commodes.
CASAURA, ae, f. Fille commode.
CASAURIUM, ii, n. Bordel, lieu de plaisir.
CASTRA CUPIDINIS. Ovid. Le camp de l'amour; le poste amoureux.
CASTRO, as, are. Ôter le sexe à un homme; le rendre neutre, inhabile à la génération; le priver de ce qui attire les dames, de ce lien qui joint un sexe à l'autre et des deux n'en fait qu'un. Eunucho committere juvenem exprime la même chose que castrare.
CATADACTYLIUM, ii, n. La bague puérile, que courent certaines gens d'un goût extraordinaire.
CATAMITUS, i, m. Favori de Jupiter, Ganymède; jeune garçon substituant les filles. Notre mot Français chattemite, que l'on interprète par ceux-ci: patelin, rusé, hypocrite, n'aurait-il pas aussi quelque analogie avec celui-ci? Voy. CONCUBINUS, PULLUS.
CATAPYGOS, i, m. Qui recherche la Vénus antistrophe. Ou: le doigt du milieu auquel on met quelquefois une bague, mais qui n'en porte jamais64.
[64] Des religieux Asiatiques, par esprit de pénitence, se mettent au gland un anneau assez lourd pour empêcher l'effet des désirs charnels.
CATAPYGOSINE, es, f. L'amour de Vénus antistrophe, l'exercice de l'art subtil; la passion à laquelle les auteurs orientaux disent que la femme de Loth s'était soumise.
CATIA MATRONA. Femme qui s'habille à la manière des courtisanes, qui savent faire valoir tous leurs avantages corporels; femme leste, élégante.
CAUDA, ae, f. Hor. Ce qu'on appelle la queue dans les animaux qui n'en ont point.
CAULIS, is, m. CAULOS, i, m. La tige du genre animal.
CELLA, ae, f. La cellule des prêtresses de Vénus; la petite alcôve où elles se retirent pour sacrifier à l'amour dans un lieu de prostitution.
CERCOLIPA, ae, m. Catull. Voy. PENIS.
CEVEO, es, cevi, cevere. Juv. Il a la même acception que le mot crissare, crisso, cité plus bas. Cependant le verbe cevere désigne plus spécialement le mouvement des hommes pendant le plaisir à la Grecque: Ego te ceventem, Sexte, verebor. Juvenalis.
CHALAMYDES, dum, f. Celles qui, par humilité, veulent bien prendre sur elles le fardeau du genre humain.
CHALCIDISSO, as, are. Mot tiré du Grec, qui exprime un genre de fantaisie érotique qui consiste à se faire lécher ou sucer les parties naturelles par des enfants. Les anciens habitants de la Chalcide chérissaient cette singulière volupté.
CHELIDON, onis, f. La caverne de Vénus; le gouffre où se précipitent la plupart des hommes.
CHIA, ae, f. Mart. (Subaud. Ficus). La figue que les Ganymèdes donnent à entamer, que Martial dit être d'un goût piquant et qui excite: au lieu que, dans les femmes, il dit qu'elle est fade et insipide, et la nomme marisca, et prétend que c'est un second c...
CHOEROS, i, m. La bauge où se vautrent les hommes les plus propres; le bourbier où presque tous les hommes se plongent.
CHRYSION, ii, n. Le Priape enfantin, une courte, une guigi, une margot.
CICINNIA, ae, f. La patronne des mignons ou Ganymèdes.
CIDARIUS, ii, m. Pédéraste; qui aime les jeunes garçons.
CILLO, onis, m. Sext. Pomp. Ict. Qui se laisse assujettir à l'ouvrage dont les femmes sont jalouses; qui usurpe l'emploi des femmes dans la République d'Amour; qui souffre les caresses qui ne sont dues qu'aux femmes65.
[65] Et mérite par conséquent leur juste indignation.
CINAEDIA, ae, f. CINAEDIUM, ii, n. La patience à se laisser métamorphoser en femme.
CINAEDOLOGUS, i, m. Qui s'entretient de ce que les Italiens appellent l'art subtil; qui parle de l'amour déréglé pour les jeunes garçons.
CINAEDOLOGI, orum, m. Vers qui traitent de l'art subtil des Italiens.
CINAEDUS, i, m. Catull. Jeune garçon qui se livre à toutes les caresses que l'on veut lui faire66.
[66] Octave, qui depuis fut appelé Auguste, passe pour avoir joué ce rôle auprès de César, qui, par reconnaissance, l'adopta. Les Romains, avant que d'être abrutis par l'esclavage, lui firent un jour sentir qu'ils savaient bien qu'il devait le trône à cette complaisance, et applaudirent devant lui à ce vers d'une comédie que l'on jouait:
Ce goût paraît être celui des grands rois, et c'est peut-être pour cela que le grand Frédéric en était entiché de nos jours.
CIPUS, i, m. Le terrain où se plante le piquet amoureux.
CISTUS, i, m. Plin. La corbeille féminine; le panier où l'Amour met ses œufs67.
[67] Heureux qui les casse!
CLAVUS CUPIDINIS. Plaut. Le clou de Cupidon, qui entre par la tête68.
[68] Le passe-partout du jardin de Cypris.
CLAZOMENAE, arum, f. Les fesses: la partie chérie des hérétiques en amour. Comme les habitants de la ville Grecque nommée Clazomène étaient fort amateurs en ce genre, le nom de la ville est resté à l'objet de leur amour. C'est comme nous appliquons le nom de Normand à quelqu'un que nous jugeons fin et cauteleux.
CLINOPALE, es. Suet. L'exercice de la couchette; les tours de lit; la lutte amoureuse sur un lit, de peur de se blesser en tombant69.
[69] Les gens à tempérament regardent cet exercice comme aussi nécessaire que celui de boire et de manger; et souvent ils ne considèrent les femmes que comme un meuble de ménage. Cette idée n'est point galante: en conséquence, il faut que les femmes fassent payer à ces gens-là leur utilité.
CLITORIAZO, is, ire. Clitoriser, se chatouiller le clitoris avec le bout du doigt pour se faire rire; ou faire cette action sur une personne dans la même intention. Badiner à l'endroit sensible; se jouer à la partie chatouilleuse; folâtrer du bout du doigt avec le loquet du cabinet d'amour70.
[70] Gratter à la porte du palais d'amour.
CLITORIS, is, f. CLITORIUM, ii, n. Le clitoris, petit corps très sensible au haut de la partie naturelle de la femme; il a la figure du membre de l'homme. Le loquet du cabinet d'amour; le Priape féminin.
CLIVUS, i, m. La double colline qui se trouve au bas du dos. Voy. CLUNES.
CLUNES, ium, f. Clunes agitare, movere. Priap. S'agiter, se remuer pendant le plaisir amoureux; faire sauter son homme. Ce qui suit s'applique aux non-conformistes comme aux femmes: clunibus fluctuare crispatis.
COA, ae, f. Femme qui boit bien, et qui ne refuse pas d'autres plaisirs71.
[71] Venus Coa: femme débauchée, libertine à table. In triclinio Coa, in cubiculo Nola.
COEO, is, ivi, itum, ire. Ovid. Se choquer amoureusement; unir les corps comme les cœurs; s'exercer au combat amoureux; faire l'action; faire en compagnie le voyage amoureux.
COETUS, us, m. L'union charnelle des corps, légitime lorsque des contrats l'ont sanctionnée; illégitime quand elle tient à la convention du moment ou à la volonté passagère de deux individus. Coitus et concubitus lui sont synonymes.
COIRE FURTIM. Ovid. Dérober la connaissance d'un duel amoureux; prendre à la dérobée le plaisir, qui est plus doux quand on le dérobe72.
[72] Si toutefois on dérobe un plaisir consenti par les deux personnes intéressées à ce plaisir.
COGNOSCO, is, ovi, itum, ere. Ovid. Connaître de la manière la plus intime et la plus sensible, et par celui de tous les sens qui fait le plus de plaisir73.
[73] Connaître est alors synonyme avec posséder et jouir.
COGNOSCERE AMORES SUOS. Ovid. Jouir de ses amours; connaître actuellement quel est le plaisir qu'on peut tirer de ce qu'on aime.
COLEATUS, a, um. Pomp. Ict. Qui a des témoins pour prouver son droit en amour.
COLEATA CUSPIS. Pomp. Ict. L'aiguille de l'horloge d'amour et ses contrepoids; le dard, ou la flèche de Cupidon garnie de ses pennes.
COLEPHIUM, ii, n. Pain qui avait la figure de ce que, par excellence, l'on appelle le membre74.
[74] Coliphia: c'était le pain dont se nourrissaient les athlètes. On croit qu'il était de même sorte que la béquille du Père Barnaba, et qu'on y glissait de la racine de satyrion pour augmenter les forces dans la lutte amoureuse.
COLES, is, m. Cels. La pique du dieu qui gardait les jardins; le dard de Cupidon, la flèche de l'Amour75.
[75] La clef de toutes les serrures féminines.
COLEUS, i, m. Cic. Témoin en justice amoureuse; ce qui rend témoignage de la virilité; témoin de la validité d'un mariage.
COLUMBOR, ari, dép. Sen. Baiser à la pigeonne; pigeonner; donner et recevoir des coups de langue qui n'offensent point76.
[76] Ou, par périphrase, humida dare oscula pugnantibus linguis. Tibull. S'embrasser de tout cœur.
COLUMNA, ae, f. La colonne de l'architecture humaine.
COMMITTERE OSCULA LINGUAE. Ovid. Commettre à la langue le soin de l'assaisonnement des baisers; faire servir la langue à rendre les baisers plus délicieux.
COMPRESSA VIRGO. Ter. Fille qui a été vivement embrassée; fille qui a souffert les plus tendres et les plus sensibles embrassements77.
[77] Comprimere patronam, mettre une femme en presse.
COMPRESSUS, us. Ter. L'accolade de Cupidon; une embrassade tendre, vive et très sensible; le plus vif de tous les embrassements78.
[78] L'étreinte la plus douce, le moment où deux corps ne font qu'un.
EX COMPRESSU EJUS GRAVIDA FACTA EST. Ter. Cette fille est grosse de son fait; il a engrossé cette fille.
CONCHA, ae, f. Plaut. La coquille de Vénus.
CONCILIATRIX, icis, f. Cic. Conciliatrice; celle qui s'insinue dans les bonnes grâces, qui gagne les cœurs, ou pour soi-même, ou pour d'autres.
CONCILIATRIX ANCILLA. Plaut. Une suivante qui ménage les intrigues de sa maîtresse; une fille qui entre dans le commerce amoureux de sa dame; une confidente des galanteries de sa maîtresse; l'intendante des plaisirs de sa dame79.
[79] Duègne qui trahit son maître pour contenter sa maîtresse, et vice versa.